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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 11 février 2023 18 min

Exclusion de Thomas Portes à l'Assemblée : "Dans un pays qui a connu Samuel Paty, on ne peut pas se permettre ce type d'appel à la haine", dénonce Thomas Ménagé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Ménager, hier il a suffi d'un tweet pour faire dérailler l'Assemblée Nationale, signe que c'est assez bouillant en ce moment. Thomas Porte, député insoumis, il a posté sur les réseaux sociaux une photo de lui, le pied sur un ballon à l'effigie d'Olivier Dussopt, ministre du Travail, et d'Emmanuel Macron, le Président. « Si des gens l'ont mal vécu ou mal interprété, je le regrette », dit Thomas Porte. Il n'y avait pas d'appel à la violence. Est-ce que d'abord vous le créditez de bonne foi ?

0:27
Thomas Ménagé

Alors déjà, il l'a dit après la sanction. Il ne l'a pas dit au début.

0:31
Présentateur

Il n'a pas précisé qu'il a été sanctionné, sanction maximale, 15 jours d'exclusion de l'Assemblée.

0:36
Thomas Ménagé

C'est ça, il a attendu d'être sanctionné pour un peu présenter ses excuses et commencer à faire un mea culpa. Alors même qu'à trois reprises, les députés, unanimement, à l'exception des bancs de la NUPES, lui ont demandé de présenter ses excuses dans un pays qui a connu Samuel Paty il y a moins de trois ans, qui a été décapité. Je pense qu'on ne peut pas se permettre, dans un climat qui est déjà délétère, où il y a eu des intimidations de nos élus, des menaces de la présidente de la commission des affaires sociales, se permettre ce type d'appel à la NUPES.

1:01
Invité

Vous faites le parallèle avec Samuel Paty ?

1:03
Thomas Ménagé

Oui, aujourd'hui, ce n'était pas un ballon. La ballon, c'était la tête. C'est une tête au sol, une tête décapitée. C'est ça l'image que l'on voit.

1:09
Présentateur

C'est plutôt Louis XVI que Samuel Paty, la référence de Thomas Porte.

1:12
Thomas Ménagé

Oui, aujourd'hui, dans un pays comme le nôtre, qui avait vécu ça il y a trois ans, je pense qu'on ne peut pas se permettre. Dans tous les cas, quand bien même la référence, c'est quand même une tête décapitée, c'est quand même un visage qui est au sol, on ne peut pas se permettre ce type d'appel à la haine. Et nous, quand bien même nous sommes totalement opposés à cette...

1:27
Présentateur

C'est un appel à la haine, pardon, mais je trouve que le mot est important, il est fort.

1:30
Thomas Ménagé

C'est un appel à la haine pour... Ah bah, il a été condamné en vertu de l'article 70, alinéa 5 par le bureau de l'Assemblée nationale, pour menace contre un membre du gouvernement. Il aurait dû présenter ses excuses, il aurait dû dire dans l'Assemblée nationale, ce n'était pas ligne, il l'a fait, je tiens à le rappeler, sain de son écharpe tricolore. Il représentait la nation française, il représentait le peuple. Quelle image on donne de la démocratie quand on est sain de notre écharpe et qu'on met son pied sur la tête d'un ministre au sol ?

1:55
Invité

Justement, les insoumis parlent d'intimidation parce que, précisément, les faits n'ont pas grand-chose à voir avec ce qui se passait à l'intérieur de l'hémicycle. Ce n'était pas dans l'hémicycle, mais à l'extérieur.

2:03
Thomas Ménagé

Oui, mais il y a eu une demande de clarification de la part de ses collègues.

2:08
Invité

Et son attitude dans l'hémicycle, c'est le fait qu'il ne s'excuse pas pour vous qui a rajouté de la gravité à l'affaire ?

