Yannick Jadot : "Emmanuel Macron fait de très beaux discours" mais ses actes "sont à des années-lumière"
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Pourquoi il y aurait une solidarité européenne maintenant, Yannick Jadot ?
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Le projet de réforme de la SNCF, bon projet, mauvais projet ?
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« Emmanuel Macron fait de très beaux discours, mais les actes qu'il pose sur l'Europe comme sur l'écologie sont à des années-lumière du discours qu'il prononce très bien. »
- 11:48InvitéChiffre
« La dette, c'est le TGV. 46 milliards. »
- 12:00InvitéChiffre
« Tout nucléaire, EDF, 37 milliards. »
- 20:57InvitéChiffre
« C'est l'équivalent de 32 stades de France, le projet Montagne d'Or. »
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Bonjour à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Yannick Jadot, bonjour, eurodéputé Europe Écologie Les Verts, bonjour Jean-Michel Apathy.
Bonjour Jérôme, bonjour Yannick Jadot, Angela Merkel, Theresa May, Emmanuel Macron garantissent que le traité de non-prolifération en Iran sera maintenu malgré le départ des Américains, l'Europe s'y engage et Angela Merkel a été assez catégorique sur la nécessité de savoir se passer des Etats-Unis, la chancelière allemande était hier à Aix-la-Chapelle.
Nous avons pris note du retrait américain de l'accord nucléaire iranien avec regret et inquiétude. Nous continuerons à être attachés à ce traité et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que l'Iran respecte ses obligations à l'avenir.
Est-ce que c'est réaliste d'imaginer se confronter d'une certaine manière aux Etats-Unis ? Les Européens sont saturés de divergences sur beaucoup de dossiers pour maintenir virtuellement le traité qui nous lie aujourd'hui aux Iraniens sur la question nucléaire.
C'est indispensable en tout cas. On a Trump qui est en train de faire des Etats-Unis une sorte de rogue state, d'état voyou du point de vue du droit international. On l'a vu sur l'accord de Paris. On l'a vu. Ah bah lui, ce qu'il veut faire. À partir du moment où vous vous exonérez... État voyou, c'est fort comme formule. Oui, mais à partir du moment où vous vous exonérez des règles définies en commun, des règles internationales aussi importantes que sur le climat, sur la prolifération nucléaire, lui, je ne dis pas que les Etats-Unis comme peuple sont dans cet état-là, mais lui, comme dirigeant, place les Etats-Unis en situation d'état voyou s'exonérant des règles communes.
Il faut que l'Europe, évidemment, pèse. On est à un moment clé de l'histoire. Déjà avec Obama, le parapluie américain s'était en réalité déjà refermé. La priorité américaine, c'était déjà le Pacifique. On avait vu que dans la crise ukrainienne, ou comme dans la crise en Syrie, les Etats-Unis se retiraient de cette zone qu'ils considéraient finalement largement de la responsabilité européenne. Maintenant, le parapluie américain est totalement refermé.
Soit l'Europe pèse, devient un lieu de diplomatie, un lieu de géopolitique, un lieu de puissance politique, et nous allons exister et potentiellement participer des règles internationales vis-à-vis des Etats-Unis comme vis-à-vis de la Russie, comme vis-à-vis de la Chine, soit nous allons disparaître. Et il est temps que l'Europe arrive dans ce dossier. Il ne vous a pas échappé qu'Emmanuel Macron, depuis le début de son mandat, a souhaité rassurer les Français sur le fait que la France n'avait pas disparu de la scène internationale. Donc c'est Trump le 14 juillet, c'est Poutine à Versailles.
On a beaucoup joué de la visibilité de la France sur la scène internationale, et de la visibilité du Président de la République sur la scène internationale.
Maintenant, il faut jouer de la carte européenne.
Mais que ce soit avec Poutine comme avec Trump, on n'a pas joué Europe. On n'a pas joué équipe européenne. Vous avez vu comment les Etats-Unis ont divisé les Européens en accueillant Emmanuel Macron de manière extraordinaire et en laissant, en accueillant Mme Merkel, comme un sous-ministre du commerce ? Eh bien, en laissant les Etats-Unis nous diviser, on n'a pas pesé face aux décisions...
