Jordan Bardella accusé d'écrits antisémites, grève dans la fonction publique, budget, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse directe
Est-ce que vous lui accordez, vous, Dominique de Villepin, le bénéfice du doute ?
- 2:13OuverteRéponse partielle
Dans cette enquête, Jordan Bardella dit ou dirait que l'important est d'être irréprochable médiatiquement.
- 2:29RelanceÉludée
Est-ce que vous avez un doute sur le sérieux de leur enquête, puisque c'est la ligne de défense du RN ce matin ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que, de toute façon, même si Jordan Bardella arrive à se défendre et à prouver qu'il n'a pas tenu ses propos, c'est un fait de campagne qui poursuivra le RN ?
- 3:15RelanceRéponse directe
La dédiabolisation, c'est une imposture, Dominique de Villepin ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Est-ce que, comme la France insoumise, vous soutenez l'action de ces lycéens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurFait
« Toutes les banques sont détenues par les juifs. Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser, les voler, etc. »
- 0:25PrésentateurFait
« Des écrits authentifiés, d'après Mediapart, qui datent de 2013, à l'époque où Jordan Bardella était tout jeune militant au Front National. »
- 0:39Invité politiqueFait
« propos ont été tenus, ils sont bien sûr inacceptables. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Le RN défend une politique qui est contraire à tous nos principes d'égalité et met en place une mécanique qui a vocation à changer notre constitution et, à terme, à changer notre régime. »
- 1:39Invité politiqueFait
« C'est celui de la xénophobie, c'est celui du racisme, c'est celui de l'antisémitisme. »
- 2:21PrésentateurFait
« Jordan Bardella dit ou dirait que l'important est d'être irréprochable médiatiquement. Mais il se réjouit que le fond idéologique du parti reste le même depuis 40 ans. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Alors, je prends très au sérieux les revendications qui sont celles des lycéens et qui s'expriment un peu partout dans les lycées de France. »
- 4:51Invité politiqueChiffre
« le gel du point d'indice, en gros, depuis 2010, est une constante. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Le Président de la République a jugé que nous pouvions apporter quelque chose à la sécurisation d'une infrastructure énergétique, en l'occurrence, la mer Rouge, sachant que le détroit d'Ormuse, est bloqué. »
- 7:48Invité politiqueChiffre
« Et il y a 5 millions de barils qui passent par ce chemin-là. »
- 9:32Invité politiqueFait
« La Russie cherche à tester les réactions de l'Union européenne et de l'OTAN dans le cadre de ce qu'on appelle un conflit hybride. »
- 10:54Invité politiqueFait
« L'Ukraine, ne l'oublions pas, est victime dans cette affaire d'une agression qui est celle de la Russie. »
- 13:49Invité politiqueFait
« Oui, c'est une erreur factuelle. »
- 17:11Invité politiqueFait
« il faut dire le droit, fixer la limite, et essayer de renverser cette politique aujourd'hui d'interventionnisme militaire permanent qui contribue à la déstabilisation de la région. »
- 21:23Invité politiqueChiffre
« les niches fiscales et sociales qui représentent 180 milliards d'euros »
Temps de parole
- Dominique de Villepin62 %
- Invité14 %
- Présentateur13 %
- Invité 25 %
- ?4 %
≈ 23,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Agathe.
Bonjour.
Et
bonjour Dominique
de Villepin.
Bonjour Dominique de
Villepin. Jordan Bardella est donc accusé d'antisémitisme. Le journal en ligne Mediapart publie ses propos attribués au président du RN. Toutes les banques sont détenues par les juifs. Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser, les voler, etc. Des écrits authentifiés, d'après Mediapart, qui datent de 2013, à l'époque où Jordan Bardella était tout jeune militant au Front National. A l'époque, lui conteste formellement ses propos. Il parle de faux grossiers et assure qu'il va déposer une plainte, qu'il a déposé d'ailleurs une plainte en diffamation contre Mediapart. Est-ce que vous lui accordez, vous, Dominique de Villepin, le bénéfice du doute
?
