Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 juillet 2022 26 min

Mohammed ben Salmane à Paris, taxe sur les superprofits, "loyauté et confiance"... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Aurore Berger, le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman a atterri à Paris, il dîne ce soir à l'Elysée avec le président de la République et son épouse, c'est sa première visite en Europe depuis l'assassinat du journaliste et opposant Jamal Khashoggi. Il avait été désigné notamment par le renseignement américain comme le commanditaire. Est-ce que la France s'honore à inviter à recevoir à l'Elysée Mohamed Ben Salman ?

0:25
Aurore Bergé

Je crois qu'il est important que le président de la République française puisse recevoir un certain nombre de ceux qui sont de facto ses interlocuteurs. D'ailleurs Joe Biden lui-même était allé en Arabie Saoudite le rencontrer, d'autant plus dans le contexte que l'on connaît lié à la crise ukrainienne et aux enjeux énergétiques majeurs que nous avons. Et discuter avec l'ensemble des pays du Golfe me paraît une nécessité absolue. Ça ne veut pas dire que vous oubliez les sujets qui sont évidemment ceux que vous évoquez et qui sont essentiels en termes de valeurs et de droits de l'homme, mais vous avez la nécessité d'entretenir évidemment un dialogue.

0:57
Invité

C'est de la réelle politique. On a besoin du pétrole saoudien, donc on reçoit Ben Salman.

1:01
Aurore Bergé

On a besoin aussi de continuer à avoir encore une fois un dialogue approfondi avec l'ensemble des pays du Golfe. Et vous devez le faire, y compris évidemment avec le président saoudien.

1:10
Invité

Sauf qu'on se prive précisément des hydrocarbures russes au nom des valeurs, au nom du fait que la Russie a attaqué un pays comme l'Ukraine. Sauf que ces mêmes valeurs ne s'appliquent pas quand il s'agit de l'Arabie Saoudite. Est-ce que vous y voyez un paradoxe ?

1:23
Aurore Bergé

Ce qui est certain, c'est qu'on a fait un choix, qui est un choix qui peut avoir des conséquences aussi pour les Européens, pour les Français, qui est de dire qu'à partir du moment où la Russie a entravé, attaqué la souveraineté qui est celle d'un État ami et allié comme l'Ukraine, il est hors de question que l'on puisse continuer à financer cet État. Vous dites que ce n'est pas que des valeurs, c'est aussi du droit international ? C'est ce qui s'est passé. C'est-à-dire que c'est une atteinte fondamentale à nos valeurs et aux droits internationaux. Et on a réagi et agi en Européen et en Français en prenant cette décision-là.

Mais il s'agit aussi de protéger les Français, notamment sur les enjeux énergétiques qui sont majeurs.

1:58
Présentateur

Alors ça passe notamment par le projet de loi Pouvoir d'Achat pour protéger les Français. Et il y a eu ce petit couac avant-hier à l'Assemblée avec ses députés qui ont d'abord voté une rallonge de 500 millions d'euros pour les retraites et avant qu'au petit matin, le gouvernement, par la voix de Bruno Le Maire, ne demande un nouveau vote sur le même amendement qui a finalement été rejeté. Qu'est-ce que ça veut dire que les oppositions qui sont en train de crier au déni de démocratie, tant qu'elles ne votent pas dans le sens du gouvernement, il va falloir re-voter ?

2:29
Aurore Bergé

C'est absolument pas ce qui s'est passé puisque vous avez vu que tout au long de l'examen des deux projets de loi sur le Pouvoir d'Achat, on a établi des compromis et on a accepté des propositions qui venaient des oppositions et qui ne venaient pas d'abord de la majorité. Et puis, il y a eu ce sujet en effet, où tout d'un coup, au détour d'un amendement, on dépose une dépense supplémentaire qui allait parfois entre 500 millions, 1 milliard. On a passé quasiment une nuit entière à repousser des dépenses supplémentaires qui chacune valaient 1 milliard d'euros, ce qui veut dire demain de la dette supplémentaire ou de l'impôt supplémentaire pour les Français.

C'est quand même très paradoxal, c'est que les mêmes qui ont voulu faire adopter cette proposition de 500 millions d'euros supplémentaires avaient voté quelques jours plus tôt contre le projet de loi qui revalorise les retraites. Donc à un moment, il faut aussi raison garder, il faut voir quel est l'enjeu politique derrière qui était uniquement de dire sur ce sujet, on peut peut-être réussir à faire trébucher la majorité ou le gouvernement. Et en votant à la Hussard, sans savoir comment budgéter cela, et en contradiction avec ce qu'ils avaient voté, encore une fois, quelques jours à peine plus tôt. Mais ça avait été voté par le Parlement et le Parlement dit, il y a une nouvelle méthode.

