Nicolas Dupont-Aignan interviewé dans l'édition spéciale de Sud Radio
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:13OuverteÉludée
Pensez-vous qu'il soit possible de reporter les élections régionales ?
- 1:50RelanceRéponse partielle
On a compris et on a pris les mesures qu'il faut. À ton avis, les mesures étaient-elles suffisantes ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Laurent Wauquiez suggère d'interner les 4000 fichés S. Comment faire face au problème de constitutionnalité ?
- 5:37OuverteRéponse directe
On apprend que des mineurs faisaient partie des terroristes. Que pensez-vous de cette radicalisation ?
- 6:58OuverteRéponse directe
La France doit-elle demander des comptes à l'Europe sur la circulation des armes ?
- 9:03OuverteRéponse directe
Les Français se rassemblent malgré l'interdiction. Que leur dites-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:19Invité politiqueFait
« J'avais remis au président de la République quand il m'avait reçu en tant que chef de parti au mois de janvier dernier. Je proposais l'état d'urgence. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Je proposais le contrôle de nos frontières. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Je proposais l'arrestation des djihadistes de retour de Syrie et leur éloignement à Cayenne ou ailleurs. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Les États-Unis l'ont fait avec Guantanamo. Donc, il faut arrêter ces hésitations permanentes. »
- 4:59Invité politiquePromesse
« Ils sont immédiatement arrêtés et internés. Quand ils sont étrangers, ils sont expulsés. »
- 7:34Invité politiqueFait
« Quand j'ai passé une Kalachnikov à la frontière franco-italienne, on s'est bien moqué de moi. »
- 8:38Invité politiqueFait
« L'État d'urgence va permettre de les prendre, déjà. Ça va permettre d'accélérer les choses. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan59 %
- Présentateur37 %
- ?3 %
≈ 26,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sud Radio, édition spéciale. Il est 15h07 sur Sud Radio, suite de notre édition spéciale. Toute l'agent des Sud Radio aux avant-postes pour vous raconter la suite de ces attentats dont je vous rappelle le terrible bilan. 128 morts hier soir à Paris, 300 blessés dont 80 sont toujours dans un état d'urgence absolue. Nous informe les différents hôpitaux mobilisés, plans blancs décrétés pour faire face à l'afflux de blessés. Beaucoup de personnes qui sont à leur recherche aussi de leurs proches. Dernières informations, Nicolas Sarkozy, on le sait, sera reçu l'un de demain à l'Elysée par François Hollande. Un conseil des ministres est en train de se dérouler à l'Elysée.
On se pose des questions également sur les élections régionales. Elles ont lieu, vous le savez, dans quelques semaines seulement. Pourront-elles avoir lieu dans les conditions actuelles alors que l'état d'urgence vient d'être décrété pour au moins 12 jours ? Charge au Parlement de décider ou non de sa prolongation dans les jours à venir. Nous sommes en ligne avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Bonjour à vous Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour monsieur.
Député de l'Essonne également, très mobilisé pour cette campagne des régionales. Les événements parisiens effectivement qui ont incité les responsables politiques de tous bords à, entre guillemets, mettre entre parenthèses leurs campagnes respectives. Pensez-vous qu'il soit possible Nicolas Dupont-Aignan de reporter les élections régionales
?
Écoutez, je n'en sais rien et franchement là, ce n
'est
pas mon souci aujourd'hui. Mon souci, c'est qu'il
y a
des gens qui sont en train de mourir à l'hôpital parce que vous avez plus de 80 personnes entre la vie et la mort. Et mon souci principal, c'est qu'enfin, les dirigeants de notre pays prennent les mesures qui s'imposent. Voilà. C'est ça l'enjeu. Et l'enjeu, c'est qu'on ne se dise pas au bout de quelques jours ou de quelques semaines, et bien finalement on continue comme avant.
Vous craignez, parce que c'est vrai qu'on a beaucoup dit, il y a eu un avant, un après Charlie. On a compris et on a pris les mesures qu'il faut. Dix mois plus tard, on s'interroge Nicolas Dupont-Aignan. A ton prix, les mesures qu'il fallait
?
Écoutez, moi je ne veux pas trop m'exprimer là-dessus aujourd'hui parce qu'on est encore dans le recueillement.
Il faut laisser aussi.
J'ai retrouvé le
texte que
j'avais remis au président de
la
République quand il m'avait reçu en tant que chef de parti au mois de janvier dernier.
Je
proposais l'état d'urgence. Je proposais le contrôle de nos frontières. Je proposais l'arrestation des djihadistes de retour de Syrie et leur éloignement à Cayenne ou ailleurs. Je proposais, etc. un certain nombre de mesures. Quasiment aucune
n
'a été prise.