Si ses
propos ont été tenus, ils sont bien sûr inacceptables. Dans un pays qui connaît une montée forte de l'antisémitisme, à aucun moment on ne peut souscrire à de tels propos. Mais vous me permettrez ce matin de ne pas me placer sur un terrain personnel, mais sur un terrain politique. Parce qu'il y a matière, de ce point de vue, à dire des choses très fortes sur le RN et qui, malheureusement, ne sont pas dites depuis un certain nombre de semaines et un certain nombre de mois. Le RN
défend
une politique
qui
est contraire à tous nos principes d'égalité et met en place une mécanique qui a vocation à changer notre constitution et, à terme, à changer notre régime. La République et nous faire rentrer dans une démocratie libérale. C'est ça... Illibéral. Illibéral. C'est ça la mécanique mortelle qui est en train de se mettre en place. Par ailleurs,
le
RN porte un héritage.
Et
cet héritage, tout le monde le connaît. C'est celui de la xénophobie, c'est celui du racisme, c'est celui de l'antisémitisme. Et les dernières élections,
2022
-2024, ont montré que les brebis galeuses étaient encore très nombreuses. Dans ce contexte, dans ce contexte,
la
vigilance, bien sûr,
est
nécessaire.
Mais
nous voyons bien aujourd'hui que dans la politique de surenchère, qui est celle du RN, ces ambiguïtés sont aujourd'hui extraordinairement dangereuses.
Justement, dans l'enquête de Mediapart, vous parlez du fond idéologique du RN. Dans cette enquête, Jordan Bardella dit ou dirait que l'important est d'être irréprochable médiatiquement. Mais il se réjouit que le fond idéologique du parti reste le même depuis 40 ans. Vous qui avez été plusieurs fois épinglé, vous-même, Dominique de Villepin, par Mediapart, est-ce que vous avez un doute sur le sérieux de leur enquête, puisque c'est la ligne de défense du RN ce
matin
? Je n'ai pas vocation à me poser en témoin de moralité, de quoi que ce soit, ni de juger de la qualité de l'enquête faite par Mediapart. Nous savons qu'ils ont fait dans le passé des enquêtes très sérieuses, mais il est important d'apprécier sur la réalité des faits précisément évoqués, et la justice est saisie, je n'irai donc pas plus loin sur ce terrain personnel.
Est
-ce que vous pensez que, de toute façon, même si Jordan Bardella arrive à se défendre et à prouver qu'il n'a pas tenu ses propos, c'est un fait de campagne qui poursuivra le RN ?
Ce qui est un fait de campagne et qui poursuivra le RN, c'est l'héritage qui est le sien et la politique qui l'entend mener. Moi, j'attache de l'importance à la réalité
de la politique. La
dédiabolisation, c'est une imposture, Dominique
de
Villepin
?
La dédiabolisation suppose que la politique menée sur le fond par Israël, par
le
RN,
soit
une réalité. Et je trouve étonnant que le RN puisse aujourd'hui se présenter en protecteur d'Israël et des Juifs de France, compte tenu de l'héritage qui est le sien et compte tenu des manifestations qui continuent de s'exprimer à l'intérieur de ce parti.
Dominique de Villepin, l'autre actualité aujourd'hui, c'est la mobilisation dans la fonction publique et dans les lycées. Un mouvement de blocage parti des lycées d'Île-de-France contre le manque de moyens ou l'absence de professeurs, notamment. Est-ce que, comme la France insoumise, vous soutenez l'action de ces lycéens ?
Alors, je prends très au sérieux les revendications
qui
sont celles des lycéens et qui s'expriment un peu partout dans les lycées de France. D'abord parce que, nous le voyons, il y a une surcharge importante dans certains établissements. Il y a des conditions d'études et de travail qui ne sont pas du tout satisfaisantes, de chaleur, d'insalubrité, de manque de personnel. Et une inégalité qui s'exprime sur notre territoire, inégalité sociale, inégalité territoriale et inégalité générationnelle.
Donc, sur le
fond, ce mouvement est légitime, dis-nous ? Je ne dis pas que le mouvement est légitime. D'abord parce qu'aucune violence n
'est
légitime. Mais qu'il y ait aujourd'hui des revendications, il faut les prendre au sérieux, comme il faut prendre au sérieux les revendications des enseignants et, d'une manière générale, de la fonction publique, quand on sait que le gel du point d'indice, en gros, depuis 2010, est une constante.