2:13
Thomas Ménagé

Oui, c'est-à-dire que s'il avait pris la parole en disant « je n'ai absolument pas voulu faire un appel à la haine », c'était peut-être un peu déplacé et « je tiens à présenter ses excuses », il a été dans la provocation. Il a confirmé, il a dit « je ne retirerai jamais mon tweet sauf si vous retirez votre réforme ». Il a été dans la provocation. Mais moi, ce que je dénonce dans cette affaire, et c'est pour ça que j'espère qu'après nous passerons à la réforme des retraites, c'est que nous, au Rassemblement National, on souhaite parler de cette réforme des retraites. Et depuis le début des débats, la NUPES nous empêche de parler du fond.

Donc moi, le cas de Thomas Porte, on vient d'en parler quelques instants, mais j'aimerais parler de la réforme des retraites puisqu'en fait, ça n'intéresse aucun Français qui, eux, s'inquiète sur ce report de l'âge égal de 62-64 ans.

2:48
Présentateur

On est d'accord que cette réforme des retraites, vous êtes contre. Avec l'exclusion deux semaines de Thomas Porte, vous venez donc de perdre un allié, en l'occurrence, dans le combat contre cette réforme des retraites. Vous le regrettez, ça ?

2:58
Thomas Ménagé

Alors, moi, je constate que la NUPES a appelé, il y a dix jours, à voter pour un député de la majorité et donc a fait entrer un député supplémentaire pour la réforme. Vous avez perdu un député. Vous parlez des législatives partielles de fin janvier. Voilà, ils ont appelé pour un député supplémentaire pour la réforme plutôt qu'un député du Rassemblement National. Mais, aujourd'hui, oui, ça fait peut-être un député de moins contre la réforme. Mais on ne peut pas tout accepter dans une démocratie.

3:17
Présentateur

C'est une manœuvre, dit Mathilde Panot, la chef de file des Insoumis à la Sommet. C'est une voix de moins du côté des opposants, de votre côté.

3:24
Thomas Ménagé

C'est indigne, c'est-à-dire, au lieu de dénoncer ce qu'a fait une partie des socialistes, le comportement de ce député de la France Insoumise, elle va sur un terrain politicien. À un moment, quand même, nous sommes totalement, frontalement opposés à cette réforme injuste de casse sociale, on ne peut pas tout accepter pour contrer cette réforme.

3:41
Invité

En tout cas, ce tweet a rythmé la journée d'hier, quasiment une journée de débat de perdu, avec hier les événements et les tensions au sein de l'hémicycle. Est-ce que vous avez encore espoir d'arriver au bout de ce débat, d'examiner tous les articles de cette réforme ?

3:55
Thomas Ménagé

Nous avons de l'espoir. Nous ne faisons pas de la politique. Nous y croyons toujours. Mais c'est vrai qu'encore une fois, la NUPES nous empêche avec la complicité de la Macronie, qui hier aussi a ralenti les débats, a tout fait, a demandé des scrutins publics, a tout fait, parce qu'aujourd'hui, le gouvernement ne veut pas parler du fonds de la réforme, de la pénibilité, du report de la légale.

4:13
Invité

Les deux sont alliés dans les manœuvres dilatoires ?

4:16
Thomas Ménagé

Ils sont alliés dans une volonté d'obstruction et de ne pas arriver à l'article 7. Aujourd'hui, nous sommes les seuls en responsabilité à avoir déposé des amendements en quantité raisonnable, à ne pas, je veux dire, bloquer les débats en enchaînant des rappels au règlement et des prises de parole intempestives qui n'ont aucun rapport, ou en créant du tumulte, comme ça a été le cas avec M. Portillère.

