Budget 2027 : «On doit éviter une crise de la dette», alerte Gabriel Attal
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse directe
Est-ce que vous qualifiez, comme le ministre de l'Intérieur, ce qui se passe devant les lycées de violences urbaines ?
- 2:00RelanceRéponse directe
C'est qui, ils ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Certains vous ont répondu sur les réseaux sociaux : « Eux aussi, les jeunes, ils ont bien compris qu'avec la Macronie, la seule façon d'obtenir quelque chose, c'est de casser et de bloquer. »
- 3:39RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est au contribuable de payer, Gabriel Attal ? Vous êtes le ministre qui avait dit « Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter ». Il ne s'est rien passé depuis ?
- 5:33OuverteRéponse directe
La France insoumise affirme que les insoumis sont fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos enfants. Qu'est-ce que c'est, cet appel ?
- 6:54RelanceRéponse directe
Ce sont des propos de sauvagerie policière que vous condamnez, Gabriel Attal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« 'est qu'on voit que la France Insoumise, à nouveau, se sert de notre jeunesse comme de la chair à canon politique. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Et le fait que notre réponse pénale n'est pas adaptée à ce rajeunissement de la violence et à cette banalisation de la violence. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Vous savez, j'ai fait des propositions sur l'éducation nationale à la rentrée en septembre, notamment sur la question des remplacements, qui est un vrai sujet en Seine-Saint-Denis. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Je suis un des seuls à en avoir parlé en cette rentrée. Beaucoup de candidats se sont exprimés sur l'éducation. Je suis le seul à avoir dit qu'il y avait un vrai problème avec la question des remplacements. »
- 3:51Invité politiqueFait
« C'est que maintenant, quand vous avez un jeune qui est mis en cause dans des dégradations d'équipement public, on peut aller chercher la responsabilité civile et donc financière de ses deux parents. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Moi, j'ai présenté une réforme de la justice des mineurs. Comparution immédiate pour les mineurs, qui n'existe pas aujourd'hui. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Atténuation de l'excuse de minorité, qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des jeunes qui se retrouvent avec une sanction extrêmement légère, tout simplement parce qu'ils sont mineurs. »
- 4:33Invité politiqueFait
« Ce texte-là, je l'ai présenté. Malheureusement, dissolution de l'Assemblée nationale. J'ai dû quitter mes fonctions au gouvernement. Ce texte, qui devait être adopté à l'automne 2024, n'a pas pu être adopté. C'est factuel. »
- 5:50Invité politiqueFait
« 2017, je me souviens déjà, il y avait des députés de la France insoumise qui avaient empêché des jeunes d'aller passer leurs examens, qui s'étaient mis devant des centres d'examens pour bloquer l'accès à des jeunes qui voulaient simplement passer leur diplôme. »
- 9:35Invité politiqueFait
« il y a un climat qui est en train de devenir totalement irrespirable pour les Français juifs aujourd'hui. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Regardez, vous avez Madame Parmentier, la députée Madame Parmentier, qui est, je crois, vice-présidente encore du groupe au Rassemblement National à l'Assemblée Nationale, qui a tenu des propos pro-pétain, qui a écrit des propos pro-pétain. »
- 12:55Invité politiqueFait
« On est en crise. On doit éviter une crise de la dette. Mais on n'en est pas loin. »
- 13:11Invité politiqueFait
« Depuis la dissolution, vous avez une situation qui s'est très largement dégradée. »
- 13:57Invité politiquePromesse
« Il faut réduire le déficit. Moi, ça sera ma boussole avec les députés de mon groupe pendant cette période budgétaire. »
- 15:16Invité politiqueFait
« Je propose qu'on prenne la durée de cotisation. Vous avez une vraie décote si vous partez tôt, une vraie surcote si vous partez tard. »
- 15:50Invité politiqueFait
« Qu'on ait une vraie part de capitalisation dans notre système de retraite. »
Temps de parole
- Gabriel Attal77 %
- Présentateur20 %
- ?4 %
≈ 22,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Gabriel Attal. Bonjour à vous, bienvenue.
