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interviewEurope 1· 10 juillet 2025 14 min

Budget 2026 : "Il faut réduire les dépenses publiques" (Eric Woerth)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le 15 juillet, François Baou donnera ses grandes orientations, notamment budgétaires. Sur quelle piste se serait concentré l'ancien ministre du budget que vous êtes ? Ah, je pense que je pense que le premier ministre d'abord, il doit faire acte de courage.

Euh, je pense que ce sera le cas. Il faut réduire la dépenses publique. Mais oui, je lui fais confiance.

On verra le 15. Bien sûr que je je lui fais confiance. Il a beaucoup il a il a beaucoup travaillé là-dessus. il a annoncé euh des propositions dès le 15 juillet, une ministre tout à fait compétente qui est Amélie de de Montchalin.

Euh on verra, il faut faire un effort sur la durée. Moi, je pense que le gouvernement aujourd'hui, il devrait être il devrait prioriser totalement son action. Il y a deux actions prioritaires et et le gouvernement devrait être composé comme ça.

C'est l'action sur la souveraineté économique dans lesquelles il y a évidemment la souveraineté des finances publiques qui est fondamentales et puis les affaires de sécurité. C'est deux sujets euh duquel desquels découlent au fond un certain nombre de dysfonctionnements fondamentaux de notre société. C'est quoi un budget qui permet d'économiser lesz 40 milliards pour citer le chiffre qui est cité ?

Ça ne suffira pas. faudra continuer l'année l'année d'après 100 milliards d' Pier Moscovici de la Cour des comptes oui mais il a raison ça fait à peu près trois points de pip donc c'est c'est absolument nécessaire donc on en a besoin. On a un modèle social qui est hypertrophié et qui ne rend pas les gens heureux.

Probablement on veut couvrir trop de risques et résultat on couvre pas tout ce qu'on devrait couvrir. On a également un modèle d'investissement on doit s'attaquer là-dessus dans le dur. On doit s'attaquer à deux choses.

On doit enfin s'attaquer, c'est pas très bon terme pour un modèle social, mais on doit regarder deux choses de très très près. C'est évidemment l'assurance maladie. Il y a des propositions très fortes qui sont sur la sur la table d'ailleurs et puis et puis regardez le le la science patiternelle question des retraites où on refait sans arrêt le même débat.

Je remarque que la gauche a accepté finalement entériné l'idée qu'on puisse aller jusqu'à 62 et puis c'est maintenant elles ne veulent pas 64. Ils ont toujours une réforme de retard. Donc on verra bien, ils accepteront 64 l'année prochaine.

Nous avons nous avons nous avons besoin également d'instituer une justice entre les générations. Il y a la la première des justices et de pas mettre sur le dos de ses enfants ou ses petits-enfants un truc qui les concerne pas. Le modèle social ne les concerne pas.

C'est une affaire de génération. C'est inter c'est entre les gén dans la même génération. On doit financer cela et évidemment faire en sorte que la répartition et l'équilibre de répartition entre les différentes catégories sociales ne soit la plus juste possible.

Mais on ne le met pas sur le le dos de nouveau ça fait beaucoup de chantiers sur lesquels on va revenir dans un instant après une première pause avec le rappel de l'actualité. Restez avec nous. Érict et est l'invité politique d'Europe soir.

À tout de suite. Érict est notre invité politique d'Europein soir. Nathan Devera une question pour vous.

Oui, j'avais une question à vous poser. Euh dans cette politique budgétaire euh comment on peut la mettre en œuvre dans une situation où d'une part bon le gouvernement est assez fragile et où de l'autre euh ces conséquences sont extrêmement impopulaires. Là, toutes les enquêtes d'opinion vous disiez qu'il y avait deux chantiers urgents, la sécurité et la souveraineté économique.

Sur la sécurité globalement, par exemple, Bruno Rotaillot est à peu près suivi par les par les enquêtes d'opinion. Les Français sont à peu près d'accord dans la majorité. Les enquêtes d'opinion sur l'économie disent quand même que quand on demande aux Français de se serrer la ceinture, ça va être la conséquence concrète de 40 milliards d'économisés.

