Daniel Cohn-Bendit : "Emmanuel Macron n'a aucune expérience, maintenant il découvre l'ampleur de la politique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Selon vous c'est quoi ? Une crise politique sérieuse ? Une crise de régime ? Une crise institutionnelle ?
- 2:06RelanceRéponse directe
Pourquoi ? Il n'a pas été assez différent, vous diriez ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Comment expliquer qu'aujourd'hui, un an et demi après, il y en a autant de ressentiment ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Encore un mot sur le moment, les gilets jaunes semblent avoir deux références historiques, 1789 et mai 68.
- 4:52OuverteRéponse directe
La réunion à Matignon est annulée. Ça c'est les dernières informations.
- 5:56FerméeRéponse partielle
Un moratoire, est-ce que c'est suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est une crise politique dans le sens que le gouvernement et donc aussi le président de la République n'ont pas réussi en fait à être à la hauteur de la campagne présidentielle du président de la République. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Le président de la République avait dit la France va mal, j'ai des idées pour réparer l'économie et pour réparer l'injustice sociale et visiblement ils n'ont pas réussi par des mesures concrètes à montrer qu'on va dans cette direction. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Il est le champion du monde du en même temps et on l'a vu sur le phénomène, enfin ce qui s'est passé avec la taxe énergie, il n'a pas su faire le en même temps. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Et ça maintenant, le gouvernement paye 30 ou 40 ans d'incapacité des autres gouvernements, mais il avait promis d'être différent. »
- 2:34Invité politiqueFait
« L'idée c'était en même temps, en même temps libéraliser, parce que je crois que c'est nécessaire d'une économie moderne, et en même temps des nouvelles protections. »
- 3:40Invité politiqueFait
« En 68 on se battait contre un général au pouvoir, les gilets jaunes aujourd'hui demandent un général au pouvoir. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Ils disent tous qu'il faut une main forte. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Jamais en 68, jamais quelqu'un aurait menacé de mort, quelqu'un qui voulait discuter. »
- 5:13Invité politiqueFait
« On a peur, on a été menacé. Il y a la madame Moreau, elle s'appelle, toute la nuit on m'a téléphoné, j'ai reçu en dessus. »
- 5:28Invité politiqueFait
« On est dans une période de tentation autoritaire. »
- 6:39Invité politiqueFait
« Il y a aujourd'hui, et ça c'est véritable, on l'a vu, il y a des gens qui gagnent 1,200, 1,200 des retraités, ou une femme seule avec un enfant qui a 1,300, qui me disent, je n'y arrive pas. »
- 6:49Invité politiqueFait
« Il faut trouver un moyen qui sont au-dessous du SMIC. »
- 9:54Invité politiqueFait
« Il n'a aucune expérience politique. Il faut dire les choses comme elles sont. »
- 10:01Invité politiqueFait
« Il est arrivé là parce que les autres étaient d'une faiblesse incroyable. C'est pour ça qu'il est passé par un trou de souris. »
- 14:00Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'il va falloir faire évoluer, mais attention au problème. La personnalisation, par exemple, en Allemagne, c'est la même chose. »
Temps de parole
- Daniel Cohn-Bendit70 %
- Présentateur12 %
- Présentateur 28 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
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France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien un ancien eurodéputé écologiste avec lequel vous pourrez dialoguer dans 10 minutes au 01 45 24 7000. Bonjour Daniel Cohn-Bendit. Bonjour M. Demorand. Le mouvement des Gilets jaunes se poursuit, les violences dans les cortèges samedi à Paris mais aussi en province ont suscité la sidération dans toute la classe politique. Une crise au sein de l'exécutif. Et cette crise, on va essayer de la caractériser avec vous pour commencer Daniel Cohn-Bendit. Selon vous c'est quoi ? C'est une crise politique sérieuse ? Une crise de régime ? Une crise institutionnelle ?
Quel mot vous semble le plus juste ?
