Florian Philippot "Je veux travailler avec tous les patriotes de gauche et de droite"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 38 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité cette semaine ?
- 9:02OuverteRéponse partielle
Vous souriez en entendant Jean-Luc Mélenchon s'adresser à ses ouvriers. Est-ce que vous avez toujours envie de prendre un café avec lui ?
- 14:44OuverteRéponse directe
C'est quoi les patriotes de votre mouvement ? Ils sont à gauche, ils sont à droite. C'est quoi la ligne ?
- 15:59RelanceRéponse directe
Comment vous existez par rapport à Macron qui se revendique patriote ?
- 17:34RelanceRéponse partielle
Le Front National a été vaincu sur la ligne Philippot qui consistait à dire on va sortir de l'euro. Vous le reconnaissez ?
- 19:02FerméeRéponse directe
Est-ce que vous estimez que la personne et le poids politique que vous représentez est suffisant pour fonder un nouveau courant politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron avance, il déploie ses réformes avec en réalité un seul ennemi lui-même. »
- 10:46PrésentateurFait
« Il devait être juste, vous n'y êtes pas habitué. »
- 11:44PrésentateurChiffre
« Vous êtes le président des Patriotes, un parti qui revendique près de 3000 militants. »
- 17:38Françoise FressozFait
« Le Front National a été vaincu sur la ligne Philippot qui consistait à dire on va sortir de l'euro. »
- 19:16Jeff VittenbergFait
« Vous n'avez pas été élu au législatif. »
- 21:59Françoise FressozFait
« Est-ce que vous ne vous obstinez pas dans une erreur en fait quand vous faites ça ? »
- 23:10PrésentateurFait
« Monsieur Macron lui-même a dit mon discours de l'Europe à la Sorbonne, je l'ai fait relire avant par la chancelière allemande. »
- 24:08PrésentateurFait
« Si on reconstruit une monnaie nationale, ce qu'il faudra, parce que sinon, on est condamné à vie à l'austérité et à vie à être un pays sous tutelle. »
- 26:49PrésentateurChiffre
« C'est un pays qui a 4,5% de chômage. »
- 35:46Invité politiqueFait
« Je ne suis pas là pour faire tourner une machine à 8-9%. »
- 36:06Invité politiqueFait
« Je suis persuadé qu'il y a une majorité de Français qui n'acceptent pas de voir leur pays se diluer. »
- 41:45Invité politiqueFait
« Il y a beaucoup d'électeurs déçus du Front National tel qu'il évolue aujourd'hui. »
Temps de parole
- Présentateur72 %
- Florian Philippot10 %
- Locuteur 86 %
- Locuteur 106 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité aujourd'hui est Florian Philippot, ex numéro 2 du Front National. Il est aujourd'hui président du parti Les Patriotes.
A 13h15, je vous donne rendez-vous pour le grand face-à-face de France Inter. Le duel polonique-luxman suivi du débat de la semaine. Mais que désigne le concept d'islamophobie ? On en parlera avec le fondateur du CCIF, Marwan Mohamed.
D'ici là, vos questions, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus sur Facebook Live et vous sur Twitter avec le mot-clé, questions pol.
France Inter, questions politiques, Alibadou.
Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Jeff Vittenberg. Bonjour Jeff. Bonjour Alie. De France Télévisions, Françoise Fressoz, du journal Le Monde. Bonjour Alie. Bonjour Françoise, ça va ? Très bien. Et bonjour Karine Bécard, de France Inter. Évidemment, merci de ne pas faire le marathon en roller aujourd'hui. Ce qui vous permet d'être avec nous pour cette émission. Et on va démarrer évidemment avec le tour de table. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine, Jeff ?
Eh bien cette semaine, je me suis demandé si Jean-Luc Mélenchon avait vraiment traité Manuel Valls de nazi. Le leader de la France Insoumise a démenti, mais plusieurs témoins sont sûrs d'avoir entendu ce terme. Et en tout cas, Jean-Luc Mélenchon a bien écrit récemment que Manuel Valls représente selon lui l'extrême droite, ses thèses ethnicistes. Vous vous souvenez aussi que le même Mélenchon avait estimé il y a quelque temps que c'est la rue qui avait abattu les nazis, comme elle a abattu le plan Juppé ou le CPE. On s'en souvient.
Dans un tout autre contexte, j'entendais il y a quelques jours un animateur de télévision dénoncer le signalement au CSA d'une scène diffusée dans son émission et dire qu'on se croirait en 1942. Et donc j'ai l'impression que le point Godwin, vous savez, cette référence à Hitler et à la seconde guerre mondiale qui est dégainée dès qu'une discussion s'envenime, et qu'on manque d'arguments, est atteint de plus en plus souvent avec deux conséquences. Ça lie une hystérisation du débat qui n'a rien de rassurant au vu du paysage totalement éclaté qui est sorti des élections de 2017.
Et ensuite, le regard sur les vrais crimes commis pendant la seconde guerre mondiale à force de les comparer à tout et n'importe quoi, je pense qu'on contribue à les banaliser.
Merci Jeff. Françoise, qu'est-ce qui vous a marqué ? Eh bien je me suis interrogé, qui est aujourd'hui en mesure de s'opposer à Emmanuel Macron ? Eh bien la réponse est en réalité personne, et la semaine qui vient de sa cheveu le démontre parfaitement. Personne. Les syndicats, trop divisés pour compter.
La rue, certes des mécontents s'expriment, mais cela ne ressemble en rien à la déferlante voulue par Jean-Luc Mélenchon. La droite, trop occupée à se choisir un nouveau chef, le PS, en panne de leadership. Alors Emmanuel Macron avance, il déploie ses réformes avec en réalité un seul ennemi lui-même.
« Je ne suis pas arrogant, juste déterminé », affirme-t-il dans un long entretien hebdomadaire allemand Spiegel, dans lequel il décrit les Français comme des monarchistes régicides diables. Ce soir, le roi parle sur TF1 et LCI, et si on le comprend bien, il a intérêt à nous convaincre pour ne pas risquer sa tête.
Ça c'est sûr, les téléspectateurs sont-ils régicides ? La France est régicide. Exactement. Karine ?
Écoutez, moi j'ai été bluffée par cette très très très très touchante image de nos candidats LR à droite. Ils sont quatre, ils sont beaux, ils représentent toutes les sensibilités. On a tout le monde, on a la droite dure, on a la droite modérée, on a le classique, on a même une femme. Même une femme ? Non, on n'en a pas à chaque fois, on a même une femme.
Et elle a un nom ?
Elle a un nom, elle s'appelle Florence Portelli. Non mais c'est merveilleux tout ça, alors c'est dommage, je trouve que ça cache malgré tout assez mal tout ce qui se passe à l'intérieur du parti. D'abord, on a Laurent Wauquiez qui est à nouveau rattrapé par ces démons frontistes, on a des exclus qui sont quand même toujours là, donc on se demande ce qui va se passer. On a donc des républicains, des constructifs, on a la France libre, et on a même depuis cette semaine, grâce à Christian Estrosi, la France audacieuse.
On a des députés à l'Assemblée sur le budget qui ont du mal à exister, à être entendus, parce qu'ils sont complètement bouffés, j'ai envie de dire, par le budget qui est proposé par Emmanuel Macron. Bref, on voit mal comment, dans quatre ans, cette droite va avoir réussi à se reconstruire, parce que malgré tout, c'est ce qu'on attend d'elle.
C'est sûr. L'invité de questions politiques ce dimanche, c'est l'ancien vice-président du Front National, aujourd'hui président du parti Les Patriotes, Florian Philippot, qui va nous rejoindre dans un instant. Beaucoup de questions à lui poser, vous vous en doutez. Bienvenue, Florian Philippot, merci d'être avec nous ce dimanche. On va vous poser des questions, mais d'abord, la première, c'est une tradition. Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité cette semaine ? Moi, ce sont les regrettables bisbis entre M. Macron et M. Hulot, si on en croit en tout cas la presse, alors que le sujet de l'environnement et de l'écologie devrait nous mobiliser tous à 100%.
Et c'est bien un sujet sur lequel on devrait éviter cette mise en scène. Alors, il y a des dossiers essentiels. Il y a l'affaire du glyphosate, qui, à mon sens, est un vrai sujet. Cette découverte d'un trou géant dans l'Antarctique qui laisse pour l'instant sur leur faim les scientifiques, mais qui inquiètent, évidemment, je crois, à 80 000 km². C'est assez inquiétant entre deux fois l'Île-de-France ou deux fois la Bretagne, trois fois l'Île-de-France même. Et voilà. Et je pense que... Voilà. Moi, j'avais plutôt salué l'arrivée de Nicolas Hulot au gouvernement. Et j'espère que... Oui, oui, bien sûr. J'espère que ça se traduira par un plus et non pas les éternels bisbis politiciennes.