Sur le fond,
mais
moi, je vous interrogeais aussi sur le bras de fer qui est en train de se jouer. Le maire LFI de Saint-Denis, Bali Bagayoko, s'est rendu hier devant un lycée de sa ville pour soutenir ses jeunes. Vendredi, c'était un autre député, enfin un député LFI qui postait sur X que le mouvement lycéen doit s'étendre. Le Premier ministre fustige une surenchère irresponsable. Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute, estime le Premier ministre. Est-ce que vous êtes d'accord avec le Premier ministre ? Vous, l'homme du CPE, vous savez ce que c'est de mettre les lycéens dans la rue. Pour autant, est-ce qu'on peut cautionner le fait que des élus...
Les
élus ont vocation à défendre des politiques susceptibles d'apporter des réponses aux problèmes rencontrés par nos concitoyens, y compris bien sûr les plus jeunes. Ils n'ont pas vocation à mettre de l'huile sur le feu. C
'est ce que
fait
LFI aujourd'hui ? Nous sommes
dans un contexte extrêmement dangereux et il faut être extrêmement vigilant car l'on sait que des manifestations, dès lors qu'elles se poursuivent dans la durée et qu'elles trouvent des motifs
pour
continuer, sont susceptibles de devenir hors de contrôle. Personne ne souhaite aujourd'hui
que
notre jeunesse puisse se mettre ainsi en danger et donc il faut veiller à
la fois à calmer les esprits,
à la fois à calmer les esprits et en même temps à veiller à la plus grande sécurité de ces jeunes.
LFI, Dominique de Villepin, qui sur un tout autre sujet, remet en cause ou conteste comme le Rassemblement National l'envoi de moyens militaires français en Arabie Saoudite pour protéger un site pétrolier stratégique menacé par les outils du Yémen. LFI et le RN jugent que des militaires français n
'ont
rien à faire là-bas. Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée, était à votre place ici dans le 830 France Info hier matin. Il assure que la position de son parti, finalement,
est la vôtre. Dominique de Villepin, écoutons-le. Est-ce que l'Arabie Saoudite ne s'appuie pas sur ses partenaires historiques ? Nous, on a des accords de défense, non pas avec l'Arabie Saoudite, mais avec les Émirats Arabes Unis. Nous n'en avons pas avec l'Arabie Saoudite. Je reprends la position de Dominique de Villepin aussi, qui n'est pas connue pour être, si le moins qu'on puisse dire, un allié du Rassemblement National, qui trouvait qu'effectivement, c'était une position dangereuse. Et je pense que Dominique de Villepin, en cela, dit aussi la vérité. Il a raison, Sébastien Chenu, vous êtes d'accord ?
Il
y a besoin d'une très grande vigilance, dès lors qu'il s'agit d'envois de force sur les théâtres extérieurs, et en particulier sur un théâtre de guerre. Le Président de la République a jugé que nous pouvions apporter quelque chose à la sécurisation d'une infrastructure énergétique, en l'occurrence, la mer Rouge, sachant que le détroit d'Ormuse, est bloqué. Et il y a 5 millions de barils qui passent par ce chemin-là. Donc il y a un enjeu.
Que
nous soyons vigilants,
même
si nous avons participé, à une même opération en 2019, avec
l'Arabie
Saoudite, en 2019, l'envoi de radars et de soldats. Mais dans un contexte qui est différent. Aujourd'hui,
il
faut prendre en compte le fait que nous sommes en situation de guerre dans cette région, avec un mouvement houtiste qui tient... Donc les rebelles du Yémen. Qui tient les positions qui, aujourd'hui, tirent sur le terminal de Yambou. Donc soyons extraordinairement vigilants.
Vigilants, ça veut dire quoi ? Nous n'avons pas à rentrer, à aucun
moment, dans une logique d'engrenage.
