Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat· 22 novembre 2024

Michel Barnier a prononcé « un discours apaisant » face aux maires

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

On va parler de la crise agricole, on l'a vu dans le journal la mobilisation qui se poursuit, le barrage du port de Bordeaux qui a été élevé ce matin. Est-ce que vous soutenez la méthode, notamment ces barrages ? Alors vous savez, je vis dans une commune, une petite commune rurale, au cœur d'une terre d'élevage, au milieu des agriculteurs, mes deux plus proches voisins sont des agriculteurs.

Donc je connais leur vie et je partage leurs inquiétudes, je comprends leurs inquiétudes. Évidemment, je ne soutiendrai jamais les actions de violence, ce qui n'est pas le cas à ce jour. Mais en tous les cas, il faut vraiment mettre une limite à cela.

Mais leurs inquiétudes, elles sont réelles. Et pour reprendre le sujet que vous avez évoqué tout à l'heure, particulièrement sur la question du Mercosur. Comment pourrait-on imaginer faciliter l'importation de produits qui ne respectent pas les normes de production, qu'elles soient d'ailleurs sanitaires, environnementales, sociales, de l'Union européenne ?

C'est vraiment impossible. Et moi qui suis dans une terre d'élevage, un tiers des produits du Brésil, par exemple, ne respectent pas les normes qui sont autorisées au Brésil, sont interdites dans l'Union européenne. On continue à utiliser des antibiotiques comme accélérateurs de croissance.

On utilise les farines animales. Tout ceci est interdit dans l'Union européenne depuis 2006. Donc les agriculteurs sont inquiets, mais les citoyens doivent être inquiets aussi.

Parce qu'il y va d'une concurrence déloyale et des effets miroirs dont on parle. Mais il y va aussi des enjeux de santé publique. Donc nous, nous sommes opposés à ce Mercosur.

Et d'ailleurs, nous aurons un débat au Sénat le 27 novembre prochain, selon l'article 50 alinéa 1, pour reprendre le sujet technique. Et donc nous pourrons faire un vote pour nous opposer au Mercosur. – Mais quelle est l'utilité de ce débat et de ce vote, sachant que la très grande majorité, pour ne pas dire l'unanimité des parlementaires, est opposée à ce Mercosur ? – Oui, mais ça marque de façon formelle, ça marquera en tous les cas, je l'espère, mais je n'ai pas de doute là-dessus, cela marquera de façon formelle l'opposition du Parlement à cet accord de libre-échange qui n'est pas juste et qui est dangereux. – Vous pensez que ça va aider Emmanuel Macron à Bruxelles pour aider l'opposition de la France ? – Je pense qu'une position formelle, forte, unanime du Parlement aidera les dirigeants français, Emmanuel Macron, le Premier ministre, à porter ce message à Bruxelles. – Hier, Annie Gennevard, on l'a vu, elle était dans le Pas-de-Calais, elle promet des annonces dans les prochains jours, notamment sur la question de la simplification.

Ça veut dire que la loi d'orientation agricole que vous allez examiner au Sénat début janvier, elle n'est pas suffisante ? – Je pense qu'il faut aller plus loin. Et la question de la… on a parlé du Mercosur, mais la question de la simplification, pour faire simple, c'est-à-dire d'alléger le poids des normes, des réglementations, qui d'abord, un, empoisonnent la vie des agriculteurs, qui deuxièmement, compliquent complètement les procédures, et qui ne sont souvent pas adaptées à la réalité des territoires, qui s'appliquent de la même façon partout, celles-là, il faut les alléger.

Donc je pense que dans la loi d'orientation agricole qui va arriver, il faut qu'on aille plus loin que ce qui est proposé aujourd'hui. Et l'idée, ce n'est pas de supprimer toutes les réglementations, ce n'est pas de supprimer tous les contrôles, mais c'est d'adapter les normes, les règles, les réglementations, les procédures à la réalité des territoires, et d'essayer de simplifier la vie des agriculteurs. – On va parler du congrès des maires, avant de parler de la question spécifique des finances, dans quelques instants, on l'a vu dans le journal, Michel Barnier qui est venu hier devant les élus pour conclure ce congrès.