Vous voyez la clé européenne dans le dossier iranien. Angela Merkel, Emmanuel Macron et Theresa May qui est en train de gérer la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe. C'est difficile, mais on n'a pas le choix.
C'est difficile, mais on n'a pas le choix.
Et vous pensez que les sanctions économiques que vont infliger les Etats-Unis aux entreprises françaises ne vont pas les faire hésiter à rester sur le marché iranien ?
C'est tout l'enjeu. On l'a vu déjà face... Moi, je travaille au Parlement européen, je me bats en permanence pour que nous ayons une politique industrielle. Pour que nous ayons pas simplement une politique commerciale commune, mais une diplomatie commerciale commune. Les Chinois nous ont toujours divisé, à chaque fois qu'ils font des dumping sur le photovoltaïque, sur la sidérurgie. On a vu potentiellement Donald Trump commencer à nous diviser sur l'acier et les taxes qu'il veut mettre sur l'acier.
Si nous ne sommes pas capables de peser, avec une politique industrielle, avec des groupes industriels puissants européens, si nous ne sommes pas capables, quand les Etats-Unis agissent de cette manière-là, ou quand les Chinois ou les Russes agissent de leur manière...
Mais bien sûr ! Mais il ne s'agit pas, attention !
Il s'agit de mettre notre niveau de réponse à la hauteur de la menace ou à la hauteur du préjudice que nous subissons. Pas d'escalade, mais si nous n'existons pas face aux Etats-Unis, l'Europe va disparaître.
Pourquoi il y aurait une solidarité européenne maintenant, Yannick Jadot ? Votre discours, j'allais dire votre incantation, on a l'impression de l'avoir entendu cent fois déjà. Oui, mais on ne l'a pas fait. Mais pourquoi ça marcherait maintenant ? Parce que, regardez le monde... Pourquoi les Polonais, les Français, les Allemands parleraient d'une même voix aujourd'hui ? Regardez le monde dans lequel on est !
On a une dureté du régime chinois, d'un capitalisme extrêmement autoritaire, qui vise à l'hégémonie sur tous les secteurs industriels du XXIe siècle, que ce soit les énergies renouvelables, les métaux rares, que ce soit maintenant le numérique. On a les Etats-Unis qui, avec Trump, encore une fois, s'exonèrent des règles. On a la Russie qui fait la guerre à nos frontières. La Russie continue à faire la guerre en Ukraine. Si l'Europe n'est pas rassemblée, on pourra toujours jouer des sommets internationaux. On pourra toujours inviter à Versailles ou inviter au musée du Louvre et tout ça. Nous n'existerons plus.
Si les dirigeants européens ne sont pas à la hauteur de l'histoire, l'Europe va disparaître et tout ce que nous portons comme projet de civilisation, État de droit, liberté individuelle, liberté collective, protection du climat, protection de la biodiversité, tout ça, nous n'y arriverons pas.
Emmanuel Macron était avec la chapelle hier, ça ne vous a pas échappé. Il a reçu le prix du meilleur européen de l'année, Angela Merkel était là. Et Emmanuel Macron a fait la leçon à Angela Merkel hier, sur l'estrade. Il y en a marre du fétichisme, alors il n'a pas cité l'Allemagne, enfin tout le monde a compris, du fétichisme des bons résultats, des excédents budgétaires, mal parti quand même l'alliance, l'union européenne et l'alliance franco-allemande.
Il faut se dire les vérités qu'on a besoin de se dire entre Européens. Emmanuel Macron a raison sur le fétichisme allemand en matière de déficit budgétaire.
On reproche aux Allemands de trop bien gérer leur pays. C'est un reproche important ça, à côté de nous qui accumulons les déficits et qui faisons gonfler la dette.
Oui, sauf que là où Emmanuel Macron a raison et ce que nous disons depuis longtemps, c'est que si nous n'avions pas ces déficits dont vous parlez, l'Allemagne n'aurait pas ses excédents. Si l'Europe, il faut bien que quelqu'un achète les produits allemands.
On a des déficits parce qu'on n'est pas compétitifs.
Non, non, non, il faut bien, oui, mais il faut aussi, il faut aussi que...
C'est notre responsabilité, ce n'est pas la faute des Allemands.
