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Ultraviolence : "La période estivale entraîne un regain de tensions", déclare Karim Bouamrane

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse partielle

    Ce sont les jeunes de moins de 16 ans le problème ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce couvre-feu accompagne les familles dans leur travail éducatif ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Les familles ont besoin du soutien de la police et de la mairie pour éduquer ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Si un mineur est encore dehors après 23h30, quelles sanctions ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Les maires ont-ils assez de prérogatives pour assurer la sécurité ?

  • 11:00RelanceRéponse partielle

    Le couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans est-il une fourrière pour gamins ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Karim BouamraneFait
    « La décision que j'ai prise s'intègre sur une politique globale de démocratisation de l'excellence sur le plan en direction des jeunes, avec une stratégie éducative de la culture, du sport, une ouverture des maisons de jeunes, des maisons de quartier jusqu'à 23 heures. »
  • 6:00Karim BouamraneChiffre
    « On est passé de 3 policiers municipaux à une trentaine de policiers municipaux. »
  • 8:00Karim BouamraneChiffre
    « Quand je suis venu en responsabilité, il y avait 7-8 points de deal. Désormais, il n'y en a plus que 2. »
  • 11:00Georges FenechFait
    « On crée une sorte de fourrière, permettez-moi l'expression, moi je n'aime pas ce type de mesures, même si je comprends l'objet et la finalité. »
  • 13:00Georges FenechFait
    « Le mineur, aujourd'hui, n'a plus peur de la justice, et les parents sont débordés par leurs mineurs qui ne craignent plus aucune autorité. »
  • 15:00Georges FenechFait
    « La faillite de la politique pénale contre les mineurs délinquants. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Europe 1 Soir Week-end, 19h, 21h, Guillaume Lariche. Un très bon début de soirée à vous qui nous écoutez sur Europe 1, avec moi dans les studios, les chroniqueurs de votre dimanche soir, Jules Torres, journaliste politique au JDD, bonsoir Jules. Bonsoir Guillaume.

Georges Fenech, ancien magistrat, bonsoir Georges. Bonsoir Guillaume. Et notre invité de ce dimanche soir, Karim Boamran, maire socialiste de Saint-Ouen-sur-Seine, Saint-Ouen près de Paris.

Bonsoir M. Boamran. Bonsoir M.

Lariche, bonsoir messieurs. Après Limoges, c'est donc à Béziers que la nuit n'a pas été de tout repos pour les forces de l'ordre. Dans le quartier de la Devesse, des policiers ont été pris dans un guet-apens.

Une cinquantaine d'individus face aux forces de l'ordre avec des tirs de mortier d'artifice. Un policier blessé, un appartement, une voiture, des poubelles brûlées. Certaines villes ont décidé, pour tenter d'endiguer cette ultra-violence, Karim Boamran, d'instaurer des couvre-feux pour les mineurs.

C'est notamment le cas chez vous, à Saint-Ouen, qui se trouve en banlieue parisienne. Depuis mercredi, les moins de 16 ans n'ont plus le droit de sortir la nuit. Monsieur le maire, ce sont les jeunes de moins de 16 ans le problème ?

C'est M. Boamran, M. Larisse, vous avez dit Boamran.

C'est Boamran. Boamran, excusez-moi. Désolé.

Non, autant pour moi. Non, non, autant pour moi. Aucun problème, pardon.

Sur le sujet que vous avez évoqué, il faut déconnecter la situation de Béziers et de Mimes et la décision que j'ai prise. La décision que j'ai prise s'intègre sur une politique globale de démocratisation de l'excellence sur le plan en direction des jeunes, avec une stratégie éducative de la culture, du sport, une ouverture des maisons de jeunes, des maisons de quartier jusqu'à 23 heures. Et apporter un soutien aux familles, un soutien légal pour que leurs enfants, une fois qu'on a fini les activités vespérales, pré-nocturnes, qu'on puisse avoir l'assurance qu'ils souhaitent que leurs enfants soient bien rentrés à la maison avant 23h30.

Donc pour vous, ce n'est pas pour répondre à un problème de violence par rapport aux jeunes de moins de 16 ans, c'est pour accompagner les familles, les aider à faire le travail éducatif ? Absolument, absolument, M. Lariche, ça s'intègre dans une politique globale, un continuum global.