Le Parlement a voté. A re-voter. Oui, mais c'est pas un passage en force. Attendez, à un moment, il y a un vote. Encore une fois, on est dans un contexte... Mais justement, il y a eu un vote.

3:43
Présentateur

Vous êtes en train de dire... En fait, on revient dessus parce que ça ne nous plaît pas.

3:47
Aurore Bergé

Mais on ne revient pas dessus parce que le gouvernement écrase. On ne revient pas dessus parce que tout d'un coup, on prendrait un décret qui reviendrait contre le vote par les députés. Nous avons voté de manière souveraine. Alors je sais que les Insoumis ont du mal justement avec la démocratie, qu'ils ont du mal à accepter que Jean-Luc Mélenchon n'a pas été élu président de la République, qu'ils ont du mal à accepter que les Français n'ont pas voulu de cohabitation et ne leur ont pas donné une majorité.

4:11
Présentateur

Mais vous n'aurez pu attendre que le texte parte au Sénat et revienne ensuite à l'Assemblée.

4:14
Aurore Bergé

Mais désolé d'avoir quand même un minimum de conscience aussi de ce que doit être la contrainte budgétaire dans notre pays. Et dans ces cas-là, il aurait fallu faire quoi ? Il faut adopter tous les amendements qui sont proposés, y compris quand ça va jusqu'à 70 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Il faut mentir aux Français, leur dire que ça n'a aucune conséquence demain, ni sur la dette, ni sur leurs impôts. La réponse, c'est non. On a revalorisé les retraites de 4% après une première hausse de 1,1%. Ça, c'est ce que nous avons voté. La gauche s'y est opposée. Les insoumi ont voté contre.

4:43
Invité

Et la droite proposait de passer de 5,1% au global d'augmentation à 5,5%. D'où les 500 millions.

4:46
Aurore Bergé

Mais vous savez comment ils le finançaient ? Ils le finançaient en prenant sur les pensions des militaires et en prenant sur les pensions d'invalidité. Donc ça veut dire qu'il aurait fallu, que je vienne sur votre plateau, expliquer que nous allions à nouveau augmenter les pensions de retraite au détriment de celles de nos militaires et au détriment des pensions d'invalidité.

5:04
Invité

Juste pour comprendre, Aurore Berger, est-ce que c'est un principe global ? C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y aura un vote, que la majorité, que le groupe que vous représentez, la coalition que vous représentez sera mise en minorité, à chaque fois que ça voudra dire dépenses supplémentaires, il y aura un deuxième vote ?

5:15
Aurore Bergé

Non, parce que ce n'est pas ce qu'on a fait. Il y a eu par exemple un amendement qui a été adopté par les oppositions sur la question de la prise en charge du fioul, notamment pour les territoires ruraux dont on sait que c'est surtout au fioul qu'ils peuvent évidemment se chauffer. On avait prévu une dépense qui était inférieure. Finalement, c'est une dépense supérieure qui a été votée. Nous ne sommes pas revenus sur ce vote parce qu'on considère que c'était légitime qu'il y ait un accompagnement et un soutien pour les familles qui n'ont pas d'autre choix que de se chauffer au fioul.

Donc ça ne veut pas dire, encore une fois, que parce qu'il y a un désaccord, parce qu'il y a un vote qui ne nous plairait pas, eh bien on reviendrait sur ce vote. Mais quand il s'agit de dépenses inconsidérées et qu'encore une fois l'Assemblée de manière souveraine revote pour dire que vraiment là c'était une erreur, alors en effet l'Assemblée a le dernier mot.

6:01
Présentateur

Il y a un amendement que vous avez porté qui a notamment été voté, c'est celui qui supprime à la fois la redevance qui finance l'audiovisuel public et qui alloue une partie de la TVA pour le financer. Les oppositions sont en train de dire, attention, c'est parce qu'on est en période d'inflation que l'enveloppe de la TVA gonfle, c'est ça qui permet de financer. Mais dès que l'inflation va retomber, cette source de financement risque de se tarir.

