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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 17 décembre 2018 64 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Gilets jaunes : l'appel au calme de Macron #cdanslair 14.12.2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 45 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:41OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cet appel au calme d'Emmanuel Macron a des chances d'être entendu selon vous demain ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'attentat mardi soir a changé le contexte ?

  • 6:44RelanceRéponse partielle

    Ce mouvement des gilets jaunes ne s'est-il pas discrédité avec certaines thèses complotistes ?

  • 8:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que demain pourrait être une grande journée de colère des Gilets jaunes ?

  • 10:25OuverteRéponse partielle

    Ils demandent un RIC, référendum d'initiative citoyenne. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 13:10OuverteRéponse partielle

    Comment faire rentrer les gilets jaunes dans le grand débat que le pouvoir veut organiser ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31PrésentateurFait
    « Le pays a besoin de calme à lancer Emmanuel Macron en déplacement cet après-midi à Bruxelles. »
  • 2:50PrésentateurChiffre
    « 8000 policiers à Paris, comme la semaine dernière, 14 véhicules blindés. »
  • 9:51InvitéFait
    « Il y a une véritable crise de représentativité. »
  • 11:49InvitéFait
    « Emmanuel Macron est le premier gilet jaune. »
  • 17:01Invité politiqueFait
    « Je ne crois pas que notre démocratie puisse accepter de fonctionner avec un dialogue qui ne se fait que par l'occupation du domaine public, que par des éléments de violence. »
  • 18:33Invité politiqueFait
    « La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée. »
  • 23:15PrésentateurChiffre
    « 10 milliards d'euros et même plus qui seront comme ça présentés. »
  • 23:27PrésentateurChiffre
    « L'augmentation de 100 euros net du SMIC. »
  • 30:15PrésentateurFait
    « La Constitution lui permet aussi d'utiliser d'autres armes, le référendum, la dissolution. »
  • 34:53Locuteur 3Fait
    « Monsieur Macron a parlé pendant 13 minutes et il n'a pas consacré une seule minute à l'éducation, aux lycéens, aux étudiants. »
  • 41:47InvitéFait
    « Les gilets jaunes ont fait reculer le gouvernement mais avec la violence. »
  • 42:50PrésentateurChiffre
    « Les chiffres ministères intérieurs sur une manif de la CGT, 160 000, les gilets jaunes samedi dernier, c'est 130 000. »
  • 43:30InvitéFait
    « C'est la CFDT qui sort gagnante des élections professionnelles en pleine crise des gilets jaunes. »
  • 46:46InvitéChiffre
    « En trois semaines plus de 30 000 français ont rejoint le groupe des foulards rouges sur Facebook. »
  • 47:37Invité politiqueFait
    « Le président de la République a fait des propositions il a accédé à certaines demandes des gilets jaunes. »
  • 49:15Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui on arrive dans une situation où les répercussions ne seront pas pour les chefs d'entreprise et chefs du CAC 40 seront pour le petit commerce et le petit commerce c'est ce qui fait vivre nos centres-villes. »
  • 1:01:03PrésentateurChiffre
    « On est presque au taquet 89 000 la semaine dernière policiers et gendarmes déployés sur la France entière. »
  • 1:01:14PrésentateurChiffre
    « Il y a eu jusqu'à 119 000 policiers et gendarmes déployés sur l'ensemble de la France sur l'ensemble de la France. »

Temps de parole

  • Présentateur59 %
  • Invité18 %
  • Invité 213 %
  • Emmanuel Macron3 %
  • Invité 32 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Cinquième semaine de colère des Gilets jaunes demain. La police prévoit un dispositif identique à celui de la semaine dernière à Paris. Plusieurs musées et grands magasins resteront fermés. Trois jours après l'attentat de Strasbourg, le gouvernement demande ardemment aux Gilets jaunes de ne pas manifester. Le pays a besoin de calme à lancer Emmanuel Macron en déplacement cet après-midi à Bruxelles. De même, les commerçants sont à bout et n'en peuvent plus après un mois de blocage. Alors quelle sera la mobilisation demain ?

Et ce au moment où la CGT rejoint le mouvement et appelle à multiplier les grèves en affirmant mener les mêmes combats que ceux des Gilets jaunes. C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir « Gilets jaunes, l'appel au calme de Macron ». Alors pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy. Vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Nous accueillons Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po, auteur de cette France de gauche qui vote FN aux éditions du Seuil. Nous accueillons Fanny Guinochet, journaliste à l'Opinion, spécialiste des questions économiques et sociales.

On vous entend également tous les matins sur la matinale de France Info. Et enfin Stéphanie Mathedi, vous dirigez la société Art du dialogue social. Et vous êtes chercheuse au laboratoire de recherche et d'études en droit social rattachée à l'île d'eux. Alors Emmanuel Macron, Bruno Jeudy, qui appelle officiellement au calme en disant « J'ai apporté une réponse aux Gilets jaunes, la raison devrait conduire à débattre plutôt qu'à manifester ». Est-ce que cet appel au calme d'Emmanuel Macron a des chances d'être entendu selon vous demain ?

Il faut l'espérer pour tous ceux qui voudront faire leurs courses et leurs emplettes de Noël ce week-end, et surtout ceux qui vont être à Paris, une nouvelle fois dans un Paris qui va être bouclé par les forces de police.

Parce que même si on ne sait pas combien de personnes vont venir, et c'est bien la grande question, au fond on se retrouve avec un samedi sous pression, avec une mobilisation incertaine, parce que les Gilets jaunes appellent majoritairement à rester sur les ronds-points et à manifester, mais il y en a quand même une partie d'entre eux qui pense qu'il y a eu des propositions de fête, il y a un dialogue qui peut s'engager, et il y a peut-être d'autres voies et moyens pour poursuivre leur mouvement, et en tous les cas faire une pause ce dernier samedi avant les fêtes de fin d'année.

Donc difficile de dire comment se déroulera la journée de demain, mais ce qui est certain c'est que sur le plan de la sécurité, le préfet de police, lui, a pris les grands moyens, comme samedi dernier, on est dans un dispositif de sécurité maximum. 8000 policiers à Paris, comme la semaine dernière, 14 véhicules blindés.

Des véhicules blindés, la garde montée, donc les grands moyens, et ça veut dire que le pouvoir s'attend à une manifestation du même titre que la semaine dernière, et la semaine dernière, même si on a pu dire qu'effectivement on n'avait pas eu les débordements de la semaine précédente, la mairie de Paris a estimé qu'il y avait eu plus de dégâts que la semaine précédente, et surtout ne l'oublions pas, ne parlons pas que de Paris, il y a eu beaucoup de violences en province, dans des villes comme Bordeaux, Saint-Etienne, Dijon, Toulouse, et des petites villes qui sont souvent sous les radars, mais là aussi il y a eu des bagarres, des violences, et parfois c'était très très chaud autour des ronds-points.

Donc c'est la cinquième semaine, le pouvoir a peut-être ouvert une brèche dans l'opinion, mais en aucun cas a vraiment apaisé ce mouvement qui maintenant commence à s'installer dans la durée, avec les difficultés que ça comporte, et d'un Emmanuel Macron qui ce soir, sent que tous les appels au calme de la semaine de ses ministres, du Premier ministre, et même d'une partie de l'opposition, il faut le dire, la droite, notamment par la bouche des responsables républicains, manifestement n'arrivent pas à ramener un peu de calme après ces quatre semaines d'intenses manifestations de mouvements des gilets jaunes, qui aura fait pour l'instant six morts et près de 1500 blessés.

Et 700 en plus du côté des forces de l'ordre. Oui, 700 du côté des forces de l'ordre. Est-ce que l'attentat mardi soir a changé le contexte ? Parce que Christophe Castaner rappelait ce matin que le 14 novembre, On avait arrêté une cellule terroriste qui, dit-il, s'apprêtait à passer à l'acte le 17 novembre, jour de la première manifestation des gilets jaunes. Donc dans ce contexte de sécurité, on rajoute en plus l'anxiété d'un attentat terroriste demain, samedi 15 décembre.

4:49
Invité

Alors, bien sûr, tout attentat ou projet d'attentat terroriste ou d'attentat réalisé, comme à Strasbourg, participe de l'inquiétude. Mais dans l'opinion, on voit bien que les gens distinguent les registres. Certes, ils se disent, voilà, la police est déjà extrêmement mobilisée sur cette affaire de terrorisme. Est-ce bien utile, en plus de ça, que cette police, qui est déjà un peu en surchauffe, voilà, extrêmement sollicitée, soit encore là, sur le terrain, dans plusieurs villes françaises, pour essayer d'encadrer les débordements éventuels de la mobilisation des gilets jaunes. Mais on le voit dans l'opinion, on distingue bien les deux.

Et pour l'instant, il y a quelque chose tout de même d'assez troublant. Le pouvoir a lâché certaines mesures, mais il n'a pas convaincu. Quand vous regardez les questions qui sont les mêmes posées par l'institut IFOP, après l'intervention du président de la République et l'annonce des mesures, vous avez encore plus de 60% de Français aujourd'hui qui disent leur sympathie ou leur soutien au mouvement des gilets jaunes. Donc il y a quelque chose là de troublant. Le pouvoir, pour l'instant, n'a pas convaincu. Et puis il y a un deuxième élément qui est un peu nouveau, dont on verra l'impact demain, c'est-à-dire que ce mouvement cherche à s'élargir.