C'est une crise politique dans le sens que le gouvernement et donc aussi le président de la République n'ont pas réussi en fait à être à la hauteur de la campagne présidentielle du président de la République. Le président de la République avait dit la France va mal, j'ai des idées pour réparer l'économie et pour réparer l'injustice sociale et visiblement ils n'ont pas réussi par des mesures concrètes à montrer qu'on va dans cette direction. Il est le champion du monde du en même temps et on l'a vu sur le phénomène, enfin ce qui s'est passé avec la taxe énergie, il n'a pas su faire le en même temps.
Et ce qui a déclenché une révolte, c'est un couvercle qui s'est ouvert et tout ce qui depuis plus de 40 ans, puisque quand Chirac parle de la fracture sociale c'est 95, il constate la fracture sociale des dix dernières années avant. Donc je veux dire que cette fracture sociale ressort d'une manière incontrôlée, incontrôlable, de sentiment, on en a marre de cette fracture sociale. Et ça maintenant, le gouvernement paye 30 ou 40 ans d'incapacité des autres gouvernements, mais il avait promis d'être différent. Et c'est cette crise que nous vivons aujourd'hui.
Pourquoi ? Il n'a pas été assez différent, vous diriez ? Emmanuel Macron, dans ses promesses de campagne, c'était de chasser, on se souvient, ces deux mots, le ressentiment et les passions tristes de la France. Comment expliquer qu'aujourd'hui, un an et demi après, il y en a autant de ressentiment ? Qu'est-ce qui a manqué ? Est-ce que c'est une question de pédagogie ou est-ce que c'est le fond de la politique qui n'était pas suffisamment juste ?
C'était le fond de la... l'idée qui me fascine toujours et qui m'a fasciné, à part l'Europe, ça c'est une autre chose, mais l'idée c'était en même temps, en même temps libéraliser, parce que je crois que c'est nécessaire d'une économie moderne, et en même temps des nouvelles protections. Et c'est ça qui n'a pas réussi. Donc c'est sur le fond, et donc après la pédagogie ne peut pas être bonne s'il manque quelque chose qu'on puisse expliquer. Donc c'est là où il y a un échec un peu de la politique d'Emmanuel Macron pendant ses premiers 18 mois. C'est là qu'il doit réfléchir, c'est là qu'il doit se remettre en cause.
Il en a la capacité, il en a l'agilité, mais il faut qu'il se remette en cause fondamentalement dans sa pratique et ses propositions du pouvoir.
Encore un mot sur le moment, les gilets jaunes semblent avoir deux références historiques, 1789 et mai 68. Vous qui avez été une figure de mai 68, est-ce que vous trouvez cela pertinent ? Et si ça ne l'est pas, est-ce qu'il faut plutôt regarder peut-être vers le mouvement 5 étoiles en Italie ?
En tout cas, je veux dire, si vous comparez à 68, en 68 on se battait contre un général au pouvoir, les gilets jaunes aujourd'hui demandent un général au pouvoir. Donc il y a une différence. Je veux dire, à partir du moment où Pierre de Villiers est arrivé, et ce n'est pas qu'un, parce qu'ils ont quand même un langage commun, et sur plus divers plateaux on a découvert que tout d'un coup, l'idéal politique des deux gilets jaunes, et les autres ne disent rien, mais je crois que ça va très loin, disons, c'est un idéal. Ils disent tous qu'il faut une main forte. Alors ils ne disent pas une main forte pour réprimer les... Mais une main forte dans la société, il faut imposer...
Ils ne disent pas tous ça. Il y en a un qui vous a précédé au micro. C'est d'ailleurs leur problème, c'est qu'ils parlent de manière très diverse.
Il y a deux choses. Il y a deux choses. Et deuxièmement, jamais en 68, jamais quelqu'un aurait menacé de mort, quelqu'un qui voulait discuter. Jamais quelqu'un m'a menacé. Moi je discutais avec tout le monde. Souvent on ne voulait pas discuter avec moi. Mais aujourd'hui, et qu'on ne comprenne pas ce que ça veut dire, que s'il y a des gilets jaunes qui veulent négocier, et qu'ils ne vont pas parce qu'ils ont peur pour leur vie, je vous dis, le type de société qui peut émerger de ces tendances, moi ça me fait peur.
Alors là, la réunion à Matignon est annulée. Ça c'est les dernières informations. La réunion est annulée, faute de participants, puisqu'ils ont décliné la proposition de Edouard Philippe.