Que nous puissions,
et c'est l'ambition du Président de
la
République, apporter notre concours à la sécurisation de ce terminal de façon défensive, c'est une chose. Que nous puissions rentrer dans une logique d'engrenage et
devenir
partie
intégrante à cette guerre... Est-ce que vous
étiez à la tête de l'État, aujourd'hui, Dominique de Villepin ? Est-ce que vous auriez fait comme le Président ? C'est-à-dire envoyer des moyens pour sécuriser et agir sur les prix du carburant en France ? L
'objectif est légitime. Les modalités et les précautions qui doivent être prises pour accompagner ce dispositif sont absolument indispensables. Donc nous devons nous tenir loin de ce théâtre de guerre et à aucun moment prendre le risque de rentrer dans cette logique d'escalade.
Dominique de Villepin, sur un autre front, les tensions entre l'Europe et Moscou s'intensifient. Une réunion a eu lieu à l'Élysée pour informer les candidats que la France pouvait être visée par une attaque, notamment de drones chargés d'explosifs, comme l'a été l'Allemagne début août.
C
'est la mise en garde du Président. Est-ce que la Russie nous fait la guerre
? Nous
ne sommes pas du tout en guerre avec la Russie. La Russie cherche à tester les réactions de l'Union européenne et de l'OTAN dans le cadre de ce qu'on appelle un conflit hybride. Chaque
initiative
de la Russie, chaque agression, nous l'avons vu en Pologne sur le terminal ferroviaire, nous l'avons vu à Leipzig sur un aéroport, chaque
attaque
de la Russie doit
comporter
une réponse mesurée
de
notre part. C'est la règle de tout conflit hybride. Sans pour autant
nous
placer dans une logique de guerre ouverte, nous sommes dans le cadre de seuils,
en
dessous du seuil de la guerre, et il n'est évidemment pas question d'en sortir.
Conflit hybride. Jean-Luc Mélenchon se demande si l'intensification de cette menace russe n'est pas liée au tir en profondeur que fait l'Ukraine sur le territoire russe. Des propos qui ont été très critiqués, notamment à gauche, qui ont réactivé la suspicion de complaisance de LFI vis-à-vis de la Russie. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon reprend la rhétorique de Moscou ?
Il
y a le risque en permanence de vouloir,
en
quelque sorte, légitimer la réaction de Moscou sur le territoire ukrainien, et expliquer que la surenchère de Moscou viendrait des erreurs de l'Ukraine. L'Ukraine, ne l'oublions pas, est victime dans cette affaire d'une agression qui est celle de la Russie. Donc renvoyons chacun à ses responsabilités. En l'occurrence, l'auteur de l'agression, c'est Vladimir Poutine. Et de ce point de vue-là, nous devons marquer clairement nos positions et marquer clairement notre soutien à l'Ukraine. Je crois qu'il ne faut changer en rien la stratégie qui est la nôtre.
Vous êtes d'accord avec le ministre des Affaires étrangères, Jean-Luc Mélenchon, quand il juge que si Jean-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens, Marine Le Pen, elle, les a conservés. Mais au fond, c'est le même message, la défiance vis-à-vis de l'Union Européenne et la complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Oui, complaisance vis-à-vis des nouveaux empires, qu'ils soient américains ou russes. Il y a clairement, du côté des partis, qu'il se soit à l'extrême droite ou la gauche radicale, il y a aujourd'hui un deux poids deux mesures que, pour ma part, je regrette. Il faut être capable de nommer, il faut être capable de défendre le droit international en toutes circonstances. Et quand on défend le droit international au Moyen-Orient, il faut aussi le défendre sur le théâtre ukrainien. Il n'y a pas de règles à
appliquer. Dominique de Villepin, vous restez avec nous, évidemment. Le 8.30 France Info continue. Voici l'info en une minute à 8h46 avec Maureen Suignard.
C'est soit une manipulation, soit un faux grossier, assure Laurent Jacobelli, le porte-parole du Rassemblement National sur France Info ce matin. Mediapart a publié une enquête hier attribuant des messages antisémites à Jordan Bardella datant de 2013. Le président du RN porte plainte en diffamation contre le site d'investigation. Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise, des appels à ne pas délégitimer les lycéens qui portent des motivations justes. Selon lui, le fonctionnement de dizaines d'établissements perturbés depuis plusieurs jours, surtout en Ile-de-France. Des lycéens dénoncent notamment des classes surchargées. Mais il
y
a eu des violences. Et le ministre de l'Intérieur accuse certains élus de la France Insoumise de surenchères irresponsables. Pour le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, un acteur étranger est clairement impliqué dans le projet d'attaque contre une base américaine en Angleterre. Il n'en dit pas plus. Cinq Britanniques ont été arrêtés dimanche, soupçonnés de préparer un acte terroriste. Ils ont été remis en liberté sous caution hier. Et puis l'ouragan Polo touche terre au Mexique, la côte ouest. Un ouragan de catégorie 3 sur 5, un peu plus tôt, la garde nationale a parcouru les rues pour alerter la population.