Bonjour Laurence
Ferrari. Dans la
rélection présidentielle, les blocages dans les lycées se poursuivent, vous le savez. Est-ce que vous qualifiez, comme le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, ce qui se passe devant les lycées de violences urbaines, Gabriel Attal ?
Oui, bien sûr. Je crois qu'il suffit de regarder les images pour s'en convaincre. Et ce qui est totalement insupportable dans cette situation,
c
'est qu'on voit que la France Insoumise, à nouveau, se sert de notre jeunesse comme de la chair à canon politique.
Ils sont présents, les
élus et les fils, ce matin devant les lycées ?
Ils sont présents et puis ils encouragent des jeunes à se mettre en danger eux-mêmes, à mettre en danger l'intégrité de leurs professeurs, de fonctionnaires de police et puis des bâtiments publics.
Et
c'est totalement insupportable. Ça, c'est la première chose.
Et
la deuxième chose, c'est que ça montre aussi une forme de banalisation que je dénonce depuis plusieurs années de la violence chez les jeunes. Et le fait que notre réponse pénale n'est pas adaptée à ce rajeunissement de la violence et à cette banalisation de
la violence. Pas tous les
jeunes, évidemment. On a eu un exemple ce week-end lors des rassemblements autour de l'Avenue du Pape. Il n
'y a
pas eu de violence.
Mais je dis que c'est
de l'instrumentalisation parce que, encore une fois, la France insoumise, en faisant ça, ne rend pas service à la jeunesse puisqu'elle renvoie l'image qu'une jeunesse, que toute la jeunesse, effectivement, serait livrée à la violence. Ce n
'est
pas le cas. Ça ne rend pas service aux jeunes que de renvoyer cette image-là de poubelle qui brûle et d'agression. Par ailleurs, qu'il y ait des revendications et des colères chez des jeunes ou chez des personnels de l'éducation nationale, évidemment qu'il faut les entendre. Vous savez, j'ai fait des propositions sur l'éducation nationale à la rentrée en septembre, notamment sur la question des remplacements, qui est un vrai sujet en Seine-Saint-Denis. Je suis un des seuls à en avoir parlé en cette rentrée. Beaucoup de candidats se sont exprimés sur l'éducation. Je suis le seul à avoir dit qu'il y avait un vrai problème avec la question des remplacements.
Donc oui, il faut répondre à ces enjeux-là. Mais ce n
'est
pas en bloquant et ce n
'est
pas en cassant qu'on y apporte une réponse. Mais vous avez fait une vidéo
publiée
hier sur les réseaux sociaux. Vous vous dites « On risque de vous coller une étiquette avec ces images de violence. Ils ont besoin de votre image, pas de votre avenir, ni de vous voir réussir. » C'est qui, ils ?
C'est la France insoumise. C'est ceux qui instrumentalisent, encore une fois, notre jeunesse. Ils s'en contrefichent du fond. Ils s'en
contrefichent de régler les
problèmes, des conditions de travail. Tout ce qu'ils veulent, c'est mettre, excusez-moi le terme, le bordel. Voilà, c'est ça qu'ils veulent. C'est leur projet pour le pays. Et en faisant ça, ils mettent en danger l'avenir des jeunes, encore une fois, en leur collant cette image qui est terrible. Puis ils mettent en danger, y compris physiquement, des jeunes qui se retrouvent à faire n'importe quoi devant des établissements scolaires.
Gabriel Tal, certains vous ont répondu sur les réseaux sociaux. Il y en
a
un qui dit « Eux aussi, les jeunes, ils ont bien compris qu'avec la Macronie, la seule façon d'obtenir quelque chose, c'est de casser et de bloquer. Si tu avais fait ton travail, ça n'arriverait pas. » C
'est le discours
de
la
France Insoumise. Vous savez, moi, j'ai été ministre de l'Éducation nationale pendant six mois. J'ai lancé énormément de chantiers, y compris d'ailleurs sur la rénovation des établissements scolaires, pour la rénovation thermique, parce qu
'on
sait que c'est un vrai problème dans des lycées où il fait très chaud l'été, très froid
l'hiver. L'été,
ils ne
sont
pas à l'école.
