Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRadio J — L'interview politique· 7 octobre 2026 13 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Michel Barnier - L'interview politique du 07/10/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Vous êtes évidemment ancien Premier ministre, aujourd'hui député LR de Paris.

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Vous avez été ministre à de maintes reprises, commissaire européen, vice-président de la commission négociateur du Brexit pour l'UE.

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Alors on va bien sûr parler de politique française, mais d'abord pour commencer un mot sur le 7 octobre.

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Trois ans après, comment ce massacre a-t-il marqué non seulement Israël, mais aussi le monde ?

  • 1:56RelanceRéponse directe

    Et justement, cet événement aurait dû, aurait pu susciter un élan de solidarité.

  • 2:52RelanceRéponse directe

    Un mot sur les révélations de Mediapart, sur les propos de Jordan Bardella précisément, qui rappelaient des propos très antisémites tenus en 2013.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueChiffre
    « tuant 1200 personnes, dont 51 Français, et traumatisant durablement le peuple d'Israël. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « la sécurité d'Israël n'est pas négociable. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « l'antisémitisme est un délit et la loi doit passer. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Les Rima Hassam d'un côté et de l'autre côté à l'extrême droite, on sait bien. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Il faut absolument qu'on évite à ce pays d'être prisonnier de ce duel incroyable entre l'extrême droite et l'extrême gauche. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Et c'est l'idée de ces deux états, même si c'est de plus en plus difficile. »
  • 4:30PrésentateurChiffre
    « Entre 266 000 et 450 000 manifestants hier dans les rues de notre pays, 488 interpellations. »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « Parcoursup pose des problèmes »
  • 6:08Invité politiqueFait
    « j'ai entendu le ministre de l'Éducation nationale hier, qui est un homme de bonne volonté, à l'Assemblée nationale, dire les efforts qui sont faits et les cas qui vont être traités rapidement, notamment tous les professeurs qui manquent. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Notre pays est complexe. Il est encore très centralisé, trop centralisé. »
  • 10:31Invité politiqueChiffre
    « Le prix de la dette, le prix qu'on paye au titre des intérêts d'emprunt, les intérêts de l'emprunt coûtent 10 milliards de plus. Chaque année, nous en sommes à 70 milliards. »
  • 11:05Invité politiqueChiffre
    « On a un déficit qui approche 6,2,6,3 et on doit réduire à 5. »
  • 12:07Invité politiqueFait
    « Nous sommes en pré-crise financière. »
  • 12:30Invité politiqueChiffre
    « on va payer pour les intérêts de l'emprunt à ceux qui nous prêtent de l'argent, tant que nous en avons, qui nous prêtent de l'argent, 70 milliards d'euros. »
  • 12:45Invité politiqueFait
    « Oui, nous perdons la confiance des marchés. »

Temps de parole

  • Michel Barnier72 %
  • Présentateur26 %
  • ?2 %

≈ 10,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Locuteur

Bonjour

0:07
Michel Barnier

Michel Barnier. Bonjour et bonjour aux auditeurs de Radio-G.

0:10
Présentateur

Vous êtes évidemment ancien Premier ministre, aujourd'hui député LR de Paris. Vous avez été ministre à de maintes reprises, commissaire européen, vice-président de la commission négociateur du Brexit pour l'UE. Alors on va bien sûr parler de politique française, mais d'abord pour commencer un mot sur le 7 octobre. Aujourd'hui, 7 octobre 2026, Israël commémore la plus sanglante attaque terroriste, le plus grand traumatisme de son histoire, ce massacre du 7 octobre 2023. Trois ans après, comment ce massacre a-t-il marqué non seulement Israël, mais aussi le monde

0:38
Locuteur

? Cela

0:39
Michel Barnier

vient d'être dit, nous sommes dans une journée de deuil.

