Rencontres de Saint-Denis, loi immigration et changement de scrutin pour les municipales... Le "8h30 franceinfo" de Sylvain Maillard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour. Est-ce qu'Emmanuel Macron ne va pas se sentir un petit peu seul aujourd'hui pour les 3ème éditions des Rencontres de Saint-Denis ? Ses opposants, certains en tout cas, sèchent le rendez-vous. Manuel Bompard pour LFI, le socialiste Olivier Faure, le républicain Éric Ciotti. Décidément, c'est un peu comme le CNR. Ces initiatives, elles font un peu pchit parfois.
Je crois surtout qu'ils font une faute politique à ne pas venir. Alors, discuter autour du président de la République de thèmes qui intéressent évidemment tous les Français. On parle par exemple de la décentralisation où le président de la République a mandaté Éric Wörth pour porter ces thématiques sur lesquelles ils se sont tous entendus d'ailleurs lors de cette première rencontre de Saint-Denis. On voit bien que c'est une posture politique qui, à mon avis, est une faute. Et j'imagine les électeurs LR, les électeurs socialistes qui se disent « mais je ne serais même pas représenté ». Normalement, il y a le Parlement pour être représenté. Non, mais je crois que c'est profondément...
Vous-même, vous êtes député, il y a le Parlement.
Bien sûr, mais il y a le temps du Parlement et il y a un temps extrêmement politique dans des discussions avec les partis. Qu'est-ce qu'on a à perdre à travailler sur la décentralisation ? Quel est le temps à perdre de travailler sur la politique internationale ? Au fond, ils ne sont pas à la table. Ils refusent le débat politique. Ils s'effacent. Je crois que c'est aussi un symbole de ce qui est devenu la vie politique en réalité. Ces deux grands partis qui ont été deux grands partis de gouvernement de la Ve République, les socialistes et l'LR, au fond, ne veulent plus faire partie de l'écriture politique actuelle et du futur.
Mais Sylvain Maillard, vous considérez que jusqu'à présent, ces rencontres ont débouché sur des avancées politiques majeures. On peut se poser la question, il y a notamment au menu de cette rencontre aujourd'hui, l'élargissement du champ du référendum à l'immigration. Est-ce que c'est sérieux alors qu'une loi sur le sujet est en ce moment examinée au Parlement ? Vous allez aller au bout sur cette idée d'élargissement du référendum ?
Plein de questions que vous me posez en même temps. Je vois que sur trois points qui étaient essentiels à Saint-Denis, les discussions ont parfaitement avancé. C'est-à-dire la conférence sociale qui a été décidée lors de la première conférence de Saint-Denis et mise en place. Là, les discussions sur l'international, je crois, ont fait l'unanimité sur les positions internationales. Et puis, le principe de modifier nos institutions à travers, par exemple, le référendum, à travers la décentralisation, ça, c'est en train d'être mis en place avec la mission d'Eric Wehrt, je vous en ai parlé tout à l'heure, mais aussi avec l'idée d'élargir le champ du référendum aux questions sociales.
Donc, ça pourrait tout à fait être une question que nous posons au cours d'un référendum, mais déjà, il faut changer, modifier la Constitution pour faire en sorte qu'un référendum sur des questions sociales puisse être posé.
Donc, vous voulez aller au bout, cette idée d'un référendum, ce n'est pas juste de l'affichage pour faire plaisir à la droite ?
Non, je crois, pareil, que sur... Je crois qu'il faut donner... On a besoin de plus de respiration démocratique. Et ce serait quoi une question sur l'immigration ? Donner plus la parole aux Français. Si de la manière, ce serait quoi la question ? Ce n'est pas forcément donner, c'est juste dire...
Un référendum, c'est quand même un oui ou non.
Exactement. Donc, on ira sur le champ social. À l'heure actuelle, il n'est pas possible de poser une question référendaire sur le champ social. Nous allons ouvrir au champ social.
Là, vous parlez de tuyauterie. Je vous demande, qu'est-ce que vous allez mettre dans le tuyau ? S'il y a un référendum sur l'immigration, à quoi pensez-vous ?