Nous sommes les seuls à avoir une position responsable, et nous sommes les seuls, j'ai l'impression, aujourd'hui, au Rassemblement National avec Marine Le Pen, à vouloir parler du fonds de cette réforme, parce que quand la réforme sera passée automatiquement, automatiquement, au Sénat, vendredi prochain, à minuit, il sera trop tard, quand bien même nous n'aurions pas voté, quand bien même nous n'aurions pas traité les amendements, c'est ça ce que vos éditeurs doivent comprendre,

4:55
Invité

ça sera trop tard. L'article 47.1, ce texte budgétaire peut passer au Sénat, même s'il n'a pas été adopté par l'Assemblée. Mais il y a eu des votes déjà à l'Assemblée, notamment sur la motion de rejet qui avait été présentée par les Insoumis. Vous avez voté pour cette motion de rejet, pour rejeter le texte. On n'avait pas eu de majorité, puisque la majorité qui s'est dessinée, c'est une majorité Renaissance, Modem, Horizon et les Républicains, pour dire, on poursuit l'examen de ce texte. Au final, aller à l'article 7, c'est l'assurance d'une défaite pour les opposants du texte ?

5:20
Thomas Ménagé

Non, parce qu'une partie des députés, de la majorité des députés républicains, ont indiqué qu'ils souhaitaient le débat. Mais aujourd'hui, on est face à...

5:28
Invité

Pour vous, ça ne veut pas dire qu'ils soutiennent le texte ?

5:30
Thomas Ménagé

Non, je ne pense pas.

5:31
Invité

Vous pensez encore que certains d'entre eux peuvent rallier votre opposition au texte ?

5:34
Thomas Ménagé

Oui, j'ai la conviction, et un certain nombre de vos confrères ont fait des calculs, que nous pouvons obtenir une majorité de rejet contre ce texte. Les Républicains ont été très clairs, ils ont dit qu'ils souhaitaient que l'on débatte. Mais aujourd'hui, nous avons Elisabeth Borne, qui est dans un totem des 64 ans, un totem sur les 44 annuités pour ceux qui ont commencé tôt, et notamment ceux qui commencent à 20 ans. Et il y a une partie des Républicains, il y en a une partie qui sont totalement la béquille du gouvernement, totalement vendue, comme les dirigeants.

6:03
Invité

Oui, il n'y a pas de majorité sur ce texte encore aujourd'hui. Elisabeth Borne n'est pas sûre de son vote.

6:06
Thomas Ménagé

Et nous continuons cette bataille de l'opinion, il y a la bataille de la rue qui continue aujourd'hui, pour aussi expliquer un certain nombre de députés, mais même de la majorité. J'entendais Richard Ramos, un député modem, qui se bat contre ces réformes. J'entendais un certain nombre d'autres députés dire que cette réforme était sacrificielle. Je pense que nous pouvons obtenir une majorité de rejet. C'est ce que nous allons essayer de faire au Rassemblement National dans les prochains jours.

6:27
Présentateur

On va parler du fonds et des amendements que vous défendez justement. Thomas Ménager, député Rassemblement National, référent sur ce texte des retraites pour votre groupe. Juste après le fil info, il est 8h40 et voici Diane Ferschit.

6:40
Invité

Un nombre de manifestants en hausse attendu ce samedi contre la réforme des retraites. Selon les renseignements territoriaux, quatrième journée d'action à l'appel de l'intersyndicale, des syndicats qui espèrent dépasser le million de personnes dans la rue. C'est la première mobilisation qui ne se déroule pas en semaine. Pierre Palmat, grièvement blessé. L'humoriste se trouvait au volant de son véhicule sur une route départementale de Seine-et-Marne hier soir, quand il a eu un accident avec une voiture qui arrivait en face. Un troisième véhicule a été impliqué. Trois autres personnes sont grièvement blessées. Fariba Adelka, remise en liberté par les autorités iraniennes.

La chercheuse franco-iranienne était emprisonnée. Après avoir été arrêtée à l'été 2019, la France se réjouit, réagit le cas d'Orsay, qui juge essentiel que Fariba Adelka puisse recouvrir l'ensemble de ses libertés, y compris retourner en France, si elle le souhaite. Aurel Sahan, Angèle et Stromae pour le trio de tête aux victoires de la musique. Hier soir, il remporte à eux 3-7 des 11 récompenses qui ont été remises à la scène musicale à Boulogne. France Info

7:41
Présentateur

Le 8-30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.