Le contrôle aux frontières vient d'être décidé pour l'occasion de la COP21. L'état d'urgence vient d'être décrété.
Oui, c'est ce que je vous dis, mais
depuis janvier.
Ce
que je veux dire,
c
'est que toute personnalité,
comme
moi, on a été quelques-uns, on n'était pas nombreux,
qui
avons osé dire qu'il fallait arrêter les djihadistes et prendre des mesures exceptionnelles. On nous a caricaturés. On n'a pas arrêté. Je me souviens, quand j'ai parlé de Cayenne, on m'a ridiculisé dans les médias. Je veux dire par là qu'on ne peut pas faire la guerre
à
l'État islamique à moitié. Soit on l'a fait totalement, soit on ne
l
'a fait pas. Et c'est tout le débat qui devra s'ouvrir lundi, mardi et dans les jours qui viennent. Non pas pour jeter de
l
'huile sur le feu, non pas pour polémiquer, mais pour à un moment dire, ça suffit. Et moi, je suis reçu comme chef de parti demain par le président de
la
République et je lui dirai cela. Je lui dirai que les mesures n'ont pas été prises comme il fallait. Ce n
'est
pas pour autant qu'on aurait peut-être évité un attentat, parce que ce type d'attentat, vous pouvez en avoir tous les jours. Mais je pense que les Français, désormais, ont conscience qu'il faut changer de braquet.
Alors,
justement, Nicolas Dupont-Aignan, vous rappelez les différentes mesures que vous aviez proposées dans la foulée des attentats du mois de janvier. Ce matin, Laurent Wauquiez, secrétaire général des Républicains, suggère qu'il faudrait interner les 4000 Français fichés S pour islamisme radical. Et il va jusqu'à paraphraser Saint-Just, annonçant la terreur, pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Mesure qui ressemble un petit peu à celle que vous suggériez. Il y
a
un problème, évidemment, de constitutionnalité. Comment faire dans ce cas-là, puisque la Constitution française ne rend pas possible tout ce que vous suggérez
?
Mais, à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, on ne
va
pas se faire tirer comme des lapins, se faire assassiner sans réagir.
Il
faut arrêter. Moi, ça fait des semaines, des mois, je le dis. Il y a tout à fait les possibilités. Les États-Unis l'ont fait avec Guantanamo. Donc, il faut arrêter ces hésitations permanentes. On ne peut pas être à moitié en guerre. Il faut se donner les moyens de la guerre. Alors, ça ne veut pas dire des mesures excessives. Ça veut dire simplement que quand des gens français ont été tirés contre nos valeurs, ont été au djihad, ça veut dire qu'ils ont pris parti contre la France. Ils sont immédiatement arrêtés et internés. Quand ils sont étrangers, ils sont expulsés.
Il y a, je crois, c'est le ministre de l'Intérieur qui l'avait dit, plusieurs centaines, au moins une centaine d'étrangers classés en fiche S, en liberté sur notre territoire, au jour d'aujourd'hui.
Pourquoi
n'ont-ils pas été expulsés ? Bref, c'est encore trop tôt. Je ne
veux
pas assister là-dessus. Mais tout le monde sait
que les
dirigeants politiques ne pourront pas s'exonérer de leurs responsabilités. Le rassemblement, oui.
L
'unité nationale, oui. Mais pas l'unité nationale pour mettre la poussière sous le
tapis.
Nicolas Dupont-Aignan, on en apprend un peu plus sur le profil de ces différentes équipes, équipes commandos de la mort qui sont passées à l'action hier. Un Français identifié, on reste prudent quand même pour le moment, un Français aurait été identifié parmi les terroristes, un passeport égyptien, on aurait été retrouvé, un passeport syrien. Les attaquants auraient eu entre 15 et 18 ans. On a l'affaire à des mineurs, de toutes jeunes personnes, Nicolas Dupont-Aignan. Ben
oui. C'est ça l'exaltation, c'est ça la manipulation de masse, c'est ça, bien évidemment. Et c'est pour ça qu'il faut être impitoyable.
On
n'en sortira pas sans immédiatement réagir. Mais vous savez, c'est l'État qu'il faut reconstruire. L'État avec un grand E qu'il faut reconstruire. Et quand on voit les zones de non-droit, quand on voit l'incapacité à éradiquer le trafic de drogue dans nos cités, quand on voit ce qui se passe depuis des années, et ce n
'est
pas seulement ce gouvernement, et ça fait des années que tous ceux qui fréquentent les forces de sécurité, qui connaissent ce qui se passe, alertent, alertent. Alors j'espère qu'il va y avoir une prise de conscience, ne serait-ce que budgétaire. J'espère qu'on va revoir le code de prévision pénale. J'espère qu'en vérité, il va y avoir une prise de conscience collective.
