L'invité politique Sud Radio - Vincent Jeanbrun, Ministre de la Ville et du Logement, est l'invité politique
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse directe
Quel sentiment avez-vous devant les images de destruction des lycées ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez cette évolution ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Vincent Jambrun, il y a une forme de noyautage du mouvement par un parti politique ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction face aux propos sur la violence légitime ?
- 4:27RelanceRéponse partielle
Est-ce que le gouvernement pourrait envoyer les factures à la France insoumise ?
- 5:08RelanceRéponse directe
La police doit-elle lever le pied pour éviter que ça dégénère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39InvitéFait
« ça glace le sang pour deux raisons. D'abord parce qu'on voit à nouveau cette jeunesse pleine de violence, pleine d'envie d'en découdre avec les symboles de la République »
- 0:49InvitéFait
« on voit à nouveau ce petit jeu malsain de la France insoumise qui vient jouer avec le feu, alimenter les braises, souffler sur tout ça pour faire en sorte que l'incendie prenne »
- 1:05InvitéFait
« quand M. Mélenchon faisait la liste sur Twitter de ce qu'on avait le droit de brûler ou pas de brûler »
- 2:21InvitéFait
« Paul-Éloire à Saint-Denis venait d'avoir une rénovation à 45 millions d'euros. Résultat, après cette pseudo-manifestation, tout est brûlé, tout est cramé »
- 6:37InvitéFait
« Les APL sont gelées et, de fait, pas revalorisées à partir du 1er octobre 2027 »
- 9:00InvitéChiffre
« moins 500 millions, donc un demi-milliard de prélèvements sur les bailleurs sociaux »
- 10:16InvitéFait
« on va aligner les personnes étrangères qui arrivent sur le territoire national sur ce régime des Français expatriés qui reviennent en France »
- 10:40InvitéChiffre
« on avoisine la centaine de millions d'euros »
- 16:02InvitéChiffre
« Le Premier ministre a fixé un cap à 2 millions de logements supplémentaires d'ici 2030 »
Temps de parole
- Invité72 %
- Présentateur18 %
- Invité 23 %
- ?3 %
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h29, merci d'être à l'écoute de Sud Radio. C'est l'heure du grand entretien politique et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement. Bonjour Vincent Jambrun, on va évidemment voir les logements, sujet de préoccupation majeure pour les Français. Avant cela, vous êtes également le ministre de la Ville, vous avez vécu dans votre chair les émeutes urbaines en 2013. Votre propre maison avait été attaquée, une voiture bélier en feu. Quel sentiment avez-vous devant les images de destruction des lycées que l'on voit ces dernières heures
? Ça
glace le sang pour deux raisons. D'abord parce qu'on voit à nouveau cette jeunesse pleine de violence, pleine d'envie d'en découdre avec les symboles de la République, à la fois les forces de l'ordre et les établissements scolaires. Et puis ça glace le sang parce qu'on voit à nouveau ce petit jeu malsain de la France insoumise qui vient jouer avec le feu, alimenter les braises, souffler sur tout ça pour faire en sorte que l'incendie prenne. Moi je me souviens très bien, vous citez les émeutes de 2023, quand M. Mélenchon faisait la liste sur Twitter de ce qu'on avait le droit de brûler ou pas de brûler. Et tout ça pour inciter à ce mouvement de conflictualisation dans le pays.
On assiste là au début de campagne de la LFI qui sera une campagne violente, qui sera une campagne de déstabilisation de notre pays. On voit bien que c'est extrêmement dangereux et il faut le condamner avec beaucoup de fermeté. Les facs pourraient
suivre
le mouvement de grogne. On voit ce matin qu'a priori dix facs sont déjà bloqués. Est-ce que vous craignez cette évolution
? Juste est
-ce
qu'on peut arrêter deux secondes de dire que les lycées sont en train de manifester, que les facs sont en train de suivre le mouvement ? Ce n
'est
pas vrai.