7:47
Invité

Toujours avec Thomas Ménager, député Rassemblement National, référent de votre groupe sur ce dossier des retraites. Une toute petite précision, Thomas Ménager. On évoquait à quelques instants la sanction dont avait écopé ce député insoumis, Thomas Porte, pour avoir posé avec un ballon à l'effigie d'Olivier Dussopt. Il s'est excusé, effectivement, après réunion du bureau, mais avant de connaître sa sanction et son exclusion temporaire. Pour revenir au fond du texte, on s'est intéressé aux amendements qu'a déposé le Rassemblement National.

Par exemple, vous proposez que le manquement à l'obligation de publication de l'index senior, qui doit mesurer dans les grandes lignes le taux d'emploi des plus âgés en entreprise, que la non-publication de cet index ne soit pas systématiquement sanctionnée, ou en tout cas qu'il soit sanctionné sous condition. Pourquoi ?

8:31
Thomas Ménagé

Nous, globalement, sur cet index, pour que ça soit clair vis-à-vis de vos auditeurs, on considère que c'est un peu les index comme les numéros verts. C'est-à-dire que c'est ce qu'on propose quand on n'a rien d'autre et qu'on ne sait pas quoi faire. Nous, nous avons dénoncé aussi le choix du véhicule législatif qui était d'empêcher un vrai débat sur la question de l'employabilité des seniors. Parce que le fond du sujet est là, et même Emmanuel Macron, très clairement. C'est-à-dire qu'on ne peut pas décaler l'âge légal de deux ans si on ne règle pas cette question. Et cet index ne sert strictement à rien. Il va ajouter de la complexité, notamment aux entreprises, aux petites entreprises.

Mais non, il ne sert à rien. L'index Égalité Hommes-Femmes n'a servi strictement à rien. On l'a vu. Les données le prouvent. Même l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés qui pouvaient partir d'une bonne intention. Aujourd'hui, seul un tiers des entreprises en France respectent cette obligation. Donc, il faut accompagner les entreprises. Il faut leur donner l'opportunité de garder ces personnes. Il faut aussi parler de la formation. Une personne de 55 ans, entre 50 et 59 ans en France, utilise son compte de formation. Une personne sur 10 seulement. Donc, il y a un travail sur la formation. Il y a un travail sur l'accompagnement des entreprises.

Mais ce n'est pas avec cet index qui, ça, en plus, on le sait très bien censuré au moment du Conseil constitutionnel, puisque c'est...

9:39
Présentateur

Ce n'est pas une mesure budgétaire.

9:40
Thomas Ménagé

Ce n'est pas une mesure budgétaire. Non, il y a eu une volonté en sanctionnant la non-publication d'essayer d'en faire une mesure budgétaire. Mais on sait très bien que c'est que de la communication, que ça n'apportera rien et que c'était juste une volonté du gouvernement de répondre à l'argument, au contre-argument d'Emmanuel Macron lui-même qui, en 2019, disait qu'il fallait régler l'employabilité des seniors avant de reporter l'âge légal.

9:57
Invité

Vous proposez aussi de taxer les retraites chapeau. Alors, c'est un élément de négociation qui, en général, est l'objet d'un contrat entre le salarié et son employeur au moment où il intègre l'entreprise. Pour vous, c'est un élément de salaire décalé qui n'a pas

10:12
Thomas Ménagé

de raison d'être ? Non. Aujourd'hui, des retraites à plusieurs millions d'euros pour des chefs d'entreprise, même s'ils ont eu des grandes responsabilités, qu'ils avaient des très bons salaires. À un moment, on ne peut pas demander à des Français qui souffrent, à des Français qui ont travaillé dur toute leur vie et qui vont partir avec des retraites souvent assez modestes, de faire un effort alors même que des grands chefs d'entreprise vont avoir un salaire décalé, déguisé pendant des années.