Alors là à à la très grande majorité, ils disent non. Et évidemment, c'est toujours la même chose. On veut bien que les autres économisent mais pas mais pas soi-même.

Alors comment on fait concrètement même si vous avez raison sur le papier mais pour mettre en œuvre cette politique entre guillemets d'urgence ? Mais c'est très difficile quand on a aucune majorité. C'est déjà difficile quand on a une majorité.

En fait, ça veut dire que le courage politique, il est très très peu remboursé ou euh de façon optimum par les électeurs. En général, il vous il vous il vous dégage, quoi. Donc c'est ça donne pas nécessairement envie.

Mais quand on n pas de majorité, c'est c'est encore pire. Je pense que le Premier ministre, il doit à un moment donné s'exonérer de ça parce que sinon on fait plus rien. Donc il fait la proposition la plus claire, la plus propre possible qui met d'abord sur les dépenses.

J'espère qu'il y aura peu d'augmentation de contribution puisque là on est au cœur du du d'un taux de prélèvement obligatoire qui est déjà très élevé. Donc ça peut pas être la solution principale. La solution principale la solution principale c'est c'est une solution sur les sur les dépenses que ce soit par un gel, que ce soit enfin on peut imaginer beaucoup beaucoup de de solutions.

On verra ce qu'il dira. Mais il doit le faire clairement puis mettre quand même les partis politiques ou les groupes politiques qui composent l'Assemblée nationale devant leur responsabilité. Je pense que tout gouvernement, quel qu'il soit euh à un moment donné aurait à affronter une réalité qui est celle de nos finances publiques.

Alors certes, il y a eu sans doute un peu de laxisme pendant les 20 dernières années, mais ce laxisme, il a été plusieurs fois applaudi par les Français, applaudi par la plupart des forces politiques. Dès qu'il y a une idée qui est de réduire tout cela, on vous accuse de tout. Le modèle social, il rend pas heureux.

Il y a beaucoup de de gens probablement qui ne sont pas suffisamment aidés et d'autres qui le sont sans doute trop. Euh et là-dessus, regardez l'assurance maladie, prenons la prévention. On a tout, on voit tous en fonction de son âge.

On on peut on peut dépore rectal, on peut dép le cancer du sein et cetera. On a des vaccins, tout ça est gratuit. Le fond, il y a pas de contrepartie.

Si vous dites non, si vous dites "Je veux pas, vous n'avez aucune contrepartie." Il devrait y avoir des contreparties à cela. À partir du moment où vous avez une dépense collective et donc des remboursements collectifs et donc une gratuité au fond collective de des soins, bah c'est très important de se dire que il y a un peu de citoyenneté à avoir.

Et quand on vous dit bah regardez quand même si vous êtes pas vous avez pas un problème ou un début de cancer colorectal, c'est bien pour vous de pouvoir dépister cela et il faut il faut tirer les il faut mettre aussi de l'autorité. Faut mettre aussi de l'autorité. On peut discuter de tout ça.

Je vois bien des arguments contraires. Oui, c'est ça. Il faut mettre de l'autorité parce que il y a il y a le monde qui dit complètement autre chose.

Le monde médical, il part du principe que les gens qui sont malades, peu importe combien ça coûte et donc on paye. C'est le système des ALD par exemple, les affections longue durée dont parlait Philippe Ligier ici même à votre place hier ou avant-hier qui disait que les ALD c'est 200 milliards et que et il y a pratiquement pas de traçat en fait. 20 % des Français euh sont en ALD, c'est-à-dire à 100 % c'est 5 % des Allemands.

Alors je dis pas que c'est l'idéal chez les Allemands, peut-être pas, mais personne ne dit qu'il faut il y a peut-être dans c dans ces personnes qui des gens qui vont mieux et qui continuent à percevoir auourd'hui honnêtement, il y a une médecine à deux vitesses. Je disais le contraire il y a 15 ans mais je pense qu'aujourd'hui une médecine à deux vitesses parce qu'il y a moins de médecins. Bah non, mais je le constate que si si vous prenez la longue file d'attente d'unalmo conventionné et cetera, si vous avez accepté de payer un peu plus, vous aurez plus rapidement vous n'aurez pas accès à des soins meilleurs.