On le sait lorsqu'on est un élu de proximité, lorsqu'on est dans le réel, que lorsqu'il y a la période estivale, et vous le savez, vous avez l'expérience terrain, qu'il y a cette espèce de regain de tension, quelles que soient les villes, quelles que soient les situations, dues à des éléments multifactoriels, l'ennui, la chaleur, le besoin de la surenchère, de faire des bêtises. Enfin, heureusement qu'on n'a pas tous envie de casser, dès qu'il fait un peu chaud, dès qu'on a un peu de temps libre devant nous quand même. Justement, ça c'est typique pré-ado, c'est la raison pour laquelle les activités que nous avons lancées, c'est des activités type sport, on les a emmenés, on emmène un groupe de jeunes au festival d'Avignon, on a des activités culturelles, et on marche sur deux jambes, il y a des droits et des devoirs.

Et les devoirs, c'est à partir de 23h30, lorsqu'on est mineur de moins de 16 ans, on écoute ce que leur dit les parents, et les parents exigent que vous soyez à la maison à une heure convenable. Une heure convenable, on a estimé que c'était avant 23h30, et la puissance publique doit les accompagner. Et moi, je ne suis pas dans une logique de stigmatiser les jeunes en considérant que les jeunes de moins de 16 ans sont la source de nos maux de société.

Bien au contraire, je pars du principe qu'en France, comme dans ma ville, le premier patrimoine que nous avons, c'est notre jeunesse. Il faut investir dans notre jeunesse, et pour éviter qu'elle sombre dans la délinquance, il faut donner des espoirs, de l'espérance, et ça passe par une politique publique, de qualité, ambitieuse, pas seulement au niveau civil, mais au niveau tout au long de l'année. Et c'est la raison pour laquelle j'ai eu la chance de pouvoir intervenir dans vos antennes, avec ce que nous avons fait en termes de politique de sécurité, c'est multifactoriel, une politique de rénovation urbaine, une politique en lien avec la justice, une politique de police municipale, une politique d'armement de la police municipale.

Karim Bouamran, dites-moi, en ce qui concerne cette mise en place de ce couvre-feu à partir de 23h30 depuis mercredi, combien de jeunes ont été ramenés à leur domicile ? Nous n'avons pas encore les éléments statistiques, on pourra avoir un élément chiffré précis, au bout de 15 jours, ça sera scientifiquement fiable et sérieux. En revanche, ce que je peux vous dire, M.

La Riche, c'est que déjà le retour des familles est très positif. C'est merci M. le maire, merci de nous accompagner, et merci de ne pas tomber dans cette espèce de posture.

Parce que les familles n'arrivent pas à gérer leurs enfants, parce qu'elles vous remercient, donc c'est-à-dire qu'elles n'arrivent pas à faire leur travail éducatif elles-mêmes ? Elles ont besoin du soutien de la police et de la mairie ? Elles y arrivent, mais surtout, c'est compliqué d'éduquer des enfants, quelles que soient les origines sociales, quelles que soient les croyances, quel que soit le nombre d'années passées en France, quel que soit le fait qu'on soit français ou étranger.

C'est très compliqué que vous parlez avec des CSP, des catégories socioprofessionnelles supérieures dans le 16e, ou que ce soit dans les quartiers populaires, c'est exactement le même problème. On est content d'avoir la puissance publique qui nous accompagne dans notre cadre éducatif. Et cette puissance, justement, publique, une fois que vous ramenez les enfants à leur domicile, si jamais ils sont encore dehors en train de jouer ou d'être dehors, on va parler de jouer, on ne va pas parler de rodé urbain ou d'autres problèmes d'attroupement ou de violence, si jamais c'est le cas, est-ce qu'il y a des sanctions ?

Ou c'est juste, tenez, on vous ramène votre enfant, reprenez-le avec vous, et puis chaque jour est différent ? Comment ça se passe ? Absolument, monsieur.

L'arrêté que j'ai pris, il est très clair. Il y a une amende de 35 euros, mais les orientations que j'ai données à notre police municipale, c'est qu'il y ait une gradation. C'est la raison pour laquelle le rôle des animateurs, des éducateurs en lien avec la police municipale, j'ai lancé une brigade du respect et du civisme.

L'objectif, c'est de les accompagner, pas être dans la condamnation, dans une espèce de répression qui susciterait une violence exacerbée ou des tensions exacerbées. En revanche, si c'est itératif, si ça se répète, si c'est récurrent, on a le cadre législatif éclair, ça sera une amende forcétaire de 35 euros. Ça, c'est dès la récidive ?

