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interviewLCP (sur YouTube)· 9 novembre 2025 17 min

Chine vs Europe : Sommes-nous devenus dépendants ? (Shein, Terres rares, etc.) | Ici l'Europe

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles, dans la capitale européenne. On a assisté en spectateur à la rencontre et aux négociations entre les présidents américains Donald Trump et Chinois Sigjin Ping. Ils se sont mis d'accord sur un deal qui éloigne la perspective d'une guerre commerciale, mais ça n'est pas nécessairement totalement favorable aux Européens.

Alors que nous sommes son premier partenaire commercial, la Chine ne partage pas nos analyses géopolitiques. Elle soutient la Russie contre l'Ukraine, détournant même les sanctions pétrolières contre la Russie. Elle tente aussi de séduire l'Afrique et l'Amérique latine ainsi que certains pays européens au dépend de l'Union européenne en tant que telle.

Mais Pékin est même allé plus loin en menaçant directement nos économies en annonçant début octobre qu'elle durcissait le ton sur les terres rares. Ces métaux indispensables à nos industries. Dans ces conditions, l'Union européenne a accueilli avec un ouf de soulagement la levée de ses restrictions à l'issue de la rencontre entre Donald Trump et Shijingping.

Espérant aussi en bénéficier. Globalement, nos économies subissent l'afflux massive des produits chinois et un dumping intensif sur de sa force. Pékin ouvre même la porte à un accord de libre échange avec les Européens.

À leur lieu, a-t-elle encore les moyens de reprendre son indépendance vis-à-vis de la Chine ? Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Sandro Godzi. Bonjour.

Eurodéputé d'origine italienne il en France sous l'étiquette Macroniste Renew. Et puis vous êtes en face de votre collègue, elle aussi eurodéputée belge, Estelle Cullemans pour les socialistes. Écoutons tout de suite l'homme qui dit avoir sauvé l'Europe de la pénurie des terres rares.

Cette rencontre a été un grand succès. Tout le problème des terres rares a été réglé et ça vaut pour le monde entier. Cet obstacle avec la Chine a maintenant disparu.

Il n'y a plus aucun obstacle. Il s'agit d'un accord d'un an et nous le prolongerons après un an. Cet accord, je pense, sera très régulièrement prolongé au fil du temps.

Sandro Godzi, c'est Donald Trump qui négocie pour nous un délai de grâce d'un an pour accéder au terre rare. C'est un peu humiliant quand même, non ? Les États-Unis se trompent avec la Chine depuis l'époque de Nixon.

Euh, ils ont ils avaient ouvert une première fois politiquement avec Nixon et Kinsinger en pensant que la Chine aurait pu être un allié contre l'URSS. Ils ont ouvert leur marché et notre marché et l'accès à l'Organisation mondiale du commerce avec Clinton en pensant que ils allaient évoluer vers la démocratie. et Trump s'est déjà trompé une fois il y a quelques années quand il il a fait un premier accord avec la Chine.

Donc je crois pas que il faut suivre nécessairement les États-Unis dans leur mauvaise analyse avec la Chine. Il est clair que la Chine pour nous c'est un partenaire indispensable mais c'est aussi un RVA systémique et nous devons utiliser les instruments dont nous sommes dotés pour avoir un commerce équitable et surtout protectur de nos intérêts avec Pékin que nous décidons pas que qu' soit décidé par les présidents des États-Unis et Colem on a vu le commissaire européen au commerce he se féliciter de cet accord et même en faire l'exégèesse pour rassurer les Européens et dire qu'ils étaient bien selon lui concernés par ce que Trump avait obtenu Il faut se réjouir ou pleurer de notre impuissance ? Alors de un, je suis heureuse d'entendre les déclarations effectivement de notre commissaire euh monsieur Séjourna parce que moi j'ai pas du tout la garantie que que cet accord va concerner euh l'Europe.

Or, comme vous l'avez dit, l'accès à cette rar est un enjeu essentiel pour avoir finalement pour pouvoir développer aussi des technologies, des technologies propres et des technologies digitales ici au niveau européen pour créer de l'emploi, pour avoir ce qu'on a appelé d'ailleurs ce l'enjeu dont on s'est vraiment rendu compte au moment du Covid, c'était cette autonomie stratégique dont nous avons besoin aussi pour être des partenaires à part entière, tant des États-Unis que de la Chine sur le plan commercial. Donc moi, je suis pas du tout rassuré parce que on sait qu'on est extrêmement dépendant de la Chine par rapport à l'abortation de cette terre rar puisque je pense que pour l'Europe, on nous en être bisous. En tout cas, nous nous sommes les principaux consommateurs au niveau de la Chine. 99 % en tout cas de cetera viennent de Chine pour nous.

