Benalla / Macron : une affaire d'Etat ? #cdanslair 20.07.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 8 %Attaque 61 %Défensif 31 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:55OuverteRéponse partielle
Guillaume Tabard, après 24 heures de polémiques très vives, hier, l'Élysée a donc annoncé avoir lancé une procédure de licenciement contre Alexandre Benalla. Il était temps ?
- 7:04OuverteRéponse directe
Denis Jacob, vous êtes secrétaire général d'un syndicat de police. Les policiers, ils disent quoi aujourd'hui ? Ils sont dans quel état d'esprit ?
- 9:57OuverteRéponse directe
Marc Leplongeon, vous confirmez que dans le monde de la police, ça provoque un certain émoi ?
- 14:49OuverteRéponse directe
Que risque Alexandre Benalla dans cette affaire ?
- 21:52OuverteRéponse directe
Que risque-t-il ? C'est la question que nous pose un téléspectateur ce soir.
- 23:29OuverteRéponse directe
Denis Jacob, l'usurpation, le fait que des personnalités extérieures soient infiltrées et autorisées à être dans une manifestation, c'est courant ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:10InvitéFait
« Ce qui est sidérant, c'est que l'alerte du monde date de mercredi soir 20h30. »
- 5:35PrésentateurFait
« Elle aurait dû commencer beaucoup plus tôt, puisque, normalement, il y a ce qu'on appelle dans notre code de procédure pénale en article 40, qui oblige toute autorité constituée, tout fonctionnaire, à déclarer des faits qui pourraient être constitutifs d'une infraction. »
- 6:49PrésentateurFait
« Les faits remontent au 1er mai, en marge des manifestations, quand il apparaît avec un casque des forces de l'ordre sur la tête. »
- 8:35InvitéFait
« Ce monsieur Benalla était intronisé, monsieur sécurité, alors qu'il n'a pas les qualités pour le faire, et quelque part gênait le travail de ce service de protection. »
- 10:04PrésentateurFait
« On a appris ce matin qu'il y avait plusieurs policiers qui avaient déjà été suspendus, des policiers de la préfecture de police de Paris. »
- 14:50PrésentateurFait
« L'Elysée annonce avoir pris la décision d'engager la procédure de licenciement d'Alexandre Benalla, poussé vers la sortie, notamment parce qu'il détenait les images du 1er mai filmées par les caméras de surveillance. »
- 22:47PrésentateurFait
« Ce que risque monsieur Benalla, c'est quand même plusieurs peines parce qu'il a quand même commis plusieurs délits : usurpation de fonction, usurpation de signes réservés à la police et puis usurpation de titre. Et violences volontaires. »
- 23:14PrésentateurChiffre
« Ils risquent, ça peut aller, de un an et 15 000 euros jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. »
- 28:46PrésentateurFait
« Patrick Strauss-Dat, quand il est interrogé par Le Monde, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, explique qu'il a suspendu M. Benalla dès lors qu'il a eu connaissance des faits et qu'il a réintégré ses fonctions le 19 mai, 15 jours plus tard, du 4 au 19 mai. »
- 29:20PrésentateurFait
« Tout indique que c'est faux. M. Benalla n'a pas été sanctionné puisque son statut en tant qu'agent contractuel, il est régi par un décret de 86 qui a été utilisé par M. Strauss-Dat pour le suspendre de ses fonctions et ce statut précise bien que l'article 43 qui a été utilisé, qu'il a été suspendu pendant 15 jours sans perte de salaire et qu'il a été réintégré à la suite de ces 15 jours sans sanction. »
- 30:17PrésentateurFait
« Pourquoi à partir du 9 juillet serait-il logé dans un appartement qui est une dépendance de l'Elysée qui est branlée ? »
- 33:20PrésentateurChiffre