6:27
Aurore Bergé

Nous on a pris un engagement très clair pendant la campagne présidentielle qui était de dire, on doit continuer à baisser les impôts des Français. La contribution à l'audiovisuel public, la redevance faisait partie des impôts qui étaient payés par les Français, 138 euros par an pour un certain nombre d'entre eux. Et d'autre part, on doit garantir l'indépendance de l'audiovisuel public, c'est-à-dire sa totale liberté éditoriale, sa capacité aussi à financer la création, l'information, le cinéma, l'audiovisuel. La question était de savoir comment on arrivait à allier les deux.

Pour allier les deux, on s'est dit qu'il valait mieux, non pas qu'il soit pris directement sur le budget de l'État, parce que ça aurait été vu comme étant une moindre garantie pour l'indépendance de l'audiovisuel public.

7:08
Invité

Ça faisait peser un risque constitutionnel, du coup, sur la mesure ?

7:10
Aurore Bergé

Peut-être. En tout cas, ça, on ne peut pas le savoir puisque finalement, ça n'est pas, en tout cas, ce que nous avons choisi d'adopter à l'Assemblée nationale.

7:15
Présentateur

Mais est-ce que c'est pérenne, ce que vous avez choisi d'adopter ? Il va falloir, de toute façon, trouver d'autres modes de financement qui soient plus pérennes d'ici 2025 ?

7:24
Aurore Bergé

Oui.

7:25
Présentateur

Pour l'instant, on est dans une solution transitoire.

7:27
Aurore Bergé

On sait qu'on est dans une solution transitoire parce qu'on a un nouveau mode de fonctionnement qui devra exister pour le budget à partir de 2025. Pas que sur ce sujet, d'ailleurs, de manière générale, sur la manière avec laquelle on organise les choses entre les recettes et les dépenses. Il n'empêche que moi, ce que je voulais et ce que mon groupe voulait garantir, c'est baisser les impôts et l'indépendance et donc le niveau des ressources de l'audiovisuel public. Donc, il n'y a aucune perte pour l'audiovisuel public, pour les différentes chaînes et antennes et groupes de l'audiovisuel public, mais il y a bien un impôt supprimé.

7:56
Invité

Le budget est sanctuarisé. Le budget restera le même.

7:58
Aurore Bergé

Là, le budget a été voté comme restant exactement le même et avec, encore une fois, un fléchage d'une part de la TVA vers l'audiovisuel public.

8:06
Présentateur

3,7 milliards d'euros. Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée. On gêne juste un coup d'œil sur le fil d'info. Il est 8h41. Voici Diane Ferschit.

8:14
Invité

Lourde perte pour EDF au premier semestre 2022. Perte nette de 5,3 milliards d'euros. En cause, la baisse de production d'énergie nucléaire et sa mise à contribution pour contenir la facture d'électricité des Français et Total Énergie de son côté bénéficie de la flambée. Des prix du pétrole bénéfice de 5,7 milliards de dollars au deuxième trimestre 2022. La piste criminelle privilégiée par les enquêteurs dans l'incendie qui a dévasté 1 100 hectares de végétation dans le sud de l'Ardèche. Un homme a été interpellé. Ce matin, le feu n'est pas encore fixé, mais les principaux foyers sont maîtrisés dans les Alpes de Haute-Provence. En revanche, 400 personnes ont dû être évacuées.

Le feu progresse. Il a déjà parcouru 350 hectares. Alléger les charges et la fiscalité sur les heures supplémentaires. Aligner la hausse du RSA sur celle du point d'indice des fonctionnaires. Les propositions de la droite au Sénat, les sénateurs se penchent à leur tour à partir de ce matin sur le projet de loi Pouvoir d'Achat. Et puis, c'est l'étape la plus longue de ce Tour de France féminin. Un peu plus de 175 kilomètres à parcourir aujourd'hui entre Bar-le-Duc et Saint-Dié-des-Vosges. Départ des coureuses à 11h55. France Info.

9:25
Présentateur

Le 8.30 France Info. Néhile à la trousse. Laurin Sénéchal.

9:30
Invité

Fairfield vient de l'évoquer lors du Filinfo. Le texte sur Pouvoir d'Achat arrive donc au Sénat. Vous avez eu du mal à trouver des équilibres à l'Assemblée. Est-ce que vous regardez arriver avec angoisse au Palais du Luxembourg ce texte ?

