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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 avril 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & élections

Amélie de Montchalin : “Je ne suis pas la ministre du Brexit, la balle est du côté des Britanniques”

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Comment s'est passée cette longue nuit de négociation sur le Brexit ?

  • 2:09RelanceRéponse directe

    La France s'est retrouvée seule lors des négociations sur le Brexit ?

  • 4:46RelanceÉludée

    Pourquoi est-ce que les Britanniques trouveraient en 6 mois une solution qu'ils n'ont pas pu trouver en 2 ans et demi ?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous faites ce doux rêve de voir les Britanniques rester dans l'Union Européenne ?

  • 7:34OuverteRéponse directe

    La France est le seul pays de l'Union qui s'oppose à l'ouverture de ces négociations commerciales avec les États-Unis ?

  • 10:31OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau veulent chasser sur les terres de la droite comme l'écrit le Figaro ce matin en mettant l'immigration en avant dans la campagne européenne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « Il faut absolument qu'on respecte démocratiquement deux choses. D'abord, le vote démocratique des Britanniques. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « Il faut d'abord ne pas faire une extension trop longue parce qu'on pourrait mettre en péril le vote démocratique des Britanniques. »
  • 2:06Invité politiqueFait
    « Seul Emmanuel Macron s'est battu pour une extension la plus courte possible. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « La date du 31 octobre, elle a ça d'intéressant. C'est qu'elle dit que, pour la prochaine commission, le jour où la commission, après les élections européennes, se met à fonctionner, la page sera tournée. »
  • 8:17Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas le grand accord qui s'appelait le TTIP qui avait fait des scandales il y a 5-6 ans où on négociait l'intégralité de notre relation avec les États-Unis. »
  • 8:32Invité politiqueFait
    « Une grande avancée, c'est qu'il n'y a pas de négociations agricoles. »
  • 10:45Invité politiqueChiffre
    « Au niveau européen, au Parlement, a été votée la mise en place d'une force qui s'appelle Frontex. 10 000 hommes, 10 000 gardes de frontière. »
  • 14:25Invité politiqueFait
    « Quand l'Europe dit, par exemple, qu'elle va se protéger d'investisseurs, notamment étrangers, pour des actifs stratégiques, si c'est libéral ou pas. »
  • 15:58Invité politiqueFait
    « Ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas en train de vendre ADP. On est en train d'organiser la mise en concession de ces activités commerciales. »
  • 20:49Invité politiqueChiffre
    « Les embauches sont à un niveau record. Le pouvoir d'achat en 2019 a augmenté. »
  • 23:05PrésentateurChiffre
    « Près de 70% des Français se disent insatisfaits de la restitution qui a été faite du grand débat national. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Présentateur 224 %
  • Amélie de Montchalin3 %
  • Auditeur3 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'Europe à la une ce matin. Brexit, campagne pour les élections européennes, mais aussi l'actualité française avec notamment la loi Pacte. L'invité du grand entretien est la secrétaire d'Etat chargée des affaires européennes. Vos questions, chers auditeurs, dans une dizaine de minutes sur l'appli France Inter ou au 01 45 24 7000. Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Et bienvenue. C'était dans la nuit de mercredi à jeudi. Les dirigeants européens et la première ministre Thérèse Hamet se sont donc mis d'accord sur un report du Brexit pouvant aller jusqu'au 31 octobre prochain. Avant de parler du fond, d'un mot, racontez-nous puisqu'on n'y a pas eu accès.

Comment s'est passée cette nuit, cette longue nuit de négociation ? C'était une nuit au fond où on essayait de répondre à une lettre que Thérèse Hamet avait envoyée au président du Conseil européen où elle demandait une extension jusqu'au 30 juin. Et puis certains européens ont pensé que la réponse à lui apporter, c'était de dire on va reporter jusqu'au 30 mars 2020. Alors nous, la voix de la France, celle du président de la République, celle que j'avais portée la veille au Conseil des ministres des affaires européennes, c'était de dire qu'il faut qu'on ait une exigence très forte. Il faut absolument qu'on respecte démocratiquement deux choses. D'abord, le vote démocratique des Britanniques.