C'est exactement ce que veulent les discussions qu'il doit y avoir à Saint-Denis, de dire, si on va vers les référendums, par exemple, quelles pourraient être les premières questions que nous poserions aux Français ? C'est ça, ces discussions à Saint-Denis. Ce n'est pas de savoir, d'établir quelle serait la question...
Non, mais sur l'immigration, ça ne va pas être pour ou contre l'immigration, la question est bien plus complexe.
Vous le savez très bien. Bien entendu. On y viendra sûrement sur le projet de loi. Évidemment, c'est plus complexe, mais le référendum est une question, parfois vous avez raison, qui peut être binaire, mais qui peut être sur des questions sociales, qui peuvent être des questions importantes, des positionnements politiques importants. Et on n'a jamais rien à craindre de demander aux Français ce qu'ils en pensent.
Non, mais pourquoi, par exemple, le Président a aussi évoqué l'élargissement du référendum au sujet de la fin de vie, alors que là aussi, il y a une loi en préparation ? On a du mal à comprendre. Le sujet de la fin de vie, il va être tranché par une loi ou par un référendum ?
À titre personnel, je souhaite que ce soit un débat au Parlement. Pourquoi ? Parce que je crois que c'est l'occasion de faire un débat très digne, un débat profond, c'est un débat intime, et qui permettra de voir toutes les facettes de ce que modifierait une loi sur la fin de vie. Donc je crois que c'est important que ce soit un débat au Sénat et à l'Assemblée nationale. Mais c'est tranché ou pas ? C'est un débat au Sénat et à l'Assemblée nationale. C'est un débat dont s'empare l'ensemble des Français et dont on peut montrer les différentes facettes que revêtent les différents articles que nous porterons. Donc non, ce n'est pas encore tranché.
Le Président de la République s'est engagé au fait de porter un projet de loi fin de vie, et ce sera porté au Conseil des ministres dans les prochaines semaines.
En décembre, c'est ça au Conseil des ministres, comme a annoncé le gouvernement ?
Actuellement, je n'ai pas la date exacte, mais en tout cas, c'est dans les prochaines semaines, oui.
Pour justifier son absence à Saint-Denis aujourd'hui, Éric Ciotti invoque notamment l'absence du Président dimanche dernier à la manifestation contre l'antisémitisme. Avant-hier, ensuite, Emmanuel Macron a avancé une fois de plus cet argument pour se justifier, préserver l'unité nationale. En quoi participer à cette marche était une menace pour l'unité de la nation ?
D'abord, je pense que c'est vraiment un mauvais argument de dire que je ne viens pas à Saint-Denis parce que le Président de la République n'était pas présent à la marche. Je crois qu'on mélange tout. Le Président de la République l'a dit très tôt parce qu'il est Président de la République, estime que sa place n'est pas dans une manifestation. Mais il a toujours soutenu cette manifestation, toujours été à nos côtés, encouragé la Présidente. Donc, on est entre nous, je vais vous le dire, dès le mardi qui a précédé la manifestation, j'étais avec le Président de la République, avec Yael Brown-Pivet.
Il l'a félicité de son initiative et celle du Président de l'Archie en disant que c'était une excellente idée et qu'il était évidemment 100% avec nous. Donc, ça a toujours été très clair. Sur l'antisémitisme, qui peut reprocher quoi que ce soit à Emmanuel Macron ? Il a toujours été très clair sur la lutte contre l'antisémitisme.
Mais ce n'est pas parce qu'il craignait de braquer la communauté musulmane. Et dans ce cas, pourquoi ne pas le dire clairement ? Il faut que de parler de préserver l'unité de la nation.
Ça n'a strictement rien à voir. Le Président de la République estime qu'en tant que Président de la République, ce n'est pas la place d'un Président de la République d'aller manifester. Lui, il doit être dans l'action. Moi, je le redis encore une fois. Vous savez, en décembre 2019, j'ai porté une résolution qui fait que dans la loi, l'antisionisme est une forme d'antisémitisme. C'était une résolution difficile à passer à ce moment-là. D'ailleurs, maintenant, tout le monde est d'accord dessus, à part LFI. Tout le monde la voterait à l'unanimité. Mais le Président de la République est en soutien. Je m'en souviens, avec moi, à mes côtés, pour porter cette résolution. Non, mais c'est un peu...