9:39
Aurore Bergé

Non, déjà parce qu'on a trouvé ces équilibres à l'Assemblée. Vous savez, beaucoup au départ pariaient sur le fait qu'aucun texte ne pourrait aboutir à l'Assemblée nationale parce que justement on était en majorité relative. Et à la fin, il s'est passé quoi ? Le texte sur le Pouvoir d'Achat a été adopté à une très large majorité. Le projet de loi de finances rectificatif, qui vient consacrer 20 milliards de soutien supplémentaire aux Français, a été adopté à une large majorité. Et nous avons eu un accord avec le Sénat sur le texte sanitaire. Donc moi, j'attends de voir quelles seront les modifications, les propositions nouvelles des sénateurs.

Mais je ne suis pas inquiète sur la capacité qu'on aura à dialoguer ensemble, Assemblée et Sénat, et à aboutir également.

10:14
Présentateur

On sait déjà quelles sont les propositions qui seront faites puisqu'il y a un travail qui a été fait en commission au Sénat. Par exemple, les sénateurs veulent limiter la hausse qui a été votée à l'Assemblée du RSA. Elle a été votée à 4% la hausse du RSA à l'Assemblée. Ils veulent la limiter à 3,5% pour coller à celle des fonctionnaires en pleine période de poussée de l'inflation, alors que le RSA, c'est 575 euros pour une personne seule. Est-ce que c'est le moment, selon vous, de faire des économies sur ce type de budget ?

10:43
Aurore Bergé

Vous avez bien vu qu'à l'Assemblée, nous, on a fait le choix d'augmenter justement tous les minimas sociaux, justement au regard du pic d'inflation que vous évoquez.

10:50
Présentateur

Donc si ça revient à l'Assemblée, vous remettrez les 4% ?

10:53
Aurore Bergé

Non, déjà, avant que ça ne revienne à l'Assemblée, j'attends de voir quel texte définitif qui sera adopté au Sénat, parce qu'il y a des équilibres politiques aussi qui appartiennent au Sénat. Et puis vous savez bien qu'avant que ce soit potentiellement réexaminé à l'Assemblée, il y aura d'abord une discussion entre Assemblée et Sénat pour savoir si on se met d'accord sur un texte commun. Mais vous, vous tenez aux 4% ?

La question, c'est l'équilibre global qu'on peut avoir dans ce texte qui permet de protéger les Français, tous les Français, face au pic de l'inflation, avec des mesures qui, pour certaines d'entre elles, sont transitoires, parce qu'on l'espère, cette inflation sera transitoire, et des mesures pérennes, comme on l'a fait, en effet, sur les minima sociaux ou sur les retraits. Donc c'est cet ensemble d'arsenal, en fait, de protection qu'on doit pouvoir mesurer. Vous dites pourquoi pas les 3,5% si l'équilibre le justifie ? Je dis que d'abord, avant de préjuger de ce qui va être adopté ou pas...

11:40
Présentateur

Mais c'est quoi la ligne du groupe renaissance à l'Assemblée, tout simplement sur cette question ? C'est 4% puisque c'est ce qui a été voté à l'Assemblée.

11:44
Aurore Bergé

C'est ce que nous avons, évidemment, adopté à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire, encore une fois, de garantir aux plus vulnérables et aux plus fragiles le meilleur niveau de protection que nous pouvons et que nous devons leur garantir. C'est ce que nous avons adopté. Encore une fois, la gauche ne l'a pas adopté à l'Assemblée nationale puisqu'ils ont rejeté le problème. Oui, mais enfin, à force de dire que ça n'est pas assez, ça veut dire que si la gauche avait été majoritaire à l'Assemblée nationale, eh bien ce texte n'aurait pas pu être adopté et donc il n'y aurait eu aucune augmentation des minimas sociaux.

12:12
Présentateur

Si la gauche avait été majoritaire, il y aurait des augmentations plus importantes. C'est ce que dit la gauche.

12:16
Aurore Bergé

Moi, je sais qu'en tout cas, ils se sont opposés à toutes les mesures supplémentaires de pouvoir d'achat. Ils se sont opposés au triplement du plafond de la prime Macron. Ils se sont opposés à la revalorisation des retraites. Ils se sont opposés à la revalorisation des minimas sociaux, ce qui est quand même cocache justement quand on prétend défendre le pouvoir d'achat des Français.

12:30
Invité

Et ils ont proposé une taxe sur les super profits que les sénateurs centristes veulent réintroduire au palais du Luxembourg. C'est la période des résultats. On a aujourd'hui le résultat de Total Energy, par exemple 5,7 milliards de dollars au deuxième trimestre. On a eu les résultats semestriels d'LVMH, 6,5 milliards en hausse de 23%. L'Oréal annonce aussi une année historique. Est-ce qu'une taxe sur les profits, ce n'est pas un moyen de redistribuer cette richesse en période précise ?