C'est-à-dire que ce n'est pas à nous, l'Europe, de décider au fond que le Brexit ne serait pas une bonne idée et qu'on n'avait qu'à le repousser pour que finalement ça ne se passe pas. Ce que certains pourraient vouloir penser. Et puis de l'autre côté, il faut qu'on respecte les peuples européens, les citoyens européens qui ont des institutions européennes qui sont là pour les protéger, pour faire avancer des sujets très concrets, pour faire avancer le sujet des frontières, pour faire avancer le sujet de la croissance économique, le sujet de la pêche, bref, des sujets de la vie quotidienne et qui nous demandent que l'Europe continue de fonctionner.

Et donc l'exigence qui était la nôtre, c'était de dire, il faut d'abord ne pas faire une extension trop longue parce qu'on pourrait mettre en péril le vote démocratique des Britanniques et de l'autre côté, il faut que l'Europe fonctionne. Et donc il y a eu un compromis, la France a parlé, il y a eu des longues discussions. Notamment avec Angela Merkel, puisque la grande majorité des dirigeants européens proposait d'aller plus loin, peut-être pour avoir l'espoir de convaincre les brexiteurs de voter l'accord de retrait. Au fond, seul Emmanuel Macron s'est battu pour une extension la plus courte possible. La France s'est retrouvée seule, Amélie de Montchalin ? À la fin, il y a un compromis.

Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a 27 pays qui n'ont pas forcément la même lecture de la situation, qui tous, à la fin, quand même, veulent que l'Europe avance. Et c'est pour ça qu'ils sont là. Ils ne viennent pas passer des nuits à Bruxelles pour se demander comment ils vont s'occuper des Britanniques. D'ailleurs, ce n'est pas à nous de le faire, ce serait de l'ingérence. Aujourd'hui, ce qu'on a fait, c'est qu'on a un compromis. On a remis la balle du côté des Britanniques. C'est à eux de faire leur choix. Est-ce qu'ils veulent organiser des élections européennes ou pas ? Est-ce qu'ils votent l'accord de retrait ou pas ? Est-ce qu'ils changent la déclaration politique ou pas ?

Mais moi, ce que j'ai à vous dire, c'est que je ne suis pas la ministre du Brexit. J'ai été nommée, on m'a demandé de porter un projet européen concret. Nathalie Loiseau, qui occupait le poste juste avant vous, disait que c'était ce qui occupait la plus grande partie de son temps. Moi, je pense qu'il faut qu'on tourne la page du Brexit. Mais les Britanniques ont gagné, Amélie de Montchalin. Ils ont eu ce qu'ils voulaient, au fond. Je ne sais pas si sûr que les Britanniques, en ce moment, gagnent grand-chose. Ils sont dans une crise politique profonde. Leur Parlement, aujourd'hui, on voit, ne fonctionne pas comme il devrait.

Ils ont énormément de mal, on le voit, à créer un discours transpartisan. C'est une crise politique majeure pour eux. Mais ce que je peux vous dire, c'est que, ok, peut-être que ça prend une nuit. Peut-être que c'est long. Mais à la fin, vous avez un compromis. Vous avez 27 pays qui se disent, au fond, il faut qu'on respecte le vote des Britanniques et il faut qu'on puisse avancer. Et donc, la date du 31 octobre, elle a ça d'intéressant. C'est qu'elle dit que, pour la prochaine commission, le jour où la commission, après les élections européennes, se met à fonctionner, la page sera tournée, il n'y aura pas de commissaire britannique.

Et à ce moment-là, les Anglais, on le propose, seront sortis pour qu'on puisse tourner la page. Peut-être, peut-être. La nouvelle commission, donc, devrait entrer en fonction ou commencer son travail le 1er novembre. Difficile de savoir ce qu'il va se passer. Pourquoi est-ce que les Britanniques trouveraient en 6 mois une solution qu'ils n'ont pas pu trouver en 2 ans et demi ? Mais, ce n'est pas à moi de répondre. Ce que je vois, c'est que Theresa May, depuis hier, accélère le calendrier, qu'hier, à la Chambre des communes, Jérémy Corbyn a dit qu'il y a des avancées étaient en train de se faire. C'est à eux de décider.

Et moi, mon rôle, ce n'est pas de m'occuper du Brexit à la place des Anglais. Mon rôle, c'est de se faire avec le gouvernement. D'abord, on se prépare à toutes les éventualités. Et ensuite, c'est aussi de préparer l'avenir. Vous voyez, je vais à Calais et à Boulogne juste après votre émission. J'y vais, bien sûr, pour rencontrer les pêcheurs, visiter les installations portuaires, nous assurer que nous sommes prêts.