On y reviendra justement, les bisbis politiciennes. C'est aussi ce qui anime la vie politique. Tout de suite, la semaine politique de Laurence Perron.
Alors, mesdames et messieurs, qu'attendons-nous pour s'indigner ?
En politique, c'est un sport de combat. L'indignation, la colère, les colères, les vrais, les surjoués et leur cohorte de sincères malhabiles et de virtuoses du Fokourou. L'Assemblée nationale est en général un excellent théâtre. Alors, on vous épargne la passe d'armes nazi-fasho contre islamo-gauchistes des deux ex-camarades socialistes, Valls et Mélenchon. Place aux députés insoumis François Ruffin versus le Premier ministre Edouard Philippe. Sanofi, le scandale de la Dépakine et la bienveillance supposée du gouvernement.
Sanofi refuse de participer au fonds. La firme en laisse l'entière charge à l'État. C'est le contribuable qui paiera. Je veux m'assurer que lors de ces rencontres avec Serge Weinberg, vous, le chef de l'État, votre porte-parole, vous avez défendu becs et ongles, la recherche, la santé, l'emploi, la justice contre les intérêts des financiers.
Merci, monsieur le député. La parole est à monsieur le Premier ministre. J'ai peur, monsieur le député, qu'une fois de plus, vous soyez en train de vous faire un film. Mais calmez-vous, monsieur Ruffin, vous êtes énervé. Calmez-vous, ça va bien se passer.
Ce n'est pas de la violence, c'est de la colère. Je ne sais pas pourquoi il y a des gens qui vivent plus ou moins dans l'indignation, dans la colère. Moi, je vis plus ou moins dans l'indignation et ça ne s'arrange pas.
L'indignation pas fin de celle-là, c'est celle des indépendantistes catalans, mardi soir à Barcelone, hallucinée par l'annonce d'une déclaration d'indépendance aussitôt suspendue.
Je suis vraiment très en colère. Deux millions de personnes ont voté oui à l'indépendance et finalement, il ne fait rien.
Depuis des semaines, Diana milite pour l'indépendance. Elle se sent trahi.
Ça fait plus d'une semaine qu'on occupe l'université. Je passe mes nuits là-bas. On doit faire face à la police. Tout ça pour rien. Maintenant, il parle de dialogue, mais avec l'Espagne et même avec l'Europe, c'est perdu d'avance.
Aux Etats-Unis, il leur a fallu des années avant que les victimes de celui qu'on appelait le porc a s'indigné.
À la une ce matin, elles ne se tairont plus. Les stars d'Hollywood accusent leur ancien bourreau. Le producteur de cinéma Harvey Weinstein accusé de viol et d'agression sexuelle par une douzaine d'actrices désormais. D'Angelina Jolie à Judith Godrech.
Mais il arrive que ces femmes se rebifent et rendent publiques de tels agissements. C'est ce que vient de faire ma fille, en même temps qu'Asia Argento, Angelina Jolie, Judith Godrech, Rosanna Arquette et plein d'autres, en dévoilant les turpitudes d'un tout puissant producteur hollywoodien, ce gros porc puant d'Harvey Weinstein, pour bien le nommer.
Antoine de Cônes, donc le père d'Emma, sur France Inter. Mercredi, colère et indignation encore des salariés de Lidl après la diffusion du reportage de Cash Investigation.
Le salarié a un problème de santé. Le médecin du travail le déclare inapte à son poste. L'entreprise doit alors proposer à l'employé un autre poste compatible avec son état de santé. On appelle ça un poste de reclassement. Mais si le salarié le refuse, il peut être mis à la porte. En 5 ans, Lidl a licencié 2196 salariés pour inaptitude. Et devinez combien Lidl en a reclassé ? 22.
Indignation en mode lyrique, lassé Jean-Luc Mélenchon au chevet des salariés d'Alstom à Grenoble.
Je suis excédé d'entendre ces petites têtes d'œufs sans arrêt nous bourrer le crâne avec leur entreprise. Ils ne savent pas ce qu'est une entreprise. Ils ne savent pas qu'une entreprise, avant toute chose, c'est un collectif humain. C'est de l'humanité. C'est du savoir. C'est de la beauté. C'est de la poésie que l'on ressent en soi, en voyant l'objet naître de ses mains. Il ne suffit pas d'aligner le pognon. Patronat débile. MEDEF juste bon à ramasser les subventions.
N'avons-nous pas bien d'autres rêves que les cauchemars qu'on nous propose pour cette France emprisonnée dans ses mouvements par son arthrose et qui fracture le grand changement.
Merci Laurence Perron. Une réaction, Florian Philippot. Vous souriez en entendant Jean-Luc Mélenchon s'adresser à ses ouvriers. D'abord, je le trouve pour le coup assez bon, je le reconnais. Après, il faut voir ce qu'on met derrière. Et là, je pense de vraies divergences. Parce que je reproche beaucoup à Jean-Luc Mélenchon de ne pas aller au fond des choses. Mais ce qu'il fait là, il faut le reconnaître, c'est plutôt sain d'aller voir les gens directement. Ce qui me faisait rire, c'était l'entreprise, c'est de la poésie en soi. Je peux vous demander si vous avez toujours envie...
Je crois que beaucoup des millions de salariés français aimeraient que ce soit ça, mais je pense qu'ils le vivent plus difficilement. Est-ce que vous avez toujours envie de prendre un café avec Jean-Luc Mélenchon ? Non, mais on peut y revenir très sérieusement. Le café était illustratif, mais Mélenchon, j'ai cité Wauquiez, je pense que c'était beaucoup d'autres. Je pense qu'il faut sortir d'une conception de la vie politique française où on entretient un climat artificiellement de guerre civile. Quand entre opposition avec un S au pluriel, on devrait pouvoir se parler, déjà, tout le temps, parce qu'on n'est pas ennemi, on est tous français, voilà.
Et même si on a des convictions très différentes. Et puis à des moments, par exemple sur la loi travail, ou sur une loi sur le terrorisme islamiste ou d'autres choses, on devrait pouvoir, pendant un mois ou deux mois, travailler ensemble entre opposition au pluriel, juste pour faire échec à une mauvaise loi, ou pour faire passer à autre chose. Puis ensuite, on reprend nos chemins. Voilà, je propose cela comme réflexion collective, puis on verra bien ce qu'on me répond. On va y revenir.
France Inter, Alibadou, questions politiques.
Et avec notre invité ce dimanche, Florian Philippot, président des Patriotes,
votre portrait mise à jour, Florian Philippot, par Karine Bécard.
Bonjour, Florian Philippot. Bonjour. Vous souvenez-vous, puisque vous êtes venu ici même l'an passé, vous souvenez-vous du portrait que j'avais dressé de vous ?
Non, à vrai dire. Dommage. Il ne devait pas être trop méchant, ni trop gentil.
Dommage, dommage, dommage.
Il devait être juste, vous n'y êtes pas habitué.
J'avais expliqué que vous étiez condamné, Florian Philippot, à obtenir sans cesse de meilleurs résultats électoraux. Et j'avais même osé préciser, je cite, que si Marine Le Pen n'arrivait pas en tête du premier tour de l'élection présidentielle, j'avais osé préciser que je ne donnais pas cher de votre peau. Vous reconnaîtrez que je ne me suis pas trompée. Avec 21% des suffrages exprimés, loin des 27 et des 30 qui avaient été annoncés, et puis après un piètre débat d'entre deux tours, vous n'avez effectivement pas tardé à sauter.
Parce que, trop complice avec la patronne du FN, trop proche, trop écoutée, et puis surtout, parce que votre ligne politique, initialement chevène ventiste, devenue sociale souverainiste au sein du Front National, n'a jamais fait l'unanimité. Donc, un peu contraint et forcé, disons que vous avez senti le vent tourner, vous, Florian Philippot, l'énarque surmédiatisé, vous vous êtes lancé. Et depuis 17 jours, précisément, vous êtes le président des Patriotes, un parti qui revendique près de 3000 militants. A titre de comparaison, c'est 100 fois moins que le mouvement d'Emmanuel Macron.
Bref, un drôle de pari tout de même, puisque jamais, absolument jamais, aucun numéro 2 du FN, une fois sorti, n'a réussi à s'imposer et à durer. Cela s'annonce compliqué pour vous aussi. D'abord parce que peu de cadres et peu d'élus frontistes vous ont suivis. Ensuite, parce que votre parisianisme, vous, l'habitué de Saint-Germain-des-Prés, vous a toujours tenu bien trop éloigné du terrain. Et puis enfin, parce que votre obsession sur les questions de souveraineté est en France assez peu partagée. Alors, comment réussirez-vous à exister, Florian Philippot ? Probablement en continuant à dire du mal de Marine Le Pen et de vos anciens camarades du FN.