12:54
Aurore Bergé

Déjà, une taxe qui existe sur les profits, les entreprises que vous citez, elles payent de l'impôt en France. Elles en payent suffisamment, vous dites. Elles en payent de manière assez considérable. On reste quand même aujourd'hui...

13:03
Présentateur

Mais la question, c'est est-ce qu'elles en payent suffisamment ? Les profits totales, par exemple, ont doublé, Naïla le disait, plus 23% pour les profits d'LVMH. En période d'inflation, est-ce qu'il faut revoir la question de la fiscalité ?

13:16
Aurore Bergé

On reste aujourd'hui, malgré toutes les mesures que nous avons prises pour baisser les impôts, le pays européen, juste après le Danemark, qui a le plus fort niveau de prélèvement obligatoire.

13:26
Présentateur

Mais vous pourriez choisir de baisser les impôts par endroits et de les augmenter à d'autres ?

13:30
Aurore Bergé

Eh bien, moi, je fais le choix d'abord, un, de la stabilité, parce que si vous voulez attirer des investissements étrangers, ce que nous faisons, si vous voulez avoir un record d'investissements internationaux, comme ça a été encore annoncé au moment de Choose France, et donc d'investissements et d'emplois qui se créent en France plutôt qu'ils ne se créent ailleurs, ça veut dire qu'il faut que vous ayez quand même, en France, à la fois de la stabilité et un cadre fiscal qui soit attractif pour les entreprises qui peuvent s'y implanter.

Et je préfère surtout avoir un gain immédiat de pouvoir d'achat pour les Français, à savoir la baisse du prix de l'essence à la pompe dès le mois de septembre, avec l'engagement qui a été pris par Total de 20 centimes de réduction sur l'ensemble de ces stations-service.

14:08
Présentateur

C'est-à-dire un tiers des stations-service de France. Les deux tiers restants vous disent « Nous, on ne pourra pas suivre cette baisse de Total ». Vous trouvez que c'est suffisant ?

14:16
Aurore Bergé

Déjà, là, vous me parliez de Total. On ne parlait pas d'autres entreprises sur la question de l'essence. Moi, ce que je préfère, c'est que plutôt qu'une taxe qui rentrerait dans les caisses de l'État de manière différée, dans un an, dans deux ans, dont les Français n'en verraient pas le bénéfice immédiatement, je préfère en effet une baisse des prix. Parce que c'est ça que les Français demandent. C'est plus de pouvoir d'achat dès cet été ou dès septembre. Et quand vous avez 30 centimes de ristourne de l'État plus 20 centimes de baisse de Total, vous voyez la différence quand vous faites votre plein chaque semaine pour devoir aller travailler.

Donc c'est ça qui compte, à mon avis, d'abord pour les Français. Ensuite, vous savez qu'il y a un certain nombre de stations en service dans notre pays qui sont déjà à prix coûtant. De grands distributeurs qui ont annoncé qu'ils allaient renouveler ces opérations à prix coûtant. Donc ça veut dire zéro marge pour eux de manière, encore une fois, à faciliter la vie des consommateurs. Et que celles et ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ils soient encouragés. On a voté aussi d'autres dispositifs à l'Assemblée pour que les employeurs puissent aller plus loin dans la prise en charge qu'ils ont chaque année sur la question du carburant. On a doublé le plafond.

Donc c'est toutes ces aides cumulées qui doivent faciliter la vie des Français.

15:20
Invité

Aurore Berger, là, on évoque le volet dépenses de la loi sur le pouvoir d'achat. Le Sénat dit qu'il faut aussi faire des économies. La carte vitale biométrique, est-ce que vous y êtes favorable ? Sur le principe, oui.

15:29
Présentateur

La question, c'est dans quel délai... C'est repoussé par l'Assemblée plusieurs fois.

15:32
Aurore Bergé

Non, ça va être repoussé par l'Assemblée. Il n'y a pas eu d'amendement demandant... Et le Sénat l'avait voté. Oui, mais la difficulté, c'est que c'est la date à laquelle vous pouvez le mettre en œuvre. Créer une carte vitale biométrique avec tous les enjeux de sécurisation que ça suppose, de coordination entre les différents services de l'État, de mise en place pour l'ensemble des Français. Vous savez très bien que ça n'est pas en quelques semaines ou quelques mois que ça peut être mis en œuvre. Est-ce que pour autant, c'est une bonne idée ? Et est-ce qu'il faut y travailler et faire en sorte que nos services puissent être prêts pour la mettre en œuvre quand technologiquement, ce sera prêt ?