Le centre américain des ouragans a mis en garde hier contre des vents potentiellement mortels et des crues éclaires.
Avec
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre. Dominique de Villepin, des propos récents d'Emmanuel Macron aussi ont fait polémique à la tribune des Nations Unies mardi dernier. Le président, dans un discours virulent contre la politique israélienne, a affirmé que le Hamas n'avait jamais sévi en Cisjordanie. Est-ce que le chef de l'État a commis une erreur, à commencer par une erreur factuelle ?
Oui, c'est une erreur factuelle. Le Hamas, certes, n'a pas dirigé la Cisjordanie. Je pense que c'est ce que voulait dire Emmanuel Macron.
Vous croyez à sa bonne foi sur ce sujet ? Oui,
je n'ai aucune
raison de vous dire à sa bonne foi. Je crois que le président
de la République, pour être franc avec vous, a souhaité, dans la dernière intervention qui est la sienne devant les Nations Unies, marquer très clairement son rejet et sa condamnation de la politique qui est menée aujourd'hui au Proche-Orient par le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
Et
cette indignation est d'autant plus forte que nous sommes de longs mois après le cessez-le-feu qui a été déclaré à Gaza, et pourtant Gaza n'est toujours pas ouverte, l'injustice faite aux Palestiniens, la situation tragique et la leur continue, et la situation en Cisjordanie se dégrade. Donc le président de la République a voulu insister sur cela et sur
la nécessité. L'erreur factuelle
a détourné en fait le sens de son propos. On a retenu que ça et Israël s'en est servi contre
lui.
Malheureusement, mais la réalité, vous savez, elle est au-delà des erreurs factuelles. La réalité, elle est là et elle pèse lourd dans le fait que cette question de la Palestine reste une question ouverte et que la question de l'instabilité au Proche et Moyen-Orient reste aussi une question ouverte. La situation tragique du Liban, la situation de la Syrie, l'aggravation. Qu'est-ce qu'on constate quand on regarde cette région aujourd'hui ? Des mois après l'intervention des Etats-Unis et d'Israël. C'est que cette région est un véritable désert de puissance. Personne aujourd'hui n'est en situation de maîtriser ce qui s'y passe.
Ce qui veut dire que nous sommes à la merci du jeu des puissances et en particulier à la merci des gardiens de la révolution iranien. Ce qui veut dire que l'économie mondiale et la stabilité de cette région sont en cause jour après jour et que nous en payons le prix. Il est quand même tragique de voir une grande puissance comme les Etats-Unis ouvrir un conflit
de
cette importance et tout à coup se retirer et s'en laver les mains. Nous sommes devant un vide de la puissance que je trouve pour ma part tragique parce qu'à tout moment ce vide de la puissance peut être occupé par des forces de destruction. C'est le cas du risque terroriste. C'est le cas du risque de prolifération parce que la nature a horreur du vide. Donc il
est essentiel que l'Europe
se réinvestisse, que la diplomatie française se réinvestisse. Et chaque fois qu'on peut le faire, et c'est sans doute le geste que le président de
la
République a voulu faire vis-à-vis de l'Arabie Saoudite, qui se sent bien évidemment orpheline face à la désertion américaine.
Dominique De Villepin, pour en revenir à la politique que vous dénonciez du gouvernement de Benyamin Netanyahou. 12 pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada, ont récemment annoncé des sanctions contre les colons. Vous en parliez de la Cisjordanie illégalement occupée. Sanctions essentiellement symboliques puisqu'il s'agit d'arrêter le commerce avec les colonies. Ça ne représente pas grand-chose. Mais l'idée est de protester contre les violences de ces colons, contre les populations palestiniennes, et de condamner les projets d'extension des colonies, encore une fois illégales, qui sont soutenues par le gouvernement israélien, et qui visent à rendre impossible la solution à deux États.