0:42
Locuteur

Et

0:42
Michel Barnier

précisément à l'heure où nous sommes, vers 6h-6h30 du matin, cette attaque terroriste incroyable s'est déroulée, tuant 1200 personnes, dont 51 Français, et traumatisant durablement le peuple d'Israël. J'ai pu le voir, puisque je suis allé à l'invitation du CRIF, dans l'un des kiboutts martyrs à Béhéry. Je suis allé dans la ville d'Ophakim aussi. Ce que j'ai entendu, ce que j'ai vu, définitivement marque le cœur, les esprits, l'âme, et nous conduit à dire ce que j'ai toujours dit comme Premier ministre

1:23
Locuteur

le

1:25
Michel Barnier

jour anniversaire de cette tragédie et de cet attentat terroriste du Hamas, mais aussi lorsque j'étais Premier ministre et ministre des Affaires étrangères bien avant, la sécurité d'Israël n'est pas négociable. Ça, c'est ma position, c'est la position du gouvernement français depuis longtemps. Il faut être solidaire, nous sommes solidaires.

1:46
Locuteur

Et

1:46
Michel Barnier

en même temps, chez nous, on voit tous les jours l'antisémitisme au quotidien s'amplifier. Il faut être impitoyable et absolument intransigeant.

1:56
Présentateur

Et justement, cet événement aurait dû, aurait pu susciter un élan de solidarité. On a assisté au phénomène inverse avec l'explosion de l'antisémitisme dans le monde et en particulier dans notre pays et notamment sous l'effet de certaines forces politiques.

2:10
Michel Barnier

De toute façon, l'antisémitisme est un délit et la loi doit passer. Quels que soient les individus, les forces politiques, c'est inacceptable. Les Rima Hassam d'un côté et de l'autre côté à l'extrême droite, on sait bien. Les relents et les positions de ces partis politiques, on les voit. On doit être intransigeant. Il faut la combattre par la loi, l'antisémitisme. Il faut le combattre aussi par la démocratie, par l'explication. Vous parliez de moments de solidarité.

2:37
Locuteur

Il

2:37
Michel Barnier

y a eu dans notre pays, partout, un élan de solidarité à l'égard des Israéliens qui ont été massacrés. Je n'oublie d'ailleurs pas ceux qui sont revenus et qui sont durablement traumatisés.

2:50
Locuteur

Les otages.

2:50
Michel Barnier

Les otages.

2:52
Présentateur

Un mot sur les révélations de Mediapart, sur les propos de Jordan Bardella précisément, qui rappelaient des propos très antisémites tenus en 2013. Est-ce qu'on n'est pas coincé aujourd'hui entre un RN qui n'a pas oublié son ADN antisémite des origines et une France insoumise qui joue aussi avec ce ressort-là pour des raisons électorales ?

3:12
Michel Barnier

Oui, mais ça c'est le débat, malheureusement, où nous sommes

3:14
Locuteur

et

3:15
Michel Barnier

dont il faut sortir à l'occasion de l'élection présidentielle. C'est le combat que je mène avec ma famille politique et Bruno Rotaillot. Il faut absolument qu'on évite à ce pays d'être prisonnier de ce duel incroyable entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Il y a une issue, il y

3:31
Locuteur

a

3:31
Michel Barnier

un chemin. Je ne

3:32
Locuteur

vais

3:32
Michel Barnier

pas être fataliste. On n

3:33
Locuteur

'a

3:33
Michel Barnier

pas le droit d'être fataliste quand on est engagé en politique. Vous me permettrez d'ailleurs de revenir un instant sur la situation au Proche-Orient qui est grave parce qu'il y a Israël et j'ai dit ce que je pense depuis longtemps, la sécurité d'Israël n'est pas négociable. Il y a aussi tous les pays autour et il y a aussi le sort des Palestiniens. Donc je continue à dire que pour la sécurité d'Israël, dans le moyen, le long terme, il faut

3:57
Locuteur

trouver

3:58
Michel Barnier

une perspective,

3:59
Locuteur

une

3:59
Michel Barnier

issue pour le peuple palestinien. Et c'est l'idée de ces deux états, même si c'est de plus en plus difficile. Il y

4:04
Locuteur

a

4:04
Michel Barnier

aussi le peuple libanais et puis tous les pays de cette région où la France, d'autres pays, le Royaume-Uni, qui a une histoire comme nous, parfois d'ailleurs tragique et opposée dans cette région,

4:17
Locuteur

l

4:17
Michel Barnier

'Union Européenne doit jouer leur rôle.