« Deux pistolets, 50 balles, 5 boucliers anti-émeutes, un flashball. »
- 33:56PrésentateurFait
« Par arrêté du Premier ministre, il suit une formation à l'Institut des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice. »
- 36:47InvitéFait
« Quand on parle de Macronie au sens de cette équipe qui a conquis le pouvoir, est une équipe hyper jeune. »
- 41:32InvitéFait
« On a eu un vrai souci avec ce garçon, j'ai été obligé de le dégager. »
- 43:35InvitéFait
« Je pense qu'il est obligé d'agir, ce qui ne veut pas dire forcément obligé de parler, en tout cas de parler tout de suite. »
- 48:25PrésentateurFait
« Le candidat Macron avait fait de l'exemplarité une priorité. »
- 49:03InvitéFait
« Je choisis de préserver la loi de moralisation et de confiance dans la démocratie. »
- 50:14InvitéFait
« Cette histoire ne le concerne pas. »
- 55:37InvitéFait
« On ne réglera jamais aucun problème de moralité de moralisation par une loi. »
- 1:01:58InvitéFait
« si c'était un collaborateur du président il peut y avoir une légitimité à ce qu'il ait un logement de fonction »
- 1:03:26PrésentateurFait
« les CRS sont là pour contenir les manifestants ils ne sont pas pour aller derrière et s'occuper des personnes qui ont été interpellées »
- 1:03:49PrésentateurFait
« M. Benalla il est de l'Elysée vous vous êtes salarié France Télévisions »
- 1:05:47InvitéFait
« Emmanuel Macron est responsable de cette rumeur c'est-à-dire qu'en ne s'exprimant pas sur le sujet »
- 1:06:22PrésentateurChiffre
« il a eu à titre honorifique le grade de lieutenant-colonel ce qui n'est quand même pas rien à 26 ans »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- Invité21 %
- Invité 217 %
- ?5 %
- Invité 32 %
≈ 27,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Ce n'est plus une polémique, c'est une tempête politique et judiciaire. L'affaire Benalla est devenue incontrôlable pour l'Elysée, au point que le palais présidentiel a dû se résoudre ce matin à licencier ce proche du chef de l'État. Alexandre Benalla est par ailleurs en garde à vue depuis ce matin dans les locaux de la police judiciaire à Paris. La journée a été rythmée par de nouvelles révélations, on va y revenir, et de nouvelles réactions politiques. L'opposition continue de dénoncer un scandale d'État. Emmanuel Macron, lui, se tait. Il a déjà dû céder à la pression, ce qui n'est pas dans ses habitudes.
Mais il sait sans doute que l'affaire n'est pas terminée. La procédure judiciaire démarre tout juste et une commission d'enquête parlementaire va être créée. Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, sera auditionné mardi prochain en fin d'après-midi. En réalité, le feuilleton Benalla ne fait que commencer. On en parle ce soir avec nos invités. Guillaume Tabard, vous êtes éditorialiste politique au quotidien Le Figaro. Votre édito du jour revient sur cette crise avec ce titre « Communication de crise » ou « Crise de la communication ». Et on vous retrouve également sur Radio Classique. Marc Le Plongeon, vous êtes journaliste spécialiste des questions police-justice.
Alep de Madère, Le Point, vous signez aujourd'hui cet article. Alexandre Benalla a-t-il vraiment été sanctionné ? Et je rappelle aussi votre livre « Le Chaudron français » publié chez Grasset. Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde ainsi que pour M Le Mag. En une de votre journal aujourd'hui, les trois enquêtes de l'affaire Benalla. Denis Jacob, vous êtes secrétaire général du syndicat de police alternative CFDT. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr comme chaque soir vos questions par SMS et Internet. La digue n'a pas tenu longtemps.