Oui, vous savez qu'avec la canicule, dès le mois de juin aujourd'hui, vous avez des situations qui sont très
difficiles dans
les établissements. Et ça a créé de la colère et on peut parfaitement l'entendre chez des jeunes et chez des personnels de l'Éducation nationale. Donc, j'ai agi autant que j'ai pu, le temps que j'ai eu. Et évidemment que je veux poursuivre et j'ai fait des propositions très fortes sur ce sujet-là. Les conditions de travail des enseignants et d'apprentissage des élèves, la rémunération de nos enseignants et évidemment le bâtiment, le bâtiment scolaire.
La facture, a priori, ne serait-ce que pour la région Île-de-France, se montrait à un million d'euros. Madame Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a envoyé la facture à M. Balibe Gaioko pour la rénovation du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, 100 000 euros. Est-ce que c
'est
au contribuable de payer, Gabriel Attal
?
Vous êtes le ministre qui avait dit « Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter ». Il ne
s
'est rien passé depuis ? Alors,
j'ai changé une chose. Je n
'ai
pas eu le temps de faire tout ce que je voulais, mais j'ai changé une chose. C'est que maintenant, quand vous avez un jeune qui est mis en cause dans des dégradations d'équipement public, on peut aller chercher la responsabilité civile et donc financière de ses deux parents.
Avant… Souvent,
c'est malheureusement une mère célibataire qui est en difficulté financière, qui est insolvable. Maintenant, on peut aller aussi chercher la responsabilité du père. Moi, j'ai présenté une réforme de la justice des mineurs. Comparution immédiate pour les mineurs, qui n'existe pas aujourd'hui. Atténuation de l'excuse de minorité, qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des jeunes qui se retrouvent avec une sanction extrêmement légère, tout simplement parce qu'ils sont mineurs. Ce texte-là, je l'ai présenté. Malheureusement, dissolution de l'Assemblée nationale. J'ai dû quitter mes fonctions au gouvernement. Ce texte, qui devait être adopté à l'automne 2024, n'a pas pu être adopté. C'est factuel.
J'ai présenté ma réforme et je n
'ai
pas eu le temps de la faire adopter.
On sait que sur les 400
interpellations qu'il
y a
eu entre avant-hier et hier, il y
en
aura un qui aura une peine réelle.
J'espère. Et
vous savez, il faut
se souvenir, en 2023, il y a eu une circulaire pénale qui a été extrêmement ferme et extrêmement claire au moment des émeutes de 2023. Vous vous en souvenez ? Il y a eu de la fermeté. Donc, c'est aussi une question de politique pénale. Et j'espère que le gouvernement a adressé cette consigne, cette demande au procureur de la République. Deuxième chose, si on veut véritablement qu'il
y ait
des sanctions fortes qui soient prononcées dans ces situations-là, il faut faire évoluer notre justice pénale des mineurs. C'est ce que je propose avec, encore une fois, la création d'une comparution immédiate qui n'existe pas aujourd'hui. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, le code de justice pénale des mineurs, c'est que si vous êtes mineur, on peut reconnaître votre culpabilité tout de suite, mais la sanction, elle vient 8, 9, 10 mois plus tard. C'est un message d'impunité qui est envoyé, évidemment, aux jeunes concernés et à tous les autres jeunes. Il faut en sortir.