4:18
Présentateur

Alors évidemment, des élections décisives dans trois semaines en Israël qu'on suivra de près sur Radio-J. Un mot sur le mouvement des lycéens en France. Entre 266 000 et 450 000 manifestants hier dans les rues de notre pays, 488 interpellations. et une annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu de suspension des cours dans les lycées sur une demi-journée pour un temps de démocratie interne.

4:40
Locuteur

Est

4:40
Présentateur

-ce que le gouvernement s'y prend bien avec ce mouvement

4:42
Locuteur

? Il

4:43
Michel Barnier

n

4:43
Locuteur

'a

4:43
Michel Barnier

pas été anticipé.

4:46
Locuteur

Il

4:46
Michel Barnier

y

4:47
Locuteur

a

4:47
Michel Barnier

une réponse qui est apportée. D'abord, pour exprimer ces revendications, certaines doivent être entendues.

4:54
Présentateur

Elles sont légitimes

4:55
Locuteur

? Elles

4:56
Michel Barnier

sont entendues, elles doivent être entendues. Le fait qu'il n'y

4:58
Locuteur

ait

4:58
Michel Barnier

pas de professeurs dans certains lycées ou pas de remplaçants, le fait qu

5:03
Locuteur

'il

5:03
Michel Barnier

y

5:03
Locuteur

ait

5:03
Michel Barnier

des conditions de travail qui ne sont pas bonnes, le fait que Parcoursup pose des problèmes, tout ça doit être entendu. Est-ce qu'il y

5:10
Locuteur

a

5:10
Michel Barnier

besoin d'aller attaquer des proviseurs ou des enseignants, de menacer ou de caillasser les policiers, les sapeurs-pompiers ? Non, ça n'est pas acceptable. Et donc de ce côté-là, ceux qui cassent doivent payer. S

5:25
Locuteur

'ils

5:25
Michel Barnier

ne peuvent pas payer, ce sont leurs parents qui doivent payer. Et ceux qui commettent des infractions ou des délits doivent être condamnés et doivent être condamnés rapidement. Après, il y a le débat démocratique et le fait que ces revendications, comme on l'a vu hier, d'ailleurs, ça s'est plutôt bien passé. Ça me permet d'ailleurs de dire une chose que je crois depuis longtemps, c'est que dans ce pays, on doit faire attention à ce qu'on appelle les corps intermédiaires. Les syndicats, les églises, le Parlement, les élus locaux, on ne peut pas gérer ce pays tout seul d'en haut sans travailler collectivement.

Et donc, quand les corps intermédiaires interviennent, le pays a plus de chances d'avoir ce débat démocratique. Il faut écouter ces jeunes, il faut leur répondre. J'ai entendu le ministre de l'Éducation nationale hier, qui est un homme de bonne volonté, à l'Assemblée nationale, dire les efforts qui sont faits et les cas qui vont être traités rapidement, notamment tous les professeurs qui manquent.

6:16
Présentateur

Quand vous dites ne pas oublier les corps intermédiaires, vous visez évidemment directement le président de la République, qui a été, pendant ces deux mandats, critiqué pour justement le fait d'avoir outrepassé ces corps.