Florian Philippot, j'allais vous dire, ouvrez un cabinet de voyance sur le début. Elle avait raison. Non, mais ça, c'était pas mal. Et vous auriez dû l'écouter et vous en souvenir. Après, je diverge. Une toute petite rectification. Les 300 000 adhérents d'En Marche, j'espère que vous n'y croyez pas. Pourquoi pas ? Vous, vous n'y croyez pas visiblement. Moi, je ne les vois jamais. Alors que 300 000, ce serait quand même beaucoup de monde.
C'est ce qui est revendiqué. Et vous vous en revendiquez, 3 000. On n'a pas vérifié non plus.
Vous en aviez 3 000. En Marche, il suffit de cliquer. Nous, on est à un peu plus de 3 500 d'ailleurs maintenant. Et c'est vraiment des patriotes. C'est-à-dire des gens qui adhèrent au mouvement que nous avons créé. Ce qui est pas mal. Vous savez, on n'a pas organisé de scission. On a déjà des dizaines d'élus, 3 euros députés. On a rejoint le groupe de M. Farage. On en est très heureux au Parlement européen. Et nous constituons ici et là des groupes régionaux. Beaucoup de partis plus anciens qui aimeraient déjà avoir ce palmarès. Mais pour le reste, je voudrais quand même déminer certaines choses. Oui, vous reprenez l'image de quelqu'un coupé, etc. C'est un peu ça quand même, non ?
Mais pas du tout. Enfin ça, ça a été construit par mes adversaires au sein du Front National. Je suis, j'ai fait le compte, je suis un des cadres élus du Front National qui faisait le plus, au contraire, de réunions publiques avec les militants, qui allaient le plus sur le terrain. Là, je reviens d'un week-end où j'étais à Fort-Bac et en Moselle. Donc pas votre fière. Et je peux vous dire que si tout, toute la Moselle Est, toute la Moselle Est a basculé vers les patriotes, élus quasiment tous. Toute la Moselle Est ? Mais quasiment, du point de vue des militants et des élus, à quelques exceptions près, ça n'est pas pour rien. Ce n'est pas simplement parce que...
Est-ce que vous me permettez quand même de donner un chiffre ? C'est qu'ils savent que je suis là, que je fais le travail.
Il y a 358, je crois, conseillers régionaux frontistes. Vous en avez une toute petite trentaine qui vous a suivi.
On a 31 pour l'instant. On en aura un peu plus demain. Mais attendez, moi, j'ai pas organisé... C'est moins d'un dixième. J'ai pas organisé de scission. J'ai pas passé mon été à passer des coups de fil. Je suis en désaccord avec le Front National. Et contrairement à ce que vous dites, je passe pas mon temps à dire du mal du Front National ou de Marine Le Pen. Je fais une analyse politique. C'est eux qui disent du mal. Eux, ils ont eu des propos parfois d'ailleurs très vulgaires. Moi, je fais une analyse politique mais j'ai tourné cette page. Je pars sans cœur. Je fais autre chose.
Et je pense qu'on veut aller vers un patriotisme crédible, un patriotisme moderne, un patriotisme qui puisse rassembler et qui puisse enfin gagner. Vous allez nous expliquer votre ligne politique et votre stratégie. Françoise Fresseuse, puis Jeff Wittenberg.
C'est quoi les patriotes de votre mouvement ? Ils sont à gauche, ils sont à droite. C'est quoi la ligne ?
On ne se place pas dans le clivage gauche-droite. Notre slogan... Ah, vous êtes macroniste, vous aussi. Mais ça, de toute façon, j'ai fait l'analyse, moi, dès bien avant, quand j'étais encore au Front National, que le clivage gauche-droite, je l'ai toujours considéré comme complètement dépassé. Décidément, c'est vraiment la mode. Mais non, mais vous savez, je soutenais Chevènement en 2002 comme simple militant. J'étais à HEC à l'époque, jeune étudiant.
Et maintenant, vous ne vous placez nulle part dans l'équipe et vous répondez déjà.
Je disais déjà, comme Chevènement à l'époque, d'ailleurs, qu'au-dessus de la gauche et de la droite, il y a la France. Notre slogan aux patriotes, c'est le meilleur pour la France. Parce qu'on pense justement... Ça pourrait être le slogan d'à peu près tous les partis. Ben oui, mais écoutez, moi, quand je vois d'autres partis qui, justement, on parlait tout à l'heure de climat de guerre civile, sont incapables, dès qu'on sort de leur couloir, soit la droite, soit la droite ou la droite dure ou je ne sais quoi, soit la gauche ou l'extrême gauche, sont incapables de parler à d'autres et d'essayer de fédérer les bonnes volontés. Je pense qu'au contraire, on est extrêmement novateur et moderne.
Mais effectivement, l'élection de Macron, de toute façon, a fait exploser le clivage gauche-droite. Macron ne s'est pas fait élire à gauche ou à droite. Mais Macron se revendique patriote.
Il se revendique patriote, défense des intérêts français, nouvel héroïsme politique de la France. Donc comment vous existez
par rapport à ça ? Moi, j'ai écouté son discours récemment de la Sorbonne sur l'Europe. Il a parlé effectivement de souveraineté, mais toujours pour lui accoler l'adjectif européen. Alors, il n'est pas souverainiste, il est anti-souverainiste. Quand on colle l'adjectif européen à souveraineté, ça veut dire qu'on ne laisse plus rien à la France, que tout sera décidé à Bruxelles et donc en réalité à Berlin. Ça, pour moi, c'est l'inverse du patriotisme. Alors, je ne sais pas ce qu'il y a au fond de son cœur, je ne le juge pas, mais je dis que la politique qu'il mène n'est pas conforme à la défense des intérêts supérieurs de la France et du peuple français.
Et je veux pouvoir montrer que le patriotisme, c'est tout sauf ringard, que le patriotisme peut s'intéresser aux grandes problématiques du 22ème siècle.
Où vous vous positionnez sur l'échiquier politique ?
Droit, mais vous étiez dans un parti d'extrême droite. Je ne suis pas d'accord avec cela. Tout l'effort qui avait été fait pendant des années et des années, moi je suis arrivé en 2009 auprès de Marine Le Pen et en 2011 comme cadre dirigeant du mouvement et élu, c'était un effort de professionnalisation et de décloisonnement. Que depuis quelques mois, ce parti fasse un retour en arrière extraordinaire... Aujourd'hui, le Front National est d'extrême droite. Non, je ne dis pas qu'il est d'extrême droite, parce que je n'aime pas, si vous voulez, je pense que ce n'est pas correct vis-à-vis des militants et des électeurs. Enfin, il faut désigner les choses par leur nom. Non, je pense que...
Vous avez peur d'un procès de Marine Le Pen si vous parlez d'extrême droite, c'est ça ? Je pense que c'est plus compliqué que cela. Je pense que c'est un parti qui a fait le choix de ne pas même essayer la victoire après le débat et le score décevant du second tour et qui a changé, sans le dire, d'objectif. Ce n'est plus la victoire, c'est la gestion d'une rente et l'exécutorale. Le Front National
a été vaincu sur la ligne Philippot qui consistait à dire on va sortir de l'euro. Ça, vous le reconnaissez quand même ? Pas du tout.
Absolument pas. Alors, il y a eu un inverse que le Front National aurait fait un moins bon score s'il n'avait pas suivi votre ligne ? Vous savez, ce que vous avez appelé la ligne Philippot, c'est-à-dire simplement de s'ouvrir à de nouveaux sujets et d'être clair sur certains sujets et pas simplement parler d'immigration, ça a mené entre 2009 et 2017 le Front National à des scores toujours plus élevés. Tout le monde le reconnaît. Il y aurait eu un débat normal, pas raté à ce point, Marine Le Pen aurait probablement fait 40 ou 41%.
Marine Le Pen la responsable de l'effet.
Non, je ne dis pas ça mais je dis que le débat a joué. Ceci dit, elle l'a reconnu elle-même plus tard, il faut le mettre, je le mets également à son crédit, mais le débat a joué à 5 ou 6 ou 7 points, il a fait baisser considérablement le score ce qui a entraîné des législatives bien moins bonnes que prévues. Mais ce que je dis, Florian Philippot, ce que je dis, c'est qu'avant cette fameuse ligne et ce professionnalisme et cette modernité qu'on a essayé d'apporter, le Front National avait tenté déjà d'exister que sur l'immigration, etc. Ça donnait un parti qui oscillait entre 7 et 15% dans les grandes années pendant 30 ans.
