COMMENT ILS NORMALISENT LE RN : ON A ANALYSÉ 64 INTERVIEWS
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44FerméeRéponse directe
On vous a vu en couverture de Paris Match cette semaine en photo avec une jeune femme présentée comme votre compagne. Avez-vous donné votre accord à ces photos ou ce sont des photos volées ? Allez-vous porter plainte contre Paris Match ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Vous venez d'annoncer votre candidature à la présidentielle ce soir à la ville. Vous êtes en couple avec Léa Salamé, présentatrice du 20h de France 2. Elle a clairement annoncé se mettre en retrait du 20h si vous étiez candidat. Cette candidature c'est une décision prise à deux.
- 2:52RelanceRéponse partielle
Pourquoi ne pas avoir fait l'inverse ? Pourquoi ne pas avoir dit c'est moi qui vais renoncer à mon ambition pour qu'elle puisse continuer à présenter le 20h ?
- 3:33RelanceÉludée
Retraite, agriculture, voile, service public et j'en passe. Mais pas une seconde consacrée à ces drôles de photos.
- 5:01OuverteRéponse directe
Vous assumez de cibler uniquement les musulmanes et pas par exemple les religieuses catholiques ni les hommes par exemple de confession juive qui portent l'akipa ?
- 5:44RelanceRéponse directe
Comment vous faites ? Est-ce que c'est carré cette fois ? parce qu'en 2022, Marine Le Pen avait bien eu du mal à à l'expliquer.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:44Fait
« Comment vous faites ? Est-ce que c'est carré cette fois ? parce qu'en 2022, Marine Le Pen avait bien eu du mal à à l'expliquer. »
- 6:21Fait
« Mais est-ce que vous pouvez me citer un pays en Europe ou dans le monde qui interdit le voile dans l'espace public ? »
- 9:57Fait
« Comment ça se passerait si c'était adopté pour faire enlever le voile dans la rue ? Qui s'en charge de faire enlever le voile ? »
- 12:50Fait
« Interdire le voile et la quipa dans la rue, est-ce que c'est pas une forme de provocation dans ce contexte de tensions intégristes ? »
- 15:01Fait
« Le salafisme est-ce que vous l'interdisez ? Est-ce que vous considérez que ça fait partie un courant de pensée aussi néfaste soit-il ? »
- 15:39Fait
« Comment vous interdisez un courant de pensée au cinéma que ce soit-il dans un pays ? »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
En politique, être accusé de mettre en scène sa vie privée, c'est toujours gênant. Enfin gênant, ça dépend pour qui. Plantons le décor. Raphaël Gluxman et Léa Salamé s'embrassent sur une plage Corse. La photo est publiée par Paris Match Mute. Avec cette légende, le débatteur et l'interview se réduisent tendrement au silence. Les réactions sont immédiates. On se moque d'une fausse paparazzade tellement le cadrage, la lumière, la pause semble préparé. Vrai ou fausse paparazade ? La question reste ouverte. Aucune plainte contre l'hebdomadaire people n'a été officialisée à ce jour, mais il existe un précédent troublant pour comparer. En avril, Jordan Bardella et sa compagne
des deux Siciles étaient eux aussi photographiés en Corse par le même magazine. Et là, contrairement à Gluxman, Bardella avait été interrogé frontalement sur la question par Léa Salamé. Dernière question. On vous a vu en couverture de Paris Match cette semaine en photo avec une jeune femme présentée comme votre compagne. Avez-vous donné votre accord à ces photos ou ce sont des photos volées ? Allez-vous porter plainte contre Paris Match ? Donc vous saviez que les photographes étaient là et vousz d'accord et vous étiez d'accord pour cette séance de photos. Nous l'avons assumé bien sûr. Et c'était votre manière d'officialiser les choses comme l'ont fait avant vous Nicolas Sarkozy ou Carla Bruni par exemple au fond au Rassemblement national aujourd'hui vous faites comme