Non, non, mais oui, mais quand on est ensemble, vous savez, même l'Allemagne est en dehors des clous des critères européens sur la question de son excédent commercial. Oui, elle est en dehors des clous. Donc, on tape sur ceux qui veulent investir, y compris pour sauver quelques services publics de santé, d'éducation, que ce soit en Grèce ou ailleurs, mais on ne tape pas sur l'Allemagne quand, au fond, elle vit de nos dépenses. Maintenant, vous savez, moi, j'ai écouté Emmanuel Macron au Parlement européen. Très beau discours. Emmanuel Macron sur l'Europe fait toujours des très beaux discours. L'Europe qui protège, la souveraineté européenne.
Sauf que ce qu'il pose comme acte à l'échelle européenne, ça n'est pas ça. Quand Emmanuel Macron défend l'accord de libre-échange avec le Canada, ce n'est pas la souveraineté et l'Europe qui protègent, c'est l'emballement climatique parce que ça a plus de gaz de schiste, plus de sable bitumineux. Je finis. Quand il pose, quand il soutient l'accord de libre-échange avec le Mercosur, Argentine, Brésil notamment, ce n'est pas la souveraineté alimentaire. C'est la mondialisation de la malbouffe, c'est la destruction de l'Amazonie.
Donc, le problème, c'est qu'Emmanuel Macron fait de très beaux discours, mais les actes qu'il pose sur l'Europe comme sur l'écologie sont à des années-lumière du discours qu'il prononce très bien.
Yannick Jadot, notre invité ce matin sur France Info, 8h41, l'info Edwige Coupez.
Plus de 300 millions d'euros, c'est le coût probable de la grève à la SNCF, selon Guillaume Pépi ce matin sur France Info. Le patron de la compagnie annonce des réductions pour les usagers excédés par 16 jours de grève. Il promet également que tous les trains en circulation jusqu'à la fin du mois seront connus dès aujourd'hui. Air France annonce de son côté un trafic en baisse à cause des 8 jours de grève en avril, une chute de près de 9% pour un coût, là aussi estimé à 300 millions d'euros. La compagnie sans dirigeants, après le rejet du projet d'accord par les salariés et la démission vendredi dernier de Jean-Marc Janaya, qu'il est reçu en fin de matinée par le Premier ministre.
Les inspections des sites nucléaires iraniens doivent se poursuivre. C'est ce qu'exige Donald Trump, après avoir dénoncé l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Le président américain a de nouveau critiqué ce compromis hier lors d'un meeting dans l'Indiana devant ses électeurs. Un programme de la NASA discrètement annulé par la Maison-Blanche, une étude sur l'impact du dioxyde du carbone et du méthane sur le réchauffement climatique, une information révélée par la revue American Science. C'est la deuxième mission scientifique ainsi stoppée depuis l'élection de Donald Trump, ouvertement climato-sceptique.
France Info L'eurodéputé Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot, notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy, le conflit se poursuit à la SNCF.
Oui, et certains pensent que c'est la faute de l'Europe. Et notamment votre ami Benoît Hamon qui le théorisait la semaine dernière au micro de France Info.
Bien sûr qu'elle a évidemment exposé et fragilisé la SNCF, qu'elle l'a amené à des choix qui sont des choix dans les 20 dernières années qui n'ont pas forcément été les bons, qu'on a parié sur les lignes les plus rentables.
Voilà, Benoît Hamon faisait référence aux directives qui obligent les sociétés nationales à se mettre en concurrence. Donc la SNCF, c'est la faute à l'Europe. Si la SNCF va mal, c'est la faute à l'Europe. Ce serait tellement facile si tout était...
Et après ça, il faut construire l'Europe. Ce serait tellement facile si tout était de la faute de l'Europe et si la France était un pays, comme vous l'avez dit, magnifiquement géré. À ce moment-là, effectivement, il faudrait se débarrasser de l'Europe. Sauf que...
C'est votre ami Benoît Hamon, il pense souvent comme vous.
Sauf que la directive européenne, les directives européennes, ne demandent absolument pas de changer le statut des cheminots ou le statut de la SNCF. Les directives européennes ne remettent absolument pas en cause le principe de service public. Je veux dire, on est quand même dans un moment totalement dingue. On a un souci de fracture territoriale majeure. Une bonne partie des Français se sentent abandonnés dans les quartiers, dans les zones rurales. On a ce souci, la France qui recommence à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre. Donc on a un souci, notamment à travers le secteur des transports. Donc on a un enjeu écologique majeur autour des transports. Et de quoi on nous parle ?