Certains syndicats, les lycéens s'invitent ou tentent de s'inviter dans ce mouvement. Donc le mouvement qui pouvait connaître ou qui peut connaître un processus d'attrition, éventuellement d'affaiblissement, il peut trouver des ressources maintenant extérieures vis-à-vis des lycéens, des cégétistes, de certains salariés, on est en train de négocier les salaires dans les entreprises, qui vont peut-être essayer de saisir ce mouvement des gilets jaunes pour monter dans un train en marche et éventuellement le renforcer. On aura la réponse demain.

6:44
Présentateur

Mais puisqu'on parlait de l'attentat, est-ce que ce mouvement des gilets jaunes ne s'est pas discrédité quand certains, pas tous, mais certains gilets jaunes ont crié non pas au complot, mais ont dit tiens comme par hasard il y a un attentat terroriste, ne serait-ce pas pour détourner l'attention et qu'on ne parle plus des gilets jaunes ? Ça contribue à discréditer quand même le mouvement, non Fanny Guinochet ? C'est très difficile de voir justement quelles sont vraiment la portée de ces thèses complotistes qui circulent parmi les gilets jaunes.

Quand vous regardez sur les pages Facebook, sur les réseaux, où les gens s'échangent, les gilets jaunes s'échangent un certain nombre d'informations, vous voyez qu'un certain nombre d'entre eux suivent ces thèses complotistes, et puis d'autres pas du tout. Donc c'est très difficile de voir l'impact. Je ne crois pas pour autant que l'impact soit si fort que celui-là. De la même façon que Pascal Perrineau vient de le rappeler, les gens font la part des choses aussi avec l'attentat et le risque terroriste qui était présent. Les violences habituellement, quand il y a trop de violences dans un mouvement social, ça a plutôt tendance à le freiner là, pas tellement. Pourquoi on s'est habitué ?

Non mais ça... Les voitures qui brûlent maintenant, c'est le décor. Non mais ça rebat les cartes, c'est vrai que ce mouvement il rebat les cartes à plein d'égards, y compris sur la question du rapport à la violence. Bien sûr, il y a une montée de violences qui était présente au moment de la loi travail, au moment des ordonnances, enfin de la loi travail en 2016. Souvenez-vous, il y avait des manifestations qui étaient extrêmement violentes. Même le 1er mai dernier, c'était une mobilisation qui avait été extrêmement violente. Il y avait eu un certain nombre de casseurs dans Paris. Voilà, des Black Globes qui étaient venus.

Donc finalement, c'est comme si à chaque fois, ça allait crescendo et ça ne limite pas la mobilisation. Donc on voit bien que c'est sur d'autres ressorts. Quant aux syndicats qui essayent de monter dans le train... On va en parler, de la volte-face de la CGT. Voilà, c'est ce qu'essaye de faire, notamment la CGT. Pas sûr que ça fonctionne aussi comme stratégie, parce que derrière, c'est un mouvement, les Gilets jaunes, qui est aussi un mouvement de dégagisme des élites et de dégagisme des représentants syndicaux. Mais enfin, Stéphanie Matoly, c'est quand même...

On vient d'expliquer que malgré les 10 milliards de cadeaux accordés par Emmanuel Macron lundi soir, malgré les risques d'attentats, et on l'a vu malheureusement mardi soir à Strasbourg, malgré les violences qui sévissent maintenant samedi après samedi, et malgré le fait qu'on en ait maintenant à l'acte V, on se dit demain, ça pourrait être encore une grande journée de colère des Gilets jaunes.

9:19
Invité

Ça pourrait, parce qu'il y en a qui ne sont pas encore satisfaits des attentes, de ce qui s'est exprimé, de ce qui a été offert. Donc il y a toujours des inquiétudes, il y a toujours des désillusions, il y a toujours des incertitudes concernant les mesures qui ont été décidées. On n'a pas encore la mise en place, le salarié ne sait pas encore combien il va toucher, comment ça va s'organiser. Est-ce que tous les salariés et tous les citoyens vont finalement s'y retrouver dans les mesures qui ont été décidées ? Non. Donc cette démocratie directe qui s'exprime depuis plus d'un mois maintenant, elle est toujours en recherche d'une démocratie, et il y a une véritable crise de représentativité.

Et comme le politique ne fait pas suffisamment son travail de représentativité, et que le monde syndical est en berne à ce niveau-là, on n'a plus du tout de représentativité, il a une grande difficulté. Les organisations syndicales ont un malaise actuellement en interne déjà, et du coup ça se ressent en externe, ce qui fait qu'on a une population qui demande une nouvelle démocratie, une démocratie plus participative, plus citoyenne.

10:25
Présentateur

Ils demandent un RIC.

10:25
Invité

Et c'est difficile de passer à l'action.

10:28
Présentateur

On voit des pancartes, un RIC, sinon rien. Donc RIC, ça veut dire référendum d'initiative citoyenne.

10:34
Invité

Oui.

10:34
Présentateur

Donc ça veut dire on va voter, référendum sur quoi d'ailleurs ?

10:38
Invité

Référendum d'initiative... Alors on peut tout inventer, c'est ça le problème. C'est qu'ils savent très bien porter leurs revendications via les réseaux sociaux, mais quand il s'agit de passer dans l'action et quand il s'agit de trouver des solutions, on voit bien que n'ayant pas d'interlocuteur, n'ayant pas de représentant, l'exercice ne peut pas se faire. Alors on se sauve effectivement par la demande d'un référendum d'initiative citoyenne. sur la question, il faut la poser la question. Et ça veut dire qu'ils vont faire un melting pop de toutes les revendications, mettre tout ça dans un référendum ? Non, il faut construire la citoyenneté et la démocratie citoyenne autrement.

En repassant par le politique, par les initiatives citoyennes, par le monde associatif, par les sociétés civiles.

11:26
Présentateur

Il n'y a pas d'issue négociée à ce mouvement, en fait, on se rend compte.

11:29
Invité

Parce que le mouvement de désordre a commencé, mais en 2017, il commence d'abord avec Emmanuel Macron. Vous savez, Gaspard Koenig vient de dire, je crois, aujourd'hui, dans un journal du matin... Gaspard Koenig est un économiste libéral. Tout à fait. Emmanuel Macron est le premier gilet jaune. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Emmanuel Macron, en effet, dans sa volonté de révolution, c'était son livre, dans sa volonté de révolution, a complètement fait exploser le monde politique, l'univers de la représentation politique. Et rien, au fond, n'a véritablement pris la place. D'où ce problème, en effet, d'interlocuteur politique pour le mouvement des gilets jaunes.

Qu'est-ce que fait le mouvement des gilets jaunes en bas ? Dans le mouvement social, comme on dit. Il fait exactement la même chose. Il est en train, en effet, de semer un désordre et d'exprimer l'absence de structuration, en effet, aujourd'hui, des mouvements de protestation sociale et leur difficulté à exprimer, ensuite, sous forme de demandes concrètes, l'ampleur de leur malaise social, économique et politique. Il y a un parallélisme entre les deux phénomènes, moi, que je trouve extrêmement troublant. Et un désarroi, un désarroi sur la scène politique pour organiser le dialogue. Regardez comment Emmanuel Macron, qui appelle au dialogue politique, il est obligé de se retourner vers quoi ?

Vers le vieux monde. Vers le vieux monde des élus, des collectivités locales, des maires, qui pourtant, il avait eu vis-à-vis de ses maires des mots parfois très durs au début de son mandat. Et sur le terrain social, c'est la même chose, au fond. Il y a la recherche d'interlocuteurs éventuellement syndicals, mais on les recherche tout en les éloignant. Vous voyez, on est dans un...

13:10
Présentateur

Il y a une difficulté qui est que les gilets jaunes, comment faire rentrer les gilets jaunes dans ce grand débat, dans ce dialogue que le pouvoir veut organiser. Et surtout, comment Emmanuel Macron sort maintenant de ce face-à-face avec la rue, parce que c'est ça qui est absolument mortifère pour lui. Et au fond, depuis quatre semaines, c'est la question qui est posée, puisqu'on voit bien que les gilets jaunes, finalement, ont du mal même à voir qu'est-ce qui les ferait rentrer. C'est difficile aujourd'hui d'établir la mesure, au fond. Alors, il a posé des mesures sociales sur la table, mais ce n'est pas suffisant.

Alors, après, on a dit l'ISF, même pas sûr que la suppression, enfin, le retour à l'ISF suffirait. Donc, on voit bien que c'est compliqué, parce qu'au fond, c'est installé une espèce de face-à-face, maintenant, entre le président et la rue, à travers les gilets jaunes, et que ce face-à-face, pour l'instant, ne se retrouve que dans une espèce de violence sans fin. C'est pour ça, d'ailleurs, que le gouvernement compte beaucoup sur ce débat, mais qu'il ne sait même pas comment organiser. Alors, qui doit commencer demain, ce fameux débat dans les territoires ? Voilà, cette concertation, ce débat.