les autres. Voilà comment on interroge une possible mise en scène cache sans détour jusqu'à comparer directement avec SarkoZi et Carla Bruni. Cinq questions, aucune esquive permise. Bardella a dû s'expliquer publiquement sur l'authenticité de photos pas vraiment volées. Alors quand Raphaël Gluxman annonce sa candidature à la présidentielle fin août sur TF1 en couple avec la présentatrice du 20h de France 2, on s'attend à minima à la même question. Vous venez d'annoncer votre candidature à la présidentielle ce soir à la ville. Vous êtes en couple avec Léa Salamé, présentatrice du 20h de France 2. Elle a clairement annoncé se mettre en retrait
du 20h si vous étiez candidat. Cette candidature c'est une décision prise à deux. Si Audrey Crespomara pose la question du couple, c'est uniquement sous langue du sacrifice professionnel de sa collègue Léa Salamé, mais sans jamais évoquer les photos de Paris Match ni une possible opération de communication, une carte postale à la papa façon Sarkozy Bruni, comme dirait sa collègue Léa Salamé. De son côté, le service public pousse encore plus loin la question sur le sacrifice professionnel de Léa Salamé. C'est méritoire et c'est Benjamin Duamel qui s'y collent. Il s'avère qu'on est sur le plateau du 20h de France 2 ici qui est le plateau qu'occupait il y a encore quelques semaines votre compagne Léa Salamé. Euh
elle a dû se mettre en retrait du fait de votre de votre candidature. Pourquoi ne pas avoir fait l'inverse ? Pourquoi ne pas avoir dit euh c'est moi qui vais renoncer à mon ambition pour qu'elle puisse continuer à à présenter le 20h ? On a évidemment beaucoup échangé et moi j'ai je sais l'impact qu' avait ma décision sur sa vie. Ça veut dire que si vous n'y arrivez pas, vous aurez des regrets de l'avoir contraint à ce sacrifice. Mais il arrive vraiment dans la vie de chacun un moment où vous devez aller au bout de vos combats. Benjamin Damel s'arrête juste avant la limite que Salamé elle-même n'avait pas hésité à franchir avec Bardella. Pas un mot sur Paris Match, sur la mise en scène, sur l'authenticité des photos, rien de tout ça. Restait une dernière chance de se
rattraper, de sauver l'honneur journalistique sur BFM et RMC. Mais sur les 22 minutes d'interview, Apoline de Malerbe a tout balayé. Retraite, agriculture, voile, service public et j'en passe. Mais pas une seconde consacrée à ces drôles de photos. Rien nada sur cette curieuse coïncidence entre une vie privée étalée sur papier glacé et le lancement d'une campagne électorale. Pas un mot. Trois grandes interviews, trois occasions mais zéro questions sur la possible mise en scène de son propre couple, là où Bardella avait dû répondre frontalement sans échappatoire possible. Et cette
indulgence sur les petites choses en dit long sur la manière dont certains médias traitent aussi les grandes choses. D'ailleurs, au même moment, un autre sujet occupe les plateaux, la proposition du Rassemblement national de sanctionner par une amende le port du voile dans l'espace public. Dans ce nouvel épisode de la VAR, on va justement s'intéresser au cadrage journalistique de cette proposition d'interdiction du foulard islamique. Une mesure qui constitue, selon les juristes, une rupture avec les principes républicains de liberté religieuse et de non discrimination. On va voir les questions que les journalistes posent aux politiques sur ce sujet et celles
qu'ils oublient de poser comme pour Gluxman. C'est parti. Fin août sur BFM, Jean-Philippe Tangui a confirmé que le RN sanctionnerait le port du voile par une amende s'il arrivait au pouvoir. Ce n'est pas une nouveauté. La mesure figure dans le programme présidentiel de Marine Le Pen depuis 2012. Ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce n'est donc pas la proposition elle-même, mais comment on en a parlé ? Vous assumez de cibler uniquement les musulmanes et pas par exemple les religieuses catholiques ni les les hommes par exemple de confession juive qui portent l'akipa parce que l'akipa ou d'autres signes mais il y a aussi des signes liés à la religion ou aux confessions musulmanes qui ne posent aucun problème.
