Laurent Wauquiez : présidence LR "Je ne vais pas perdre"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Bonjour et bienvenue sur RTL, Laurent Wauquiez.
- 0:26OuverteRéponse partielle
Pourquoi l'Assemblée a tellement tergiversé sur la minute de silence pour Abou Bakar Sissé ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Que dites-vous ce matin aux musulmans qui se demandent s'ils ne sont pas des citoyens de seconde zone en France ?
- 2:31OuverteRéponse directe
Sur l'insécurité, on constate un constat qui se dégrade. Sur le projet de proportionnelle pour les législatives, vous dénoncez des petits accords d'arrière-boutique.
- 2:53RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites encore au gouvernement, vous les Républicains ? Vous n'êtes d'accord sur rien.
- 3:44FerméeRéponse directe
Vous censurez le gouvernement s'il y a des augmentations d'impôts ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« une minute de silence hier était légitime, c'était même indispensable. »
- 0:44PrésentateurChiffre
« des actes anti-musulmans, 79 entre janvier et mars »
- 1:08Invité politiqueChiffre
« notre pays est le pays le plus violent d'Europe, celui où il y a le plus d'agressions violentes. »
- 3:20Invité politiqueFait
« ils envisageaient de faire supprimer l'abattement fiscal de 10% sur les retraités »
- 3:41Invité politiquePromesse
« je ne voterai aucun budget avec des augmentations d'impôts. »
- 5:23Invité politiqueFait
« une présentation qui sera le 14 juillet. »
- 5:29Invité politiqueChiffre
« On a dénoncé les 1 000 agences administratives qui coûtent 80 milliards. »
- 9:13Invité politiqueFait
« Paris est sale, Paris n'a pas de sécurité »
- 10:44Invité politiquePromesse
« Mais je ne vais pas perdre. »
Temps de parole
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- Présentateur27 %
- ?4 %
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RTL Matin Et
tout de suite l'invité de RTL Matin, Thomas, vous recevez aujourd'hui Laurent Wauquiez, le patron des députés républicains à l'Assemblée et candidat à la présidence de son parti.
Bonjour et bienvenue sur RTL, Laurent Wauquiez. Bonjour. Il a fallu tout un débat pour savoir s'il fallait ou non observer une minute de silence hier en mémoire d'Abou Bakar Sissé, ce jeune homme malien de 22 ans qui venait de décrocher son CAP de menuisier et qui a été assassiné parce que musulman dans une mosquée du Gard. Pourquoi l'Assemblée a tellement tergiversé
? Il
n
'y
avait aucune raison. Et enfin, je ne comprends pas les polémiques qu'il y
a
pu y avoir là-dessus, qu'une minute de silence hier était légitime, c'était même indispensable. On voit bien l'explosion de l'ensauvagement dans notre société,
on
voit bien aussi l'explosion des actes racistes.
Et des actes anti-musulmans, 79 entre janvier et mars
?
Oui, des actes musulmans, aussi des actes antisémites, n'oublions pas que ce sont les premiers actes racistes en France, le racisme anti-blanc, les actes contre les chrétiens, globalement, une société qui bascule dans une ultra-violence. Et faisons attention, aujourd'hui dans les statistiques, notre pays est le pays le plus violent d'Europe, celui où il y a le plus d'agressions violentes.
Mais dans cette affaire, certains du côté de LFI notamment ont reproché au gouvernement et aux ministres de l'Intérieur d'avoir mis deux jours à réagir à ce drame. Que dites-vous ce matin aux musulmans qui se demandent s'ils ne sont pas en train de devenir des citoyens de seconde zone en France
? Non,
je pense que précisément la réaction a été forte, elle a été immédiate. Dans le bon tempo
? Oui,
c'est ce que je considère.
Et
je vais dire aussi ce que je pense
de
la réaction de la France insoumise.
J
'ai été écœuré
par
leur instrumentalisation indigne de ce qui s'est passé.
Parce
qu'en réalité, et j'ai eu cet affrontement avec Rima Hassan il y a quelques jours,
la
réalité, c'est que la France insoumise a juste cherché à nourrir un discours sur l'islamophobie qui est le carburant de l'islamisme.
Et
qu
'on
voit très bien avec ça toute la stratégie de Jean-Luc Mélenchon
qui
consiste à faire exploser la République en nourrissant un communautarisme
et
avec une indignation, permettez-moi de le dire, quand même très sélective.
Parce
que je n'ai pas entendu de la même manière la France insoumise quand il y avait des actes antisémites.