Mais alors, quand vous interrogez des membres du gouvernement, certains vous disent que ça se fera sur une plateforme Internet, d'autres vous disent que ça se fera dans des cafés, à la mairie. Comment on va recueillir la parole ? On ne sait pas. Ah, ça sera enregistré. C'est quand même assez flou. Ça commence un peu à s'organiser, mais on voit bien.

Alors, ils ont confié ça à la Commission nationale du débat public, qui est présidée par une ancienne ministre qui s'appelle Chantal Joanneau, à charge pour elle de l'organiser, là, dans une mairie, là, dans une salle polyvalente, sur des plateformes, essayer de le faire le plus près possible du terrain, avec l'idée que ça remonte du terrain vers le haut, avec des restitutions et des synthèses qui seront faites au fur et à mesure, jusqu'au 1er mars. Il y en a qui parlent même d'un calendrier qui pourra aller jusqu'au mois de mai. Tout ça est encore à affiner. Mais on voit bien qu'il y a quand même cette volonté, maintenant, d'organiser le débat.

Le seul problème, c'est que, sans doute, beaucoup de monde vont aller à ces débats dans les institutions, et peut-être même dans les citoyens. Mais est-ce que les gilets jaunes iront ? C'est bien la question. Oui, parce que c'est organisé par Emmanuel Macron. Un instant, Pascal Perrineau, et là, pour l'instant, bien malin, celui qui pourrait y répondre. Alors, bien malin, en tous les cas, celui qui saurait répondre à cette question. Quelle sera l'ampleur de la mobilisation demain ? Le gouvernement, on l'a dit, multiplie les appels à ne pas manifester. L'opposition, elle, maintient la pression à coups de motions de censure. Quant aux gilets jaunes, ils sont de plus en plus divisés.

Regardez ce reportage de Walid Berissoul et David Lemarchand. Ils se voient un peu comme les héritiers de 1789. Au pied de la salle du jeu de paume, devant micros et caméras, c'est en quelque sorte le serment des gilets jaunes. Ils réclament un référendum pour, ni plus ni moins, refonder la République.

15:50
Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République, vous avez dit vouloir résoudre le malaise démocratique de la France.

15:54
Présentateur

Alors, entendez cette injonction du peuple. Rendez-nous notre liberté et notre souveraineté.

16:00
Invité

Vive la France ! Vive le peuple français !

16:02
Présentateur

Transcendé par l'esprit de ces lieux, où la monarchie commença à vaciller. Les révoltés d'aujourd'hui ne veulent pas entendre parler d'une trêve, malgré le contexte terroriste. Ce jour-là, d'ailleurs, le groupe est emmené par un gilet jaune qui flirte avec le complotisme. Maxime Nicole, alias Fly Rider. Je peux vous garantir que non seulement les gens sont plus présents que jamais, mais en plus, suite à l'allocation du Président Emmanuel Macron, les personnes qui ne participaient pas avant à ce mouvement ont décidé de participer à ce mouvement.

16:35
Locuteur 3

Ce qui dérange le gouvernement, c'est qu'ils ne savent pas où, quand, comment, combien de personnes, qui est le chef, et ça continuera comme ça.

16:42
Présentateur

La promesse d'une surprise. Alors que sur les réseaux sociaux, les signes d'un acte 5 se multiplient, avec des dizaines de milliers de participants déclarés sur Internet, pour l'instant. Face au risque d'un nouveau samedi de chaos dans quelques heures, c'est le Président de la République qui, depuis Bruxelles, prend la parole pour appeler au calme. Je ne crois pas que notre démocratie puisse accepter de fonctionner avec un dialogue qui ne se fait que par l'occupation du domaine public, que par des éléments de violence, parce qu'ils ne sont jamais maîtrisés. On le voit samedi après samedi, puisque des casseurs profitent de ces manifestations.

Mais je pense qu'aujourd'hui, notre pays a besoin de calme, il a besoin d'ordre, il a besoin de retrouver un fonctionnement normal. Mais dans une France à nouveau en état d'alerte terroriste, la détermination de ces Gilets jaunes à manifester trouve encore des relais dans l'opposition, insoumis en tête. Au nom de quoi, Florian Trèves, je ne vois pas en quoi seuls les Gilets jaunes devraient arrêter leur mouvement, qu'on arrête dans ce cas-là les marches de Noël, qu'on arrête toute manifestation en France, ce n'est pas ce qui est demandé.

Donc je trouve qu'il y a un peu une utilisation pas très très correcte, pour tout dire un peu politicienne, des turistes de Strasbourg pour demander aux Gilets jaunes de stopper leur mouvement. La bataille se joue aussi dans l'hémicycle. Hier, le gouvernement a affronté une motion de censure, déposée par la gauche, pour faire entendre la colère de la France en jaune. Un texte également approuvé sur les bancs les plus à droite de l'Assemblée, de quoi provoquer l'ironie du Premier ministre. Vous voici aujourd'hui réunis dans un compromis de circonstance.

On pourrait imaginer, mesdames et messieurs les députés, que lorsqu'on censure un gouvernement, on soit tenu, au moins en théorie, de se tenir prêt à présenter un projet alternatif. Je serais curieux, mesdames et messieurs les députés, de connaître le programme qui vous serait commun, si j'ose dire. Si j'ose dire.

18:33
Emmanuel Macron

La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée.

18:39
Présentateur

70 députés à peine pour voter la censure. La majorité n'a pas vraiment eu de sueur froide. Mais l'ambiance n'en était pas moins houleuse dans les couloirs du Palais Bourbon.

18:48
Emmanuel Macron

Alors, M. Faure a une fâcheuse tendance à perdre son calme. La vérité, c'est que le Parti Socialiste était très divisé. Mais absolument pas. La preuve, tout le monde a voté ensemble. Le Parti Socialiste était très divisé.

19:00
Présentateur

On ne peut pas mentir, Gilles. Loin de cet esprit d'union nationale des lendemains d'attaques terroristes. Alors, à quoi faut-il s'attendre demain ? Certains parmi les Gilets jaunes sont aujourd'hui gagnés par le doute.

19:12
Locuteur 2

Moi, c'est hors de question. Les Français comprennent bien que c'est nous qui allons payer. Tous les citoyens vont payer les dégâts. Donc, il faut maintenant aussi que les commerçants retrouvent un chiffre d'affaires avant Noël parce qu'il y a beaucoup de petits commerces qui sont en danger. Il y a des gens qui vont se retrouver au chômage. Moi, je ne veux pas me rendre responsable de dépôt de bilan.

19:31
Présentateur

Des commerçants qui, comme chaque vendredi désormais, se barricadent. Des scènes devenues habituelles dans les rues de la capitale, comme ailleurs en France. À Paris, le dispositif sécuritaire sera similaire à celui de samedi dernier. 8000 policiers et gendarmes et 14 véhicules blindés. Alors, question téléspectateurs. L'acte V est-il l'acte de trop, celui qui risque de décrédibiliser le mouvement des Gilets jaunes ? Pascal Perrineau.

19:59
Invité

Alors, on verra demain. Mais, en effet, si cet acte V se traduisait par une violence renforcée, des actes inadmissibles portés par les Gilets jaunes, plus que par celles et ceux qui, on le sait toujours, dans ce type de mouvement, tentent d'infiltrer pour commettre leur petit larcin, ça pourrait être l'acte de trop. Mais, attention.

20:25
Présentateur

Demain, ne risque-t-on pas d'avoir les plus déterminés, les plus radicaux, donc ceux qui veulent le plus en découdre ?

20:30
Invité

Oui, enfin, vous avez à la fois certainement une division qui, peu à peu, s'installe dans le mouvement et qui est assez classique dans tous les mouvements sociaux en France, entre ce qu'on appelait jadis ceux qui sont sur des positions révolutionnaires et ceux qui sont des positions réformistes, les jusqu'au boutiste et ceux, en effet, qui, voilà, sont sur des logiques de compromis. Et on vient d'entendre une représentante des Gilets jaunes qui, maintenant, en effet, est sur la logique du compromis. Mais pour jouer véritablement de ces divisions, il faudrait que le compromis auquel appelle le gouvernement soit un compromis clair. On le voit bien.

Dans l'organisation, par exemple, de ce débat, pour l'instant, ça n'est pas très clair. Et puis, il faudrait que les mesures prises par le gouvernement soient très vite précisées et qu'elles emportent la conviction. Ça n'est pas le cas pour l'instant. À peu près, la moitié de l'opinion publique dit « nous ne sommes pas convaincus au-delà des Gilets jaunes ». Et vous savez, maintenant, tous les mouvements sociaux, depuis nos nombreuses années, sont des mouvements dont la force vient, bien sûr, du mouvement en tant que tel, mais vient aussi du soutien en termes d'opinion. C'est ce qu'on appelle les fameuses grèves d'opinion.

Et là, le moins qu'on puisse dire, c'est que le pouvoir, pour l'instant, n'arrive pas véritablement à entamer ce soutien d'opinion, mais à condition, à condition, en effet, que le mouvement des Gilets jaunes garde une certaine dignité et maintienne à longueur, j'allais dire à longueur de gaffe, ben voilà, les casseurs.