Il
y a une minorité, une minorité de lycéens qui viennent saccager les entrées des lycées. Ça n'empêche pas qu'il puisse y avoir de vraies revendications lycéennes, pour qu
'il
y ait plus de profs, qu'il y
ait
plus de moyens. Ça on l'entend, j'ai manifesté quand j'étais jeune. Simplement, moi je n'allais pas manifester avec une cagoule sur la tête, et je n'allais pas manifester avec des mortiers. Je ne tirais pas sur les forces de l'ordre ou sur le personnel enseignant. Donc je pense que tous ensemble il faut qu
'on
surveille notre langage. Ce n'est pas vrai que les lycéens de ce pays sont en train de mettre le pays à feu à sang. Il y a une minorité instrumentalisée par la France insoumise qui est en train d'essayer de mettre le bazar dans ce pays et de dégrader des choses qui sont pourtant des outils essentiels. Quand on vient brûler la grille d'un lycée qui a été parfaitement rénové, Valérie Pécresse l'a très bien dit, en Ile-de-France on a mis des millions pour rénover les lycées. Paul-Éloire à Saint-Denis venait d'avoir une rénovation à 45 millions d'euros. Résultat, après cette pseudo-manifestation, tout est brûlé, tout est cramé, on ne peut pas rentrer dans l'établissement.
Et tout ça sous les applaudissements et les danses de joie des leaders de la France insoumise. C'est inacceptable.
Si je comprends bien ce que vous êtes en train de nous dire, Vincent Jambrun, il y
a
une forme de noyautage du mouvement par un
parti
politique
?
Évidemment. D'ailleurs, on l'entend, y compris sur les antennes des différents médias, vous avez des éléments de langage appris par cœur par des responsables syndicats étudiants qui sont liés à la France insoumise et qui le font. Moi, je suis élu du Val-de-Marne, où on a la chance d'avoir des députés LFI bien impliqués, bien connus. M. Boyard, pour ne
pas
le citer, ça fait déjà plusieurs semaines qu'il est en train d'aller de lycée en lycée, créer le mouvement. Et ce qu'on constate, c
'est
que ça ne le dérange pas d'être avec son écharpe tricolore, alors que derrière lui, il y
a
des gens cagoulés, on croirait des personnes qui s'apprêtent à braquer une banque, qui tirent au mortier sur des policiers et des citoyens. Quand on est élu de la République, on se doit d'être exemplaire.
Justement, le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, maintient ses propos sur la violence légitime, tout en appelant au calme.
Quelle est votre réaction ? Ça s'appelle se moquer du monde. Quand on dit qu'il y a une violence légitime, qu'on vient danser avec des personnes qui viennent dégrader un établissement scolaire qui, comme je viens de le dire, avait été parfaitement rénové, c'est une irresponsabilité majeure et c'est dangereux. Eux disent que c'est de la faute de la police. Mais pardon,
mais
quand on vient cagouler avec des mortiers et qu
'on
tire sur la police, on s'étonne que la police essaye de réagir pour remettre de l'ordre. C'est scandaleux. Je soutiens non seulement l'initiative de Valérie Pécresse qui est d'avoir envoyé la facture des dégradations au maire de Saint-Denis, et puis je soutiens également l'action du préfet de Seine-Saint-Denis qui a dit qu'il attaquerait le maire de Saint-Denis pour incitation à commettre des crimes.
Est-ce que le gouvernement pourrait
envoyer d'une certaine façon les factures, si vous considérez que la France insoumise est derrière tout cela, les
factures à la France insoumise ? Ce qui est certain, c'est que dans ce pays, ce n
'est
pas aux gens honnêtes et responsables qui ne cassent rien de tout le temps payer pour ceux qui viennent casser et qui sont, je le rappelle, une minorité. Et de fait, il y a cette logique et le texte qui est actuellement en train d'être travaillé de casseurs-payeurs où on doit effectivement pouvoir dire, quand vous participez à une manifestation violente et que vous y maintenez et que vous applaudissez et que vous encouragez ceux qui brûlent, ceux qui cassent, eh bien, on doit pouvoir, vous aussi, vous mettre à contribution. C'est de la justice. Pour finir sur ce thème, est-ce que la police doit lever
le pied pour éviter que ça dégénère
? Qu
'est-ce que ça veut dire, lever le pied
? On
comptera à toujours toute violence policière. Une violence policière, c'est quoi ? C'est quand la violence n'est pas légitime. En revanche, protéger un bien public, protéger des personnes innocentes, parce qu'il
y
a 83 policiers qui sont blessés aujourd'hui. Vous avez aussi des personnels enseignants, vous avez aussi ce qu'on appelait les CPE, à mon époque,
vous
savez, le personnel qui encadre, qui ont essayé de s'interposer, qui ont essayé avec des extincteurs d'aller éteindre les incendies. Ceux-là aussi ont été blessés. Donc,
la
police doit jouer son rôle avec le sérieux qui la caractérise et défendre les innocents et les biens publics.
Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, aujourd'hui, c'est le grand jour pour le budget. L'idée est que plusieurs catégories de la population soient mises à contribution. C'est ce qu'on comprend à travers les informations dont on dispose. Est-ce que vous confirmez ce matin le gel des APL pour 2027 ?
D'abord, je vais vous dire que ce budget, c'est un budget de courage, mais un budget qui va éviter
que
dans quelques années, il
y
ait un budget beaucoup plus brutal. Parce que c'est parce qu'on fera des efforts aujourd'hui,
en
les choisissant, qu'on évitera demain d'avoir des budgets ultra brutaux où on n'aura plus aucun choix sur rien. Donc, l'État, on est parti du principe simple, c'est que c'est lui qui devait faire le plus gros effort. Et donc, l'État, lui, il va réduire ses budgets. Il va montrer l'exemple. Et ensuite, chacun va être mis un petit peu à contribution avec cette idée qu'il y a deux, trois choses qui ne seront, par exemple, pas revalorisées. C'est le cas des APL. Vous l'avez dit, il est proposé qu'elles soient gelées. Les APL sont gelées et, de fait, pas revalorisées à partir du 1er octobre 2027. Donc, c'est une mesure qui est assez éloignée quand même.
Mais, je veux le redire ici, il n'y aura aucune allocation qui sera diminuée. Gel total. Les allocations ne seront pas diminuées.
Elles
seront évidemment maintenues. Mais simplement, elles ne seront pas revalorisées au niveau de l'inflation. Par revaloriser, ça veut dire gel total à partir du 1er octobre 2027. C'est ce qui est la copie d'entrée du gouvernement. Effectivement, vous le savez, on vient au-devant des parlementaires pour discuter avec eux de cette réalité budgétaire avec quelques fondamentaux. Le premier, pas d'augmentation d'impôts. Le deuxième, il faut tenir le déficit parce que sinon...
On va vous répondre, monsieur le ministre, que... C
'est nos enfants et nos petits-enfants
qui seront en difficulté. Avec une inflation à 3%, c'est forcément du pouvoir d'achat en moins.
Les
impôts aussi, ce serait du pouvoir d'achat en moins. Et en l'occurrence, c'est une des règles qu
'on
s'est fixées. Un déficit qui doit être maintenu parce que sinon, c'est notre avenir direct, le nôtre sur nos enfants et nos petits-enfants qui seraient mis à contribution. Et encore une fois, l'État montre l'exemple en faisant le plus d'efforts. Combien ça doit rapporter ? Ça a été estimé
? Vous
voulez dire à l'échelle des APL ? On est sur plusieurs centaines de millions d'euros. Plusieurs centaines de millions d'euros ? En année pleine,
ce
sera évidemment plusieurs centaines de millions d'euros. Les APL, c'est un budget considérable.
C
'est 17 milliards. L'idée,
c
'est de dire cette année,
dans
le contexte que nous connaissons, il n
'y a
pas cette revalorisation à partir du 1er octobre
2027. Certains vous diront, est-ce que ce n
'est
pas dérisoire à l'échelle de l'État ? On se souvient, au début de la présidence Macron en 2017, des fameux 5 euros qui avaient fait polémique. Est-ce que finalement, ce n
'est
pas dérisoire ce gel-là de plusieurs centaines de millions au regard d'un budget lorsque l'on parle de 54 milliards d'économies ?