Je
ne l'ai pas entendu de la même manière quand il y
a
eu d'autres attentats et d'autres meurtres. Moi, à votre micro, exactement de la même façon, je dénonce les actes qui sont contre les musulmans et avec la même énergie pour les combattre que ceux qui touchent les autres communautés dans notre pays. Mais la République, ce n
'est
pas cette instrumentalisation de la France insoumise. Ça, ça m'écœure.
Je
vais citer du Laurent Wauquiez maintenant. Alors, sur l'insécurité, on constate tous les jours un constat d'insécurité qui se dégrade. Sur le projet de mettre la proportionnelle pour les prochaines législatives, vous dénoncez des petits accords d'arrière boutique. Vous êtes radicalement contre la suppression envisagée de l'abattement fiscal de 10% pour certains retraités. Sur nos rapports avec l'Algérie, vous accusez le gouvernement de soumission. Ce sont là encore vos mots. Laurent Wauquiez, moi j'ai une question très simple. Qu'est-ce que vous faites encore au gouvernement, vous les Républicains ? Vous n'êtes d'accord sur rien.
En
tout cas,
je
fais le dire simplement,
je
suis préoccupé en ce moment.
Parce
que je vois beaucoup de paroles, peu d'actes. Mon premier sujet de préoccupation, aujourd'hui, c'est la question du budget et la volonté d'augmenter les impôts sur les Français.
François Bayrou a dit, et comme le ministre de l'économie, pas d'augmentation d'impôts prévus.
Oui, et vous avez entendu, comme moi, la ministre de l'économie expliquer qu'ils envisageaient de faire supprimer l'abattement fiscal de 10% sur les retraités, ce qui s'appelle une augmentation d'impôts. Donc vous
ne
croyez pas le gouvernement quand il dit qu
'il
n
'y aura
pas d'augmentation d'impôts
?
Hier, ça me faisait sourire, François Langlais parlait de réunion. J'étais en réunion avec le premier ministre.
Et
donc j'ai eu un propos qui était extrêmement clair avec lui, parce que malheureusement, avec François Bayrou, c'est souvent nécessaire.
Je
ne voterai aucun budget avec des augmentations d'impôts.
Vous censurez le gouvernement s'il y en a ?
Si le gouvernement persiste, et si François Bayrou persiste à mettre des augmentations d'impôts, nous aurons un débat avec les députés de la droite républicaine sur la question de continuer à soutenir le gouvernement.
Mais pourquoi attendre, encore une fois, et vous n
'avez
pas répondu Maxime, vous n'êtes d'accord sur rien. Vous avez un côté en même temps. D'un côté vous dites, je ne
suis
pas d'accord, et de l'autre vous dites, on est au gouvernement quand même.
C'est dur à
suivre. Non, pardonnez-moi. Notre ligne, elle est très claire. Je suis libre,
et
donc moi je ne dois rien. François Bayrou, je mets la pression quand je ne suis pas d'accord avec lui. Oui, il y a des sujets de désaccord. Oui, ces temps-ci, il y en a de plus en plus. Le premier pour moi, c'est ce combat pour faire reculer le gouvernement sur son idée d'augmenter les impôts. C'est le premier, c'est le plus fondamental pour moi.
Et
après...
Et l'abattement
fiscal de
10
% si on revient dessus pour les retraités, ça aussi
c'est un casus
belli
? Ah mais c'est le casus belli dont je vous parle. Aucune augmentation d'impôts, ni sur la France qui travaille, ni sur les retraités. On regardait les chiffres de la consommation aujourd'hui.
Effondrement comme jamais. Elle a baissé au niveau de novembre 2014, au mois de mars. Exactement. Et pourquoi
notre pays n'en peut plus des impôts et des charges qui sont en train de tuer notre économie et d'asphyxier les Français ? Et donc, notre ligne, elle est très simple, et c'est ce que j'ai redit hier à François Bayrou, aucune augmentation d'impôts. Ni sur ceux qui travaillent, ni sur les retraités. Et on a fait l'effort, avec la droite républicaine, de mettre sur la table des propositions d'économie.
Et
donc, ne vous étonnez pas, oui, c'est vrai, je mets la pression sur François Bayrou. Parce que ce qui se passe en ce moment ne me plaît pas.
Mais c'est quoi votre calendrier de pression ? Parce que là, on a l'impression que vous êtes un peu complice de ce que vous dénoncez. C'est quoi le calendrier ? Le budget, c'est à l'automne, donc vous êtes tranquille, c'est loin.