Mais au fond, les Français, ils veulent surtout qu'on soit prêts à préparer l'avenir, à avoir une activité portuaire dynamique, à nous occuper des agriculteurs, à nous occuper des pêcheurs, à faire en sorte que notre industrie soit compétitive, qu'on se protège des menaces chinoises et américaines. Bref, que l'Europe avance. Et l'Europe, ce n'est pas des grands discours. L'Europe, c'est de faire en sorte qu'il y ait 500 millions de citoyens qui puissent vivre de manière cohérente et qu'on ne se fasse pas la guerre de tous contre tous. 500 millions moins 60 millions. Mais rapidement, Amélie de Montchalin, toujours sur le Brexit, les Britanniques vont voter aux élections européennes.

Ils vont donc élire des eurodéputés. Non, il n'est pas sûr qu'ils votent aux élections européennes. Si Theresa May se met d'accord avec son Parlement d'ici le 22 mai, elle peut faire le choix de ne pas organiser les élections et auquel cas, ce feuilleton trouvera sa fin le 1er juin avec un accord de retrait. Mais on ne peut pas l'exclure. On ne peut pas l'exclure, mais ce sont aux Britanniques de choisir. Moi, je trouve que c'est assez... Au fond, l'Europe est otage du Brexit aujourd'hui. Non, justement. Justement, ce qui s'est passé mercredi, c'est de dire les choix sont les vôtres.

Ce n'est pas nous, Européens, qui dans une pièce à Bruxelles, allons décider pour vous ce que vous avez à faire. Vous voulez faire des élections ? C'est possible. Si vous voulez rester plus longtemps que le 1er juin, vous vous mettez d'accord avant le 22 mai, il n'y a pas d'élection. Ce qui est important, démocratiquement, en France, vous savez, 2005, c'est un moment extrêmement important de notre vie politique. C'est le moment où, parce qu'une certaine frange de la population, au départ, se dit que ce n'est pas une bonne idée, trouvons des solutions. Heureusement qu'on a traité de Lisbonne. Je pense que c'est une bonne chose que l'Europe continue.

Mais démocratiquement, on le voit bien qu'on a rompu des choses en remettant en cause le vote démocratique. Le traité de Lisbonne, pour vous, celui qui a été adopté en 2008, est une trahison du référendum de 2005 ? Ce qui est certain, c'est que démocratiquement, les Français ont voté par un référendum et qu'ensuite, on a changé de position. Je pense que pour l'Europe, heureusement qu'on a traité de Lisbonne. Mais je veux dire, dans le processus de décision, l'exigence que nous devons avoir aujourd'hui, c'est absolument de faire en sorte que nous respections le fonctionnement démocratique du Royaume-Uni et que nous respections aussi l'exigence des Européens d'avoir une Europe qui les protège.

On va partir de parler de l'accord... On va y venir de l'accord commercial entre les Etats-Unis et l'Union Européenne. Mais d'abord, le maintien du Royaume-Uni, dernière question, dans l'Union Européenne, serait un doux rêve. L'expression, elle est du président du Conseil Européen, Donald Tusk. Est-ce que vous aussi, vous faites ce doux rêve, Amélie de Montchalin ? Eh bien, j'en reviens. Ce n'est pas à moi de rêver pour les Britanniques. Si les Britanniques veulent rester dans l'Union Européenne, ils ont la possibilité de dire aux Européens, en fait, voilà, on retire notre demande de sortie et ils peuvent rester. Ce n'est pas à moi et je pense que ça serait extrêmement dangereux.

Bien sûr que le Brexit, c'est un divorce douloureux parce que nous avons construit l'Union Européenne avec eux parce que les Britanniques ont apporté beaucoup de choses à l'Europe. Maintenant, c'est la décision du peuple britannique. Qui suis-je pour vous dire ce matin au micro « Ah bah, je préférais que ça se passe autrement. » Mais respectons... Le président du Conseil Européen le dit sans aucun problème. Bah voilà. Mais moi, je pense que notre exigence, c'est de respecter le vote. Si on fait des élections européennes, c'est pour respecter le vote.

Si on fait des élections en France, c'est que les Français, par exemple, ils veulent une démocratie beaucoup plus transparente où ils partiment beaucoup plus et au fond, qu'ils respectent beaucoup plus ce qu'ils disent. Et bien moi, j'ai cette exigence au cœur et je pense qu'il faut absolument continuer sur cette voie. Vous en parliez de ces accords commerciaux entre l'Union Européenne et les États-Unis. La France est le seul pays de l'Union qui s'oppose à l'ouverture de ces négociations commerciales. La France votera contre après-demain lundi. Ça n'empêche pas le début des discussions.