Est-ce que selon vous, il a répondu à la colère des maires ? Il a eu les bons mots ? – Alors, il a fait un discours apaisant, d'abord, avec un certain nombre de points de satisfaction, sur tout ce qui concerne la simplification, qui rejoint d'ailleurs des points qui rejoignent complètement l'engagement de la délégation aux collectivités territoriales, parce que nous allons mener un travail de fond sur la question de l'inflation normative, et du surcoût généré pour les collectivités, mais aussi d'ailleurs pour tout le secteur privé, et pour l'agriculture, par l'inflation des normes et des réglementations.

Nous allons engager un travail de fonds. Il a fait un certain nombre de propositions très concrètes sur ce sujet, que nous attendions, et qui sont utiles, notamment en renforçant le rôle du Conseil national d'évaluation des normes, et en lui permettant de pouvoir agir en amont des lois, non pas après les textes de loi, mais en amont des lois, pour mesurer les conséquences d'un projet de loi, notamment sur les collectivités locales. Donc sur la partie simplification, il a apporté des réponses assez précises qui nous conviennent, et qui encore une fois répondent aux engagements de la délégation.

Sur un certain nombre d'autres sujets, de liberté laissée aux collectivités locales, qui nous tiennent à cœur, il a aussi apporté des réponses, d'ailleurs sur des textes du Sénat, l'eau, l'assainissement, qui sera examiné, laisser plus de liberté au local, qui sera examiné très prochainement à l'Assemblée nationale, sur le ZAN, appliqué de manière différenciée, le zéro artificialisation nette, c'est-à-dire les questions vraiment d'urbanisme, pour permettre de trouver un équilibre entre les besoins de développement, d'accueil de nouvelles populations dans les départements ruraux, et aussi de sobriété foncière. – Mais là-dessus, il a dit, ça vous convenait, on sait que c'est un gros point d'inquiétude relayé ici au Sénat, le ZAN, il a dit, on ne touche pas à l'objectif, on garde l'objectif 2050, mais on arrête les échelons intermédiaires, on donne plus de souplesse aux maires. – Oui, c'est très compliqué aujourd'hui, parce qu'on part, il sera d'être d'un schéma régional, on descend vers la fédération des SCOT, tout ça c'est, on va vers les SCOT, on va vers les PLU, c'est très compliqué, et c'est pas adapté.

Donc il y a des injonctions d'ailleurs contradictoires. On demande, on prône la souveraineté alimentaire, on demande aux agriculteurs de se mettre aux normes, le bien-être animal, favoriser la transformation des produits locaux sur place pour avoir de la qualité, ça suppose des constructions, ça suppose des constructions, et en même temps on dit, on ne peut pas artificialiser. Donc il faut adapter cette loi, en quelque sorte, cette sobriété foncière, sur laquelle on est d'accord, il faut l'adapter à la réalité des territoires, et il ne faut pas d'injonctions contradictoires. – Mais d'accord pour ne pas toucher à l'objectif final ? – À l'objectif de 2050, je pense qu'on peut le conserver, je pense qu'on peut y arriver, en partant des besoins du territoire, et en les faisant remonter, et non l'inverse, en appliquant d'en haut de Paris et des régions des injonctions vers le niveau communal.

Et puis après, par contre, il y a, sur les questions financières, un certain nombre de points d'interrogation qui ne sont pas levés à ce jour. – On y vient tout de suite, puisque le sujet principal sur lequel le Premier ministre était attendu, c'était bien celui des finances au gouvernement, qui demande un effort de 5 milliards aux collectivités pour redresser les comptes publics, et le Premier ministre a plutôt laissé les maires sur leur faim, en renvoyant le sujet au Sénat. On voit ça avec Quentin Calmet. – Bonjour Bernard Delgourne. – Bonjour. – Et Quentin, dans son projet de budget, le gouvernement demande 5 milliards d'économies aux collectivités. – Tout à fait, dans un effort global de 40 milliards d'euros d'économies.

