Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 10 mai 2026 21 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEurope & international

LE TRIOMPHE IDÉOLOGIQUE DE MÉLENCHON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34Fait
    « la coalition du Front populaire 2027 elle-même a une base programmatique officielle. »
  • 3:28Fait
    « C'est bien cet élément-là qui le pousse à rompre avec le CI en 1976 pour rejoindre le Parti socialiste. »
  • 4:10Fait
    « Le Parti socialiste que Mélenchon rejoint en 1976, c'est un parti qui est allié au parti communiste et qui prône l'abolition du capitalisme pour passer à une société socialiste. »
  • 5:43Fait
    « François Mitteran remporte l'élection présidentielle de 1981, c'est avec l'objectif officiel affiché de mettre en place progressivement une société de caractère socialiste. »
  • 7:03Fait
    « Ce que j'attends de lui n'est pas de mettre en œuvre, je ne sais quelle forme d'austérité nouvelle, mais de continuer l'œuvre entreprise adaptée à la rigueur des temps pour que nous sortions au plus vite du creux de la tempête. »
  • 9:02Fait
    « il croit au discours sur la réalisation d'une Europe sociale, mais aussi parce que l'adoption d'une monnaie unique, l'euro pouvait régler le problème du Parti socialiste qui avait été paralysé dans son action gouvernementale par les attaques sur le franc après 1981. »
  • 12:12Fait
    « Cette coalition met au point un programme qui n'est pas tellement anticapitaliste, mais en tout cas clairement antilibéral dans une relative continuité de ce qu'étaient les programmes du Parti socialiste dans les années 70. »
  • 13:36Fait
    « il se revendiquent du souverainisme et laisse même entendre la possibilité d'une sortie de l'Union européenne qui était à la mode après le succès du Brexit et les gros problèmes de la Grèce. »
  • 15:59Fait
    « la division du reste de la gauche déjà qui se déchire entre Jade, Ialgo, Tobira, Monbourg et Roussell, mais aussi la division de l'extrême droite où l'émergence de Zemour fait retomber le seuil d'accès au second tour jusqu'à 15. »
  • 16:47Fait
    « Tous ces partis de gauche électoralistes se retrouvent rassemblés derrière un programme commun calqué sur l'avenir en commun, le programme de la France insoumise. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Waouh ! Vous avez vu ? Jean-Luc Mélenchon est candidat à la présidentielle. C'est tellement inattendu, je n'arrive pas à le croire. Je suis bouleversé.

0:22

Bonjour et bienvenue dans CPAMU avant, votre émission dans laquelle on revient sur des personnalités et des événements marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Au bout d'un suspense absolument considérable qui a laissé l'intégralité de la République sans voie, Jean-Luc Mélenchon sera bel et bien le candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle de 2027. Il y va avec le programme l'avenir en commun à mi-chemin entre social-démocratie et socialisme démocratique et une force militante qui n'a plus rien à voir avec celle de 2022. Une stratégie claire, un candidat clair, un cap clair. Mais ce n'est pas de ça que j'ai envie de vous parler aujourd'hui. J'ai envie de vous parler du fait que pendant ce temps-là, à gauche et plus précisément le 5 mai au

0:59

soir, un autre morceau de la gauche s'est réuni pour le premier meeting du Front populaire 2027. Vous savez, c'est le nom de la primaire de toute la gauche, mais en fait pas toute la gauche. Enfin, si plus ou moins, mais ça dépend des gens. Donc, on est toujours sur le même périmètre qui risque fort d'être définitif, à savoir l'après pour la borne la plus à gauche, le Parti socialiste ou en tout cas la moitié gauche du Parti socialiste pour sa borne la plus à droite et entre les deux génération, le parti de Benoît Amont, les écologistes mais aussi debout le parti de François Ruffin. Mais là où je veux vous emmener, c'est sur le terrain du programme parce que maintenant, ça y est, la plupart des formations qui participent à ce rassemblement ont un programme et la coalition du Front

1:34

populaire 2027 elle-même a une base programmatique officielle. Et puis contrairement à 2022 où le PS et les écologistes avaient des programmes de centre gauche un peu socio-démocrates au nom du réalisme et qui ne s'inscrivaiit pas dans des courant de pensée particulier, et ben en 2026 c'est plus du tout la même. Tous ces partis ont officialisé des projets plus radicaux, antilibéraux, voire carrément anticapitalistes quit à se revendiquer du socialisme au sens originel du terme. Ce chiffre, il s'est fait à la faveur de plusieurs choses. la prise des contrôles des partis par des courants plus progressistes et plus radicaux après 2022 qui ont marginalisé les figures plus conservatrices issues des décennies précédentes. Le retour en force du travail idéologique et programmatique

