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interviewBFMTV — BFM Politique· 20 octobre 2024 39 min

Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN - 20/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Politique. Notre invité aujourd'hui, Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Bonjour, monsieur le maire. Vous êtes député Rassemblement National de la Somme, membre de la Commission des Finances à l'Assemblée et à ce titre désormais membre de la Commission d'enquête qui va nous dire comment les comptes de la nation sont arrivés là. On va en parler dans un instant. On va évidemment avec vous parler budget, économie, impôts. On parlera également de dérèglement climatique, d'immigration, de questions de sécurité. Pour vous interroger aujourd'hui, Edwige Chevrillon, bonjour. Bonjour, Laurent. Bonjour, Jean-Philippe Tanguy.

Vous êtes rédactrice en chef à BFM Business et Ludovic Vigogne, bonjour. Bonjour à tous. Vous êtes journaliste politique à la Tribune dimanche, partenaire donc de BFM Politique. Vous qui nous regardez, vous pouvez évidemment poser toutes vos questions. Vous scannez le QR code qui est juste à la droite de votre écran et je relèrerai évidemment toutes vos questions tout au long de l'émission. Mais d'abord, Jean-Philippe Tanguy, je voulais commencer par l'actualité. L'actualité, évidemment, ce sont ces inondations spectaculaires qui ont frappé plusieurs régions. L'Ardèche, la Loire, le sud-est de la France, l'île de France aussi.

On voit chaque jour les effets absolument terribles, terrifiants du dérèglement climatique. Est-ce que les responsables politiques, ceux qui sont au pouvoir ou ceux comme vous qui aspirent à l'être un jour, ont pris conscience de ce qui est en train de nous arriver ?

1:25
Jean-Philippe Tanguy

Déjà, permettez-moi d'avoir une pensée évidemment pour toutes les victimes, les familles, des inondations, on a bien connu cela dans ma région, la Picardie et la Somme. Mon département, c'est souvent l'œuvre d'une vie qui peut partir sous les eaux en quelques heures. C'est l'angoisse de ne plus avoir de toit, de ne plus savoir comment loger sa famille ou ses proches et aussi saluer le dévouement des élus locaux, des forces de sécurité civile qui ont fait leur maximum pour aider les sinistrés. Je voudrais, parce qu'il faut être de bonne foi aussi, saluer pour le moment l'action du gouvernement sur ce sujet-là puisqu'il n'y a pas besoin de se diviser.

Quand l'action est bien réalisée pour le moment, je ne vois pas de défaillance particulière de l'État pour soulager les sinistrés. Mais pardonnez-moi, je vais préciser la question. Mais c'est quand même important aussi dans des moments difficiles. Je vais préciser la question que je vous pose.

2:11
Présentateur

Il se trouve que j'ai lu votre programme et que j'ai lu aussi votre contre-budget. On va en parler dans quelques instants. On a l'impression, très franchement, que vous passez la transition écologique par pertes et profits. Vous proposez un soutien coûteux aux énergies fossiles en baissant la TVA sur l'énergie. Vous voulez réduire le fonds vert, supprimer des subventions aux associations qui travaillent sur l'environnement. J'ai même vu que vous vouliez récupérer 6 milliards d'euros sur l'éolien et le solaire. En fait, vous avez l'air de totalement assumer, de sacrifier l'écologie.

2:39
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. Nous combattons une mauvaise politique écologique. Si ça avait fonctionné, les grandes lignes que vous venez de décrire, qui sont celles menées par les gouvernements anciens, d'ailleurs depuis que Michel Barnier a été ministre de l'écologie dans les années 90 n'ont pas fonctionné. Le dérèglement climatique n'a pas été ni ralenti ni arrêté. Un certain nombre de pollutions continuent à frapper nos territoires. Donc nous combattons cette écologie qui n'a pas fonctionné. Vous citez par exemple le soutien massif, effectivement 6 milliards cette année aux énergies intermittentes. Mais le bilan aujourd'hui, il est connu. On le voit en Allemagne et dans tous les pays européens.

Ces dizaines de milliards d'euros, centaines de milliards d'euros à l'échelle européenne qui ont été mises sur la table n'ont pas permis de décarboner la production électricité. On a remplacé de l'énergie décarbonée en France, le nucléaire et l'hydroélectricité, par d'autres énergies décarbonées qui étaient juste plus chères et intermittentes, c'est-à-dire qu'elles ne fonctionnent pas en permanence et que quand elles ne fonctionnent pas, il faut recourir au gaz et au charbon.

Faut-il rappeler que dans les années 90, parce que là on est sur des phénomènes de longue durée, il y a une force politique qui avait promu l'utilisation du charbon et du gaz pour remplacer le nucléaire, c'était les écologistes, avec Mme Boinet, ministre de l'Environnement en 1997, qui expliquait à la presse qu'elle était pour le développement du charbon et du gaz. Vous voyez, il faut se méfier parfois des fausses intentions. Le Rassemblement National, on est sur une écologie fondée sur la raison, sur la science, sur des investissements raisonnables qui permettent vraiment de dépolluer nos méthodes de production. Il se trouve justement que ce n'est pas tout à fait la vie,

4:09
Présentateur

mais ça ne vous étonnera pas, d'Agnès Pannier-Runacher. Elle est ministre de la Transition écologique. Écoutez ce qu'elle disait à propos de votre contre-budget. C'était chez Apolline de Malherbe vendredi.

4:18
Auditeur

J'attends de la représentation nationale de se saisir de ce sujet. Je ne sais pas s'il faut encore attendre des drames pour comprendre que c'est une absolue nécessité d'investir dans l'adaptation au changement climatique, d'investir aussi. Je me permets d'insister, parce que j'ai lu avec intérêt le contre-projet de budget du Rassemblement National qui coupe tous les crédits à l'écologie. C'est évidemment extrêmement dangereux pour les Françaises et les Français, parce qu'il faut aussi investir dans la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Faut-il attendre que la situation devienne intenable pour agir ? Je ne crois pas.

4:52
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, gouverner, c'est prévoir. J'ai lu que vous voulez supprimer la Commission de régulation de l'énergie, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'Office français de la biodiversité. En fait, vous assumez ?

5:05
Jean-Philippe Tanguy

On ne les supprime pas, on réduit considérablement leurs moyens, même s'il y a des commissions, je suis honnête avec vous, que nous voudrions supprimer, comme la Commission de régulation de l'énergie, qui ne s'occupe pas d'écologie.

5:14
Présentateur

L'Agence de l'eau, les départs nationaux.