D'ailleurs, la ministre des Collectivités locales l'a redit juste avant le début du Congrès des maires. On joue la souveraineté du pays avec la dette française, a dit Catherine Vautrin. Si on ne prend pas 5 milliards sur les collectivités, où va-t-on les prendre ?

Hier, Michel Barnier a joué carte sur table avec les maires, disant comprendre et même partager bon nombre des critiques qui avaient été formulées juste avant son discours par les représentantes de l'AMF, l'Association des maires de France. Mais sur cet effort budgétaire demandé aux collectivités locales, il n'a pas beaucoup rassuré les maires. Écoutez. – La discussion, mesdames et messieurs, se poursuit au Sénat, puisque l'Assemblée nationale a rejeté son propre budget il y a quelques jours. – C'était mieux ainsi d'ailleurs, parce que ce budget comportait plusieurs exemples à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d'impôts nouveaux.

Des amendements complémentaires feront évoluer le texte initial du gouvernement. Et je répète, je redis, comme je l'ai toujours dit, que ce budget n'était ni parfait ni définitif. – Le Premier ministre qui ne veut pas donc empiéter sur la discussion parlementaire en cours.

Le budget qui est examiné en ce moment en commission des finances. L'examen commence en séance lundi. – Et les sénateurs s'apprêtent à modifier le texte. – Voilà.

Le plan de la majorité de la droite et du centre du Sénat est explicité dans un article que je vous recommande de Romain David sur publicsénat.fr. Les sénateurs veulent ramener les économies demandées aux collectivités locales de 5 à 2 milliards.

Gérard Larcher l'a même dit lui-même dans le JDD, c'était ce week-end. Mais l'idée est de compenser avec de nouvelles sources d'économies trouvées ailleurs. Par exemple, reprendre 1 milliard à la formation des professeurs ou encore en réduisant le nombre d'agences de l'État.

Il y a quelques semaines, une sénatrice LR expliquait ainsi « Ces organismes emploieraient plus de 450 000 personnes et coûteraient plus de 80 milliards d'euros en 2023 contre 50 milliards d'euros en 2012, soit une augmentation trois fois plus rapide que l'inflation. » L'idée pour les sénateurs est donc bien de retomber sur le même point de chute global avec un équilibre du budget à la fin et ses 40 milliards d'économies au global mais en épargnant donc au passage les collectivités locales. Qu'avez-vous pensé, Bernard Delcourt, du discours de Michel Barnier sur ce volet sur les finances locales ?

Les maires ne semblaient pas très rassurés à la sortie. Et vous ? – Voilà, alors autant on a eu des réponses précises, je l'ai dit tout à l'heure, sur la question de simplification à un certain nombre d'autres sujets.

Il n'y a pas eu de réponse, effectivement, et donc il reste des sujets d'inquiétude. Mais nous allons y travailler au Sénat sur la question financière. – Oui, est-ce que mon plan, ce que j'évoquais, le plan de la malhérité de la rentrée du centre, c'est ce que vous allez faire, le ramener de 5, cet effort à 2 ? – Alors, le budget ayant été rejeté à l'Assemblée nationale, nous repartons sur la copie initiale du gouvernement, telle qu'elle a été présentée en Conseil des ministres, qui appelle en effet une participation des collectivités directes, parce qu'il y a aussi des charges pour les collectivités indirectes, on pourra en reparler. – Oui, c'est-à-dire que la MF parle de 10 milliards, voire même 11 quand on est en délignel. – Qui appelle une réduction des recesses directes, si je peux dire, à hauteur de 5 milliards d'euros.

Ça ne nous paraît pas acceptable. Ça ne nous paraît pas acceptable. Nous acceptons le principe, situation du pays, j'y reviens pas, elle est ce qu'elle est, l'endettement.