Donc il était beaucoup plus loin de la victoire que ne l'a été récemment le Front National. Ce que je constate, moi, ce que j'ai compris pas en temps réel, je l'ai compris à mes dépens peu à peu, puis après je me suis dit allez, je fais autre chose parce que je n'ai pas le goût de la politique alimentaire, je veux défendre des idées, c'est que le Front National faisait un retour en arrière tout simplement en faisant revenir d'anciens cadres maigretistes et en choisissant de se reconcentrer exclusivement quasiment sur l'immigration. Florian Philippot,
est-ce que vous estimez que la personne et le poids politique que vous représentez, Florian Philippot, c'est suffisant pour fonder un nouveau courant politique ? Est-ce que par exemple ce n'est pas un lourd handicap de ne pas être présent à l'Assemblée nationale puisqu'on le rappelle vous n'avez pas été élu au législatif ?
Nous n'avons pas de députés, nous avons des euro-députés, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux et des maires dans la ruralité. Est-ce que ce n'est pas là que se passe le débat politique en France malgré tout ? Écoutez, nous allons nous faire entendre. Moi je ne pense pas qu'il y ait simplement l'Assemblée nationale pour se faire entendre dans le débat politique français, surtout pas aujourd'hui, à l'ère du numérique, à l'ère des médias connectés entre eux, à l'ère quand même du terrain où les gens sont quand même...
Enfin la représentation nationale ça compte quand même
en démocratie. Bien sûr, mais on soif d'entendre de nouvelles idées et surtout des idées crédibles, rassembleuses, modernes, ouvertes. Mais je suis... Moi contrairement ce que vous avez dit à l'heure,
quel est votre espace politique entre par exemple les souverainistes de gauche qui incarnaient partiellement chez Jean-Luc Mélenchon ou dans le temps chez Jean-Pierre Chevènement avec Nupont-Aignan, avec le Front National ? Vous existez à quel endroit vous précisément ?
L'espace politique... Jeff, laissez le répondre et puis on va laisser circuler la parole. Tout simplement un patriotisme crédible et qui gagne. Mais ça vous nous le dites
depuis le début de l'éducation.
Je vais vous dire une chose très simple, c'est que là par exemple toutes les compétences qui étaient au Front National sont venues chez nous. Quasiment toutes les compétences économistes, les indiplomés... Il y a eu une fuite des cerveaux. Vous avez pris les meilleurs. Je dis que les compétences... Je dis que le Front National est aujourd'hui... Le Front National est en perte de repères idéologiques, ça chacun le comprend. Sur l'Europe, on ne sait plus ce qu'ils pensent et ils ne savent plus ce qu'ils pensent eux-mêmes. Mais ils ont abandonné et en perte de compétences. Mais simplement... Moi je ne suis pas simplement le souverainisme.
Je pense que le souverainisme, la souveraineté nationale, c'est un instrument indispensable à la démocratie. Sinon on fait des promesses mensongères. On fait du Sarkozy, du Hollande, du Macron et ça peut durer encore 30 ans comme ça. Nous sommes le patriotisme. C'est-à-dire que nous avons un projet derrière tout cela. Sur l'école, sur la santé, sur les questions régaliennes, sur les questions de politique étrangère, d'économie, d'emploi, de retraite, etc. qui est remplie. Mais qui n'est pas patriote ? On en a à droite, on en a à gauche, on en a partout. Moi je ne juge pas les gens au fond de leur cœur. Je pense que l'immense majorité des Français sont patriotes et aiment leur pays.
Donc il n'y en a partout et ils ne sont pas prêts à... C'est pour cela d'ailleurs que nous pouvons être parfaitement rassembleurs. Je regarde simplement les responsables politiques. Quand ils sont au pouvoir, est-ce qu'ils mènent, oui ou non, une politique patriote ? D'après vous ? Je dis qu'une politique qui tourne le dos non seulement à la souveraineté française, donc l'indépendance du pays, mais aussi à la défense d'une identité nationale où on laisse le communautarisme, pas sur ce qui est la beauté du rayonnement et de la culture vivante française.
Une politique qui tourne le dos à la justice sociale, moi je suis désolé, on est à l'inverse du patriotisme parce qu'il y a l'amour et il y a les preuves qu'on en donne. Et ce qui m'intéresse le plus, ce sont les preuves qu'on en donne. Mais dans la preuve
que vous donnez le plus, effectivement, et donc du coup je reviens sur cette sortie de l'euro, est-ce que vous ne vous obstinez pas dans une erreur en fait quand vous faites ça ? On voit bien que les Français, par exemple, quand on observe un petit peu et ce que vous faites beaucoup, les études d'opinion, les sondages, etc., les Français redoutent cette sortie de l'euro. Donc est-ce que vous ne faites pas une erreur stratégique ? En basant votre souveraineté ?
Je veux dire, si on devait faire de la politique, enfin beaucoup le font comme ça, vous avez raison, mais faire de la politique en regardant un sondage, en disant, bon bah puisque ça, c'est encore majoritaire... On fait tout ça un peu.
On a peut-être ça qui a fait que Marine Le Pen a fait un mauvais score à la présidentielle. C'est parce qu'elle disait on va sortir de l'euro et que les sondages ont montés que les Français n'avaient pas. On a fait un candidat
du Front National à la présidentielle. Mais donc, il faut relativiser. Mais ceci dit, si on regarde les sondages, on dit, ah bah cette idée-là, elle n'est pas encore majoritaire, mais rien n'avancerait jamais. Rien n'avancerait jamais. Il y a des idées qui n'étaient pas majoritaires qui le sont devenues. Moi je dis, c'est pas sortir, c'est reconstruire une monnaie nationale, une monnaie destinée à l'emploi et à la justice sociale. Une monnaie qui offre de l'indépendance au pays, qui fait qu'on n'est pas obligé tous les quatre matins. C'est peut-être compliqué à comprendre parce que c'est pas immédiat.
Mais il faut que les Français comprennent que le fait d'aller chercher leurs ordres, que leurs gouvernants aillent chercher leurs ordres chaque matin... Mais ça c'est les Français qui ont déjà été convaincu par cette proposition. Non, non. Monsieur Macron lui-même a dit mon discours de l'Europe à la Sorbonne, je l'ai fait relire avant par la chancelière allemande. Mais oui,
parce qu'il veut bouger l'Europe avec la chancelière. Non, il a dit
pour éviter qu'il y ait des malentendus. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Mais ça veut dire qu'il veut refaire l'Europe en coopérant avec l'Allemagne.
Vous pensez que la chancelière allemande fait relire ses discours avant par Macron ? Non, mais en tout cas, on ne construit pas l'Europe tout seul. Donc c'est normal qu'on aille voir effectivement son partenaire. Je suis pour quelque chose qui fonctionne. Cette Europe-là, elle va dans le mur, elle est allée dans le mur. Mais qui est pour quelque chose qui ne fonctionne pas ? Ceux qui continuent avec ça. Ils prouvent qu'ils veulent que ça ne fonctionne pas puisqu'ils continuent avec les mêmes traités, les mêmes instruments. Il faut que je puisse développer une idée. On veut simplement une coopération libre entre nations. Mais parfois, il n'y aura que deux pays, parfois dix.
Parfois, on le fera avec des pays qui ne sont pas d'ailleurs en Europe parce qu'il ne faut quand même pas se couper des États-Unis, de la Russie, du Canada, du Japon, de la Corée, tout ce que vous voulez. Il faut qu'on puisse discuter, travailler sur des projets extrêmement concrets.
Vous n'êtes de fait plus dans la zone euro, M. Philippot. Donc vous n'êtes pas dans un... De toute façon,
si on reconstruit une monnaie nationale, ce qu'il faudra, parce que sinon, on est condamné à vie à l'austérité et à vie à être un pays sous tutelle il faudra reconstruire une monnaie nationale. Mais ça peut se faire et ça doit se faire de manière organisée. Moi, je suis, nous sommes favorables aux patriotes à un Frexit organisé. Qu'on prenne une décision politique... Frexit, en référence au Brexit, donc à une sortie de l'Union européenne. Une indépendance et qu'on construise à côté de cela une Europe des nations. Ceux qui vous disent, interrogez-les, ceux qui vous disent depuis 30 ans, je veux réformer l'Europe, changer l'Europe, faire une autre Europe, etc.
Comme le dit maintenant le Front National. Mais qu'est-ce qu'ils ont changé ? Comment veulent-ils même changer ? Ils ne le peuvent pas, ils le savent bien. Donc ça, ça s'appelle des mensonges. Moi, je ne suis pas dans le mensonge. On ne peut pas avec cette Union européenne-là. On fera autre chose. Mais aujourd'hui, redonnons une liberté au peuple français et redonnons-lui une perspective de s'en sortir. Sinon, il va continuer à déprimer. Vous ne souhaitez pas
vous adapter au verdict des électeurs qui, clairement, ont dit qu'ils ne voulaient pas sortir de l'euro lors des dernières élections.