21:57
Présentateur

Mais la force de ce mouvement, moi, ça fait longtemps que je pense à ça. Est-ce que ce n'est pas aussi, d'un point de vue marketing, ce Gilet jaune qu'on a tous dans la voiture, qu'on enfile, qui vous donne subitement une légitimité, vous avez le costume, vous êtes en plus, c'est génial, sur un rond-point barbecue avec d'autres, est-ce que sur la forme, on n'a pas trouvé là une façon géniale de manifester son mécontentement ? Pour le coup, c'est un mouvement qui rassemble un certain nombre de catégories qu'on n'avait pas vues se mobiliser ensemble.

Les jeunes, les retraités, les salariés, les chômeurs, les indépendants, les agriculteurs, les territoires avec un certain nombre de Parisiens, même si le mouvement est moins présent dans la capitale, vous avez quand même un certain nombre de Parisiens qui vivent aussi un certain nombre de difficultés en termes de pouvoir d'achat ou de pouvoir de vivre, comme disent certains syndicats. Donc c'est vrai que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu, ce n'est pas une convergence des luttes, mais en tout cas des gens qui... Une fraternisation. Voilà, où il y a une solidarité, où il y a un dénominateur commun qui dit on en a ras-le-bol.

Et dans le ras-le-bol, il y a aussi on en a ras-le-bol de l'arnaque. Et là où il y a quand même quelque chose qui est inquiétant pour le gouvernement aujourd'hui, c'est que certes, Emmanuel Macron fait toute une présentation de mesures, 10 milliards d'euros et même plus qui seront comme ça présentés, qui doivent calmer le jeu. Mais derrière, ça fait quand même depuis lundi soir qu'on est tous là à dire mais comment ça va s'appliquer concrètement ? Le SMIC, l'augmentation de 100 euros net du SMIC, c'est un cafouillage incroyable entre Bercy, entre Matignon, entre tous les ministres concernés.

Parce qu'on s'est rendu compte qu'il y avait à peine un quart des SMICAR qui avaient la prime d'activité. Or, c'est via la prime d'activité que ce qu'on donnait les 100 euros. Voilà, parce qu'on s'est rendu compte que c'était via la prime d'activité. Sur la prime exceptionnelle que les entreprises pourraient offrir à leurs salariés, on se rend compte que ça ne va pas être forcément possible de le faire avant Noël. Qu'en plus, là, cet après-midi même, Edouard Philippe explique que ça serait défiscalisé, mais pour les salariés uniquement, qui sont à 3600 euros de revenus.

Vous voyez bien que même les petites entreprises disent « Oui, mais nous, ça va mettre un peu le boxon au sein de nos entreprises. » Les fonctionnaires qui disent « Et moi, et la prime, je ne l'aurai pas ? » Voilà, les petites entreprises disent « Nous, on ne pourra pas donner à nos salariés. » Les fonctionnaires, donc ça rajoute au sentiment d'arnaque et au sentiment d'injustice aussi. Parce que c'est ça, derrière un des éléments des fils conducteurs, des fils rouges, des gilets jaunes, c'était de dire

24:25
Invité

« L'injustice fiscale, on en a marre. »

24:27
Présentateur

Stéphanie, m'a te dit ?

24:28
Invité

Ce mouvement, en fait, c'est une tribune à ciel ouvert. Qu'on a offert finalement à n'importe qui, à tout un chacun, de pouvoir s'exprimer, de pouvoir exister et dire finalement ce qu'il avait à dire. Alors, ils se croisent au rond-point. Il y en a qui vont tous les jours. Il y a un lien social, une espèce de lien de solidarité qui s'est créé et que les syndicats ne savent pas faire. Parce que les syndicats, il ne faut pas l'oublier, il y a eu deux lois, 1864, 1884. 1864, on crée le droit de grève. On institutionnalise quelque part le droit de créer la rupture, de créer la grève. Et on l'a fait rentrer dans des clous, avec des revendications professionnelles, avec tout un mécanisme à suivre.

Ce qui fait que là, c'est un mouvement qui est complètement extraordinaire. Choisis, ils font ce qu'ils veulent. Ils ont une tribune, ce sont les réseaux sociaux. Ils sont en plus appuyés par l'opinion, appuyés par les médias. On ne fait que des émissions sur les Gilets jaunes. On n'a que ça en ce moment. On les invite. Donc ils sont portés par tous. Mais si vous voulez, en attendant les revendications, ce qui n'est pas fait actuellement, c'est de prendre l'ensemble des revendications, le problème c'est qu'elles sont extrêmement larges, et petit à petit de picorer, d'essayer de les rassembler sous des revendications communes.

Et je pense que, acte 2, acte 1er du dialogue social, c'est ce qu'on est aussi en train de vivre en parallèle de cet acte 5, c'est que l'entrée dans le dialogue social est en train de se faire, enfin, et notamment par les syndicats. Et les syndicats qui savent faire, sous 1864, dans cette contestation, dans ce mouvement de contestation, c'est effectivement la CGT. Et la CFDT, elle, elle joue aussi, le réformisme est beaucoup plus facile à appliquer dans l'entreprise, mais beaucoup plus difficile à appliquer dans la rue, parce que ce n'est pas souhaité. Donc, il se fait où ? Auprès des gouvernements.

Mais à partir du moment où la CFDT a été complètement désacralisée par un Emmanuel Macron qui n'était vraiment pas, qui n'a pas vendu, qui n'a pas porté confiance envers les corps intermédiaires, ben là, il le paye, il le paye très cher aujourd'hui, y compris pour une CFDT, qui est première actuellement dans le secteur privé et public. – Mais qui ne soutient absolument pas

26:35
Présentateur

les manifestations.

26:36
Invité

– Il soutient le dialogue social.

26:37
Présentateur

– Il soutient le dialogue social.

26:38
Invité

– Donc, quelque part, il ne le soutient pas le mouvement des Gilets jaunes en lui-même. Mais cette désillusion, il l'apporte. Tous les syndicats portent cette désillusion.

26:47
Présentateur

– Bruno Jeudy. – Moi, pour la partie la plus sympathique, parce qu'évidemment, il y a aussi la partie des violences, qu'il faut faire le tri chez les Gilets jaunes. Mais ce qui est clair, c'est que pour la partie la plus sympathique, ce mouvement, ça ressemble à une gigantesque fête des voisins, qui a réussi avec cette France de travailleurs qui n'a beaucoup jamais manifesté, qu'on n'a pas vu dans les cortèges de l'automne contre la réforme du Code du Travail, qu'on n'a pas vu en 2016 la France en guerre, en lutte contre la réforme et le Khomri.

Là, au fond, elle a réussi à agréger sans le faire exprès, sans le vouloir, à partir de la question des carburants, si sensibles, mais qui est apparue comme une arnaque pour ces gens qui prennent leur voiture et qui travaillent. Ils ont bien compris qu'à travers l'augmentation de la taxe carbone, c'était au fond un levier pour prélever de l'impôt sans qu'on s'en rende compte, sans que nous tous, nous nous en rendions pas compte. Ils l'ont senti, ça. Et c'est vrai que ça n'a pas été relevé. Les politiques ont fait comme si ça n'existait pas. Et cette France-là l'a vue. Et cette France-là, finalement, elle a compris.

Et pour certains, assez peu, qui d'ailleurs ont été votés Macron, elle a compris qu'avec Macron, on devait tout changer, finalement, tout aurait empiré. Alors ça peut être un ressenti, c'est un ressenti populaire qui est juste ou injuste, mais c'est ainsi, Emmanuel Macron apparaît comme quelqu'un qui n'a pas réussi à répondre à ses attentes populaires, que sont le ras-le-bol fiscal, que sont le ras-le-bol de la technostructure, et puis d'une formidable désillusion. C'est ainsi. Aujourd'hui, on en est là. Comment sortir ? C'est très compliqué. Ça prendra du temps. Forcément, ce sera par le dialogue. Vous avez raison.

Mais maintenant, le fil, on voit bien, Emmanuel Macron a pris ce chemin du mea culpa, peut-être pas encore, j'allais dire, pas jusqu'au bout, mais il a bien compris que de toute façon,

28:49
Invité

il ne pourrait plus faire comme avant. Et puis, on a offert à un mouvement social d'un nouveau type. Si vous voulez, d'habitude, on sort d'un mouvement social relativement aisément, pas toujours, parce qu'on répond aux revendications des étudiants, on répond aux revendications des lycéens, des infirmiers, là, des fonctionnaires, là, mais pas du tout. Quand vous regardez, d'ailleurs, les premières enquêtes qui sont faites maintenant tout à fait sérieuses sur le profil de ces gilets jaunes et les messages dont ils sont porteurs, mais c'est la France dans toute sa diversité. Il y a des petits cadres, il y a des employés, il y a des ouvriers, il y a autant d'hommes qu'il y a de femmes.

Il y a des gens de gauche, des gens de droite, des gens ni de droite, ni de gauche. Il y a une diversité de ce mouvement social qui amène une diversité phénoménale des revendications, des inquiétudes, etc. Et comment voulez-vous répondre à un mouvement qui est porteur d'une telle diversité ? C'est extrêmement complexe.