Guillaume Tabard, après 24 heures de polémiques très vives, hier, l'Élysée, ce matin, très tôt, au milieu de matinée, a donc annoncé avoir lancé une procédure de licenciement contre Alexandre Benalla. Il était temps
? La
digue n'a pas tenu parce qu'elle n'a pas été posée suffisamment tôt. Ce qui est sidérant, c'est que l'alerte du monde date de mercredi soir 20h30. Ce qui dit « Alerte du monde » dit quand même « Information préalable pour l'enquête elle-même ». L'Élysée savait que cette affaire allait sortir et qu'ils aient laissé autant de temps, puisque la première action officielle, c
'est
cette fameuse vidéo faite par Bruno Roger Petit, parce que ce n'est même pas un point de presse, puisqu'il a parlé devant une caméra et pas du tout devant des journalistes, le lendemain matin à 9h30. On laisse passer au moins 12h, encore 12h par rapport au moment où cette affaire est connue. C'est-à
-dire
que ça laisse le temps à la polémique politique de s'installer, de gonfler. Et ensuite, face à une décision
qui, d
'un point de vue de béossien, semble être une décision de bon sens qui aurait dû être prise une minute après l'alerte du monde, à savoir mettre fin aux fonctions d'Alexandre Benalla à l'Élysée, un nouveau délai incompréhensible qui laisse bien sûr tout le temps à cette affaire de se gonfler et de devenir un vrai problème politique pour le président.
–
Comme si Vanessa Schneider,
au
fond, l'Élysée s'était dit « ça va peut-être passer », pour parler un peu de façon familière.
– Oui, moi je serais encore plus sévère que Guillaume Tabard, c'est-à-dire que l'Élysée aurait dû prendre des décisions au lendemain du 1er mai, dès que l'Élysée était informée de l'existence des faits, à savoir qu'un membre du cabinet d'Emmanuel Macron s'était rendu à cette manifestation et s'était livré à des violences. Donc déjà, il y
a
un premier dysfonctionnement assez incompréhensible. Après, en effet, le monde révèle l'identité de la personne qui a exercé ces violences et explique ce qui s'est passé, et là encore, aucune réaction de l'Élysée. Emmanuel Macron, à l
'heure
où nous parlons, ne s'est toujours pas exprimé sur la question. Je pense qu'on peut l'expliquer par différentes choses. Il y a, de la part d'Emmanuel Macron, une détestation des médias. Il ne
veut
pas céder à ce qu'il estime être la pression médiatique. Et je pense, en effet, dans un premier temps, l'Élysée ne mesure pas la portée de l'événement et la gravité des faits et ce que cet événement peut provoquer dans l'opinion, les sentiments qu'il peut provoquer, et se dit, il va avoir un petit peu de mousse, ça va occuper les journalistes quelques heures et on va passer à autre chose. Donc, très grosse erreur d'appréciation qui s'explique par un sentiment aussi d'invincibilité d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a réussi quelque chose d'extraordinaire politiquement. On l'a déjà analysé plusieurs fois ici. Cette campagne éclaire, partie de rien, qui arrive à la tête de l'Élysée.
Et c'est renforcé le sentiment chez lui et dans son équipe et chez ses proches qu'ils étaient les meilleurs et qu'ils étaient invincibles et que, quelque part, rien ne peut les atteindre. Et c'est ça qu'on retrouve dans cette communication qui paraît, ou cette non-communication qui paraît incompréhensible pour tout observateur. C'est cet espèce de sentiment de surpuissance, de ce pouvoir qui se sent à l'abri de tout.
Ça,
c'est l'aspect, on va y revenir longuement évidemment, l'aspect politique, mais avant de regarder ensemble le premier reportage, l'aspect judiciaire maintenant, marque le plongeon. Donc, il y a une enquête qui commence.
Que
cherchent à savoir les policiers qui ont placé en garde à vue M.
