Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 26 mai 2026 21 min

Naïma Moutchou : « On est à un moment où la République est capable de regarder l'histoire en face »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Quel est notre rapport avec nos outre-mer ? Les inégalités sociales et territoriales sont Bonjour, merci d'être notre invité. Vous êtes la ministre des Outre-mer, une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserredon du groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France.

Bonjour Fabrice. Bonjour Anne, bonjour Naïma. Bonjour.

Naïma Moutchou, je le disais jeudi, l'Assemblée nationale va examiner une proposition de loi pour abroger le code noir, code élaboré par Colbert. Il a réglementé durant des décennies le statut juridique des escaves. Alors il n'est plus effectif depuis l'abolition de l'esclavage, depuis 1848.

Emmanuel Macron a donc annoncé son souhait de l'abroger, pourquoi avoir autant tardé ? C'est un sujet important d'abord. Quand je suis arrivée au ministère des Outre-mer, c'est un des premiers sujets dont je me suis saisie en en expliquant qu'il était important et probablement mature.

Il a fallu du temps. La question mémoriale, c'est toujours beaucoup de temps. Alors le temps est venu.

Il y a des textes qui ont disparu de notre législation et tant mieux. Puis il y a des textes qui continuent d'exister, même à la marge, de manière très symbolique, mais qui nous posent une question morale profonde. C'est le cas du Code noir.

Aujourd'hui, il y a une proposition parlementaire, une initiative du député Max Mathiazin, de plusieurs de ses collègues. D'ailleurs, je pense à Olivier Servat ou au ministre Victorin L'URL qui montre qu'on est à un moment où la République est capable de regarder son histoire en face. C'est le moment de dire effectivement que l'esclavage, qui est un crime contre l'humanité, qui a nié ce qu'il y a de plus profond en nous, c'est-à-dire jusqu'au au nom, jusqu'à la filiation, jusqu'à la mémoire.

Il est temps de dire que ça fait partie de notre passé, qu'il faut le regarder avec lucidité pour pouvoir se projeter. Mais quand vous dites qu'on est à un moment où on peut regarder notre histoire, ça veut dire que jusqu'à maintenant, on n'était pas capables de regarder cette histoire de l'esclavage en face. La loi Taubira, elle a 25 ans, la loi qui reconnaît l'esclavage comme crime contre l'humanité.

Il a fallu attendre 2026 pour regarder, pour être capable de regarder cette histoire en face ? Vous savez, ce sont des blessures profondes, ce Ce sont des histoires très anciennes qui nécessitent beaucoup de temps, beaucoup de réflexion. Il faut se dire que l'esclavage n'a été aboli qu'en 1848.

Il n'a été reconnu comme crime contre l'humanité qu'en 2001, grâce à la proposition de loi de Christiane Taubira. Alors, la question mémoriale, elle a pris aux différentes formes. La réparation, c'est la reconnaissance, c'est la possibilité de pouvoir transmettre, c'est la possibilité d'apprendre à l'école, ce qu'est l'esclavage coloniale ce qu'il a eu comme conséquence jusqu'à aujourd'hui dans la société et donc on avance par étapes durant les débats en commission sur cette proposition de loi il a été souligné que les héritages de l'histoire esclavagiste et coloniale française sont toujours visibles en Outre-mer.

Vous êtes d'accord ? Le processus de décolonisation, il n'est pas terminé aujourd'hui ? Il y a quelque chose de très vrai, effectivement.

Quand je regarde les Outre-mer, je vois aussi des économies ou des paysages qui ont été façonnés par l histoire, et donc par le temps de la colonisation et par cet épisode de l'esclavage qui a duré. Je vois aussi, j'étais samedi à Paris avec le maire de Paris, nous avons commémoré cette journée du 23 mai, qui est une journée est importante, en hommage aux victimes de l'esclavage. On a parlé de réparation.

Vous avez aujourd'hui jusqu'à des descendants de l'esclavage s'interrogent. Le 23 mai, pardon, c'était une grande marche qui a eu lieu en 1998 avec 40 000 personnes dans la rue, — Descendants d'esclaves pour dire qu'ils étaient descendants d'esclaves, qui se sont interrogés encore eux-mêmes sur leur histoire, sur leur nom, sur leur filiation. Donc on voit bien qu'il y a des conséquences, des fils à tirer encore aujourd'hui.

