L'invité d'Apolline Matin : Congrès du RN à Orléans, des milliers de contre-manifestants attendus... faut-il craindre des débordements ? - 22/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Vous êtes serein, ou faudrait-il interdire la manifestation de samedi à Orléans ?
- 2:17RelanceRéponse partielle
Si on quitte les principes, vous ne mettez pas en danger vos militants ?
- 2:55FerméeRéponse directe
Vous allez élire votre président, Jordan Bardella, après l'enquête de Mediapart sur ses écrits antisémites. Est-il toujours légitime à ce poste ?
- 5:01RelanceRéponse partielle
Vous êtes très favorable au principe casseur-payeur. Où mettrez-vous tous ces condamnés supplémentaires ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Pourquoi boycotter la commission d'enquête sur les violences ?
- 7:41OuverteRéponse partielle
Un macroniste demande la démission d'Emmanuel Macron. Avancer les élections serait utile ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Invité politiqueFait
« une cinquantaine d'organisations appellent à manifester contre votre congrès samedi. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Nous avons des garanties du ministère de l'Intérieur, de la préfecture. Tout sera sous contrôle. »
- 3:15Invité politiqueFait
« J'ai voté pour que Jordan Bardella soit le président de notre mouvement. »
- 3:20Invité politiqueChiffre
« Nous avons aujourd'hui plus de 150 000 adhérents. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron nous avait promis 7000 places de prison. On les attend toujours. »
- 6:06Invité politiquePromesse
« Ces places de prison, nous les construirons. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Il n'y aura aucun rapporteur RN qui figurera dans cette commission. »
Temps de parole
- Invité politique63 %
- Invité politique 224 %
- Invité7 %
- Présentateur4 %
- ?2 %
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Vous
écoutez RMC.
Bonjour
Laurent Jacobelli. Bonjour. Porte-parole et député du Rassemblement National, une cinquantaine d'organisations appellent à manifester contre votre congrès samedi. On attend plusieurs dizaines de milliers de manifestants et leurs mots d'ordre contre le racisme, le fascisme et l'impérialisme. Marine Le Pen se dit sans inquiétude sur la sécurité du congrès. Vous êtes serein, vous Laurent Jacobelli, ou est-ce qu'il faudrait simplement interdire la manifestation de samedi à Orléans ? Non, nous sommes sereins. Nous avons des garanties du ministère de l'Intérieur, de la préfecture. Tout sera sous contrôle. Mais vous vous rendez compte de la première phrase que vous avez prononcée ?
C'est-à-dire qu'il y a une cinquantaine d'organisations, y compris des partis politiques, qui manifestent pour que le premier parti de France ne puisse pas tenir son congrès et faire une réunion publique. Mais dans quel pays on vit ? Quelle est la vision de la démocratie et de la République de cette gauche ? La gauche, aujourd'hui, si vous ne pensez pas comme elle, vous êtes fasciste. Et si vous êtes fasciste, tous les moyens sont bons pour vous combattre, y compris dans la rue, la violence. On a une gauche, finalement, dont on a l'impression que si vous n'avez pas la carte et les filles, vous êtes un ennemi. Tout cela n'est plus tenable. Nous, nous sommes très sereins.
Nous allons tenir un très bel événement. Le samedi, ce sera le congrès du parti. C'est là où on élit l'Assemblée nationale, du Rassemblement national. Et dimanche, ce sera un grand meeting de Marine Le Pen. Vous avez raison, une cinquantaine d'organisations, toute la gauche, qui s'aligne contre vous.
Et
pour empêcher la tenue de... Enfin, toute une partie de la gauche, pardon. Pour empêcher la tenue de ce congrès. Quand Jean-Luc Mélenchon fait un congrès, il n
'y a
pas 10 000 personnes qui viennent manifester contre lui. Mais jamais nous ne le ferons. Nous nous respectons la démocratie. Jean-Luc Mélenchon... Ça ne dit pas quelque chose de votre parti ? Ah, mais ça dit que nous, nous sommes républicains. Vous savez, cette gauche n'est plus républicaine. Quand une partie de la gauche tient des propos antisémites, quand il y a une forme de racisme anti-blanc, quand on met une cible dans le dos de tous ceux qui sont à la droite de Madame Tondelier, et bien oui, clairement, il y a un vrai problème avec cette gauche qui a oublié les mots même de démocratie.
