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Discours / meetingFrançois Fillon· 13 février 2016 17 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécuritéInstitutions & élections

Discours de François Fillon au Conseil national "Les Républicains"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00François FillonFait
    « La synthèse, c'est pour les démocraties tranquilles et c'est pour les pays riches. Or mes amis, nous n'en sommes plus là. »
  • 5:00François FillonFait
    « François Hollande joue les pères de la nation qu'il appauvrit par son impuissance et qu'il divise par ses manœuvres politiciennes. »
  • 6:00François FillonFait
    « En juillet 2012, j'avais écrit une tribune dans le Figaro où je disais à François Hollande : "Devenez le chef de l'État." Et bien 4 ans après, je repose la question : "Est-ce qu'il y a un chef ? Et est-ce qu'il y a un état ?" »
  • 7:00François FillonFait
    « Champion des impôts, champion du chômage, champion de la dette, champion des apparences avec Macron en tête de Gondol qui parle mais qui n'agit pas. »
  • 8:00François FillonChiffre
    « La Cour des comptes vient de préciser que le contrat de génération qui était en première page du programme de François Hollande était un échec. »
  • 9:00François FillonFait
    « Je vois des entrepreneurs et des artisans qui paient tellement de cotisation, tellement d'impôts, tellement de taxes que leur revenu est inférieur au salaire minimum. »
  • 10:00François FillonFait
    « François Hollande est un populaire mais ça serait excusable s'il l'était pour avoir dit la vérité et pour avoir cherché réellement à réformer notre pays. »
  • 11:00François FillonFait
    « Pendant qu'on parle ici, la Grande-Bretagne et l'Allemagne sont en plein emploi et leur croissance est largement supérieure à la nôtre. »
  • 12:00François FillonPromesse
    « Il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Il faut passer aux 39 heures dans les fonctions publiques. Il faut rapprocher les départements et les régions. Il faut porter l'âge de la retraite à 65 ans sans tergiverser. »
  • 14:00François FillonPromesse
    « Je veux conditionner les aides sociales à au moins 2 années de présence en France. »
  • 15:00François FillonPromesse
    « Il peut atteindre le plein emploi en 5 ans et il peut en l'espace de 10 ans prétendre à être la première puissance européenne. »

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François Fillon

Mes chers amis, je voudrais d'abord féliciter Luc Châtel pour son élection à la présidence de ce conseil national et remercier Michel Alot Marie pour son engagement militant égoïste. Notre conseil national a pour objet de débattre de notre ligne politique. C'est une bonne chose. C'est une bonne chose sous réserve de ne pas oublier qu'une ligne politique, c'est le résultat d'un projet pour la France. Ça ne peut pas être le fruit d'une synthèse hollandienne. La synthèse, c'est pour les démocraties tranquilles et c'est pour les pays riches. Or mes amis, nous n'en sommes plus là. Notre nation s'enfonce et elle est au bord de la révolte.

Le jour où la Banque centrale européenne arrêtera de faire tourner la planche habillée et où nos taux d'intérêt remonteront, alors on arrêtera de donner des leçons à la Grèce parce que nous serons comme Athè à genoux à genou devant nos créanciers et à genou surtout devant les Français qui nous réclameront des comptes. François Hollande joue les pères de la nation qu'il appauvrit par son impuissance et qu'il divise par ses manœuvres politiciennes. Plutôt que de remagier son gouvernement, il aurait mieux fait de remagier sa politique. Il dit vouloir réformer jusqu'au bout, mais il n'a jamais commencé.

Il renvoie aux électeurs le soin de lui dire s'il faut faire ou non l'aéroport de Notre Dame de Lande. En juillet 2012, j'avais écrit une tribune dans le Figaro où je disais à François Hollande : "Devenez le chef de l'État." Et bien 4 ans après, je repose la question : "Est-ce qu'il y a un chef ? Et est-ce qu'il y a un état ?" La vérité, la vérité c'est que son bilan est calamiteux. Champion des impôts, champion du chômage, champion de la dette, champion des apparences avec Macron en tête de Gondol qui parle mais qui n'agit pas et aussi champion des promesses abatttues par la réalité.

La Cour des comptes vient de préciser que le contrat de génération qui était en première page du programme de François Hollande était un échec. Et s'il n'y avait que cet échec, comme vous tous, je rencontre toutes les semaines des agriculteurs performants qui travaillent 90 heures par semaine et qui ne peuvent plus se verser de salaire à la fin du mois. Et on s'étonne ensuite que le monde agricole soit à bout de ner. Je vois des entrepreneurs et des artisans qui paient tellement de cotisation, tellement d'impôts, tellement de taxes que leur revenu est inférieur au salaire minimum. Je vois dans nos cités des habitants au bord de l'explosion.

La vérité c'est que la France est bloquée et que la paupérisation s'étend. Le président de la République a récemment décrété l'état d'urgence économique. Des mots, encore des mots, toujours des mots. En fait d'urgence, on va réfléchir au code du travail. On va multiplier les primes à l'embauche. On va relancer l'apprentissage après l'avoir cassé. On va recycler pour la 1è fois les vieilles recettes qui n'ont jamais fonctionné. François Hollande est un populaire mais ça serait excusable s'il l'était pour avoir dit la vérité et pour avoir cherché réellement à réformer notre pays. Ça serait pardonnable si le continent européen tout entier était en panne économique.