C
'est ça la question majeure. Mais combien de morts faut-il ? Combien d'attentats ? Faut-il pour qu
'on
sorte de notre naïveté
? Nicolas
Dupont-Aignan, est-ce que vous pensez que la France doit aussi demander des comptes à l'Europe ? Je vous pose cette question parce que les armes que se sont procurées ces terroristes pour passer à l'action, on ne sait pas d'où elles viennent, mais semble-t-il, si elles arrivent en France, c'est précisément parce qu'il est facile de les faire circuler dans l'Union européenne. On ne connaît pas encore l'identité de tous les terroristes. On sait que l'État islamique compte émiser aussi sur des nationalités étrangères européennes pour circuler plus facilement. Allez-vous réclamer des comptes
à l'Europe
également ? Mais écoutez, s'il y a un homme politique qui se bat contre cette Europe passoire, c'est bien moi depuis des années, depuis 15 ans. Quand j'ai passé une Kalachnikov à la frontière franco-italienne, on s'est bien moqué de moi. Je ne l'avais pas fait pour faire le malin. Je l'avais fait parce qu'elles sont en vente libre dans nos banlieues. Donc, tant qu'on ne comprendra pas qu'un État doit avoir des frontières, doit les contrôler, qu'un État doit se défendre. Voilà la question. C'est la remise en cause de 30 ans de naïveté et d'illusion. Eh bien, malheureusement, c'est toujours dans la tragédie qu'on paye la faiblesse. Et c'est terrible parce que, et encore une fois, je ne
veux
pas en rajouter aujourd'hui parce que ça va être mal interprété. Et je vois très bien ce qui va être dit, mais il
y a
un moment, il va falloir vraiment revoir les hommes, les procédures, les politiques.
Pas
tomber dans le tout sécuritaire, mais tomber dans ce que font la plupart des pays au monde, d'ailleurs. Ça n'empêchera jamais la possibilité d'un attentat. Mais cela doit permettre d'en réduire la probabilité. Et moi, ce qui m'affole, ça fait des semaines que je suis inquiet. Ce qui m'inquiète, c'est que si on ne prend pas les mesures très rapidement, l'État d'urgence va permettre de les prendre, déjà. Ça va permettre d'accélérer les choses. C
'est
pour ça que je l'avais réclamé le 9 janvier dernier. Mais, encore une fois, il
y
a un immense travail parce que
c
'est l'État qu'il faut reconstruire. C'est notre justice, c'est nos greffiers, c'est la masse des affaires qui vont arriver dans les prisons. L'État n'est pas dimensionné pour lutter contre l'insécurité qui l'a emporté aujourd'hui. Donc, il y a un effort de mise aux normes énorme, énorme, coûteux,
qu
'il va falloir faire.
– Alors,
Nicolas Dupont, on se ramène à la question. Paris-Ville-Morte aujourd'hui, la plupart des manifestations publiques ont été annulées. De nombreux concerts, U2 par exemple, qui devaient se produire à Bercy ce soir, mais beaucoup d'autres manifestations. Toutes les manifestations sportives, interdiction de rassemblement a été également décidée dans l'ensemble des départements de la région Île-de-France. Malgré cela, il y a quelques personnes qui ont décidé de braver l'interdit pour se rassembler sur la place de la République où avaient déjà convergé beaucoup de personnes pour rendre hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo et de l'hyper-cachère.
Ces Français qui défient l'autorité, mais le font parce qu'ils pensent que c'est ce qu'il faut faire. Vous leur dites quoi aujourd'hui ?
– Mais
je leur dis que chacun a son interprétation et sa façon de réagir. –
Je
ne
veux
pas juger les uns les autres. Ce qui, en revanche, est sûr,
c
'est que les manifestations ne remplaceront pas l'action.
Et
on a bien vu ce qui s'est passé après l'affaire Charlie, où la France s'est relevée, s'est levée, symboliquement, mais où les actes n'ont pas suivi les paroles. Et ça, c'est tragique. Et c'est pourquoi je pense que les Français sont très sombres aujourd'hui, au-delà de la peine, de la tricesse, bien évidemment. Ils sont sombres parce qu'ils ont compris, au fond d'eux-mêmes, que les mesures n'étaient pas là. Et ils n'occupent beaucoup confiance. Donc tout l'enjeu, c'est de restaurer la confiance et que le Président de la République et les ministres, encore une fois, prennent vraiment la mesure du défi qui est devant nous.
– Il va falloir changer de braquet. Ce sera la phrase à retenir de votre intervention, Nicolas Dupont-Aignan.
–
Merci beaucoup. – Merci d'avoir été avec nous en direct sur Sud Radio cet après-midi. Président de Debout la France et député de l'Essonne.
Nicolas Dupont-Aignan