Non, pas du tout. Déjà, on va avoir une présentation qui sera le 14 juillet. En ce moment, le gouvernement est en train de travailler. Ils n'ont rien fait sur la lutte contre la bureaucratie. On a dénoncé les 1 000 agences administratives qui coûtent 80 milliards. Si je mets la pression maintenant, c'est parce que je veux que ça bouge. On a la question de la différence, vous savez à quel point ça me tient à cœur, entre le travail et l'assistanat. Je considère qu'en France, on doit garder le social, arrêter l'assistanat, revaloriser le travail. Sur ce sujet, François Bayrou n'a rien fait. Et donc, ne soyez pas surpris, je ne
vais
pas être complice précisément de ceux dont je considère qu'ils ne font pas avancer les choses. Ils ne font rien de bien, le gouvernement
?
Non, il y a des éléments où ils essayent d'avancer. Le travail qui a été fait sur l'agriculture,
c
'est un travail positif.
Sur le
narcotrafic, c'est bien, la loi sur le narcotrafic ?
Oui, par exemple, Gérald Darmanin sur le sujet pénitentiaire, je trouve qu'il avance. C'est-à
-dire
faire payer les détenus ? Ça, c'est une bonne chose ? J'y suis favorable. Moi, tout ce qui va dans un sens de plus grande fermeté, j'y suis favorable. Mais aujourd'hui, je le répète, mon très gros combat, c'est que nous amenions le gouvernement à reculer. Et ma force, vous le savez, c'est que je suis libre.
Vous êtes libre quand même le chef des députés LR et il y a des ministres LR au gouvernement dont un certain Bruno Retailleau, ce qui ne vous aura pas échappé.
Oui, bien sûr. Et c'est précisément ma préoccupation. Parce que le danger, c'est que si on a des ministres au gouvernement et qu'on est complice d'un gouvernement qui ne fait rien, c'est la perte totale de la crédibilité de la droite. Bien sûr que ça me soucie. Bien sûr que ça me préoccupe. Et c'est pour ça que je veux exercer...
Est-ce qu'aujourd
'hui, vous préféreriez ne pas être au gouvernement
? Je
dis vous, les LR.
Non, parce que je n'oublie pas deux choses.
La
première, c'est qu'on a fait ça pour éviter le chaos au pays. Et je n'oublie jamais ça. Et la deuxième, c'est qu
'on
l'a fait pour éviter que le gouvernement dérive trop à gauche et qu'on ait un gouvernement PS sous le contrôle de la France insolite. Donc c'est
un moindre
mal ? Pour
l'instant, oui. Mais ça se jauge chaque jour. Et si jamais je n'arrive pas à faire les avancées, je considère que la participation au gouvernement, elle devrait être mise en question.
Sur la proportionnelle, vous allez voir François... Je crois que
vous
ne savez pas encore quand vous avez rendez-vous avec lui. Marine Le Pen, journal Mardella, c'est aujourd'hui. Vous, c'est quand ?
On n
'a
pas encore fixé la date, mais j
'ai
demandé à ce qu'elle vienne vite parce que c'est un gros sujet.
C'est une ligne rouge, ça aussi. Vous n'en voulez pas, vous, de la proportionnelle pour les législatives ?
D'abord, vous me permettrez quand même d'être un peu surpris. Il est étonnant, ce Premier ministre, dans sa hiérarchie de priorité. Je suis incapable de vous dire quelle est sa hiérarchie de priorité sur la dépense fiscale. Je suis incapable de vous dire quelle est sa hiérarchie de priorité sur la sécurité ou l'immigration. Par contre, j'ai bien compris qu'il était obsédé par la proportionnelle. La première préoccupation des Français, c'est qu'on tripatouille les règles électorales. La proportionnelle, on l'a oubliée,
mais
c'est ce qui a tué la 4ème République en France. Le général de Gaulle nous en a sorti. Donc, revenir à la proportionnelle, c'est assurer que le chaos dans lequel on est aujourd'hui deviendra la règle en France. Donc, je suis contre.
Et
pour
nous, c'est très important qu'on fasse changer les choses de
suite.
Vous êtes contre, mais là encore, est-ce que c'est un motif de sortie ou pas ? Un motif de censure ou pas
? Ouais,
j'ai pas envie à chaque fois d'agiter ça. Et donc, pour l'instant, qu'est-ce que j'attends
? Le
ministre qui est chargé de mettre en oeuvre la loi électorale, c'est le ministre de l'Intérieur. Ça tombe bien, il est de notre famille politique. Bruno
Retailleau.
Oui.
Et
donc, il me semble impensable qu'un ministre de notre famille politique accepte ça à
l
'intérieur du gouvernement. Donc, ce qu'il faut, c'est qu'il impose à François Bayrou l'abandon de ce projet.