5:16
Jean-Philippe Tanguy

Non, elle ne s'occupe pas de l'énergie, c'est celle qui organise justement cette privatisation de l'électricité qui a coûté si cher aux Français. Même pas dire une hachimement. Parce que c'est ce gouvernement, d'ailleurs, elle menace elle-même de démissionner, puisqu'elle dit qu'elle n'a pas les crédits. qui coupent largement les crédits à l'écologie, ils augmentent facialement uniquement parce qu'il y a ces subventions à l'éolien et à l'énergie solaire qui explosent de plus de 3 milliards d'euros cette année. Nous, nous voulons investir là où ça fonctionne.

La réindustrialisation de la France pour faire baisser les émissions aujourd'hui que nous avons envoyées dans des pays à faible croûte, très polluants. Aujourd'hui, excusez-moi, une voiture électrique qui est produite en Chine, si on prend tout son cycle de production, ça pollue 10 fois plus qu'une voiture produite en France. D'ailleurs, à la commission des finances, on a soutenu un changement de méthode de calcul du fameux malus automobile. Arrêtez de seulement regarder ce qu'une voiture a l'air de polluer, mais ce qu'elle pollue vraiment.

Parce que ça fait quand même, depuis le Grenelle de l'environnement, 2007, donc 17 ans, qu'on fait croire aux Français qu'on lutte par la pollution par le malus automobile, alors qu'on ne prend pas en compte le cycle complet. Et donc, on a fait payer quand même des consommateurs très chers des politiques qui ont en fait favorisé la pollution en Chine. Excusez-moi, c'est quand même de l'absurdité.

6:25
Invité

Et on verra ce que ça devient avec évidemment les discussions budgétaires, notamment sur le malus au poids, qui est un point qui peut concerner 80% des véhicules français. Je voudrais qu'on revienne sur les inondations. Est-ce que vous êtes comme David Lysnard, qui est le président de l'Association des maires de France et qui est maire de Cannes, et qui dit qu'il faut quand même un audit pour essayer de comprendre qu'est-ce qui se passe avec Météo France, qui n'a pas du tout anticipé la violence de ces accidents climatiques ? Est-ce que vous le soutenez ?

6:52
Jean-Philippe Tanguy

Il faut toujours regarder, il faut toujours voir si on peut s'améliorer. Mais je ne veux pas non plus qu'on cherche toujours des boucs émissaires trop facilement. C'est facile de dire que Météo France aurait dû prévoir, mais parfois ce n'est pas non plus prévisible. Il ne faut pas non plus faire croire à nos compatriotes qu'il y a toujours un responsable de catastrophes naturelles. Il peut y avoir malheureusement des catastrophes naturelles. C'est très facile qu'on ait un responsable politique. Moi, ce n'est pas au gouvernement. Donc je pourrais dire oui, c'est sans doute le gouvernement qui n'a pas fait ce qu'il fallait. Peut-être une enquête le montrera.

Mais si vous voulez, il faut aussi accepter, même si c'est extrêmement difficile pour les victimes, que parfois, il y a des catastrophes naturelles. L'homme ou les femmes ne peuvent pas tout prévoir. Nous ne sommes pas des dieux. Et parfois, c'est aussi l'erreur de croire que nous avons des pouvoirs divins qui fait qu'on fait des erreurs que les gens paient après durement. Donc que les responsables politiques aussi apprennent à assumer leur vraie responsabilité, mais soient un peu humbles parfois aussi face à la nature.

7:42
Invité

Jean-Philippe Tanguy, qui doit payer ? On fait aussi des choix

7:44
Jean-Philippe Tanguy

d'avoir autorisé parfois des gens à s'installer dans des endroits qu'ils n'auraient pas dû s'installer. Et c'est les pauvres gens à la fin qui paient ces erreurs des dirigeants politiques.

7:52
Invité

Et qui doit payer ? Les collectivités ? L'État français ? Qui doit payer ? Là, il doit y avoir

7:55
Jean-Philippe Tanguy

une solidarité nationale, évidemment. Quand vous avez une catastrophe naturelle, une fois de plus, ma région a bénéficié de la solidarité nationale à de nombreuses reprises. Donc, il faut être fraternel entre nous. D'ailleurs, il faut exenter

8:06
Présentateur

les départements qui ont été touchés par les inondations, des efforts budgétaires qu'on va sans doute réclamer aux collectivités locales ?

8:12
Jean-Philippe Tanguy

Je pense que non. Parce que, si vous voulez, il y a d'une part des efforts budgétaires sur la longue durée qu'il faut faire. et après, on peut les aider par des fonds exceptionnels. Les départements inondés doivent payer autant que les autres. Pareil, excusez-moi, ça, c'est un peu de la démagogie. Dire à des départements que vous n'allez pas être concerné par un plan sur plusieurs années parce que vous avez eu un malheur sur lequel on peut vous aider par des fonds exceptionnels, ce n'est pas de la bonne gestion. Et ça, pareil, je pourrais vous dire oui, bien sûr, on peut faire des cadeaux. Non, il faut séparer les deux.

Vous avez des efforts sur la longue durée de gestion, de bonne gestion des collectivités territoriales. De l'autre côté, vous devez aider naturellement de manière exceptionnelle les territoires qui ont été frappés. Je voudrais juste finir sur quelque chose. Parfois aussi, des associations écologistes dont vous parliez font de lourdes erreurs. Si vous prenez le Pas-de-Calais, les inondations du Pas-de-Calais ont été malheureusement aggravées par des mauvaises normes, des mauvais comportements où on n'a plus voulu curer les cours d'eau ou un certain nombre de canaux.

On n'a pas entretenu au nom de la nature un certain nombre de systèmes de protection que des générations avaient mis en place dans des territoires plats. Bref, parfois, il y a des fausses bonnes idées. Et il y avait même une deuxième inondation parce qu'on avait donné des instructions à ces institutions qui sont hors contrôle pour curer les cours d'eau après les premières inondations dans le Pas-de-Calais. Ils ne l'avaient pas fait contre la volonté des gens et les inondations avaient été encore plus graves. Vous voyez ? Il faut vraiment différencier la vraie écologie sur le long terme et les fausses bonnes idées.

9:28
Invité

Encore une question. Vous y faisiez allusion à Agnès Magnerunaché à menacer de rendre son tablier si les crédits qu'elle demandait n'étaient pas au rendez-vous dans le budget. Didier Migaud a agité la même menace il y a une dizaine de jours. Ils ont raison ?