10:36
Invité

Dans ce cas, pourquoi ne pas les interdire ? Pourquoi vouloir les taxer davantage si vous considérez qu'elles sont indéchantes ?

10:40
Thomas Ménagé

Aujourd'hui, comme vous l'avez dit, c'est une négociation, c'est un contrat. L'objectif, c'est de récupérer aussi des ressources supplémentaires. Nous, nous ne sommes pas comme le gouvernement qui souhaite du fait de la baisse de recettes, parce qu'aujourd'hui, le rapport du Conseil d'orientation des retraites est clair, les dépenses sont maîtrisées. Mais il y a un problème de recettes. Nous le disons, en vérité, aux Français, il y a un problème de recettes. Nous, nous souhaitons augmenter ces recettes, c'est-à-dire par de la réindustrialisation, par des gains de productivité, par de la natalité. Et nous souhaitons pas... Mais vous faites aussi de l'exonération

11:06
Invité

pour les salariés qui gagnent jusqu'à 3 SMIC. Donc vous jouez aussi sur la ressource en disant que pour certains d'entre eux, il faut des allégements de cotisations.

11:11
Thomas Ménagé

Bien sûr, parce qu'il faut qu'il y ait aussi des salaires qui soient à la hauteur aujourd'hui en France. Il y a une question de salaire à court terme. Il faut laisser un certain nombre de ce qu'on appelle des niches sociales, pour pas que les salaires des Français baissent, alors même qu'ils subissent aujourd'hui une inflation alimentaire énergétique. Mais il faut taxer les plus aisés. Il faut taxer les plus aisés. Il faut que chacun fasse un effort. Nous, nous ne sommes pas dans la haine du milliardaire. Nous ne sommes pas dans la haine des riches. Nous souhaitons qu'il y ait...

11:33
Invité

Vous n'êtes pas devenue anticapitaliste. Non, nous ne sommes pas

11:36
Thomas Ménagé

contre toute forme personne qui, comme les milliardaires, ont des ressources qui, parfois, peuvent choquer les Français. Parce que souvent, ces milliardaires réinvestissent en France, participent à l'économie et participent à créer de l'emploi. Mais il faut que chacun fasse un effort et pas seulement les plus modestes, les classes populaires et les classes moyennes.

11:53
Invité

Dans ce cas, pourquoi pas demander une contribution aussi aux retraités actuels les plus aisés ? Il y avait cette question de savoir est-ce qu'il faut écrêter le montant des retraites. Ça a été fait pour l'assurance chômage, pour dire des cadres qui gagnent très bien leur vie, qui sont au chômage, et bien ils peuvent pas gagner au-delà d'un certain montant d'indemnité journalière. Pourquoi pas sur les retraites ?

12:09
Thomas Ménagé

Parce que ces personnes-là, elles ont travaillé toute leur vie. Elles l'ont pas volé, cette retraite. Et elles ont cotisé pour.

12:15
Invité

Et ceux qui ont des retraites chapeau aussi ne l'ont pas volé ?

12:17
Thomas Ménagé

Oui, non, mais attendez, à un moment, il faut aussi avoir un minimum de dignité. Il n'y a pas l'assurance morale. C'est pas les mêmes montants. Mais vous êtes contre la mise

12:23
Invité

à contribution des retraités les plus aisés ?

12:25
Thomas Ménagé

Oui, aujourd'hui, ce n'est pas aujourd'hui quelque chose qui est d'actualité. Je pense que ces Français, ils ont travaillé, ils ont cotisé, ils ont participé à l'effort pour obtenir cette retraite. Et bien entendu, ceux qui ont des revenus qui sont indécents, il faut le dire. C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de plusieurs millions d'euros par an pour vivre. C'est des personnes qui, en plus, ont gagné bien leur vie tout au long de leur carrière. Ils ont déjà souvent des biens, ils ont souvent de quoi vivre. Mais quelqu'un qui gagne une retraite à 3-4 000 euros, on ne va pas non plus lui taper dessus. Il a cotisé, il l'a mérité.