Je pense qu'on a toujours accès au meilleur des soins, quel que soit quel que soit ce qu'on est et ce qu'on gagne et cetera. Mais mais mais l'accès même au diagnostic, à la rencontre avec un médecin et avec un spécialiste aujourd'hui est extrêmement compliqué pour beaucoup de de Français. Je le vois dans ma propre ville de Chantilly.

Donc, on a absolument besoin de détendre tout cela, de mettre un peu d'autorité là-dedans. Ça peut ne pas plaire. Et voilà une piste, les délais de carence, tous ces IGIS, les arrêts maladies qui augmentent de 6 à 7 % quand même sur les quelques les trois dernières années avec et et au fond les arrêts de de longues maladies ne sont en général pas des ALD.

C'est pas les personnes qui ont qui ont qui ont des remboursements à 100 %. On voit bien, il y a des trous psychologiques, il y a des des burnout, il y a tout ça. Il faut faire la classification de de tout cela.

Il faut un moment donné accep. Oui, parce que depuis tout à l'heure, on se penche sur des propositions qui ne sont pas populaires, mais pourquoi ne pas d'abord se aborder les thématiques qui sont populaires ? Typiquement, il y a quand même un mot qui n'a pas été prononcé dans ces débats budgétaires, c'est la question de l'immigration.

Euh l'immigration, ce n'est pas qu'une question euh civilisationnelle ou de sécurité, c'est aussi une question économique. Quand on sait que les aides sociales non contributive, donc le RSA, les allocations logement, les allocations vieillesses qui sont allouées aux étrangers, c'est 15 milliards d'euros par an. Euh l'AME, donc l'aide médicale d'État, c'est un peu plus d'un milliard.

Le coût des détenus étrangers dans nos prisons puisqu'on en a environ 25 %, ça fait 700 millions d'euros par an parce que un détenu, ça coûte de l'argent, environ 100 € par jour. Euh tout cela, ce sont des dépenses qu'on pourrait éviter et je peux vous promettre que sur la question migratoire là la majorité euh populaire vous l'avez hein. Si vous demandez aux Français demain est-ce qu'il faut supprimer ou non la ME, les sondages sont sortis majoritairement pour est-ce qu'il faut euh demander d'abord aux étrangers, aux immigrés euh de contribuer avant les Français, les les Français sont majoritairement pour.

Donc est-ce qu'il n'y a pas aussi la question migratoire à aborder dans ce gouvernement et dans ce budget enfin il faut pas non plus la prendre de manière caricaturale. C'est sûr qu'il y a aujourd'hui un nombre important de d'immigrés. C'est certain qu'il y a euh une une probablement une une opposition à un taux d'immigration qui est trop élevé.

J'ai je je le et on le note et on le voit un peu partout. Donc il faut il faut mieux réguler, il faut mieux contrôler et notamment notamment le regroupement familial et puis les tous les immigrés qui sont en situation irrégulière. Bah il faut essayer.

Bruno Rotaillot essaye. C'est pas simple sur le plan juridique mais on doit pouvoir y parvenir à un moment donné et si possible avec un consensus européen. Les Allemands sont en train d'ailleurs d'en prendre parfaitement conscience.

La ME moi même si le Rassemblement national était au pouvoir, j'aimerais bien savoir ce qu'il ferait en réalité. Vous remarquerez quand même qu'il change. Oui, ben il soignerait la me afou là.

Oui. Oui. Ben il soignerait quand même hein.

Je temp vous dire qu'il soignerait quand même parce que ben parce que c'est des hommes et des femmes parce qu'on est peut-être les seuls à vivre dans l'univers et qu'on va quand même soigner un homme ou une femme qui est au coin de la rue est malade, on lui demande pas tout de suite ses papiers quoi. C'est une minorité dans dans l'utilisation de la évidemment quand quelqu'un est mourant sur le trottoir on l'aide. Mais c'est pas des gens qui viennent c'est pas des gens qui viennent se faire gratuitement refaire le nez en France parce qu'il trouvent pas beau.