29:47
Présentateur

Emmanuel Macron a répondu cet après-midi à Bruxelles. Il dit qu'il y a un moment, on répond par les urnes et il invite les gens à manifester. Enfin, il n'invite pas les gens, mais il dit que ça devrait maintenant se traduire lors des prochaines élections, notamment européennes et municipales. C'est vrai, il y a un moment, on est en démocratie, non ?

30:00
Invité

Les européennes, ce n'est pas fait pour ça.

30:02
Présentateur

Il n'a pas tort, sauf que les européennes, ce n'est pas fait pour ça. Et si on veut répondre par les urnes, on pourrait aussi lui dire qu'il y a d'autres moyens que d'attendre les européennes dans six mois. La Constitution lui permet aussi d'utiliser d'autres armes, le référendum, la dissolution, par exemple. Dans l'Italie, il y a eu le mouvement 5 étoiles qui est né d'un mouvement qu'on compare volontiers aux gilets jaunes. On pourrait imaginer une liste gilets jaunes aux européennes ? Bien sûr. Il y en a qui en parlent.

30:28
Invité

Ça marcherait ? Écoutez, pour l'instant, d'après les premières estimations, ça permettrait aux gilets jaunes d'avoir une existence électorale et politique. On parle de premières enquêtes où ça tourne autour de 10% d'intention de vote. Ils prennent des voix actives. Alors là, il faudrait regarder très attentivement. ces enquêtes qui sont sur de trop petits échantillons.

30:49
Présentateur

C'est de trop petits échantillons, c'est assez compliqué. C'est vrai que ça prendrait un peu sur les premières enquêtes sur le Rassemblement national. Juste quand même, un point, il n'est pas négligeable. Ils ont eu du mal à se mettre d'accord sur des représentants, à se mettre d'accord sur des syndicats, fus un peu plus de 70. Ça me paraît assez compliqué. Donc je ne sais pas s'ils en sont là et dans leur grande diversité, s'ils se retrouveraient à travers des candidats. Alors, c'est la grande crainte du gouvernement, une contagion de la contestation, lycéens, agriculteurs et aujourd'hui, la CGT. La CGT qui veut des grèves partout, je cite.

Une convergence avec les Gilets jaunes est-elle possible ? Tour d'horizon des colères avec Mathieu Lignot, Julien Lonnet et Diane Cacierella.

31:31
Invité

La CGT met la pression. Philippe Martinez, son patron, n'y va pas par quatre chemins. Son syndicat veut peser sur le gouvernement, rejoindre en quelque sorte

31:51
Présentateur

les Gilets jaunes. Les mobilisations ne s'opposent pas et c'est bien qu'il y ait des actions collectives avec des Gilets jaunes, des Gilets rouges ou des Gilets bleus,

32:02
Locuteur 1

peu importe, mais on a retrouvé le sens de l'action collective. Maintenant, ces actions collectives, il faut qu'elles puissent converger et en même temps, même si c'est difficile, il faut faire en sorte que ce soit le patronat qui paye.

32:16
Présentateur

Après avoir un peu traîné des pieds, la CGT assume maintenant son soutien aux Gilets jaunes et menace. Son arme ? La grève. Combat pour les retraités, le pouvoir d'achat ou un SMIC à 1800 euros. Des revendications communes à celles des Gilets jaunes.

32:32
Locuteur 8

On voit beaucoup de retraités dans les ronds-points. On se demande, nous, à la CGT, ça fait longtemps quand même qu'on manifeste. Pourquoi ils ne viennent pas avec nous ?

32:46
Locuteur 1

C'est maintenant qu'il faut bouger

32:47
Présentateur

et on espère, on espère que ce gouvernement va reculer et va écouter cette colère. Elle est là, la colère. Elle est plus que légitime. Eux prennent bien soin de se différencier des Gilets jaunes. Mais leur colère pourrait, elles aussi, paralyser le pays. À Évry, mercredi, ces agriculteurs manifestent au volant de leurs tracteurs. Pas d'opération coup de poing ni de blocage de rond-point,

33:13
Locuteur 1

enfin pour l'instant. On y va effectivement avec nos tracteurs, déjà pour faire un effet convoi, un effet masse, et puis pour montrer qu'on est capable de mobiliser et s'il fallait qu'on aille au blocus, on pourrait bloquer. Avec des tracteurs, c'est assez facile.

33:26
Présentateur

Leur objectif du jour, rencontrer le préfet. Ces agriculteurs disent être étouffés par les taxes. Un appel au secours jamais entendu par les responsables

33:38
Invité

politiques, selon eux.

33:39
Locuteur 2

Je pense qu'il faut remettre en cause à un moment donné l'appareil d'État

33:45
Invité

qui aujourd'hui est complètement hors sol par rapport à ce que nous les agriculteurs nous pouvons vivre mais par rapport à ce que beaucoup de nos concitoyens sur d'autres sujets vivent.

33:57
Locuteur 1

Même si on n'emboîte pas le pas sur les gilets jaunes, mais on a des revendications qui durent depuis bien longtemps. Nous aussi, on est encore une fois de plus acculés par les taxes et comme d'habitude, c'est les taxes environnementales. On veut encore nous en rajouter une.

34:08
Présentateur

Mettre la pression menacée, ces agriculteurs le savent, la peur du gouvernement, c'est la contagion de la contestation. À l'image de ce qui se passe dans les facs et les lycées. Depuis plusieurs semaines, certains lycéens tentent de mobiliser leur troupe. Mardi 6h30, quelques poubelles, une quinzaine d'élèves, presque autant de policiers pour essayer d'empêcher le blocage. On s'en fout, on va se bouger le cul parce qu'il se blocu, s'il va avoir lieu. Ici, la politique d'Emmanuel Macron ne passe pas. Son discours pour calmer la colère des Gilets jaunes, non plus.

34:52
Locuteur 3

Monsieur Macron a parlé pendant 13 minutes et il n'a pas consacré une seule minute à l'éducation, aux lycéens, aux étudiants. Moi, ça me semble juste un peu en descendant de sa part. Il n'a strictement rien à faire de nous.

35:04
Présentateur

Les lycéens ne veulent pas de la réforme du bac ou de la sélection à l'entrée à l'université. Depuis l'arrivée des Gilets jaunes, beaucoup sont encore plus motivés. avec un rêve,

35:17
Invité

celui du grand soir.

35:21
Locuteur 9

C'est aussi dans une optique de convergence des luttes, bien sûr, on essaye de soutenir aussi toute cette vague de ras-le-bol portée notamment par les Gilets jaunes, mais on a aussi avec la marche pour le climat. Il y a beaucoup d'enjeux qui se rejoignent. Il faut qu'on tous se réunisse pour faire changer les choses. et par exemple, on voit que le gouvernement commence à céder un tout petit peu, mais ce n'est pas assez. Là, ces mouvements récents vont faire que ça change.

35:50
Présentateur

Un effet d'aubaine pour toutes les colères avec un enjeu, réussir à garder cet élan pour continuer le combat social après les fêtes de fin d'année. Alors, question de téléspectateurs, pourquoi la CGT a-t-elle attendu aussi longtemps avant de soutenir les Gilets jaunes ? Stéphanie Matheudi.

36:10
Invité

Parce que ce n'est pas simple pour une organisation syndicale et surtout une organisation syndicale comme la CGT. La CGT, elle a dû d'abord identifier le mouvement des Gilets jaunes et dans cette identification, elle s'est quand même rendue compte au départ, elle ne savait pas qui faisait partie de ces Gilets jaunes et elle s'est rendue compte que c'était peut-être quand même ramené un peu et raccroché au Front National et elle lutte de toute façon contre le Front National et à partir de là, elle n'a pas pris partie, elle n'a pas pris position, elle est restée à sa place d'organisation syndicale qui ne portent encore une fois que des revendications professionnelles.

Les organisations syndicales s'occupent essentiellement des salariés du secteur public et du secteur privé. Parmi leurs adhérents, il y a également des retraités, également des sans-emploi mais qui sont, dont on se préoccupe un peu plus à la marge. On traite d'abord le cas des revendications professionnelles. Ce qui fait que le mouvement des Gilets jaunes n'en a déjà pas voulu. Il y a un chassé-croisé. Chacun des deux ne voulait pas finalement faire partie de ce mouvement. Aujourd'hui, c'est un peu différent. N'oubliez pas qu'on a une opinion très favorable des Gilets jaunes.

37:16
Présentateur

Pour bien que je comprenne, ce sont les adhérents CGT qui étaient retraités, etc., qui ont engueulé la direction de la CGT, Martinez, en disant « Mais pourquoi est-ce que la CGT à laquelle on adhère ne nous soutient-elle pas dans ce combat qu'elle devrait soutenir pour le pouvoir d'achat ? » C'est ça ? C'est Philippe Martinez qui s'est fait rattraper par sa base ?