Ce n'est pas une petite histoire. Maintenant ils peuvent dire ce qu'ils veulent, mais on l'a vu, j'étais sur le plateau hier à LCI, quand on l'a dit, et on l'a dit, ils ont dit, nous on a peur. On a peur, on a été menacé. Il y a la madame Moreau, elle s'appelle, toute la nuit on m'a téléphoné, j'ai reçu en dessus. Je veux dire, vous savez ce que ça veut dire ça ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, on n'est pas dans une période révolutionnaire, il ne faut pas arrêter de trucs, mais on est dans une période de tentation autoritaire.
Alors il y a une véritable crise sociale, il y a un véritable problème social, de fracture sociale, d'illégalité, d'injustice dans ce pays, mais il y a aussi une tentation pour répondre à ça, parce que la démocratie n'y a pas récit, une tentation autoritaire totalitaire.
Essayons de réfléchir sur comment sortir, puisque c'est la grande question, comment sortir de ce blocage aujourd'hui. Probablement donc, tout à l'heure, Edouard Philippe va annoncer devant les députés La République En Marche, un moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant. Un moratoire, est-ce que c'est suffisant ?
Non. Non. Alors je ne sais pas, c'est peut-être que... Moi, franchement, Edouard Philippe doit annoncer le moratoire, d'accord, mais ça ne suffit pas. Donc c'est au président de la République de dire maintenant où il va aller, où il faut aller. Et moi, je suis absolument sûr que il faut en même temps remettre tout sur la table. Alors, je remets tout sur la table. l'ISF, toute la fiscalité. Donc il faut faire un geste. Il y a aujourd'hui, et ça c'est véritable, on l'a vu, il y a des gens qui gagnent 1,200, 1,200 des retraités, ou une femme seule avec un enfant qui a 1,300, qui me disent, je n'y arrive pas. Donc il faut trouver, aujourd'hui, il a donné 100 euros, par exemple, aux policiers.
Primes exceptionnelles. Eh bien, il faut donner une prime exceptionnelle à tous ceux qui... Il faut trouver un moyen qui sont au-dessous du SMIC. Deuxièmement, il faut négocier avec les... Remettre les corps intermédiaires. Donc le Grenelle qu'appelait Laurent Berger, appelez ça une table ronde, appelez ça les états généraux, appelez ça un Grenelle, ça m'est complètement égal. Mais il faut remettre les corps intermédiaires dedans, négocier sur le SMIC, et puis, il faut qu'il aille plus loin. Ça veut dire ? Cette inégalité en France. Je me répète, parce qu'on fait toujours mai 68.
En mai 68, au Grenelle, il y a eu une discussion entre patronat, l'État et le syndicat, sur l'échelle des salaires. Les patronats défendaient 1 à 8, le syndicat 1 à 5, 1 à 8. Henry Ford, qui était le capitaliste modèle, qui était pour la répartition. Il disait, une échelle de salaire de plus de 1,40, c'est intolérable.
Et aujourd'hui, on en est à beaucoup plus.
Si on ne s'attaque pas à cette injustice... Mais l'ISF a été supprimé, Daniel Cohn-Bendit. Mais vous savez... Est-ce qu'il faut revenir là-dessus ? Il y a Bourg qui propose un ISF vert. Dominique Bourg. Dominique Bourg qui propose un ISF vert. C'est pour ça que moi, je ne veux pas ici dire... Voilà, c'est ça, j'en sais rien. Parce que je veux une négociation. Mais je crois qu'il faut rétablir, il faut faire payer à ceux qui ont les épaules larges, donc moi, vous, vous, Mme Salamé, M. de Mont-Bendit. Il faut nous faire payer plus pour la transition écologique. C'est comme ça. Sans ça, on n'y arrivera pas. Je sais que ça ne fait pas plaisir. Ça ne fait pas plaisir, c'est difficile.
Et ça va être difficile plus on descend dans l'échelle des salaires et des revenus.