Au fond, on ne négocie pas avec les États-Unis parce qu'ils se sont retirés de l'accord de Paris sur le climat. Mais c'est un nom de façade. C'est un nom un peu inutile puisque les négociations vont démarrer. Il y a plusieurs choses. D'abord, il y a effectivement un principe. Le principe de la France, du président de la République, c'est de dire le commerce et le climat, on ne sait pas très bien dans quel sens les mettre. Ce qui est sûr, c'est que s'il n'y a pas d'accord climatique, c'est difficile d'avoir des accords commerciaux et on ne va pas faire des accords commerciaux qui oublient le climat. Donc ça, c'est un principe.

Par ailleurs, le mandat, c'est un mandat sur lequel la France a beaucoup travaillé pour poser trois principes. D'abord, ce n'est pas le grand accord qui s'appelait le TTIP qui avait fait des scandales il y a 5-6 ans où on négociait l'intégralité de notre relation avec les États-Unis. Ce qu'on a appelé le TAFTA. Voilà, le TAFTA. Donc ce n'est plus ça. Il est abrogé. Ce mandat est abrogé. Deuxièmement, une grande avancée, c'est qu'il n'y a pas de négociations agricoles. Et pour la sécurité alimentaire, pour la souveraineté alimentaire, pour la qualité de ce que nous mangeons, c'est aussi une énorme avancée.

Et vous savez que le sujet de l'agriculture a été posé pendant des années comme effectivement un sujet où on considérait, nous, en France, qu'on allait trop loin. Donc ça, l'agriculture est exclue. Et troisième point, il y aura une étude d'impact environnemental des différences de normes dans cette négociation. Donc c'est une négociation sectorielle, industrielle. Maintenant, la France a demandé pendant des mois à ses partenaires que nous puissions mettre en cohérence la position européenne sur l'accord de Paris qui est nous voulons faire avancer les engagements climatiques et les respecter et cette négociation commerciale.

Moi, ce que je vois aussi, c'est que vous savez sur d'autres dossiers, la taxe GAFA par exemple, on nous a dit pendant des mois qu'on était seul. Enfin, ce que j'observe aujourd'hui, c'est d'abord qu'il y a 23 pays à l'OCDE qui poussent la même position et j'observe aussi qu'aujourd'hui, la France a voté cette semaine à l'Assemblée le fait que nous instaurions cette taxe sur les GAFA et qu'on a maintenant cinq autres pays européens qui sont prêts à le faire. Donc, à un moment donné, ce n'est pas l'isolement pour l'isolement, ce n'est pas ce qu'on dit. Mais il y a des principes qu'il faut qu'on ait. Il faut qu'on ait partagé avec nos partenaires. On a posé des principes.

On ne part pas d'agriculture. On fait des études environnementales. Ce n'est pas le taffeta. Et du coup, on peut avancer. 27 États membres de l'Union européenne veulent à tout prix éviter la guerre commerciale avec les États-Unis et c'est aussi le sens de ces négociations. La France, elle, est prête à la guerre commerciale. Moi, ce que je dis, c'est que, vous savez, les États-Unis, il faut être lucide. Toutes les semaines, on nous annonce des sanctions, parfois sur les avions, parfois sur l'acier, parfois sur l'automobile. Donc, on ne cherche pas le rapport de force. Mais il faut être honnête. Si on a des principes, manifestement, ils en ont aussi, on a le droit de les exprimer.

Il y a aussi la question des élections européennes. Évidemment, la campagne a démarré. Premier déplacement de campagne de Nathalie Loiseau qui mène donc la liste Renaissance, la liste de la majorité présidentielle. Ce premier déplacement s'est effectué à Menton, à la frontière italienne, un lancement de campagne qui ne doit rien au hasard. Est-ce qu'Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau veulent chasser sur les terres de la droite comme l'écrit le Figaro ce matin en mettant l'immigration en avant dans la campagne européenne ? Alors, ce qui est certain, c'est que la semaine dernière, au niveau européen, au Parlement, a été votée la mise en place d'une force qui s'appelle Frontex.