37:38
Invité

Petit à petit, les bases, c'est la Confédération. Philippe Martinez, il est là-haut. Encore une fois, ce mouvement citoyen vient d'en bas. Il a snobé au début,

37:47
Présentateur

il a dit « C'est noyauté par la droite, tout ça. »

37:49
Invité

Exactement. À partir du moment où c'était noyauté politiquement, il ne voulait pas mettre les mains dedans. Il faut identifier, il faut un certain temps pour identifier le mouvement, il faut identifier les revendications. En plus, c'était une opinion favorable pour les gilets jaunes. Et quand on regarde la manifestation du 9 octobre dernièrement, qui était une manifestation de grève, une manifestation portée par les syndicats, il y a eu 160 000 militants qui ont fait grève, la grève classique des nations républiques, mais grève classique. Et finalement, derrière, rien, il ne s'est rien passé. Il n'y a eu aucune considération.

Dans les mouvements de grève, il n'y a plus de considération, alors qu'il y en a dans le mouvement, je me permets juste de terminer, il y en a juste dans le mouvement des gilets jaunes, il y a de la considération. Ce qui fait que maintenant, ils peuvent se raccrocher. Pourquoi ? Parce qu'il faut une méthode d'action. Il faut un interlocuteur qui porte les revendications. C'est la seule solution.

38:40
Présentateur

Fanny Guinochet, cette semaine, on a vu que la CGT a perdu son statut de premier syndicat de France. Elle a été dépassée par la CFDT. Est-ce que Philippe Artillais est fragilisé avec tout ce qui se passe ? Ça lui donne une claque, clairement. Je veux dire, c'est quand même un bouleversement historique. Parce qu'avant que ce soit une victoire de la CFDT, c'est avant tout ce résultat, une érosion de l'influence de la CGT.

Et Philippe Martinez, le 29 octobre, effectivement, prend vraiment la distance, 29 octobre, avant la première mobilisation du 17 novembre des Gilets jaunes, il envoie un communiqué officiel en prenant des distances en disant on ne sait pas trop qui il y a derrière ce mouvement. Les Gilets jaunes. Voilà, il dit qu'il y a de l'extrême droite. Parfois, la CGT a moins de pudeur de gazelle avec d'autres extrêmes. Mais en tout cas, vis-à-vis de l'extrême droite, il prend ses distances. Il reste comme ça, statique, en gardant une distance, mais très très vite.

Il a des militants qui lui disent « Moi, ce que font les Gilets jaunes, c'est ce qu'on rêve de faire depuis longtemps, qu'on n'arrive pas à faire. Et je ne peux pas avoir un drapeau rouge à un moment et puis mon Gilet jaune. Donc, il y a une collusion. » Il s'est fait salement en guirlandais par sa base, par ses fédérations, récemment, notamment parce qu'il a participé cette semaine à une réunion mardi où vous aviez tous les responsables syndicaux qui ont pris position contre les violences. Et la CGT signe, Philippe Martinez signe en disant « On condamne les violences du samedi.

» Sauf que deux heures après, vous avez un communiqué très officiel en parlant des violences policières, en parlant de la violence sociale, de la CGT. Donc, le même Philippe Martinez se retrouve pris entre deux feux. Et puis, l'autre chose, donc, il se fait rattraper par sa base, mais il a un congrès en avril prochain à Dijon où il espère être… Enfin, il espère se représenter. Et il ne veut surtout pas apparaître comme le mou de service. Et donc, il se dit « Plus je montrerai les muscles. » Et voilà. Sauf que c'est quand même assez dangereux parce qu'on voit bien que les journées de mobilisation s'enchaînent. Là, il y en avait une aujourd'hui. Il y a eu dans certains endroits…

Aujourd'hui, c'est une journée de grève à la CGT. On n'en parle pas d'ailleurs. Mais il y a eu des endroits dans certaines cantines. Vous avez à l'ARATP, ça a été suivi. Dans certains secteurs, vous avez eu des mouvements… Mais on ne parle aujourd'hui quasiment que des gilets jaunes. Et il y a une autre journée qui est prévue le 18 décembre, juste avant l'annonce de toutes les mesures d'Edouard Philippe qui doit expliquer comment toutes les mesures annoncées par Emmanuel Macron vont figurer dans une grande loi où on comprendra tout le mécanisme. Donc la CGT refait… Mais c'est une fuite en avant et c'est un double G qui est quand même très compliqué pour Philippe Martinez.

Mais Bruno, je vous dis, est-ce qu'on ne peut pas comprendre le désarroi des militants CGT qui disent « Nous, on fait des manifs carrés, des manifs plan-plan, il ne se passe rien, on n'obtient rien. » Les gilets jaunes, ils sont quatre fois moins nombreux mais eux, ils obtiennent 10 milliards de mesures en… Ils obtiennent satisfaction derrière. Absolument, mais avec quelles conséquences ? Les gilets jaunes ont fait reculer le gouvernement mais avec la violence. C'est d'abord devant la violence que recule le gouvernement. C'est tout le paradoxe de ce mouvement gilets jaunes qui…

Les gens qu'on voit disent « Nous, on n'est pas des violents » mais c'est vrai que les manifestations des deux, voire des trois derniers samedis ont généré de tels débordements, une telle émotion dans le pays, une telle prise de conscience tardive par le pouvoir. Et quand le président est rentré d'Argentine, il a bien vu, on l'a bien vu d'ailleurs, même s'il n'a pas pris la parole dans l'immédiat, que quelque chose s'était passé. Et finalement, c'est… C'est terrible de se dire que c'est la violence qui paye en fait.

C'est-à-dire que le problème, c'est exactement ce qui se passe pour la CGT, c'est absolument terrible parce que la CGT qui n'a plus de ligne, ça vient d'être dit, qui manifeste et qui fait des manifestations pan-plan, des manifestations où il y a plus de monde peut-être que dans… que vous disiez 160 000, si on prend les chiffres officiels, pour le coup, les chiffres ministères intérieurs sur une manif de la CGT, 160 000, les gilets jaunes samedi dernier, c'est 130 000. Donc, les manifs de la CGT à 160 000 passent inaperçues, sans violence, souvent quand même. Parce qu'elles sont bien tenues. Parce qu'elles sont bien tenues. Parce qu'elles sont bien tenues. Donc, il y a une forme…

Et ça génère évidemment énormément d'amertume sur tous les leaders syndicaux. Après, il y a les leaders syndicaux qui se tiennent à leur ligne, comme Laurent Berger, qui est sur une ligne, lui, de rejet de la violence, de rejet, et quelque part, de rester à l'écart de ces mouvements, tout en étant dans un réformisme assumé et tendant la main au gouvernement qui fait l'erreur de ne pas la prendre au moment le plus fort après le 17 novembre. Et le paradoxe de tout ça, c'est que c'est la CFDT qui sort gagnante des élections professionnelles en pleine crise des gilets jaunes. Donc, on voit les paradoxes de la société française sont insondables.

Alors, pour ne pas faire l'apologie de la violence, est-ce qu'on ne pourrait pas aussi dire que la violence, par exemple, qu'on voit énormément dans les manifestations de lycéens, elle se retourne aussi contre les mouvements étudiants parce qu'on se dit « Ah, il y a tellement de violence qu'évidemment, ces mouvements sont tués dans l'œuf et ne peuvent pas s'exprimer parce qu'ils sont saccagés par la violence qu'ils ont et qu'ils génèrent. »

44:00
Invité

Non ? Et puis, dans le mouvement lycéen, il faudrait qu'au-delà, en effet, des dérives parfois violentes du mouvement lycéen, il faudrait que l'opinion s'empare des revendications portées par ce mouvement lycéen sur Parcoursup, sur la sélection à l'entrée de l'université. Pour l'instant, le moins qu'on puisse dire, c'est que là, contrairement aux revendications portées par les gilets jaunes, il n'y a pas de soutien dans l'opinion. Et c'est le gros problème de cette soi-disant ou éventuelle convergence des luttes. Ça part de revendications tellement différentes. C'est porté par des milieux sociologiques tellement différents.

Ça porte des revendications tellement différentes que ça a beaucoup de mal à trouver son point de fusion pour l'instant. Entre, là, on voyait tout à l'heure dans le reportage, les paysans qui vont vers cette préfecture dont on sait que le tropiste est plutôt un tropisme de droite, et de droite, j'allais dire droite dans ses bottes. Et puis, ces lycéens qui sont très travaillés par des organisations qui sont liées plutôt à la gauche de la gauche et même à l'extrême gauche, il y a un univers qui sépare ces mondes. Donc, comment ces univers extrêmement hétéroctites vont-ils se retrouver ? Pour l'instant, c'est le début d'un processus.

Mais est-ce que les gilets jaunes dans leur profonde désorganisation peuvent être le point de rencontre de tout cela ? C'est un grand point d'interrogation. Alors, ils dénoncent ce qu'ils appellent

45:30
Présentateur

la dictature des gilets jaunes. Ce sont les foulards rouges, 30 000 membres selon leur page Facebook et une revendication, le rétablissement de l'ordre. Une équipe de cédant l'air s'est rendue à Carpentras dans le Vaucluse car c'est là-bas qu'est né ce mouvement il y a environ trois semaines. Reportage à Carpentras de Victoria Roussel avec Romain Bestenou et Adrien Ponsard.

45:52
Invité

Pas de gilets jaunes pour Agnès Végerbert. Cette aide-soignante à domicile a opté pour le foulard rouge Henri Posto, veston fluo qui occupe les ronds-points. Une contre-rébellion parfois difficile à assumer face aux menaces. Les gens disent

46:10
Locuteur 9

mettez votre foulard rouge dans votre voiture mais beaucoup n'osent pas le faire parce qu'ils ont peur qu'on leur casse leur voiture en passant dans les ronds-points où sont les gilets jaunes et oui forcément c'est compliqué.