2:11

qui a été exigé après des décennies d'effacement et de dépolitisation. Mais tout ça, on peut le ramener en bonne partie, pas que mais en bonne partie à la stratégie et à l'influence de la personne que toutes ces personnes ont en commun de détester, Jean-Luc Mélenchon. Donc dans cet épisode de C'était pas mieux avant, je vous propose de revenir sur le vieux. Alors pas pour en faire une biographie de son parcours politique parce que bah tout le monde l'a déjà fait honnêtement, mais plutôt pour retracer son parcours idéologique, la façon dont son évolution idéologique s'est confronté aux idéologies dominantes de son temps et la façon dont il a fini par avoir une influence assez considérable sur l'ensemble du champ politique.

2:50

Bon déjà, c'est un fait assez connu, mais Jean-Luc Mélenchon a commencé sa vie politique dans le mouvement communiste trotquiste et plus précisément à l'organisation communiste internationaliste. C'est donc un mouvement politique communiste mais opposé au parti communiste français et qui a gagné pas mal de galons dans la jeunesse après que le parti communiste n'a pas vraiment soutenu ou en tout cas du bout des lèvres la quasi révolution de mai 68. Inspiré des théories marxistes léninistes, elles prôneent la révolution, la dictature du prolétariat, la collectivisation des moyens de production et la mise en place d'une société sans classe communiste. Accessoirement, elle se considère comme l'avant-garde éclairée du prolétariat qui doit prendre le contrôle de l'État

3:28

après la révolution. Selon Mélenchon, c'est bien cet élément-là qui le pousse à rompre avec le CI en 1976 pour rejoindre le Parti socialiste. Le PS, à ce moment-là, il est dans l'opposition depuis plus de 20 ans et après avoir été marginalisé par ses reniments successifs, ses nombreuses ententes avec la droite sous la 4e République et le départ de la majorité de ses militants, il a réussi à se reconstruire dans les années 70 autour de la figure charismatique de François Mitterran et d'une ligne beaucoup plus radicale inspirée du socialisme démocratique. Le Parti socialiste que Mélenchon rejoint en 1976, c'est un parti qui est allié au parti communiste et qui prône l'abolition du capitalisme pour passer à une société socialiste. Il s'inspire également des théories de Carl Marx mais

4:10

de manière moins prononcée et ne se réfère évidemment ni à Lenine ni bien sûr à Trotky. Le socialisme démocratique dont le PS se réclame à ce moment-là, il veut l'abolition progressive du capitalisme par des réformes successives qui visent à sortir petit à petit de l'économie de marché. Accessoirement, le Parti socialiste est alors productiviste et étatiste. C'est l'État qui doit contrôler la production de biens pour la sortir de l'économie de marché. Et cette production doit être augmentée pour augmenter aussi la prospérité des travailleurs. En revanche, le socialisme démocratique ne s'oppose pas à la République ou au régime parlementaire. Au contraire même, il considère que c'est par la République et par le régime parlementaire qu'on va sortir du capitalisme. C'est donc à cette

4:48

idéologie que Mélenchon adhère en 1976 et il découvre rapidement que ce n'est pas la seule idéologie qui est présente au PS. En effet, le PS s'est reconstruit sous la forme d'un méga parti. C'est la fusion de plein de chapelles de la gauche qui ne sont pas toujours d'accord entre elles, mais s'accordent au moins sur la nécessité d'être gros pour prendre le pouvoir. Et on y trouve notamment toute une frange emmenée par le très populaire Michel Rocard qui considère que le Parti socialiste doit laisser tomber le socialisme démocratique pour suivre le même chemin que les autres partis socialistes et travaillistes européens, celui de la social-démocratie. Mélenchon n'est évidemment pas avec ces gens-là. C'est au contraire un mitérandien convaincu et ce même alors que Rokar devient plus

5:26

populaire que Mitteran à la fin des années 70. Mais ce sont bien les Mitérandiens qui garde le contrôle du parti jusqu'au début des années 90 et ce sont eux qui remportent l'élection présidentielle de 1981.