Mais n'est-ce pas trahir la promesse même de ce qu'a été Emmanuel Macron qui disait et qui a fait, il faut le reconnaître, je fais ce que je dis. Moi, contrairement à mes prédécesseurs, je ne recule pas. J'ai promis de faire ça, ça, ça, ça. Eh bien, je le fais. Et là, vous lui demandez, vous qui l'avez soutenu, au fond, de changer de cap, de renoncer à ses promesses. Est-ce qu'il ne va pas se trahir lui-même ?
Écoutez, moi, je crois qu'en politique, il faut avoir une orientation, un cap. Et puis, il faut avoir quelque chose qui est très difficile pour nous tous qui ont fait de la politique. C'est la capacité de se remettre en question. Il a fait des choses sur l'Europe. Il a fait des choses où je suis d'accord. Et il y a des choses, quand ça ne passe pas dans un pays, il faut être capable de le comprendre. Il ne faut pas être le premier de la classe, toujours. Il faut dire peut-être que même si j'ai raison, il y a des bonnes raisons pour l'ISF, je ne le nie pas. Mais si ça ne passe pas, il faut remplacer, il faut trouver une solution pour qu'il y ait un apaisement face aux inégalités.
Et ça, il n'a aucune expérience politique. Il faut dire les choses comme elles sont. Il est arrivé là parce que les autres étaient d'une faiblesse incroyable. C'est pour ça qu'il est passé par un trou de souris. Et bien maintenant, il découvre l'ampleur de la politique. Et ce n'est pas une honte. Ce n'est pas une honte de dire là, je vois qu'il faut faire autrement. Ça serait à son honneur. Il ne faut pas faire comme François Mitterrand qui fait l'alliance avec les communistes, les socialistes, les privatisations. C'est la catastrophe économique. Il appelle de l'or et il continue à dire mais c'est la même chose. Ce qui était un mensonge.
Mais en même temps, Daniel Cohn-Bendit, le président de la République, n'a-t-il pas théorisé lui-même l'exercice solitaire et ultra vertical du pouvoir ? Vous dites, il n'a pas d'expérience politique. Il y a tout de même eu une théorie de cette manière de gouverner. Et bien cette théorie
était une erreur. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, moi ? Ce n'est pas parce que le président a dit, ce n'est pas parce que j'aime bien le président que je suis d'accord avec lui. Non, il a fait des tas d'erreurs, cette théorisation. Vous lui dites ça ? Mais bien sûr.
Mais il vous répond quoi ? Quels sont les arguments ?
Au début, il me disait mais tu comprends, la France est un pays... Son problème. Moi, ce que je comprends. Il arrive au pouvoir. Il y a un général qui lui dit qu'il ne comprend rien. Il a 40 ans. S'il ne fait pas preuve d'autorité, il a perdu tout de suite. Le fameux général de Villiers. Oui, qu'on veut mettre maintenant Premier ministre. Ça me fait rigoler. Tout le monde au pas. Allez.
Et aujourd'hui, vous répondz quoi quand vous lui dites qu'il faut te réformer toi-même ? C'est ça que vous dites ce matin.
Je veux dire que quand il est sur le porte-avions, il commence à dire « je n'ai pas réussi ». Il le dit. Donc, il le comprend. Mais c'est difficile des fois d'aller contre sa nature. Enfin, c'est même pour des animateurs de radio, ça doit être difficile de temps en temps d'aller contre sa nature. Pour moi, c'est extrêmement facile d'aller contre ma nature parce que je n'en ai pas.
Non, ce n'est pas grave. Pour le reste, tout de même, est-ce que vous analysez comme un signe très inquiétant l'ampleur du rejet dont le président de la République est aujourd'hui l'objet ? Oui. Ça veut dire quoi ?
L'ampleur du rejet. Oui, moi, ça me fait. Démission, démission partout et démission à la forme la plus polie. Il faut dire les choses, il faut appeler un chat-chat, c'est qu'on entendait dans les rues Macron à l'échafaud. Je veux dire, je ne dis pas que c'est tout le mouvement. Attention, je ne suis pas débile, mais il y a cette tendance de fond qui existe aussi et cette haine, quand un député écrit des tribunes de haine, je vous hais, je vous hais de plus juin. François, je veux dire, mais vous vous rendez compte où on est ? On connaît dans les révoltes ce que la haine a apporté. Vous savez, ce n'est pas drôle quand un pouvoir se fait renverser.