10 000 hommes, 10 000 gardes de frontière, des bateaux, des navires, la possibilité de faire des contrôles et effectivement de soutenir les pays dans la protection de nos frontières mais aussi la politique migratoire que les Européens nous demandent d'avoir. Un espace qui n'a pas de frontière, c'est un espace en général qui n'a pas d'identité. Donc, il faut être extrêmement clair. Je pense que Nathalie Loiseau se rendant à la frontière sur ce sujet Frontex sur lequel elle a beaucoup travaillé en tant que ministre, ça ne me surprend pas et je pense que d'ailleurs les Européens attendent de nous qu'on tenait les moyens de nos politiques.

Je ne pense pas que ça se fasse chasser sur la terre de la droite. J'ai aussi entendu Nathalie Loiseau et j'ai aussi entendu le Président de la République et je peux vous le dire qu'on le porte parler du SMIC européen, parler d'une banque européenne du climat, parler de bien de sujets et je crois avoir même lu des papiers dans les journaux qui disaient que finalement on chassait à gauche. Alors, je ne sais pas si c'est à droite ou à gauche, ce que c'est pour les Européens des protections essentielles.

Moi, je voudrais qu'on avance sur le SMIC, je voudrais qu'on avance sur le climat, je voudrais qu'on avance sur, au fond, éviter que ce soit la guerre de chacun contre tous, que vous voyez quand on travaille pour que les camionneurs polonais ne fassent pas la guerre aux camionneurs français, qu'on travaille pour que les pêcheurs anglais ne fassent pas la guerre aux pêcheurs anglais, au fond, c'est ça l'Europe. C'est éviter que les uns fassent la guerre aux autres et qu'on se mette d'accord pour que, au fond, chacun vive mieux. Avant de donner la parole aux auditeurs, Amélie de Montchalin, encore une question sur l'immigration.

Est-ce que vous avez été choqué par les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lorsqu'il a évoqué les ONG, les ONG qui viennent en aide aux migrants qui ont pu se faire complices des passeurs ? Non, les ONG sont des acteurs de bonne foi qui agissent avec des principes qui sont essentiels, qui sont des principes d'humanité. En parallèle, il y a des passeurs à qui nous faisons, comme le dit Christophe Castaner, la guerre. Parce qu'on considère qu'ils gagnent de l'argent sur la misère. Ils mettent en danger des centaines et des milliers de vies chaque année.

Et ce que dit Christophe Castaner, c'est que des rapports très sérieux observent que les passeurs aussi s'appuient sur les ONG. Parce qu'ils mettent les bateaux dans la mer et puis considèrent que l'ONG va les récupérer. Je ne sais pas qui est complice de quoi, ce n'est pas l'enjeu, ce n'est pas le mot en question qui faut... Le mot ne vous choque ou pas ? Ce n'est pas ça là-dessus qu'il faut faire des polémiques.

Ce qu'il faut qu'on dise c'est qu'on a en Méditerranée un énorme enjeu migratoire, on a effectivement un énorme enjeu humanitaire et il faut que l'Europe ait une politique avec les pays d'accueil, avec les pays de là où partent ces personnes, qu'il faut que notre politique notamment de voisinage avec l'Afrique soit beaucoup plus concrète. Et donc, je pense que Christophe Castaner, la polémique qui a été nourrie, vient d'observations factuelles effectivement que parfois les passeurs plutôt se servent des ONG pour faire leur gros trafic. On file au standard Amélie de Montchalin. François, bonjour et bienvenue sur France Inter.

13:23
Auditeur

Bonjour. Votre question à Amélie de Montchalin. Oui. Madame de Montchalin, je voulais savoir, vous êtes une libérale assumée et vous êtes secrétaire d'État en charge de l'Europe. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que votre ligne politique libérale est être en charge de l'Europe ?

Finalement, vous représentez tout ce que les Français rejettent de l'Europe aujourd'hui et que finalement, votre rôle aujourd'hui en étant libéral et ministre en charge d'État, enfin secrétaire d'État puisqu'on n'a plus de ministre en charge de l'Europe, finalement, ce que vous faites, c'est faire quelque chose qui est totalement contradictoire avec le discours d'Emmanuel Macron et le vôtre, c'est-à-dire que finalement, vous faites une contre-publicité à l'Europe puisque vous mettez en avant que l'Europe, c'est aujourd'hui plus de libéralisation, moins de protection pour les Français.