La lutte contre l'antisémitisme qui pose question dans l'attitude d'Emmanuel Macron, c'est plutôt, par exemple, a-t-il été influencé par la venue à l'Elysée de l'humoriste controversé Yacine Bellatar, qui, selon l'Express, a mis en garde l'Elysée sur le fait que la présence du Président serait une erreur, donnerait au quartier des raisons de s'enflammer.
Ça n'a strictement rien à voir. Je vous le redis, le Président de la République a pris la décision de ne pas venir à la manifestation dans les minutes qui ont suivi, enfin, un peu plus que l'annonce de la manifestation. Ça n'a strictement rien à voir. Je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. Je vous le redis, c'est une position de principe, le Président de la République, et ça a toujours été ainsi, le Président de la République ne va pas dans la manifestation. Mais juste un mot, Sylvain Manier. Voilà, en fait, ce qui m'embête, je vais être très concret. Ce qui me gêne, c'est que cette manifestation, c'était un moment extrêmement fort.
Il y a 200 000 Français qui sont venus partout en France dire stop à l'antisémitisme. Nous, on combat l'antisémitisme. On n'est pas là pour savoir qui est là ou pas là. On est tous là, derrière. Le Président de la République l'a dit, l'a écrit, en disant qu'il était à nos côtés, qu'il se battait contre l'antisémitisme. Et donc, au fond, je ne veux pas qu'on gâche, en fait, ce moment de sursaut national qui dit qu'on ne peut pas continuer à avoir 2 000 actes antisémites en un mois, tout simplement. Donc, cherchons ce qui nous rassemble et ça nous rassemble, plutôt que ce qui nous divise. Ou vraiment, honnêtement, je trouve que c'est un point, honnêtement, extrêmement annexe.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémy Baudot.
Toujours avec Sylvain Maillard, président des députés Renaissance à l'Assemblée nationale, on parlait à l'instant de l'Elysée qui a reçu Yacine Belatar, cet humoriste qui a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour menace de mort, notamment. Il s'était illustré aussi par cette formule, « Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice » après les attentats. Vous trouvez ça normal, pertinent qu'il soit reçu à l'Elysée par des conseillers du Président ?
Je le regrette, je le regrette, tout simplement.
Pourquoi vous le regrettez ?
Je le regrette parce que je pense que sa place n'est pas d'être reçue par des collaborateurs de l'Elysée.
Peut-être que des conseillers d'Emmanuel Macron prennent des initiatives qu'il n'aurait pas dû prendre ? Ou c'est le Président qui peut ? Je pense que le Président n'a rien à voir dans cette initiative.
Il fut un temps, il était en odeur de sainteté à l'Elysée, il a été mis en avant, notamment par Emmanuel Macron ?
Je ne peux pas être plus clair, je le regrette.
Parlons de la loi immigration. Elle a été votée par le Sénat dans une version considérablement durcie. Gérald Darmanin a-t-il tout cédé à la droite ?
D'abord, c'est le Sénat qui a décidé et qui vote un texte et ils font ce qu'ils veulent au Sénat. D'ailleurs, je dois le noter, il y a des avancées intéressantes dans ce qu'a voté le Sénat. Moi, j'ai toujours dit, mon groupe Renaissance a toujours dit, nous, ce que nous voulons, c'est adopter un texte qui est celui qui a été voté au Conseil des ministres. C'est-à-dire un texte d'efficacité qui nous permet d'abord, c'est un texte qui permettra de simplifier les procédures administratives pour les OQTF, donc ceux qui n'ont pas vocation à rester en France.
C'est d'abord ça, ce texte, et puis aussi un texte d'efficacité pour régulariser ceux qui travaillent dans les métiers en tension pour mieux les accueillir.
Ça, c'était l'article 3 qui a été remplacé par le 4 bis. Là encore, est-ce que vous allez revenir sur la version initiale ?
