"La gendarmie c'est la vie d'un village" Un maire se bat pour sauver la brigade de sa commune
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Expliquez-nous d'abord la situation, monsieur le maire. Comment ça se fait que le maintien de la gendarmerie dans votre village soit ainsi remis en question ?
- 0:55RelanceRéponse directe
Donc ça veut dire que c'est votre propre commune, finalement, qui est à l'origine de cet éventuel déménagement de la gendarmerie
- 1:21OuverteRéponse directe
Monsieur le maire, pourquoi les gendarmes déménageraient du coup là-bas ? Quel est l'argument qu'on vous donne
- 2:31OuverteRéponse directe
Pourquoi vous menez ce combat-là ? Pourquoi cette gendarmerie aurait tout intérêt de rester à la Nars, dans votre commune
- 3:51OuverteRéponse directe
est-ce que chez vos administrés, y a une inquiétude, des peurs en matière de sécurité si la gendarmerie, la caserne déménage
- 5:10OuverteRéponse directe
Vous avez décidé d'écrire au ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez. Est-ce que vous avez eu une réponse, au moins, de ces équipes ou des premiers contacts
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« Le maintien a été remis en question suite au dernier mandat où il y avait le maire qui a été mis en minorité. »
- 1:41Invité politiqueFait
« L'argument c'est que la Nars n'a pas voulu de la gendarmerie en temps et en heure. »
- 1:55Invité politiqueFait
« On est centralisé sur le territoire. »
- 2:44Invité politiqueFait
« On est un village qui est à 1200 mètres d'altitude, donc on a des contraintes climatiques hivernales qui sont assez importantes. »
- 2:56Invité politiqueFait
« La commune de la Nars, elle, est située sur l'axe qui traverse le massif central qui s'appelle la route nationale 102. »
- 3:26Invité politiqueChiffre
« du moins l'été, ce que me disaient les gendarmes, c'est qu'on compte à peu près 4 accidents par semaine. »
- 4:44Invité politiqueChiffre
« Les gendarmes, ce sont des familles. La brigade, donc, il y a neuf agents. »
- 6:33Invité politiqueFait
« La gendarmerie, c'est aussi une location pour la commune. »
Temps de parole
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Et
le combat d'un maire, le maire d'un village de 200 habitants, depuis plusieurs jours, il se bat pour conserver la caserne de gendarmerie dans sa commune. Il a écrit pour son ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Il est avec nous ce matin et je le remercie. Bonjour Pierre Philippot. Bonjour. Et bienvenue sur Sud Radio, vous êtes le maire de la commune de Lanars, c'est en Ardèche. Expliquez-nous d'abord la situation, monsieur le maire. Comment ça se fait que le maintien de la gendarmerie dans votre village soit ainsi remis en question ?
Le maintien a été remis en question suite au dernier mandat où il y avait le maire qui a été mis en minorité. Du coup, la majorité du conseil avait jugé pas opportun de garder la gendarmerie dans les conditions qui avaient été proposées.
Donc ça veut dire que c'est votre propre commune, finalement, qui est à l'origine de cet éventuel déménagement de la gendarmerie
? Et
oui, là il faut, je pense qu'il faut qu'on prenne notre responsabilité.
C
'est ce qui s'est fait avant, c'est qu
'il
suffit finalement de peu pour chambouler un équilibre et un maillage territorial.
C'est la casenne qui pourrait être transférée à Coucouron, c'est une commune de 1800 habitants qui est située à une petite quinzaine de minutes de votre village. Monsieur le maire, pourquoi les gendarmes déménageraient du coup là-bas ? Quel est l'argument qu'on vous donne
?
L'argument c'est que la Nars n'a pas voulu de la gendarmerie en temps et en heure. Et après, au niveau opérationnel, je dirais que les atouts sont de notre côté. On est centralisé sur le territoire. Pour preuve,
c
'est qu'en fait, à la suite de ça, donc nous c'était dans notre programme de campagne, à la suite de ça, moi je me suis déplacé, je suis allé voir les maires du territoire. La gendarmerie, donc, elle couvre 21 communes. A l'époque, j'ai pu consulter que 20 maires parce qu'il y avait des élections qui avaient été annulées sur une commune. Et sur les 20 maires que j'ai consultées,
il
y en a 17 qui sont pour que la gendarmerie reste à la Nars. Ça fait 85%, je pense qu'on peut dire qu'on a l'adhésion du territoire quand
même.
