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interviewLCP - Assemblée nationale· 17 juin 2026 7 min

Échange tendu entre Mathilde Panot et Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale - 17/06/2026

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Mathilde Panot

Présidente, Monsieur le Premier Ministre, pas une de plus. Lundi encore, collectifs féministes et infantis manifestés partout en France, rappelant une réalité massive, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, le plus souvent dans le cadre de la famille. Ces violences sont le produit d'un système de domination et réclament une révolution de société. Mais tout cela, vous le savez. Dès 2023, la Commission contre les violences sexuelles faite aux enfants publiait 82 recommandations, dont 75% des mesures n'ont pas été mises en œuvre, vous les avez délibérément ignorées, préférant la politique spectacle des coups de menton. Alors, que restera-t-il de ce drame ?

Que restera-t-il sinon le retour du débat sur la peine de mort, quand la stratégie de l'agresseur consiste précisément à faire porter sur l'enfant le poids des conséquences pour obtenir son silence ? Que restera-t-il sinon la proposition d'allonger les peines de prison, alors que seuls 3% des plaintes aboutissent à une condamnation ? Que restera-t-il sinon un président de la République niant la réalité du manque de moyens, quand notre pays compte 4 fois moins de procureurs que la moyenne européenne ? Que restera-t-il sinon un ministre de la Justice prêt à jeter les magistrats par-dessus bord pour se maintenir en poste ?

Seuls les lâches se défaussent sur leurs subordonnés, disait Darmanin en 2022. Nous ne pouvons que lui donner raison. Vos gesticulations sécuritaires n'empêcheront pas les crimes, les moyens financiers. Si, chaque année depuis 2017, notre groupe demande les 3 milliards d'euros que vous refusez de donner aux associations, mettez cet argent sur la table maintenant. Pour l'éducation à la vie effective et sexuelle, pour la médecine scolaire, pour la police judiciaire et la justice, pour l'aide sociale à l'enfance, voici ce qu'il faut pour enrayer la fabrique des agresseurs.

Monsieur le Premier ministre, sachez que vous n'échapperez pas à la colère qui monte dans le pays, car ce qui se joue n'est pas une petite séquence médiatique délicate à passer. Ce qui se joue, c'est un mouvement populaire puissant contre le mépris et l'impunité.

1:57
Présentateur

Je vous remercie, Madame la Présidente Pannot. La parole est à Monsieur le Premier ministre.

2:04
Sébastien Lecornu

Merci, Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés. Madame la Présidente Mathilde Pannot, que restera-t-il, dites-vous ? Il ne faudrait pas qu'il ne reste que de la récupération politique de ce drame. Il ne faudrait pas qu'il n'y ait que de la récupération politique et du cynisme politique. Pardonnez-moi la tonalité de la question, la manière dont vous l'avez posée. sous-tend et indique une volonté très forte de politisation de ce qui se passe. Donc c'est la première des choses que je veux...

2:35
Présentateur

S'il vous plaît, est-ce qu'on peut écouter Monsieur le Premier ministre ? S'il vous plaît, Madame Amiau.

2:42
Sébastien Lecornu

Et donc la première des choses sur lesquelles il faut que nous nous accordons, c'est notre capacité justement à faire face à une violence endémique dans la société qui appelle une réponse de la société tout entière, dite intégrale, nous y reviendrons, et qui nécessairement suscite et nécessite un minimum d'unité. La deuxième des choses, les moyens. Vous savez, j'appartiens à ce gouvernement, vous me l'avez suffisamment reproché, depuis 9 ans. J'appartiens donc à des gouvernements successifs. Certains anciens premiers ministres sont ici.

Le seul fait qu'on ne puisse pas débattre sereinement et calmement dans cet hémicycle de ce sujet donne quand même une indication très claire de vos intentions politiciennes. Cela fait donc 9 ans que j'appartiens à un gouvernement. Certains ici l'ont combattu, d'autres l'ont soutenu, dans lesquels les moyens pour la justice et les moyens pour le ministère de l'Intérieur ont sans arrêt depuis 2017 augmenté. Est-ce que je forme le vœu que dans les années qui viendront, ces moyens continuent à augmenter ? La réponse est oui. Et nous avons fait notre part du chemin. Peut-être fallait-il en faire plus. Ça tombe bien, on aura l'occasion d'y revenir à l'automne pendant les discussions budgétaires.

Et dans lequel, j'imagine, vous n'aurez pas le cynisme de brandir des censures préalables avant toute forme de discussion budgétaire. Et que vous laisserez le débat se faire. Parce que là aussi, ce sera le moment de vérité. Entre celles et ceux qui veulent prendre à cœur... Écoutez, si je ne peux pas répondre, je n'irai pas jusqu'au bout de la réponse à cette question. Parce que, soit c'est un sujet grave. Alors, lundi après-midi, on a eu une réunion de travail avec un certain nombre de députés, de manière transpartisane, qui avaient co-signé la proposition de loi dite intégrale. Il y avait un certain nombre de ministres. On a commencé à parler du fond, article par article.

On a commencé à regarder avec madame la présidente de l'Assemblée nationale, hier, si je peux me permettre de le dire ici, publiquement, qu'est-ce qui peut être fait, suite justement à la saisine et le travail du Conseil d'État. Le gouvernement veut avancer, il avancera. Mais que restera-t-il ? Et c'est un moment de vérité. Soit une volonté de récupération politicienne, car malgré tout, madame la présidente Pannot, c'est ce que j'ai cru entendre dans votre question. Soit vous ne le souhaitez pas.

Soit vous ne le souhaitez pas, sincèrement, sans cynisme, ce qui nous permet ici de légiférer en droit et de rendre les semaines qui viennent utiles pour la nation sur ce sujet, et auquel cas, le gouvernement de la République répondra présent.

4:57
Présentateur

Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. Madame Pannot.

5:01
Mathilde Panot

Monsieur le Premier ministre, dans la France de Macron, le planning familial licencie. C'est ça la réalité. Assumez vos responsabilités politiques, mettez les 3 milliards.

5:10
Présentateur

Merci, monsieur le Premier ministre.

5:14
Sébastien Lecornu

Flagrant délit de récupération, quel est le rapport entre l'affaire Liana et le planning familial ? Soyons précis, soyons sérieux. Et pour celles et ceux qui nous suivent à la télévision, vous entendrez une fois de plus le groupe de la France insoumise dans l'insulte, dans l'invective et dans les cris, sans aucune forme de respect. Il est évident que la question du planning familial est une question importante. Mais vous êtes repartis dès la semaine dernière, hurler de nouveau, continuer de crier, avec une main évidemment méprisante, comme d'habitude.

5:51
Présentateur

La France connaît une grande émotion suite au meurtre d'une jeune fille.

6:06
Sébastien Lecornu

Et vous semblez trop pressé de vouloir faire cette récupération politique. Donc ouvrons tous les débats, toutes les questions, y compris celles des moyens, y compris celles des associations. Mais de grâce, stop à votre cynisme.

6:21
Présentateur

Merci, monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à monsieur Dominique Pottier pour le groupe socialiste. Écoute notre collègue Pottier. Merci.