Et je dis même qu'il y a certaines formes de discrimination, d'inégalité, certaines formes de racisme qui persistent encore aujourd'hui du fait de cette histoire. C'est pour ça que c'est important de ne pas fermer cette page comme ça et de continuer à la regarder en face. Je crois qu'on se grandit à le faire.

L'idée c'est de consolider la République. Oui l'idée c'est de consolider la République parce que la République c'est toute l'histoire, c'est l'histoire avec sa part d'ombre et sa part de lumière mais sa part d'ombre aussi. On veut être en capacité de regarder ce qui s'est passé hier.

Alors pas dans une logique de repentance permanente parce que moi je reprends le mot de Christiane Taubira qui dit que la culpabilité n'est pas héréditaire. Elle a raison, nous ne sommes pas coupables nous vous et moi on ne sommes pas coupables de ce qui s'est passé. Nous sommes responsables de cette histoire d'autant que nous avons pris des responsabilités politiques en ce qui me concerne j'en ai pris précisément pour affronter cette page de l'histoire et pour essayer de donner des perspectives à nos compatriotes.

Lesquels sur les responsabilités politiques ? La première des responsabilités c'est de reconnaître, c'est d'assumer la vérité historique de ce qui s'est passé. C'est déjà le premier pas.

Il y a une page qui est toujours ouverte et qui pose toujours question, c'est la nécessité des réparations. Emmanuel Macron l'a évoqué jeudi soir, cette nécessité de réparation. Comment réparer un tel crime ?

C'est une question qu'il ne faut pas refuser et sur laquelle il ne faut pas faire de fausses promesses, a-t-il dit. Est-ce qu'aujourd'hui, il faut ouvrir cette page des réparations et sous quelle forme elles doivent prendre ces réparations financières, autres ? Alors ça c'est un sujet sérieux, c'est un sujet permanent, c'est comment réparer l'irréparable.

On ne peut pas réparer ce qui a été commis, on ne peut pas réparer les vies qui ont ont été détruites, les blessures, ce que ça a généré aussi parmi les générations qui ont suivi. Mais il faut toujours tendre à la réparation. Samedi, j'ai discuté avec un certain nombre de familles descendants d'esclaves qui me disaient à peu près de toutes, on a besoin de reconnaissance d'abord.

On a besoin de poser des mots. On a besoin de sentir que l'État aussi prend sa part de responsabilité et réduire finalement cette réparation. Réduire en tout cas la réparation à des questions financières de ce que J'ai entendu samedi, mais à peu près de toutes les conversations que j'ai avec des gens qui sont impliqués.

Rentrer dans une logique contact, il y a une forme d'abaissement aussi. Donc il faut faire très attention. Il y a d'abord un travail à faire sur la vérité historique, sur le poids de l'histoire, sur les archives, sur les filiations, sur la manière dont on éduque, dont on transmet tout ça, notamment à l'école pour faire vivre la mémoire.

Et ça, ça figure dans la La Taubira et ça figure également dans la proposition qui serait examinée jeudi. Parce qu'aujourd'hui, la manière d'enseigner l'esclavage, ce n'est pas la bonne, elle n'est pas suffisante. Mais vous voyez bien qu'à travers la proposition de loi, les propositions de loi qui ont été déposées, c'est pas la question de la réparation financière qui a été posée, c'est la question de la réparation tout court et de la réparation comme une forme de reconnaissance d'abord.

En parlant de reconnaissance il y a un vote qui a fait beaucoup parler, C'est le vote de la France à l'ONU. On était fin mars. La France qui s'est abstenue sur la reconnaissance de l'esclavage comme plus grave crime contre l'humanité.

Est-ce que ce vote était une erreur ? Ce vote n'était pas une erreur, même si c'est une question qui reste sensible. Alors il faut prendre un peu le temps de la pédagogie pour l'expliquer.

Moi je fais toujours très attention au déni d'un côté ou aux réponses très simplistes ou populistes de l'autre. Le crime contre l'humanité est d'abord le pire crime qui soit dans notre ordonnancement juridique. Et donc si vous voulez créer une espèce de concurrence des victimes ou du côté victimaire, ça c'est très très dangereux.

Le crime contre l'humanité est déjà le pire crime qui existe en soi. – C'est ce qui justifie ce vote ? – C'est ce qui justifie ce vote.