Donc nous acceptons le principe d'une participation des collectivités, pas au niveau de 5 milliards, et je le dis parce que ça me tient à cœur, sur la base d'un principe intangible de justice territoriale. C'est-à-dire que s'il doit y avoir une participation des collectivités, il faut appeler à participer les collectivités qui le peuvent. Parce que derrière les moyennes, des chiffres qu'on nous annonce qui sont plutôt flatteuses pour les collectivités, il y a des disparités très fortes.

Et donc je veux qu'on tienne compte de ces disparités. Et notamment, il y a une mesure qui me tient à cœur, qui n'est pas acceptable pour moi, et je souhaite vraiment qu'on l'abandonne, j'ai déposé un amendement pour cela, c'est la question de la baisse de 10% du fonds de compensation de la TVA. On dit deux points, en réalité c'est 10%. 10% avec une réduction du périmètre d'éligibilité au fonds de compensation de la TVA.

Ça n'est pas rien. Quand vous avez aujourd'hui des travaux qui sont éligibles au FCTBA, ça revient, grosso modo, à avoir une subvention de 20%. Si demain, ils ne sont plus éligibles, pour la collectivité, c'est une perte de 20%. – Parce que ce fonds, c'est pour l'investissement des collectivités. – Alors cette mesure, pourquoi je suis déterminé à aller jusqu'au bout ?

C'est d'obtenir ça au Sénat, mais je pense qu'on y arrivera, mais ensuite auprès du gouvernement, parce qu'on sait que le budget se terminera par un 49-3. Donc à un moment, il faut qu'on arrive à trouver des accords avec le gouvernement. – Deuxièmement, pourquoi ?

Un, parce qu'elle est injuste, parce qu'elle touche toutes les collectivités sans distinction, les grandes, les petites, les riches, les pauvres, et que deuxièmement, elle touche directement l'investissement des collectivités. L'investissement des collectivités, on le sait, c'est 70% de l'investissement public. Et surtout, je voudrais insister sur le fait que l'investissement des collectivités, c'est un investissement partout, dans tous les territoires de France, y compris dans les petites communes, qui font des travaux de voirie, qui font des travaux sur le réseau d'eau et d'assaisissement.

Et donc, c'est un soutien dans tous les territoires de France, y compris dans les petites communes, au maillage des entreprises locales, à l'activité économique et à l'emploi. Et le soutien à l'activité économique et à l'emploi, ce sont des enfants dans les écoles, ce sont des clients dans les commerces, c'est un cercle virtueux. – Mais juste pour bien comprendre Bernard Alco, parce qu'hier, Michel Barnier, il a dit, pas de rétroactivité de ce fonds, pour vous, c'est pas suffisant ? – Ce n'est pas du tout suffisant.

La rétroactivité, elle est d'ailleurs pas sûre qu'elle soit constitutionnelle. Mais pour moi, ce n'est pas le sujet principal. Le sujet principal, c'est qu'il faut abandonner cette mesure qui n'est pas juste et qui est contre-productive. – Et alors, juste pour qu'on comprenne bien, M.

Delcroix, est-ce que vous allez bien ramener de 5 à 2 milliards l'effort ? – Nous allons proposer de le ramener de 5 à 2 milliards, en supprimant déjà cette mesure, et en revisitant la question du prélèvement sur recettes, en le revisitant pour le ramener de 3 milliards prévus à 1 milliard. Et puis, il y a une autre mesure qui me tient à cœur, si vous permettez, parce qu'elle concerne directement les toutes petites communes rurales, sur laquelle j'ai déposé un amendement.

Le texte du gouvernement prévoit une exonération supplémentaire du foncier, la taxe sur le foncier non bâti, pour les terrains qui sont utilisés pour l'activité agricole. Nous sommes favorables à cela. Le sujet est sur la compensation.

Ça nous fait une exonération à hauteur de 30%. Et la recette de la taxe sur le foncier non bâti, dans les plus petites communes, elle atteint 50%, voire davantage, de leur recette fiscale. Donc, ce n'est pas neutre.