D'abord, dans la situation dans laquelle on est, c'est toutes les petites rivières qui vont faire les grands fleuves. Et pour que justement, ce soit le plus indolore possible, il faut que ce soit des petites choses par-ci, par-là. Deuxièmement, vous aurez noté qu'à l'époque, vous avez cité les 5 euros. C'était moins 5 euros. Il y avait une diminution des APL. Là, en l'occurrence, ce n'est pas du tout le propos. Il n'y a pas de diminution des allocations. Elles ne sont simplement pas revalorisées au niveau de l'inflation. Par ailleurs, il y
a
quand même des bonnes nouvelles pour le monde du logement dans ce budget. Avec notamment moins 500 millions, donc un demi-milliard de prélèvements sur les bailleurs sociaux pour que les bailleurs sociaux puissent produire du logement social et abordable et rénover le parc existant qui en a grand besoin. Il y
a
une autre bonne nouvelle pour le secteur privé. C'est la possibilité d'accéder à la propriété avec un prêt à taux zéro, celui qu'on connaissait jusqu'ici, qui est prolongé dans le temps. C'est une première bonne nouvelle. Et puis la création, l'invention d'un nouveau prêt à taux zéro, qu'on appelle le prêt à taux zéro parentalité, qui permettra à celles et ceux qui nous écoutent, de pouvoir accéder à la propriété en étant soutenu par l'État dès l'instant où il y
a
un enfant à naître ou jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Vous
voyez,
typiquement, pardon, mais c'est une nouveauté qui coûte elle aussi plusieurs centaines de millions d'euros. Et ça permet de relancer la machine du logement.
C
'est important. On
va revenir sur, justement, toutes les nouvelles annonces que vous allez et sur lesquelles vous travaillez actuellement. Mais d'abord sur les APL et notamment pour les APL pour les étrangers. Vous allez instaurer un délai de carence
? Là,
il y
a
une question de justice. Il faut que vos auditeurs comprennent que quand vous êtes français expatrié,
donc
vous ne payez plus vos impôts en France, vous revenez en France, il y
a
un délai de carence
qui
est grosso modo de 12 mois pour pouvoir avoir droit à nouveau aux allocations. Ça s'adressera à qui exactement
? Ça, c
'est pour les Français expatriés. Là, le propos est de dire qu'on va aligner les personnes étrangères qui arrivent sur le territoire national sur ce régime des Français expatriés qui reviennent en France.
Je
pense que c'est une justice. On ne
va
pas considérer qu'un Français qui revient en France serait moins bien traité que quelqu'un qui arrive pour la première fois. On l'aligne. C'est une économie, là aussi, c'est une petite rivière, mais qui participe à cet effort collectif. Là aussi, on avoisine la centaine de millions d'euros. Il faut le regarder comme quelque chose qui ensuite est sur la durée. Et c'est pour ça que c'est rentable sur la durée.
Certains y voient une façon de s'attirer le vote
du RN
ou en
tous les cas la clémence du RN pour le
vote final.
Ce n'est
pas du tout le sujet. Le sujet, c'est d'aller regarder dans le budget des choses qui pourraient être, j'allais dire, mises à jour. Et vous m'accorderez quand même que si un Français expatrié peut attendre 12 mois pour avoir droit à nouveau à ses allocations, puisque, de fait, il ne contribuait pas et ne payait pas ses impôts avant, une personne qui arrive pour la première fois sur le territoire national va pouvoir attendre aussi une douzaine de mois. Alors, on
précise qu'en parallèle du vote du budget, il y a une loi logement en préparation et au menu des discussions parlementaires. Gabriel Attal a estimé lundi que la politique du logement a été, je cite, un grand plantage économique du macronisme depuis 2017. Qu'est-ce que vous lui répondez
?
Je lui réponds que dès que j'ai pris mes fonctions, j'ai souvent dit que je n'étais pas ministre du logement, mais ministre de la crise du logement. Mais c'était
vrai, ce qu'il y a dit ou pas ?
On
connaît
dans ce pays la pire crise du logement depuis l'après-guerre. Donc la situation, elle est gravissime. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que je compte sur la mobilisation de toutes les formations politiques lorsque le texte arrivera à l'Assemblée nationale, parce que le logement n'est même plus un sujet de
droite ou de gauche.
Quand arrivera
-t-il à l
'Assemblée nationale ? D'ici la fin de l'année, j'espère au mois de novembre. C'est ce qui est aujourd'hui dans les tuyaux.