Mais voilà, pendant qu'on parle ici, la Grande-Bretagne et l'Allemagne sont en plein emploi et leur croissance est largement supérieure à la nôtre. Nous sommes à la traî et ce faisant, le gouvernement français non seulement ne pilote plus l'Europe, mais il fait par son impérent Bruxelles de nos problèmes. François Hollande n'a aucune vision de l'Europe. Au début de son mandat, souvenez-vous, il a lâchement accusé Berlin d'être un frein à la croissance européenne alors que le frein c'était lui. Sur la question des réfugiés. Il a laissé Angela Merkel agir seul et engager l'Europe dans une impasse.

Face à la menace du Brexit, on est dans les petits arrangements au lieu de refonder l'Europe autour des grandes priorités de notre temps. Une Europe autour d'une monnaie puissante qui serait capable de nous affranchir enfin de la tutelle exorbitante du dollar que dénonçait déjà en son temps le général de Gaulle. une politique de l'énergie européenne pour ne pas être totalement dépendant de la Russie. une politique de frontière et d'immigration commune, une défense collective pour endiguer les menaces qui n'ont jamais été aussi fortes depuis 30 ans sur le continent européen.

Et puis une grande stratégie pour l'innovation et le numérique qui ferait des Européens la première puissance technologique au monde. Je veux l'Europe mais avec la France debout disait Philippe Séin. Et bien mon cher Philippe, mon cher Philippe, aujourd'hui l'une et l'autre sont à terre et moi j'enrage de voir la civilisation européenne douter de son sort au milieu des orages. J'accuse François Hollande et sa diplomatie de ne pas s'être donné tous les moyens de détruire l'État islamique. Il a fallu 3 ans pour qu'il comprennent enfin qu'il fallait frapper les fanatiques en Syrie.

Il lui a fallu 3 ans pour qu'il comprenne enfin qu'il faudrait une vraie coalition internationale pour abattre leur drapeau noir. Maintenant vous avez le spectacle sous vos yeux. La Russie agit seule avec l'Iran et les bras ballants. Nous attendons l'issue des événements. Depuis 2 mois, le gouvernement nous fait débattre de la déchéance de nationalité et de l'état d'urgence qui existe déjà dans nos lois et il nous impose de réviser la Constitution. Chacun de vous a son avis sur cette question et il est respectable. Vous connaissez le mien. Je l'ai exprimé en conscience comme vous tous. Je suis évidemment favorable à la déchéance des terroristes. Pas de pitié pour ceux qui sont sans pitié.

Mais mais je ne suis pas aux ordres de François Hollande et de ses improvisations. Ce que je n'accepte pas, c'est qu'on touche à notre Constitution pour rien pendant qu'on occulte les vrais problèmes. Les vrais problèmes, c'est l'efficacité de notre lutte contre l'État islamique en Syrie. Les vrais problèmes, c'est le renforcement des dispositifs de sécurité, de renseignement qui ont montré des failles. Les vrais problèmes, c'est le combat contre le salafisme qui ronge l'islam en France. Les vrais problèmes, c'est la bataille contre le chômage de masse qui mine notre jeunesse. Mes amis, ma ligne politique est claire.

Il faut battre la gauche et il faut changer ce système économique et social qui nous tue à petit feu. Avec 20 ans de croissance molle, 6 millions de Français qui pointent à Pôle Emploi, 2000 milliards de dettes, 2 millions de jeunes qui ne sont ni l'école ni dans un emploi, c'est bien plus qu'un problème de gauche ou de droite. C'est le problème de tout un système qui est usé jusqu'à la corde. Durant des décennies, on a laissé entendre que l'État pouvait tout et que les citoyens lui devaient tout. On a préféré le traitement social du chômage plutôt que d'assouplir le marché de l'emploi. On a choisi les impôts plutôt que la réduction des dépenses publiques.

On a cultivé la précaution plutôt que le risque. Voilà le poison dont il faut nous guérir. Et pour cela, il faut un changement radical. Pour cela, il faut changer de logiciel. On ne va pas relancer la France avec de l'argent public, les caisses sont vides. On va pas colmater les brèches avec des impôts et des règlements. Les Français n'en peuvent plus. Il reste une seule solution, une solution qui est la plus efficace et la plus belle. Cette solution, elle est simple. faire confiance à la liberté qui est la première valeur de notre devise et l'étincelle du progrès.

Aujourd'hui, malgré tous leurs efforts, les Français voient leur existence coincée alors que la vie est faite pour être vécue à fond avec l'espoir de saisir ses rêves. On a tout nivel, tout encadré au nom d'un misérabilisme mou. Tu veux créer ton entreprise ? commence par remplir les formulaires. Tu veux travailler le dimanche, va demander la permission au syndicat. Tu veux travailler plus, gagner plus, transmettre à tes enfants le fruit de tes efforts, pense d'abord aux impôts que tu vas payer. Comment peut-on dans ces conditions stimuler les Français ? Et pourtant, j'en suis certain, donner aux Français la liberté d'oser et vous verrez que leur audace nous mènera très haut.