Benalla ce
matin ? Alors, il y
a
une enquête qui commence, mais surtout, elle aurait dû commencer beaucoup plus tôt, puisque, normalement, il y a ce qu'on appelle dans notre code, de procédure pénale en article 40, qui oblige toute autorité constituée, tout fonctionnaire, à déclarer des faits qui pourraient être constitutifs d'une infraction. Là, clairement, les autorités, le pouvoir public ne l'a pas fait, alors même qu'ils étaient en possession, qu'ils ont vu qu'on leur a rapporté ce qui s'était passé le 1er mai, et que ça ne
s
'ouvre d'aucune ambiguïté. On voit un homme qui est au service d'Emmanuel Macron, qui frappe au sol un manifestant. C'est limpide. Cette enquête, cet article 40, il n
'a
pas été utilisé, et l'enquête préliminaire n'a été lancée à l'initiative du parquet qu'après les révélations du monde. À partir de ce moment-là, tout s'est accéléré. Très vite, on a le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron qui a été entendu en audition libre, puis M. Benalla qui a été placé en garde à vue ce matin. Une garde à vue qui peut durer 24 heures, qui peut être prolongée d'un nouveau délai de 24 heures. On va chercher à savoir
ce
qu'il s'est passé. Est-ce qu'il s'est passé des choses
avant
la vidéo,
avant les
images qu'on a pu voir ? Est-ce que c'est une réaction à quelque chose qui a pu se passer ? Il va chercher à se justifier, et après,
il
va devoir dire des choses très objectives, c'est-à-dire pourquoi est
-ce
qu'il portait, par exemple, un brassard police, alors même qu'on le rappelle, il n'a pas cette qualité. Denis Jacob, vous êtes avec nous ce soir.
J
'appelle que vous êtes secrétaire général d'un syndicat de police, Alternative CFDT, parce que la police
est
d'une certaine façon à la fois actrice et victime de cette affaire. Vous vous retrouvez dans ce dossier. Alors, d'abord, je voudrais simplement avoir votre sentiment sur ce qui se passe. Les policiers, ils disent quoi aujourd'hui ? Ils sont dans quel état d'esprit ? Ils sont dans un mauvais état d'esprit. Il
y a
un raz-de-marée de mécontentement et de colère, parce qu'une nouvelle fois, l'image de la police nationale est entachée
par
une affaire qui aurait pu paraître comme faite par un policier. Et on apprend tous, alors déjà, par un policier, ce n
'est
pas excusable, bien évidemment, ce qui s'est passé, mais là, on apprend en plus, nous, qu'il n'est pas policier. Donc, on est aussi un peu les dindons de la farce dans cette histoire. Et ça pose véritablement un problème, parce que cette personne agit
comme
s'il était policier, avec des matériels de police. Qui lui a donné ? Parce qu'il y
a
beaucoup d'interrogations encore ce soir sur les circonstances de sa présence, je le rappelle, dans un service de maintien de l'ordre à l'occasion de la manifestation du 1er mai.
Et
que dire également de la mise à disposition de certains moyens de cette personne, comme par exemple un véhicule totalement équipé police, avec gyrophares et de thon, alors qu'on a des collègues qui travaillent dans des conditions pitoyables, avec des véhicules qui ont 200 ou 300 000 km au compteur. Enfin, vous comprenez que cette affaire en interne soulève une fois de plus un vent de colère parmi mes collègues. Vanessa Schneider ?
Je dirais au sein de l'Elysée également, puisque normalement la protection du président est assurée par un service qui est constitué comme tel, le GSPR, qui est chargé de la sécurité du président. Et ce monsieur Benalla était intronisé, monsieur sécurité, alors qu'il n'a pas les qualités pour le faire, et quelque part gênait le travail de ce service de protection. Donc c'est installé quand même au cœur de l'État une petite bande autour de cet individu qui, à l'évidence, occupait des fonctions, en tout cas des responsabilités, qu'il n'avait pas à occuper, ni par leur statut professionnel, ni dans le cadre du fonctionnement général de l'Elysée.
Donc les dysfonctionnements sont préalables aux faits de violences qui se sont produits lors de la manifestation. C
'est d'autant plus vrai sur le GSPR qu'a priori, on attendra la confirmation parce que ça nécessite une décision des syndicats de police dans le cadre des instances internes,
mais
il semblerait que le GSPR, il y ait déjà une décision politique de prise pour que ça soit retiré de la couverture du SDLP, le service de protection de toutes les personnalités, pour potentiellement être mis au service, étrangement, des sociétés de sécurité privées. Voilà ce qui se dit actuellement. Donc le fait que M. Benalla soit intronisé dans ce milieu-là n'est peut-être pas non plus
innocent.