Jordan Bardena lui-même qui est quand même le patron de votre parti a dit que cette mesure était compliquée à mettre en œuvre. Comment vous faites ? Est-ce que c'est carré cette fois ? parce qu'en 2022, Marine Le Pen avait bien eu du mal à à l'expliquer dans ce crois qu'elle avait pas du tout eu de mal. Mais est-ce que vous pouvez me citer un pays en Europe ou dans le monde qui interdit le voile dans l'espace public ? Dans le monde, il y en a qui l'ont fait et qui malheureusement Mais aujourd'hui vous avez un pays à nous citer ? Non mais parce que personne ne lutte activement contre l'islamisme. Peut-être que c'est parce qu'il y a une raison. Non trois relances en quelques minutes sur l'incohérence du ciblage entre religions, sur l'absence de précédent international sur la faisabilité
policière. C'est un travail de contradiction. Pourtant, à aucun moment la journaliste de France Info ne prononce elle-même les mots discriminatoire ou islamophobe. Tangi est mise en difficulté sur la cohérence de la mesure, mais jamais sur sa nature discriminatoire pour ne pas dire raciste. Et ce n'est hélas pas un cas isolé. Alors à l'avare, on a voulu vérifier si cette curieuse façon de questionner se retrouvait ailleurs. Pour ça, on a conçu un outil, un corpus de 64 interviews politiques diffusés dans les matinales sur une semaine de TF1 à France Info, de France Interre à RTL, de
BFM à C News, de Sudradio à France 2. Le tout à partir de transcription numérisée. Et voici les résultats sur ces 64 interviews politiques. 23 séquences journalistiques abordent directement l'interdiction du voile ou l'amende annoncée par le RN. Journaliste employant lui-même le mot discriminatoire raciste ou islamophobe. Zéro froid sur 23. Question ou relance sur les conséquences concrètes : ciblage, femme visée, rôle de la police, faisabilité, liberté, humiliation. 15 fois sur 23 soit 65 %. Question neutre ou descriptive 8 fois sur 23 soit 35 %. 23 fois les journalistes ont mis sur la
table l'interdiction du voile ou l'amende annoncée par le parti d'extrême droite, mais pas une seule fois, il ne l'ont eux-mêmes qualifié de discriminatoire, de racistes ou d'islamophobes. Mais 15 fois les journalistes ont parlé de ces effets. L'amende, les contrôles de police, les femmes visées, la liberté de choix. On voit très bien les dégâts que ferait cette mesure. Mais le mot qui permettrait de nommer le problème dans son ensemble, discriminatoire ou raciste, ces mots-là, personne ne les prononce. C'est un peu comme si on décrivait minutieusement une maladie mais sans jamais vouloir dire son nom.
Ce sont les invités politiques qui emploient ces mots. Manon Auri parle de discrimination religieuse. Alexis Corbierre parle de racisme d'État. François Picmal parle d'une attaque islamophobe, mais jamais dans la bouche de celui ou celle qui pose la question. Comme si nommer clairement un problème n'était plus le travail du journaliste, mais simplement celui du militant. Or, par leur silence, les journalistes abandonnent l'essence même de leur métier. Dire le réel, dire ce qu'ils voient. Ils le feront faesse. Ils le feront faesse. Donc en fait, vous aurez euh et bien une situation où vous avez une tête d'arabe, soyons cache, vous
êtes arrêté et on vous met une amende. Mais c'est c'est quoi ce ce pays ? C'est le pays qu'on veut. Interdire voile dans l'espace public pour moi, c'est même une discrimination euh euh religieuse. Obsessions islamophobes qui consistent à dire à donner des injonctions aux femmes sur la manière dont elles so elles doivent s'habiller. C'est juste insupportable. Une majorité si elle impose à une minorité des choses, c'est une discrimination. C'est une oppression. Vous voyez le type de pays dans lequel on va basculer, c'est une ignominie et c'est contraire à nos principes. Tout ça n'a rien à voir avec la laïcité. C'est une xénophobie d'état, un racisme d'état. Ces mots existent bel et bien dans le débat public, mais ils circulent uniquement de politique à politique,
jamais du journaliste vers l'invité. Et sur TF1 dans sa matinale, le même schéma se répète. Comment ça se passerait si c'était adopté pour faire enlever le voile dans la rue ? Qui s'en charge de faire enlever le voile ? La police municipale, la police nationale ? Vous avez les effectifs suffisants de policiers, il s'occupe du narcotrafic. des refus d'obtempéré, des incivilités, des agressions, des atteintes aux personnes et donc ils vont aller enlever le voile et mettre des amendes. La loi, c'est la loi. Vous pensez vraiment Louis Alot qu'en mettant une amende à une femme qui porte le voile, vous allez régler le le la lutte contre l'idéologie islamiste ? Alba Ventura pousse Louis à Lioot dans ses retranchements sur l'amende, sur la police, sur le type de