Notre priorité doit être de créer une France productive, une France du plein emploi. Il ne faut pas avoir peur de ce mot. Une preuve où on sent que chacun a la capacité de prendre l'initiative. Il faut baisser les charges sur le travail. Il faut donner aux entrepreneurs la liberté de négocier le temps de travail avec leurs salariés et il faut vraiment le faire sans fixer à l'avance des contraintes. Il faut généraliser l'apprentissage. Il faut transférer les lycées professionnels aux régions. Il faut réformer l'assurance chômage et instaurer la dégressivité des allocations.

Oui, moi je veux avec vous moins de charge, moins d'impôts et plus de confiance pour ceux qui font tourner les moteurs de l'économie française. Je veux remettre nos finances publiques en ordre parce que les les déficits vampirisent nos capacités d'investissement et pour ça, il y a pas 36 solutions. Il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Il faut passer aux 39 heures dans les fonctions publiques. Il faut rapprocher les départements et les régions. Il faut porter l'âge de la retraite à 65 ans sans tergiverser. Alors oui, tout ça est radical. Mais mes amis, c'est radical parce que la situation est radicalement bloquée. Les socialistes prétendent défendre le modèle social.

Mais de quel modèle parle-t-il ? Le conservatisme est antisocial. Nous devons nous être le parti des jeunes qui se cassent les dents sur la rigidité du marché du travail. Nous devons être le parti des chômeurs qui préfèrent bosser le dimanche plutôt que de pointer à pôle emploi le lundi. Nous devons être le parti des ouvriers qui préfèrent travailler un peu plus plutôt que de ne pas travailler du tout. Nous devons être le parti des entrepreneurs, des artisans, des agriculteurs qui prennent des risques. Oui, il faut libérer notre force productive, mais il faut aussi renforcer l'autorité républicaine.

Depuis plusieurs mois, le président de la République et le premier ministre n'ont pas d'autres mots à la bouche que la République. La République, c'est un système institutionnel. Nous ne sommes pas un système, nous sommes la République française, c'est-à-dire une République avec son histoire, avec sa culture, avec ses traditions, avec ses valeurs. Dans la République française, l'école transmet aux enfants le respect des autres et celui de son pays. Qu'à la suite des attentats, les minutes de silence a pu être perturbé. C'est une honte.

que dans nos quartiers des adolescents s'interpellent en fonction de leurs origines est inadmissible gaulois fug black cette régression tribale est contraire à l'idée que nous nous faisons ensemble de la France unie. S'il faut rappeler que nous sommes tous français et tous égaux, et bien rétablissons l'uniforme à l'école. Imposons une morale civique qui ne soit pas un bavardage. Restaurons l'autorité et soutenons les enseignants qui ne désarme pas. C'est bien plus crucial et bien plus urgent que la suppression de l'article circonflexe. Dans la République française, les derniers arrivants ont des devoirs avant de réclamer des droits.

Je veux réduire l'immigration à son strict minimum en fixant des quotas annuels en fonction de nos besoins économique et de nos capacités d'intégration. Je veux conditionner les aides sociales à au moins 2 années de présence en France. Je veux préciser à ceux que nous avons choisi d'accueillir ce que nous exige en deux, un travail, la volonté de s'approprier notre langue et nos règles communes. Chacun a ses différences et je les reconnais, mais la fraternité ne va pas sans la communion nationale. Dans la République française, la laïcité ne recule pas. Comme l'a demandé courageusement l'imam d'Alforville, je le cite, il faut nettoyer les mosquées salafistes.

Et mes amis, ce que l'État a autrefois exigé de la religion catholique, il n'y a aucune raison qui ne puisse pas aujourd'hui l'exiger des autres religions et en particulier de la religion musulmane. Mais la fermeté ne dépend pas seulement de l'État. Et je veux dire aujourd'hui ici aussi qu'il revient à nos concitoyens musulmans de se soulever contre ceux qui instrumentalisent leur foi parce que c'est aussi une bataille idéologique et une bataille spirituelle que nous devons mener ensemble. Le mariage pour tous a profondément divisé la société française. Je veux réécrire le droit de la filiation pour protéger les droits de l'enfant.

Mes chers amis, nous débutons un siècle difficile qui vient défier notre force d'âme. Mais je vous l'assure, si en 2017 nous choisissons enfin de faire si nous sommes mandatés par les Français pour appliquer un projet sans concession parce que nous aurons eu le courage d'être élus pour cela, alors je vous le certifie, notre pays peut effectuer son retournement en 2 ans. Il peut atteindre le plein emploi en 5 ans et il peut en l'espace de 10 ans prétendre à être la première puissance européenne. Il y a des millions de français dévoués, ingénieux qui sont prêtes à se retrousser les manches et quand je les regarde, je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté ni résignation.

Je vois simplement une force qui attend son heure. Tous ensemble, allons au devant de cette force et de ce rendez-vous décisif pour notre pays. respecter le temps de travail.