Voilà. Donc on voit monsieur monsieur Trump une fois de plus par AD avoir un accord à la Hussarde. C'est ça c'est ça c'est sa manière de faire.

Mais moi, je suis pas rassuré du tout. Mais alors c'est quand même assez paradoxal. On veut notre autonomie stratégique sur la défense par exemple et il se trouve qu'on a besoin précisément des terres rares dont la Chine contrôle 60 % de l'extraction, 90 % du raffinage, 94 % de la production des MS permanents.

Donc pour notre industrie en fait et pour qu'elle soit plus euh autonome, on dépend quand même beaucoup trop de la Chine. Oui, des c'est les mot rares euh induit à des malentendus parce qu'elles sont pas rares et et tout simplement il faut commencer à les extraire ou à les emporter d'autres parties du monde par rapport avec la Chine. avec les l'acte sur les ménarilles critiques et les ter les critical raw material de 2024 sur lequel terry Breton avait beaucoup travaillé, on a décidé d'avoir un minimum de 10 % de terrar extraites en Europe et de diversifier à travers des nouveaux accords commerciaux, de nouveaux pactes la la l'importation des terrares des pays autres que la Chine.

C'est ça la voie pour arriver à cette autonomie stratégique que nous voulons et que ça elle doit être suivie par des faits concrets. L'automie stratégique doit être une indépendance réelle. On vous avait parlé de cette première initiative de la commission mais Ursula Vleyen a fait de nouvelles annonces il y a quelques jours.

La présidente de la Commission européenne qui annonce un nouveau plan. Donc est-ce que le premier était vraiment efficace pour sortir lieu de cette dépendance ? l'écoute.

Plus de 90 % de notre consommation d'aim composé de terre rare vient de Chine. Notre réponse doit être à la hauteur des risques auxquels nous faisons face dans ce secteur. C'est pourquoi j'annonce aujourd'hui que nous travaillons sur un nouveau plan baptisé Resource EU.

Le but est de sécuriser l'accès à des sources alternatives pour les terres rares dans le court, le moyen et le long terme pour nos industries. Alors Sandro Godzi, l'Union européenne a la capacité de retrouver cette indépendance pour vous. Oui, notamment au niveau commercial.

Je crois qu'au niveau commercial, ben ce sont des défis difficiles, mais au niveau commercial, ça devrait être moins difficile et ça devrait aller plus vite que dans le domaine de la défense et la sécurité. Nous avons une politique commerciale qui est compétence exclusive de l'Union européenne. Donc nous pouvons parler d'une seule voix dans le domaine commercial.

Nous avons les marchés les plus attractifs du monde et donc ce sont deux outils et deux atouts que nous devons pleinement exploiter pour faire ce que la président de la Commission européenne a justement indiqué différencié par c'est que vous savez aujourd'hui on se retrouve vis-à-vis des terres rares et et la Chine dans la situation donc dans dans laquelle certains pays européens s'est trouvé pour les gaz russes avant la guerre en Ukraine et une dépendance qui était une erreur stratégique fondamentale. On a réussi à devenir un peu plus indépendant de la Russie d'Algaz. Nous devons faire exactement la même chose sur les terras vis-à-vis de la Chine.

Mais sur le volet commercialement, c'est plutôt une invasion de produits chinois pour l'instant à laquelle on assiste. Le déficit commercial ne cesse de se creuser entre l'UE et la Chine 300 milliards d'euros hein l'an passé. Les exportations chinoises sont de plus en plus nombreuses du fait aussi des négociations avec Trump, du fait que le marché américain se soit fermé.

C'est un afflu massif et un dumping dramatique pour les emplois européens. Alors avant de répondre à votre question, je vais quand même me permettre de revenir sur la question et l'enjeu des terrares. Il y a peut-être aussi un enjeu intraeuropéen outre l'extraction dont on sait évidemment qu'elle sera problématique au niveau environnemental.

Il y a la question du recyclage et de l'économie circulaire. C'est peut-être le premier enjeu et puis qui d'ailleurs va créer de l'emploi au niveau européen. Donc d'abord recyclons les les métaux, les terres rare ici au niveau européen avant d'aller en chercher ailleurs.