De statut des cheminots, de dette et de concurrence.
La dette, il faut en parler parce que...
Mais la dette, monsieur Hapati, je sais que vous adorez les questions de dette.
Et pas vous, parce que ça dit quelque chose quand même, la dette. Mais c'est sûr. On a envie de la mettre sous le tapis, mais ça dit quelque chose quand même.
On a raillé les écologistes. On les a méprisés quand on a dit arrêtons le tout TGV. Tout le monde a dit mais c'est écolos, ils sont rétrogrades, c'est la bougie, tout ça. Alors, quand on a dit attention, on sous-investit sur les petites lignes et on est en train de creuser la dette. La dette, c'est le TGV. 46 milliards. La dette, c'est le TGV. C'est largement le TGV. Ah, c'est sûr. Qui est un choix de politique publique. Vous avez tout à fait raison. D'accord. De la même façon, tout TGV, SNCF, 46 milliards. Tout nucléaire, EDF, 37 milliards. Absolument. Celui-là, on n'en parle pas. Parce que le gouvernement aime tellement le nucléaire qu'il ne veut pas parler de la folie nucléaire.
Mais ça va nous tomber dessus aussi. Mais, tout le monde sait aujourd'hui que la dette, à un moment, c'est l'État. C'est une dette publique. Il faut arrêter de se raconter des histoires.
Donc, c'est les contribuables, donc c'est les impôts, donc c'est ça le problème.
Oui, mais comme...
Donc, il y a une comédie autour de ce discours de la reprise de la dette. Mais la dette, c'est une blague.
Vous imaginez un gouvernement dire, je laisse la SNCF faire faillite ? Est-ce que vous imaginez un seul gouvernement dire, il y a trop de dette, elle fait faillite ? Évidemment non. C'est un outil extraordinaire d'aménagement du territoire. Donc, c'est un jeu d'écriture aujourd'hui que de laisser la dette à la SNCF ou de la mettre dans les comptes publics. Il ne faut pas se raconter d'histoire.
C'est un jeu d'écriture qui a des conséquences européennes. Mais qui a des conséquences majeures. Puisque nous avons présenté à la Commission européenne une trajectoire de réduction de la dette. Et alors, qu'est-ce qu'on fait ? Que nous ne tiendrons pas, puisque nous avons menti à la Commission européenne. Qu'est-ce qu'on fait ? Comment construire une Europe quand on est sans arrêt des menteurs ? Comment est-ce qu'on suffit de la confiance quand on se comporte comme ça ?
Mais qu'on arrête aussi d'avoir, pour le coup, des chiffres fétiches qui ne racontent pas notre réalité. On établit un 3% de déficit budgétaire alors qu'on sait que ça ne correspond pas à la réalité. La SNCF, comme le ferroviaire, ça n'est pas un coût, c'est un investissement. Imaginez des zones rurales où vous n'avez plus le train, vous n'avez plus la poste. Déjà, plus de postes, plus 10% le Front National. Plus de gares, plus 10% encore le Front National. Vous imaginez des activités économiques s'installer s'il n'y a plus de services publics, s'il n'y a plus de possibilités de se mouvoir et de se déplacer ? Évidemment non. Donc c'est un investissement.
Le projet de réforme de la SNCF, bon projet, mauvais projet ? Vous souhaitez son adoption ?
C'est un mauvais projet parce qu'il ne parle pas des choses essentielles. On a un gouvernement qui a dit « c'est pas à Paris qu'on va gérer la fermeture de 9000 km de petites lignes ». Mais ça veut dire qu'en fait on va déléguer ça aux régions. Ça veut dire qu'il n'y a pas cette volonté d'avoir un maillage de nos territoires qui encore une fois rassureront, un maillage qui rassurera les Français et leur permettra d'être en connexion. On parle toujours des zones blanches sur Internet. et maintenant on va créer des zones blanches en matière de liens sociaux entre les gens. Et puis ce dont on ne parle pas au-delà de la fracture territoriale, c'est la question du transport des poids lourds.