Dès la récidive, ça sera discrétionnaire. L'objectif, c'est que si vous avez des jeunes qui...

Tout le monde se plaint justement qu'il y a des conséquences aux actes, mais ces conséquences ne sont pas suivies des faits. On va être condamné, mais on ne va pas finalement faire sa peine. On va avoir une amende qui, finalement, ne va pas pouvoir être payable, payée par les personnes concernées.

Donc là, effectivement, si la deuxième fois ou la troisième fois, l'enfant voit qu'il n'y a pas de problème pour ses parents, ou si les parents ne sont pas encore plus responsabilisés peut-être par cette amende, est-ce que ce n'est pas juste de continuer ça et finalement d'avancer, de passer l'été sans régler vraiment le problème de fond ? Non, encore une fois...

Je m'interroge, vraiment. Non, non, le problème de fond, il est appréhendé depuis 5 ans, monsieur. C'est la raison pour laquelle l'objet de ma première intervention, c'était nous ne sommes pas dans la réaction, nous sommes vraiment proactifs. et gérer le sujet des mineurs de moins de 16 ans, ça ne s'est mis pas à un arrêté, sans ça, ça serait trop beau.

Mais c'est global, c'est global. C'est global. Et là, justement, le fait que nous connaissions parfaitement nos réseaux associatifs, notre terrain, notre jeunesse, fait qu'il y a une décision graduelle et cette gradation, elle arrive à intégrer la prévention et la contrainte. pas de laxisme, mais pas de tensions exacerbées qui se traduiraient par un conflit entre la police municipale, la puissance publique et les mineurs de moins de 16 ans.

Et puis surtout, accompagner les familles. Vous nous l'avez dit, Karim Boimran. Dites-moi, vous êtes donc maire socialiste de Saint-Ouen-sur-Seine.

Jules Torres a une question pour vous. Bonsoir, monsieur Boimran. Moi, j'avais une question.

Vous avez parlé de police municipale. Souvent, dans le débat sécuritaire, on a des questions et des débats sur les caméras de vidéosurveillance. On parle aussi de couvre-feu.

Est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui, les maires ont assez de prérogatives pour assurer la sécurité dans leur ville ? C'est une très bonne question. C'est la raison pour laquelle, moi, je me suis inscrit totalement dans une posture favorable de tout ce qui pouvait donner la possibilité à la police municipale d'avoir plus de prérogatives.

Je pense notamment avoir la capacité de fouilles, avoir la capacité de saisir des produits qui sont considérés comme des substances interdites, la possibilité d'inscrire des AFD, donc des amendes forfaitaires délicuelles, la possibilité de travailler directement, notamment de traiter les caméras, les vidéos, les images de vidéosurveillance. Donc oui, il faut donner plus de capacités et de moyens à la police municipale. Moi, je suis pour une police municipale armée, je suis pour la vidéosurveillance et je suis pour, justement, que l'État apporte plus de moyens financiers aux villes pour qu'elles puissent se doter de cette vidéosurveillance et travailler en lien avec la police nationale, le parquet, les associations et les parents d'élèves.

C'est la raison pour laquelle je m'étais tout de suite inscrit en faux contre la prise de position de Mme Panot qui consistait à dire, dès que la LFI prendra une mairie, on désarmera la police municipale et on arrêtera la vidéosurveillance. C'est vivre dans l'irréel que d'affirmer ceci. Vous parlez d'un système global, justement, avec peut-être le port d'armes pour les forces de l'ordre, également la vidéosurveillance.

Vous me parlez de globalisation. Vous êtes sur le secteur depuis quelques années. Qu'est-ce que vous pouvez dire maintenant, puisque vous me parliez d'attendre au moins 15 jours par rapport à ce couvre-feu pour faire un bilan.

Maintenant, vous qui êtes à la mairie depuis quelques années, vous avez quoi comme bilan par rapport à tout ce que vous avez pu mettre en place ? Ça a pu baisser, justement, cette violence ? Oui, complètement.

Donc, ce que je peux vous donner, c'est très concret. Quand je suis venu en responsabilité, il y avait 7-8 points de deal. Désormais, il n'y en a plus que 2.