Il faut surtout faire en sorte que ceux qui ont des petites retraites puissent avoir ces retraites qui augmentent.

12:59
Présentateur

Il ne faut pas supprimer les régimes spéciaux, si j'en crois, le vote des députés RN, puisque vous avez rejeté le premier article de cette réforme, qui est censé supprimer les régimes spéciaux.

13:08
Thomas Ménagé

Alors, non. Nous, nous avons une position claire. C'est-à-dire que nous sommes pour la suppression des régimes spéciaux, notamment de la Banque de France. Non, parce qu'en fait, c'était tout ou rien. C'est-à-dire que c'était la suppression de tous les régimes spéciaux ou d'aucuns. Donc, nous, nous sommes pour quelque chose de beaucoup plus ciblé. C'est-à-dire que nous considérons que les régimes spéciaux de la Banque de France, les régimes spéciaux du Conseil économique, social et environnemental, qui ne sont pas des postes très difficiles, qui ne sont pas des postes où il y a des problèmes d'attractivité. D'accord. En revanche, qu'est-ce qu'on garde comme régime spécial ?

En revanche, nous, nous sommes favorables au maintien du régime spécial de la RATP, du régime spécial des IEG. Et c'est de là, à moyen ou long terme. Pourquoi ? Les industries électriques et gazières. Pourquoi nous sommes favorables aujourd'hui ? Parce que, notamment, je vais vous prendre l'exemple des industries électriques et gazières. Nous sommes en France dans une situation catastrophique dans le nucléaire. Ce sont des soudeurs nord-américains qui, aujourd'hui, viennent souder dans nos centrales nucléaires.

Nous sommes favorables au Rassemblement National, et nous étions souvent pionniers en la matière, à la relance du nucléaire, qui est la seule solution pour avoir une énergie décarbonée et peu chère. Comment nous allons pouvoir relancer, et nous aurons un projet de loi en la matière dans quelques semaines, cette filière sans une attractivité sur ces métiers ? Aujourd'hui, il y a des problèmes de fidélisation, des problèmes d'attractivité.

Par contre, concernant la RATP, nous avons dit que nous étions favorables au maintien aujourd'hui, parce qu'il suffit de prendre le métro à Paris, ou le bus à Paris, pour voir qu'il y a un problème de recrutement, un problème de qualité de service, mais nous avons voté un amendement pour qu'il y ait une suppression à horizon 2035.

C'est-à-dire qu'une fois que Marine Le Pen, en 2027, nous l'espérons, aura repris le pouvoir, aura pris le pouvoir, il y aura des hausses de salaire, nous proposons une hausse de 10% des salaires sans charge, nous proposons de relancer aussi d'autres manières d'attirer les Français sur ces différents métiers, mais à l'heure actuelle, nous ne pouvons pas nous en passer.

14:48
Invité

Plus globalement pour vous, cette réforme, elle est améliorable, ou il faut juste la retirer ?

14:52
Thomas Ménagé

Non, global, il faut la retirer. Aujourd'hui, nous allons tout faire, parce que c'est notre rôle de parlementaire, nous ne sommes pas dans l'obstruction, nous ne sommes pas là pour tout bloquer, nous ne sommes pas là pour bordéliser l'Assemblée nationale, comme certains le font, et comme certains le disent. Mais notre rôle, c'est quand même d'essayer de nuancer, d'essayer d'amender, d'essayer d'adoucir cette réforme.