femme concrètement ciblé dans la rue. C'est un cadrage qui ne s'intéresse qu'aux conséquences, qu'à la faisabilité. Mais là encore, ni discrimination, ni racisme, ni islamophobie ne sont prononcé. Ce refus de nommer les choses clairement, on ne le trouve pas sur une seule chaîne, on le trouve quasiment partout sur toutes les antennes radio et télé. Le résultat, c'est qu'un débat public où l'on interroge beaucoup sur les modalités, l'amende, la police, la faisabilité et très peu sur la nature même de la mesure. Et ce schéma n'a rien de nouveau. Il existait déjà il y a 14
ans. Ce que notre enquête constate sur une semaine de 2026, ce n'est pas un simple accident du calendrier médiatique. Et pour le comprendre, intéressons-nous à deux journalistes. Claire Chazal sur TF1 en 2012 et Laurence Ferrari sur C News en 2022 et d'abord sur Canal Plus en 2007. Vous insistez beaucoup sur la préférence nationale hein. Est-ce que c'est pas un peu contraire à votre stratégie de dédiabolisation ? Parce qu'au fond, c'est créateur de discrimination. Ben écoutez, je sais pas posé la question au fonctionnaire parce que eux c'est pas la préférence nationale dont il bénéficie c'est l'exclusivité nationale. Discrimination le mot est prononcé sans
détour sans certains disent que c'est Laurence Ferrari qui dit elle-même en 2007 sur Canal Plus que la préférence nationale est créatrice de discrimination. La préférence nationale c'est créateur de discrimination. On verra plus tard que la Ferrari employée aujourd'hui par Boloré n'a plus du tout mais alors du tout la même tonalité. 5 ans plus tard en 2012 sur la question précise du voile, le ton a déjà changé et ce n'est plus Laurence Ferrari mais Claire Chazal qui tend son micro à Marine Le Pen. Madame, monsieur, bonjour. dans l'actualité de ce samedi, Détention dans le monde arabe après la diffusion du film jugé blasphématoire et islamophobe
en Libye. Notre invité politique aujourd'hui, c'est Marine Le Pen qui ouvre les les universités d'été du Front National à la Baule et qui aura l'occasion de parler entre autres de ce contexte de tension après sa proposition d'interdire le voile et la quipa dans les rues. Interdire le voile et la quipa dans la rue, est-ce que c'est pas une forme de provocation dans ce contexte de tensions intégristes ? Certains même dans votre partie Marine Le Pen expriment, j'allais dire des réserves. Par exemple, Gilbert Colard dit que ça ne peut pas s'appliquer à la kipa. Même Jean-Marie Le Pen dit que ce n'est pas essentiel. Si jamais j'avais demandé à ce que cette interdiction ne frappe que le voile, évidemment immédiatement j'aurais été probablement brûlé en place de grève pour islamophobie.
Regardons bien l'enchaînement. Dans les titres de son JT, quelques minutes avant l'interview, Claire Chazal prononce elle-même le mot islamophobe à propos d'un film jugé blasphématoire en Libye. Le mot existe donc bel et bien dans son vocabulaire ce jour-là sur son plateau. Mais quand elle interroge Marine Le Pen sur l'interdiction du voile, ce mot islamophobe disparaît totalement. Claire Chazal parle de provocation, de contexte, de dissension dans le parti d'extrême droite. Pourtant, le rapprochement le plus évident, Claire Chazal ne le fait pas. Et c'est Marine Le Pen-Même qui s'empare du mot islamophobie sans qu'on lui demande, pas
parce qu'on l'accuse mais par anticipation politique pour se défendre d'un reproche que Claire Chazal n'a jamais formulé. Le mot islamophobie circule donc bien sur le plateau de TF12. Seulement, il est prononcé par l'interview, jamais par l'interviewe. 10 ans plus tard, en 2022, le mot islamophobie a totalement disparu du champ de vision des journalistes de ces news. Vous êtes hostile au port du voile partout. C'est un uniforme islamiste, dites-vous. un acte de soumission insupportable des femmes. Vous souhaitez interdire le port du voile dans l'espace public mais pour vous c'est que le voile. On a bien compris c'est pas tous
les signes religieux. Le salafisme est-ce que vous l'interdisez ? Est-ce que vous considérez que ça fait partie un courant de pensée aussi néfaste soit-il ? Écoutez des années que beaucoup il travaillent sans interdit le salafisme et j'interdis les frères musulmans. Voilà c'est clair. Non mais non c'est c'est clair. Mais comment c'est faisable ? Bien sûr que c'est clair. C'est extrêmement facilement faisable. Comment vous interdisez un courant de pensée au cinéma que ce soit-il dans un pays ? Je comprends ce que vous dites, mais est-ce que concrètement vous le faites ? Un courant de pensée madame, c'est très difficile vraiment dans la législation de pouvoir interdire cela. Sonia Mabrou pousse Le Pen sur la faisabilité juridique de l'interdiction du voile. C'est un vrai travail de
