Discours de Nicolas Dupont-Aignan au Congrès du Parlement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:48PrésentateurFait
« tous les Français se demandent pourquoi certaines décisions n'ont pas été prises plus tôt. »
- 2:13PrésentateurFait
« On ne peut pas combattre et l'Assad et l'État islamique en même temps. »
- 2:24PrésentateurFait
« Car nous savons tous que les frappes ne suffiront pas. »
- 2:37PrésentateurFait
« Combien d'attentats faudra-t-il subir avant d'interner les terroristes français en un territoire lointain comme autant de la République savaient se défendre »
- 3:05PrésentateurFait
« il est peut-être temps d'endiguer les flux migratoires qui déstabilisent notre pays et nourrissent, on en a la preuve aujourd'hui, le terrorisme. »
- 4:07PrésentateurFait
« Souvent interpellés, rarement condamnés, jamais emprisonnés, ainsi va la justice à la mode des lois Taubira et Dati. »
- 5:23PrésentateurPromesse
« ma proposition de rétablissement du service militaire qui permettrait de ressouder notre jeunesse et aussi de détecter les apprentis fanatiques. »
Temps de parole
- Présentateur88 %
- ?12 %
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Au titre des non-inscrits, la parole est à Nicolas Dupont-Aignan, député.
Monsieur
le Président
du
Congrès, Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres,
Ma
politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre. Politique étrangère, je fais la guerre.
Je
fais toujours la guerre. Clémenceau, 1918,
cette
phrase de Georges Clémenceau devrait nous inspirer aujourd'hui où l'État islamique a attaqué la France au cœur de Paris.
C
'est le meilleur hommage
que
nous puissions rendre aux victimes de cette barbarie,
de
cette lâcheté, de cette guerre totale que nous livre l'État islamique.
Le
Président de la République
a
appelé aujourd'hui à l'unité nationale.
Oui,
nous avons besoin d'unité nationale.
Mais
l'unité nationale n'a de sens
que
si elle s'incarne dans des actes forts, cohérents et durables, capables, oui, de nous permettre, tel que nous le demandait Clémenceau, de gagner cette guerre.
On
ne gagne jamais à moitié une guerre.
Nous
approuvons tous, je le crois ici,
les
annonces du Président de la République, les frappes aériennes,
l
'état d'urgence,
le
contrôle de nos frontières, l'expulsion des terroristes étrangers, la déchéance de nationalité pour les binationaux, les moyens supplémentaires pour nos forces de sécurité.
Je
les approuvre d'autant plus que je les ai réclamées inlassablement depuis les attentats de janvier dernier
et
que tous les Français se demandent pourquoi certaines décisions n'ont pas été prises plus tôt. Raison de plus
pour
ne plus perdre une minute.
Mais
pour ne pas perdre une minute, il faut encore classifier certaines positions de la France.
La
position de la France sur le théâtre syrien tout d'abord.
Oui,
quand la France mettra-t-elle fin
à
sa position diplomatique ambiguë vis-à-vis de la Syrie ? On ne peut pas combattre et l'Assad et l'État islamique en même temps. Quand la coalition aura-t-elle le courage de parler d'intervention au sol ? Car nous savons tous que les frappes ne suffiront pas. Clarification nécessaire aussi sur le plan intérieur.
Quand
l'État
arrêtera
-t-il une position ferme vis-à-vis des djihadistes de retour sur notre sol ? Avec ce fameux principe de précaution qui vaut pour l'environnement mais ne semble pas valoir encore assez pour des vies humaines. Combien d'attentats faudra-t-il subir avant d'interner les terroristes français en un territoire lointain comme autant de la République savaient se défendre
? Oui,
mes chers collègues,
ce
n'est pas aujourd'hui que la France est en état d'urgence.
Et
ce, dans tous les domaines. Urgence dans le domaine migratoire.
Oui,
il est peut-être temps d'endiguer les flux migratoires qui déstabilisent notre pays et nourrissent, on en a la preuve aujourd'hui, le terrorisme. J'étais fin août pour me rendre compte sur l'île de l'Eros en Grèce.
J
'avais alerté en vain sur le fait que des djihadistes se cachaient parmi les migrants.
À
quoi servent des contrôles aux frontières en admettant que ceux-ci soient réellement mis en place, ce qui n'est pas partout le cas aujourd'hui,
si
la politique migratoire de notre pays ne change pas radicalement ?
Or,
le président de la République
a
été clair sur ce point.
Il
ne veut pas voir l'effondrement du système Schengen. Il se refuse toujours au retour indispensable pour garantir la sécurité des Français de nos frontières nationales. Urgence face à la délinquance qui vit du trafic de drogue, gangrène nos cités et nourrit le terreau du fanatisme, comme le prouve le parcours des tueurs de chaque attentat. Souvent interpellés, rarement condamnés, jamais emprisonnés, ainsi va la justice à la mode des lois Taubira et Dati. Je n'ai pas entendu le président de la République demander leur abrogation
urgence face
à l'islamisme radical en expulsant les imams qui prêchent la haine et en fermant les mosquées salafistes, comme a su le faire la Tunisie. Je n'ai pas entendu le président de la République aborder cette question fondamentale.
A
l'évidence, ces questions peuvent gêner,
mais
c'est la question que se posent tous nos compatriotes aujourd'hui.
Cette
guerre sera longue et difficile contre un ennemi multiforme et tentaculaire.
Cette
guerre exige de notre part une réponse totale,
comme
l'avait fait Clémenceau en 1918.
Voilà
pourquoi il est vital
de
mobiliser nos concitoyens
et
d'appeler à l'effort patriotique.
Le
drapeau tricolore a été brandi comme un symbole de notre liberté dans le monde entier.
Il
est important de réapprendre à notre peuple à se défendre.
C
'est le sens
de
ma proposition de rétablissement du service militaire qui permettrait de ressouder notre jeunesse et aussi de détecter les apprentis fanatiques.
La
question est simple aujourd'hui, et je conclue, M. le Président. Sommes-nous capables
de
passer des effets d'annonce aux actes ? Notre survie est à ce prix.
La
France est en deuil.
J
'adjure solennellement le gouvernement
de
faire en sorte
que
ce terrible deuil soit le dernier.