9:38
Jean-Philippe Tanguy

Non, ils n'ont pas raison. Déjà, on ne fait pas de chantage quand on rentre dans un gouvernement surtout quand on est Mme Pannierunaché qui est au gouvernement précédent où les coupes sur son ministère étaient déjà prévues par M. Attal. Donc c'est l'hypocrisie. Mme Pannierunaché essaie de se faire une virginité. La vérité, c'est qu'elle a été totalement associée aux sept années précédentes du gouvernement de M. Macron et qu'elle a échoué sur tous les grands objectifs qu'elle s'était fixés. Si elle a peu partir, je pense que personne

10:01
Présentateur

elle a gagné quelques arbitrages. On va parler du budget. Juste un mot avant de rentrer dans le détail de ce budget et de ce qui s'est passé hier à l'Assemblée. Un mot sur la commission d'enquête à laquelle vous allez évidemment participer sur les comptes de la nation. Comment on en est arrivé là ? Je vous pose la question à titre personnel. C'est quoi votre intuition à vous ? Le gouvernement précédent s'est trompé de bonne foi ou est-ce qu'il a sciemment trompé les Français ?

10:24
Jean-Philippe Tanguy

Mais ils ont sciemment trompé les Français. C'est aussi simple que ça. Ce n'est pas aussi simple parce que ce sont des phénomènes compliqués de prévision, de transmission de documents et sur lesquels on peut se cacher. Mais moi, en commission des finances avec d'autres d'ailleurs, par exemple, Charles de Courson qui est aujourd'hui rapporteur général des finances qui est centriste, qui n'est pas du tout lié au Rassemblement national mais des commentateurs, des économistes qui avaient annoncé. Je crois que M. Chevrillon sur le budget de l'année dernière avait fait des commentaires.

Quand par exemple vous dites qu'on baisse la dépense alors que la baisse des dépenses n'est même pas supérieure aux coupes des mesures exceptionnelles du Covid, c'est bien que l'État n'ait pas géré puisque vous dites qu'on baisse les dépenses ordinaires alors que vous dépensez encore plus qu'avant le Covid. Donc tout ça n'était pas sérieux. Il y avait aussi, moi je l'avais dénoncé, des fausses mesures. Vous savez qu'il y a eu pendant trois ans avec l'hyperinflation ce qu'on appelait des surprofits. C'est-à-dire qu'un certain nombre de grandes entreprises se sont mis dans les poches soit des factures des consommateurs Vous proposez d'ailleurs de les taxer aujourd'hui. Absolument.

Soit des contribuables. La Cour des comptes avait dit il y a 30 milliards d'euros qui a été pris par les énergéticiens sur le fameux bouclier tarifaire de M. Le Maire. Ils ont dit on va faire une taxe pour récupérer 17 milliards. Elle a été volontairement mal conçue puisque moi-même j'avais dit qu'elle était mal conçue. Au lieu de rapporter 17 milliards d'argent qui appartenait aux Français, ça a rapporté 600 millions d'euros. Donc Bercy et M. Le Maire ont une dure responsabilité dans le fait qu'ils ont favorisé des intérêts très puissants à savoir les multinationales qui s'en mettent quand même plein les poches qu'il y ait une crise que ce soit florissant.

Vous avez des acteurs économiques dans notre pays et dans le monde qui gagnent à chaque fois pendant que le contribuable ou le consommateur...

11:55
Présentateur

Alors je voudrais qu'on parle du budget. Hier, la commission des finances a rejeté en bloc le budget proposé par le gouvernement amendé. Je crois qu'il y avait 200 amendements. Le budget était d'ailleurs en très grande partie dénaturé. D'un mot, comment se fait-il que vous qui êtes si critique sur le gouvernement, hier vous ayez voté avec les macronistes et avec la droite pour rejeter le nouveau projet de budget avec lequel il a été amendé ?

12:19
Jean-Philippe Tanguy

Parce que c'est un projet qui n'a pas de colonne vertébrale. Donc à partir du moment où cette première partie, les recettes, sont parties dans le décor parce que les macronistes et les républicains n'avaient rien à dire, rien à proposer, rien à négocier, ils n'étaient même pas présents. C'est la première fois, je crois, de l'histoire de la Ve République qu'en commission des finances, pour discuter un budget, vous avez entre un tiers et la moitié des députés de cette soi-disant majorité qui ne sont pas présents à la commission pour voter. Tout le monde peut le voir. Sur les images.

C'est-à-dire qu'en fait, ils ont volontairement laissé péricliter ce budget, le faire perdre en crédibilité pour ensuite le critiquer. Et d'ailleurs, j'ai vu qu'un certain nombre de tweets des membres de cette commission étaient prêts et publiés avant qu'on vote. Donc en fait, on est face à une manipulation. Ils veulent faire croire aux Français que c'est eux les gens sérieux et que la commission n'est pas sérieuse alors qu'ils ont saboté volontairement de l'intérieur la commission des finances. Avant de rentrer dans le détail, Ludovic,

13:08
Invité

le débat commence demain dans l'hémicycle. Il s'annonce extrêmement compliqué. Si Michel Barnier décide de recourir au 49-3 pour le faire adopter en première lecture ce budget, vous déposerez une motion de censure ?

13:18
Jean-Philippe Tanguy

Nous verrons. Ce sera une décision de Marine Le Pen avec Jordan Bardella, évidemment. Mais vous, votre position ? Ma position, ce serait une défiance totale envers le vote des Français aux dernières élections législatives. Ce gouvernement n'a pas de majorité du tout. Et le gouvernement qui a été constitué ne correspond pas à une réalité électorale ou en tout cas aux sanctions des urnes. Ils avaient dit qu'on va négocier. Je me souviens très bien M. Barnier dans son discours de politique générale. Il nous avait dit je suis prêt à toutes les bonnes propositions. Nous, on a proposé un contre-budget.

Bon, il peut être critiqué, il n'est sans doute pas parfait, mais vous l'avez dit vous-même tout à l'heure, il y a des vraies coupes dedans sur des agences. On a proposé 30 amendements hier pour observer ces coupes. Eh bien, ils n'ont pas été discutés une minute. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un membre ni des macronistes ni des amis de M. Wauquiez qui soutiennent M. Barnier qui ont voulu discuter nos amendements économiques. Et là, aujourd'hui,

14:07
Présentateur

vous ne savez pas si vous allez censurer ou pas ?

14:09
Jean-Philippe Tanguy

Je ne peux pas me prononcer à la place de mon groupe.

14:12
Invité

Et demain, la gauche déposera une motion de rejet par rapport à ce texte. Est-ce que vous la voterez, cette motion de rejet qui empêcherait de discuter ?

14:18
Jean-Philippe Tanguy

On ne votera pas la motion de rejet. Marine Le Pen et Jordan Bardala l'ont décidé parce que c'est faire un cadeau à M. Barnier. Mais ça, c'est la spécialité de la gauche. C'est crier très fort et en fait, faciliter les compromissions de M. Barnier ou de M. Macron parce qu'eux, ils sont très contents qui aient une motion de rejet et qu'on ne discute pas du budget devant les Français, que nos compatriotes ne voient pas ce qu'il se passe et que M.