6:28
Michel Barnier

Je ne vise pas forcément le président de

6:30
Locuteur

la

6:30
Michel Barnier

République. Je considère que depuis une dizaine d'années, et peut-être un peu avant, on a une manière très solitaire de gérer ce pays. Or, notre pays est complexe. Il est encore très centralisé, trop centralisé. On n'a pas l'habitude de faire confiance aux collectivités locales, ni aux syndicats. Et on ne peut pas gérer la complexité de ce pays et la gravité de la situation actuellement. Tout seul,

6:53
Locuteur

il

6:53
Michel Barnier

faut être ensemble.

6:54
Présentateur

Vous évoquiez les attaques, les violences. C'est vrai qu'il y

6:56
Locuteur

a

6:56
Présentateur

eu des dizaines de millions d'euros de dégâts. Le gouvernement pointe LFI, qui l'accuse de souffler sur les braises. Vous êtes d'accord, les braises de la contestation ?

7:05
Michel Barnier

Bien sûr, je suis d'accord. Ça se voit. On voit des élus locaux, des députés, de

7:10
Locuteur

se

7:10
Michel Barnier

compétenir de manière inadmissible. Il faudra qu'ils répondent de leurs actes. Ce n'est pas la première fois. Je suis revenu à l'Assemblée nationale grâce aux Parisiens du 6e, du 7e et du 5e

7:18
Locuteur

arrondissement. Vous êtes le seul

7:19
Présentateur

député à l'ère de Paris, je crois.

7:20
Locuteur

Oui,

7:21
Michel Barnier

et j'aimerais qu'on soit plus nombreux. Mais en tout cas, je porte ces couleurs dignement et avec fierté. Je suis revenu à cette Assemblée que je connais puisque j'avais été élu longtemps avant député de la Savoie. Et j'y trouve une ambiance, et à certains moments, une atmosphère pré-insurrectionnelle. À cause

7:40
Locuteur

de

7:40
Michel Barnier

LFI ? Notamment à raison du comportement de haine, d'intolérance,

7:45
Locuteur

de

7:46
Michel Barnier

violence verbale des députés LFI. Et ce qu'on voit quelquefois dans la rue est la suite malheureusement logique de ce comportement. Il faudra combattre ces idées, ces comportements dans les urnes. Et c'est l'objet des mois qui viennent qui sont très graves dans une situation où la France ne va pas bien.

8:04
Locuteur

Alors,

8:04
Présentateur

on va en parler, mais un mot sur votre candidat,

8:06
Locuteur

vous

8:06
Présentateur

l'évoquiez, Bruno Retailleau, président de LR, candidat

8:08
Locuteur

présidentiel, qui est en Israël

8:09
Michel Barnier

d'ailleurs.

8:09
Présentateur

Qui est en Israël aujourd'hui. Dans les sondages, il reste un peu scotché autour des 10% grosso modo d'intention de vote. Pas vraiment dynamique. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi

8:18
Locuteur

? Vous n'avez jamais

8:19
Michel Barnier

vu les sondages de septembre ou d'octobre être ceux de janvier ou de février ?

8:24
Locuteur

Une

8:24
Présentateur

exception, c'est Nicolas Sarkozy.

8:26
Michel Barnier

Oui, très bien. C

8:27
Locuteur

'est

8:27
Michel Barnier

une bonne exception. Donc, je vous recommande de garder votre calme et de voir comment les choses se passent. Bruno Retailleau mène une campagne extrêmement digne, calme, claire, sincère. Il est sincère. Il dit ce qu'il pense. Il m'arrive d'ailleurs de ne pas être toujours d'accord avec lui ou de lui dire qu'il faut parler de l'Europe, il faut parler d'une écologie humaniste et concrète. Il y

8:49
Locuteur

a

8:49
Michel Barnier

des choses auxquelles je tiens, il le sait, mais il mène une bonne campagne. Je pense qu'il va remonter, il va monter.