On est le seul pays européen aujourd'hui quasiment à ne pas taxer les poids lourds sur le transport de marchandises. On a essayé. Eh bien on a essayé mais pourquoi on ne l'a pas fait ?
Ça nous a coûté cher d'ailleurs. Ça nous a coûté un milliard sans récupérer la taxe. Ça nous a coûté beaucoup. En 2014.
Moi j'ai négocié le grenelle de l'environnement. On a donné aux transporteurs routiers une partie d'exonération sur la taxe à l'essieu et les 44 tonnes. On a donné un milliard aux transporteurs routiers pour qu'ils acceptent l'éco-taxe. On a donné un milliard à EcoMove, la société qui a installé l'éportif. Et on perd un milliard par an de ressources budgétaires pour investir sur les transports collectifs. Il faut la relancer cette taxe, Yannick Radeau ? Mais bien sûr. C'est une évidence. Les Allemands le font. Pourquoi le frais de ferroviaire ça marche en Allemagne ? Parce qu'il n'y a pas la concurrence subventionnée de la route. On parle en permanence de ce qu'on donne aux ferroviaires.
Éco-taxe décidée par la droite, enterrée par la gauche. Oui. C'est vrai. C'est ça. C'est vrai. Enfin, la droite ne l'avait pas mis en place non plus. Non, mais il l'avait décidé. Non, mais il l'avait décidé par Nicolas Sarfossi. Mais vous avez parfaitement raison. C'est le grenelle de l'environnement. Mais vous avez parfaitement raison. Et on l'a abandonné pour satisfaire des salariés qui perdaient leur emploi dans l'industrie ultra-intensive du poulet. On a été dans une aberration totalement absolue à ce moment-là. C'est-à-dire que des gens nous expliquaient que si l'industrie du poulet low-cost était en difficulté, c'était à cause d'une taxe qui n'existait pas encore.
Donc, si on veut avoir du courage, Emmanuel Macron prétend qu'il a du courage, évidemment, il faut arrêter cette concurrence indécente de la route et arrêter de multiplier les camions sur les routes.
Vous êtes au point pour faire la campagne européenne de l'année prochaine, Yannick Jadot. Oui, parce que pourquoi ?
Non, mais qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Tout ce dont on parle aujourd'hui, entre l'Europe et l'écologie, qu'est-ce qu'il y a d'autre comme grand chantier politique de ce siècle ? Je n'en vois pas d'autre, en réalité. On a le réchauffement climatique qui s'accélère, on a la biodiversité qui est en train d'exploser dans tous les sens, et on a une capacité à peser sur les affaires du monde, potentiellement à travers l'Europe.
Donc c'est un vrai enjeu politique.
Ah mais c'est l'enjeu politique, pardonnez-moi. Pour moi, ça fait 30 ans que je me bats, j'étais encore il y a quelques jours avec les pêcheurs artisans contre la pêche électrique, parce que je ne veux pas que la mer, ce soit simplement des gros navires industriels chinois, et nos ressources décimées. Je suis en permanence avec les paysans, parce que je n'ai pas envie que notre agriculture, ce soit simplement des champs à perte de vue, des céréales à perte de vue, arrosés de round-up, sans paysans, sans animaux, et que nos abeilles, nos insectes et nos oiseaux disparaissent. Je ne veux pas depuis 30 ans.
C'est pour ça. Je vais vous ramener à des considérations plus terre-à-terre. Vous êtes membre d'Europe Écologie Les Verts. C'est vrai. Vous aurez une liste autonome, vous allez chercher des alliances, par exemple avec Benoît Hamon qu'on a vu.
Mais moi, je me bats pour qu'il y ait une liste de l'écologie politique à l'élection européenne. C'est notre élection emblématique, je l'ai dit, les deux grands chantiers que nous portons. C'est l'Europe et c'est l'écologie. Et il n'y a personne, il n'y a personne qui peut porter le projet que nous portons. À chaque fois qu'il y a une avancée au niveau européen, M. Apathy, que ce soit sur le glyphosate, que ce soit sur la pêche électrique, que ce soit sur le diesel, les lanceurs d'alerte, la protection des données personnelles, ce sont les écologistes qui sont au cœur de ce combat-là. Sans les écologistes, aujourd'hui, l'Europe sera encore plus mal en point.
