Clément Beaune - L'interview politique du 24/09/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez de cette réponse ? Est-ce que ce n'est pas du court terme finalement ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment que cette campagne présidentielle évoque ces grands sujets ?
- 4:23OuverteRéponse directe
Est-ce que la démographie est un sujet suffisamment traité dans le débat public ?
- 6:23OuverteRéponse directe
Pourquoi la défense et la souveraineté ne sont pas des sujets centraux dans la campagne ?
- 7:57OuverteRéponse directe
Est-ce que la France et l'Europe n'ont pas pris un retard insurmontable sur l'IA ?
- 9:58OuverteRéponse directe
C'était quoi votre objectif avec l'appel à une coalition de la droite anti-RN à la gauche anti-LFI ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueChiffre
« le gouvernement a annoncé lundi un nouveau chèque de 100 euros aux conducteurs qui utilisent leur voiture à titre professionnel. »
- 0:30Invité politiqueChiffre
« Les gros rouleurs, quelques 5,5 millions de Français pourront en profiter. »
- 0:50PrésentateurChiffre
« 85% des déplacements en France se font encore aujourd'hui par la route »
- 3:01PrésentateurChiffre
« le leasing social, ça permet d'avoir des offres inférieures à 100 euros par mois pour avoir des véhicules électriques. »
- 4:35PrésentateurFait
« En 2025, effectivement, pour la première fois, plus de décès que de naissances, pour la première fois depuis la libération. »
- 6:51PrésentateurChiffre
« Il y a 6 milliards d'euros supplémentaires, même plus de 6 milliards d'euros supplémentaires pour notre défense. »
- 9:38PrésentateurChiffre
« 700 à 800 milliards d'euros d'investissements supplémentaires chaque année pour toute l'Europe, publique et privée. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Clément Beaune21 %
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Bonjour
Clément Beaune. Bonjour. Vous êtes haut commissaire à la stratégie et au plan. Vous avez été ministre des transports, ministre délégué à l'Europe et également conseiller d'Emmanuel Macron à l'Elysée sur les questions internationales, européennes en particulier. Alors l'actualité c'est bien sûr la flambée des prix à la pompe. En réaction, le gouvernement a annoncé lundi un nouveau chèque de 100 euros aux conducteurs qui utilisent leur voiture à titre professionnel. Les gros rouleurs, quelques 5,5 millions de Français pourront en profiter. Qu'est-ce que vous pensez de cette réponse ? Est-ce que ce n
'est
pas du court terme finalement
? C
'est une réponse d'urgence mais on a besoin d'une réponse d'urgence dans une situation qui est catastrophique, difficile pour effectivement des millions de Français. J'ai été en effet mise des transports, je rappelle toujours ce chiffre, 85% des déplacements en France se font encore aujourd'hui par la route et des millions de Français ont besoin de la voiture pour aller bosser, pour aller déposer les enfants à l'école, pour en zone rurale, lécher le médecin, etc. Donc on ne peut pas isoler des millions de Français qui ont à court terme effectivement ce piège du carburant qui se referme sur eux. Ça ne
veut
pas dire qu'il faut abandonner, ça c'est notre mission au commissariat, à la stratégie au plan, le moyen terme, le long terme.
Et
donc je pense que c'est important qu'il
y ait
des réponses d'urgence. On voit bien à quel point la situation est compliquée et il
y a
de l'incertitude sur le fait que ça va durer longtemps. Enfin, on sait que ça va durer, on ne sait pas exactement combien de temps. Donc quand vous avez des professionnels, du BTP, des pêcheurs, des agriculteurs en particulier, plus toute une série de gros rouleurs, infirmiers, libéraux, etc., on doit aider. Et puis on doit aussi réduire cette dépendance.
Parce qu'on ne va pas à chaque fois
se dire, ah, on est dépendant des carburants, on n'est pas allé assez vite pour ce qu'on appelle la transition écologique, mais qu'en fait la sortie de cette dépendance concrètement, et c'est bon pour le pouvoir d'achat, il faut des dispositifs, par exemple pour encourager les véhicules électriques.
