L'interview «Savoir comprendre» : Corinne Lepage - 19/06
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 50 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 1:09OuverteRéponse directe
Explication, Corinne Lepage.
- 2:34RelanceRéponse partielle
Mais qui les a effectuées, ces analyses ?
- 3:17RelanceRéponse directe
ça veut dire qu'on risque de ne pas savoir ce qu'il y avait entreposé dans ces lieux.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54Invité politiqueFait
« Vraiment pas de chance, les prélèvements de soldes de Normandie Logistique dans l'affaire Lubrizol ont été détruits et les prélèvements faits par l'État n'ont pas été gardés. »
- 1:43PrésentateurFait
« quand on dit qu'il n'y a pas de normes, c'est vrai, mais on s'est arrangé aussi. »
- 2:12PrésentateurFait
« le Sénat dit, en fait, ce qui est vraiment essentiel, c'est ce qu'on va trouver dans ces analyses de sol. »
- 2:46PrésentateurFait
« Il dit qu'elles ont été détruites par accident, donc on ne peut pas avoir ces analyses. »
Temps de parole
- Présentateur56 %
- Corinne Lepage44 %
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Bien, il est 7h44, Corinne Lepage est donc avec nous, ancienne ministre de l'Environnement, avocate du collectif Rouen Respire. C'était le 26 septembre, incendie sur le site Céveso Seuil Haut, incendie l'usine Lubrizol de Rouen qui a provoqué, vous vous souvenez, un immense nuage de fumée noire, 22 km de long, avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France, près de 9500 tonnes de produits chimiques qui brûlent dans cette usine de lubrifiants automobiles et sur le site voisin de Normandie Logistique. La méthodologie adoptée par le ministère de la Santé pour le suivi sanitaire est problématique, enfin, etc., etc. Depuis débat, partout, l'enquête se poursuit.
Corinne Lepage, vous avez tweeté, je vous cite, « Vraiment pas de chance, les prélèvements de soldes de Normandie Logistique dans l'affaire Lubrizol ont été détruits et les prélèvements faits par l'État n'ont pas été gardés. De qui se moque-t-on ? » Explication, Corinne Lepage.
Alors, j'explique. Lorsque s'est produit l'incendie, la première chose à faire, évidemment, c'était de sauvegarder les vies humaines immédiatement. Donc, il y a eu des tests qui ont été faits par les services de police, puis par Atmo Normandie. Mais ces tests n'ont pas eu de témoins. C'est-à-dire qu'on les a analysés. Une fois qu'ils étaient analysés, c'était terminé. Il n'y avait plus rien. Et ils ont été faits de telle manière qu'on a mesuré en mètre carré, alors que toutes les normes pour mesurer ces polluants sont en mètres cubes. Donc, quand on dit qu'il n'y a pas de normes, c'est vrai, mais on s'est arrangé aussi. Donc, on ne connaît pas.
Du coup, comment peut-on savoir exactement ce qui a été rejeté ? En faisant ce qu'on appelle des analyses de sol. Et donc, l'État a, et c'est tout à fait normal, demandé à Lubrizol et Normandie Logistique de faire ses analyses de sol. Elles devaient être rendues pour le mois de janvier. Pas rendues au mois de janvier. Donc, l'État a commencé à se fâcher et a dit, je veux ces analyses de sol. Et quand vous lisez le rapport du Sénat qui a été rendu la semaine dernière sur Lubrizol, le Sénat dit, en fait, ce qui est vraiment essentiel, c'est ce qu'on va trouver dans ces analyses de sol.
Eh bien, Le Monde, le journal Le Monde, je cite mes sources, indiquait hier que le sous-traitant de Lubrizol et Normandie Logistique avait fait disparu, enfin, que ses témoins, ses analyses de sol, elles n'étaient plus là. Elles avaient disparu, on ne sait pas comment, mais elles ne sont plus là.
Mais qui les a effectuées, ces analyses ?
Alors, c'est un sous-traitant, je ne sais pas son nom, donc je ne peux pas vous le dire.
Alors, c'est ce sous-traitant qui dit aujourd'hui, elles ont disparu.
Il dit qu'elles ont été détruites par accident, donc on ne peut pas avoir ces analyses. Alors, vous comprenez, c'est très embêtant, parce qu'on n'a déjà pas les analyses immédiates, donc on va refaire des analyses de sol, mais on est neuf mois plus tard. Tout ce qui est volatile, il n'y a évidemment plus rien, naturellement. Eh oui. Or, ce qui apparaît déjà des rapports du Sénat, c'est que, je l'ai dit dès le début, peut-être même sur votre antenne, j'ai dit on a besoin de savoir ce qu'il y a comme produits cancérigènes. Bien sûr. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques.
Ça veut dire que, Corine Lepage, je vous arrête, ça veut dire qu'on risque de ne pas savoir ce qu'il y avait entreposé dans ces lieux.
Voilà, c'est-à-dire qu'on va refaire maintenant des prélèvements, mais on est beaucoup plus tard. Bien sûr. Donc, c'est un vrai souci, d'autant plus que l'apport du Sénat est assez accablant, vous l'avez vous-même dit dans votre introduction, sur le suivi sanitaire.
Oui, oui, oui, oui, oui.
Donc, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas très rond. Donc, quand je ne dis vraiment pas de chance, c'est théorique.
Il y a peut-être là une volonté de dissimuler, je ne sais pas, je ne sais pas, on pose la question. Je dis peut-être de dissimuler, peut-être un accident, mais enfin, dans tous les cas, on n'aura pas les analyses de sol qu'on voulait avoir, et le suivi sanitaire n'a pas été celui qu'on souhaitait, et que la population, à juste raison, voulait exiger. Et exigez, tout simplement. Et exige toujours. Et exige toujours, Corinne Lepage. Mais c'est quand même gênant, tout ça.
C'est très gênant. C'est très gênant, d'autant plus qu'on a eu une communication disant, vous souvenez-vous, quand c'était encore tout noir le préfet, disant la qualité de l'air est bonne. Oui, je me souviens. Bon, voilà. C'est quand même, sur un accident de cette nature, qu'un pays comme le nôtre ne soit pas capable, neuf mois plus tard, de savoir ce que les gens ont respiré, ce n'est quand même pas tout à fait normal.
Oui, mais ça, on est bien d'accord. Merci, Corinne Lepage. Merci beaucoup. Merci.
Merci, Jean-Jacques Bourdin.
Merci. Il est 8h moins 10, vous êtes sur RMC, pour savoir et comprendre. Tout ça est très intéressant. Très intéressant. Ça mérite un suivi, Lubrizol, vraiment.
Corinne Lepage