Marc Leplongeon, vous confirmez que dans le monde de la police, ça provoque un certain émoi ? Ça provoque un émoi certain, puisqu'on a déjà vu d'ailleurs qu'il y a quelques têtes qui avaient été découpées. On a appris ce matin qu'il y avait plusieurs policiers qui avaient déjà été suspendus, des policiers de la préfecture de police
de Paris. Alors expliquez pourquoi d
'ailleurs ? Pourquoi des policiers ont-ils été suspendus ce matin ? Alors vraisemblablement, ils sont soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéosurveillance qui avaient été tournées sur la voie publique le 1er mai à M. Benalla, à sa demande, le soir du 20 juillet, donc après l'apparution du Monde. Ce qui est probable, c'est que M. Benalla a été un petit peu inquiété de ce papier, fortement, et que tout de suite, il a demandé des garanties,
c
'est-à-dire est-ce qu'il y a d'autres vidéos où on voit clairement mon visage,
est
-ce que comment ça s'est passé, est-ce que je vais pouvoir prouver peut-être que j'étais en situation, je ne sais pas, de légitime défense, je suppose. Et tout de suite, il a demandé à ses policiers de lui fournir ces images qui, visiblement, lui ont obéi.
Ce
qui est complètement invraisemblable. Et ça en dit long sur l'importance qu'avait pris cet individu au cœur même de l'État et au plus haut sommet de l'État, puisque des fonctionnaires de l'État se sont sentis obligés de lui fournir des vidéos hors cadre légal.
On
voit bien toutes les questions posées par cette affaire, j'allais dire ces affaires, parce que c'est un peu comme les poupées russes, dès qu'on en soulève une, on découvre autre chose. Guillaume Tabard, vous êtes d'accord avec ce qu
'on
disait au début de
l
'émission, ce n'est que le début d'une affaire mal maîtrisée par l'Élysée
? Ça n'est que le début au sens où d'abord, on ne sait pas si on connaît tous les éléments. Pour l'instant, il y a ce que le monde annonce hier, déjà la vidéo,
l
'identité, etc. Ensuite, le monde qui poursuit aujourd'hui…
Qui n'est pas
nié par
aucun des interrogateurs.
Le monde qui nous apprend que ce personnage, qu
'on
ne
connaît
pas, on peut y prendre comme étant une des personnes qui travaillent pour la sécurité du président, en fait, est logée, qui est Branly, qui est vrai, qui est Branly, c'est là où étaient logés les proches de François Mitterrand, François de Gros-Souvre, la
deuxième famille, c'est ce qu'on appelle la deuxième famille. C'est plutôt
un lieu que l'Élysée surveille et où place des gens qui sont importants pour lui. Cette fameuse voiture, elle voit tout ce qu'on apprend aujourd'hui. Et il n
'y a
pas de raison qu'on n
'en
apprenne pas d'autres à venir. L'une des grandes questions qui est posée maintenant, je n
'ai
bien sûr aucun élément de réponse, mais c'est quelle est la nature du lien personnel entre Alexandre Benalla et Emmanuel Macron ? Depuis hier, on nous ressort plein de photos, la fameuse photo où ils font du ski aux vacances de Noël, la fameuse photo au salon d'agriculture, etc. qui montre que, visiblement, bien sûr, le bus des bleus et compagnie, qu'il occupe un rôle qui est plus que simplement quelqu'un en charge de la sécurité.
C
'est ce rôle qu'il faut comprendre. Et du coup, la question aussi qui est connexe, c
'est
pourquoi Emmanuel Macron a-t-il attendu
pour
prendre la sanction ultime, qui est celui de le renvoyer clairement de l'Élysée ? Il y a peut-être une réponse claire, évidente, mais à
ce
moment-là, il est urgent de la donner
pour
éviter que ça ne provoque toutes sortes de supputations, de rumeurs sur la proximité entre eux. Quel est ce lien ? Y
a
-t-il voulu le couvrir, tout simplement ? Hier, l'Élysée annonçait que la mise à pied pour 15 jours d'Alexandre Benalla constituait déjà une sanction sévère pour son collaborateur, mais face aux révélations sur les circonstances qui entourent les événements du 1er mai, l'Élysée a donc décidé ce matin une procédure de licenciement contre l'agent de sécurité d'Emmanuel Macron. Alexandre Benalla placé en garde à vue par ailleurs par la police judiciaire de Paris. Julien Lhonnet, Jérémy Normand et Clément Billet.