Je pense que la réponse est oui.

16:05
Présentateur

Ça changera quoi concrètement ?

16:07
Aurore Bergé

Ce que propose le Sénat, c'est de dire qu'en effet, on aura moins de risques de fraude potentielle parce que ce sera beaucoup plus infalsifiable que la carte qu'on a actuellement. Ça permettra aussi de mettre en coïncidence les chiffres plutôt qu'en effet d'avoir parfois des doutes sur les différents chiffres des personnes qui doivent relever ou non du régime de la sécurité sociale. Donc si c'est une innovation, qui est une innovation technique, technologique, mais qui permet aussi de mieux garantir les droits des Français, et aussi dans le même temps de lutter contre la fraude, je pense qu'il n'y a pas de difficulté pour qu'on avance.

Par contre, il ne faut pas mentir parce qu'on ne pourrait pas faire croire aux Français qu'en quelques semaines à peine, l'ensemble des Français va pouvoir être équipés.

16:47
Présentateur

Juste que ce soit bien clair, vous venez de dire qu'il n'y a pas de difficulté pour qu'on avance. Autrement dit, si les sénateurs introduisent un amendement pour mettre en place la carte vitale biométrique, vous le voterez ensuite à l'Assemblée.

16:56
Aurore Bergé

Mais la question, c'est encore une fois le délai. Si on nous dit qu'il faut absolument le faire dans l'année qui vient, on sait que techniquement, ça n'est pas tenable de le mettre en place dans un délai aussi court. C'est juste ça la réserve. La réserve, elle n'est pas sur le fond, d'ailleurs la Première Ministre l'a déjà dit, elle est plutôt sur les délais dans lesquels on pourrait le mettre en place.

17:12
Présentateur

Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. Le Fil Info, 8h50, Diane Ferschit.

17:19
Invité

Dans le sud de l'Ardèche, l'incendie qui a parcouru 1100 hectares de végétation est globalement maîtrisé. Il est en passe d'être fixé. 600 pompiers sont toujours mobilisés sur place. Habitants et vacanciers évacués peuvent désormais réintégrer leur logement. Un feu probablement criminel, selon le procureur de la République. Un homme d'une quarantaine d'années est en garde à vue. Et dans les rôles, c'est un pompier volontaire qui a été interpellé, soupçonné d'avoir allumé plusieurs incendies, des feux, alors que 91 départements sur 96 sont à présent obligés d'imposer des restrictions sur l'usage de l'eau.

Le pétrole au cœur du dîner de travail à l'Elysée ce soir entre Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman. Une visite décriée par les associations de défense de droits de l'homme. Mohamed Ben Salman poursuit sa réhabilitation après l'assassinat du journaliste Jamal Rashogi il y a 4 ans. 5,3 milliards d'euros, c'est le montant de la perte d'EDF. Au premier semestre 2022, une perte d'ampleur exceptionnelle. À l'inverse, énorme bénéfice pour Total Énergie au deuxième trimestre. Cette fois, 5,7 milliards de dollars. C'est terminé pour les Françaises dans l'euro féminin de football. Les Bleus, défaites par l'Allemagne. Deux buts à un en demi-finale. France Info.

18:31
Présentateur

Le 8,30 France Info. Néhile à la trousse. Laurin Sénéchal.

18:37
Invité

Toujours avec Aurel Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Dans votre coalition, il y a d'autres parties. Il y a le Modem de François Bayrou et puis il y a Horizon d'Edouard Philippe. Hier, vous avez dit qu'il faut être loyal dans cette majorité. Vous considérez que les députés Horizon, qui n'ont pas voté un amendement avec la majorité, qui ont même voté un amendement avec les oppositions contre l'avis du gouvernement, il manque de loyauté ? Non, ce n'est pas ce que j'ai dit.

19:00
Aurore Bergé

J'ai dit qu'il fallait, dans un moment politique, complètement nouveau, qu'on est en train de vivre, qu'on décrivait de majorité relative, on a trois groupes qui ne sont pas dans une coalition, qui sont dans une majorité, qui est la majorité présidentielle. Et qu'on se doit mutuellement, entre nos trois groupes évidemment, que ce soit Renaissance, anciennement La République En Marche, que ce soit le Modem ou que ce soit Horizon, une totale loyauté et confiance. Et c'est ça qui fera qu'à un moment, on sortira plus fort de ce qu'un client. Mais aujourd'hui, elle n'y est pas cette loyauté, cette confiance ?