Barnier puisse faire ses petites magouilles avec les macronistes dans les couloirs et que la gauche couvre cela comme la gauche a permis, faut-il le rappeler, c'était il y a trois mois seulement, la réélection de plus de 60 députés macronistes contre des députés marinistes. Jean-Philippe Tanguil,

14:53
Invité

juste de trois points de fiscalité sur l'exit tax, le retour de l'exit tax ceux qui partent à l'étranger. Est-ce que vous êtes favorable ? Il y avait un ordement qui avait été déposé qui disait que ceux qui avaient au moins les Français qui avaient au moins restés trois ans en France ces dix dernières années, même s'ils partaient à l'étranger, il fallait les taxer. Est-ce que vous êtes favorable au retour de cet exit tax sous une forme ou sous une autre ? Oui, on a soutenu

15:15
Jean-Philippe Tanguy

ce retour de l'exit tax qui était au programme de Marine Le Pen. C'était transpartisan, ça a été soutenu aussi bien par des gens du gouvernement que le Rassemblement national mais aussi la gauche parce que moi j'essaie d'être honnête dans mes analyses. Il faut contribuer si vous voulez. Et vous savez, nous on est pour la priorité nationale. C'est-à-dire qu'on considère que nos compatriotes doivent avoir un certain nombre de droits supplémentaires par rapport aux étrangers qui n'ont pas travaillé un certain nombre de temps dans notre pays. Il y a un revers à la médaille. Il y a des droits, il y a des devoirs.

Et les devoirs, c'est participer à la solidarité nationale et à payer ses justes impôts. Et on ne peut pas partir du jour au lendemain en laissant son pays derrière soi.

15:47
Présentateur

Vous savez que les téléspectateurs qui nous regardent peuvent poser des questions. On a eu une question de Marie qui habite à Caen dans le Calvados qui nous demande si sa facture d'électricité va augmenter en 2025. Oui ou non ?

15:59
Jean-Philippe Tanguy

Moi j'espère qu'elle ne va pas augmenter. En tout cas, on a fait passer un amendement du Rassemblement National. C'était le premier amendement budgétaire du Rassemblement National qui a été voté en commission finance pour annuler cette hausse de taxes de 6 milliards d'euros en réalité qui pesait lourdement sur les ménages à 150 euros par an de taxes en plus. Malheureusement, on va devoir reprendre à zéro demain sur cette taxe. Moi j'espère qu'elle va être annulée. On ne lâchera rien. C'est la taxe la plus injuste puisqu'elle frappe avant tout les classes populaires et les classes moyennes bien plus que les personnes les plus privilégiées. Mais du coup,

16:28
Invité

il faudra trouver d'autres économies.

16:29
Jean-Philippe Tanguy

Mais on a proposé d'autres économies.

16:30
Invité

Sur l'impôt sur la fortune financière qui devrait remplacer l'IFI et l'impôt sur la fortune immobilière, est-ce que dedans, puisqu'en ce moment on parle beaucoup d'art à Paris, à Arbazel, est-ce que vous allez mettre les œuvres d'art ?

16:44
Jean-Philippe Tanguy

Non. La résidence principale ? Nous protégions ceux qui investissent de bonne foi dans les œuvres d'art, c'est-à-dire que ceux qui les possèdent au moins dix ans. C'est vrai, il faut être honnête, il y a des critiques du modem sur ça, moi je les entends, j'essaie aussi d'être de bonne foi, il y a effectivement des personnes qui utilisent le marché de l'art pour blanchir de l'argent ou pour faire de la spéculation. Cela, il faut les sanctionner, mais ceux qui investissent de bonne foi dans l'art, mais aussi dans la préservation de notre patrimoine.

Il y a des œuvres d'art françaises qui malheureusement ont été dispersées dans le monde, on aimerait parfois pouvoir récupérer un certain nombre de joyaux nationaux. Pour ça, mais c'est la philosophie générale du Rassemblement National, c'est qu'il s'agisse des transmissions d'entreprises, des biens professionnels, on veut favoriser ceux qui investissent dans la longue durée et pénaliser ceux qui font de la spéculation.

17:29
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, vous restez avec nous, on a encore beaucoup de questions à vous poser sur la réforme des retraites, sur l'immigration, beaucoup d'autres sujets encore, on fait une courte pause et on revient avec mes petits camarades pour avoir toutes les réponses à tout de suite. De retour dans BFM Politique, notre invité, Jean-Philippe Tanguy, toujours avec nous député Rassemblement National de la Somme. On va parler d'immigration dans un instant. Vous, vous continuez à nous envoyer évidemment toutes vos questions en scannant le QR code qui apparaît juste à droite de votre écran.

On va parler d'immigration, je le disais, mais d'abord, une première question de Ludovic Wigong sur la réforme des retraites.

18:26
Invité

Oui, dans 10 jours, dans le cadre de votre niche parlementaire à l'Assemblée Nationale, vous proposerez d'abroger la réforme des retraites, de ramener l'âge de départ de 64 à 62 ans, de supprimer les 43 annuités de travail pour 42. Ça coûterait très cher, 15 milliards d'euros. À ce sujet, Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, voit une escroquerie dans votre initiative, une proposition irresponsable. Comment vous pouvez financer une telle mesure ? 15 milliards, je le disais, c'est en baissant les pensions ?

18:53
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. C'est déjà, dans ces 15 milliards, il y a des fausses économies. Vous savez, quand vous faites travailler des gens qui ont des vies difficiles, ces coûts, on l'a vu avec la réforme Fillon, sont transférés sur, malheureusement, l'invalidité, les handicaps, les maladies chroniques, le chômage de nos aînés. Donc, il y a des fausses économies. Et ensuite, il faut, sur la réforme des retraites, c'est des réformes sur 10, 20, 30 ans. Donc, il faut améliorer considérablement la productivité, la robotisation, la recherche. C'est pour ça que, dans le budget qu'on propose, on ne coupe pas les dépenses de recherche, contrairement à ce gouvernement, les dépenses d'éducation.

On compense les 2000 postes que M. Barnier veut détruire dans l'éducation, considère que ce n'est pas du tout la priorité. Il faut investir dans l'éducation. C'est des réformes d'ensemble. Les réformes des retraites, c'est sûr que si tu regardes par le petit bout de la lorgnette, on fait des réformes sur des réformes sur des réformes. Ça fait 30 ans que le système des retraites est en réforme permanente. Donc, si ça avait fonctionné, ça se saurait. Ça ne fonctionne pas. Et donc, il faut penser différemment la production de richesse et cette répartition.