14:10
Présentateur

Amélie de Montchalin, vous répondez. Alors, je ne sais pas si je me qualifierais de libéral, moi, je ne me mets pas trop dans des cases et ce que je sais, c'est que je ne suis pas là pour faire des discours conceptuels mais plutôt pour regarder le concret. Je ne sais pas si quand l'Europe dit, par exemple, qu'elle va se protéger d'investisseurs, notamment étrangers, pour des actifs stratégiques, si c'est libéral ou pas. Je ne sais pas quand Emmanuel Macron propose et défend pied à pied le fait qu'on instaure un SMIC européen, ce soit libéral. Je ne sais pas si quand on travaille sur l'assurance chômage des transfrontaliers, c'est la libéralisation.

Ce que je vois, moi, justement, c'est qu'il faut qu'on arrête de mettre des cases et des concepts. Là, l'Europe, elle doit agir très concrètement sur des enjeux où les citoyens nous demandent d'avancer. Et au fond, ce que vous dites, la ligne, si on doit parler de ligne, je pense qu'elle doit d'abord se trouver dans des projets concrets et au fond, ces élections européennes nous permettent de clarifier. On verra ce que les Français choisissent comme projet, quels sont les parlementaires européens qu'ils envoient au Parlement européen. Il n'y a toujours pas de programme pour la liste Renaissance, celle de la majorité présidentielle.

Vous avez quand même lu la lettre du président aux citoyens européens. Vous avez écouté le discours de la Sorbonne. Ce serait baroque que la liste Renaissance porte quelque chose de très différent. Sur tous ces points, on est sur des choses très concrètes. Avant de retourner au standard, justement, et à propos du libéralisme, il y a la question, évidemment, de la privatisation des aéroports de Paris suite au vote de la loi Pacte avec une entreprise qui fait partie du patrimoine des Français. Une machine à cash, pour le dire rapidement. est-ce que vous comprenez les réactions de ceux qui s'indignent qu'on vend ou qu'on privatise l'aéroport de Paris, Amélie de Montchalin ?

Vous savez, j'ai été député de l'Essonne jusqu'à il y a quelques jours et il se trouve que les pistes d'Orly sont dans la circonscription qui était la mienne. Je connais très bien le sujet. Il se trouve d'ailleurs que j'ai beaucoup œuvré avec deux collègues, Laurence Amartin et Marie Guévenou, pour apporter des protections aux riverains dans le cadre de cette organisation. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas en train de vendre ADP. On est en train d'organiser la mise en concession de ces activités commerciales. Donc, il faut aussi remettre les choses au bon endroit. C'est subtil. Oui, c'est subtil parce que justement, c'est subtil. Pourquoi ? Parce que le terrain reste à l'État.

Parce que toutes les activités de gestion de la frontière restent à l'État et restent dans l'espace régalien. On est en train de dire que les activités commerciales de l'aéroport vont être du coup gérées par une entreprise qui ne sera pas dans le secteur public. Ce qui est certain également, c'est que je vois qu'il y a des gens qui font la politique très étrange. Ceux-mêmes qui vous disent qu'il faut absolument protéger le Parlement, faire attention aux RIC, sont les mêmes qui, quelques jours après, vous expliquent que, alors même que la loi n'a pas été votée ou le sera dans les heures qui suivront, on va appeler les Français à faire un référendum. D'initiative partagée.

Oui, et c'est très dangereux de considérer que quand une loi est votée au Parlement, la première chose qu'on va faire c'est demander aux citoyens français de se prononcer contre cette même loi. Ça veut dire que c'est une grande instabilité et je pense qu'il faut faire très attention. Ensuite, on verra où va le processus. Mais moi, je suis quand même assez étonnée de voir que ceux qui défendent le Parlement sont les premiers à finalement en appeler au référendum quand ça les arrange. De nombreuses questions encore sur le Brexit, sur l'application France Inter et au standard avec Marie-Pierre. Bonjour Marie-Pierre. Bonjour. Quelle est votre question à la secrétaire d'État ?

17:11
Amélie de Montchalin

Madame de Montchalin, je m'indigne quand je vous entends à deux reprises parler qu'il faut dire qu'il faut respecter le vote démocratique que du peuple britannique par rapport au Brexit. Je pense qu'on leur a raconté des mensonges. Si on refaisait un référendum maintenant, on aurait un résultat complètement différent et tout le monde le sait. Ce n'est pas un secret de polichinelle. D'autre part, je trouve que je ne comprends pas comment personne n'a l'air de comprendre quelles sont les implications du Brexit. En fait, tout le monde patauge là pour le moment.