contradiction, il faut le reconnaître. Mais sur la nature même de la mesure discriminatoire, personne ne le dit chez ces news. Pourtant, dans cette même interview, un peu plus tard, le mot stigmatisation est bien prononcé. Regardez qui le dit et à qui il s'adresse. Écour par exemple qui clairement a du mal d'ailleurs hein à expliquer, c'est il est il est contre l'islam mais pas contre les musulmans. Mais enfin, on comprend pas politiquement qu'est-ce qu'il va faire. En réalité, il dit que l'islam est incompatible, mais que va-t-il faire ? Quand on dit quelque chose grave, quand on dit quelque chose d'ussi grave que ça, l'islam est incompatible. Enfin, aussi grave, aussi lourd de conséquence, c'est incompatible. Alors, il y a des décisions politiques derrière. Or, je
n'entends aucune décision politiation. Ça me paraît très flou. Le mot sort enfin, stigmatisation gratuite. Mais regardez bien la cible. Ce n'est pas Marine Le Pen que Laurence Ferrari accuse de stigmatiser, c'est Éric Zemour. Stigmatisation gratuite. Le mot existe donc toujours dans la bouche de Ferrari en 2022, mais il vise juste quelqu'un d'autre que Marine Le Pen qui est pourtant en train de défendre sa propre proposition sur le voile. Regardons un an plus tôt en 2021, toujours sur CS, c'est encore Laurence Ferrari qui reçoit Marine Le Pen. Cette fois, on ne parle pas de voile, on parle
d'insécurité et le cadrage dès la première question dit déjà beaucoup. Sommes dans un contexte de sécurité très tendu. Agression contre les forces de l'ordre, passage à l'acte déséquilibré, violence acharnée entre bande de jeunes contre des livreurs contre des femmes encore et toujours. La sortie du confinement et de la pandémie ressemble à un véritable chaos. Qu'est-ce que vous proposez pour endiguer cette montée de la violence ? Et est-ce que nous sommes dans une France orange mécanique ? Oui, mais c'est l'affaiblissement de l'autorité de l'État qui est en cause. Comment la rétablir ? Ça sera pas fait d'une d'unun coup de baguette magique. Évidemment, vous avez raison. Ça ne va pas être fait d'un coup de baguette magique. On sait qu'il y a une forte inertie pour la
construction de ces prisons, qu'il faut de 3 voire 4 ans avant qu'elles ne sortent de jour à partir du moment où elles sont initiées. Comment vous ferez pour que ça aille plus vite ? Vous avez raison, il faut probablement adapter un certain nombre de procédures d'urbanisme pour faciliter la construction rapide de prison. Comment vous obligerez les juges à faire ce que vous dites ? parce que tout est dans le code pénal aujourd'hui. En fait, il n'y a pas besoin de rajouter de loi. Il y a pas besoin de faire de nouvelles réformes. La vérité, encore une fois, c'est que les juges ne n'appliquent pas ce qu'il y a dans le code pénal parce que la peine est individualisée dans notre pays. Je globaliserai moins que vous. Cette question, est-ce que nous sommes dans une France orange mécanique ? Ce
n'est pas une question, c'est déjà une réponse formulée à la place de l'invité avant même que Marine Le Penit parlé. Est-ce que nous nous sommes dans une France orange mécanique ? Oui. Le cadrage de l'interview a été fixé avant même que Marine Le Pen n'ouvre la bouche. Chaos, violence, Orange mécanique, le cadrage journalistique épouse carrément le discours idéologique de son invité. Oui, vous avez raison. Vous avez raison. Je globaliserai moins que vous. Résumons ce que l'on vient de voir sur une quinzaine d'années. En 2007, Ferrari dit discrimination sans trembler. En 2012, Shazal dit islamophobe mais jamais face
à Le Pen. En 2021, Ferrari ouvre son interview déjà convaincu du chaos avant même la première réponse. En 2022, Ferrari retrouve le mot stigmatisation presque par accident, mais pour viser Zemmour, jamais Le peine. Le mot n'a pas disparu du dictionnaire, il s'est raréfié dans la bouche de celles et ceux qui posent les questions. Et cette rareté là dit quelque chose de plus grave qu'un simple choix de vocabulaire. Ce que les débats publics jugés choquant en 2007 est devenu 15 ans plus tard presque banal. La discrimination et le
racisme n'ont pas seulement gagné du terrain dans les urnes, ils ont aussi gagné du terrain dans le silence de celles et ceux qui sont censés les nommer. Au fil des années, on a donc assisté de renoncement en renoncement à une véritable capitulation sémantique de certaines figure du journalisme politique face à la normalisation de l'extrême droite et de ses idées. et quand des voix aussi installées que celle de Laurence Ferrari ou Claire Chazal cessent année après année de nommer ce qu'elle voit, c'est sans doute le signe que cette banalisation ne vient pas seulement des urnes, elle vient aussi, d'après notre enquête du silence
progressif de celles et ceux qui sont censés interroger le pouvoir. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la VAR politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez si vous avez aimé et restez connecté au médias.
Ah.
Jordan Bardella