8:55
Présentateur

Le problème, c'est que dans cet espace politique, celui du bloc central, celui qui caractérisait votre mandature à la tête du gouvernement, il y a trois candidats, Bruno Retailleau donc, Gabriel Nathal, Édouard Philippe, et que, évidemment, si les trois se maintiennent, c'est l'assurance d'un deuxième tour, Mélenchon, Le Pen, la peste et le choléra, comme le disait Kevin.

9:12
Locuteur

Il

9:12
Michel Barnier

y

9:12
Locuteur

a

9:12
Michel Barnier

trois candidats, vous pourriez même dire quatre, avec David Lissner, ça fait trois de trop. Il en faudra un seul le moment venu. Mais ce moment n'est pas venu. On n

9:21
Locuteur

'a

9:21
Michel Barnier

pas réussi à être dans une procédure de choix préalable avec un seul candidat, je le regrette, on en a plusieurs,

9:26
Locuteur

ils

9:26
Michel Barnier

sont tous chefs de parti ou à peu près. Laissons le débat se dérouler, j'espère qu'il doit être respectueux, il faut qu

9:32
Locuteur

'il

9:32
Michel Barnier

soit respectueux, et tous ces gens-là devront travailler ensemble après. Comme ils ont travaillé ensemble quand j'étais Premier ministre, il n

9:38
Locuteur

'y a

9:38
Michel Barnier

pas d'issue autrement. Donc le moment venu, peut-être par une primaire, ce serait le plus simple, mais ça serait difficile à organiser. Peut-être avec d'autres moyens, la lucidité reviendra.

9:49
Locuteur

Il

9:49
Michel Barnier

faudra, moi je compte sur leurs responsabilités, il en faudra.

9:51
Présentateur

Le moment venu, c'est quand ?

9:53
Locuteur

Pour moi, c'est

9:53
Michel Barnier

entre le mois de novembre et le mois de janvier.

9:55
Présentateur

D'accord. Un mot sur le budget qu'a présenté le gouvernement la semaine dernière en Conseil des ministres, débattu la semaine prochaine à l'Assemblée. Vu le contexte, déficit qui risque de dépasser l'objectif de 5% du PIB, tout le monde va être mis à contribution, visiblement salariés, retraités, entreprises. Est-ce que pour l'instant, les pistes du gouvernement vous semblent bonnes

10:14
Locuteur

? La

10:16
Michel Barnier

situation est extrêmement grave. Nous parlions des jeunes Français tout à l'heure. Est-ce que je peux dire une conviction que j

10:21
Locuteur

'ai,

10:21
Michel Barnier

que j'ai exprimé quand j'étais Premier ministre ? La première politique qu'il faut mener pour les jeunes Français,

10:26
Locuteur

c

10:27
Michel Barnier

'est de ne pas augmenter nos dettes.

10:29
Locuteur

Ça,

10:29
Michel Barnier

c'est la première politique qui leur rendra service. Parce qu'actuellement, le poids de cette dette, il augmente de 10 milliards. Le prix de la dette, le prix qu'on paye au titre des intérêts d'emprunt, les intérêts de l'emprunt coûtent 10 milliards de plus. Chaque année,

10:42
Locuteur

nous

10:42
Michel Barnier

en sommes à 70 milliards. C'est insensé, c'est irresponsable à

10:45
Locuteur

l

10:45
Michel Barnier

'égard des jeunes Français qui s'expriment actuellement. Donc, premier point. Deuxièmement, il faudra faire des efforts. Je regrette de constater que, deux ans après, c'est comme si rien ne s'était passé, malgré ce que j'ai pu dire comme Premier ministre, malgré ce qu'a dit d'ailleurs François Bayreau, avec beaucoup de véhémence aussi à son tour, nous sommes exactement à les mêmes proportions, les mêmes paramètres. On a un déficit qui approche 6,2,6,3 et on doit réduire à 5. Et c'est exactement ce que

11:13
Locuteur

je disais. Ça semble

11:13
Présentateur

mission impossible aujourd'hui de réduire à 5.