Parce que si elle passe, et c'est pour ça que nous dénonçons l'obstruction, si elle passe finalement, puisqu'il y a soit une majorité, soit parce qu'automatiquement, en vertu du 47-1, elle passe, il faut faire en sorte, et c'est notre responsabilité en tant qu'élus d'opposition, mais d'opposition constructive, d'opposition de gouvernement, de faire en sorte de l'adoucir.

15:27
Présentateur

Et il faut se mobiliser aujourd'hui, vous le dites aux Français, dans la rue, puisqu'il y a une journée de mobilisation.

15:31
Thomas Ménagé

Oui, tout à fait, nous avons une position claire, c'est que nous considérons qu'en tant qu'élus, en tant que députés, nous devons être dans l'hémicycle, nous devons être en commission.

15:39
Présentateur

Vous n'êtes surtout pas les bienvenus dans les cortèges, parce que les syndicats ne veulent pas des députés RN.

15:43
Thomas Ménagé

Ça, c'est à nuancer, c'est-à-dire que oui, le chapeau à plume à la Martinez, qui ont voté Emmanuel Macron, je vous avoue, moi, je ne serais pas très allé non plus d'aller manifester avec quelqu'un qui a fait que nous sommes dans cette situation aujourd'hui et que nous sommes obligés de débattre cette réforme.

15:55
Présentateur

Mais vous appelez les Français à se rendre dans les cortèges.

15:58
Thomas Ménagé

Nous appelons les Français à y aller, les électeurs du Rassemblement national y seront, un certain nombre de cadres et d'élus y sont en province, en région, c'est le cas même de certains députés, notre collègue Jérôme Buisson y était, ce qui est certain, c'est que nous, on considère aujourd'hui que le combat, il se mène à l'Assemblée, il se mène dans l'opinion pour les députés et il se mènera, si jamais, mais nous allons tout faire pour mettre en échec le gouvernement sur ce texte, il se mènera aussi dans les urnes en 2027 parce que nous, nous prenons l'engagement de revenir sur cette réforme, si jamais, malheureusement, elle passait.

16:24
Invité

Thomas Ménager, député RN du Loiret, il y a eu cette annonce hier du ministre des Transports mettre à contribution les autoroutes pour financer la transition écologique et vous impliquer, y compris vous les parlementaires, sur un travail qui va commencer au printemps pour savoir ce qu'ont fait des concessions autoroutières. Certaines arrivent à échéance entre 2031 et 2036, les plus importantes. Qu'est-ce qu'il faut faire des concessions d'autoroutes ?

16:46
Thomas Ménagé

Je pense que nous, il faut renationaliser ces autoroutes. Toutes ? Oui, je pense la plupart. Alors, il y aura un travail. Je ne vais pas vous donner les conclusions de ce travail parlementaire où j'espère qu'il y aura enfin de la construction et un vrai débat parce que c'est un sujet qui, nous, Rassemblement nationale, nous tient à cœur depuis des années parce que ces autoroutes, ils appartiennent aux Français. Aujourd'hui, il y a des entreprises et c'est un rapport qui avait été un petit peu mis sous le tapis par le ministre Bruno Le Maire qui indique qu'il y a des bénéfices records, des entreprises qui s'en mettent beaucoup dans les poches et surtout des actionnaires.

Par les inspecteurs généraux des finances qui disent qu'on peut baisser les prix des autoroutes parce qu'il y a assez de profits qui... On pourrait même les baisser jusqu'à 60%. Aujourd'hui, les Français subissent une inflation incroyable. Ils payent un carburant à un prix fou. Il faut trouver de nouveaux leviers et on considère que cette renationalisation, ça serait une manière de donner une bouffée d'air aux Français qui souffrent énormément et notamment aux automobilistes.

17:32
Présentateur

Et les premières concessions, elles prennent fin en 2031 donc dans 8 ans seulement. Merci beaucoup Thomas Ménager. Merci à vous. Député RN du Loiret et vous appelez donc à manifester aujourd'hui contre la réforme des retraites.