D'autres questions pour vous, Yannick Jadot, juste après l'info, 8h50, Edwige Coupez.
Plusieurs centaines d'étudiants opposés à la réforme Parcoursup sont mobilisés en ce moment à Arcueil, dans le Val-de-Marne. Ils tentent de perturber l'accès à la maison des examens où 500 étudiants de Nanterre doivent passer leur partiel délocalisé. La première preuve de droit est prévue à 9h. Il n'est pas sûr qu'elle puisse avoir lieu. Les CRS sont sur place. Des billets à moins de 40 euros en vente dès mardi prochain pour cet été. Des cartes de réduction à 29 euros. Des abonnements TER à moitié prix pour le mois de juin. Les annonces ce matin sur France Info du patron de la SNCF pour tenter de reconquérir les passagers.
Après 16 jours de grève, il ne croit pas à la poursuite du mouvement cet été. Que s'est-il passé sur le tournage de Koh-Lanta pour que la société de production décide d'interrompre la prochaine saison ? Dans un communiqué sur Twitter, TF1 évoque simplement un événement entre deux candidats et une impossibilité de poursuivre dans des conditions sereines. Coup dur pour la chaîne, avec plus de 5 millions de téléspectateurs chaque saison. Pas de nouveau mandat à la tête de la Catalogne pour Carles Puigdemont. L'ancien leader destitué renonce, mais propose un candidat à sa succession.
Kim Thorin, avocat, éditeur, sécessionniste convaincu, il pourrait être investi dans les prochains jours par le Parlement catalan.
France Info Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie Les Verts, notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy. On parle d'un projet très contesté en Guyane.
Oui, en Guyane, vous le connaissez sans doute, Yannick Jadot, ça s'appelle la Montagne d'Or, donc une mine d'or qu'on peut exploiter, qui peut rapporter beaucoup d'argent, créer beaucoup d'emplois sur ce territoire où ce serait évidemment le bienvenu, mais il faut faire aussi une déforestation importante pour exploiter ce site. Et le maire de la Rura, la commune sur laquelle se trouve cette mine d'or, est assez hostile au projet qui divise beaucoup, beaucoup sur ce territoire. On écoute le maire de la Rura.
Il y a dix ans, on m'a promis des emplois verts avec le Centre Européen de la Biodiversité à la place d'un projet d'un peu moindre envergure sur Rura. Dix ans plus tard, zéro emploi vert. Aujourd'hui, on nous fait le même cours, on nous resserre le même repas avec le projet Montagne d'Or. On nous dit non au projet Montagne d'Or, certains. On nous promet ces mêmes emplois verts. Moi, je n'y crois plus.
Il n'y croit plus. Les propos ont été recueillis par un de l'or barral. Il faut la faire, cette exploitation de la mine d'or ou pas ? Certainement pas.
C'est une catastrophe. La semaine dernière est sorti le rapport du WWF disant à quel point la France, si tous les habitants de la planète vivaient comme les Français, on aurait besoin de trois planètes. Et on augmente notre empreinte écologique. On augmente notre empreinte écologique, notamment sur les forêts, la montagne d'or. Ce sont des centaines d'hectares voués à la disparition et sachant que ce projet n'est que le premier d'une longue série. Est-ce qu'on a vraiment besoin de laisser des sociétés canadiennes et russes s'emparer et détruire les forêts avec des revenus pour les Guyanais extrêmement limités par rapport à ça ?
On a des filières à développer qui recyclent l'or, qui produisent beaucoup plus d'or que ce qu'on va obtenir là-bas.
C'est l'équivalent de 32 stades de France,
le projet Montagne d'or. C'est une aberration économique. Ça va vivre de subventions publiques. Est-ce que franchement, Emmanuel Macron et Nicolas Hulot, qui nous expliquent à longueur de discours que l'alerte des scientifiques, la biodiversité, les forêts tropicales, et on a besoin d'aller détruire la forêt, c'est notre Amazonie, la Guyane. C'est l'Amazonie française. Est-ce qu'on a besoin de la détruire là-bas ? Est-ce qu'on a besoin de détruire l'Amazonie brésilienne en faisant l'accord avec le Mercosur
et d'apporter du bœuf ? Yannick Jadot, vous avez entendu le maire de la Roura qui est concerné. C'est le maire de cette commune de Guyane. Lui, il dit, moi, je veux des emplois et les emplois verts, ça n'existe pas.