19:47
Présentateur

On va parler d'immigration. Je le disais, Bruno Retailleau a proposé de reprendre dans un nouveau projet de loi toutes les mesures qui avaient été, vous vous souvenez, retoquées par le Conseil constitutionnel. Alors, le durcissement du regroupement familial, le durcissement des conditions d'accueil des étudiants, le rétablissement du délai de séjour. La liste est très, très longue. Bruno Retailleau, il parle exactement comme vous. Finalement, c'est un peu le porte-parole du Rassemblement national au sein du gouvernement, non ?

20:14
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, tant mieux. S'il parle, mais sur le dessous qu'il fait, je serais ravi. Moi, je ne suis pas pour la politique du pire. Donc, si des bonnes mesures qu'on avait soutenues, d'ailleurs, quand c'était Mme Borne qui les proposait avec M. Darmanin sont appliquées, eh bien, tant mieux.

20:25
Présentateur

Encore faudra-t-il que le Conseil constitutionnel valide leur conformité à l'État de droit, en l'occurrence ?

20:30
Jean-Philippe Tanguy

Oui, vous avez raison. Et ce qui m'inquiète dans l'interview de M. Barney ce matin, c'est qu'il refuse de faire un référendum si c'était nécessaire pour modifier la Constitution, pour mettre en accord notre Constitution et ce que veulent les Français très majoritairement dans tous les fonds. Vous êtes en train de dire

20:43
Présentateur

que toutes les mesures que je viens de citer, elles sont anticonstitutionnelles

20:46
Jean-Philippe Tanguy

sur le fond ? Je viens de dire qu'il y avait un risque et qu'elle le soit. On l'a toujours dit puisque Marine Le Pen, en 2022, avait proposé un référendum sur ce sujet et M. Barney aussi d'ailleurs quand il était candidat à la primaire des Républicains. Donc je ne vois pas pourquoi il refuse par principe ce référendum en tant que Premier ministre. Il peut largement susciter ce référendum s'il le souhaitait.

21:06
Invité

Mais en même temps, Michel Barnier et Bruno Retailleau, ils veulent durcir les conditions de régularisation alors qu'en fait la meilleure intégration finalement à Jean-Philippe Tanguy, est-ce que ce n'est pas le travail et on a besoin de cette immigration économique ? J'interviewais lundi Carlos Tavares, le patron de Célantis. Il disait « C'est simple, 38 nationalités ». Donc on a besoin de cette immigration économique.

21:28
Jean-Philippe Tanguy

Je ne doute pas que M. Tavares ait besoin de filières d'immigration légales mais surtout illégales. Oui, mais pour mettre les salaires à la baisse et pour ne pas payer comme il se doit les travailleurs. On connaît la chanson. Donc l'avis de ce genre de personnalité sur le coût du travail, je m'en méfie. Mais l'assimilation par le travail pour les personnes qui rentrent de manière régulière et légale dans notre pays, oui, mille fois oui. Par contre, l'assimilation de personnes qui sont rentrées de manière illégale, ce n'est pas possible. Il faut que la loi ait un sens.

Donc même s'il y a des personnes sans doute de bonne foi et qui veulent bien faire qui sont de manière clandestine sur notre territoire, il faut appliquer la loi. Si on ne fait pas de différence entre les immigrés...

22:04
Invité

Donc vous faites quoi ? Vous les renvoyez ?

22:06
Jean-Philippe Tanguy

Vous faites quoi ? Mais il faut renvoyer systématiquement.

22:08
Invité

Et vous en faites venir d'autres ou les mêmes et vous vous faites revenir ?

22:10
Jean-Philippe Tanguy

Je pense qu'avec les 5 millions de chômeurs qu'il y a en France, y compris beaucoup de personnes immigrées au chômage, le taux de chômage des immigrés est entre 25% et 100% double des nationaux. pourraient mettre au travail en les formant ou en favorisant leur accès au travail. Mais s'il n'y a pas de différence entre un immigré qui a respecté la loi de la France, qui a un visa et des immigrés qui sont rentrés clandestinement sur notre territoire, on ne s'en sortira pas. Il faut que la loi ait un sens. C'est d'ailleurs pour ça qu'il faut rétablir le délit de séjour clandestin, le délit de séjour irrégulier.

Mais le fait de rentrer sur un territoire et d'y rester contre la loi, ça doit être sanctionné. Sinon, plus rien n'a de sens.

22:47
Invité

Mais est-ce que c'est vraiment raisonnable de mettre à nouveau une loi immigration en chantier ? La précédente, la loi d'Armanin, n'a que 10 mois. 20 décrets sur les 30 qui doivent sortir ne le sont pas encore. On ne connaît pas son efficacité. Est-ce que tout ça, c'est vraiment raisonnable ?

23:02
Jean-Philippe Tanguy

Oui, la loi d'Armanin, elle était quand même largement... Vous l'avez votée ? Oui, on l'a votée. Elle a été, on l'a dit, essentiellement censurée par le Conseil constitutionnel pour des questions de forme. Il n'y a pas besoin de beaucoup de discussions. On l'a déjà votée, les dispositions. On peut les remettre, on peut le faire en procédure accélérée. Tout ça n'est pas très compliqué, mais on peut aller aussi plus vite. C'est passer directement ces dispositions par référendum. Nous, on le soutiendra si M. Barnier a ce courage. Les Français ont vraiment envie de s'exprimer par référendum.

23:28
Présentateur

Justement, il se trouve que Bruno Retailleau était sur la frontière franco-italienne avec Michel Barnier, avec le Premier ministre. D'ailleurs, Bruno Retailleau a dit que l'expérience Mélanie en Italie nous inspire sur certains points. Du coup, on a pensé à cette idée d'ouvrir des centres d'accueil pour migrants dans des pays tiers, en l'occurrence en Albanie. Et puis, visiblement, ce n'est pas ça. Le Premier ministre a freiné un peu les ardeurs de Bruno Retailleau. Vous, vous y êtes favorable ou pas ? Éloigner des étrangers dans un pays tiers qui n'est pas le leur. Donc, est-ce que vous, vous êtes pour cette mesure ?

24:00
Jean-Philippe Tanguy

Ça peut être une solution. Si ça fonctionne, on peut regarder. Ce n'était pas la mesure prioritaire du programme du Rassemblement National. On voulait surtout que les demandes soient faites dans les consulats et ambassades français avant de venir. Parce qu'une fois que les personnes sont présentes sur le territoire, il est beaucoup plus difficile, évidemment, de les renvoyer si elles n'ont pas à y rester.

24:16
Présentateur

Parce qu'il se trouve, Jean-Philippe, un des téléspectateurs qui nous écrit à l'instant, il dit, mais on les renvoie même contre la volonté de ces personnes, même s'ils ne sont pas d'accord pour aller dans le pays où on les dirige ?