Gabriel Attal, revenons au rôle de la France insoumise. Hier, Jean-Luc Mélenchon affirmait que les insoumis sont fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos enfants, je cite, « De la sauvagerie policière, parents militants, mobilisez-vous pour vous interposer ». Qu'est-ce que c'est,
cet appel ? Encore une fois, ça dit deux choses. D'abord, ce n
'est
pas nouveau chez eux. 2017, je me souviens déjà, il y avait des députés de la France insoumise qui avaient empêché des jeunes d'aller passer leurs examens, qui s'étaient mis devant des centres d'examens pour bloquer l'accès à des jeunes qui voulaient simplement passer leur diplôme. Je ne
sais
pas si on se rend compte. La deuxième chose, c'est toujours la mise en cause de la police. C'est la mise en cause de tous ceux qui incarnent l'autorité dans notre pays parce qu'ils n'aiment pas l'autorité et qu
'ils
veulent casser l'autorité en France. Donc ça, c'est supportable pour vous ? Ce sont des propos de sauvagerie policière que vous condamnez, Gabriel Attal ? Bien sûr que
je
les condamne. Ce sont des propos qui sont insupportables quand on sait qu'on a des forces de l'ordre dans des conditions extraordinairement difficiles qui risquent parfois leur vie. Évidemment que c'est des conditions très dures. Évidemment que vous avez en face de vous des jeunes, des mineurs, et qu'il faut faire très attention et qu'ils sont dans cette situation, bien sûr, où ils doivent à la fois faire très attention et en même temps, où vous avez des violences avec des blessés. Il y a eu, je crois, plusieurs dizaines de
blessés
dans ces
émeutes, chez
les personnels enseignants,
chez les policiers et chez des jeunes eux-mêmes, encore une fois, parce qu'ils se mettent eux-mêmes en danger. Et la France Insoumise les met en danger en les poussant, en les encourageant à participer à ces violences.
Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis, dit que parfois la violence peut être légitime, même s'il faut l'éviter, c'est mieux.
Non, je crois que
quand
on est responsable politique,
on
a une responsabilité
dans
le message qu'on adresse aux Français et notamment aux jeunes. Imaginez que pour des jeunes
qui
sont encore en construction, entendre un élu de la République avec son écharpe tricolore dire que la violence peut être légitime, vous vous rendez compte le message que ça envoie ? Au contraire, moi,
je
crois que les élus de la République doivent toujours condamner la violence. Il peut y avoir des grèves, il peut y avoir des manifestations,
il
peut y avoir des mobilisations. Mais la violence, mettre le feu à des équipements publics ou à côté d'équipements publics, s'en prendre physiquement à des forces de l'ordre, ça doit être toujours unanimement condamné.
Vous
voulez prendre les problèmes à bras-le-corps. Il y a une partie de cette jeunesse qui a grandi en France sans aimer son pays, qui rend l'école, l'État, responsable de tous ses échecs. Comment est-ce qu'on peut inverser cette spirale infernale, Gabriel Attal ? Je pense que ça commence très tôt.
Et je pense que malheureusement, on voit maintenant, et c'est les enseignants qui me le disent, dès le collège des élèves, des jeunes, qui ont un comportement et une forme de refus de l'autorité et du respect des règles de la République qui est insupportable. Et de la France ? Mais bien sûr, mais de tout ce que la France porte et incarne, et de ses lois. Mais moi, je porte l'idée que, dès l'école primaire, on ait un rehaussement à la fois des conditions d'apprentissage, mais aussi des sanctions. Moi, je vois des enseignants... Dès le primaire ? Je vois des enseignants en CM1, CM2, qui me disent, on voit parfois certains comportements qu'on voyait auparavant à la fin du collège. Il y
a
un rajeunissement, une banalisation de la violence, qui est liée, je pense aussi, aux réseaux sociaux et aux écrans, très présents dès le plus jeune âge, chez un certain nombre d'enfants. C'est pour ça que je milite pour l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Par ailleurs, il faut solaniser davantage les sanctions très jeunes. Je propose, par exemple, qu
'on
crée un conseil de discipline à l'école primaire, qui n'existe pas aujourd'hui, pour solaniser les sanctions. Je propose qu'il y ait une échelle nationale des sanctions pour permettre aux enseignants, aux personnels éducatifs, de prononcer plus facilement des sanctions quand il y a des jeunes qui ne respectent pas les règles. C'est aussi éducatif, la sanction. C'est aussi ce qui vous permet d'apprendre que les lois, que les règles, elles doivent se respecter en République.