5:43

Quand François Mitteran remporte l'élection présidentielle de 1981, c'est avec l'objectif officiel affiché de mettre en place progressivement une société de caractère socialiste. Et pour la première fois de son histoire, le PS a toutes les cartes en main pour le faire. Il a la majorité absolue à l'Assemblée nationale et il va donc pouvoir contrôler les destinées du pays pendant au moins 5 ans. À ce moment-là, Jean-Luc Mélenchon, jeune militant mitérandien, s'attend à une marche irrésistible vers le socialisme. Or, ce n'est pas ce qui se produit. Déjà, le grand mouvement populaire de masse auquel les militants s'attendaient n'a pas lieu. Pas de grève générale comme en 1936, pas de manifestation. Le PS est certes aux manettes, mais la pression populaire est faible. Et ensuite, le PS

6:25

arrive au pouvoir à peu près au même moment que les premiers dirigeants néolibéraux comme Ronald Rean et Margarette Toucher. Inspiré du succès économique relatif de la dictature de Pinochet, déjà couvert dans le CT pas mieux avant sur l'histoire politique récente du Chili, il mettent en place une nouvelle politique économique, démantellement partiel du service public, dérégulation de l'économie et encouragement du secteur privé au détriment de l'État. Les Mitérandiens se retrouvent rapidement isolés en Europe. Le franc est attaqué sur les marchés financiers et l'économie française vacille. Après 2 ans d'application du programme socialiste, Mitteran se retrouve face à deux possibilités. Soit mettre les réformes en pause, mener une politique d'austérité le temps de

7:03

stabiliser la situation avant de repartir, soit sortir du système monétaire européen et continuer les réformes coûte que coûte. Ce que j'attends de lui n'est pas de mettre en œuvre, je ne sais quelle forme d'austérité nouvelle, mais de continuer l'œuvre entreprise adaptée à la rigueur des temps pour que nous sortions au plus vite du creux de la tempête. Le problème, c'est que la pause dans les réformes a été définitive et que l'expérience socialiste démocratique en France, au sens premier du terme, elle s'est arrêtée là. En fait, ce qui se joue dans les années 80, c'est déjà le fait que Mitteran était plus opportuniste que vraiment socialiste convaincu, donc sans doute plus enclin à jeter le socialisme sous le bus quand ça

7:46

l'a servi politiquement, mais aussi le fait qu'une grande partie des cadres du Parti socialiste désormais au pouvoir était en train d'adhérer plus ou moins silencieusement aux thèses économiques néolibérales qui commençaient à devenir dominante. Et du coup, le courant rardien, historiquement social-démocrate, a commencé à se déporter encore un peu plus vers la droite pour se diriger vers le centre gauche et prenez une alliance politique avec le centre plutôt qu'avec les communistes. Il obtient sa première grande victoire en 1988 quand François Mitteran est réélu en promettant cette ouverture vers le centre et nomme Michel Recard premier ministre avec des ministres centristes. Ce virage idéologique s'explique aussi par l'évolution des partis sur sa gauche.

8:26

Dans les années 70, le Parti socialiste était tiré vers la gauche par la concurrence du Parti communiste. Or, les années 80, c'est les années de la désintégration de l'électorat communiste qui passe de plus de 20 % des voix à la fin des années 70 à moins de 10 % à la fin des années 80. Et comme il n'a plus de parti puissant sur sa gauche, le Parti socialiste est désormais libre de devenir franchement social-démocrate et de suivre la même trajectoire que les autres partis de gauche européens qui n'avaient pas de parti communiste puissant sur leur gauche comme le Parti social-démocrate allemand. ou le parti travailliste britannique. Mais alors, il est où Mélenchon dans tout ça ? Parce que quand même la vidéo est censée parler de Chonchon. Et ben le vieux qui

9:02

n'est pas encore vieux poursuit sa route au Parti socialiste sans pour autant abandonner l'idéologie socialiste. Considérant que de toute façon le PS est devenu incontournable à gauche, il cherche à l'influencer de l'intérieur en fondant son propre courant avec les autres militants et cadres socialistes qui pensent comme lui. Ses positions évoluent aussi. Et au début des années 90, il est convaincu par le traité de MASicht, notamment parce qu'il croit au discours sur la réalisation d'une Europe sociale, mais aussi parce que l'adoption d'une monnaie unique, l'euro pouvait régler le problème du Parti socialiste qui avait été paralysé dans son action gouvernementale par les attaques sur le franc après 1981.1. Sauf que 10 ans plus tard, il commence à réviser son jugement

