« 8 mars » les dérapages de la manif féministe - Laurent Nuñez est l'invité du 11 mars 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse directe
Quelle est la réaction du préfet de police face aux slogans violents lors des manifs du 8 mars ?
- 1:07RelanceRéponse partielle
Vous avez une idée ? C'est quoi ? C'est des groupes qui infiltrent des manifs ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Vous avez des images vidéo qui vont permettre d'identifier les auteurs de ces slogans ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Est-ce que, pour commencer, vous redoutez des grèves de la police pendant les Jeux olympiques ?
- 4:24OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez terminé le recrutement des agents de sécurité privés ?
- 4:40RelanceRéponse directe
Le criblage des agents de sécurité est-il dans les temps pour juillet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« C'est une réaction indignée. Ce sont des propos inqualifiables, intolérables. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Ce sont des menaces de mort. »
- 1:44Invité politiqueFait
« C'est une minorité très engagée. Vous savez, on ne se fait pas beaucoup d'illusions sur le fait qu'il s'agit évidemment de la mouvance très probablement de l'ultra-gauche. »
- 2:09Invité politiqueFait
« Le parquet de Paris saisira sans doute les services qui sont placés sous mon autorité en charge, donc des investigations judiciaires. »
- 2:20Invité politiqueFait
« On a dû extraire un collectif de femmes. Le collectif Nous Vivrons, qui était le collectif du 7 octobre. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Ils ont reçu énormément. D'abord des insultes de partisans de la cause pro-palestinienne, puis ensuite des jets de projectiles. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Le droit de grève dans la police, ça n'est pas possible. »
- 4:53Invité politiqueChiffre
« Oui, c'est le chiffre qu'a rappelé le ministre. Oui, bien sûr, nous sommes dans les temps. »
- 5:11Invité politiqueFait
« Oui, mais parce que les gens s'inscrivent au fur et à mesure. Ça ne se fait pas d'un coup. »
- 6:04Invité politiqueFait
« Mais il n'y a pas de menace caractérisée. Il n'y a pas de menace connue au moment où on se parle, évidemment. »
- 6:31Invité politiqueFait
« La menace terroriste, elle est toujours à très haut niveau. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Évidemment. Lors des derniers Jeux Olympiques, il y a eu énormément d'attaques cyber. »
- 8:11Invité politiqueFait
« D'abord, certains agents peuvent être dans certaines conditions armés. »
Temps de parole
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- Présentateur29 %
- Présentateur 22 %
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Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4 V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Allez, les 7h40, tout de suite, c'est l'heure de la politique et des 4 V. Thomas, vous recevez ce matin le préfet de police de Paris, Laurent Nunez. Bienvenue à vous. Bonjour et bienvenue dans les 4 V, monsieur le préfet de police. Je voudrais pour commencer qu'on revienne sur ce qui s'est passé vendredi, le 8 mars, lors des manifestations féministes organisées à Paris. Parmi les slogans entendus, il y a eu ça. Le kérosène, c'est pas pour les avions, c'est pour brûler les flics et les fachos. Hier, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé via Twitter qu'il porterait plainte.
Quelle est la réaction du préfet de police que vous êtes ?
C'est une réaction indignée. Ce sont des propos inqualifiables, intolérables. D'abord, vous avez raison de rappeler que le thème de la manifestation, qui était organisé par le collectif national des droits des femmes, c'est la grande manifestation de la Journée internationale pour le droit des femmes à Paris. Donc on est assez éloigné de la thématique, avec des propos inqualifiables, intolérables, qui sont des menaces de mort. Et nous sommes évidemment très satisfaits que le ministre ait saisi la justice. Et toutes les investigations vont être menées, évidemment, pour retrouver les auteurs de ces propos.
Vous avez une idée ? C'est quoi ? C'est des groupes qui infiltrent des manifs ? C'est quoi ?