Alors justement, en
quoi
ces guerres, Ukraine, Moyen-Orient et leurs conséquences énergétiques, elles influent non seulement sur notre santé économique, mais elles devraient aussi nous inciter à trouver d'autres sources de développement, par exemple, électriques.
Mais là,
il
faut être cohérent, c'est-à
-dire
que tous ceux qui disent aujourd'hui que le gouvernement devrait faire plus sur l'aide au carburant, etc., vont demain oublier qu'en fait,
il
faut, entre deux moments de flambée, accélérer sur la transition écologique. Et souvent, cette incohérence caractérise le débat public. Et donc,
il
faut, dès maintenant, c'est ce que fait le gouvernement, accélérer sur l'électrification. C'est des mesures très concrètes, des bonus pour acheter des véhicules électriques, pour le leasing social, une aide supplémentaire.
Ça commence
à décoller un petit peu, d'ailleurs, on le
constate dans les chiffres de dernier mois. Et d'ailleurs, je vais
dire, heureusement et malheureusement, face à la flambée des prix, ça c'est la mauvaise nouvelle, mais le signal positif, c'est qu'effectivement, beaucoup de Français eux-mêmes constatent que l'électrique, ça peut être cher à l'achat, mais à l'usage, ça peut apporter des économies. Mais pour beaucoup de Français, c'est encore très compliqué de faire l'investissement dans le véhicule électrique. Et le leasing social,
c
'est ça, c'est baisser le prix d'achat des véhicules électriques pour que ça devienne de plus en plus quelque chose d'accessible aux ménages plus modestes et aux classes moyennes. Je rappelle, le leasing social, ça permet d'avoir des offres inférieures à 100 euros par mois pour avoir des véhicules électriques. Et contrairement à une légende, les véhicules électriques sont beaucoup plus souvent produits en France et en Europe que les véhicules thermiques. Donc, en plus, c'est bon à terme pour notre souveraineté et pour l'emploi industriel en France et en Europe.
Alors, au commissariat, au haut commissariat, à la stratégie, au plan, vous travaillez sur les grands sujets d'avenir, à la France de 2030, 2040, 2050. Il y a la démographie, à l'industrie, à la défense, la souveraineté, l'intelligence artificielle, bien sûr, on va en parler. Mais est
-ce
que vous avez le sentiment de manière globale que cette campagne présidentielle qui démarre évoque ces grands sujets
? Pas
assez. Bon, je vais quand même regarder le verre à moitié plein. J'ai remarqué que quand c'était il y a quelques semaines, maintenant la rentrée scolaire, on a beaucoup parlé d'éducation. Alors, en négatif, parce qu'il y
a
eu des tests PISA qui n'étaient pas bons pour la France, soyons clairs, mais aussi avec des propositions sur la baisse des effectifs. On a fait nous-mêmes une étude très complète là-dessus. Il n
'y a
pas une seule mesure magique.
J
'ai évoqué la baisse des effectifs,
la
revalorisation des professeurs pour rendre le métier plus attractif, les rythmes scolaires, les méthodes d'enseignement, il faut aussi le dire et mettre les pieds dans le plat, sont parfois en France décalées par rapport à celles d'autres pays européens plus efficaces en matière de maths ou de français, ou de lettres en tout cas. Et tout ça fait qu'on doit s'intéresser à ces sujets de long terme. La démographie, vous l'avez dit, je trouve qu
'on
n'en parle pas encore assez. Il faut le dire très franchement, c'est une transformation qui va durer. Oui,
parce qu'il faut
signaler aux auditeurs que pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale,
on
a eu un solde négatif, c'est-à-dire plus de déssectes de naissances. Et c'est un choc, même s'il était attendu.