Une
nouvelle vidéo accablante pour Alexandre Benalla, mise en ligne cet après-midi par le site Mediapart.
On
le voit donner un coup de pied à un jeune
qui
peine à retrouver son souffle
avant
de procéder à son interpellation. Le collaborateur d'Emmanuel Macron s'est présenté ce matin au siège de la police judiciaire où il a été placé en garde à vue, interrogé au lendemain de l'ouverture d'une enquête préliminaire pour violences et usurpations de fonctions.
Les
faits remontent au 1er mai, en marge des manifestations,
quand
il apparaît avec un casque des forces de l'ordre sur la tête. Venu en tant qu'observateur, il saisit alors une jeune femme sans ménagement
avant
de brutaliser un homme à terre.
Ce jour-là,
à
ses côtés,
son
ami Vincent Crase, gendarme réserviste, employé par La République En Marche. Il est lui aussi entendu depuis ce matin par les enquêteurs.
Face
à la polémique, l'Elysée annonce avoir pris la décision d'engager la procédure de licenciement d'Alexandre Benalla,
poussé
vers la sortie, notamment parce qu'il détenait les images du 1er mai filmées par les caméras de surveillance. Soupçonné de lui avoir transmis, trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, embarras au ministère de l'Intérieur.
Le
ministre condamne lourdement ses agissements qui, s'ils devaient être confirmés, constituent un grave manquement à la déontologie et portent atteinte à l'image d'exemplarité qui doit, en toutes circonstances, caractériser l'action de la police nationale. Gérard Collomb, un ministre de l'Intérieur sous pression. Il aurait été informé de l'affaire le 2 mai, alertant aussitôt l'Elysée, mais sans la signaler à la justice comme le préconise la loi.
En
dissimulant délibérément des informations à la représentation nationale et à la justice, Gérard Collomb s'est montré indigne de sa fonction et a porté atteinte au fondement de notre démocratie. J'appelle à sa démission. De son côté, Emmanuel Macron fait toujours le dos rond en évitant de s'exprimer sur le sujet.
Hier,
lors de son déplacement en Dordogne, il a pris soin d
'esquiver les questions des journalistes. Monsieur le Président, pourquoi ne pas vouloir nous répondre
sur l'affaire d
'Alexandre
Benalla ? Et donc,
c
'est
ça ? Merci,
merci,
merci. Non, non, non, la République, elle est inaltérable.
Au
sein de la majorité, si le comportement d'Alexandre Benalla a choqué, la plupart des députés en marche tentent de justifier le silence du président.
Le
président de la République, il doit conserver sa ligne. Il n'est pas là pour gérer l'actualité de son cabinet. Donc, des mesures sont prises en interne, ça ira au bout et c'est très bien comme ça. Le président n'a pas à se mêler de ses problématiques internes au cabinet, comme bien même, c'est effectivement un garde du corps qui le suivait régulièrement. Il sera remplacé par un autre garde du corps.
Dans
les rangs de l'hémicycle, l'opposition profite des débats sur la réforme
constitutionnelle pour demander des comptes.
Ça veut dire que le président de la République, aujourd'hui, au mépris des fonctionnaires de police, au mépris des militaires de la gendarmerie nationale, s'entoure d'une équipe de barbouzes. C'est de ça dont il s'agit.
Et
à ce moment-là,
vous
voulez qu'on continue sereinement à débattre de nos institutions ?
La
France insoumise, elle, aimerait déposer une motion de censure alors que l'Assemblée a mis en place une commission d'enquête.