Premier premier élément sur le sur le commerce. Bah oui, évidemment c'est depuis le début des des années 2000, on se dit avec notre notre approche de consommation, c'est bien. Tout ce qui vient de la tout ce qui vient de la Chine se fait à Bakou.

Pour le consommateur, c'est une bonne chose et on on constate aujourd'hui malheureusement que ça non seulement déstabilise au niveau macroéconomique mais au niveau microéconomique toutes nos économies. Alors au niveau macroéconomique par exemple, bah commençons par l'acier hein. On sait qu'évidemment l'acier chinois d'ailleurs bénéficiant d'aide d'état énorme en Chine a déferlé ici a des a détruit des centaines enfin en tout cas 100000 emplois entre 2008 et 2023 au niveau européen.

On le voit par rapport, on en parlera peut-être tout à l'heure, par rapport à l'habillement, on le voit par rapport aux technologies. Et donc non seulement au niveau macroéconomique, il y a il y a il y a a il y a vraiment des déséquilibres très importants et puis comme vous le dites au niveau microéconomique puisque de plus en plus chacun d'entre nous derrière son ordinateur ou sa tablette consomme à bas prix, fait venir du e-commerce et on voit effectivement une une déferlante de produits qui par ailleurs bah non seulement sont produits sans respect de normes sociales environnementales des droits humains en Chine en particulier mais qui en plus ici ne respecte pas souvent les normes européennes en matière de sécurité. Alors en France, c'est le feuilleton de la plateforme Chine, la Fastfashion chinoise.

Le gouvernement a suspendu cette plateforme après la découverte de la vente de poupée pédo pornographique sur son site. Et alors qu'elle s'installe au cœur de Paris dans le très prestigieux BHV, elle installe un premier magasin européen. La plateforme a donc suspendu temporairement ses vendeurs tiers.

La France qui veut aussi taxer les petits colis, peut-être à hauteur de 2 € par petit colis. Est-ce que l'Europe a peur en ce qui la concerne de s'en prendre à la Chine ? Je je crois pas qu' qu'on est peur de la Chine.

Je crois qu'on a été naïf avec la Chine. C'est pas une question de pair, c'est une question du fait que on a pensé que naturellement en faisant du commerce avec la Chine, la Chine aurait évolué, aurait respecté de plus en plus nos règles, aur même évolué du point de vue du système démocratique. C'était l'illusion qui a accompagné l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce.

Nous avons maintenant les instruments. Tout d'abord, finalement, on a introduit un mot et un instrument qui s'appelle réciprocité. J'étais un des premiers quand j'étais au gouvernement à soulever cette question des réciprocités.

C'était un moin interdit à l'époque avec la Commission européenne. Maintenant, on a des instruments pour rééquilibrer les relations commerciales quand ils se font en violation de nos standards, de nos règles sociales, de nos règles environnementales, de nos règles de sécurité des produits. Nous devons les appliquer sur la question des Chines et les poupées pédoponraphiques.

Il y a des lois pénales en France qu'on doit appliquer et et on doit les faire très rapidement. Donc maintenant, il s'agit d'être moins naïf et d'utiliser les instruments anticorestion antiamping que nous avons pour rééquilibrer la relation avec la les Chinois. Et celle que le mention au niveau européen sur cette affaire Chine.

Est-ce qu'on a des outils aussi pour pour contrer cette offensive et des pratiques en partie illégale ? Donc c'est effectivement fou que euh on assiste aujourd'hui euh en les les bras grands ouverts à l'ouverture d'un de d'un magasin euh de la part d'un opérateur qui effectivement est en contradiction avec toutes nos valeurs européennes et même en contravention par rapport à nos réglementations européennes. C'est c'est quand même effectivement relativement hallucinant.

Euh et donc quels sont les outils ? C'est évidemment au niveau européen qu'on doit pouvoir lutter contre la fast fashion comme on appelle ça et donc réguler tout ça. Pour le moment, la seule bonne expérience est en France où il y a un projet de loi pour réguler cette fast fashion parce que Chine, on le sait, donc non seulement inonde l'Europe de produits qui, comme on l'a dit, ne respecte pas la la sécurité, mais ne respecte pas non plus la question des droits humains et des droits sociaux.

Les la t sur les petits colis, vous êtes pour par exemple ? Et bien, je pense qu'on doit effectivement y réfléchir d'une manière ou d'une autre. Il faudra à un moment donné que chacun joue dans le même dans dans le même jeu et dans le même espace de jeu.