Gabriel Attal est notre invité sur CNews et sur Europe 1. Autre sujet dans l'actualité, Jordan Bardella est accusé d'avoir tenu et écrit des propos antisémites en 2013, alors qu'il avait 17 ans. Accusation portée par Mediapart, qui, à l'heure actuelle, n'a pas encore apporté de preuves de ses écrits. Est-ce que la campagne des boules puantes a commencé ? Et qu'est-ce que vous dites de ces affaires
? C
'est des propos qui sont très choquants et très graves. S'ils sont vérifiés
?
J'allais y venir. Jordan Bardella les dément et Mediapart affirme les avoir authentifiés. Jordan Bardella a dit qu'il allait saisir la justice. Mediapart a dit qu'il pouvait produire des preuves. Vous venez de le dire, ils n
'ont
pas encore produit ces preuves. Il faut qu'ils le fassent pour pouvoir trancher cette affaire. Maintenant, je le dis ici, il y a un climat qui est en train de devenir totalement irrespirable pour les Français juifs aujourd'hui. Là, il
y
a ces propos qui sont insupportables et qui sont à la une de tous les médias. Vous avez les propos de la France insoumise et de membres de la France insoumise qui prennent pour cible les Juifs. Vous avez Ségolène Royal, la semaine dernière, qui explique que les Français juifs devraient quasiment s'excuser, en tout cas se désolidariser de la politique du gouvernement israélien comme s'ils en étaient responsables. C'est insupportable. Ce climat, c'est insupportable pour eux, pour ces Français juifs qui, le matin, allument la télévision, écoutent les informations et on en remet une couche. Il y
a
un épisode supplémentaire où ils sont mis en cause, où ils sont pointés du doigt. Et moi, je pense que les responsables politiques, on a aussi une responsabilité de sortir de ce climat-là et de le combattre et de combattre l'antisémitisme d'où qu
'ils
viennent.
D'accord, mais vous avez souvent débattu avec Jean-Dame Bardella. Vous le croyez capable d'antisémitisme ?
Ce que je vois, c'est que... Ce que vous avez déjà eu l'occasion de le
trouver.
Ce que je vois,
c
'est qu'au sein du Rassemblement National, vous avez un nombre assez important de personnalités politiques mises en cause pour des propos antisémites. Le
ménage n'a pas été fait. Marine Le Pen a même sorti son père à l'époque.
Regardez,
vous
avez Madame Parmentier, la députée Madame Parmentier, qui est, je crois, vice-présidente encore du groupe au Rassemblement National à l'Assemblée Nationale, qui a tenu des propos pro-pétain, qui a écrit des propos pro-pétain. Il s'en est excusé. Vous avez un député au groupe Rassemblement National qui tenait une librairie négationniste avant de devenir député. Donc,
c
'est encore une réalité. Ils ne sont pas virés. Ils ne
sont
pas sanctionnés. Donc, voilà. À un moment, la réalité, c'est que quand vous avez une série de cas isolés, ça finit par faire un système.
Vous pensez que le Rassemblement National est toujours le Front National ? Ce
que je
dis, ce que je dis, c'est que c'est au responsable
des
partis politiques de
prouver que ça a changé
et
d'être intraitable dès que vous avez
une affaire. Qu'est-ce que vous demandez
que Jordan Bardella quitte son... Non, parce qu'on vient de le dire. Il y a un démenti de la part de Jordan Bardella et vous avez Mediapart qui dit qu
'on
va amener des preuves.
Donc,
voilà. Il faut que cette affaire puisse être tranchée à un moment, soit par la justice, soit s'il
y
a des preuves qui sont présentées et qu'il
y a
des faits qui sont reconnus, qu'elle le soit de cette manière.
Est-ce que cette affaire arrive au hasard alors que, évidemment, Marine Le Pen n
'a
jamais été aussi haut dans les sondages ? Elle creuse l'écart au second tour de la présidentielle, que ce soit, évidemment, face à Jean-Luc Mélenchon ou encore face à Edouard Philippe.