Et comment est-ce qu'on peut mettre entre les mains de gens à qui on racontait des mensonges des décisions aussi importantes et aussi graves ?

18:01
Présentateur

Alors justement, Marie-Pierre, il y a Chloé également sur l'application France Inter qui va dans votre sens en parlant d'une campagne en faveur du Brexit qui a été menée à partir de mensonges et sur fond de propagande. Je suis totalement d'accord qu'il y ait eu des mensonges, qu'il y ait eu une campagne qui était faite sur des mythes sur ce qui allait se passer si le Royaume-Uni sortait de l'Union Européenne. Évidemment. Est-ce que le Brexit personnellement, bien sûr que j'aurais fait campagne si j'avais été au Royaume-Uni pour le fait qu'on reste dans l'Union Européenne.

Maintenant, je pense que ce qui est dangereux, c'est de penser que nous, Européens, nous pourrions décider à la place des Britanniques. Madame May et la Chambre des Communes peuvent très bien décider ils peuvent aussi décider de retirer la demande de sortie. Ils peuvent aussi décider d'organiser ou de ne pas organiser des élections européennes. Le choix est le leur. Vous imaginez si, à l'inverse, une secrétaire d'Etat d'un pays étranger nous disait « Ben voilà, en France, vous devriez faire ci, vous devriez faire ça, on devrait vous empêcher de faire ci ou ça ». Le respect démocratique, c'est que chaque pays a une souveraineté. Donc pas de nouveau vote. Ce n'est pas à moi de le dire.

C'est aux Britanniques de faire leur choix. Et la décision qu'on a prise dans la nuit du Conseil européen, redonne le choix et la clarté du choix aux Britanniques. Et je pense que c'est à l'honneur de l'Europe, qui est souvent critiquée justement pour être dans des positions que certains considèrent comme hégémoniques, de considérer que chaque Etat-nation doit pouvoir souverainement décider son avenir. La nouvelle a fait le tour du monde de l'arrestation hier à Londres de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. Jean-Luc Mélenchon demande que la France lui accorde le droit d'asile. Qu'en pensez-vous ? Je pense d'abord qu'il faut écouter ce que veut faire Julian Assange.

C'est aussi là sa demande. Il y a effectivement une procédure judiciaire, il y a une arrestation, on a en Europe un cadre qui s'appelle le cadre de protection des lanceurs d'alerte. Je pense qu'il faut travailler juridiquement dans ce cadre. Il correspond aux critères de l'asile ? C'est ce qu'il faut regarder. Mais est-ce que d'abord, je crois qu'on n'offre pas l'asile à quelqu'un qui ne le demande pas ? Donc, on va d'abord s'intéresser à ce que Julian Assange veut faire. Mais pas de nom de principe. Vous savez, c'est des histoires où on se positionne beaucoup sur des hypothèses.

Moi, je préfère regarder quelle est la réalité du droit, quelle est la réalité de la situation, quelle est la réalité de l'affaire et ensuite, je pourrais me positionner. Il y a aussi dans l'actualité la fin du grand débat national et on attend maintenant que le président de la République s'exprime dimanche ou lundi pour en tirer les conclusions et proposer des mesures. Vous savez d'ailleurs quand il va parler, le président ? Je ne sais pas quand il va parler. Ce que je sais, c'est que notre pays, vous savez, a vécu un moment démocratique, social, très difficile. Il faut le reconnaître.

On a aussi vécu un grand débat qui était une expérience assez unique de vitalité et d'échange démocratique. Ce que je vois aussi, c'est qu'économiquement, on a en ce moment la confirmation qu'un certain nombre de choses positives se passent dans notre pays. Les embauches sont à un niveau record. Le pouvoir d'achat en 2019 a augmenté. On voit qu'on a dans l'industrie des postes qui se créent. Ce qui compte pour moi dans cette phase de sortie du grand débat, c'est qu'on soit très honnête avec les Français comme l'a été le Premier ministre en faisant la restitution, qu'on prenne des décisions courageuses et qu'on soit aussi lucide sur nos forces et nos faiblesses.