Mais je pense que c'est important de réaffirmer qu'il y a des principes qui doivent valoir en politique, de loyauté, encore une fois, entre les trois formations et trois groupes de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, et à l'égard évidemment de l'exécutif, du gouvernement et du président de La République. C'est comme ça qu'on doit fonctionner, c'est comme ça qu'on fonctionne, et c'est comme ça aussi qu'on obtiendra des résultats. Mais je vous cite, les Français jugeront sévèrement ceux qui auront démontré trop tôt une ambition personnelle au détriment du collectif. Vous parlez de ça ?

Philippe, ça vaut pour tous, ça vaut pour toutes celles et ceux qui voudraient, au sein de la majorité, démontrer dès maintenant des différences. Et je crois que c'est important, c'est-à-dire que dans un moment qui est un moment de tension dans notre pays, qui est un moment aussi d'inflation, qui est un moment social qui peut être dur pour beaucoup de Français, et qu'on essaye de réparer, qu'on essaye de protéger avec les mesures qu'on adopte, je crois qu'il faut qu'on fasse absolument bloc ensemble, et que donner le sentiment qu'on préparerait un autre calendrier, un autre agenda, et qu'on mettrait d'abord en avant des ambitions personnelles, à mon avis, oui, serait jugé.

C'est adressé à tout le monde, pas ? Non, c'est adressé à tout le monde, parce que je pense que ce serait jugé très sévèrement, et qu'à la fin, on ne fera pas la différence entre qui a telle ou telle ambition, mais qu'on se dira juste que la majorité présidentielle n'est pas à la hauteur du moment qu'on est en train de vivre.

20:37
Présentateur

Elle s'est élargie, la majorité, selon Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui inclut maintenant dans cette majorité 54 députés LR, ceux en tout cas qui ont voté avec la majorité le projet de loi Pouvoir d'Achat. On peut le dire comme ça ? Maintenant, il y a une majorité qui va jusqu'à LR, qui inclut des dizaines de députés LR ?

20:58
Aurore Bergé

Je pense que ça dépend des textes qu'on aura examinés. Il se trouve que sur le texte Pouvoir d'Achat, on va dire les deux textes Pouvoir d'Achat, nous avons réussi à avoir un compromis avec les Républicains et avec aussi d'autres députés. Je pense à des députés socialistes qui ont été élus contre l'accord NUPES, par exemple, qui ont voté ce texte avec nous. Je pense à des députés indépendants qui ont voté ce texte avec nous. Donc ça démontre... De toute façon, on a la nécessité de s'élargir.

21:24
Présentateur

Et vous ne cherchez pas à vous élargir à gauche ?

21:26
Aurore Bergé

C'est ce qu'on a fait. Si, c'est ce qu'on a fait. On a fait adopter des amendements qui viennent de la gauche, notamment sur les enjeux des collectivités locales. Sur le carburant...

21:34
Présentateur

Mais il y a une frontière avec la NUPES ?

21:35
Aurore Bergé

Il y a une frontière, non pas avec la NUPES, sauf parce qu'elle englobe les quatre parties de gauche, une frontière très claire avec la France insoumise. En termes de valeur, je ne négocie pas, je n'ai pas à négocier ni avec l'extrême gauche, ni avec l'extrême droite. Et puis des lignes rouges aussi, quand on parle d'un cadre qui est un cadre budgétaire. On ne pouvait pas finir l'examen de ce texte, encore une fois, avec de la dette ou avec de l'impôt supplémentaire pour les Français.

Donc à chaque fois qu'on nous propose des taxes nouvelles, une augmentation de l'impôt sur le revenu, eh bien oui, nous l'avons fermement repoussé à l'Assemblée nationale parce qu'on considère qu'il faut baisser les impôts des Français et pas les augmenter.

22:12
Invité

Texte adopté au petit matin, dans la nuit de mardi à mercredi, au terme de débats houleux, de nombreuses séances de nuit, ça peut tenir cinq ans à ce rythme-là ?

22:19
Aurore Bergé

On a eu une session qui est une session dite extraordinaire. Donc elle doit porter son nom. Et donc ce sont des circonstances exceptionnelles qui font qu'on se réunit. Et on se réunit pourquoi, encore une fois ? Parce qu'on avait deux textes essentiels à faire adopter dès cet été sur les enjeux de pouvoir d'achat des Français. Mais c'est pas tenable sur cinq ans. Vous dites, on ne va pas faire cinq ans comme ça jusqu'à quatre heures, cinq heures, six ans. Non, mais parce que je pense qu'il y a un principe, à un moment, qui doit nous guider. La question, elle n'est pas la fatigue. C'est ça, nous regarde personnellement.