Mais
je pense que le sujet n'est pas tant le timing. Est-ce que c'est vrai ou pas ? C'est ça la question, en fait. Je pense que c'est ça la question à laquelle les Français veulent avoir la réponse. Donc, je veux dire, si c'est vrai, je vais vous dire, ce n
'est
pas choquant que ça sorte à ce moment-là. Je veux dire,
à
un moment, il faut trancher ce sujet-là. Si c'est vérifié et si c'est confirmé, c'est gravissime.
Parce
que c'est gravissime qu'on se dise que quelqu'un qui aurait pu devenir Premier ministre ou qui aspire à l'être à l'avenir et par ailleurs, puisse mentir en expliquant qu'il ne les a pas tenus ou qu
'il
ne
les
a pas écrits.
Gabriel Attal, les Français, pendant ce temps-là, ont les yeux rivés sur leurs fins de mois qui sont difficiles. Le gouvernement doit nous présenter demain son projet de budget.
Est
-ce que vous en avez des pistes ? Est-ce que vous savez si ce sera un budget offensif, une cure d'austérité ? Vous avez des informations ?
Pas vraiment. C
'est
inquiétant
?
Oui, il
y a
la présentation demain en Conseil des ministres. On aura à ce moment-là les informations. J'ai par ailleurs vu les déclarations dans la presse du Premier ministre. Moi, je vais vous dire qu
'il
faut qu'on ait un budget. Quel
qu'il soit,
aussi imparfait soit-il. La situation financière du pays est grave
et
a été très aggravée par la dissolution. On est en crise. On doit éviter une crise de la dette. Mais on n'en est pas loin. On doit éviter une crise de la dette et aujourd'hui,
on
a une situation financière qui nous en rapproche. C'est ça, la réalité. Vous avez des taux d'intérêt qui ont beaucoup monté. Un écart de taux avec nos voisins allemands qui a beaucoup monté. Depuis la dissolution, vous avez une situation qui s'est très largement dégradée. Pourquoi
?
Parce que depuis 2024, vous n'avez eu aucun véritable effort de réduction de la dépense publique et vous avez eu des oppositions, RN et la gauche, qui ont bloqué toutes les tentatives d'économie ou les pistes de réforme et qui ont même conduit le gouvernement à revenir sur certaines réformes qui avaient été portées, notamment la réforme des retraites. Et donc, vous avez aujourd'hui une situation qui est très tendue. Et vous savez, les Français le voient déjà dans leur quotidien. Moi, ce qui me révolte le plus, en tout cas, une des choses qui me révolte le plus, c'est les jeunes couples de trentenaires en CDI qui ne peuvent pas devenir propriétaires.
Pourquoi ils ne peuvent pas devenir propriétaires ? Parce qu
'ils
ne peuvent pas emprunter. Pourquoi ils ne peuvent pas emprunter ? Parce que les taux d'intérêt ont explosé. Pourquoi les taux d'intérêt explosent ? Parce qu'on a cette situation budgétaire. Donc, il faut un budget et il faut réduire le déficit. Moi, ça sera ma boussole avec les députés de mon groupe pendant cette période budgétaire. Est-ce que ça veut dire
que je serai d'accord ? Vous
accepterez toutes les mesures proposées.
Est-ce que ça veut dire que je serai d'accord avec toutes les mesures ? Évidemment, non. Il y
a
des mesures avec lesquelles je serai probablement en désaccord. Qu'est-ce que je ferai ? Je voterai contre ces mesures avec les députés de mon groupe. Il est possible qu'à la fin, elles soient quand même dans le budget puisque vous savez que le gouvernement peut avoir recours au 49-3. Eh bien, si c'est le cas, je serai clair avec les Français sur le fait que s'ils me font confiance et que je deviens président de la République l'année prochaine, je reviendrai sur ces mesures et donc il faut voir ce budget comme un budget pour six mois.