Pour la première fois, le pape hier, dans son encyclique, a demandé sincèrement pardon pour le retard avec lequel l'église a condamné le fléau de l'esclavage et pour son rôle dans sa légitimation. Comment vous avez réagi en lisant ces mots ? – Je crois que le pape est dans son rôle, donc c'est important, ce sont des mots importants qui parlent à une communauté très large et je trouve intéressant cette démarche du pape qui doit bientôt par ailleurs venir en France et qui s'inscrit, vous le voyez bien, dans la même démarche politique et juridique que nous sommes en train de mener. – On va parler de la Nouvelle-Calédonie, le Parlement qui a donc définitivement adopté l'élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, c'est une ouverture à minima puisque le gouvernement voulait notamment intégrer les conjoints unis depuis au moins 5 ans à un électeur.

Mais certains députés et notamment de votre coin, quand les députés horizon s'y sont opposés. Vous regrettez ce refus ? Non pas du tout.

D'abord la liberté totale chez chacun des députés. On voit bien que c'est une question qui a interpellé. Puisque vous avez vu les les votes n'ont pas été tout à fait homogènes.

Certains ont voté contre, mais d'autres se sont interrogés et ont voté en faveur de cette ouverture au conjoint. Ce qui est intéressant c'est de voir que la question des latifs finalement ne faisait plus débat. Jusqu'à il y a encore quelques mois, ça n'était pas le cas.

C'était un sujet polémique alors que la question qui se posait est naturelle. C'est une vraie question de démocratie et de justice. Vous avez des Calédoniens nés sur le territoire qui ne connaissent que la Calédonie comme foyers, qui ont travaillé, qui ont leurs racines, qui ont fondé leur famille parfois, qui n'avaient pas le droit de vote aux élections provinciales.

Alors qu'ils ont pu voter d'ailleurs...

Ça ne fait plus débat, ça fait quand même encore débat chez les indépendants d'air. Alors ce qui fait question chez les indépendants d c'est encore autre chose. C'est que la question des natifs devrait s'inscrire à leurs yeux dans un accord global.

Non pas que la question des natifs est exclue, mais elle doit s'inscrire dans un accord plus large. Il n'y a pas tout à fait la même chose que de dire qu'ils ne sont pas d'accord avec l'ouverture au natif, plutôt la manière de le faire qui pose question côté indépendantiste. Mais fondamentalement, tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un sujet sur les natifs, ce qui a permis d'emporter ce vote très large à l'Assemblée nationale.

La question des conjoints a été posée par le Premier ministre, il a eu raison de le faire parce qu'elle procède exactement du même sentiment, du sentiment de justice, du sentiment de démocratie. On voit bien là qu'il y a un sujet. Prochaine étape, les élections provinciales, ce sera le 28 juin prochain.

Est-ce qu'une vraie réforme institutionnelle pour avoir le jour en Nouvelle-Calédonie avant la fin du quinquennat ? Il faut y tendre toujours. Nous avons pris rendez-vous avec les forces politiques calédoniennes après le 28 juin.

Nous allons tenir les élections – C'est-à-dire que c'est vous qui irez là-bas ou c'est elles qui vont venir ? – Alors, ça n'est pas encore tranché, mais ce qui est sûr, c'est que nous nous verrons, que ce soit ici ou que ce soit là-bas. – Est-ce que le Premier ministre ou le Président de la République pourrait se rendre en Nouvelle-Calédonie dans les prochaines semaines ? – C'est tout à fait possible.

Aucune option n'est fermée, tous les Les scénarios sont aujourd'hui sur la table. Nous avons donné rendez-vous au Calédonien après le 28 juin pour continuer à construire les conditions d'un accord politique global pour le territoire, pour le stabiliser. C'est vraiment l'intérêt des Calédoniens et de la Nouvelle-Calédonie.

L'OMS inquiète de la propagation du virus Ebola, notamment en République démocratique du Congo. Un territoire français est sous surveillance, c'est Mayotte qui accueille des migrants de l'Afrique des Grands Lacs. Vous estimez très faible le risque d'importation est-ce que vous minimisez le risque comme le dit la députée de Mayotte ?

Alors vous l'avez dit, les autorités sanitaires ont indiqué que le risque était très très faible à Mayotte. Je le redis aussi pour éviter les paniques inutiles Très faible, ça ne veut pas à dire inexistant. Et on sait que quand une crise démarre à Mayotte, on n'est pas sur n'importe quel territoire.