Et la compensation, aujourd'hui, elle est indexée sur l'évolution de la DGF. Mais comme la DGF n'évolue pas… – C'est la dotation globale de fonctionnement. – C'est la principale dotation pour les productivités. – La dotation globale de fonctionnement.

Mais comme la dotation globale de fonctionnement n'évolue pas, ça veut dire que c'est une perte de recettes nettes pour les petites communes. Je propose qu'on indexe cette exonération sur la revalorisation des bases qui suit l'inflation. – Un dernier mot ? – Oui, une dernière question.

Est-ce que vous allez donc chercher des économies ailleurs et rajouter donc certaines économies, comme par exemple ce que je disais sur le plan de formation des enseignants, c'est 1 milliard que les sénateurs voulaient reprendre initialement ? – Alors, en responsabilité, nous allons proposer de diminuer la participation des collectivités de 5 milliards à 2 milliards et de trouver des économies pour pouvoir arriver à l'objectif de maintenir un déficit à 5%. Tout cela, ce n'est pas pour rétablir les comptes.

Ce n'est même pas pour arriver à 3%. C'est pour, au bout du compte, limiter à 5% le déficit. Il faut bien se remettre cela en tête. – Autour de 5% d'ailleurs. – Oui, autour de 5%.

Il faut 60 milliards pour arriver à 5%. Nous allons proposer des économies. Alors, je pense que sur les questions de formation en général, je ne m'attache pas à la formation des enseignants en particulier, mais sur la formation en général, je pense qu'il y a moyen de faire des économies sans pénaliser les formations, comme sur l'apprentissage.

Sur l'apprentissage aussi. Très franchement, quand on a des très grandes entreprises, Amazon ou d'autres, qui utilisent à plein les aides de l'État pour l'apprentissage, je pense qu'ils peuvent s'en passer. Donc, je serais partis en moi que les aides à l'apprentissage, elles soient ciblées sur les PME, TPE, sur celles qui en ont vraiment besoin. – Mais est-ce que pour redonner de l'air aux communes, il faut créer un impôt local après la suppression de la taxe d'habitation ? – Alors, moi, je ne suis pas favorable à créer un impôt local supplémentaire.

Les impôts locaux, les impôts sur les ménages, pour moi, on n'est pas dans une situation où il faut créer des impôts nouveaux alors qu'on est un sujet de pouvoir d'achat. – Parce qu'on entendait des élus locaux dire qu'il faut recréer un lien entre les citoyens et leur collectivité. Maintenant, on n'a plus aucun lien de… – Alors, ce n'est pas la même chose.

On peut recréer un lien, on parle des habitants non propriétaires en fait. – Oui, avec la taxe foncière. – On peut recréer un lien entre tous les habitants et la collectivité, mais pas en créant un impôt nouveau.

En revisitant éventuellement à recette constante la taxe foncière, ça, ça peut être possible, et on peut ouvrir ce chantier, moi, j'y suis favorable, mais sans créer un impôt nouveau. – Parce que Catherine Vautrin, elle dit qu'il faut travailler une participation de tous les habitants à la vie d'un village ou d'une commune. – C'est exactement… – Mais c'est quoi si ce n'est pas un impôt ? – Ce que je défends, ce n'est pas un impôt supplémentaire pour les ménages, globalement, c'est-à-dire que ce n'est pas une recette supplémentaire pour la collectivité.

En revanche, ce qui est aujourd'hui la taxe foncière, qui pèse uniquement sur les propriétaires, on pourrait imaginer de la remplacer par une autre fiscalité qui concerne et les propriétaires et les habitants… – Un retour de la taxe d'habitation, mais ce sont appelées comme ça en fait. – Non, sans supplément, à recette égale, je le fais simple. Une personne aujourd'hui, qui est propriétaire et habitant, en milieu rural, c'est l'immense majorité, elle paie une taxe foncière.