Et vous lui mettez la pression, sinon il doit sortir.
Ma crainte,
c
'est qu'on se retrouve, nous, dans une situation de conflit d'intérêts.
C
'est-à-dire, ma crainte, c'est que si jamais la parole des Républicains, elle est portée par le ministre de l'Intérieur, quand on va se retrouver autour de la table, si c'est sa casquette de ministre de l'Intérieur auquel le Premier ministre donne des instructions qui l'emportent, on n'aura pas la capacité de se faire entendre de la même manière.
Laurent, vous qui vous intéressez à la campagne d'Amérique de Paris, vous soutenez officiellement Rachida Dati. Moi, j'ai juste une petite question. Est-ce qu'elle, elle vous soutient pour la présidence à LR ?
C'est à elle qu'il faut poser
la question.
Quoi ? Elle ne vous l'a pas dit
?
Si, vous savez, on est
très proche. Donc, elle vous soutient
? Laissez l'affaire avec son tempo et son timing. Mais, pardon, je ne soutiens pas Rachida Dati pour qu'elle me soutienne. Vous savez pourquoi je la soutiens ? Parce que je veux qu'on libère Paris de la folie de la gestion d'Anne Hidalgo. Paris est sale, Paris n'a pas de sécurité, et à l'arrivée, les Parisiens ne peuvent même pas choisir directement leur maire. C'est une anomalie totale
en démocratie. Là, on peut changer le mode
de scrutin, on peut tripatouiller pour le coup, pour l'année prochaine.
Non, mais là, pardon, les élections municipales, elles sont dans un an. Vous considérez ça normal, vous ? Vous pensez que ce n
'est
pas une anomalie démocratique ? Le tripatouillage, pardon, c'est ce qui est aujourd'hui. Enfin, on doit être indigné de ça. Vous avez un système électoral qui, à Paris, fait qu
'on
ne peut pas voter directement. Ça, c'est le tripatouillage.
Bon, on va parler un tout petit peu de vous. Ça, c'est gentil. Vous êtes souvent attaqué sur votre image d'insincérité. Est-ce que ça vous touche déjà, rapidement
?
Ben oui, forcément. Oui ? Enfin, voilà, on n'a pas une armure.
C
'est des attaques qui me touchent. J'essaie d'y réfléchir, j'essaie de me dire pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai pu faire qui a prêté le flanc à ça ?
Est-ce que c'est pour casser cette image que vous nous offrez un roman photo dans Paris Match cette semaine ? On vous voit à table servir la salade avec votre femme, avec votre chien. La politique est toujours là. Vous citez votre femme, Charlotte, pour rappeler qu'elle est fâchée contre Bruno Retailleau. Elle a mal vécu le retournement de Bruno Retailleau alors que chez nous, en août, il lui disait « Je soutiendrai l'Orange qu'en 2027. Quoi qu'il arrive, je vous le promets.
»
Thomas Soto, je vais vous envoyer ma femme. Vous allez voir qu'elle va vous accuser d'insincérité si vous continuez. Vous m'avez même interrogé avant qu'on commence sur la question de savoir quel était ce bon fromage qui était autour de la table.
C
'est vrai, je me demandais si c'était un fromage du plus envelé. Fromage
aux artisous, 100% plus envelé.
Ça vous va comme réponse ?
Ça
me va. Si vous gagnez le 18 mai et que vous devenez président de LR, on sait ce que vous ferez. Et si vous perdez, est-ce que vous renoncerez à vos ambitions présidentielles
?
Mais je ne vais pas perdre.
Non mais si vous perdez.
Mais je ne vais pas perdre.
Je dis
si vous gagnez ou si vous perdez. Non mais Thomas Soto, quand vous êtes engagé dans une compétition, vous me demandez est-ce que vous allez perdre. Vous vous engagez dans une compétition en
vous
demandant si vous allez perdre. Vous commencez votre émission sur RTL en vous disant est-ce que je vais être le dernier des chaînes de radio ? Non, je donne tout. Je donne tout. Je le fais pour porter une parole de droite républicaine avec ma liberté. Ma force, c'est que moi, je ne suis pas dans le gouvernement de François Bayrou. Je ne dépends pas de lui. Ce qui me permet, par exemple, de défendre sur le budget avec sincérité et avec force, M. Soto, les intérêts qui me semblent importants protéger les Français contre les augmentations d'impôts. Merci
Laurent Wauquiez d'être venu ce matin. Merci.
Laurent Wauquiez