Est-ce qu'il faut aller plus loin dans ces sanctions, Dominique De Villepin ? Alors, il faut
dire le droit, fixer la limite, et essayer de renverser cette politique aujourd'hui d'interventionnisme militaire permanent qui contribue à la déstabilisation de la région.
Et c'est pour cela que j'ai plaidé depuis maintenant plusieurs années, pour que nous marquions une autre limite, qui est celle de la dénonciation de l'accord d'association que nous avons entre l'Europe et Israël, qui, dans l'un de ses premiers articles, prévoit le respect d'un certain nombre de principes qui sont aujourd'hui manifestement bafoués, et qu'il faut donc suspendre de façon à ce que cette politique, et nous sommes dans un temps important, qui est celui des élections israéliennes, que nous marquions clairement ce que nous ne pouvons pas accepter.
Dominique
De Villepin, vous parliez du vide de la puissance, il y a le vide du politique aussi, vous répétez que vous jouerez un rôle dans cette présidentielle, clairement vous laissez entendre que vous serez candidat, mais vous attendez le bon moment pour vous déclarer. Sauf que dans les sondages, vous êtes donné autour de 3% en moyenne, dans les sondages au mieux 5%, vous trouvez qu'il n
'y
a pas assez de candidats, ou c'est qu
'ils
sont tous mauvais
?
Agathe Lambret, j'ai été plus précis que cela, je ne cherche pas à jouer un rôle, ce n'est pas l'ambition qui est la mienne, je participe à un combat.
Donc
je dis clairement les choses, je participe à un combat qui est le refus de voir la France, en 2027, confier à
un
parti politique,
qui
aujourd'hui fait la course nettement en tête, à un parti politique qui a l'héritage, qui est celui du Rassemblement National, et qui n'a aucune solution pour la France, si ce n'est d'aggraver un peu plus le désastre français. Je ne crois pas qu'il y ait de fatalité,
et je fais partie de ceux... Mais il y a énormément de
candidats, Dominique de Villepin. Et c'est très bien, et je m'en réjouis, mais vous allez voir que le jeu va se décanter, nous commençons à voir l'espace central, la droite républicaine et la gauche commençait à travers les primaires qui sont ouvertes pour la droite et organisées pour la gauche. Nous commençons à voir un peu plus clair un certain nombre de candidats, et je le regrette pour eux, commencent à descendre et à découvrir que les positions qu'on leur avait prêtées sont peut-être moins enthousiasmantes qu'ils ne le pensaient. Donc il y
a
un principe de réalité qui va se produire dans cette élection. Nous sommes encore à 8 mois, 7 mois et demi de
l'échéance.
Vous avez cette phrase, Dominique de Villepin, il arrive parfois qu'on dévisse malgré soi et qu'on se retrouve dans une situation où ça n'a pas beaucoup de sens de maintenir sa candidature. Ça veut dire quoi ? Vous pensez qu'Édouard Philippe va dévisser notamment ?
Je pense que vous avez regardé comme moi les derniers sondages. Ils
ne sont
pas très bons pour Édouard Philippe ?
Mais pas très bons pour les autres non plus. Nous sommes dans une situation où aucun des candidats qui sont aujourd'hui déclarés ne font la maille. Aucun ne donne satisfaction. Et dans le fond, les Français ne mordent pas à l'hameçon qui leur est tendu. Donc
l
'offre politique va se renouveler dans les prochains mois. Et il y aura donc d'autres candidatures qui se déclareront à ce moment-là, mais surtout d'autres projets. On voit bien que le projet de ceux qui sont aujourd'hui déclarés, c'est le projet, peu ou prou, de reconduite de la politique qui a été menée. Et ce n
'est
pas étonnant. Ce sont les héritiers de la politique qui a été menée depuis dix ans. Alors certes, ils changent quelques mesures, ils adaptent quelques dispositifs. Moi, je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut un changement radical de politique. Et il faut le faire à travers un principe qui doit gouverner tout. Et c'est ce qui explique que certains ont du mal à me classer sur le jeu politique. Le principe qui doit tout dominer, c'est celui de la justice sociale. Nous sommes dans un pays qui souffre. Nous sommes dans un pays qui a le sentiment permanent du deux poids,
deux
mesures. Tout le monde n
'est
pas traité de la même façon. Et c'est pour ça que je dis clairement,
faisons
place nette, nettoyons les écuries d'Ogias. Faisons en sorte d'ouvrir la boîte noire fiscale et sociale. Vous
voulez supprimer notamment certaines niches fiscales
?