En tout cas, ce sont des personnes qui ont tenu des propos inqualifiables, intolérables, encore une fois, bien loin de la cause, dirigées contre les policiers. Ce sont des menaces de mort. Ceux-là même qui, encore quelques jours avant, sur l'agglomération parisienne d'Angers la responsabilité, ont pu sauver des femmes de féminicides parce qu'ici, un téléphone en grave danger se déclenche et ils interviennent. Ceux-là même qui luttent justement pour le droit des femmes, contre les violences faites aux femmes. C'est complètement ridicule. On voit même que ces gens-là sont des gens qui, en fait, sont des partisans du désordre. Il y a cette haine des flics, c'est cette minorité de personnes.
Vous avez des images vidéo qui vont permettre...
C'est une minorité très engagée. Vous savez, on ne se fait pas beaucoup d'illusions sur le fait qu'il s'agit évidemment de la mouvance très probablement de l'ultra-gauche. Des gens qui passent leur temps, finalement, à dénoncer les policiers, encore une fois, parce qu'ils ne veulent plus de police et que ce sont des partisans du désordre.
Vous avez des caméras, j'imagine, qui vont permettre d'identifier les auteurs de ces slogans ?
Bien sûr, on va mener des investigations. Le parquet de Paris saisira sans doute les services qui sont placés sous mon autorité en charge, donc des investigations judiciaires. Et donc ce sont des menaces de mort. C'est quand même un délit. Donc ils sont susceptibles d'être poursuivis. Au même titre d'ailleurs qu'on va travailler, puisque vous savez, il s'est passé un autre fait grave. Sur le collectif des femmes, nous vivrons peut-être ? Absolument. On a ces menaces de mort totalement inqualifiables, encore une fois, contre les policiers. Et puis on a dû extraire un collectif de femmes. Le collectif Nous Vivrons, qui était le collectif du 7 octobre.
Ils ont reçu d'insultes, projectiles, vacuées par la police. Ils ont reçu énormément. D'abord des insultes de partisans de la cause pro-palestinienne, puis ensuite des jets de projectiles. Et j'ai dû déployer les forces de l'ordre pour les exfiltrer et au final, finalement, les sortir de la manifestation, ce qui est intolérable. C'était la journée du droit des femmes. C'était une manifestation pour le droit des femmes. Et on a dû exfiltrer ce groupe de personnes qui appartenaient à la communauté juive et qui ont été prêts à l'art.
L'identification ne sera pas difficile, parce qu'on a vu notamment une jeune femme un peu rousse, qui faisait des doigts et machin, qui hurlait. C'est facile à identifier ça, non ?
Oui. Alors, au cas d'espèce, il y a eu des jets de projectiles qui ont été effectués contre ce groupe, contre ce collectif Nous Vivrons. Et évidemment, là, j'ai saisi la justice et nous avons déjà identifié les auteurs. Et donc, j'ai saisi la procureure de la République de Paris avec des noms précis de personnes, puisque nous avons identifié les auteurs.
Vos troupes sont décidément très sollicitées, entre les manifs, le travail du quotidien, le travail affût tendu, comme on dit. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant avec les Jeux olympiques, évidemment. Est-ce que, pour commencer, vous redoutez des grèves de la police pendant les Jeux olympiques, ou cette menace-là vous semble-t-elle être écartée aujourd'hui ?
Non. D'abord, le droit de grève dans la police, ça n'est pas possible. Pas des mouvements sociaux. Il y a un engouement dans les rangs des policiers et des gendarmes, malgré, effectivement, depuis 2015, une situation, je veux dire, de suractivité. Il y a énormément de... Ils sont beaucoup mis à contribution. C'est compliqué. Mais malgré cela, on sent qu'il y a quand même un vrai engouement pour l'organisation des Jeux, à la fois pour les policiers qui sont placés sous mon autorité, qui vont être évidemment en première ligne, et surtout tous les renforts qui vont arriver de tout le territoire national.