On
parle de la date du 16
novembre,
vous la confirmez ? C'est ce qui est envisagé, je vous le confirme. Maintenant, on va voir. D'autant plus que vous savez, il faut qu'on soit très souple sur les dates, parce qu'on va commencer l'analyse du budget prochainement. Et l'année dernière, par exemple, la partie 1 du budget avait été rejetée, ce qui avait libéré du temps. Donc peut-être même que ce texte pourrait être examiné avant même le 16 novembre. Donc l'idée,
c
'est que ce soit
le plus rapidement possible. Au plus tard,
en novembre, le Premier ministre a écrit au monde du logement que ce texte serait examiné à fond avant la fin de l'année. Donc on a besoin que les forces politiques se concentrent dessus, soient mobilisées dans l'hémicycle. Parce que je crois que le logement, ce n
'est
plus un sujet de droite ou de gauche. C'est un sujet qui touche tous les Français dans le monde du logement social, dans le monde du secteur privé. C'est ça qu'on veut relancer avec ce texte de
loi. L'un des points qui apparaît aujourd'hui assez choquant, c'est celui de retraités qui ont du mal à se loger. Une femme de 65 ans témoignait ces dernières heures en disant qu'on lui avait demandé une caution alors qu'elle avait une bonne pension. Aujourd'hui, il
y a
de plus en plus de retraités qui ont du mal à se loger. Je parle de location, dans le privé, alors qu'ils ont les moyens. Et on dit que c'est la faute des assurances, qu'ils ne couvrent pas les impayés. Est-ce que c'est un point sur lequel vous travaillez
?
À la vérité, c
'est
que vous citez les retraités, mais on pourra prendre toutes les catégories. Des étudiants qui n'arrivent pas à se loger, des jeunes actifs qui n'arrivent pas à se loger. D'ailleurs, on a dans notre pays aujourd'hui du renoncement aux études, faute de logement, du renoncement au premier emploi, faute de logement. Vous avez les logements qu'on n'arrive pas à avoir, mais aussi les logements qu'on n'arrive plus à quitter. On parle souvent de violences faites aux femmes, par exemple. Vous avez des femmes qui restent dans un logement où elles ne se sont pas en sécurité, faute de pouvoir en trouver un autre. Donc la situation est extrêmement grave. Sur
cette
question du fait, au fond, que les propriétaires aujourd'hui, qu'on appelle propriétaires bailleurs, ceux qui mettent en location leurs biens, sont très inquiets. Pendant longtemps, parce qu'ils avaient peur des squats, aujourd'hui, les lois, d'abord avec Guillaume Cazbarian et aujourd'hui, avec la loi Riposte qui vient d'être adoptée, on a à peu près protégé nos... Enfin, pas à peu près, d
'ailleurs,
on a protégé les bailleurs du squat. En revanche, il y
a
la question des impayés et, pardon de le dire comme ça, ce que parfois on peut appeler les professionnels de
l
'impayé. C'est une minorité, mais elle fait beaucoup de mal à tous les locataires parce qu'on est sur des profils qui vont régulièrement ne pas payer leur loyer. Je distingue ça de ceux qui, à un moment donné, ont un coup dur et vont avoir du mal à payer. Résultat, problème de confiance du propriétaire qui va demander des garanties sur des garanties sur des garanties. Et comment vous faites pour lutter contre cela ? Est-ce que vous allez proposer des choses ?
On travaille actuellement, et j'ai missionné un rapport là-dessus sur ce qu'on appelle la relation locataire-propriétaire pour se garantir et se sécuriser, à la fois pour protéger le locataire des marchands de sommeil et des propriétaires véreux. Là aussi, on a une toute petite minorité, mais elle fait du mal à tout le monde. Et puis, de l'autre côté, les professionnels de l'impayé. Il y aura, j'espère, des solutions fortes dans ce rapport de façon à ce qu'on puisse améliorer les choses dans ce pays. Et qui pourraient figurer dans le projet de loi ? Cette partie-là, pas forcément, puisque le calendrier n'est pas le même.
En revanche, il y a beaucoup de choses qui pourraient être faites de façon réglementaire, donc pas forcément avoir besoin d'une loi.