24:29
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais la France n'est pas un centre de vacances. On n'y rentre pas parce qu'on a envie d'y venir.

24:33
Présentateur

Mais vous ne répondez pas à ma question. Est-ce qu'on peut renvoyer des gens dans un pays

24:36
Jean-Philippe Tanguy

où ils ne veulent pas aller ? La France qui décide qui peut être présent sur son territoire ou non. Ce ne sont pas les personnes qui décident. Si ces personnes sont dans des situations d'extrême urgence, évidemment, on peut les accueillir, les recueillir, les soigner, on n'est pas inhumain. Mais après, c'est la France qui décide où elle réside. La France, une fois plus, n'a pas à être ouverte aux quatre vents. D'ailleurs, aucun autre pays en dehors des pays européens ne fonctionne de cette façon. Moi, j'ai travaillé au Japon. Je veux dire qu'au Japon, les frontières, elles sont contrôlées et que personne ne rentre.

25:03
Invité

Tout à fait pareil.

25:04
Jean-Philippe Tanguy

Oui, le Royaume-Uni aussi, c'est une île et puis tout le monde peut y rentrer. Et puis l'Europe, par rapport à l'Afrique, c'est aussi une île.

25:11
Présentateur

Bruno Retailleau, il est allé plus loin que vous d'une certaine manière parce qu'on a appris cette semaine que lui, il voulait carrément envoyer les étrangers en situation régulière, c'est-à-dire sans titre de séjour ou débouté du droit d'asile dans des pays où ils sont déjà passés, où ils ont transité ces journées. Alors par exemple, des Afghans qui seraient en situation irrégulière ici iraient par exemple au Kazakhstan et du coup, on est en train de préparer des accords bilatéraux avec des pays comme le Rwanda, le Burundi, le Kazakhstan, l'Irak.

Ça ne vous pose pas de problème que la France soit en situation de discuter avec des pays comme l'Irak ou le Kazakhstan pour régler ses propres problèmes migratoires ?

25:47
Jean-Philippe Tanguy

Bon non, on discute bien avec le Kazakhstan quand on veut leur vendre du BTP ou des produits français. Donc il n'y a pas de honte à discuter avec le Kazakhstan, le Burundi ou l'Irak. Ce sont des pays comme les autres. Non mais, ce n'est pas la solution qu'on privilégie. On ne se l'interdit pas parce que si ça fonctionne, il peut regarder. Moi, je préfère que ça passe par nos réseaux de consulats et d'ambassades. Il est vrai que j'ai naturellement plus confiance dans nos réseaux diplomates et dans les professionnels français que dans certaines autorités de gouvernement qui ne sont pas forcément des démocraties.

En tout cas, il faut trouver des solutions parce que, vous parlez des Afghans, un certain nombre de gouvernements européens maintenant expulsent les Afghans. On nous avait expliqué que ce n'était pas possible. On voit bien que c'est possible.

26:26
Invité

Toujours lui, la ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, fait tout boit depuis ce meurtre atroce de la jeune Philippine à quelques pas d'ici. Dans ce drame, en fait, le problème, c'est quoi ? Est-ce que c'est vraiment la non-exécution de l'OQTF ou alors, plus fondamentalement, l'absence de suivi de problèmes de délinquance sexuelle ?

26:48
Jean-Philippe Tanguy

Malheureusement, en l'occurrence, il semble que ce soit les deux. Ce criminel n'aurait jamais dû être sur notre sol. Il aurait dû expulser depuis longtemps et par ailleurs, faute d'être expulsé, il n'aurait pas dû être libéré. Là, on a le pire malheureusement des graves dysfonctionnements de l'État. C'est malheureusement des innocents et des innocentes qui le paient de leur vie.

27:07
Présentateur

Est-ce que vous reprendriez à votre compte les propos de Bruno Retailleau quand il a dit l'immigration n'est pas une chance pour la France ? Je vais le dire autrement. Est-ce que vous considérez qu'il y a trop d'immigrés en France et que l'immigration, c'est plutôt un boulet, un poids pour le pays ?

27:22
Jean-Philippe Tanguy

C'est deux choses différentes.

27:24
Présentateur

Avant que vous répondiez, je vous pose la question parce qu'il se trouve que j'ai pris connaissance cette semaine d'une étude Eurostat sur l'impact de l'immigration en France. Les chiffres datent de 2022. Contribution budgétaire excédentaire nette de l'immigration sur le produit intérieur brut de la France plus 1,02%. Donc, j'ai l'impression que c'est plutôt une chance. Il n'y a pas de coût.

27:46
Jean-Philippe Tanguy

Il y a deux choses. Est-ce qu'il y a trop d'immigrés dans notre pays ? Oui. Il y a deux fois plus d'immigrés au chômage que de nationaux. Mais est-ce qu'il y a des immigrés qui travaillent et qui apportent à la France ? Évidemment, oui. Aujourd'hui, par exemple, notre hôpital public ne pourrait pas tenir sans des soignants immigrés. Donc, dire que l'immigration n'est pas une chance, c'est une erreur ? Je pense que dire trop globalement que ce n'est pas une chance, oui, c'est une erreur. Ce n'est pas non plus très grave de dire cela. Une fois ? Non, mais il faut être plus précis. Il faut être plus nuancé. On parle de plusieurs millions de personnes.

Il y a des gens qui apportent beaucoup à notre pays, qui travaillent, et puis il y a des gens qui n'ont plus leur place sur notre territoire. Et enfin, il y a des gens qui peuvent être dangereux pour la société française et pour nos valeurs. Donc, moi, je n'aime pas les phénomènes aussi globalisants. Vous parlez du coût. Dans le coût, évidemment, que vous avez des immigrés qui travaillent dans le BTP, ceux qui sont venus réparer nos centrales nucléaires, c'était des soudeurs américains. Oui, ils ont créé de la valeur. Économiquement,

28:41
Présentateur

visiblement, ils apportent beaucoup au pays.

28:43
Jean-Philippe Tanguy

Le fait d'accepter un certain nombre d'immigrés qui peuvent apporter à notre pays, parce qu'on peut avoir des carences dans des domaines très précis par rapport aux millions d'immigrés qui n'ont pas à être sur notre territoire. Il faut de la nuance. La politique, ce n'est pas tout blanc ou tout noir. Parfois, il y a des phénomènes qu'il faut contrôler. Et les Français, d'ailleurs, ils sont eux dans la nuance. Ils font très bien la différence entre des personnes qui apportent à notre pays, dont il faut saluer l'apport, et des gens qui n'ont plus à être dans notre pays, tout simplement.