Et vous reviendrez sur la réforme des retraites dont vous dites qu'elle a été abandonnée en cours de route. Hier, Édouard Philippe a changé de cap. Il pensait aller proposer la retraite à 67 ans. Désormais, c'est 65 ans avec 45 ans d'annuité de cotisation. Qu'est-ce que vous dites de ce revirement, en tout cas de ce changement de cap ? Et vous, qu'est-ce que vous proposez Gabriel Attal sur la retraite ?
Sa proposition, c'est la proposition Macron en 2022.
Rien ne change quoi. C'est
exactement la proposition qu'a faite Emmanuel Macron en 2022 dans sa campagne présidentielle. Moi, ce que je crois, c'est que sur notre système de retraite et sur notre modèle social, on n'en est plus à bouger les paramètres ou les curseurs. On n'en est plus à prendre des mesures, pardon, mais de soins palliatifs pour permettre à un système de survivre alors que ce système, objectivement, ne tient plus. La réalité aujourd'hui, c'est que le problème pour moi, ce n
'est
pas les curseurs, c'est le système lui-même. Et donc moi, ce que je propose, c'est qu'on change de système de retraite.
Qu
'on ait d'abord un système universel, les mêmes règles pour tout le monde.
Qu
'on ait un système libre. Je ne crois pas que l'âge légal de départ permette encore de piloter notre système de retraite. Je propose qu'on prenne la durée de cotisation. Vous avez une vraie décote si vous partez tôt, une vraie surcote si vous partez tard. Vous partez tôt, vous avez peu. Vous partez tard, vous avez beaucoup plus. Mais les gens sont responsabilités et ils font leur choix en conscience.
Le même
système pour tout le monde,
vous
dites, c'est-à
-dire
public-privé, on a
ligné
d'origine.
Oui,
et indépendant, salarié, fonctionnaire et indépendant. Et trois, qu'on ait une vraie part de capitalisation dans notre système de retraite. Ce qui sera bon
pour
les dépenses publiques,
pour
les retraites des Français, parce que les systèmes qui sont par capitalisation, je peux vous dire que les pensionnés ont de meilleures pensions de retraite, est bon pour notre économie parce que ça permettra d'avoir des fonds de pension en France qui pourront financer aussi nos start-up, nos entreprises, nos PME dans les territoires pour les faire grandir. Et ça sera bon pour l'économie française. Donc moi, c'est d'ailleurs une vraie différence qu'on a avec Edouard Philippe. Il propose la réforme Macron 2022 qui vise à faire bouger les curseurs du système actuel. Moi, je pense qu
'on
doit changer de système aussi parce que je vois que dans ma génération, la plupart des jeunes ne croient pas une seule seconde qu'ils auront une retraite dans le système actuel parce qu'ils savent très bien que des réformes comme celle-ci qui a été proposée, en fait, tous les 3-4 ans elles sont présentées. On dit ça va régler le problème. Donc il manque
de courage Edouard Philippe selon
vous ? C'est pas ce que
je dis. C'est deux propositions qui sont différentes.
Donc ça veut dire
que vous ne pourriez pas vous rallier à lui s'il maintient
ses positions là-dessus ?
Je pense qu'il faut d'abord que chacun fasse campagne sur son projet. Cherche à convaincre les Français avec une vision. Moi, je dis aux Français... Vous démentez la rumeur d'un ralliement en
janvier à Edouard Philippe.