On a souhaité être député, on l'assume et on peut tenir, en effet, des séances de nuit. Donc la question, elle n'est pas là. La question, c'est est-ce qu'on légifère bien ou pas quand il est deux heures, trois heures, quatre heures, cinq heures, voire six heures du matin ? La réponse, elle n'est pas forcément oui. Donc ça doit rester un cas tout à fait exceptionnel. Là, on avait des délais à tenir pour faire en sorte que ces textes qui soient adoptés entrent le plus vite possible dans le quotidien des Français.

Et après, il faut qu'on ait le temps, et c'est ce qui va se passer au mois de septembre, de pouvoir dialoguer, dialoguer avec les partenaires sociaux, dialoguer avec les oppositions, de manière à ce que, quand le premier texte arrivera, à savoir le texte sur la question du travail et de l'assurance chômage, eh bien, on est tout en main pour aboutir sur des compromis.

23:23
Présentateur

Là, vous parlez du Conseil national de la refondation.

23:26
Aurore Bergé

Non, je parle du premier texte qu'on a examiné à l'Assemblée nationale, qui sera le projet de loi sur les enjeux d'assurance chômage, comment on fait, encore une fois, pour avoir un système protecteur, un système aussi incitatif de retour à l'emploi, pour avancer sur la validation des actions d'expérience.

23:40
Présentateur

Mais ça veut dire qu'il y aura des discussions au sein de l'Assemblée entre les différents groupes, et donc ces discussions à côté, à la rentrée dans le Conseil national de la refondation. On a du mal à comprendre à quoi servent ces deux discussions en parallèle.

23:52
Aurore Bergé

On a un cadre qui est un cadre de dialogue et de débat parlementaire, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Nous sommes saisis sur des projets de loi, nous portons nous-mêmes des propositions de loi. Donc c'est un cadre très institutionnel et organisé. Et puis, on a un autre espèce de dialogue qui peut s'ouvrir, qui est beaucoup plus large qu'un espèce de dialogue uniquement politique. Le Conseil national de la refondation n'a pas vocation à ne comprendre que des hommes ou des femmes politiques ou que des élus, mais justement aussi à s'élargir sur la société civile. Et c'est ça qu'on doit pouvoir organiser.

24:22
Invité

Brièvement, la rentrée, c'est aussi La République En Marche précisément qui va laisser la place à Renaissance. Le parti va changer de nom. Au-delà du changement de nom, changement de statut, changement d'organisation. Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait plusieurs candidats pour piloter ce parti ? Pour l'instant, il n'y a que Stéphane Séjourné, député européen, qui a fait acte de candidature.

24:37
Aurore Bergé

Moi, comme je soutiens sa candidature, la question n'est pas pour moi qu'il y en ait d'autres. Si d'autres candidats veulent se présenter, ils sont évidemment totalement...

24:45
Invité

Mais il peut y avoir un candidat unique, ce n'est pas un problème.

24:47
Aurore Bergé

La question, c'est le projet qu'il porte. Et je crois qu'on est alignés, nous, en termes de doctrine, sur le projet qu'on veut voir être porté, sur les questions et les valeurs libérales, sur les enjeux européens. On a quand même à nouveau parlé de l'Ukraine ce matin. On voit bien à quel point nous, nous avons porté ces enjeux-là. Mais ça ne voudrait pas dire qu'il manque

25:04
Présentateur

un peu de confrontation d'idées et de...

25:07
Aurore Bergé

Ça veut dire aussi qu'on peut être alignés sur une ligne politique, justement, et qu'on peut avoir envie de la porter et de la défendre. On est en plus en tout début de ce quinquennat. On sort de campagne présidentielle, de campagne législative. Donc on sait exactement qui nous sommes et où nous voulons aller. Et puis assumer de construire un véritable parti politique, après avoir été un mouvement politique plus jeune. On a besoin, à mon avis, de construire quelque chose de très robuste, y compris de très robuste, sur les territoires.

25:32
Présentateur

Aurore Berger, merci beaucoup. Merci à vous. Présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale en vitesse matin du 8.30 France Info.

Mohammed ben Salmane à Paris, taxe sur les superprofits, "loyauté et confiance"... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé — Aurore Bergé · Pourquijevote