En 2025, effectivement, pour la première fois, plus de décès que de naissances, pour la première fois depuis la libération. Mais ce n
'est
pas une mauvaise passe, ça va durer. On ne sait pas exactement avec quelle ampleur, mais toutes les projections montrent qu'en France, et d'ailleurs dans les autres pays européens, il va y avoir ce décrochage démographique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire la difficulté à financer nos retraites et notre modèle social. Ouvrir donc des débats qui sont difficiles, mais qu'il faut appréhender sur l'immigration économique, sur le temps de travail au long de la vie, et donc l'âge de la retraite. Tout ça,
on
ne peut pas l'éviter. Et j'espère que ce sera des sujets, effectivement, de l'élection présidentielle. Nous, on y prend toute notre part, pas en étant partisans, on n
'a
pas un programme, le plan n'est pas candidat, et moi non plus. Vous
êtes sûr ?
Parce qu'on
a déjà vu un certain nombre. Oui,
justement, je me suis dit que dans la période, c'était plus original de ne pas l'être, et sans doute aussi plus responsable. On a plutôt besoin d'une déflation, si je puis dire, du nombre de candidats, plutôt qu'une inflation, là aussi. Mais en revanche, c'est notre mission. On est, si je puis dire, payés pour cela.
C
'est notre mission de service public, de mettre sur la démographie, on l'a fait avec des propositions sur le congé de naissance, sur les places en crèche supplémentaires, en regardant ce qui marche à l'étranger, sur la question aussi de la transition écologique, beaucoup de propositions sur l'adaptation au changement climatique. Et je dis une chose, au-delà de la présidentielle, ne réagissons pas toujours en mode crise, collectivement. Là, on voit bien qu'on est sur la crise du carburant, et c'est important. On a oublié qu'on a vécu trois canicules consécutives inédites en France cet été et partout, même dans des régions qui étaient d'habitude pas touchées.
Et
donc, utilisons par exemple l'automne, c'est une de nos propositions, pour avoir des négociations dans les branches professionnelles, pour que quand il y
a
la prochaine canicule, parce que malheureusement, ça va aussi revenir, on soit organisé en termes d'horaire de travail, de façon de s'équiper. Ce n
'est
pas la même chose sur un chantier de BTP et quand vous êtes cadre bancaire dans un bureau climatisé. Tout ça, faisons-le maintenant. Et donc, c'est ça aussi le plan. Essayez d'anticiper, de faire des propositions concrètes.
Alors, on évoquait la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Il y
a
un gros sujet, bien sûr, c'est la défense, et en la matière, la souveraineté française et européenne. Et pourtant, vu ce contexte international, on n'a pas l'impression que c'est des sujets qui, pour l'instant, la campagne ne va encore durer que sept mois, mais qui ont été évoqués par les candidats. Oui, alors il y a
aussi une bonne nouvelle quand même, c'est qu'on a réalisé, je crois, tous, presque tous, les forces politiques, le débat public, qu'on devait investir en notre défense, que notre sécurité passait par un effort, y compris budgétaire.
On
voit bien le budget qui est très compliqué. Il y a 6 milliards d'euros supplémentaires, même plus de 6 milliards d'euros supplémentaires. Pour notre défense, ce n
'est
pas un luxe. On ne peut pas dire,
on
veut de l'autonomie, de la souveraineté, y compris par rapport aux États-Unis, sur l'équipement militaire. Regardez le monde tel qu'il est, regardons le Moyen-Orient, regardons la guerre en Ukraine qui se prolonge, et ne pas investir en la défense. Donc, il le faut. C'est une nécessité. Et j'insiste, c
'est
une nécessité de long terme. On a fait une publication sur la défense il y a quelques jours qui montre qu'il faut renforcer les coopérations industrielles de défense en Europe pour plus d'autonomie, mais qu'il faut que l'effort budgétaire de défense, on a une loi de programmation militaire qui a doublé notre budget de défense par rapport à 2017, mais il faudra aller au-delà de 2030, aller au-delà de 2035. Et même si demain, évidemment, on peut le souhaiter, il y a moins de conflits, le conflit en Ukraine, souhaitons-le, s'arrête. Ce
n'est
pas
le
chemin immédiat, mais même quand cela arrivera, cela arrivera un jour, il ne faudra pas de désarmer,
il
ne faudra pas réduire nos efforts de défense, il ne faudra pas, là aussi, être court-termiste en se disant « on est soulagé, ça va un peu mieux » et donc les menaces ont disparu. La menace russe, les conflits au Moyen-Orient et leurs conséquences quotidiennes sur le carburant et autres, ça va durer.