Et par ailleurs, vous savez, on le sait très bien, nous avons dans notre mouvement au Rassemblement National beaucoup de descendants d'immigrés qui aiment leur pays, qui sont des Français à 200% qu'il y a dans leur pays, ou des immigrés qui ont acquis demander la naturalisation qui sont désormais Français à 100%. Nous, on ne fait aucune différence. Vous ne voulez pas régulariser les gens ? On ne peut pas régulariser des gens qui sont rentrés... Et encore moins les naturaliser. Si, on veut naturaliser des immigrants en situation légale qui aiment la France, qui veulent s'installer durablement dans notre pays et qui ont apporté à la France. Il faut les naturaliser.

Les personnes qui sont rentrées de manière clandestine, qui ont enfreint nos lois ou qui se sont maintenues de manière illégale sur le territoire. Sans parler évidemment de ceux qui commettent d'autres crimes, il faut les renvoyer.

29:51
Invité

Bruno Rotaillot, toujours lui, il veut réformer le code pénal des mineurs et veut notamment écarter l'excuse de minorité pour l'effet d'extrême violence. Si c'est le cas, s'il parvient à ses fins, vous le soutiendrez ?

30:02
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est une mesure proposée depuis 10 ans par Marine Le Pen.

30:05
Présentateur

Alors qu'on vient de voter il y a moins de 3 ans une loi Belloubet, c'est-à-dire avant de savoir si la loi qu'on a votée il y a 3 ans est efficace. C'est comme pour l'immigration, on change à nouveau la loi.

30:15
Jean-Philippe Tanguy

En l'occurrence, la loi Belloubet, nous savons qu'elle est déjà inefficace. On sait qu'il faut la remplacer très rapidement. Madame Belloubet, c'est le laxisme incarné. Le nombre de déclarations hallucinantes, aussi bien sur le respect des valeurs de la République, de la laïcité et sur le laxisme judiciaire. Je rappelle que Madame Belloubet a libéré un nombre considérable de détenus en utilisant le Covid pour faire croire que des personnes qui avaient enfreint la loi ou même commis des crimes devaient être dehors à cause du Covid. Trois ans après, on ne voit toujours pas le rapport.

30:41
Présentateur

Je voudrais qu'on aborde plusieurs sujets d'actualité ensemble. Jean-Philippe Tanguy, d'abord ce qu'on appelle le procès Le Pen. En réalité, le procès dit des assistants parlementaires des eurodéputés Rassemblement National et donc de Marine Le Pen. Un procès qui ressemble quand même à une forme de chemin de croix parce que le service police-justice suit les audiences tous les jours et on a l'impression que les prévenus ont beaucoup de mal à justifier de leur travail réel auprès de leurs eurodéputés. Elle joue gros, Marine Le Pen dans cette histoire et notamment elle risque une peine d'inéligibilité.

Est-ce que vous avez envisagé ce scénario que Marine Le Pen puisse être empêchée pour l'élection présidentielle de 2027 ?

31:20
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout puisqu'elle est innocente. Donc quand vous êtes innocent, vous savez, l'effet négatif, c'est-à-dire s'il vous accuse de quelque chose que vous n'avez pas fait,

31:25
Présentateur

c'est très dur

31:27
Jean-Philippe Tanguy

de prouver votre innocence donc c'est plus difficile paradoxalement aux innocents et ceux qui ont traversé des erreurs judiciaires en ont témoigné depuis plusieurs siècles dans un certain nombre d'ouvrages qui sont toujours très émouvants. Prouver son innocence est malheureusement toujours difficile quand on est innocent mais Marine Le Pen est très courageuse et j'ai quand même vu dans un certain nombre d'articles, notamment Le Monde, que le procès Le Pen ça avait l'air de se transformer en procès Schulz, c'est-à-dire le responsable du Parlement européen qui nous a accusé de choses fausses puisque... C'est la ligne de défense de Marine Le Pen ?

Absolument, sauf que le procès cette semaine a reconnu des faux en écriture du Parlement européen. Donc en fait, ceux qui nous ont accusés c'est eux qui ont produit regardent et que ça intéresse allez voir cet article du Monde qui n'est pas un journal qui soutient le Rassemblement national seulement qu'on puisse dire qui est forcé à reconnaître que le Parlement européen a donc fourni des faux documents et je pense qu'on est à un tournant de son procès et que Marine Le Pen et nos amis seront donc innocents.

32:20
Invité

C'est un peu les questions en vrac puisqu'on arrive au terme de cette émission. La question qui passionne la France et la classe politique le dossier Deliprane donc Deliprane devrait être racheté par un fonds américain en tous les cas c'est Opela la structure au-dessus et il y a une autre une contre-proposition avec un autre fonds PAI qui est aussi soutenu par du fonds étranger. Est-ce que pour vous c'est un combat justifié ? C'est un combat d'arrière-garde ? Parce que pendant ce temps-là il y a l'Elon Musk je ne sais pas il va il invente des fusées recyclables etc. Est-ce que comment est-ce que vous est-ce qu'il faut que Deliprane reste à tout prix français et avec quel engagement ?

33:01
Jean-Philippe Tanguy

Oui moi je pense que la France peut mener plusieurs combats. On peut garder des produits rentables si des Américains mettent 20 milliards sur la table c'est que ça doit rapporter de l'argent je ne pense pas qu'ils le fassent que ce soit une bonne œuvre ou qu'ils le fassent par désintéressement donc on peut très bien

33:12
Invité

garder une centaine

33:14
Jean-Philippe Tanguy

de molécules importantes on peut très bien garder ces produits sous pavillons français Sanofi peut les vendre s'ils veulent investir ailleurs ça c'est leur liberté on peut très bien absolument garder sous pavillons français moi j'en ai marre qu'on solde des produits rentables et après on peut se rendre compte qu'il y a des problèmes je vais vous donner une petite histoire c'était les biscuits lus les biscuits lus quand nous les souverainistes ont refusé que ce soit vendu à des Américains puis à des Mexicains on disait bon c'est des biscuits ça n'a aucune importance ah !

il y a eu l'hyperinflation et puis les biscuits lus et toutes les marques agroalimentaires leur prix ont augmenté de 15-20% pour faire des surprofits on s'est rendu compte que des produits qui avaient l'air innocents comme ça parce que des petits gâteaux mais oui mais sauf que l'alimentation en fait c'est vital le doliprane ça peut être vital pour des gens qui ont besoin de cette molécule je vous rappelle pour le Covid c'était le seul moyen de soulager la douleur mais vous savez bien que c'est important et on peut mener

34:04
Invité

la molécule est traitée en France oui d'accord il y a UPSA aussi qui dit attendez nous on est là