Et très majoritairement. La question n'aura jamais été posée. Et méfiez-vous... Elle faisait partie du programme de Marine Le Pen à l'époque. Et à ce moment-là, ils ont dit non aussi à la maîtrise de l'immigration. Alors, à ce moment-là, vous savez que le total dévoi des souverainistes, des candidats souverainistes au premier tour de la présidentielle n'a jamais été aussi élevé qu'en 2017. Mais ils sont à l'appétit d'une majorité pour sortir de l'euro. Je compte... Effectivement, on peut discuter du terme. Mais je compte Marine Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan, Asselineau, voilà. Mélenchon, même quand que Marine Le Pen, Asselineau ? Il avait un discours très critique.
Après, il est plein d'incohérences sur l'Europe. Parce que lui, il a un problème de fond avec le concept même de nation. Ce que moi, je n'ai pas du tout. Moi, je pense que la nation est un concept très moderne et indispensable. Mais méfiez-vous de ces raisonnements-là. Il n'y a pas eu de référendum. Vous savez, trois mois avant le référendum sur la Constitution européenne en 2005, le oui était donné gagnant à 65%. Il y a eu une campagne, il y a eu un débat, le non a gagné à 55%.
Même s'il a été trahi, y compris Macron veut le trahir jusqu'au bout puisqu'il veut imposer le drapeau de l'Union européenne et l'hymne de l'Union européenne qui était pourtant dans ce traité noir sur blanc qui avait été rejeté par les Français. François Spressoz.
Vous parlez d'un Frexit organisé. Quand vous regardez ce qui se passe aujourd'hui en Grande-Bretagne, c'est-à-dire le bilan du Brexit où on voit un gouvernement britannique extrêmement faible, des négociations qui traînent en longueur et finalement une incertitude pour la Grande-Bretagne, est-ce que vous ne dites pas il faudrait peut-être que je révise mon jugement ?
Parce que de toute façon, quoi qu'il se passe, quoi qu'il se passe, les médias français diront que ça se passe très mal ? Mais ce n'est pas une question de médias, c'est une question de réalité. Vous dites le Brexit, le bilan du Brexit. Il y a six mois, quand je vous expliquais que le chômage baissait, vous me disiez le Brexit n'a pas commencé et maintenant, vous dites le bilan de Brexit. Donc en fait, à chaque fois, vous changez votre point de vue pour que ça tombe au même résultat. Non, je suis désolé. Qu'est-ce que vous voyez positif dans le Brexit en ce moment, par exemple ? C'est un pays qui est en train de retrouver sa liberté, c'est déjà pas mal.
Quand vous n'êtes plus en prison et que vous sortez de la prison, alors évidemment...
Et ça se matérialise comment ? Enfin, je veux dire, comment on peut trouver un bilan positif en ce moment sur ce qui se passe en Angleterre ?
C'est un pays qui a 4,5% de chômage. C'est un pays...
Je ne suis pas certaine que tous les enfants... Le modèle en l'ancien règle correspond à vos choses.
Non, d'accord, on ne prend pas tout, mais on aimerait en être là quand même. C'est un pays à aller à Londres. Ça bouge infiniment plus qu'à Paris ou dans les grandes villes françaises. Il n'y a pas du tout l'apocalypse qu'on nous avait annoncé. Et puis, évidemment, que ça va se faire sur l'OTAN. Il n'a jamais été dit que le Brexit se ferait comme ça, comme se ferait d'ailleurs le Frexit, en un claquement de doigts. Les traités européens prévoient une période de deux ans. Eh bien, il faut le faire de manière organisée. Mais moi, je dis toujours de poser la question à ceux qui ne veulent pas bouger. Ceux qui veulent... Ils vous promettront le patriotisme économique.
Ils vous promettront la maîtrise de l'immigration. Mais comment feront-ils ? Comment feront-ils ? Si, notamment sur l'immigration, nous n'avons pas de frontières, le système européen, nous sommes obligés d'obéir au juge de la Cour de justice de l'Union européenne qui remet les gens dehors très facilement. Parce que c'est très laxiste. Comment feront-ils ? Ils ne le pourront pas. Et alors, ils vous diront on fera une autre Europe et puis vous croyez que ça intéressera quiconque. Non, la seule voie possible que nous avons, c'est celle d'un Frexit organisé. Mais derrière, il faut y mettre un projet politique extrêmement précis. Moi, je pense que...
Mais vous voyez que vous parlez de l'immigration. Vous disiez que le Front National ne parlait que de ça. Mais finalement, vous y revenez à l'immigration et aux questions d'identité. Il est presque midi 33. Est-ce que vous avez le sentiment que je ne parle que d'immigration depuis 30 minutes ? Non, vous n'en parlez beaucoup. Mais vous l'amenez, c'est le deuxième sujet que vous traitez après l'heure. Je viens d'en parler pour la première fois.
Mais ceci dit, je pense et j'assume que c'est un gros sujet qu'il ne faut pas passer à côté, qu'il y a des problèmes d'assimilation, qu'il y a des problèmes de chaos économique et il y a des problèmes de ghettoïsation et d'islamisme qui progressent notamment au détriment des droits des femmes. Et je ne veux pas passer à côté de ce sujet-là, mais je veux le traiter extrêmement sérieusement, y compris en remontant sur les pays d'origine, l'Afrique notamment. Je crois beaucoup, moi, à un plan d'électrification, celui de Borloo.
J'en parle parce que je l'ai rencontré et je le trouve très crédible, son plan, qu'il puisse fixer les populations sur leur continent d'origine parce qu'on peut parler aussi de ce qu'on fait en France, mais il ne faut pas oublier ce qu'on va faire là-bas. Sinon, on parle un peu dans le vide. Vous êtes sur la même ligne que Jean-Louis Borloo, européen, convaincu qu'il n'a absolument pas le même point de vue sur l'immigration. Quand est-ce que vous l'avez rencontré ? Je l'ai rencontré deux fois. Une fois au Parlement européen il y a un peu plus d'un an et la deuxième fois, il y a trois mois, on a discuté. Il m'a présenté son plan, son projet sur l'électrification de l'Afrique.
Et non, je ne suis pas en accord avec tout ce que dit Jean-Louis Borloo, mais les auditeurs, les téléspectateurs, eux, l'avaient compris, je crois. Je ne parle que d'un projet extrêmement concret.
Jeff ? Pour en revenir sur le Front National, vous dites qu'il a changé de ligne depuis que vous êtes parti. Vous avez dénoncé notamment le retour en force des identitaires, le retour de l'expression français de souche dans les communiqués.
Non, pas dans les communiqués, dans une campagne de communication du FNJ. En tout cas, ces identitaires, moi j'ai envie de vous demander, ils n'étaient pas là
lorsque vous étiez numéro 2 du parti ? Vous les censuriez à l'époque ou c'est vous qui vous censuriez ?
Vous avez dénoncé, etc. Ce sont des journalistes qui m'interrogent et je réponds à une question. On m'a précisément, je n'ai pas fait de communiqué ou d'expression politique particulière là-dessus, qu'un changement de ligne et ce n'est pas constaté que par moi, c'est constaté par vos collègues qui font des papiers en ce moment à tirer l'arigot sur ce sujet-là. Le FN a clairement tourné le dos à l'indépendance nationale et c'est d'embellificoter tout le monde sur l'Union européenne.
Vous dénoncez le fait qu'ils reparlent de français de souche par exemple.
Moi j'ai constaté, vous savez, c'est moi qui validé les communications avant. Moi le FNJ m'aurait mis cette espèce de campagne sur des propos de députés de la France insoumise avec d'ailleurs des faux Daniel Obono masculin, Daniel IEL, c'était ni fait ni affaire et avec des choses. Donc il s'est radicalisé. Je rappelle quand même que Marine Le Pen elle-même disait en 2015 qu'il ne fallait pas employer cette expression et je la comprends parfaitement. On est français, point.
Donc c'est retour en arrière, c'est le vieux Front National qui revient.
C'est un retour en arrière mais à la limite c'est leur affaire maintenant. Ça va se voir très vite. Vous n'êtes pas parti
depuis très longtemps et du coup ces identitaires, vous pouvez les quantifier, ils sont nombreux
Non, moi j'ai dit simplement on m'a posé une question sur un identitaire qui a pris la vice-présidente d'un groupe. Mais vous n'êtes pas sorti
depuis très longtemps du Front National et il pèse quel poids exactement finalement au Front National
ses identitaires ? Je pense que ce n'est pas la question centrale. La question centrale c'est que depuis le mois de mai il y a une dérive progressive de ce parti que moi j'ai essayé d'être...
Une dérive vers quoi ?