Et la méthode a été connue et reconnue. Ça s'appelle la méthode Saint-Ouen. Des sénateurs, dans le cadre d'un rapport parlementaire, ont mis en avant cette méthode.

Et cette méthode montre que, oui, des solutions existent. En sortant de la posture idéologique qui consiste à dire que c'est la faute de l'État et les maires ne peuvent rien. Tout de suite, quand je suis venu en responsabilité, je me suis dit qu'il faut travailler sur le temps court et le temps long.

Le temps court, c'est tout de suite multiplier la police municipale. On est passé de 3 policiers municipaux à une trentaine de policiers municipaux. Les armées, la vidéosurveillance...

Vous avez une ville de 50 000 habitants environ, c'est ça ? 58 000 maintenant, 58 000 habitants. C'est travailler avec le parquet, c'est faire en sorte que le logement...

Alors le logement...

Le policier municipaux pour 50 000 habitants, c'est suffisant ? Je pense que le ratio est bon. À titre personnel, je pense qu'il faudra continuer à augmenter le ratio parce que la mission de la police municipale va progressivement avoir le rôle d'une police de proximité et travailler de plus en plus en soutien avec la police nationale.

Mais juste pour terminer sur les résultats efficients, c'est aussi une politique de temps long qui passe par une politique de rénovation et de réaménagement urbain. Vous voyez, quand vous vous promenez dans les quartiers, et quels que soient les quartiers, vous avez vu l'enclavement, vous avez vu la qualité urbanistique qui remonte des années 110. C'est une catastrophe.

Donc la puissance publique a laissé un délabrement, une déshérence des bâtiments en terre, ce qui fait que la pauvreté des équipements, le côté moche, c'est pour ça que je parle souvent de démocratisation du beau, et bien sûr la ghettoisation a engendré une augmentation de la délinquance. Donc nous, on met le paquet sur le logement, sur la rénovation, sur le beau, sur l'éducation, sur la stratégie éducative, sur le travail avec le préventif, la police municipale, la police nationale, travailler avec les associations, les parents d'élèves, les activités culturelles, les activités sportives. Un travail collectif, on l'a bien compris.

Merci beaucoup. Exactement, sur le temps court et le temps long. Monsieur Boimram, maire de Saint-Ouen-sur-Seine, j'aime bien rajouter « sur scène » puisque c'est comme ça que s'appelle la ville, alors qu'ici, quand on a rangé pour les viennes, on dit surtout Saint-Ouen.

Georges Fenec a une question pour vous, monsieur le maire. Oui, d'abord, je voudrais adresser mes modestes félicitations à monsieur Boimram pour tout le travail qu'il fait, je le sais. Merci, monsieur Fenec.

En liaison avec les services de l'État, le CIPDR, le SSPD, la prévention, l'ANRU, enfin, vous avez un programme tout à fait remarquable. Maintenant, ce que je voudrais dire à monsieur Boimram, parce que lui ne peut pas le dire, mais moi je vais vous le dire en réalité, c'est qu'en tant que maire, il subit par ricochet, comme tous les maires de France, la faillite de la politique pénale contre les mineurs délinquants. Et là, on établit des mesures générales, coercitives, pour tous les mineurs de 16 ans, même ceux qui ne sont pas des délinquants.

On crée une sorte de fourrière, permettez-moi l'expression, moi je n'aime pas ce type de mesures, même si je comprends l'objet et la finalité, je n'aime pas vivre dans une société où vous avez une fourrière pour des gamins de moins de 16 ans qui sont dans la rue. En réalité, c'est l'échec de la politique pénale des mineurs, depuis maintenant un certain nombre d'années, et qui s'est aggravé, notamment par des décisions du Conseil constitutionnel récentes, qui ont censuré le projet de loi de monsieur Attal, qui était bon, quelque part, qui prévoyait une comparution immédiate pour ces mineurs délinquants, qui prévoyait des mesures aussi de responsabilisation des parents, de réfléchir à nouveau à l'excuse atténuante de minorité, tout ça a été retoqué, voyez-vous. Donc le mineur, aujourd'hui, n'a plus peur de la justice, et les parents sont débordés par leurs mineurs qui ne craignent plus aucune autorité.

Et donc le maire se retrouve aujourd'hui, malheureusement, à une sorte de substitution à la faillite de l'État, prendre des mesures lui-même pour suppléer cette carence de l'État. Partagez ce point de vue, monsieur le maire. Partiellement, il y a une carence, effectivement.