Et alors, il
y
a un grand sujet aussi qui a été d'ailleurs évoqué ces derniers jours à la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies, c'est l'intelligence artificielle,
l
'IA. Alors là, pour le coup, on a certains candidats qui s'en sont emparés avec chacun leur façon de voir les choses, de filles politiques. Mais est-ce qu'on se demande si la France et l'Europe n'ont pas pris un retard insurmontable et on se demande s'il n
'est
pas déjà un peu trop tard ?
Il y a un retard, mais il n
'est
pas trop tard. D'abord, il faut essayer de faire le maximum, ce n
'est
pas binaire, il n'y
aura
pas ceux qui ont l'IA entre leurs mains, si je puis dire. Effectivement, aujourd'hui, plutôt des puissances... La
Chine et les États-Unis pour ne pas les citer. Des puissances
chinoises et américaines et leurs entreprises, et puis les autres qui ne feront rien. Donc, on a évidemment la nécessité, l'impératif de soutenir un certain nombre de champions. On en a, je pense à Mistral, mais il y a aussi d'autres entreprises un peu moins connues qui deviennent des leaders mondiaux, une entreprise comme H, etc. J'étais à Vivatec il
y
a quelques semaines, au VH, par exemple, sur le stockage du jeu, c'est des champions européens et mondiaux. Donc, ne voyons pas non plus, n'oublions pas de voir non plus les succès français et européens. Maintenant, ça nécessite du soutien public, ça nécessite une culture du risque, ça nécessite du capital. Et donc, on ne peut pas vouloir absolument qu'on ait des champions de l'IA et défendre un matraquage fiscal, y compris sur ceux qui entreprennent. Et il faut qu'on étire aussi les meilleurs chercheurs du monde en France et en Europe. On a un moment qui n
'est
pas du tout commenté dans le débat public, qui est un peu technique, mais qui est
en
fait très important. On est en train de négocier un budget européen, pas seulement le budget français, un budget européen pour 7 ans. Il faut investir au niveau européen dans la défense, au niveau européen dans l'IA. Il y
a
ce fameux rapport de M. Draghi, l'ancien Premier ministre italien, qui
dit tout ça. Qui
préconisait d'ailleurs d'investir massivement dans ces secteurs.
Exactement, il a raison. Et il disait, pour donner quand même un ordre de grandeur qui donne un peu le vertige, 700 à 800 milliards d'euros d'investissements supplémentaires chaque année pour toute l'Europe, publique et privée. C'est énorme. Ne ratons pas ce coche, y compris par la dette commune européenne, par des programmes communs.
Alors, si on revient à la politique, vous avez récemment signé une tribune avec Philippe Grangeon, qui est un ancien conseiller et toujours proche d'Emmanuel Macron. À propos de la présidentielle, vous avez lancé un appel à une coalition de la droite anti-RN à la gauche anti-LFI. C'était quoi votre
objectif ? D'abord,
c
'est de tirer la sonnette d'alarme. Tout le monde le dit de manière un peu rapide, parfois légère. Il y a un risque, pour la première fois en France, d'avoir un parti extrémiste, d'extrême droite, arrivé au pouvoir. Il y a aussi un risque d'avoir au deuxième tour un affrontement entre deux forces extrémistes, d'extrême gauche, la France insoumise, et d'extrême droite, le Rassemblement national. Je pense qu'avoir ça pour notre pays, ce n
'est
pas une question d'image, une question de symbole, c'est catastrophique concrètement. Et donc, il faut se rendre compte que cette élection, on dit souvent, elle est un peu différente des autres, elle est inédite, etc. Elle est vraiment inédite. Ce risque existe vraiment pour la première fois. On peut et on doit tout faire pour l'éviter. Ce n
'est
pas juste du défensif, du rempart, du barrage. Il faut proposer des choses. C'est ce que j'évoquais à ma place sur ces idées de long terme, ces idées qui donnent un peu le goût de l'avenir. Mais ça veut dire aussi, politiquement, qu'il faut faire différemment. Tout le monde ne peut pas venir au micro des uns et des autres et dire, oui, c'est vrai, le risque est important, mais on va faire comme avant. C'est-à
-dire
qu'on va tous aller en ordre dispersé au premier tour. Puis le soir du premier tour, on verra bien, mais enfin, ça sera peut-être trop tard.