Mais si, parce que le problème, c'est qu'on dit, en fait, vous allez avoir ce projet-là. Et pour s'assurer qu'à un moment donné, tout le monde se dise, mais zut, il n'y a pas de boulot, il y a machin, on ne crée rien à côté. On ne crée rien à côté dans cette région. Il y a eu des manifestations en Guyane, vous les avez vues, parce qu'il y a eu un sous-investissement de la République. Il faut dire à quel point la République sous-investit dans ces territoires ultramarins. On est à des niveaux de développement dont on aurait honte s'il y avait un reportage tous les jours. Donc, mettons l'argent sur l'éducation, sur des filières autour de l'écotourisme.
Et vous verrez qu'on créera des emplois et un développement soutenable en Guyane. Ce sont des milliers de tonnes de cyanure qu'on va mettre dans la nature. Est-ce qu'on va faire crever la biodiversité et rendre malade les populations simplement pour faire plaisir à une société canadienne et à une société russe ? Ça peut paraître simple.
Aujourd'hui, le gouvernement français soutient ce projet, en tout cas, il ne se pose pas. Bien sûr, il le soutient. Oui, c'est ça.
En 2007, on parlait tout à l'heure de Sarkozy. En 2007, Sarkozy a stoppé le projet. Nicolas Sarkozy, pardon, vous avez raison. Nicolas Sarkozy, président de la République à l'époque, a stoppé le projet de mine d'or en Guyane. Et là, Guyane, déforestation. Je l'ai dit, Mercosur, déforestation. Et nous allons... Les députés écologistes, on parlait de l'Europe, ont réussi à obtenir qu'il n'y ait plus d'huile de palme dans les agrocarburants. Ce projet est combattu par la France. Alors que l'huile de palme détruit les forêts en Indonésie et en Malaisie, ce projet est convaincu par la France parce que Total, à la MED, a un investissement qui veut faire exploser nos importations d'huile de palme.
C'est fou. C'est Total.
Mais alors que fait Nicolas Hulot ? Il y a un an, exactement un an, vous vous félicitiez, beaucoup de gens se félicitaient, de l'arrivée de Nicolas Hulot à ce grand ministère de l'écologie.
C'était une belle promesse. C'était l'idée que Nicolas Hulot, même isolé dans un gouvernement, arriverait à entraîner le gouvernement sur d'autres logiques. Mais moi, je constate que, regardez le gouvernement qui fait un recours sur Europa City qui va détruire des centaines d'hectares de magnifiques terres agricoles du côté de Gonesse. C'est sur la transition énergétique. Le lobby nucléaire a totalement repris en main la feuille de route énergétique française. Sur les pesticides, c'est l'agrochimie, Monsanto et la direction de la FNSA qui a totalement repris la main sur notre santé et sur notre agriculture.
Nicolas Hulot ne sert à rien ?
Aujourd'hui, il ne gagne pas. Incontestablement, il ne le gagne pas. Regardez, même sur la pollution de l'air, on est mis en demeure par l'Europe sur la pollution de l'air. L'Allemagne, avec les constructeurs, a obligé tous les véhicules qui ont fraudé sur le diesel à être modifiés. Vous avez vu une telle mesure en France ? L'arrêt de Notre-Dame-des-Landes,
vous le mettez à son crédit ou pas ?
Mais tant mieux, la fin de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Tant mieux ! Le bilan est négatif ? Un an d'action ? Ah bah oui ! Là, quand c'est la FNSA qui décide pour notre santé et l'agriculture, quand c'est le lobby nucléaire qui décide de notre transition énergétique et quand c'est les constructeurs automobiles, du diesel qui décident des mesures en termes de pollution de l'air ou quand c'est les grandes entreprises qui veulent des accords de libre-échange qui décident si on va la mondialiser, la malbouffe, la souffrance animale, les antibiotiques ou si on défend nos paysans, je suis désolé, c'est un échec.
Yannick Jadot, eurodéputé, Europe Ecologie Les Verts était notre invité ce matin. Bonne journée !
Yannick Jadot