Oui, parce que, hors cérémonie d'ouverture, ils sont 30 à 35 000 mobilisés tous les jours à Paris. En moyenne, c'est ça. C'est ça, à peu près. En région parisienne, oui. Ils seront appuyés par des agents de sécurité privés. Il y a quelques semaines, il en manquait encore beaucoup. Est-ce que vous avez terminé le recrutement ? Est-ce que vous savez combien ils seront, ces agents privés ?
C'est le COJO, c'est le comité d'organisation. Je m'imagine que vous, quand même, qui peut appliquer sur le dossier. Pour l'instant, le processus de recrutement se poursuit. Il n'y a pas d'inquiétude particulière à ce sujet.
Les inquiétudes, elles sont peut-être sur le criblage, comme on dit. Le criblage, ça consiste, je parle sous votre contrôle, à vérifier le parcours, tout ce qui va, tout ce qui ne va pas chez l'individu qui est candidat, soit pour être bénévole, soit pour être agent de sécurité. Est-ce que vous êtes dans les temps pour ce criblage ? Il paraît qu'il y a un million de personnes à cribler.
Oui, c'est le chiffre qu'a rappelé le ministre. Oui, bien sûr, nous sommes dans les temps. Il y a un service national des enquêtes administratives qui a été créé, qui regroupe plus de 200 personnes et qui va effectivement procéder à des enquêtes administratives de l'ensemble des personnes qui, de près ou de loin, vont être associées à l'organisation des Jeux.
Sauf que là, vous avez criblé 89 000 personnes, c'est ça, à peu près, sur un million ?
Oui, mais parce que les gens s'inscrivent au fur et à mesure. Ça ne se fait pas d'un coup. Donc évidemment, et puis on va monter, le service va monter en puissance dans les mois qui viennent.
Il reste du monde. Sur les 89 000, il y a eu 280 à écarter, c'est ça ? Donc là, il va falloir en écarter. Si on fait une règle de 3, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, mais en gros, 3 000 avec 220 personnes pour contrôler tout ça, vous serez dans les temps pour juillet.
Oui, non, non, mais ce sont des enquêtes qui font intervenir tous les services. Il y a une organisation spécifique qui a été mise en place. Évidemment que nous serons dans les temps. Donc il n'y a pas d'inquiétude là-dessus ? Non, il n'y a pas d'inquiétude. Vous savez, les dossiers arrivent les uns après les autres. Il y a un certain nombre de volontaires qui sont encore en cours de recrutement, des prestataires qui sont encore en cours de recrutement. Donc la charge va s'étaler dans les mois qui viennent jusqu'aux Jeux olympiques, évidemment.
Sur la menace terroriste, on a l'impression que la même question entraîne toujours la même réponse. Y a-t-il, oui ou non, M. le Préfet, une vraie menace terroriste sur ces Jeux olympiques parisiens ?
Mais il n'y a pas de menace caractérisée. Il n'y a pas de menace connue au moment où on se parle, évidemment. Le ministre de l'Intérieur l'a rappelé encore devant le Sénat, mardi de la semaine dernière. Mais il y a toujours cette menace prégnante d'individus endogènes, cette menace inspirée de groupes islamiques qui sont...
On n'est pas, pardon, comme en 2015 où les réseaux sociaux politiques disaient « On sait que ça va arriver, mais on ne sait pas quand ». On n'en est pas à ce stade-là.
Évidemment non, puisqu'on fait tout pour que ça n'arrive pas. Pour l'instant, il n'y a pas de menace caractérisée. Mais la menace terroriste, elle est toujours à très haut niveau. Et on craint de plus en plus, évidemment, cette menace inspirée. L'individus qui sont de l'État islamique, qui sont en Afghanistan, en Syrie, en Irak, qui essaient de faire en sorte que des individus sur le territoire national passent à l'action. Et cette menace projetée qui nous inquiète toujours, même si elle nous semble qu'ils n'en ont pas les moyens.
La menace projetée, c'est le Bataclan. C'est le 13 novembre. C'est un commando qui vient de l'étranger. Et cette menace existe pour les Jeux ?