Mais alors pourquoi changer le cadre du projet national ? L'expression, elle est entre guillemets et elle a été prononcée par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiar, si tout va bien et si le cap est le bon, pourquoi donc changer le cadre du projet ? Parce qu'on voit que les Français nous demandent quatre choses et ils ont raison, c'est légitime. Ils nous disent d'abord sur les impôts, il faut que ça aille plus vite et que ça baisse plus fort. Donc les impôts vont baisser ? C'est quand même globalement ce qu'a dit le Premier ministre en considérant qu'on avait comme une exaspération fiscale qu'il allait falloir qu'on traite. Lesquelles ?

Je ne peux pas vous dire, ce n'est pas moi qui... Vous savez, je ne sais pas mon portefeuille. Mais vous étiez en charge de la question, spécialiste de la question à l'Assemblée il y a encore quelques semaines. Et je pense qu'effectivement il y a eu beaucoup de propositions faites et donc il y aura des arbitrages. Ensuite les Français nous disent quoi ? Ils nous disent on veut de la démocratie, on veut pouvoir participer, on veut pouvoir exprimer nos attentes et peut-être pas que par des élections tous les cinq ans. C'est une question sur la citoyenneté, c'est une question qui est très importante. Ils nous demandent aussi la proximité.

Au fond ils veulent que l'État se retrouve plus près de là où ils sont et notamment qu'on s'en occupe dans les territoires qui sont en dehors des métropoles. Sur ces sujets-là il y a beaucoup de choses à faire. Et puis enfin il y a une question sur la justice. Comment chacun dans notre pays trouve sa place, peut à la fois poser des choix, qu'on sort de l'assignation à résidence, qu'on ait des choix de vie possibles et qu'il y ait une forme de justice. Sur ces sujets-là effectivement le Président s'exprimera, la parole des Français elle a été entendue et je dis juste qu'il faut faire attention à être lucide sur nos forces et nos faiblesses. Donc il faut un acte 2 du quinquennat ?

Vous savez l'acte 2 c'est de pouvoir répondre effectivement. C'est que les discours, les lois qu'on a pu voter puissent s'appliquer dans la vie et qu'on puisse apporter des changements concrets. Les Français vous savez je pense qu'ils ont raison d'en avoir un peu à le bol dans les politiques d'en faire des discours et qu'ils ne se traduisent jamais par des actes.

Et donc s'il y a un acte 2 pour moi c'est d'abord que tous les engagements qu'on a pris on puisse bien les tenir il faut qu'on aille plus loin s'il y a des choses sur lesquelles il faut qu'on clarifie par exemple notamment la participation démocratique si on doit clarifier la décentralisation la déconcentration l'organisation de l'Etat et bien qu'on y aille et qu'on y aille résolument avec ambition. Près de 70% des Français se disent insatisfaits de la restitution qui a été faite du grand débat national c'est une enquête d'Oxac qui est publiée ce matin qu'est-ce qui n'a pas été bien fait dans cet exercice-là ?

Moi personnellement j'ai trouvé que c'était d'abord très intéressant parce qu'on y arrivait de manière assez simple à comprendre Vous faites partie des 30% ?

Mais vous savez c'est compliqué quand vous avez 2 millions de contributions 1 million et demi de Français qui s'expriment soit par internet soit par des courriers soit dans des réunions essayer de finalement on ne va pas résumer leur pensée puisqu'ils expriment des choses très différentes mais de montrer les points de consensus et les points de proposition différentes je trouve que c'est d'abord ambitieux c'est une forme aussi de transparence démocratique que chacun ne s'y retrouve pas totalement c'est normal puisqu'on a bien vu qu'il y avait des dissensions maintenant je pense que l'exercice qui a été fait il est très ambitieux qui nous oblige à répondre avec ambition D'un mot il y a seulement 30% des moins de 35 ans qui comptent voter aux élections européennes c'est votre classe d'âge Amélie de Montchalin très simplement en une phrase que diriez-vous à un jeune Français une jeune Française pour les convaincre d'aller voter aux Européennes ?

Je leur dirais que quand ils s'occupent du climat quand ils vont dans la rue défiler parce qu'ils pensent qu'il y a une urgence climatique et ils ont raison d'aller défiler la réponse elle ne se trouve pas entre les 6 frontières de la France elle se trouve avec les 500 millions d'Européens qui nous entourent comment on a envie de produire comment on a envie de s'alimenter comment on a envie de se transporter et cet enjeu-là par exemple c'est un enjeu qui nous concerne à 500 millions et pas qu'à 60 millions Merci d'avoir répondu à nos questions la secrétaire d'Etat aux affaires européennes Amélie de Montchalin était l'invité de France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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