Nous aurons une écriture, nous sommes en train de travailler sur une écriture avec le rapporteur général Florent Boudet, une écriture qui nous permette d'avoir une mesure qui fonctionne avec un texte puissant. Nous devons mieux accueillir ceux qui viennent travailler dans nos entreprises. Il n'y a pas une entreprise en France, montrez-moi une entreprise en France qui travaille sans étrangers. Est-ce qu'il y a un hôpital en France qui fonctionne sans étrangers ? Vous avez des entreprises, vous avez utilisé... Oui, mais bien sûr, moi comme d'autres, nous fonctionnons évidemment tous avec des travailleurs étrangers. On les remercie parce que sinon, comment fonctionnerait notre système ?
Les travailleurs irréguliers en l'occurrence ?
Non, mais non. Comment ça se passe ? Je vais être très concret. On a des travailleurs qui travaillent, qui ont des papiers et qui ont parfois aussi des difficultés. Ce qui nous remonte partout sur le terrain, des difficultés à avoir des rendez-vous à la préfecture pour renouveler leurs papiers. On a ça aussi beaucoup. Ce que nous souhaitons d'une façon plus globale, c'est de faire en sorte que ceux qui viennent travailler dans les métiers en tension, dont on a besoin pour faire fonctionner nos entreprises, nos hôpitaux, nos services publics, nous avons besoin de mieux les accueillir. Dans la loi, par exemple, il y aura des cours de langue, une obligation de langue.
Vous savez, moi j'y suis très attaché. Moi-même, j'étais il y a maintenant quelques années, il y a 25 ans, j'ai eu la même chose quand je suis parti en Allemagne. C'est-à-dire que j'ai eu des cours de langue où on apprenait des cours payés par l'État allemand qui me permettait, j'étais avec des migrants afghans, irakiens, et on apprenait l'allemand parce que c'était essentiel. L'idée était simple, comment s'intégrer dans un pays si on ne maîtrise pas la langue ? En France, nous avons évidemment amélioré le dispositif avec la loi Gérard Collomb il y a quelques années, mais il nous faut aller plus loin.
Et sur la régularisation, comment vous allez faire ? Vous allez assouplir l'article réécrit par le Sénat, le préfet aura moins de pouvoir ?
Dans le texte original, on va prendre une minute, dans le texte originel de la loi, on a créé un droit opposable.
Le Sénat a supprimé ce droit opposable et a donné un pouvoir au préfet de décider.
Discretionnaire au préfet. Nous nous proposons une autre solution, c'est-à-dire de mettre dans la loi, dans cet article 3 ou quel que soit le numéro de cet article, mettre l'ensemble des dispositions qui donneraient droit à régularisation avec des principes très clairs que nous allons voter dans la loi. Et par contre, le préfet pourrait à n'importe quel moment arrêter une procédure pour différentes raisons avec un pouvoir discrétionnaire.
Et vous allez rétablir l'aide médicale d'État ?
Du coup, je pense qu'on trouve un équilibre qui nous semble essentiel et qui, je crois, va permettre à une majorité de l'Assemblée de voter cet article.
Et l'aide médicale d'État, vous allez la rétablir ? Elle a été transformée en aide médicale d'urgence ?
Bien sûr, on l'a toujours dit. Nous sommes très attachés à l'aide médicale, d'abord pour des raisons humanitaires. Ça nous semble essentiel. Nous soignons les gens, c'est comme ça. Mais c'est aussi une question de santé publique. C'est notre intérêt. C'est notre intérêt de soigner tout le monde. Qu'est-ce qu'on veut ? On veut qu'on voit maintenant ressurgir la tuberculose. Évidemment qu'il faut soigner ceux qui sont infectés. Donc oui, nous allons la rétablir, évidemment. Par contre, juste terminer là-dessus, est-ce qu'on ne peut pas faire qu'elle soit plus efficace ? On a un rapport Stéphanini-Evin qui sera communiqué à la Première Ministre début décembre.
Eh bien, nous allons regarder si on peut la faire évoluer. Mais dans ce texte-là, d'ailleurs, c'est un teint cavalier. Évidemment, nous ne modifions pas la ME.