Franchement,
si je devais
démentir toutes les rumeurs, je passerais mon temps à faire ça matin, midi et soir. Moi, ce que je dis, c'est que je veux que notre pays redevienne la première puissance d'Europe en 10 ans. C'est possible à condition de réussir sur 4 chantiers capitaux. École, salaire, frontière, IA, intelligence artificielle et résorber la dette publique. C'est possible d'y arriver à condition de faire des choix mais ça ne
peut
pas être des choix
juste
de paramètres, des choix techniques, techniciens. Il faut assumer qu'on est au bout d'un modèle,
au
bout d'un système et qu'il faut le changer. C'est peut-être la responsabilité de ma génération. Je suis le seul candidat d'une nouvelle génération dans cette campagne présidentielle et c'est ce que je vais défendre et ce que je vais porter dans
les semaines qui viennent. Et vous nous redites
aujourd'hui, jamais LFI, jamais un vote pour LFI. On vous a beaucoup reproché de
cet appel. Vous
l'avez déjà dit
sur notre plateau mais
les
téléspectateurs,
éditeurs, aiment avoir des idées claires. Je crois qu'aujourd'hui, aucun démocrate et républicain ne peut raisonnablement appeler à voter pour LFI
n
'appellerait jamais à voter pour le Rassemblement national. Et je vais vous dire, je pense que les Français, ils en ont marre d'entendre parler de barrage en permanence. Le barrage, ce n
'est
pas un projet politique. Si on veut convaincre les Français, il faut leur parler d'idées, il faut leur parler de fonds, il faut leur donner envie de venir voter pour un projet. C'est exactement ce que je viens de vous décrire avec le projet que je porte, que je défends. On peut être d'accord, on peut être pas d'accord mais en tout cas, c'est ma ligne. Et plutôt que de parler des autres, moi, je vais parler de ce que je propose et de ce que je vais proposer.
Gabriel Attal, un dernier mot concernant Robert Ménard, le maire de Béziers. Aujourd'hui, a lieu son procès. Il a refusé, vous le savez, de marier une personne sous OQTF, un Algérien. Il risque 50 prisons, 75 000 euros d'amende et une peine d'illigibilité de perdre son siège de maire. Est-ce que l'État français marche sur la tête ?
Il faut changer, en fait, nos règles. C'est vrai que c'est une règle qui est aberrante aujourd'hui. Qu'un maire ne puisse pas s'opposer à un mariage avec une personne sous OQTF,
c
'est-à-dire qui doit être expulsé du territoire national,
j'ai eu
l'occasion de le dire. Mon groupe politique a déjà eu l'occasion de le dire. Il faudra changer cette règle. Il
y a
plusieurs propositions qui ont été faites en la matière.
Aussi, le voyage du pape qui s'est terminé lundi soir. Comment est-ce que vous avez vécu cette parenthèse ? Est
-ce
que vous dites qu'on a vécu une parenthèse enchantée que c'est la France, c'est le cœur de la France qui battait pendant ces journées-là ? C'est cette France-là à laquelle vous
aspirez
? Moi, je crois que, que l'on soit croyant ou pas, que l'on soit catholique ou pas,
on
ne peut que reconnaître
qu
'il y
a
eu une forme d'élan d'espérance, d'unité, de rassemblement autour de la venue du pape en France. Une venue qui s'est par ailleurs bien passée. Il y a quand même des millions de personnes qui ont été mobilisées partout en France. Et je veux dire, il n
'y a
pas eu de problème de sécurité.
Moi,
j'essaye de regarder les choses positivement. Ça veut dire que c'est possible en France. Voilà. Ça veut dire que c'est possible d'avoir des moments de rassemblement, que c'est possible d'avoir des centaines de milliers de personnes qui se réunissent sans qu
'il
y
ait
de problème. Et donc, ça me donne foi au sens républicain du terme en l'avenir. Donc, c'est un message que vous adressez aux lycéens
aussi et qui sont aujourd
'hui en train de bloquer leurs établissements.
À tout le monde. Moi, je n'oppose pas les uns aux autres. Ce que je dis, c'est que la France, elle est capable du meilleur. Regardons ça et faisons en sorte que ce soit le cas tout le temps. Merci, Gabriel Attal.
En homme libre, c'est votre livre aux éditions de l'Observatoire. Merci d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée.
Merci, Gabriel Attal. Merci, Laurence Ferrari. Dans un instant, restez avec nous votre club culture. Laurie Choleva,
Nicolas Caro et
Eugénie
Bastier. À tout de suite.
Gabriel Attal