En tous les cas, il y a également la question de la construction, votre priorité dans ce plan de relance, c'est de relancer la construction plus vite. Comment
? En
fait, je parle souvent des Jeux Olympiques du logement. L'idée, c'est que dans ce pays, les normes, les procédures ont tellement complexifié les choses qu'il faut parfois jusqu'à 8 ans pour faire sortir un projet de terre, quand la construction physique, elle, elle est de 2 ans, 2 ans et demi maximum. Donc tout le reste, c'est quoi ? C'est de la paperasse, c'est l'administratif, c'est des procédures trop longues, la bureaucratie comme on sait la faire. Tout ça, il faut l'écraser. Et pour le coup, on a su le faire pour les Jeux Olympiques, où on a construit de la qualité, de la sécurité, des choses accessibles.
En
période normale, on ne sait pas le faire. Et en période normale, jusqu'ici, on ne savait pas le faire. Dans le projet de loi, on a des articles qui vont permettre de s'inspirer des Jeux Olympiques. J'ai appelé ça opération d'intérêt local. Le maire et le préfet décident d'une zone où on peut construire beaucoup plus vite, et on va pouvoir le faire. Combien ? Vous vous fixez l'objectif ?
Combien
d'objectifs de logements construits chaque
année
? Le Premier ministre a fixé un cap à 2 millions de logements supplémentaires d'ici 2030. Qu'on se comprenne, ça signifie de la construction neuve et de la réhabilitation à neuf, parce qu'il
y a
aussi du patrimoine abîmé qui n'est plus exploitable aujourd'hui, qu'il faut aller rénover. En faisant les deux, et en faisant du logement privé et du logement social, on doit pouvoir atteindre cet objectif. Est-ce que cet objectif sera atteint réellement ? Si on a un texte de loi qui permet d'accélérer les choses, comme on vient de se le dire, de ramener l'investissement, et notamment l'épargne des Français vers le logement, qu'on fait confiance au maire, et qu'on en profite pour avoir de vrais outils de réhabilitation et de rénovation du logement, alors oui, on peut y arriver. En tous les cas, c'est la promesse. Christian Jambrun, ministre
du Logement
et de la Ville. Vincent Jambrun,
presque. Pardon ? Vincent Jambrun. Vincent Jambrun, pardon, décidément. J'écorne votre nom, pardon. Ministre du Logement et de la Ville, vous êtes notre invité ce matin dans la deuxième partie. Un auditeur vous interpellera sur la reconstruction suite aux incendies en Gironde. Et puis,
il
y aura l'actualité des réseaux sociaux qui nous emmènera vers la polémique Bardella-Médiapart. Et j'y ajouterai que le président a également donné votre avis. Et puis, il y aura vos trois minutes pour convaincre et notamment votre souhait par rapport à la santé environnementale dans le logement. A tout de suite. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze. Vincent Jambrun, ministre du Logement et de la Ville, est notre invité ce matin dans le Grand Entretien sur Sud Radio. Dans vos trois minutes pour convaincre, vous avez souhaité, monsieur le ministre, revenir sur la santé environnementale du logement. Vous vous demandez comment adapter les bâtiments à cela.
Oui, c
'est un vrai sujet, la santé environnementale.
C
'est au fond tout ce dans quoi on baigne. Quand on parle de santé environnementale, c'est l'alimentation, c'est l'air qu
'on
respire, c'est le bruit autour de nous, par exemple. Et j'ai créé avec quelques amis un think tank sur la santé environnementale dans les logements et en ville. Et maintenant que je suis ministre du Logement, je vois à quel point tout ça est nécessaire. Je me souviens quand j'étais député d'avoir reçu en permanence une jeune fille qui, suite à une infiltration d'eau dans le mur de son logement, une bactérie s'était développée et elle en a perdu les deux poumons.
Elle
a subi une greffe totale des poumons. C'est quelque chose qu'il faut qu'on mesure collectivement.
Est-ce que le plan de relance
logement contiendra des points
spécifiques par rapport à cela ? Alors, sur la santé environnementale en tant que telle, pas forcément parce que c'est du réglementaire et c'est quelque chose que je veux travailler avec des associations. J'ai eu la chance cette semaine de lancer un institut porté par des entreprises responsables autour de la maison saine. Et puis en revanche, quand on parle de santé, maintenant il faut aussi prendre en compte la canicule. Et effectivement, là dans le plan relance logement, il y a tout un volet qui va permettre d'améliorer le fait de protéger, pour dire les choses simplement, les logements de la chaleur l'été, notamment
les fameuses plombes. Les fameuses plombes
et les fameuses
bouilloires.