46:19
Invité

Ce jour-là pour faire entendre le ras-le-bol des foulards rouges

46:22
Locuteur 3

Elle a rendez-vous

46:26
Invité

avec le député du Vaucluse où l'initiative a vu le jour. Leurs revendications sont claires. Tous demandent l'arrêt des blocages et le rétablissement de l'ordre public.

46:38
Locuteur 8

Les gens en ont marre de toutes ces manifestations de toutes les violences. Ils n'en peuvent plus.

46:45
Invité

En trois semaines plus de 30 000 français ont rejoint le groupe des foulards rouges sur Facebook à l'image d'Agnès Végerbert.

46:53
Locuteur 9

J'ai adhéré au mouvement parce que je suis

46:55
Invité

une de ces françaises

46:57
Locuteur 9

qui en a marre des blocages

46:58
Invité

qui en a marre de la violence et depuis samedi ce qui s'est passé aux Champs-Elysées on a encore de plus en plus de membres et d'adhérents qui viennent vraiment nous soutenir et qui nous disent merci d'avoir créé ce groupe. C'est vraiment les messages principaux qui ressortent du groupe.

47:13
Emmanuel Macron

On veut vraiment aujourd'hui arriver à ce consensus de gens pas contents qui ont le droit de s'exprimer mais de gens qui ont le droit aussi d'aller naturellement au travail sans être embêtés par tous ces mouvements.

47:25
Invité

A l'écoute des foulards rouges comme des gilets jaunes le député La République En Marche Adrien Morena se pose en médiateur. Pour lui l'heure est au dialogue.

47:36
Emmanuel Macron

Le président de la République a fait des propositions il a accédé à certaines demandes des gilets jaunes donc je pense que le temps n'est plus à la violence le temps il est à l'apaisement et il est au dialogue. Donc nous ce qu'on essaye de faire dans cette permanence c'est renouer ce dialogue avec des gens qui n'ont peut-être plus confiance en nous réinstaurer un climat de confiance pour pouvoir avoir des négociations et pouvoir porter leurs revendications sur Paris.

48:00
Invité

Pourtant la discussion est parfois difficile. Fin novembre sa permanence parlementaire est dégradée après une rencontre houleuse avec des gilets jaunes.

48:09
Emmanuel Macron

Donc vous pouvez voir démission tu vaux rien on ne sert à rien les citoyens en route suite à l'échange que j'avais pu avoir avec eux une colère qui s'est exprimée et qui s'est exprimée notamment par le fait qu'il m'ait monté un mur aussi devant la permanence ce qui a empêché la permanence de fonctionner le temps qu'on retire le mur.

48:32
Invité

Mais ce qui inquiète aussi le député ce sont les conséquences économiques du mouvement comme dans les rues commerçantes de Carpentras peu fréquentées victimes des blocages routiers. dans un contexte déjà difficile cette commerçante subit de plein fouet la crise des gilets jaunes.

48:55
Locuteur 8

Mon commerce j'ai que ça sans ça j'ai rien demain je suis à la rue comme tout le monde mais bon je remonte les manches je fais comme tout le monde j'essaye de tenir ça fait 30 ans j'ai été 12 ans vendeuse 18 ans pour moi c'est la pire année de ma vie dans le commerce et là je pensais faire de l'argent la Noël pour nous c'est un gros mois et ben non moi là j'ai perdu 30%

49:17
Emmanuel Macron

Aujourd'hui on arrive dans une situation où les répercussions ne seront pas pour les chefs d'entreprise et chefs du CAC 40 seront pour le petit commerce et le petit commerce c'est ce qui fait vivre nos centres-villes ça fait un an et demi que je me bats moi pour que le centre-ville de Carpentras retrouve un dynamisme qu'il avait perdu il y a quelques années si demain tous ces petits commerces ferment le centre-ville étaient morts

49:39
Invité

Mais malgré les nombreux points de blocage à travers le territoire et les violences sur les Champs-Elysées les français adhèrent encore à 68% au mouvement des Gilets jaunes

49:50
Présentateur

Alors question de téléspectateurs le pire est-il à craindre si les commerçants en colère manifestent Fanny Guinochet Ils manifestent pas souvent il n'y a pas beaucoup dans l'histoire sociale des mobilisations de commerçants ou d'entrepreneurs ça peut arriver mais globalement ils ne vont pas manifester en revanche ce qui est vrai c'est qu'un certain nombre commence à déplorer la casse et à dire on va s'organiser nous notre propre défense ça c'est peut-être donc des milices privées donc ça c'est quand même ou en tout cas des moyens de se défendre de façon privée ça c'est quand même le type de dérapage qui peut arriver et qui est le plus inquiétant par ailleurs on peut comprendre qu'ils se fassent justice eux-mêmes qu'ils se défendent eux-mêmes parce qu'ils en ont au quotidien vous entendez cette commerçante moins de 30% sur un samedi sur deux samedis sur trois samedis sur quatre samedis avant Noël c'est des les commerçants et même les petits entrepreneurs c'est des des boutiques des entreprises qui n'ont pas beaucoup de trésorerie donc et pour le coup ils savent qu'ils auront du mal à rattraper ces pertes parce qu'elle passe ça se réalise à un moment où on fait le gros des achats c'est au moment de Noël donc autant la grande distribution même si elle perd beaucoup actuellement peut espérer que le téléviseur qui n'a pas été vendu avant Noël bon ben il sera peut-être acheté par la personne au moment où elle touchera sa prime exceptionnelle ou au moment où elle aura un peu de smic au mois de janvier ou février donc on peut espérer étaler mais les petits commerçants sont en première ligne et là effectivement le sentiment de ras-le-bol et l'inquiétude derrière qu'il y ait des défaillances d'entreprise va se marquer après c'est vrai qu'aussi très concrètement il va y avoir certainement un certain nombre d'incidences sur l'emploi parce que au moment la période des fêtes c'est aussi un moment où on prend beaucoup d'intérimaires on prend beaucoup de contrats à durée déterminée qu'il y a des dimanches qui sont ouverts c'est une période d'activité et là clairement elle est abîmée pénalisée par le mouvement des gilets jaunes Bruno Jeudy est-ce que vous sentez monter un contre-mouvement parce que beaucoup disent il y a une espèce de dictature des gilets jaunes on est obligé de manifester son soutien sur les ronds-points donc au fond tout le monde est non on ne le sent pas vraiment on ne sent pas vraiment monter un mouvement dans l'opinion un contre-mouvement ce que vous appelez un contre-mouvement dans l'opinion Pascal Perrineau a bien décrit ces sondages qui sont assez surprenants quand on les regarde parce que c'est vrai que samedi après samedi et franchement après la manifestation notamment où il y a eu les débordements autour de l'arc de triomphe c'était une vraie surprise de voir tous les sondages qui ont suivi rester sur une position de soutien et de sympathie assez élevée entre 6 et 7 français sur 10 alors que d'évidence le matraquage des images et elles étaient spectaculaires aurait dû sans doute peut-être entraîner un décrochage d'une partie de l'opinion et ça n'a pas été le cas alors quand on interroge c'est tout le paradoxe aussi des français quand on les interroge sur la violence dans les manifestations les débordements ils les condamnent massivement quand on les interroge même sur la poursuite du mouvement c'est beaucoup plus c'est beaucoup plus partagé il y a même dans certaines familles de l'opposition notamment à droite un vrai décrochage par rapport au fait d'aller encore manifester et on l'entend dans la bouche des dirigeants de droite qui par ailleurs ont compris que pour eux c'était vraiment pas la bonne stratégie que de courir après les gilets jaunes on le mesure dans les intentions de vote pour les européennes certes on est très loin et ça ne dit peut-être pas encore grand chose à nos téléspectateurs mais il faut bien voir que pour l'instant les seuls hommes et femmes politiques qui engrangent un peu sur le mouvement des gilets jaunes c'est clairement Marine Le Pen pour le Rassemblement National et un peu Nicolas Dupont on a des sondages on a des européennes oui les dernières enquêtes d'opinion montrent que si les élections avaient lieu dimanche prochain Marine Le Pen ferait autour de 24% c'est à dire exactement son score de 2014 est clairement en tête devant la liste de la République en marche qui serait en dessous de 20 comme toutes les autres listes et rejetant très loin les listes les républicains liste Mélenchon ne parlons même pas des socialistes qui n'auraient en cas d'élection dimanche prochain n'auraient même pas de députés

54:14
Invité

oui Pascal Perrineau ce qui est intéressant sur cette population de commerçants et d'artisans c'est qu'elle est divisée il y a à la fois en effet des commerçants et des artisans mais surtout des petits commerçants en effet qui n'en peuvent plus et qui n'ont pas la capacité de résistance que peuvent avoir en particulier les commerçants de la grande distribution mais en même temps quand vous regardez les analyses faites sur les gilets jaunes on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de travailleurs indépendants dans les mouvements de gilets jaunes et que là ce mouvement des gilets jaunes récupère une vieille tradition protestataire de ces milieux qui en effet n'ont pas une habitude de se mobiliser régulièrement mais qui de temps en temps quand la colère monte peuvent se mobiliser souvenons-nous dans les années 50 c'est pour ça que ça a lieu le samedi