Vers un retour en arrière, vers une concentration sur la seule question de l'immigration qui est très importante mais on ne peut pas parler que de cela et puis ils ont déstructuré peu à peu leur projet notamment sur l'Europe en le déstructurant il est évident en parlant maintenant d'un traité simplifié comme Sarkozy en 2007 c'est exactement la même expression ça a donné le traité de Lisbonne je le rappelle par exemple en reculant sur le glyphosate en maintenant en voulant une baisse de l'ISF alors que dans le projet présidentiel il y avait un maintien de l'ISF Vous vous voyez Jean-Louis Borloo je crois que je vois cela
j'analyse des faits
des faits mais sans... moi je ne suis pas là pour cracher à la figure de quiconque mais moi je suis passé à autre chose c'est tout Vous êtes passé à autre chose pourquoi n'êtes-vous pas tout simplement resté puisque vous aviez la maîtrise de la ligne idéologique vous aviez quand même un poids considérable au Front National je ne l'avais plus du tout pourquoi ne pas être resté tout simplement et défendre vos idées au sein du Front National non non je ne l'avais plus et dès le premier tour de la présidentielle vous savez certains maigrettistes des lieutenants de Maigret comme le beau-frère de Marine Le Pen étaient revenus et avaient déjà
une influence très considérable beaucoup de gens au Front National ne voulaient pas de Philippot et c'est ça que vous avez senti
je serais resté si j'avais eu le sentiment qu'on continuait sur une voie de professionnalisation et d'ouverture ce qui n'a pas été le cas mais je pense qu'on a besoin en France urgemment maintenant d'un patriotisme crédible moderne ouvert moi je ne suis pas là pour faire un parti régimenté je pense qu'on a à prendre des expériences du terrain là on a nommé nos premiers référents départementaux ce que je leur demande c'est de trouver des contacts culturels associatifs économiques politiques sur le terrain de rencontrer tout le monde je pense que c'est une nouvelle culture qu'il faut apporter
pourquoi la greffe n'a pas pris pour répondre à la question de Françoise pourquoi la greffe n'a pas pris entre vous et le Front National les cadres les élus on sent bien qu'humainement vous n'avez pas réussi à vous imposer dans ce parti pourquoi ? est-ce que vous avez commis des erreurs
et si oui lesquelles ?
avec certains cadres oui parce qu'ils étaient là depuis très longtemps et qu'ils ne voulaient pas que ça bouge et ils m'ont toujours vu comme une espèce d'intrus je ne suis pas naïf là dessus je l'ai toujours su mais à la limite tant qu'on pouvait avancer ça fait partie de la vie humaine avec les militants je ne suis pas du tout sur cette analyse là je ne suis pas dit les militants mais oui certains cadres non mais quand on dit le Front National certains cadres aujourd'hui disent se répandre sur les plateaux de télévision pour dire qu'il était déconnecté des militants etc ces propres cadres ces cadres là étaient arrivés loin derrière moi au dernier congrès dans le vote des militants donc un tout petit peu est-ce que comment vous avez
commis des erreurs est-ce que vous reconnaissez avoir commis quelques erreurs d'avoir été trop proche de Marine Le Pen de ne pas avoir
justement aujourd'hui où en êtes-vous avec Marine Le Pen peut-être que je suis arrivé dans un parti sans connaître bien sa culture son mode de fonctionnement bien sûr que j'ai fait des erreurs mais comme je pense qu'on en fait tous et j'ai peut-être été un tout petit peu naïf de croire qu'on pourrait avancer, avancer, avancer sans qu'à un moment le vieux démon qui grattait à la porte et bien revienne les vieux démon c'est étonnant que vous repreniez cette expression là quand vous étiez au Front National vous la rejetiez à la face de ceux qui la prononçaient et aujourd'hui vous la repreniez à votre compte moi je disais beaucoup de choses en interne beaucoup en interne oui et beaucoup vous auriez dû les dire sur les médias je suis loyal je suis loyal je suis pas là pour étaler sur la place publique loyal mais pas sincère vis-à-vis de ceux qui vous écoutez et quand vous parlez dans les médias ou quand vous êtes vous savez moi quand je pense qu'on peut améliorer quelque chose en interne j'essaie d'en parler en interne avant de le déballer sur la place publique et moi quand j'ai vu revenir certaines personnes que j'avais connues un tout petit peu en arrivant en 2009 puis qu'il y avait auprès de Marine Le Pen puis qu'il y avait disparu j'en étais très heureux je les ai vu revenir fin 2016 de qui parlez-vous ?
comme le beau-frère de Marine Le Pen il n'y a pas que lui alors il est très très très très influent aujourd'hui très influent je crois qu'il fait toute la communication du parti mais pourquoi lui particulièrement ? son retour a changé complètement le parti en grande partie oui il écrit tous les discours je le signale aujourd'hui d'accord est-ce qu'à vos yeux
Marine Le Pen est encore légitime pour porter le Front National et est-ce qu'elle est encore légitime pour être candidate à la prochaine présidentielle ?
ce n'est plus du tout mon sujet ils ont un congrès ils ont des statuts c'est aux adhérents de le décider et moi vous savez je ne encore une fois j'ai travaillé 8 ans avec Marine Le Pen je ne suis pas là pour être désagréable elle a été largement avec moi même dans des termes extrêmement brutaux et qui m'ont surpris je ne la reconnaissais pas c'est la vie politique Florian Philippot oui oui on peut avoir là aussi je pense qu'il faut un peu de modernité on peut avoir je ne quitte pas une secte enfin j'espère on peut avoir un désaccord politique quitter un mouvement politique et puis passer à autre chose sans tomber dans l'invective humaine vous voyez personnelle je trouve ça je ne comprends pas le rapport on peut très bien dire on est en désaccord politique c'est le retour des vieux démons ?
on aura le débat démocratique mais on peut très bien ne pas tomber dans l'invective personnel ce qui est ridicule
vous n'avez plus de relation
avec elle aujourd'hui ? non je n'en ai plus avec elle aujourd'hui et plus jamais ? si elle vous tend la main vous pourriez très bien retourner travailler avec elle ?
ah non on a dans le cadre actuel c'est un projet politique qui ne me convient pas moi je ne suis pas là pour faire tourner une machine à 8-9% je suis là pour créer avec d'autres parce que dans la discussion je pense qu'il faut rencontrer et travailler avec tous les patriotes de gauche ou de droite de bonne volonté il faut les voir et voir ce qu'on peut faire ensemble et là je suis persuadé que le projet patriote en France il est majoritaire je suis persuadé qu'il y a une majorité de français qui n'acceptent pas de voir leur pays se diluer du point de vue de sa culture de son modèle économique de ce qu'il incarne comme voie dans le monde et vous voyez moi je suis profondément gaulliste il y a des pages sublimes du général de Gaulle sur la définition du patriotisme je les reprendrai dans des discours à venir parce que je pense qu'elles illustrent parfaitement ce qu'est notre projet qui est très moderne et vous étiez à l'aise
pour défendre le gaullisme au Front National je l'étais tout à fait
et vous savez je n'ai jamais renié mes convictions dès la première année que j'y suis arrivé j'ai maintenu l'idée d'aller tous les ans le 9 novembre à Colombay et j'irai de nouveau le 9 novembre à Colombay
avec notre invité
le président des Patriotes Florian Philippot vous nous parlez depuis tout à l'heure des alliances possibles du dialogue que vous voudriez installer pourquoi tout simplement ne pas rejoindre l'UMP ou les Républicains de Laurent Wauquiez qu'est-ce qui vous sépare finalement de la ligne qu'il défend dans la course à la présidence de son parti mais tout nous sépare mais tout c'est pas si évident la croix de Lorraine nous sépare la croix de Lorraine l'égolisme aujourd'hui ce parti là a trahi consciencieusement ce qu'était normalement la France c'est-à-dire un pays libre un pays souverain un pays qui défend de certaines valeurs et il a laissé notre pays partir à la dérive à tout point de vue alors moi je veux bien entendre j'entends des discours de campagne Sarkozy nous a fait le coup en 2006 il avait des discours d'ailleurs que vous qualifieriez plus à droite encore ou plus à droit du point de vue électoral que Laurent Wauquiez aujourd'hui mais on a bien vu que ça donnait le Karcher est resté à la cave et que ça donnait la poursuite d'une politique terrible ultra libérale et sans efficacité rien de commun avec la ligne Wauquiez c'est une ligne avec ce qu'il dit aujourd'hui je peux trouver des choses communes mais je crains que ce soit dans l'insincérité
non mais il y a des choses communes mais je dis
ça ne m'empêcherait pas encore une fois de pouvoir le voir discuter et dialoguer avec lui parce que je pense que c'est bon pour tout simplement l'intérêt national l'intérêt général qu'on puisse se parler et peut-être sur certaines idées ponctuelles avancer ensemble mais bien sûr que non aux républicains je n'y ai rien à faire pour le coup
il essaye d'incarner une ligne un peu droite populaire qui ressemble à votre droite sociale à vous vous pourriez apporter votre ligne souverainiste vous pourriez avoir des choses malgré tout à dire parce qu'en ce moment vous êtes pris en tenaille vous allez avoir Marine Le Pen d'un côté Laurent Wauquiez de l'autre il y a même Nicolas Dupont-Aignan qui est sur le même créneau politique que vous comment vous allez réussir à exister
en défendant mes convictions mes idées vous savez moi je ne pense pas qu'on soit de trop être dans le patriotisme et je pense que nous avons nous une cohérence une modernité de l'approche sur tous les sujets qui rend le projet politique que nous portons aux patriotes extrêmement attractif vous ne répondez pas à Karine Becker est-ce qu'il est différent entre vous et Debout la République et Nicolas Dupont-Aignan à part des questions de degré il y a quelques divergences il y a quelques divergences il y a quelques divergences y compris d'ailleurs sur la question européenne je pense qu'il est sur une ligne plus réformiste enfin en tout cas dans le discours mais moi je pense être là dessus plus clair mais après on a beaucoup de points de convergence et donc on doit pouvoir travailler ensemble et donc vous refusez
toutes les mains tendues
peut-être qu'il est plus libéral économiquement moi autant je suis vraiment pour la liberté d'entreprendre et je pense qu'il faut encourager les créateurs de start-up d'innovation en France de petites entreprises qui sont insuffisamment aidées mais je pense qu'on a vraiment besoin d'un état protecteur et que ces protections industrielles commerciales sont indispensables et vous savez une des premières protections ça s'appelle la monnaie nationale quand vous voyez
au sein du parti les républicains sens commun qui est l'éménation du mariage pour tous prenez l'élaboration d'une plateforme commune avec Marion Maréchal Le Pen est-ce que vous pensez que c'est une bonne démarche ?