On pourrait imaginer qu'elle paie la même somme, mais une partie au titre de propriétaire et une partie au titre d'habitant. Ce n'est pas la même chose. – Et tous les autres habitants paieront uniquement la taxe d'habitant ? – Sans créer de recettes supplémentaires, dont sans impôts nouveaux, en quelque sorte, globalement, pour les ménages. – Merci Quentin ! – Merci, à tout à l'heure ! – On va parler de Michel Barnier, on reviendra sur toutes ces petites piques et ces petites phrases politiques dans son discours, il n'y avait pas mal. – Évidemment, on va y revenir, on va chez vous, on va à Aurillac, dans le Cantal.

Retrouvez Pierre Reynaud, directeur départemental du journal La Montagne. On va parler de train avec vous, Pierre. Bonjour, merci d'être là, ça fait bientôt un an, que la ligne de train de nuit Paris-Aurillac a été relancée.

Quel bilan on peut en faire ? – Bonjour à tous, alors effectivement, ça fait presque un an que cette ligne a été relancée, après 20 années de somnolence. Ce train aujourd'hui circule les vendredis et dimanches et en fréquence quotidienne durant les vacances scolaires des zones A et C.

L'État avait promis que l'Aurillac-Paris circulerait 365 soirs par an à compter de 2025. Cette promesse sent un peu le roussi, selon un mail de la SNCF, que nous avons pu consulter il y a 15 jours. Les élus du Cantal commencent à s'agacer.

Un rassemblement aura lieu ce soir même à Aurillac. Sénateur Delcroix, avez-vous totalement perdu espoir sur ce dossier ? – Perdu espoir.

Bonjour à vous. Vous le savez que la question des trains dans le Cantal, ça fait partie des combats que nous menons. Nous venons d'en remporter un d'ailleurs, avec l'Aubrac, après des années et des années d'investissement, d'engagement de tout le monde, d'ailleurs des syndicats, des usagers, du comité pluraliste et des élus.

Nous venons de remporter cette victoire sur l'Aubrac avec les travaux qui ont été réalisés. Elle a été fêtée la semaine dernière. Et nous avons un autre sujet sur le train de nuit.

Nous menons ce combat sur un train de nuit quotidien. Jean Castex avait pris un engagement. C'est d'ailleurs grâce à cela que le train de nuit a été rétabli dans le département du Cantal, d'avoir un train de nuit quotidien.

Il a été mis en place en décembre 2023, les week-ends et aux vacances scolaires. Ça ne nous satisfait pas. Il a été mis en place par Clément Bonne, alors ministre des Transports, qui a respecté l'engagement de Jean Castex sur la remise en place du train de nuit.

Aujourd'hui, nous avons gagné cette première étape de rétablir un train de nuit. Il faut gagner la seconde étape. Il faut aller jusqu'au bout de ce qui était l'engagement de l'État en rétablissant un train de nuit quotidien.

D'autant que, et c'est très important, parce que quand on a mis en place le train de nuit en décembre 2023, on ne savait pas trop si on allait rencontrer le succès. Aujourd'hui, ce train de nuit, il est extrêmement bien fréquenté. Il est parfois complet.

Très souvent, il est rempli à plus de 60%. Donc c'est une réussite. Ça veut dire qu'il répond à un réel besoin des habitants.

Donc il faut aller plus loin. J'ai rencontré, pas plus tard que la semaine dernière, le ministre des Transports, qui ne s'est pas engagé formellement à le mettre en place, mais en tous les cas, qui m'a dit qu'il n'avait pas abandonné cet objectif et qu'il y travaillait actuellement avec la SNCF. Donc je peux vous dire, Pierre, que sur ce sujet, que nous ne lâcherons pas, main dans la main, parlementaires, syndicats, usagers, tous ceux qui s'intéressent à cette question du train de nuit, main dans la main, nous allons continuer à mener le combat et les parlementaires et le président du département en première ligne pour pouvoir faire respecter tout simplement ce qui était l'engagement de l'État et d'un Premier ministre d'avoir un train de nuit quotidien dans le Cantal, d'autant encore une fois que la réussite, la fréquentation est au rendez-vous.