Et là, on a parlé tout à l'heure de l'extrême droite en Europe. D'abord, je voudrais dire qu'en Allemagne, c'est vrai que l'extrême droite est troisième partie, mais le deuxième, c'est les verts. Ce sont les verts. Il faut toujours rajouter ça.
Ce qui n'est pas le cas en France.
Ce n'est pas du tout le cas parce que, mais en France, ils sont ridicules. Moi, je voudrais qu'une opposition... Pourquoi vous dites
qu'ils sont ridicules ?
Mais écoutez, vous allez aux Européennes où ils disent tous ce genre la mère des problèmes, c'est la transition écologique et sociale. Et ils sont cinq forces politiques qui vont aller seules pour dire la même chose. C'est comme les trotskistes qui, à l'époque, avaient le programme de transition. Ils étaient quatre partis trotskistes à penser la même chose, mais c'était des chapelles personnelles. Je veux dire, moi, on a besoin en France d'une opposition responsable capable d'être une alternative.
Danikon, est-ce que cette crise actuelle révèle la crise, une crise plus profonde de la Vème République ? Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron sera le dernier empereur de la Vème République et qu'à un moment, cette constitution qui a été faite pour un homme, le général de Gaulle, dans une circonstance particulière, la guerre d'Algérie, aujourd'hui, il faut sans doute, peut-être, ou pas du tout, penser à la changer ?
Moi, je pense qu'il va falloir faire évoluer, mais attention au problème. La personnalisation, par exemple, en Allemagne, c'est la même chose. C'est Merkel démission. Toute la droite, les mouvements Pegida qui étaient des mouvements forts, c'est exactement la même personnalisation, alors que c'est toute autre constitution. Donc, évidemment que je crois, moi, je crois qu'il faut faire évoluer cette Vème République. L'introduction de la proportionnelle est une nécessité, mais ça créera d'autres problèmes. Si vous avez une proportionnelle, vous n'avez pas des forces centrales, vous avez une balkanisation et c'est un peu le problème de l'Allemagne aujourd'hui. Oui, c'est un piège.
La Vème République assure la régularité et casser cela...
Ça peut être la balkanisation. Mais je suis pour la proportionnelle. Je dis simplement, il ne faut pas croire que tout est facile.
On passe au standard où nous attend François. Bonjour François. Bienvenue sur Inter.
Bonjour Léa. Bonjour Nicolas. Bonjour M. Kohn-Bendit. M. Kohn-Bendit, je voudrais savoir si vous n'êtes pas en colère après Emmanuel Macron, le président peut-être le moins écologique depuis les 20 dernières années et qui arrive alors que l'écologie, il n'en avait rien à faire pendant la campagne. Sa seule intervention marquante, c'était le programme d'Europe Écologie, les Verts. Je me suis arrêté aux lignes sur le nucléaire et ça faisait rire des chasseurs. se cache derrière l'écologie alors qu'il ne fait rien.
Il arrive juste à donner l'impression que l'écologie, c'est contre les gens les plus pauvres alors que l'écologie, ceux qui souffrent le plus des transformations écologiques catastrophiques, c'est les gens les plus pauvres et que finalement, ce qu'il faut qu'ils fassent, c'est qu'ils réagissent rapidement pour que l'écologie soit pour les gens et pas payée par les gens les plus pauvres.
Merci François pour cette question. J'y ajoute via l'application de France Inter, celle d'Olivier. Dany, si tu es, il vous tutoie, toujours sensible à l'écologie, tu devrais d'abord être atterré par l'abandon annoncé de la taxe carbone pour la seconde fois après l'écotac. Je vous livre Daniel Cohn-Bendit les deux questions.
Alors, premièrement, moi je ne suis pas d'accord mais ça serait trop long d'y répondre qu'il n'en a rien à cirer de l'écologie. Je crois que la transition écologique est une des choses les plus difficiles. ça se voit partout. Aujourd'hui, il a pris, il y a une conscience, il y a une conscience, on peut dire qu'il ne va pas assez loin, ça on peut toujours le dire. Il a compris le problème central du réchauffement climatique. Il a une autre interprétation parce qu'il est pro-nucléaire mais la fondation Hulot il y a encore quelques années n'était pas contre le nucléaire. C'est une évolution.