C'est un territoire fragile Mayotte. On le sait, qui est est soumis à une pression démographique, à une pression migratoire avec des infrastructures fragiles, des services publics qui sont en tension. Donc on regarde la situation de très près et on la surveille en permanence.

Ça c'est le premier point. Et donc, on travaille avec les services de l'État, avec l'ARS, avec le centre hospitalier pour que tout soit prêt. Mais on renforce aussi les flux migratoires.

On est aussi dans l'anticipation. Donc, on surveille Mayotte de très près, précisément parce qu'on sait qu'on ne peut pas surveiller et Mayotte, comme on surveillerait le Val-d'Oise qui est mon département, ou la Creuse compte tenu de ces indicatifs. – Vous estimez que la situation est sous contrôle à Mayotte, notamment sur les flux migratoires que vous évoquiez, qui est l'un des sujets à l – C'est un des gros sujets.

Là-dessus, je ne voudrais pas qu'on se mette de hier. 90 % des reconduites d'étrangers illégaux en Outre-mer, c'est Mayotte. La moitié des reconduites chiffre national, c C'est Mayotte.

Donc effectivement, il y a un sujet. Nous agissons avec le ministère de l'Intérieur à travers des dispositifs très ciblés. On fait des opérations comme Kingia par exemple, qui permettent d'aller débusquer notamment des étrangers illégaux pour les reconduire qui permettent de lutter contre l'habitat informel ou contre la délinquance vous avez tous les jours sur le territoire entre 280 et 300 forces des sécurités pour mener des opérations là aussi très concrètes.

Est-ce que c'est suffisant ? Je pense qu'il faut changer d et qu'il faut encore amplifier ce mouvement. Je pense que c'est indispensable pour le territoire.

De quelle manière ? C'est-à-dire qu'il faut passer à quelle échelle ? Si on veut des résultats, et notamment sur la reconstruction, puisqu'on est en pleine reconstruction sur ce territoire, je pense qu'il faut aller beaucoup plus fort.

J'ai fait un certain nombre de propositions au ministère de l'Intérieur, nous y travaillons. Je ferai des annonces en temps utile. C'est-à-dire ?

En temps utile. Mais c'est quand ? C'est avant l'été ?

C'est après l'été ? En temps utile. Juste, pardon, parce que je reviens à Ebola, parce que la députée de Mayotte Estelle Youssoufa, elle demande la fermeture de la frontière pour qu'Ebola ne rentre pas sur le territoire.

Des tests de dépistage à l'arrivée sur le territoire. Est-ce que vous allez mettre en oeuvre ces mesures ? Moi je comprends les préoccupations qui ont été exprimé par la députée, qui est très attachée à son territoire, nous le savons, et elle est lanceuse d'alerte, j'ai envie de dire, pour Mayotte.

Et elle a raison de le faire. Je veux aussi lui dire que nous regardons la situation de près, mais quotidiennement, avec le Premier ministre, avec les services du ministère de la Santé, tous les jours, que nous ne prendrons aucun risque pour les Mahoraises et pour les Mahoraises. Donc ça veut dire qu'à l'heure actuelle vous ne les mettez pas en oeuvre mais vous pourriez les mettre en oeuvre si la situation s'aggrave Tout existe aujourd'hui, on parle d'abord d'un sujet sanitaire donc il y a des protocoles qui sont mis en place d'isolement de circuits de patients vous avez le centre hospitalier qui est prêt les praticiens qui sont alertés je parlais tout à l'heure de fleets migratoires là aussi contrôlés et renforcés encore aujourd'hui s'il y a besoin de réponses supplémentaires nous les donnerons un dernier mot sur Mayotte Fabrice oui vous le disiez la situation reste extrêmement difficile il y a un an et demi Chido, on est en pleine reconstruction.

Est-ce qu'aujourd'hui les choses avancent suffisamment vite ? Et puis une question, est-ce que tout l'argent qui a été promis à Mayotte arrive réellement à Mayotte ? Alors, nous avons fait un choix cette année qui est un choix exceptionnel.

Les financements, c'est-à-dire près de 800 millions d'euros dévolus à Mayotte pour la reconstruction cette année ont été sanctuarisés pour Mayotte. Nous avons créé un programme spécial entre les mains du préfet. L L'argent de Mayotte va à Mayotte pour Mayotte et les Mahorais.

Que ce soit très clair. Donc tout ça permet que la situation soit à peu près stabilisée pour financer des projets concrets. Est-ce que matériellement, les choses avancent suffisamment vite ?