C'est vrai que la notion de comparution immédiate, par manque de moyens, lorsque vous discutez avec les principaux magistrats, quels que soient les procureurs, ils partagent cette analyse. Mais je dirais que, globalement, il y a aussi, je qualifierais surtout d'une faillite, d'une stratégie éducative des 20 dernières années, qui s'est limitée à une vision conservatrice, qui n'a pas pu faire preuve d'un agernamento, et travailler en silo aussi, ce qui fait que les élus locaux se sont retrouvés dans la situation comme on peut se retrouver, que ce soit à Béziers, que ce soit à Lille, que ce soit à Montpellier, ou que ce soit à Lille, ou que ce soit à Brest. Très bien.

Monsieur le maire, j'avais une question pour vous, puisque vous expliquez que ce couvre-feu qui va de 23h30 jusqu'à 6h du matin, pour les mineurs de moins de 16 ans, vous l'avez mis en place en milieu de semaine, les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés d'adultes. Dans la loi française, on est adulte à partir de 18 ans, si je ne me trompe. Donc si je suis avec mon grand frère et que j'ai 12 ans, je peux être dans les rues de Saint-Ouen à 3h du matin ?

Oui. Ok. Et donc là, par rapport aux parents qui sont peut-être démissionnaires ou qui n'arrivent pas à accompagner leurs enfants, c'est quoi la méthode qui peut être appliquée ?

Puisque là, vous avez dépassé, c'est-à-dire que le cadre législatif est un peu dépassé. La méthode, c'est à partir du moment où on a un adulte, l'adulte doit faire preuve d'une responsabilité éducative. Si c'est un adulte qui l'encourage à faire des bêtises ou à tomber dans l'illécite ou dans l'illégal, dans ces cas-là, il va y avoir une confrontation du répressif.

Donc lorsqu'on parle d'un adulte, on estime un adulte qui nous accompagne dans ce cadre éducatif que nous partageons avec les parents et au regard de nos valeurs. Beaucoup de partis politiques partagent un petit peu votre point de vue. Il faut dépasser justement le clivage politique, certainement.

On a le ministre de la Justice, Gérald Damanin, qui a adressé au procureur des instructions pour lutter contre le port et la détention d'armes par les mineurs. Également mettre en place le couvre-feu dès la sortie des cours. Est-ce que ce serait réalisable ou est-ce que ce n'est pas la bonne piste, selon vous ?

Encore une fois, si on prend comme solution un élément unifactoriel et couvre-feu, ça va être une erreur, ça va être un échec. Et comme ça a été dit tout au long de cet échange, c'est vraiment multifactoriel. J'insiste là-dessus.

On voit bien que le sujet de justice est important, le sujet de travail avec le ministère de l'Intérieur est important, le sujet éducatif, le nombre de moyens donnés aux professeurs, le profil des professeurs, le salaire des professeurs, le péri-scolaire, l'enclavement, l'aménagement. Lorsque vous êtes élu local, lorsque vous êtes élu territorial, quel que soit le parti politique, à 90%, ils vont partager ce constat. La solution n'est pas unifactoriel.

Si ça se limitait au couvre-feu, il y aurait 36 maires qui auraient pris un couvre-feu et la solution aurait été trouvée. C'est les moyens qu'on doit mettre en place avec une politique qui, encore une fois, doit nécessiter un ingénieur mental de l'idéologie. On souffre trop d'une idéologie des années 60-70 où on considère que, effectivement, si on fait un couvre-feu, c'est de droite ou de droite extrême.

Et à côté de cela, lorsqu'on est droite ou de droite extrême, faire un couvre-feu parce qu'il faut stigmatiser les jeunes, parce que les jeunes sont responsables d'une partie de nos problèmes. Moi, je le dis et le redis, la principale richesse en France, c'est notre jeunesse. Ils font un richesseur dans notre jeunesse.

Et c'est ce qu'on va retenir, Karim Boimran. C'est ce qu'on va retenir. Merci beaucoup, M.

Boimran. Moi, je vous remercie pour la qualité du débat. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de m'inviter.

Merci beaucoup, maire socialiste de Saint-Ouen. Merci d'avoir répondu aux questions d'Europe 1 avec nos chroniqueurs Jules Torres et Georges Fenech. On se retrouve juste après le journal permanent.

A tout de suite sur Europe 1.