Concrètement, ça veut dire qu
'il faut au moins engager une discussion entre des gens qui effectivement ne pensent pas pareil, qui d'ailleurs continueront à ne pas penser pareil, mais qui sur l'essentiel et la conscience de ce danger-là sont d'accord. Et je pense que ça va, en gros, pour donner des noms, de Raphaël Luxman ou Jérôme Guelge à gauche jusqu'à quelqu'un comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse à droite. Je ne discute pas des bons et des mauvais points, mais on voit bien que cet espace politique, c'est des gens qui ne pensent pas pareil, évidemment. Moi, je suis plutôt au centre de cet espace.
Je
ne pense pas comme
ceux
que j'ai cités sur tout. Mais on a quand même l'essentiel en commun. On est des pro-européens. On a envie de défendre la laïcité. On a envie de défendre l'anticommunautarisme. On a envie de défendre une économie qui fonctionne, une société qui a un système social généreux, mais financé dans la durée, et donc faire des réformes importantes sur les retraites ou d'autres. Tout ça,
c
'est quand même un substrat commun qu'il faut défendre dans ce moment. Alors, tout le monde dit la coalition,
ça
ne marche pas. On n
'a
jamais essayé. Enfin, on n'a jamais essayé les extrêmes non plus. Je n
'ai
pas envie qu'on essaye. Donc, essayons de faire autrement.
Alors, sur le papier, bien sûr, votre objectif est tout à fait louable. Mais quand on voit que déjà dans votre espace politique et celui de renaissance, je rappelle que vous êtes membre du parti, enfin, sur l'espace macroniste, on va dire, on a déjà plusieurs candidats, en l'occurrence, Édouard Philippe et Gabriel Attal qui n'arrivent pas à se mettre d'accord. C'est compliqué.
Ça
vous inquiète, cette incapacité à se
rassembler ? Oui, il faut s'inquiéter. Mais j'espère, je crois, je connais un certain nombre de responsables politiques. J'ai agi à leur côté de cet espace, y compris Gabriel Attal et Édouard Philippe. J'espère qu'il y aura un sens des responsabilités. Je vais vous dire, les électeurs et les militants, mais les électeurs, les Français ordinaires, qui ne sont pas forcément très politisés, mais qui sont des citoyens qui s'inquiètent pour leur pays, le demanderont. Demanderont qu'il y
ait
un effort de responsabilité, que celui qui
est
le mieux placé soit soutenu par tous les autres. Et cet espace-là, il doit évidemment avoir un seul candidat. Mais moi, je vais plus loin. Je pense qu'il faut un candidat idéalement sur un espace plus large. Alors, on me dira, c'est illusoire, c'est compliqué, peut-être que c'est même pas bon parce qu'il faut du choix dans la démocratie. Très bien, mais on est dans une élection exceptionnelle. Prenons la mesure de cette gravité et agissons différemment. Et si ce n
'est
pas une coalition pour la présidentielle, il faudra de toute façon, j'en suis sûr, l'imaginer pour des élections législatives parce qu'il faut pouvoir agir après une présidentielle. Et donc, tout ça nécessite au moins de tenter quelque chose, au moins de discuter entre les gens d'un espace commun qui partagent des valeurs essentielles en commun.
Merci, Clément Beaune. Et je rappelle que vous allez prochainement publier un livre issu du rapport sur la France 2035-2050. On aura l'occasion de reparler tous ces sujets et notamment sur Radio-J. Merci et très
bonne journée à vous.
Clément Beaune