Vous aviez donc votre texte au départ. La droite en a proposé un autre au Sénat. Vous dites que désormais, à l'Assemblée, vous allez rééquilibrer ce texte. Mais évidemment, vous n'allez ni satisfaire totalement la droite, ni satisfaire complètement la gauche. Avec qui allez-vous voter ce texte ? Allez-vous avoir besoin éventuellement de passer en force à travers un 49-3 ?
Jean-Rémi Baudot, on ne veut pas équilibrer un texte. On veut un texte d'efficacité. Donc, tout ce que l'on vote... Vous avez besoin de partenaires politiques, c'est ce que j'entends. J'entends votre question. Mais je veux juste préciser les choses. On ne fait pas un texte d'équilibre. On fait un texte qui fonctionne. Un texte puissant. Un texte qui permette vraiment de simplifier les procédures et de faire en sorte que celui qui n'a pas vocation à être en France s'en aille. C'est ça, ce texte. Mais là, est-ce que vous n'avez pas perdu la droite ? Moi, j'attends de voir les députés républicains voter contre ce texte.
Un texte de simplification des procédures pour faire en sorte que ceux qui n'ont pas vocation à être en France s'en aillent. Ils vont voter contre ça ? Alors là, ils ne savent plus où ils habitent. C'est ça, la vérité. Donc oui, j'attends de voir comment ils vont s'en sortir, entre guillemets, parce que c'est un texte, au fond, s'ils étaient au pouvoir à ce moment-là, ils l'auraient voté, je crois qu'ils auraient aimé pouvoir le porter. Donc, moi, j'en ai assez des postures. Je crois que les Français, ce qu'ils nous demandent... D'ailleurs, il y avait un sondage dans Opinion Way, chez vos confrères du Parisien, la semaine dernière, qui disait que c'est très attendu par les Français.
Très attendu l'article 3 aussi, mais évidemment le fait que les étrangers qui n'ont pas vocation à être en France s'en aillent.
Et si la droite ne le votait pas, est-ce que le 49-3 serait un échec pour vous ?
Moi, je suis convaincu que nous aurons une majorité à l'Assemblée nationale pour voter ce texte. Convaincu. C'est mon travail aussi, de trouver une majorité, mais moi, je suis convaincu que nous aurons une majorité.
Et est-ce qu'il sera adopté avant Noël et via une procédure particulière ? On parle de la procédure du temps législatif programmé, qui permet de fixer la durée des débats à l'avance ?
Pour ça, il faut que l'ensemble des groupes soient d'accord pour un temps législatif programmé. Je vais évidemment le demander mardi prochain, mais il faut que l'ensemble des groupes le souhaitent. En tout cas, une majorité. Pas l'ensemble, pardon. Une majorité des groupes le souhaitent. On verra, il faut une majorité. On verra ce que disent les Républicains. On verra ce que disent les Socialistes. Ça va être intéressant. Mais oui, je souhaite que le texte soit adopté avant la fin d'année. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec Sylvain Maillard, président des députés Renaissance à l'Assemblée Nationale. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, est en pleine tournée au Proche-Orient. C'est pour clarifier la position du président ?
Que le ministre des Armées fasse le tour de nos alliés et aille en discussion. Je pense que c'est de bonne alloi. Il est important que nous réaffirmons notre présence et puis écouter nos partenaires sur leurs besoins. Je pense que c'est important.
Et est-ce que ce n'était pas nécessaire ? Parce que plusieurs propos contradictoires du président ont semé le troupe ces derniers jours. On est passé d'un soutien ferme à Israël à des mots beaucoup plus durs, dans lesquels Emmanuel Macron exhortait l'État hébreu à arrêter de bombarder des bébés à Gaza, de « il faut cesser le feu » à « il faut mettre le Hamas hors d'état de nuire ». Quelle est la ligne de la France ?