Non mais ça a été totalement documenté. C'est c'est c'est rien sur le plan financier. Extrêmement même pour une raison de santé publique évidemment.

Donc je suis d'accord pour qu'on resserre les choses. Je suis d'accord pour mais attention présentation caricature. Éc fréquentaient l'hémicycle souvent. votre taux d'absentéisme est quasi nul dans dans l'hémicycle.

Et donc madame Bron Pivet qui est dit que on n'échapperait pas à une hausse d'impôt, le gouvernement a beau, comment dirais-je contredire cette information mais ça sort bien de quelque part. Vous avez imagine beaucoup de respectiv d'abord, c'est une bonne présidente de l'Assemblée, mais je ne crois pas qu'elle ait d'information particulière sur les arbitrages du premier ministre. Je ne suis pas sûr.

Moi, j'étais à Berti cet après-midi. Je ne crois pas. Mais son opinion évidemment qu'elle a le droit.

Elle a même le devoir de l'avoir. Je je pense que enfin on verra d'ailleurs, chacun fera la proportion dans les propositions qui seront faites par le gouvernement. Donc vous vous dites qu'elle se base sur rien et surtout pas sur les informations de Bery.

Non mais les c'est c'est le premier ministre qui va arbitrer le 15. Donc évidemment les rien rien n'est dans l'air aujourd'hui. On verra le poser la question autrement.

Comment est-ce que vous avez pris sa déclaration ? Comment est-ce que vous vous l'avez ressenti ? Mais quelle déclaration ?

Ben la déclaration d' Bron Pivé qui dit de toute façon on n'échapperait pas à à des impôts. Non mais ça dépend de la proportion. Évidemment que les impôts, faut pas les augmenter.

On en a plein. Je j'arrête pas de le dire. Il y aura une proportion peut-être.

Je ne sais pas ce qui se passe sur l'impôt sur les société fiscal. On y arrive. Non, je ne le dis pas.

Je je vous le dites sans le dire. Oui, mais alors je dis plus rien dans ce cas-là. Dans ce caslà, je dis plus rien.

Je je garde je garde une réserve. B vous prenez prenez l'exemple de l'impôt sur les sociétés. Une surtaxe d'impôt sur les sociétés, elle doit s'arrêter.

Je verrai ce que le gouvernement fera. Moi, je je pense qu'il faut évidemment l'arrêter. Vous avez eu aussi une surtaxe d'impôts sur le revenu en fonction de la proportion de l'impôt par rapport au niveau de de revenu.

Il a été considéré qu'elle était pour l'année passée. Elle ne doit pas être conduite. On verra ce que fait le gouvernement.

J'espère qu'il ne le reconduira pas. Donc ça va être une déguisé derrière des des reconductions de haus d'impôt extraordinaire. C'est une finie d'interview ministre du budget et puis il y a ce qui va passer aucune solution.

Il n'y a aucune solution du côté de l'augmentation des impôts. Il y a aucune solution il y a aucune solution viable dans un pays qui est déjà très au-delà de toutes les normes de prélèvement obligatoire. met les cotisations sociales aussi à l'intérieur.

Il n'y a aucune solution du côté de l'augmentation des impôts. Les seules solutions, c'est le niveau de la dépense aujourd'hui qu'il faut combattre. et et je pense que le gouvernement on verra la proportion, il y aura peut-être une proportion d'impôts, il y aura peut-être une proportion de dépenses.

Euh on l'avait d'ailleurs vérifié mais en tout cas en tout cas chacun s'exprimera sur une copie qui sera une copie claire et précise. Et d'ailleurs, c'est pour ça que le premier ministre décide le 15 juillet de dire un peu plus que ce qui était dit en général. On dit toujours des trucs en juillet sur la sur mais jamais le premier ministre.

Donc le premier ministre va le faire, on verra comment il traite le le sujet. Je pense qu'il a compris euh parfaitement euh l'enjeu hein. D'ailleurs, il le dit depuis longtemps.

Merci.