Faire
toute la lumière, d'autant que de nouvelles informations sur Alexandre Benalla pourraient encore alimenter la polémique. Selon le journal Le Monde, le chargé de mission d'Emmanuel Macron bénéficie depuis peu d'un logement de fonction attribué par l'Elysée.
Voilà,
si on résume trois enquêtes au total, une enquête judiciaire, une enquête interne à la police et une enquête parlementaire. Concernant l'enquête parlementaire, cette commission va être créée. Et en début de semaine, mardi précisément à 17h45, Gérard Collomb sera auditionné. Alors on sait maintenant qu'il était au courant, Vanessa Schneider, depuis le début.
Oui, alors là, on peut dire
que dans un sens, l'État fonctionne bien, parce que la mise à l'intérieur,
c
'est directement ce qui s'est passé. Il en réfère
très
très vite à l'Elysée. Il donne en effet ces informations à l'Elysée. Et là où il devra s'expliquer, c'est pourquoi il n'a pas activé ce fameux article 40 qui normalement l'obligeait à signaler ce comportement en dehors de la loi. Donc Gérard Collomb est dans une position fragile. Emmanuel Macron également. Emmanuel Macron qui
s
'est posé en candidat, puis en président
d
'un nouveau monde. Et là, on découvre quoi en fait ? On découvre que sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, M. Jacob a employé le mot de barbouze. C'est en effet le mot qui vient à l'esprit. Et on a
malheureusement
toujours vu ça. On se souvient du temps du général de Gaulle, du SAC, il y a toujours eu la tentation chez les politiques de s'entourer de personnalités troubles, parfois d'anciens policiers ou militaires, de gens proches des milieux de la sécurité, mais aussi proches parfois des voyous qu'on utilise pour des bases d'œuvres. On pensait ce temps révolu. En tout cas, Emmanuel Macron se posait en candidat et en président avec des pratiques nouvelles de ce point de vue-là. Et là,
on
en trouve une porte sur une face noire de la Macronie. Je pense qu'on peut l'expliquer par deux choses, la présence de ces individus dans l'entourage d'Emmanuel Macron. D'abord par
la
précipitation avec laquelle s'est montée cette campagne. Donc un candidat qui sort de nulle part, qui n'a pas beaucoup de réseau. On l'a vu aussi pour des candidats aux législatifs qui n'étaient pas... On n
'a
pas eu le temps de vérifier tout à fait leurs états de service, leur casier judiciaire et autres. Donc il y a comme ça des personnalités qui se sont greffées autour du candidat et qui n'ont pas forcément des certificats de vertu sur tous les plans. Et ensuite, et là en effet, on devra poser la question que soulevait Guillaume Tabard, c'est quel rôle exactement exerçait cette personnalité qui paraît très proche d'Emmanuel Macron. Et là, on retrouve quelque chose qui a aussi existé chez des précédents présidents. C'est cette espèce de...
Oui, on joue un peu avec le feu, avec des personnalités borderline, des présidents qui s'en canaillent auprès de personnalités au curriculum vitae un peu louche. Donc il a manqué,
pour
le coup, vraiment de prudence en s'entourant de cet homme-là qui l'a donné beaucoup de pouvoir. Et la précipitation à laquelle je faisais référence n'explique pas tout pour l'instant.
Un barbouze, ça vous paraît exagéré, Marc Le Plongeon ? Ça vous paraît au vu du CV d'Alexandre Benalla ? En tout cas, c'est quelqu'un qui n'a pas la qualité de policier qui se fait passer comme tel. C'est quelqu'un qui était réserviste dans la réserve citoyenne de la gendarmerie
au
grade de lieutenant-colonel. À 25 ou 26 ans, je pense que c'est pas mal. C'est quelqu'un qui a tous les attributs d'un policier, qui en utilise les outils, qui a même un port d'armes. Port d'armes qui lui avait été refusé à plusieurs reprises sous le dernier quinquennat, notamment par Mathias Feckel et par ses services, et qui lui a été finalement donné à la fin de l'année 2017. On a plein de soucis qui se posent. Arganchemin dans le monde, d'ailleurs le décrivait, c'est plus un monsieur sécurité, c
'est
un monsieur du quotidien. C'est un monsieur qui accompagne le président dans ses déplacements, qui fait partie intégrante de son agenda.