je crois qu'ils sont complètement revenus là dessus si je ne me trompe pas je crois que c'est le président de sens commun qui avait dit cela et dans un communiqué sens commun a démenti totalement
en tout cas il y a un débat vous pensez est-ce que ce serait une bonne chose ?
d'abord c'est pas mon affaire je suis ni à sens commun ni Marion Maréchal Le Pen mais vous voulez dialoguer avec tout le monde donc pourquoi pas avec Marion Maréchal et par ailleurs je crois que ça ne se fait pas du tout au contraire ce qui prouve que l'union des droites dont on parle depuis 40 ans vous n'y croyez pas ?
je n'y crois pas une seule seconde parce que je pense que ça n'a pas de sens idéologique que si on raisonne en droite et en gauche déjà on met Macron où premièrement et deuxièmement comment on le combat si on ne sait même pas où il est comment on propose autre chose et l'union des droites on peut en parler on peut se faire plaisir pendant 40 ans on peut en parler ça fait 40 ans à peu près qu'on en parle et puis ça n'aboutit jamais par contre faire travailler des gens qui ont à coeur la France d'où qu'ils viennent ça je suis persuadé que c'est possible parce que ça correspond bien à l'histoire de France où vous avez à des moments le peuple français qui dit non stop ça suffit on en a marre ça suffit il faut faire autrement après sur sens commun j'ai l'occasion je ne suis pas du tout à la question
qu'on se pose depuis le début
une vision passéiste
depuis le début de cette émission on est avec vous qui viendra chez vous est-ce que ce seront des électeurs déçus de Marine Le Pen est-ce que ce seront des électeurs qui ne se satisfont pas de ce que dit Jean-Luc Mélenchon encore une fois on ne sait pas bien qui pourrait être intéressé
par votre projet vous savez nous avons 15 jours d'existence 17 17 on est le 24 septembre donc vous devez avoir pour moi 16 mais bon vous avez raison allez je vous mets 17 jours si vous voulez on s'adresse à tout le monde à tout le monde parce que l'OF est déjà très large oui bien sûr qu'il y a beaucoup d'électeurs déçus du Front National tel qu'il évolue aujourd'hui bien évidemment et beaucoup d'ailleurs nous ont déjà rejoints mais je suis persuadé qu'il y a des insoumis qu'il y a des électeurs qui peut-être et c'est peut-être les principaux eux en termes de nombre qui ne votaient plus qui ne votaient plus parce qu'ils disaient attendez on nous prend pour des billes on nous dit n'importe quoi en permanence on nous fait de fausses promesses ou alors trois mois après avoir dit quelque chose en période électorale on dit l'inverse et qu'ils vont de nouveau avoir le goût de voter le goût de s'impliquer comme citoyens français voilà on s'adresse à tout le monde encore une fois je crois que l'amour du pays et l'idée de de faire quelque chose de la France ça reste une idée très majoritaire en 2017
peut-être pour descendre dans le concret au début de l'émission vous disiez sur certains projets de loi notamment le projet de loi contre le terrorisme il pourrait y avoir des majorités de patriotes dites nous exactement
ça serait quoi votre majorité de patriotes sur le projet de loi qui vient de passer sur la sécurité
moi je pense que ce projet de loi il a un double inconvénient il est d'abord laxiste parce qu'il n'y a rien si vous voulez sur des choses fondamentales il y a des choses que je garde par exemple la faculté de pouvoir fermer plus facilement des lieux de culte radicaux donc des mosquées radicales ce qu'il faut fermer qu'il faut fermer d'urgence ça je pense que c'est bien il faut le garder mais il y a si vous voulez il manque des choses fondamentales sur la reconnexion du renseignement avec le terrain les moyens du renseignement la coopération mondiale dans le renseignement l'idée d'avoir des frontières que la France n'a plus mais vous ne répondez pas à Françoise Préceuse et deuxièmement il est liberticide d'un autre point de vue donc il n'y a vraiment que des inconvénients parce qu'il va faire reculer l'autorité judiciaire sur certains sujets qui touchent aux libertés publiques aux libertés individuelles fortes et Saint-Affal essaie de passer ça comme ça quand on a accroché à notre constitution française
c'est quoi la coalition
Philippot en l'occurrence vous savez je ne suis pas certain autorité parlementaire si vous parlez bien de cela numérique par contre qu'il y ait des bonnes volontés qui puissent à un moment proposer une alternative moi je l'espérerais j'ai entendu je vous parle très concrètement j'ai entendu Mme Portelli je crois que c'est une des candidates la candidate d'ailleurs la seule femme mais un des candidats à la présidence des républicains dire des choses Mme Portelli je la connais très peu à vrai dire mais je l'avais entendu très peu jusqu'ici dire des choses très justes sur le communautarisme l'avancée du fondamentalisme dans certains quartiers contre les droits des femmes alors si elle est sincère si elle est cohérente alors on doit pouvoir par exemple travailler sur ce sujet là avec elle et d'autres avec elle mais pas avec Laurent Wauquiez jour d'élection aujourd'hui en Autriche pourquoi pas avec Wauquiez mais il se trouve que elle je l'ai entendu sur ce sujet là et je l'ai trouvé convaincante peut-être aussi parce qu'elle a moins de passé politique que Wauquiez Wauquiez Wauquiez a été ministre alors j'ai plus de mal à le croire jour d'élection aujourd'hui en Autriche l'extrême droite et le FPO est haut dans les sondages d'instention de vote elle pourrait faire alliance avec la droite au VP de Sébastien Courts pourquoi ce qui se profile en Autriche ne serait pas possible ici en France déjà si vous voulez je pense qu'on ne peut pas comparer les contextes nationaux et les programmes nationaux je ne suis pas d'ailleurs spécialiste du FPO et de ce qu'il propose exactement pour l'Autriche je ne sais pas si on peut d'ailleurs les classer à l'extrême droite parce qu'ils ont été déjà en coalition avec des socialistes là-bas ils ont déjà géré des régions ensemble avec le parti socialiste autrichien voilà donc moi je souhaite le meilleur à l'Autriche qu'est-ce que je vous dise de plus j'espère qu'ils pourront qu'ils pourront voilà que les Autrichiens pourront se choisir une vraie alternative mais pas extrémiste et je ne crois pas que enfin je pense que ce parti a beaucoup évolué a tenté de se moderniser ceci dit il ne fait plus partie de nos alliés puisque nous avons changé de groupe on est oui vous êtes avec avec nos trois eurodéputés Mireille Dornano et Sophie Montel dans le groupe de Nigel Farage EFDD qui eux pour le coup sont plus libéraux économiquement donc c'est vrai que c'est assez compliqué de s'y retrouver c'est un groupe assez varié parce qu'il y a aussi le mouvement 5 étoiles italien qui n'est pas du tout libéral en tout cas il y a un point commun fort c'est que nous sommes tous dans une démarche d'indépendance nationale alors beaucoup l'attendait le président de la république Emmanuel Macron va donc donner sa première interview télévisée ce soir sur TF1 à ce sujet question de Jeff Wittenberg alors le président de la république
a donné une première interview à un magazine allemand pour dire d'abord qu'il n'était pas arrogant est-ce que pour vous il est est-ce que c'est arrogant de vouloir tenir les promesses pour lesquelles il a été élu est-ce que c'est arrogant de vouloir redonner du lustre à la fonction présidentielle ou de faire entendre la voix de la France
Florian Philippon ça non ça c'est très souhaitable et sur le reste redonner du lustre elle en a besoin je pense notamment par le septennat redonner un peu de hauteur et de temps au président de la république quinquennat non mais justement par une réforme qui serait moi j'avais voté lors du référendum contre le quinquennat mais qu'est-ce que vous pensez de son exercice alors est-ce que vous le trouvez arrogant vous ?