Bouilloires,
exactement. Et en fait, maintenant, il faut qu
'on
pense le logement non plus comme simplement une boîte dans laquelle on vit ou on dort, mais bien un élément qui participe de notre santé. Quelle décision ? Qu'est-ce qu'il y aurait comme disposition par rapport à cela ? Une idée
?
Déjà, pouvoir installer des volets partout, sans que la réglementation vous en empêche, parce que c'est bien beau de dire aux propriétaires que
ce
serait bien de mettre des volets, sauf que si vous avez l'État qui, de l'autre côté, via par exemple les architectes des patrimoines de France, dit non, ce n
'est
pas possible, bon, là on a un problème. Donc il faut que tout le monde, à la fois on préserve le patrimoine, c'est évident, mais qu
'on
le fasse intelligemment pour préserver la santé des gens. Le logement, c'est la santé des gens. Monsieur le ministre, on passe à la question d'un auditeur. Bonjour monsieur le ministre, je suis Béatrice sur la commune du Porges
et
je voulais savoir quel délai vous vous donniez pour reconstruire notre commune, sachant que des habitants ont toujours des problèmes sur les permis de construire, ils n'arrivent pas à avoir leur autorisation. Donc voilà, juste savoir quel délai vous mettiez pour la reconstruction de notre commune. Merci pour cette question, moi j'ai eu l'occasion de le dire, je veux qu'on puisse reconstruire la Gironde plus vite que Notre-Dame. On a dans le projet de loi Relance Logement introduit un article qui va permettre d'avoir des procédures accélérées et dérogatoires pour pouvoir reconstruire toutes les zones victimes de ces incendies terribles.
Et en plus, c'est quelque chose qui restera dans le droit après.
C
'est-à
-dire,
une fois que ce sera installé, le Premier ministre pourra, sur simple décret, dire, suite à telle catastrophe, eh bien je déclenche ce statut dérogatoire.
Et malheureusement,
ça, ce sera pour après, j'ai envie de dire. Mais pour ceux qui,
aujourd'hui... Pour ceux
qui sont là, donc on se l'a dit tout à l'heure, d'ici, on l'espère, fin novembre, texte de loi voté, ce qui permettra de déclencher des outils dérogatoires pour que, petit un, on gagne du temps, 5 à 24 mois pour tout ce qui est délai de recours, etc. Et puis, des normes de construction accélérées. En gros, l'idée, c'est de permettre à Gabarit identique de reconstruire, peu importe ce que dit le nouveau PLU, et de le faire avec des délais raccourcis sur les délais de recours. On a même des recours qui ne pourront pas être faits contre ces projets, ce qui va vraiment faire gagner du temps.
Les indemnisations n'arrivent toujours pas aux habitants qui se plaignent de cette lenteur pour le moment. Est-ce qu'on ne
peut
pas les accélérer ?
Là,
on parle du volet assuranciel. On est en train, avec les services de l'État locaux, de faire le point. Quelles sont les assurances qui jouent le jeu ? Quelles sont les assurances qui jouent moins le jeu ? Et le Premier ministre l'avait dit quand il s'était déplacé à Bordeaux. On dira ceux qui sont exemplaires et qui font le boulot. Et on dira aussi ceux qui ne font pas le boulot. Et à un moment donné, il faut que la vérité soit dite.
On passe à l'actualité des réseaux sociaux. Avec vous, Félix Mathieu, Emmanuel Macron a réagi hier aux propos antisémites prêtés à
Jordan
Bardella par Mediapart. Les réactions du président Macron lors de sa conférence de presse depuis Madrid après sa rencontre avec le Premier ministre espagnol. Le chef de l'État a été interrogé sur ces propos violemment antisémites tenus, selon Mediapart, par Jordan Bardella lorsqu'il était jeune militant du FN. La lutte contre l'antisémitisme
est
une des priorités de la République. Parce qu'elle est existentielle à la République elle-même. Jamais nous n'accepterons de propos antisémites.