9:37

et à devenir critique de la construction européenne qui prend un tournant de plus en plus néolibéral. De même, dans les années 90, il commence à parler d'un passage à une 6e République et à se montrer critique de la 5e. Une position qui est encore assez marginal et détonne au sein du Parti socialiste qui suit pour à peu près tout une trajectoire absolument opposée. En 1997, quand le Parti socialiste retrouve le pouvoir avec la gauche plurielle, on ne peut déjà même plus vraiment qualifier le PS de social-démocrate. C'est un parti de centre gauche qui navigue entre social-démocratie modérée et libérale démocratie de centre- droit. Toutefois, quand Lionel Jospin devient premier ministre, il n'a pas de majorité absolue et est obligé de composer avec des

10:16

partis plus à gauche que le PS, le parti communiste qui bouge encore un peu et les verrs qui ont émergé dans les années 90. Résultat, pendant 5 ans, le Parti socialiste mène une politique franchement social-démocrate avec les 35 heurs, les emplois jeunes, la couverture maladie universelle ou encore le paxe. Ça n'empêche pas l'aile néolibérale d'avoir de l'influence puisque c'est sous l'égomcan que le Parti socialiste privatise à tour de bras. Mais ça n'empêche que le PS gouverne à gauche, plus à gauche que son baricentre. Et c'est dans ce contexte là que Mélenchon accepte de rejoindre le gouvernement au tournant des années 2000. Et n'empêche qu'à cette époque-là, les idées les plus progressistes de la gauche plurielle ont été poussées au sein du Parti socialiste

10:54

par Jean-Luc Mélenchon et son courant. C'est notamment Mélenchon lui-même qui est le premier en France et ça il a mal à le rappeler à déposer un projet de loi préfigurant le Pax et donc une première union civile reconnaissant les couples homosexuels. Alors si Jospin avait gagné la présidentielle de 2002, il n'est pas dit que Mélenchon aurait continué à le soutenir notamment parce que Joseppa aurait probablement fait comme Hollande mais avec 10 ans d'avance. Le Parti socialiste de 2002 n'est pas si éloigné idéologiquement de celui de 2012. Mais en 2002, il s'est passé quelque chose. Des partis communistes trotskistes d'extrême gauche ont réussi à obtenir un bon 10 % des voix au premier tour et connaissent alors leur appogé électoral. Et en 2005, ce sont ces parties-là avec

11:33

le parti communiste à moitié crevé et les verts qui s'associent pour former un véritable front de gauche au référendum sur le traité constitutionnel européen. Le TCE était censé consacrer l'économie néolibérale en Europe et Mélenchon a été l'un des seuls OPS à s'y opposer, ce qui lui a valu d'être marginalisé au sein du parti, d'autant plus que ça marche quand même un peu vu que le nom l'a emporté. Galvanisé par cette victoire de la gauche antilibérale et constatant l'impossibilité de réformer le PS de l'intérieur, Mélenchon décide de le quitter après le Congrès de 2008 pour fonder le Parti de gauche avec d'autres militants socialistes en rupture de banc. Et en 2009, il coffondent le Front de gauche, une coalition de gauche antilibérale avec le Parti communiste et

12:12

quelques petits mouvements.

12:19

Cette coalition met au point un programme qui n'est pas tellement anticapitaliste, mais en tout cas clairement antilibéral dans une relative continuité de ce qu'étaient les programmes du Parti socialiste dans les années 70. Cette coalition réussit à prendre la tête de la gauche antilibérale, marginalisant complètement les partis trotskistes, lutt ouvrière et NPA qui occupaient jusqu'à présent cet espace. À la présidentielle de 2012, elle obtient 11 % des voix et c'est la première fois qu'un parti de gauche hors PS réussit à passer la barre des 10 % depuis 1980, mais ça reste insuffisant pour gouverner. Alors, à l'approche de l'élection présidentielle de 2017 et à la suite d'important désaccord stratégique avec le Parti communiste, Mélenchon et le parti de gauche décident

12:58

de proposer une autre approche. Mélenchon fonde d'un nouveau mouvement, la France insoumise, autour d'un programme assez proche de celui de 2012, mais avec une orientation stratégique populiste de gauche inspirée des théories de Chantalmouf et Ernesto Laclao. Son idée pour contourner le désaveu total de l'électorat pour la gauche suite à l'échec du quinquena Hollande, c'est de cesser de se revendiquer de la gauche et de mener une campagne électorale confusionniste tout en continuant à présenter un programme de gauche radicale. C'est ce que fait Mélenchon avec une campagne de 2017 où les symboles de gauche sont très discrets, où il se revendiquent du souverainisme et laisse même entendre la possibilité d'une sortie de l'Union européenne qui était à la mode après le

13:36

succès du Brexit et les gros problèmes de la Grèce. Cette stratégie ne permet pas à Mélenchon de l'emporter, mais elle lui permet de passer premier à gauche en obtenant 19,5 % des voix au premier tour très loin devant le Parti socialiste. Désormais incontournable, Mélenchon a les yeux rivés sur la présidentielle de 2022 et espère user de son influence pour rendre son discours dominant. Mais malheureusement, tout ne va pas se passer comme prévu.