Donc je veux dire, c'est pas, il y a des scientifiques qui sont absolument dont le problème central c'est le climat mais qui ne sont pas anti-nucléaire. Donc c'est un débat qu'on peut avoir. Donc moi je crois qu'il va, il a des idées et je réponds à la deuxième question. Ça c'est dramatique. Et c'est vrai que l'Europe Ecologie sont les seuls à avoir été hier à ne pas demander l'abrogation de la taxe. Je dis que c'est juste théoriquement mais dans la situation actuelle il faut calmer le jeu pour remettre sur la table toute une série de mesures sur la transition écologique. Et je dis, je finis, la transition écologique sera difficile pour tout le monde.
Moi j'ai toujours dit dans les campagnes électorales, je m'excuse, si vous votez pour un parti normal, ça sera, ils vous diront votez pour nous, ça sera plus facile. Je dis, si vous votez pour les écologiques, j'ai toujours dit votez pour nous, ça veut dire que ça va être beaucoup plus compliqué. Guy est en ligne. Bonjour, vous êtes médecin,
bienvenue. Bonjour et merci pour vos émissions, toujours aussi intéressantes. Je suis âgé de 67 ans donc j'ai connu 68 et quand j'entends Daniel qui dit qu'il n'a pas de nature, je suis désolé, il en a une, une grande lucidité et ma question est la suivante puisqu'on va mettre à l'épreuve sa lucidité sur le mouvement étudiant actuel, qu'est-ce qu'il préconise, est-ce qu'il peut filtrer et éviter de mettre de l'huile sur le feu ?
Vous pensez sans doute au lycée, un peu plus d'une centaine qui commence à se mobiliser avec des blocages. Daniel Cohn-Bandit, que répondez-vous à Guy ? Quel conseil ? Moi,
le conseil que je donnerais pas aux lycéens mais au gouvernement, le gouvernement, c'est-à-dire, il y a des mesures qui ne sont pas comprises. Par exemple, par les lycéens et les étudiants, ils veulent augmenter aujourd'hui les prix d'inscription pour les étudiants étrangers. Comme si c'était que des riches qui venaient. Ce n'est pas vrai. il y a des riches et c'est vrai qu'il faut trouver une solution pour que les riches payent. Mais il y a des jeunes étrangers qui viennent en France de familles moyennes, pauvres, de pays africains ou je ne sais d'où, pour qui ça serait ou du Maghreb, ça serait dramatique, ils ne peuvent pas payer cela.
Donc, moi je crois que ce gouvernement doit apprendre à négocier avec les corps intermédiaires et aussi bien dans l'université. Je crois que c'est ça. Moi, si vous voulez, il y a des revendications des lycéens que je peux partager. Il y en a où je ne suis pas d'accord. C'est leur droit d'avoir des revendications qui ne me plaisent pas, moi.
Une question d'Éric sur l'application France Inter pour essayer de caractériser à la fois le mouvement et le moment. Moins de 200 lycées mobilisés, ça représente 5% du nombre total des lycées en France. 500 000 gilets jaunes représentent moins de 2% de la population active d'aujourd'hui. Comment peut-on comparer ce mouvement à la mobilisation de plus de 7 millions de personnes durant une grève générale de deux semaines en 1968 ? Sur la comparaison historique, c'est un mouvement incroyablement plus petit, dit notre auditeur aujourd'hui.
Avec les réseaux sociaux, avec les sondages qui disent il y a 80-90%, c'est par délégation. Déjà, on l'avait vu par la grève.
Avec les chaînes d'info.
Et je vais revenir, c'est ça, je vais revenir. Mais on a un phénomène quand même aujourd'hui avec ces chaînes qui tournent en toi. C'est-à-dire que vous avez, moi, Schneiderman, je crois qu'il avait fait une très bonne chronique où il a expliqué, on est complètement fasciné et vous aviez, samedi, pas le dernier, samedi, il y a 15 jours, il y avait deux événements en France, à Paris. Il y avait une manifestation très dure de 5 000, 8 000, allez, disons, gilets jaunes. Il y avait 25 000 à 40 000, je ne sais pas, personnes qui manifestaient contre les violences sexuelles. Vous en avez vu une image à la télévision, un micro-trottoir. Madame, pourquoi vous êtes là ?