Le problème c'est qu'effectivement eux non seulement n'ont pas ne respectent pas les aspects démocratiques, ne respectent pas les droits humains, ne respectent pas on recourt au travail forcé. Il faut savoir qu'en Chine ces produits sont produits avec des des des travailleurs et des travailleuses qui travaillent 18 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine, peu payé. Il y a même il y a même du travail forcé.

C'est aussi une des raisons, c'est un des gross enjeux. Nous aurons la semaine prochaine d'ailleurs un vote ici au sein de ce Parlement européen sur ce qu'on appelle le devoir de vigilance. Ça a l'air très abstrait mais c'est justement faire en sorte que des opérateurs présents ici, Chine d'ailleurs aujourd'hui en France, mais respectent les droits humains, les droits sociaux et les droits environnementaux.

Pas de travail forcé, pas de travail des enfants tout au long de la chaîne de sous-traitance. Et c'est malheureusement à ça que l'Europe est en train de se résigner aujourd'hui et de de supprimer. Alors, les deux présidents chinois et américains, Sandre Godzi, ont parlé aussi euh au-delà au-delà de l'économie du dossier ukrainien en l'absence des Européens.

Les Chinois qui ne soutiennent pas l'Ukraine et qui même euh soutiennent la Russie euh en plus achètent peu cher leur pétrole. Euh comment est-ce que on on espère un jour les rallier à notre vision ? Les Chinois euh sont des alliés de Poutine et de la Russie et et ils sont des alliés de la Russie parce que comme nous, il voit à moyen terme la faiblesse croissante des Russes.

Il pense de pouvoir garder transformer la Russie dans un des sujets de la de la sphère d'influence chinoise. Donc ça c'est carrément la clairement la stratégie la stratégie chinois chinoise. La c'est incompréhensible.

Par contre, la stratégie de Donald Trump euh parce que Donald Trump il pense que la Chine il est obsédé à Washington sont obsédés par la compétition avec la Chine. Ils ont raison. La Chine est en danger.

Mais je crois pas pourquoi pour aborder la compétition avec la Chine, ils ont commencé par taper sur leur alliés historiques. Nous les Européens. auraient dû faire exactement les contraires.

Mais ça s'explique, c'est j'ai dit que c'est incompréhensible mais ça s'explique. Nous sommes l'Union européenne un obstacle dans la dans l'application de la stratégie impériale de Trump. Trump veut réorganiser le mondes autour des logiques impériales, ce qui conviennent parfaitement à Poutine, ce qui convient parfaitement aux Chinois qui ont un esprit des dominateurs et l'Union européenne qui est la forme des multilatéralismes plus avancés, plus démocratique est un obstacle dans stratégie.

C'est pour cela que Trump essaie de négocier sur l'Ukraine avec les Russes en nous, de négocier sur l'Ukraine avec les Chinois sans nous. Et c'est pour cela que nous devons nous doter de cette puissance aussi militaire européenne pour compter pour pèser sur les nouveaux grands enjeux globaux. Et ça commence un mot de la fin sur cette annonce.

Ce mardi 4 novembre par la voix de son ministre des affaires étrangères, la Chine s'est déclaré prête à négocier et signer un accord de libre échange avec le lieu. C'est rééaliste, l'Europe serait nécessairement perdante. Alors si effectivement on négocie pour le moment avec un pays comme la Chine un accord de libre échange et on le voit à quelles conditions sur les les sur sur sur les sur les aspects sociaux-environnementaux, je pense que nous sommes effectivement perdants et c'est extrêmement dangereux.

Euh et ce qui était dit tout à l'heure, on on on est très clair. Non seulement effectivement Trump a des tendances impérialistes, mais il n'y a pas que Trump. La Chine l'est aussi.

Il suffit de voir aussi sa politique et son attitude dans des pays pour avoir accès notamment au métau rar comme l'Afrique. Il suffit de voir aussi comment sur par exemple la production de fibroptique essentielle aussi pour nos technologies il il s'implantent en Égypte pour avoir des droits de douanes moins moins importants pour une exporter vers l'Europe. Et donc voilà, on ce sera effectivement très très dangereux et à nouveau très très naïf de conclure un tel accord avec perdant perdant forcément si on négocie avec la Chine ça dépend de nous, ça dépend de notre volonté.

Certes, si on négocia avec la Chine comme nous avons négocié avec les États-Unis en Écosse, ils vut mieux ne pas commencer à négocier. Merci à tous les deux d'avoir illustré justement le paradoxe, les paradoxes de nos relations avec la Chine. Merci à vous.

Merci Caroline et bonne suite de programme sur nos chaînes. [musique]