Et donc ça nous fait un argument objectif pour obtenir ce train de nuit quotidien. Nous ne lâcherons pas ce combat. Pierre, vous avez une autre question. – J'aurais une seconde question et on restera sur la thématique des trains de nuit.

Vous avez cité Castex, Clément Beaune, l'ancien gouvernement qui avait décidé de remettre au goût du jour ces trains noctures, notamment pour des raisons écologiques. Il annonçait même vouloir atteindre les 10 lignes d'ici 2030. Croyez-vous que la France sera maillée par un réseau aussi dense de lignes de trains de nuit à l'horizon 2030 ?

Ou est-ce une illusion à l'heure des économies, des coûts budgétaires, car il faut bien rappeler que ces lignes sont très largement subventionnées par l'État. Pour rappel, la ligne Aurillac-Paris, c'est 3 millions d'euros par an. Paris-Berlin, c'est à peu près 10 millions d'euros par an.

Sans compter les dizaines de millions d'euros qu'il faut pour rénover ces rames et offrir du confort aux usagers de ces trains de nuit. – Alors, je le dis souvent, nous avons la chance, dans le massif central, d'avoir un réseau ferré extrêmement dense, où il n'y a pas d'infrastructure à créer, il y a des améliorations, des modernisations, de l'entretien à faire, mais il n'y a pas d'infrastructure à créer, elles y sont. Et je considère que ne pas remettre en service et développer ces voies ferrées et donc ce service en train, ça n'est pas une économie, c'est l'inverse.

On ne peut pas à un moment vouloir lutter contre le réchauffement climatique, vouloir développer le transport en commun et ne pas s'appuyer sur un réseau ferré existant. Donc, moi je ne peux pas prédire ce qui se passera dans les 10 ou 20 ans à venir, mais je suis convaincu qu'investir dans le chemin de fer, aujourd'hui, demain et pour l'avenir, ça reste une mesure au final, qui est une mesure d'économie, d'économie financière, parce qu'on développe du transport en commun, et d'économie, et surtout un objectif vertueux en matière d'écologie et en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Donc, moi je défendrai toujours l'idée qu'il faut investir dans le chemin de fer parce que ce n'est pas un sujet du passé, c'est un sujet d'avenir.

Nous mènerons ces combats, vous savez, tout ça c'est toujours des combats. La ruralité, ça restera un combat. Les petites lignes de chemin de fer, ça restera un combat, quels que soient les gouvernements.

Mais nous mènerons ce combat parce que nous avons des arguments objectifs et qui sont en cohérence d'ailleurs avec ce qui nous est annoncé au niveau national et notamment en termes de lutte contre le réchauffement climatique. Pierre, un petit mot de votre une, avant de se quitter ? La une du jour, effectivement, on la consacre...

Alors, je ne sais pas si vous l'avez...

On la voit, on la voit. On la voit la une du jour de la montagne Cantal. Elle est consacrée à Biose, qui est un leader mondial de microbiote et qui travaille avec des biotech américaines pour développer les anticancéreux de demain.

Donc voilà une très très bonne nouvelle. Et voilà aussi un exemple qui montre que la ruralité et le Cantal est un département de pointe. Je partage complètement ça.

On donne souvent une image de l'espace rural, surtout de l'hyper-ruralité qui est plutôt passéiste. On a un bon exemple qu'en ruralité, il y a des projets, il y a du développement, il y a d'innovation, il y a de l'entrepreneuriat qui fonctionne. Et donc, ça vient complètement à l'appui des combats que l'on mène pour la ruralité.

Et on est ravis de relayer ça. On a vu cette une pierre. Merci beaucoup Pierre Reynaud.

Merci d'avoir été avec nous. Et merci Bernard Delco d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. On va revenir évidemment sur le bilan du Congrès des maires.

Ce sera dans 20 minutes dans le club. Et c'est même tout de suite, on va faire l'analyse avec le politologue. Merci Al-Foucault.

Merci à vous.