34:09
Jean-Philippe Tanguy

vous avez raison mais d'ailleurs le doliprane on l'a dit il y a 115 molécules moi je veux que l'on garde ces produits là là vous avez raison aussi c'est que l'affaire doliprane ne doit pas cacher ce qui se passe de manière très grave dans l'industrie française notamment un plan d'envergure de licenciement dans la chimie or la chimie on revient à l'écologie sans la chimie on ne peut pas faire de transition écologique

34:30
Présentateur

je suis très étonné quand même parce que effectivement Edi je le disais toute la classe politique s'est emparée du dossier doliprane mais parallèlement il y a le dossier Ubisoft géant des jeux vidéo une des pépites de la France française dans ce domaine là qui est sur le point peut-être d'être acheté par une entreprise chinoise j'entends aucun responsable politique en parler pas vous en tout cas

34:50
Jean-Philippe Tanguy

moi j'en parle c'est vrai que c'est difficile de parler de tous les sujets mais les jeux vidéo

34:55
Présentateur

c'est moins stratégique non non pas du tout

34:56
Jean-Philippe Tanguy

les jeux vidéo c'est très important c'est l'industrie c'est l'industrie culturelle il y a des grosses marges qu'on peut faire sur cette industrie il y a un crédit d'impôt d'ailleurs qu'on soutient qui avait été mis en place pour protéger l'industrie du jeu vidéo je le soutiens mais je vais vous dire on va rendre un rapport avec mon collègue François-Jolivet député Horizon par Assemblée Nationale bientôt sur l'épargne des Français il faut encourager non pas forcer évidemment mais encourager les Français à investir dans leur entreprise mais on ne leur dit pas la vérité parce qu'on leur fait croire que le livret A ça rapporte alors je vous le dis le livret A ça ne rapporte rien une personne qui avait investi 1000 euros dans son livret A en l'an 2000 a gagné 6 euros et une personne qui avait investi dans des actions françaises de manière équilibrée sans jouer au casino gagnait 6000 euros

35:34
Invité

Autre question d'actualité le chef du Hamas et le cerveau des attentats du 7 octobre a été tué jeudi par Sale est-ce que vous direz est-ce qu'Emmanuel Macron a raison de dire qu'il faut saisir ce moment pour décréter un cessez-le-feu ?

35:48
Jean-Philippe Tanguy

nous de manière générale on soutient toujours la diplomatie française quand on fait des efforts qui correspondent à la ligne historique nous on appelle

35:54
Invité

vous ne faites pas partie de ceux qui critiquent Emmanuel Macron sur ses positions il a eu des propos

35:58
Jean-Philippe Tanguy

notamment sur l'histoire d'Israël et du peuple juif qui ont profondément choqué moi le premier et bon disons que l'épisode est clos pour l'intérêt général mais ces propos malheureusement ont quand même existé moi évidemment on appelle à une désescalade à un cessez-le-feu après Israël est une démocratie amis ils essaient d'assurer leur sécurité mais nous on a toujours appelé à un cessez-le-feu à une désescalade mais vous savez c'est quand même facile ici sur ce plateau de donner des leçons à un gouvernement qui est dans une situation de guerre

36:28
Invité

dans 17 jours c'est l'élection américaine vous êtes qui Kamala Harris ou Donald Trump ?

36:33
Jean-Philippe Tanguy

nous on est pour que nos amis américains choisissent

36:36
Invité

vous n'avez pas de préférence ?

36:37
Jean-Philippe Tanguy

vous n'avez pas d'avis ? nous on ne participe pas à la diabolisation ridicule de Donald Trump qui de toute façon n'a pas l'air de correspondre c'est pour ça que je vous pose la question le fait de ne pas tomber dans tous les panneaux d'un système qui consiste à raconter n'importe quoi sur les élections américaines ou alors le peuple américain est devenu complètement fou ça n'a aucune conséquence

36:53
Invité

notamment pour l'Europe et puis pour nous

36:55
Jean-Philippe Tanguy

mais en fait sur les conséquences paradoxalement sur l'Europe en fait M.

Biden a repris les grandes lignes sur l'isolationnisme américain et sur la politique commerciale avec le rétablissement d'un protectionnisme et le financement de la réindustrialisation américaine avec l'IRA qui a déversé des dizaines de milliards d'euros sur l'industrie américaine en fait ils se sont inscrits dans la même tendance la vérité c'est qu'en fait les américains comme les allemands ils chassent en meute et que les français malheureusement on ne sait pas chasser en meute sur l'économie mondiale donc nous on voudrait effectivement si je le souhaite Marine Le Pen arrive au pouvoir nous nous défendrons les intérêts économiques français au-delà des clivages Et Trump c'est bon pour la France ou pas ?

Je ne sais pas on verra c'est ni bon ni mauvais a priori moi je pense que c'est la même chose vous savez quand Barack Obama qui était présenté comme quelqu'un très sympathique était au pouvoir c'est lui qui a saccagé Alstom ou en tout cas qui a mis en place les conditions pour que Alstom soit saccagé donc il faut que les françaises et les français arrêtent de croire il n'y a pas vraiment de rapport c'est-à-dire qu'ils savent défendre leurs intérêts ils savent trouver les intérêts des américains donc il faut arrêter de croire que parce qu'il y en a un qui est plus sympathique que l'autre la France va être défendue il n'y a que la France pour défendre la France compter sur les autres

38:01
Présentateur

c'est une attitude de naïf Jean-Philippe Tanguy juste une dernière question le 9 novembre je pense que vous le savez Jordan Bardella sort un livre aux éditions Fayard intitulé ce que je cherche vous le connaissez bien c'est le patron de votre parti il cherche quoi ?

38:14
Jean-Philippe Tanguy

il cherche à convaincre les français il veut Matignon il veut l'Elysée il est prêté

38:18
Présentateur

de remplacer Marine Le Pen

38:19
Jean-Philippe Tanguy

non je ne crois pas d'ailleurs il y a une partie consacrée à Marine Le Pen je crois qu'ils l'ont fait de concert donc on a la chance d'avoir peut-être en partie je ne sais pas je crois que Jordan est assez grand pour écrire c'est une plaisanterie je pense que Jordan est assez grand pour écrire son livre il y a beaucoup investi je crois que pour être ami avec lui c'est un livre qui lui tenait à coeur c'est une personnalité jeune qui a monté très vite dans le paysage politique français c'est un moment les écrits restent pour se confier pour créer un lien supplémentaire avec les français moi je suis impatient de le lire on découvre parce qu'il sait très bien tenir les secrets industriels et politiques Jordan je ne l'ai pas lu et j'ai découvert avec tout le monde par une dépêche AFP les éléments donc je suis impatient de pouvoir le lire en tout cas il d'aimer fort puisqu'il est déjà premier sur Amazon merci Jean-Philippe et j'espère dans les librairies merci d'avoir répondu aux questions de de BFM politique