La ligne du président de la République, c'est d'ailleurs la ligne de la majorité, on est unis derrière cette ligne, elle est sur quatre points. D'abord, premier point, dire qu'Israël a le droit de se défendre. Le dire et le redire. Israël a le droit de se défendre. Deuxièmement, le sort de nos otages est quelque chose qui est essentiel dans les discussions qu'ont à l'heure actuelle le président de la République. Le quai d'Orsay, je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais c'est une obsession, c'est notre obsession, sauver nos otages. Troisième point important, nous souhaitons des trèves humanitaires pour permettre le ravitaillement des Gazaouis.
Ils sont dans une situation, vous le savez, extrêmement difficile.
Des trèves humanitaires ou un cessez-le-feu, Sylvain Maillard, ce n'est pas clair ?
Il faut que nous laissions les camions rentrer et pouvoir livrer l'ensemble du matériel nécessaire pour que les Gazaouis puissent survivre. Donc, pour nous, ça nous semble essentiel. On ne va pas partir dans les conjectures de faut-il un arrêt pendant deux heures, dans trois heures, ça, ce n'est pas à moi de le déterminer. C'est le président qui a parlé de ces... C'est-à-dire qu'il est essentiel. Il faut une centaine de camions qui passent par jour minimum pour ravitailler les Gazaouis. Il faut que cette centaine de camions puisse passer.
Et votre quatrième point ?
Et le quatrième point, c'est évidemment avoir une solution politique. On ne peut pas rester dans la situation actuelle s'il n'y a pas une perspective politique. Et donc, le président discute évidemment avec l'ensemble des acteurs. Moi, je le dis, il n'y aura pas de solution politique en dehors d'une décision qui viendra des Israéliens et des Palestiniens sur place. Et il faut que les pays aux alentours, évidemment, les Saoudiens, les Jordaniens, les Égyptiens, soient partie prenante et les Américains et les Français doivent être en accompagnement. Mais la solution politique, s'il y a une solution politique, elle ne peut venir que du terrain et du terrain là-bas.
Le procès du garde des Sous-Éric Dupond-Moretti est terminé. La Cour de justice de la République rendra sa décision le 29 novembre. Mais Elisabeth Borne a déjà prévenu, s'il était condamné, la règle, c'est qu'il devrait démissionner. Vous dites la même chose que la Première Ministre ?
Ce n'est pas à moi de le dire. Évidemment, je ne vais pas me prononcer sur le procès. Sur la situation politique, ce sera au président de la République et à la Première Ministre de décider ce qu'il doit faire. C'est à eux de composer leur équipe. Ce n'est pas à moi, en tant que président du groupe Renaissance, de dire ce qu'ils doivent faire. Chacun gère son équipe.
Vous n'êtes pas attaché à cette règle qu'un ministre condamné doit démissionner ?
Encore une fois, je crois qu'il y a beaucoup de principes en Macronie. Pour moi, ce qui est important, c'est au président et à la Première Ministre de décider quels sont les membres de leur équipe gouvernementale. Ce n'est pas à moi, en tant que président du groupe, de donner mon avis. Moi, je donne mon avis et je fais sur mon équipe à moi.
Mais par exemple, vous n'avez pas été gêné de voir un ministre en exercice se retrouver devant une cour de justice ? Pendant quelques jours, est-ce qu'il n'aurait pas dû tout simplement se mettre en retrait ? Est-ce que là, il peut reprendre une activité normale comme si de rien n'était ?
Écoutez, il y aura une décision de justice dans les jours qui viennent. Donc voilà, la justice va beaucoup plus vite en France. Et je suis heureux. On met beaucoup plus de moyens dans la justice. Mais là, entre autres, dans cette décision, ça ira aussi rapidement. On va être fixé dans quelques jours.
Et est-ce que cette décision de justice pourrait être l'occasion finalement de faire un remaniement qui permettrait de rebooster un peu les équipes, de remettre les choses en place ?
Encore une fois, ce n'est pas à moi de déterminer l'équipe gouvernementale. C'est au président de la République de décider qui doit être ça ou son Premier ministre, qui doit être ses ministres. Il compose une équipe qui lui semble la meilleure et c'est à lui de décider. Mais d'en rendre député, il y en a certains qui se verraient bien ministre. Vous savez, ça, c'est de la Ve République. Ça a toujours été comme ça. D'abord, j'ai eu la chance d'avoir des députés de très très bon niveau et donc je suis très heureux de travailler avec eux. Et voilà, après, ce n'est pas à moi de commenter. Encore une fois, c'est vraiment au président de la République de faire son équipe, de composer son équipe.