Mais comme son programme n'attire plus personne, ils en sont aujourd'hui à aller draguer des communautés, et ils en sont aujourd'hui à faire des appels à la violence. Nous nous appelons à la République, nous appelons à une France apaisée, et nous allons proposer un programme aux Français, parce que c'est ça la démocratie. La République, la démocratie, il y a les principes, c'est essentiel les principes. Vous êtes un parti politique, vous avez des élus, et donc c'est assez normal que vous puissiez vous rassembler et tenir votre congrès. Mais Laurent Jacobéli, si on quitte les principes un petit instant et qu'on revient au réel, vous n'êtes pas en train de mettre en danger vos militants là ?
Ceux qui vont venir au congrès d'Orléans ? Vous imaginez bien que jamais nous ne mettrions en danger ni nos militants, ni tous ceux qui veulent écouter le discours de Marine Le Pen dimanche. Je vous le redis, nous avons des garanties de la préfecture de police, nous avons des garanties du ministre de l'Intérieur, mais une fois encore, si dans notre pays, il faut attendre l'autorisation de Jean-Luc Mélenchon pour avoir le droit de se réunir, alors c'est très grave. Ça s'appelle l'Union soviétique. Donc nous sommes en démocratie, ici c'est la France, et nous voulons pouvoir débattre tranquillement. Et à l
'occasion de ce congrès, monsieur le député, vous allez aussi élire votre président, le président du parti, qui actuellement est donc Jordan Bardella, après l'enquête de Mediapart consacrée aux potentiels écrits antisémites de Jordan Bardella quand il était plus jeune. Est-ce que pour vous il est toujours légitime à ce poste ? Est-ce que vous êtes personnellement favorable à ce qu'il reprenne la présidence du parti après ce congrès ?
Ah oui, tout à fait, et je vais vous donner un secret. J'ai voté pour que Jordan Bardella soit le président de notre mouvement, d'abord parce que c'est un très bon président. Nous avons aujourd'hui plus de 150 000 adhérents.
Donc là, ça
change en même temps. Et c'est
évidemment son travail et celui de Marine Le Pen qui vont amener à ça. Et puis une fois encore, Mediapart est au journalisme, ce que je suis à la danse classique à peu près. C'est-à-dire que c'est devenu un organe de presse à la solde de l'extrême gauche. Et une fois encore, on ne
va
pas attendre la bonne humeur de Jean-Luc Mélenchon pour avoir le droit de se réunir. Et on ne
va
pas demander à
Edwin Plenel qui
peut être notre président. Non,
non,
bien sûr. Je ne
suis
pas de Mediapart, je n
'ai
pas leurs sources, mais ils ont rarement tort. C'est pour ça qu'on a tendance à les écouter aussi. Eh bien, écoutez, là, ils ont tort, clairement. Et Mediapart, ce n
'est
pas la première fois qu'ils auraient été pris en flagrant délit de mensonges. Concernant le week-end du 17 octobre, vous parlez d'une convergence des luttes de ceux qui n'aiment pas la France. Oui. Et je voudrais parler aussi du 2 000 millions de manifestants pacifiques qui ont été clairement invisibilisés par la casse, par les pillages. Exactement. En 2018-2019, le RN soutenait ouvertement les gilets jaunes, y compris quand les manifestations étaient émaillées de violences. Ce soutien aux Français, au pouvoir d'achat, il s'estompe quand le scrutin s'approche, c'est trop sulfureux ? Non, ce n
'est
pas ça du tout.
C
'est qu'aujourd'hui, cette gauche et cette extrême gauche empêchent tout débat. Et lorsqu'il y a une demande légitime de la population, le bruit des vitrines qu
'on
casse, le cri des passants qui sont agressés, eh bien, occultent les demandes légitimes de ceux qui manifestent. De même qu'ils veulent faire du bruit autour de notre meeting. Vous savez, je pense qu'il faut agir sous deux axes. D'abord, la sécurité. Ramener l'ordre dans les rues, c'est important. Et puis, entendre le besoin de pouvoir d'achat. Tiens, la proposition que fait Marine Le Pen de baisser la TVA sur les énergies. Pourquoi le gouvernement ne le fait pas ? Il y a urgence à le faire. Donc, il faut
agir.
Ce serait une sortie de la crise que de
baisser la TVA.
Vous savez, les casseurs continueront à casser, comme à chaque fois, même quand il y
a
un match de foot, même quand il
y a
le premier. En revanche, les Français souffrent vraiment, et ça, il faut l'entendre.
Justement, sur les casseurs, vous êtes très favorable au principe casseur-payeur. Alors, on comprend bien que vous voulez incarcérer plus, plus systématiquement. Et la question, c'est un peu toujours la même.