11:15
Michel Barnier

En tout cas, moi, je n'y suis pas parvenu en raison de l'irresponsabilité de l'extrême gauche, de l'extrême droite et même du Parti Socialiste qui n'a pas voulu.

11:22
Locuteur

Et

11:22
Présentateur

les mêmes causes produisant les mêmes effets. À six mois de la présidentielle, on voit mal comment ça pourrait se passer

11:26
Locuteur

différemment. Il faut faire

11:27
Michel Barnier

attention aux citoyens, aux Français, aux gens qui travaillent, qui en ont assez de voir ces violences et qui en ont assez aussi de voir qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord. Vous savez, quand il y

11:38
Locuteur

a

11:38
Michel Barnier

eu des élections municipales il y

11:38
Locuteur

a

11:38
Michel Barnier

quelques semaines, les gens nous ont dit dans les communes, la quasi-totalité des communes de France,

11:44
Locuteur

«

11:44
Michel Barnier

Entendez-vous là-haut, comme nous nous entendons, nous sur le terrain, et réglez nos problèmes. » C'est ça dont il est question pour les Français.

11:51
Présentateur

Alors, vous évoquiez la dette. Jeudi dernier, les taux d'intérêt ont frôlé 5% au plus haut depuis 2022 et surtout,

11:58
Locuteur

c

11:58
Présentateur

'est un bond de plus d'un point sur deux mois. C'est quand même... On est au bord du précipice, non ?

12:06
Locuteur

Nous

12:07
Michel Barnier

sommes en pré-crise financière. J'ai écrit une lettre au Premier ministre, je lui ai remis hier, pour lui dire mon avertissement. En même temps, nous ne devons pas jouer la politique du pire. Il faut un budget à la France. Mais je lui ai montré dans cette lettre le schéma de ce qu'on appelle les spreads, c'est-à

12:22
Locuteur

-dire

12:22
Michel Barnier

du taux d'intérêt comparé entre l'Allemagne et la France. Ils étaient à peu près stables jusqu'en septembre.

12:27
Locuteur

Et

12:27
Michel Barnier

d

12:27
Locuteur

'un

12:27
Michel Barnier

seul coup,

12:28
Locuteur

ils

12:28
Michel Barnier

se sont envolés. Et ça devient insupportable, au point, je leur ai dit, qu'on va payer pour les intérêts de l'emprunt à ceux qui nous prêtent de l'argent, tant que nous en avons,

12:36
Locuteur

qui

12:36
Michel Barnier

nous prêtent de l'argent, 70 milliards d'euros.

12:38
Présentateur

Justement, en quelques mots, pour terminer, ça veut dire que les marchés n'ont plus confiance dans la France à cause de son instabilité politique ?

12:45
Michel Barnier

Oui, nous perdons la confiance des marchés. C'est le plus grave et le plus urgent. Il peut y avoir une sorte d'étranglement progressif par les taux. Il y

12:51
Locuteur

aurait

12:51
Michel Barnier

peut-être une tempête financière qui exigera à ce moment-là beaucoup de courage et beaucoup de mesures difficiles. Et puis il

12:58
Locuteur

y a

12:58
Michel Barnier

aussi le fait que nous ne sachions pas mettre de l'ordre chez nous, ni dans la rue quelquefois, ni aux frontières, ni dans les comptes, fait que nous perdons de l'influence. Et nous avons besoin d'influence dans l'Europe. Aujourd'hui, vous savez, je suis patriote et européen. Nous perdons de l'influence et nous avons besoin d'être capables d'influer.

13:15
Présentateur

Merci, M. le Premier ministre. Michel Barnet. A très bientôt sur Radio G. Merci beaucoup, David. Demain, votre invitée sera Maya Daboulos, PDG d'Avas Paris, ex-directrice de la communication de Jean Castex à Matignon.