Il y a toujours cette volonté chez les groupes terroristes de l'État islamique, d'Al-Qaïda, de continuer à projeter des équipes. Donc forcément, on s'y prépare.
Mais il y a quelques mois que vous disiez, cette menace-là, a priori, en ce moment, elle n'existe plus.
Je vous confirme qu'il y a quelques mois, c'est ce que je vous disais. Mais il y a une montée en puissance de la menace projetée, parce que les groupes terroristes l'envisagent. Mais encore une fois, ils n'en ont pas forcément les moyens. Mais surtout, il faut bien rappeler que depuis 2017, dans notre pays, les services de renseignement n'ont cessé d'accroître leur partenariat, et notamment avec les grands partenaires étrangers. Et donc évidemment, tout est fait pour détecter ce genre de menace, et nous en avons les moyens.
Et la menace cyber, la menace numérique, dont on entend dire qu'elle pourrait plaire aux Russes, par exemple ? Est-ce qu'elle vous inquiète, vous ?
Évidemment. Lors des derniers Jeux Olympiques, il y a eu énormément d'attaques cyber. Donc dans le contexte international qu'on connaît, évidemment, nous craignons les menaces cyber. Et c'est l'ANSI qui est en charge de la prévention de ces attaques. Et actuellement, l'ensemble des grands organismes publics sont en cours d'audit pour renforcer significativement leur parade contre ce type d'attaques.
Est-ce qu'il y aura des agents de sécurité armés dans les délégations, dans le village olympique ?
Alors, il y a des règles qui s'appliquent. D'abord, certains agents peuvent être dans certaines conditions armés. Et donc ça, ce sont des autorisations que j'attribuerais.
Il peut y avoir des délégations américaines, israéliennes, qui seraient armées à l'intérieur du village.
Il y a plusieurs choses. Il y a parfois des agents de sécurité privée français qui peuvent être armés dans certaines conditions pour certaines missions. Et on peut avoir effectivement des agents, et notamment des policiers de services étrangers, qui sont des agents de protection des délégations, qui, dans certaines conditions, peuvent être armés. Mais ça, ce sont des autorisations que je délivre.
On parle des sujets qui sont un peu inquiétants pour essayer d'éviter le pire, évidemment, que la fête soit belle. Mais on prépare une fête ou on prépare la guerre, Laurent Nunez ? Des fois, quand on entend parler des sujets sur les yeux, on se dit « Waouh ! » Vous diriez à vos enfants « Allez voir dans les sades » ou plutôt « Restez devant la télé ».
On prépare la guerre. Qui dit ça ? Il y a une espèce de geo-bashing qui est absolument insupportable pour tout le monde, pour notre pays, et encore plus pour les forces de l'ordre. Parce que quand on voit le savoir-faire qui est le nôtre, la façon dont on organise les grands événements, toujours avec succès, toujours avec succès. Et quand on entend les doutes, les polémiques, parfois pour des queues de cerises, c'est sûr qu'on est un peu agacé. Mais ce qu'on prépare, c'est une belle fête.
Et on fait tout pour qu'on arrive à concilier, à la demande du ministre de l'Intérieur bien sûr, qu'on arrive à concilier un très haut niveau de sécurité, avec une vie qui continue autant que possible à se passer, comme avant pour les franciliennes et les franciliens.
Bon, passons au vrai sujet de tête. Est-ce que vous êtes prêt à danser sur du Aya Nakamura pendant la cérémonie d'ouverture ou pas ? Ça vous plaît, ça ou pas ?
Je... Voilà. La partie artistique, c'est pas trop mon sujet. Moi, je suis plutôt sur la partie sécurité.
Oui, dès qu'on parle plus des sujets graves, vous ne voulez plus répondre.
Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?
Bon, merci beaucoup Laurent Nunez d'être venu dans Les 4V. Merci à travers vous, aux forces de l'ordre, qui vont tout mettre en œuvre pour que cette fête soit belle. Merci, bonne journée. Merci à tous les deux. Et merci également à Annick Motin pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.
Laurent Nuñez