Pourquoi il serait préférable, selon vous ? Pourquoi vous menez ce combat-là ? Pourquoi cette gendarmerie aurait tout intérêt de rester à la Nars, dans votre commune
? Alors,
en fait, on a une topologie qui est un petit peu particulière. On est un village qui est à 1200 mètres d'altitude, donc on a des contraintes climatiques hivernales qui sont assez importantes. La commune de la Nars, elle, est située sur l'axe qui traverse le massif central qui s'appelle la route nationale 102. Et voilà, on est directement situé dessus. Donc, c'est vrai qu'au niveau des délais d'intervention, on s'épargne 10 à 12 minutes de route sur
les
endroits. Voilà. Après, c'est un axe qui est vraiment fréquenté.
Pour
preuve, du moins l'été, ce que me disaient les gendarmes, c'est qu'on compte à peu près 4 accidents par semaine. Ah oui ? Le délai d'intervention, parce qu'on a des cols avec les virages de montagne, des précipices, pas mal de choses.
Et
c'est vrai que le délai d'intervention est vraiment important dans ce cadre-là pour éviter tout ce qui est sur accident.
Au-delà de cette question-là, effectivement, de cette durée d'intervention qui est plus courte si la gendarmerie reste sur votre commune, est-ce que chez vos administrés,
il
y a une inquiétude, des peurs en matière de sécurité si la gendarmerie, la caserne déménage
?
Des peurs, on est encore, je dirais qu'on a un territoire, nous, qui est préservé de pas mal de délinquances. Donc, je dirais que là, c'est pas comme ça que ça se manifeste. On a plutôt une adhésion et des gens qui ont grandi, qui ont vécu avec la gendarmerie, qui ne veulent pas la perdre. Les gendarmes, ce sont des familles. La brigade, donc, il y a neuf agents. Il y a, dans les neuf agents, c'est des gens qui consomment sur place, qui font vivre le village, qui font vivre des associations. Ça ne se regarde pas juste... En
matière de sécurité
pure, ça donne de la vie à un village comme le vôtre de 400 habitants. J'entends bien. Vous avez décidé, je le disais, d'écrire au ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez. Alors, il a beaucoup de travail en ce moment, bien sûr, mais... On l'est pas. Est-ce que vous avez eu une réponse, au moins, de ces équipes ou des premiers contacts
?
Des équipes ministérielles, je n'ai pas eu de réponse.
Et
vous
espérez, justement,
en avoir ? Vous avez écrit au ministère
parce que...
Alors,
c
'est vrai qu'à la suite du refus de la commune de la Nars... Alors, c'est pas un refus. Attention, il n'y
a
pas eu de délibération en tant que telle. Donc là, on rentre plus sur le cadre légal. Il n
'y a
pas eu de délibération en tant que telle. Donc, quelque part, il n
'y a
pas de refus. Il y a eu une véhémence, mais il n
'y a
personne dans le conseil municipal qui a signé une délibération. Ce
qui est
faux, c'est que ça veut dire que
vous regrettez, au final, potentiellement le départ de cette caserne qui pourrait ne plus être présente sur votre village.
Mais
c'est, en fait, des élus de votre propre village qui ont remis en question cette présence-là.
Exactement. On ne peut pas le dire autrement. Mais après, je dirais que nous, on est là pour l'avenir. On est là pour que le village aille mieux. La gendarmerie, c'est aussi une location pour la commune.
C
'est une
grande
partie de la capacité d'autofinancement du village. C'est la décentralisation du territoire. Ça permet que le service public soit réparti sur tout le territoire. Voilà, c'est vraiment
tout un faisceau qui fait qu'on a besoin
de se battre pour cette cohésion territoriale. Et c'est vrai que je remercie mes collègues maires qui soutiennent la démarche. Nous, on s'est présenté sur ça. On est une équipe que de jeunes, une équipe municipale, que de personnes qui n'avaient pas fait de mandat avant. Et
donc, vous poursuivez
effectivement
ce
combat.
Enfin que le combat est légitime, en tout cas.
En tout cas, on va suivre cela. Merci beaucoup, Pierre Philippot. Vous êtes donc le maire de Lanars, cette commune de ce village ardéchois de 200 habitants. Donc, il se bat pour conserver la gendarmerie dans ce village. Merci beaucoup, monsieur le maire. 6h42, allez.