Alors, il y a un comité qui a été mis en place, qui est notamment constitué des parlementaires, justement pour suivre la situation de près. Nous échangerons très régulièrement pour voir où sont les freins éventuellement, pour voir ce qu'il y a pour le pousser encore davantage et pour débloquer la situation dans d'autres. C'est un travail difficile.

Reconstruire, c'est du temps long, ça ne prend pas trois mois ou six mois. Reconstruire des écoles, des infrastructures toutes entières, mettre à un niveau, l'approvisionnement en eau, tout ça prend du temps. Mais nous le devons, c'est une promesse que nous avons faite aux Mahorais, moi je suis très engagée sur ce sujet, je tiens des réunions de manière très régulière, je me déplacerai encore sur le territoire pour faire en sorte que les choses s'accélèrent.

La préoccupation ? Un manque d'eau peut-être, un manque d'eau à Mayotte potable. Oui depuis très longtemps c'est un sujet structurel même.

Oui mais là en ce moment il y a un projet particulier je crois. Nous poussons effectivement depuis plusieurs mois la construction d'une usine de décèlement à Ironie Bay qui est un des grands projets du territoire dont je souhaite qu'il aille plus vite d'ailleurs pour permettre l'accès à l'eau potable et en même temps on travaille sur les canalisations, l Est-ce qu'il y a des aides spécifiques pour les Outre-mer ? Alors il y a les aides générales d'abord annoncées par le Premier ministre qui ont vocation à s'appliquer dans les Outre-mer.

Tout ce qui a été annoncé, les 300 millions d'euros suivi des 700 millions d'euros pour les gros rouleurs, les transporteurs, pour le secteur du BTP notamment, pour ceux qui travaillent et qui ont des revenus modestes, tout ça s'applique bien sûr à nos compatriotes ultramarins. Nous y avons ajouté un dispositif spécifique sur le transport fluvial pour la Guyane, notamment parce que vous savez que les déplacements dans les Outre-mer, c'est beaucoup la voiture mais c'est aussi le transport fluvial, la pirogue qui est un moyen de déplacement du quotidien pour les Guyanais. C'est le transport scolaire, c'est le déplacement professionnel, c'est le fret, c'est le déplacement médical.

Quand vous êtes sur le Maroni ou l'Eyapog, vous n'avez pas le choix. Donc il y aura un dispositif supplémentaire, 20 centimes par litre, pour aider les Guyanais pour essayer effectivement de compenser cette hausse du prix du carburant en plus des autres dispositifs de lutte contre la vie chère. Vous Vous avez des territoires en général qui sont très impactés parce qu'ils dépendent énergétiquement.

On dépend beaucoup aux importations. Et donc, en parallèle, nous continuons de travailler sur la vie chère avec un projet de loi en préparation, sur comment on On améliore le développement des énergies, la géothermie, le solaire, l'économie bleue, tout ça en même temps. Et le pouvoir d'achat qui sera à n'en pas douter au cœur de la présidentielle.

Vous soutenez Edouard Philippe Naïma Mounchou selon notre baromètre Odoxa publié ce matin. Edouard Philippe perd 4 points d intentions de vote. Il est désormais talonné par Jean-Luc Mélenchon.

Edouard Philippe est à 17, Jean-Luc Mélenchon à 16. Comment vous réagissez à cette chute ? Alors nous regardons les sondages mais nous n'en faisons jamais une fixette qu'il soit très haut ou moyennement haut.

Ou un 4, la dynamique dit quelque chose. Sans parler du scan, mais la dynamique, elle dit quelque chose. Ce qui nous intéresse, c'est le projet.

Ce qui nous intéresse, c'est de continuer à construire et d'aller de l'avant. Et donc, vous voyez bien que la campagne s'accélère. Nous allons organiser 1000 réunions d'appartement le 25 juin prochain, le 5 juillet, nous allons tenir un grand meeting, un grand rendez-vous avec les Français autour d'Edouard Philippe.

Et puis, nous allons évidemment décliner le programme. Nous continuons la construction de ce projet. Nous continuons à nous déplacer au contact des Français.

Les sondages sont assez secondaires. Ce sondage, il a été fait mercredi et jeudi après l'annonce du parquet national financier d'une ouverture d'une enquête contre Edouard Philippe. Est-ce que ça joue dans sa campagne ?