C
'est-à-dire qu'en gros, où est-ce qu'on met tous ces condamnés supplémentaires ? Alors, lesquels ? Qu'est-ce que vous pouvez dire pour nous convaincre que cet argument qui a été avancé maintes et maintes fois, vous n'êtes pas les seuls à dire qu'il fallait construire plus de prison, ça n'a jamais été fait. Vous, par quel
miracle,
entre guillemets, ou par quelle méthode, vous allez réussir à créer rapidement des nouvelles places de prison ?
Ni une méthode, ni un miracle. Un trait de caractère, le courage.
Ce
que n'a pas eu Emmanuel Macron. Emmanuel Macron nous avait promis 7000 places de prison. On les attend toujours. Je vais vous dire, il faut sortir de ce cercle vicieux. Il y a des émeutes dans les rues parce qu'on demande aux policiers de détourner le regard et qu'il ne faut surtout pas faire mal à ces petits angelots. Deuxièmement, une fois qu'ils sont attrapés par la police, les juges les relâchent parce qu'il n'y
a
pas de place de prison. Donc c'est en fait la France qui va devenir elle-même une prison puisque les citoyens honnêtes ne pourront plus sortir de chez eux. Ces places de prison, nous les construirons. Il faut sortir du laxisme.
Il
faut sortir de la repentance. Il faut sortir de l'excuse. Nous, écoutez, n'importe comment je vais vous dire, ça va relancer le bâtiment. Il faut voir les choses comme elles sont.
Les places de prison,
c'est l'endroit où l'on met les voyous. La place des voyous n'est pas dans la rue. La place des voyous n'est pas à l'Assemblée nationale. La place des voyous est en prison. Alors justement, à l'Assemblée, il
y a
une commission d'enquête qui va se pencher sur les violences survenues le week-end dernier. On l'a pris hier. Il n'y aura aucun rapporteur RN qui figurera dans cette commission. Marine Le Pen dénonce une mascarade. Elle annonce un boycott. Vous avez des représentants dans la commission de plus de 70 députés, mais vous n'avez pas obtenu un des postes clés de rapporteur. Vous décidez de boycotter l'ensemble des travaux.
Oui,
on ne va pas assister à une réunion sit-in anti-flics. Ce n
'est
pas notre genre. Nous, on soutient la police. Qu'est
-ce
qui vous fait dire la commission ?
Elle
ne
s
'est pas tenue encore ? La commission des lois. Parmi les trois, il y a un horizon,
c
'est-à-dire quelqu'un qui regardera les mouches passées, et deux gauchistes. Donc, si vous croyez qu'on va avoir...
Il n'y a pas d'LFI non
plus dans cette commission ?
Non, mais
il
y
a leur proxy.
Il y
a les socialistes et les verts, je crois. Donc, s'il y a les salariés de LFI, c'est pareil. Donc, une fois encore, la présidente de l'Assemblée nationale, Mme Brompivet, avait donné une parole. Il y a trois blocs à l'Assemblée. La gauche, le centre et les patriotes. Chacun aura un vice-président. Ça permettra d'avoir une commission d'enquête fiable. Nous, on était d'accord, parce que c'est important de savoir ce qui s'est passé. On se retrouve avec deux gauchistes et un témoin. Ça ne nous intéresse pas, et nous ne participerons pas à cette mascarade. Sur RMC, un macroniste historique, Jean-Baptiste Moreau, demandait ce matin la démission d'Emmanuel Macron.
Il
lui a suggéré d'un mot, Laurent Jacobelli. Avancer les élections, ce serait utile
? Écoutez,
ça ne dépend pas de nous. Mais ces six mois qui vont nous rester jusqu'à l'élection vont être très très longs et très très durs, puisque le pouvoir, aujourd'hui, a carrément lâché les manettes dans tous les domaines. Il n
'y
a plus d'ordre financier,
il
n
'y a
plus d'ordre dans les rues. Du
coup, oui,
ce serait plutôt une bonne chose d'avancer la présidentielle ? Mais je pense que le président de
la
République ne le fera jamais. Et moi, je respecte la Constitution. Il reste six mois. Six mois qui vont être très durs, mais après, nous aurons le courage d'agir à bord pour rendre leur sécurité aux Français, mais aussi leur pouvoir d'achat avec Marine Le Pen. Merci Laurent Jacobelli, porte-parole et député du Rassemblement National en direct ce matin à 7h50 sur RMC.