alors par contre oui je le trouve condescendant vous savez il y a des choses qui s'expriment assez naturellement qui sortent comme ça quand il parle d'illettrés quand il parle de ceux qui ne sont rien quand il parle des gens qui foutent le bordel alors qu'il parle quand même de salariés en lutte enfin GMS quand il il y a eu beaucoup de dérives les alcooliques etc ça c'est un oui il a parlé des alcooliques du bassin minier du nord etc pendant la campagne présidentielle ça fait beaucoup le costard ça fait beaucoup et c'est quand même ça dessine un personnage je pense qu'il y a quand même une condescendance et l'idée toujours que sa pensée serait trop complexe pour être comprise par les français certains d'ailleurs monsieur Castaner le porte-parole disait parce qu'en fait il est plus cultivé que les français donc bon tout ça ça transpire quand même beaucoup la condescendance donc on va dire peut-être l'arrogance alors s'il vient ce soir simplement pour expliquer des choses parce que les français seraient un peu trop bêtes pour comprendre sa pensée trop complexe alors ça va être une catastrophe ça ne sert à rien si les français sont en désaccord de plus en plus avec lui c'est qu'ils sont en désaccord sur le fond c'est qu'ils n'attendent pas la hausse de la CSG la baisse des aides la loi travail etc il leur a donné une majorité à l'Assemblée nationale je ne sais pas si je suis d'accord et il se trouve qu'aujourd'hui
peut-être qu'abas ont dit
beaucoup de français qui avaient voté peut-être pour un nouveau un vent d'air frais un renouvellement voilà et je peux le comprendre mais qui n'avaient pas bien regardé le projet découvrent la baisse des aides au logement la loi travail toutes ces horreurs et ils sont en désaccord avec ça c'est pas parce qu'ils ne sont pas compris ils sont en désaccord et ils veulent autre chose la légitimité du suffrage universel elle ne vaut pas que le jour de l'élection elle vaut pour le temps du mandat et en l'occurrence pour 5 ans oui bien sûr sur le mandat bien sûr vous avez raison je ne remets pas en cause le fait que Emmanuel Macron soit notre président de la république je n'ai jamais aimé d'ailleurs les expressions pas mon président etc parce que c'est comme ça mais je pense qu'on peut qu'on n'élit pas quelqu'un simplement pour 5 ans et qu'on lui donne un blanc-seing c'est pour ça que moi j'essaie de proposer des instruments je suis très favorable au référendum d'initiative populaire il faudra le mettre dans la constitution vous savez ce qui existe en Suisse ou en Italie oui Marine Le Pen le défendait pendant la campagne présidentielle oui et il se trouve que vous vous réunissez des signatures de citoyens et c'est par exemple 500 000 au niveau national et c'est vous qui déclenchez un référendum sur des sujets mais aussi une pratique du référendum classique qui vient du président de la république beaucoup plus courante ça fait 12 ans en France qu'il n'y a pas eu de référendum national est-ce qu'il y a mis en moi
dans ce qu'a fait le président de la république depuis quelques mois un dossier où vous lui dites ça c'est bien
j'avais salué la nationalisation des chantiers navals lorsque Finkan Thierry est l'italien mais ça n'a pas duré longtemps alors j'étais heureux de pouvoir saluer quelque chose et puis malheureusement il a fait complètement machine arrière de manière un peu incompréhensible d'ailleurs deux mois plus tard puisque l'italien est quand même devenu majoritaire et qu'il a finalement accepté le rachat de ce joyau industriel français c'est le seul bon point c'était le seul non mais moi je veux dire qu'il réinvestisse des lieux symboliques comme Versailles le Louvre l'exercice du pouvoir
vous plaît
moi je trouvais ça je trouvais ça très bien si c'est pas que de la com c'est-à-dire si derrière il y a une vraie politique ambitieuse de rayonnement français est-ce que sur sa politique étrangère de rayonnement culturel de promotion et de défense de notre patrimoine magnifique est-ce que lorsqu'il prend
le contre-pied de Donald Trump à la tribune de l'ONU lorsqu'il envisage de se rendre à Téhéran au moment où Donald Trump veut dénoncer l'accord iranien est-ce que là vous le saluez par exemple ?
Oui je suis plutôt d'accord avec lui sur l'affaire iranienne je pense que Donald Trump a tort de réouvrir ce dossier alors qu'il y avait un accord et peut-être même de le violer dès maintenant par certains propos il y avait un accord qui me semblait Donald Trump c'était le candidat soutenu par le Front National quand même pendant la pas soutenu mais on avait dit je vais aller jusqu'au bout on avait dit qu'il valait mieux lui qu'Hillary Clinton parce qu'il était moins belliciste bon bah on s'est peut-être trompé parce qu'effectivement il a il a des propos parfois inutilement il met de l'huile sur le feu en Corée du Nord au Venezuela et là en Iran je dis pas que l'accord est parfait en Iran il faut y travailler il faut toujours être très vigilant sur ces sujets là mais là je pense qu'il a une démarche qui était inutile Karine Becker Politiquement tactiquement vous reconnaîtrez quand même qu'il est très fort finalement il coince tout le monde il a coincé tous les partis traditionnels les partis habituels il est même en train de coincer sérieusement les syndicats donc il a presque envie de dire effacer tout le monde
il ne reste plus qu'Emmanuel Macron en ça tactiquement c'est quand même assez réussi
personne n'a jamais contesté son intelligence et bien sûr oui il a été fort il a été très soutenu aussi il ne faut quand même pas totalement refaire l'histoire il a eu beaucoup de soutien bancaire soutien médiatique des relations très importantes qui l'ont beaucoup aidé pour vendre ce rêve aux français pendant la campagne présidentielle maintenant il est quand même aussi de plus en plus contesté sa popularité s'est effondrée comme jamais on avait vu dans la 5ème république donc on ne peut pas dire que les français ne sont pas en train d'ouvrir les yeux je pense qu'ils ouvrent les yeux et qu'il y a un écran de communication souvent habile mais la preuve lui-même qu'il soit obligé de faire cette grande interview sur TF1 ce soir peut-être montre que ça ne fonctionne plus si bien que ça et qu'il va falloir passer à un autre projet sur le fond est-ce qu'il en sera capable j'en doute il reste une minute Françoise Fresseuse
pour bien comprendre votre projet vous votre stratégie c'est les européennes de 2019 c'est ça votre premier test électoral
de fait ça le sera puisque sauf dissolution ce seront les premières élections nationales à venir et nous serons évidemment présents je ne sais pas encore sous quelle forme en tout cas nous aurons des candidats après j'espère qu'on pourra faire qu'il pourrait y avoir une représentation souverainiste patriotique la plus rassembleuse possible parce que ce sont des élections fondamentales
mais est-ce qu'il n'y a pas l'idée que finalement Macron pourrait réussir à faire bouger l'Europe parce qu'il y a quand même une conjoncture parce que peut-être Merkel va dire oui parce que Juncker veut bouger est-ce que vous n'imaginez pas qu'il puisse y avoir des avancées en Europe d'ici là
il a fait une tournée en Europe de l'Est sur la directive détachement des travailleurs qu'il faudrait abroger mais pour pouvoir l'abroger il ne faut pas simplement dire on va l'abroger parce qu'on n'a pas le droit de le faire là il faut changer complètement les choses et donc organiser le Frexit et ça s'est révélé
mais il n'est pas évident qu'elle soit en mesure d'exister jusqu'au bout
il n'a rien obtenu d'ailleurs lui il n'est pas pour la fin de cette directive il est pour une énième réforme et il a même entraîné des crises diplomatiques en ayant des propos très imprudents sur les uns et sur les autres donc non ça fait 30 ans qu'on nous dit on va essayer de faire bouger l'Europe et plus on dit cela plus la France est faible et plus c'est le chancelier ou la chancelière allemande qui décide à peu près de tout il va falloir trouver une autre stratégie parce que sinon on n'y arrivera pas Merci infiniment Florian Philippot Bien d'avoir été l'invité de Questions Politiques merci à tous les trois je vous retrouve dès 13h15 pour le grand face-à-face de France Inter avec évidemment le duel Natacha Polony Raphaël Glucksmann à tout de suite
Florian Philippot