14:05

En fait, le premier quinquena Macron, c'est plutôt une période de relative marginalisation de la France insoumise. Alors déjà, il y a les polémiques, mais il y a surtout les résultats électoraux qui ne sont pas très bons. La France insoumise était une machine construite pour la présidentielle, mais après la présidentielle, non seulement elle n'a pas réussi à se structurer, mais en plus elle s'est rapidement retrouvée prise au piège de ses contradictions. La stratégie électorale souverainiste et confusionniste de Mélenchon en 2017 avait attiré à lui pas mal de profils et bah de souverainistes confus justement. D'autant plus que Mélenchon avait pu tenir des propos particuliers dans les années 2010. Il avait notamment vertement critiqué une candidate du NPA

14:42

qui portait le voile affirmant que les personnes qui faisaient ça se stigmatisaient elles-mêmes pour ensuite s'étonner de la stigmatisation dont elles étaient victimes. Mais justement, comme il l'a lui-même reconnu, il a beaucoup évolué sur le sujet. Et par exemple en 2019, c'est lui qui sort le mot islamophobie de sa marginalité pour en faire l'un de ses chevaux de bataille. C'est à peu près à ce moment-là que toute la partie la plus droitière de la France insoumise, des personnes comme George Kuzmanovic ou encore Andrea Kotarak qui a d'ailleurs rejoint le RN, quitte le mouvement en dénonçant une dérive communautariste. C'est de fait aussi à ce moment-là que la France insoumise commence à se tourner de moins en moins vers les fâchés pas fachaot et de plus en plus

15:19

vers les quartiers populaires urbains, à l'initiative notamment du député Éric Cockrel. Mais cette stratégie n'a pas été payante tout de suite. Au contraire, entre 2017 et 2022, LFI enchaîne les revers électoraux. 6 % aux européennes de 2019 et un score quasi inexistant aux municipales de 2020. À l'inverse, au même moment, c'est plutôt les écologistes de ELV qui triomphent. Du coup, à l'approche de l'élection présidentielle de 2022, à gauche, le camp social-démocrate s'est reconstitué autour de Yannick Jadu et c'est le parti écologiste qui apparaît en dynamique à ce moment-là. Et quand Mélenchon se lance dans la campagne présidentielle de 2022, il est beaucoup retombé dans les sondages et stagne aux alentours de 10 % des voix pendant que Macron et Le Pen

15:59

eux caracolent en tête avec près de 30 % des intentions de vote chacun. Et pourtant la suite, on la connaît. Malgré des débuts difficiles, c'est surtout la division des autres qui finit par profiter à Mélenchon. La division du reste de la gauche déjà qui se déchire entre Jade, Ialgo, Tobira, Monbourg et Roussell, mais aussi la division de l'extrême droite où l'émergence de Zemour fait retomber le seuil d'accès au second tour jusqu'à 15 petits Mélenchon ayant évité la guerre des chefs et s'étant maintenu avec un socle de 10 % des voix, il agrège progressivement le vote utile, fait revenir quelques abstentionnistes et termine avec 22 % des voix dans un mouchoir de poche avec Marine Le Pen. Et c'est surtout là en réalité que commence l'influence de l'idéologie insoumise sur le reste de la

16:41

gauche.