Pourquoi vous êtes contre les violences ? Où est-ce que vous avez vécu ? Parce que il n'y a que les riches qui font des violences sexuelles. De toute façon, il n'y a que ceux d'en haut qui font les violences sexuelles. Donc, d'un problème de la société française, de la société espagnole, de toutes ces sociétés. Et là, personne n'en parle. Donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, avec ces images qui tournent en boucle, c'est une sélectivité incroyable de la réalité. Pendant que nous, on parle, il y a presque une guerre en Ukraine. Pendant que nous, on parle, le massacre au Yémen continue. Pendant que nous... Mais ça, plus personne n'en parle. Plus personne n'en parle. Et c'est dramatique.
C'est vrai que de la guerre en Ukraine ou des conflits en Ukraine, la majorité des Français n'en ont rien à cirer. Mais pour la sécurité des Français, de tout le monde, c'est quelque chose de fondamental.
Daniel est au standard. Soyez le bienvenu. Bonjour.
Bonjour.
On vous écoute.
Voilà. Oui, je voulais faire une remarque. Moi, j'ai 65 ans. Je suis chirurgien, fils d'ouvrier. J'ai fait mes études en France grâce à la République. et ces études m'ont permis de faire toutes mes études et d'être aujourd'hui chirurgien spécialiste. Ce que je voulais dire, c'est que dans mon parcours, les événements m'ont permis également de pouvoir aujourd'hui payer l'ISF. Je voulais intervenir sur ce sujet-là. J'ai payé l'ISF et je suis révolté par le fait que on puisse imaginer que les plus grandes fortunes françaises puissent investir dans l'économie en pensant sur la bonne volonté des gens et je considère qu'il ne faut pas être incitatif mais l'imposer.
J'ai moi-même investi 50% de mon épargne dans des sociétés qui ont permis en deux ans d'embaucher 60 personnes.
Donc la loi est plus efficace que la morale en quelque sorte si je vous comprends bien. Daniel C'est toute l'idée
des taxes écologiques. C'est toute l'idée que et c'est vrai il y a une grande il y a en Allemagne des scientifiques qui ont sorti il faut augmenter le prix de l'énergie. Il faut sinon on ne s'en sortira pas. On ne s'en sortira pas. Mais ce monsieur a raison. Ce monsieur a raison. Dans la situation sociale actuelle je suis pour rétablir que ça s'appelle l'ISF vert je suis pour investir dans la transition écologique je suis pour c'est une mesure d'égalité et donc j'espère que le président de la république donnera des perspectives qui vont au-delà du moratoire qui vont si c'est que le moratoire les enfants c'est pas la peine de se lever demain matin.
Une dernière pour la route c'est Cédric qui vous pose la question taquine dis-moi Dany qu'est-ce que ça fait d'être de l'autre côté de la barricade ?
Écoute moi je te dis une chose d'abord je suis je lui dis camarade Cédric je suis allergique au jaune pour des raisons personnelles je ne peux pas mettre quelque chose de jaune peut-être les gens comprendront les toiles jaunes deuxièmement je n'accepterai jamais un mouvement qui me dit tu passes si tu mets ton gilet tu passes si tu signes une paix jamais on peut me massacrer jamais je ferai ça donc je ne suis pas de l'autre côté je ne suis pas j'essaye de comprendre mais pour moi j'ai une angoisse terrible dans les sociétés que nous vivons c'est que nos libertés elles peuvent disparaître dans des mouvements autoritaires et que dès que je vois pointer à l'horizon peut-être que je suis complètement malade là-dessus et que je ne fonctionne pas bien mais quand je vois pointer la moindre perspective totalitaire je ne suis pas de l'autre côté de la barricade je suis du bon côté de la barricade merci Daniel Cohn-Bendit
Daniel Cohn-Bendit