Les
propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables. Ils ne souffrent pas quelque commentaire que ce soit. Ils appellent à la condamnation la plus extrême. Ce n'est pas la République. Et la deuxième chose, ils impliquent
que
les responsables clarifient. La ligne, les mots, et les gens qui sont dans leur parti peuvent prononcer telle chose. Alors cette réaction présidentielle, elle a provoqué la colère de Jordan Bardella. Lui conteste avoir tenu ses propos antisémites qui lui sont attribués par Mediapart. En réponse à cette réaction du président Macron, le président du RN a commenté, je le cite,
«
Après le 7 octobre 2023, j'ai marché dans les rues de Paris, je me suis rendu en Israël. »
Pas
lui. Alors Vincent Gendrin, est-ce que vous avez un doute, vous, sur la véracité de ces propos attribués à Jordan Bardella par Mediapart ? Et est-ce que le chef de l'État a eu raison de réagir à ce stade ? Dans les propos du chef de l'État, il y
a
une condamnation de l'antisémitisme et du racisme. Et là-dessus, défendre la République, c'est évidemment condamner toutes les formes d'antisémitisme et de racisme. D'ailleurs, au passage, il faut les condamner d'où qu'elles viennent. Et j'espère que Mediapart mettra la même énergie à les débusquer, les propos antisémites et les propos racistes,
à
la France insoumise, qui, en ce moment, joue là aussi beaucoup avec le feu. Maintenant, M. Bardella aura à dire si ces propos sont vrais ou pas. S'ils sont vrais,
ils
sont évidemment absolument condamnables et ça le discrédite et ça le disqualifie. C'est une évidence. Et si ces propos sont vrais, est-ce que la carrière de M. Bardella est terminée ? Encore une fois, il tombera sous le coup de la loi puisque l'antisémitisme et le racisme sont condamnables. Donc c'est à la justice derrière de s'en saisir et de voir s'il faut le rendre, enfin le condamner, peu importe éligible ou pas éligible. Ce n
'est
même pas le sujet. Là, c'est qu'on est d'accord en
République pour condamner. Mais il sera discrédité, il sera hors du
champ
du jeu politique, selon vous.
Évidemment.
Vincent Jeanbrun, Bruno Retailleau a estimé ce matin que la question se pose de l'interdiction de la France insoumise. On en parlait au début de cet entretien et vous disiez vous-même que la France insoumise jouait un jeu dangereux. Est-ce que vous êtes d'accord avec les propos de Bruno Retailleau
? En
fait, c'est très simple. Aujourd'hui, vous avez une formation politique
qui
assume et le dit régulièrement de vouloir tout bordéliser dans une philosophie trotskiste pour mettre le chaos dans le pays. Donc, effectivement, il faut qu'on les combatte par tous les moyens possibles et notamment condamner. Je ne
suis
pas juge,
je
ne
suis
pas juriste, mais en fait, on en vient à se poser cette question-là parce que vous avez une formation politique qui défile écharpe tricolore à la poitrine avec des violents, avec des gens cagoulés qui tirent au mortier sur des policiers. À un moment donné, ça interpelle. Ça interpelle. La question se pose pour Bruno Retailleau et pour vous. Le sujet, encore une fois, c'est moins de les interdire que de les combattre. C'est de faire en sorte que leur idéologie recule et qu'à chaque fois qu'ils se retrouvent à participer à un événement violent, ils puissent être, eux aussi, tenus responsables et condamnés. Merci
infiniment, Vincent Jambrun, ministre du Logement et de la Ville,
d
'avoir été notre invité sur Sud Radio. Très bonne journée à vous. Je crois que vous avez un rendez-vous important avec le Conseil des ministres
aujourd'hui,
avec donc ce budget 2027 dont on ne manquera pas de continuer de parler sur les antennes de Sud Radio. À 9h, bien sûr, c'est la vérité en face. On parlera effectivement et on reviendra sur l'affaire que je pourrais qualifier de Bardella, Mediapart, plus Emmanuel Macron. Et puis, on se posera la question également à l'occasion de la visite de Ravier Milei en France de savoir si un peu de Ravier Milei ou un peu de technique de Ravier Milei dans l'économie du pays ne ferait pas un peu de bien, oui ou non. Vous pouvez nous appeler d'ailleurs à ce sujet 0 826 300 300. On se retrouve dans quelques minutes.