55:00
Présentateur

parce que la semaine on travaille et comme ça le samedi

55:02
Invité

et souvenons-nous dans les années 1956 du mouvement Poujade puis après ce qu'on a appelé le site du Nati voilà quand ce mouvement ces petits commerçants décident de passer ces artisans décident de passer à la protestation ça peut aller jusqu'à des comportements extrêmement protestataires

55:19
Présentateur

allez tout de suite on revient à vos questions à quoi va ressembler l'acte 5 des gilets jaunes mobilisation d'envergure ou essoufflement certain

55:32
Invité

ça peut être le même mouvement que la semaine dernière c'est à dire que la semaine dernière c'était très intéressant il y avait le climat d'un côté en ordre familial une manifestation familiale

55:43
Emmanuel Macron

nombreux

55:43
Invité

assez nombreux oui je pense qu'ils étaient quand même si mes souvenirs sont bons mais c'était plutôt festif ça n'a pas duré très longtemps et à côté partout dans les rues à Paris il y avait des gilets jaunes qui faisaient tout ce qu'ils voulaient quand ils voulaient comme ils voulaient d'où les barricades la veille effectivement avenue des changes des lises d'où des blindés c'était apocalyptique Paris la semaine dernière c'était assez impressionnant demain on peut avoir exactement la même chose c'est un mouvement désorganisé c'est un mouvement qui ne sait pas se structurer parce qu'il ne répond à aucune obligation légale il est né comme ça de réseaux sociaux qui a en plus toujours des opportunistes et des casseurs mais j'ai envie de dire même dans les manifestations classiques on a toujours des casseurs et à la limite c'est malheureusement ça qui va faire arrêter le mouvement c'est ça qui est dramatique c'est ça qui peut arrêter le mouvement si on ne rentre pas dans une dialogue et si on ne rentre pas dans une démocratie représentative il faut des représentants de ces gilets jaunes ça s'organise dans l'Europe il faut que ça s'organise en local

56:53
Présentateur

Deux remarques qui pourraient expliquer peut-être demain une moindre mobilisation un, la semaine dernière il y a eu les arrestations avant la manifestation et pour beaucoup de ces gens-là le fait de garde à vue derrière pour certains c'est peut-être ne pas pouvoir retravailler le lundi ou le mardi donc ça, ça va faire réfléchir aussi un certain nombre de personnes parce qu'il y a eu beaucoup d'interpellations et beaucoup de garde à vue par la suite c'est la première chose la deuxième chose c'est qu'on voit alors suivant les régions ce matin par exemple sur le nord les bus qui étaient les cars qui étaient robin les bus j'ai vu ça oui qui étaient affrétés il y avait beaucoup moins de monde et certains cars étaient annulés en vue de la manifestation de demain donc à suivre mais il y a quand même deux éléments qui peuvent aussi qui pourraient expliquer peut-être une moindre mobilisation restons prudents alors je suis gilet jaune contre la violence mais pour le blocage total et mettre le pays à l'arrêt super comme ça rien ne fonctionnera et ça sera voilà il y aura des irréductibles après c'est vrai que économiquement parlant la France a quand même aura du mal à encaisser un mouvement trop violent cette personne n'a plus rien à perdre estime qu'elle n'a plus rien à perdre il faut renverser la table non mais c'est la difficulté et on voit bien aussi que c'est ce qui fait qu'aujourd'hui ce mouvement a encore autant de sympathie alors même qu'il y a eu 10 milliards d'euros de lâchés par le gouvernement plusieurs propositions qui ont été faites voilà c'est tout ce qu'on a dit durant cette émission la difficulté c'est puisqu'on parle de blocage c'est aussi l'étranger comment l'étranger nous regarde parce qu'on parle des petits commerçants qui en ont ras le bol mais les images des deux samedis précédents et notamment du samedi dernier où Paris est devenue une ville morte où vous avez des blindés si ces images-là elles ont déjà entraîné des annulations en termes de tourisme elles entraînent des annulations de la part d'un certain nombre d'investisseurs étrangers qui avaient trouvé que la France redevenait une terre accueillante pour un certain nombre d'investissements des usines qui ouvrent des localisations qui allaient se faire aujourd'hui se disent ben non finalement c'est pas si friendly si sympathique de venir s'installer en France si ce mouvement continue et effectivement le même dispositif est prévu que demain on a encore des images de blindés des images de gaz lacrymogènes des images d'exaction de pillage on peut se dire qu'il y aura un effet assez délétère à long terme en termes au niveau international mais vu de l'étranger et vu des capitales voisines qui nous regardent la conclusion quand on lit la presse étrangère c'est qu'au fond Macron a raté le pari de transformer la France et il est dans le sillage de ses prédécesseurs les articles sont très très sévères il y a des incidences économiques mais des incidences politiques parce que une des réussites d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Elysée c'était d'avoir trouvé une stature internationale et là cette stature là prend du plomb dans l'allée vous voyez le Conseil européen avec l'ambition de changer l'Europe avec l'ambition de changer l'Europe et là vous voyez bien que le Conseil européen il parle en plus de la politique intérieure en appelant au calme difficile ensuite de vouloir changer l'Europe quand on n'arrive pas c'est une carte de crédibilité y a-t-il assez de force de l'ordre en France pour faire face à la conjoncture actuelle à Paris et ailleurs d'autant qu'on sait que certaines villes comme Bordeaux Toulouse Saint-Etienne se sont plaintes de ce que la force de l'ordre n'était pas sur place mais les étaient envoyées faire la police à Paris et ça recommence demain c'est récemment

1:00:26
Invité

et ça recommence demain parce que le support l'organisation est la même on a 8000 à Paris et donc du coup dans les villes de province on va avoir autant exactement le même dispositif que la semaine dernière ce qui fait qu'il y aura encore des mécontents espérons que de toute façon effectivement cette nécessité de dialogue elle soit entendue dialogue de proximité espérons que cette semaine il y a déjà eu sans qu'on le sache du dialogue qui a été fait par les élus parce que il ne faut pas oublier le monde continue de tourner les entreprises aussi continuent de tourner

1:01:01
Présentateur

si on s'en tient au chiffre seulement pardon si on s'en tient au chiffre on est presque au taquet 89 000 la semaine dernière policiers et gendarmes déployés sur la France entière récemment à une échelle récente c'est après le Bataclan il y a eu jusqu'à 119 000 policiers et gendarmes déployés sur l'ensemble de la France sur l'ensemble de la France donc on voit qu'on est vraiment au maximum avec des policiers qui le disent tous les jours y compris sur ce plateau et des gendarmes qui sont épuisés puisque maintenant ça fait quand même plusieurs semaines qu'ils sont mobilisés et qu'ils le disent d'ailleurs ils le disent maintenant arrêtez de manifester les gilets jaunes par leur obstination sont-ils en train de perdre la bataille de l'opinion au profit des forces de l'ordre Pascal Perrineau

1:01:39
Invité

il ne faut pas poser le problème comme ça les français n'antagonisent pas entre un soutien qui irait aux forces de l'ordre et un soutien qui irait aux gilets jaunes et même d'une certaine manière je crois qu'il y a nombre de français qui peuvent en même temps tout à fait avoir une sympathie ou un soutien vis-à-vis des gilets jaunes et de certaines de leurs revendications et considérer en effet que les forces de l'ordre font aussi bien qu'elles le peuvent leur métier donc je ne crois pas qu'il faille antagoniser ces deux populations simplement on le voit bien ce n'est pas la première fois que la France est soumise à de grands mouvements comme ça de revendications et de grands mouvements sociaux en général on en sort toujours par des accords 1936 les accords Matignon 68 voilà les accords de Grenelle on en sort par des accords le problème c'est que là il faut bien sûr et on le voit c'est à l'oeuvre chez les gilets jaunes que chez les gilets jaunes en effet on trouve les interlocuteurs pour rentrer dans cette logique d'accord de compromis et ça peut être dur souvenons-nous en 68 les premiers accords sont rejetés par la base et donc les leaders syndicaux qui négociaient ils retournent pour renégocier un nouvel accord plus ils étaient divisés les syndicats sont divisés le problème c'était c'est très difficile et là il n'y a pas de leader qui émerve c'est très divisé parce que c'est un mouvement comme on l'explique de générations spontanées c'est très difficile

1:03:04
Présentateur

les gilets jaunes ce sont des rencontres intergénérationnelles du lien social n'est-ce pas finalement cela l'essentiel et la force c'est en l'oeuvre derrière les chiffres derrière les revendications il y a essentiellement de l'humain et on voit effectivement de jolies histoires qui se tissent à l'occasion de cette mobilisation et c'est un mouvement qui n'est pas lié sur les lieux de travail mais sur les lieux de vie ce qui est la grande différence avec sans doute le syndicalisme et bien voilà c'est la fin de cette émission merci de l'avoir suivi elle sera rediffusée ce soir à 23h15 on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air bonne soirée sur France 5 à suivre c'est à vous