J'organise une loi d'extinction, je mets en place une conférence fiscale, je simplifie notre dispositif fiscal à travers neuf impôts, c'est-à-dire que je supprime progressivement, je ne fais pas les choses brutalement, les niches fiscales et sociales qui représentent 180 milliards d'euros, ce qui permet déjà d'engager un mouvement de remboursement de notre dette. Et nous en avons besoin. Nous devons à la fois redresser les finances publiques et en même temps investir si nous voulons rester dans la course des puissances. La France n'a pas vocation à être une variable d'ajustement, nous n'avons pas vocation à manger dans la main des empires qui nous menacent.
Nous devons défendre la puissance française et nos concitoyens. Ça veut dire mener la grande transformation écologique, ça veut dire mener la grande transformation technologique et donc faire les investissements nécessaires. Vous venez
de dire Dominique de Villepin et de vous amuser du fait qu'on avait un peu de mal à vous classer. Est-ce que vous pouvez nous aider à vous classer ?
Vous
parlez de justice sociale, Libération raconte qu'en privé vous dites que vous êtes plus à gauche que Raphaël Glucksmann. Vous êtes où
?
Moi, je n'ai pas été sarkoziste, contrairement à Raphaël Glucksmann. Oui, enfin, vous avez appartenu au même gouvernement. Non, il a appartenu au même gouvernement que moi. je n'ai jamais appartenu au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Je crois qu'il faut remettre les pendules à l'heure. La jeunesse justifie peut-être des erreurs de perspective, mais de ce point de vue-là, les
choses sont
claires.
S'il
y
en a un qui a travaillé avec Nicolas Sarkozy entre vous et Raphaël Glucksmann, c'est vous. Lui, il a insisté à un meeting, il a soutenu en 2007. Il était
ministre de l'Intérieur dans mon gouvernement. Lui, il a adhéré
à un certain
nombre de visions et de propositions auxquelles moi-même je n'adhérais pas et j'ai clairement marqué à quel point la politique qu'il a suivie, en particulier sur l'identité nationale, était insupportable à mes yeux.
De la même façon... Vous êtes aussi
qualifié d'homme de droite préféré de la gauche et vous savez comment vous surnomme François Hollande, Dominique de Villepin ou pas
?
Non, mais je sais. Toujours
conneur. Des
bons mots de François Hollande.
Candidat LFI bis.
C'est presque
le candidat LFI masqué. Qu'est-ce que vous répondez
?
Écoutez, de la part de quelqu'un qui aujourd'hui fait partie sans doute des autres inclassables du jeu politique. Je crois qu'en tout cas, il est nettement plus marqué que moi dans la volonté d'un recentrage. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la justice sociale. De la façon la plus claire. Quand je vois les propositions de François Hollande sur la TVA sociale, par exemple,
il
semble oublier que
la TVA sociale, ça touche
à la consommation et donc ce sont malheureusement les plus défavorisés qui vont en pâtir. Moi, j'ai une toute autre proposition dans le basculement du financement de la protection sociale qui
doit permettre d
'alléger le travail à travers la CSG qui touche l'ensemble des revenus, y compris les revenus de l'intelligence artificielle.
On a compris en tout cas que sur votre positionnement politique,
il
n'était pas dans votre intérêt pour l'instant de sortir de l'ambiguïté. Dominique de Villepin, merci beaucoup d'avoir été avec nous dans
le but. Pas sortir de l'ambiguïté,
mais combattant, je n'entends pas comme d'autres devenir le nouveau René Cotty de la politique française.
Merci Dominique de Villepin,
merci Agathe,
je vous dis à demain et
merci
à vous, bonne journée. Merci.
Dominique de Villepin