16:47

Après la présidentielle, la France insoumise est égémicque à gauche et réussit à rassembler à peu près tout le monde derrière elle pour les législatives de 2022. Même le Parti socialiste finit par y participer, emmené plus ou moins de force par son premier secrétaire Olivier Fort. Tous ces partis de gauche électoralistes se retrouvent rassemblés derrière un programme commun calqué sur l'avenir en commun, le programme de la France insoumise. Un programme social-démocrate voire démocrate socialiste qui prône la retraite à 60 ans, la 6e République ou encore la transition écologique entre beaucoup d'autres choses. Ce programme témoigne aussi de l'évolution idéologique de Jean-Luc Mélenchon qui en est l'un des principaux artisans. Productiviste dans les années 80, il est

17:24

devenu écologiste dans les années 2010. européen au début des années 90. Il ne menace plus de sortir de lieu comme en 2017, mais prône quand même la désobéissance et la renégociation des traités européens néolibéraux. Laar, jusque dans les années 2010, il est devenu l'un des représentants les mieux identifiés de la lutte contre l'islamophobie à partir de 2019. La seule chose qui est restée à la limite, c'est le campisme. Sur le plan international, Mélenchon dénonce l'impérialisme états-unien et il a été parmi les premiers à accuser Israël de génocide à Gaza. Mais il est beaucoup moins critique des impérialismes rivaux des États-Unis et n'a jamais eu un mot pour le génocide des ouigours par la Chine, par exemple. Quant à la NUPES, elle n'a pas tenu longtemps et après les

18:04

législatives, les parties sont très rapidement retournées dans leur couloir pour les européennes. Malgré la tentative de LFI et aussi du PS à l'époque. Ouais. Ouais. de se maintenir en union. Mais s'ils se sont divisés sur le plan des stratégies électorales, sur le plan programmatique, en revanche, ça n'a pas du tout été la même. On commençait déjà à le voir aux européennes. Les écologistes venaient de dégager la ligne Jade et avait mis à leur tête Marine Tondelier. Certes, pas la plus à gauche du parti, mais tout de même beaucoup moins à droite. Sachant que Jade lui-même était déjà plus à gauche par rapport à la ligne libérale des écolos des années 2010 dont beaucoup sont partis gouverner avec Macron et ne sont fort heureusement jamais revenus. Et pendant les européennes, même Raphaël

18:42

Gluxman, pourtant venu de la droite sarcoziste et longtemps conseillé d'un autocrate néolibéral en Géorgie, avait porter une ligne plus à gauche pour dévorer l'électorat des écolos avec succès. Et puis pour les législatives de 2024, tous ces parties se sont à nouveau réunis sous la bannière du Nouveau Front populaire, incluant cette fois jusqu'à la branche la moins à gauche du PS, mais aussi la franche la moins à gauche du NPA. avec un programme toujours entre social-démocratie et socialisme démocratique et toujours relativement calqué sur l'avenir en commun. Et puis tout le monde s'est redivisé et on se dirige déjà pour la présidentielle vers trois à quatre candidatures différentes. Mais là où pour 2022 les écolos et les socialistes étaient partis sur des

19:20

programmes de centre gauche, cette fois-ci ils sont tous les deux allés marcher sur les plat bandes de LFI. Le PS comme les écolos se sont éloignés de la social-démocratie pour se revendiquer davantage du socialisme démocratique avec des nationalisations, de la taxation des riches et il parle même tous de 6e République dont il se foutaient il y a 5 ans et même place publique, le parti de Gluxman est allé chercher un programme plutôt social-démocrate qui prône la taxation des plus hauts revenus ou encore un changement de constitution. Accessoirement, tous sont tenus à inscrire leur programme dans des courants de pensées. Le PS parle de liberté, de socialisme, de démarchandisation. Les écolos parlent de prospérité écologique et en fait que Mélenchon remporte ou pas sa campagne

19:59

présidentielle, il aura au moins réussi ça. Désormais, l'écrasante majorité des partis de gauche électoralistes se sont rangés à un positionnement démocrate socialiste, au point que même au PS, ils commencent à reparler d'anticapitalisme, ce qu'on avait plus entendu dans leur bouche depuis des décennies. Beaucoup de personnes dénoncent d'ailleurs l'opportunisme de leur part de se redécouvrir socialiste comme s'ils avaient oublié le nom de leur propre parti. Mais on pourrait aussi se réjouir du fait que maintenant les opportunistes sont obligés d'adopter un programme de gauche plus radical pour continuer à exister. Ça veut justement dire que maintenant le baris centre de la gauche et ben il est ici. La fenêtre d'Overton s'est élargie et ce réalignement idéologique c'est probablement la plus

20:37

grande victoire politique de Jean-Luc Mélenchon. C'est la fin de cet épisode de C'était pas mieux avant. Si vous l'avez apprécié, vous pouvez vous abonner aux différentes chaînes du média et pourquoi pas nous soutenir financièrement. Vos dons sont la garantie de notre indépendance. À la prochaine.