Je veux dire, Edouard Philippe est très serein sur le sujet. Il l'a dit. D'abord, il réfute la la totalité des accusations dans cette affaire.

Il a dit lui-même qu'il voulait très rapidement pouvoir s'expliquer devant la justice et donc il avance. Il continue à se déplacer. Il est à Kiev aujourd'hui.

Il se déplace aussi dans les Outre maire, je me permets de le dire parce qu'il y a peu de candidats qui ont une vision pour les territoires ultramarins. Il en a une et il la développera dans les semaines qui arrivent. Donc voilà, nous sommes dans l'action.

Ce qui nous intéresse, c'est de nous adresser aux Français, c'est de faire les constats qui s'imposent et de proposer des solutions. Sauf qu'on a un peu compris qu'entre Gabriel Attal qui s'est déclaré, Edouard Philippe, le départage, il allait quand même beaucoup se faire sur la question des sondages. Si Edouard Philippe chute dans les sondages, ça aura quand même des conséquences.

Est-ce qu'il peut encore être le candidat du Bloc central ? Alors je vais vous dire, Edouard Philippe ne se définit pas contre Gabriel Attal ou contre Bruno Retailleau. Mais comment vous allez choisir votre candidat ?

Ce qui nous importe, c'est d'abord de dire qui est Edouard Philippe, étape après étape. Quelle est sa méthode ? Quel est son projet et il a un style particulier.

D'ailleurs, les Français le reconnaissent. Ils lui reconnaissent en lui une forme de cohérence, de stabilité, de lucidité. Ça, c'est important et c'est ce qui nous encourage à poursuivre. – D'accord, mais Edouard Philippe est Gabriel Attal est lancé, Bruno Retailleau est lancé.

Comment vous allez choisir qui sera le candidat du Bloc central ? On n'est pas dans une situation anormale ou déraisonnable. Il y a plusieurs candidats à la présidentielle.

Ça s'est déjà vu. Chacun se projette sur sur 2027 avec sa propre stratégie politique, dont TACTE. – Mais est-ce que là, vous dites qu'il n'en faut qu'un ? – Non, vous voyez bien ce que disent les uns et les autres, ils disent la même chose à la fin, c'est qu'il y aura, dans la perspective d'un rassemblement de la droite et du centre, un seul candidat à la fin.

Et ce sera Edouard Philippe. Mais pourquoi ce sera Edouard Philippe ? Parce qu'il va décider que ce sera Edouard Philippe.

Parce qu'il n'est non pas le mieux placé dans la course parce qu'encore une fois les sondages sont qu'un indicateur une photo à un instant T mais c'est quoi votre indicateur si vous refusez la primaire c'est ça qu'on a du mal à comprendre ils vont tous se mettre autour de la table et comment ils vont décider ? Edouard Philippe signale le territoire depuis des années il a à un ancrage territorial, ce que les Havray lui ont encore reconnu il y a quelques mois en redonnant leur confiance puisqu'il a été réélu maire. Il a un parti, une équipe autour de lui et une vraie réflexion.

Donc ça fait quelques atouts, tout de même, par rapport à d'autres candidats. Et ce qui compte à la fin, c'est le lien de confiance qu'il aura réussi à créer auprès des Français. Voilà ce qui nous intéresse. – Vous l'avez dit, il a fait revalider sa légitimité par les municipales.

On a le sentiment qu'il est candidat depuis qu'il a quitté Matignon. Est-ce qu'il n'est pas parti trop tôt ou est-ce que cette marche n'est pas trop longue ? – Alors, j'entends les deux.

J'entends ceux qui disent qu'il serait parti trop tôt, ceux qui disent qu'il serait parti trop tôt, ceux qui disent qu'il n'accélère pas assez, qu'il faudrait qu'il aille beaucoup plus vite encore. Puis j'entends aussi parfois le son inverse. Il est à son rythme.

C'est son agenda. C'est lui qui est candidat aujourd'hui à l'élection présidentielle. Je crois qu'il a raison de ne pas être dans le commentaire permanent, c'est pas ce que demandent les Français.

Les Français, ils se projettent d'abord sur leur quotidien, ils se projettent pas sur la présidentielle qui aura lieu dans un an. Il y a la question du carburant, il y a la question de la vie chère, il y a la question de la sécurité. Eh bien de votre journal.

Et on va voir justement quelles sont les autres unes.