Le glyphosate, cet herbicide jugé cancérigène probable par l'OMS, a été réautorisé pour 10 ans par la Commission européenne qui a tranché, faute de consensus entre les États membres. La France était abstenue lors du vote. Donc, elle a soutenu implicitement cette décision de la Commission européenne, comme le pointe l'écologiste Yannick Jadot.
Il n'y aura pas d'interdiction s'il n'y a pas de solution. Nos agriculteurs ne peuvent pas se retrouver sans solution. Donc, interdiction quand on a une solution technique de remplacement. Moi, j'ai regardé les chiffres avant de venir vous voir. Moins 27% de consommation du glyphosate. Donc, on voit bien que les solutions alternatives sont en train d'arriver.
Pourquoi, dès 2017, Emmanuel Macron a parlé de remplacer le glyphosate sous 3 ans, de l'interdire sous 3 ans, alors s'il n'y avait pas de solution ?
C'est une démarche politique et ambitieuse extrêmement forte. On s'aperçoit au bout de 3 ans, vous l'avez dit, au bout de 3 ans, que nous avons pour plein de domaines pas de solution technique. Donc, qu'est-ce qui se passe si on n'a pas de solution technique ? Des agriculteurs vont devoir abandonner des productions. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va importer de la production qui est faite, elle aussi, avec du glyphosate, mais ça, elle viendra de Pologne, elle viendra d'Espagne. Nous, ce que l'on veut, c'est une solution pour nos agriculteurs. Nous, les différents centres de recherche cherchent des solutions culture par culture.
On va y arriver, nous sommes extrêmement volontaires là-dessus, mais, je le redis encore, nous n'abandonnons pas nos agriculteurs. C'est une question de souveraineté alimentaire aussi. Nous devons trouver des solutions, pas d'interdiction s'il n'y a pas de solution.
Il nous reste quelques secondes, Sylvain Maillard, vous êtes député de Paris et vous voulez réformer le mode de scrutin à Paris, à Lyon et Marseille, en vue des municipales de 2026, pour faire très rapidement, en gros, que les parisiens puissent voter directement pour leur maire, contrairement à ce que c'est aujourd'hui. Est-ce que c'est parce que vous n'avez réussi à gagner ni Paris, ni Lyon, ni Marseille qu'il faut changer le mode de scrutin ?
Le mode de scrutin que nous voulons changer, on déposera un texte dans les prochaines semaines, pour le changer et voter durant l'année 2024, il est simple, c'est un Parisien égale une voix, un Marseillais égale une voix, un Lyonnais égale une voix. Ben oui, ce n'est pas le cas à l'heure actuelle, parce qu'il y a un scrutin particulier pour ces trois villes. Et ce n'est pas une question de gagner ou pas de gagner. Nous, ce qu'on veut, c'est un maire, pour Paris, vous me prenez l'exemple d'un maire, une maire ou un maire de Paris, de tous les parisiens. Pour le moment, on a Anne Hidalgo, qui est maire de l'Est parisien.
Parce que le mode de scrutin, quelque part, ce qui va l'intéresser, c'est de gagner ses arrondissements à l'Est. Nous, on veut un maire de tout Paris. Et donc, nous avons besoin de changer le mode de scrutin. Et honnêtement, qui peut dire que dans l'ensemble des villes de France, il y a un mode de scrutin ? Mais Paris-Lyon-Marseille, il doit être différent. On comprend bien qu'il faut changer, c'est une rupture démocratique.
Il faut changer cette loi, vraiment très, très rapidement.
Courant 2024, pour qu'elle soit mise en place pour les élections de 2026. Sylvain Maillard, président des députés Renaissance à l'Assemblée, député de Paris. Merci d'avoir été l'invité. Merci à vous.
Sylvain Maillard