Ça
va plus loin que ça.
Je
pense qu'on n'est pas sur les affaires réservées, mais on est peut-être sur quelque chose qui s'en approche.
En
tout cas, oui. Que risque-t-il ? C'est la question que nous pose un téléspectateur ce soir. Que risque Alexandre Benana dans cette affaire ?
Monsieur
Toussaint, je vais vous répondre très rapidement, mais je voudrais préciser une chose quand même. Pour bien comprendre la situation de la police nationale, c'est que dans cette affaire, ce ne sont pas des policiers de terrain
qui
sont concernés, principalement. Les principaux protagonistes, ce sont des hauts fonctionnaires, des commissaires. Je pense que c'est important de le dire parce que si ça avait été un policier de terrain dans cette affaire, on l'aurait suspendu tout de suite. Il aurait été mis en garde à vue, mis en examen. Il y
aurait
eu une enquête administrative, une procédure judiciaire. On l'aurait même changé de service. Il aurait été suspendu d'ailleurs sans traitement. Bref, on a le sentiment qu'il y a deux poids,
deux
mesures dans cette affaire.
Et
là, monsieur Benalla, on ne comprend pas pourquoi il n'y a pas eu cette enquête judiciaire dès le départ, alors qu'a priori, de ce que l'on sait, toutes les autorités à tous les niveaux, non seulement étaient au courant et a priori, auraient visionné toutes les vidéos. Donc ce que risque monsieur Benalla, c'est quand même plusieurs peines parce qu'il a quand même commis plusieurs délits. Usurpation de fonction, usurpation de signes réservés à la police et puis usurpation de titre. Et violences volontaires. Et violences... Oui, alors bien évidemment, je...
Et évidemment, violences volontaires.
Bien évidemment. Et avant tout, les violences volontaires. Mais en termes, puisqu'on parle surtout de ce qui se passe actuellement au sein de la police nationale, ils risquent, ça peut aller, de un an et 15 000 euros jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Denis Jacob, est-ce que, avant même d'évoquer les violences, l'usurpation, le fait comme ça que des personnalités extérieures soient infiltrées et autorisées à être dans une manifestation, c'est courant ou pas ? Alors, j'ai déjà répondu à certains de vos confrères, moi ça va faire 30 ans que je suis dans la police nationale. C'est la première fois que je vois ça.
D'accord.
Et en étant un peu cru, je dirais même que c'est une affaire de dingue. Autant, autant on peut avoir des observateurs qui sont habilités, comme vous les journalistes, pour suivre des équipes
de
police dans leur travail au quotidien, ou des chercheurs dans le cadre de la recherche, ou des sociologues. Oui, je ne
vais
pas dire que c'est tous les jours, mais ce n
'est
pas rare non plus. Mais là, quelqu'un qui n'a pas de lien direct avec le métier de la sécurité au sens propre qu'on le considère, c'est-à-dire, et force de sécurité d'État, pourquoi il était là, et qui plus est, de ce que j'ai cru comprendre pendant ses vacances. On lui a offert un coffret vacances découverte de la police, je ne sais pas. Pour vous, c'est tout à fait inédit, ou en tout cas
exceptionnel. À ma connaissance,
je n
'ai
jamais connu une...
Et
qui, éventuellement, pourrait donner une autorisation pour cela ? Dans les faits, dans la pratique, quand on veut obtenir une habilitation pour pouvoir suivre des policiers en mission, c'est une demande qui est faite, alors en ce qui concerne Paris, auprès du cabinet du préfet de police, qui ensuite fait vérifier la demande par la personne, par la direction concernée, ça peut être la DESPAP ou la DOPC pour la préfecture de police, qui ensuite rend son avis. On avise en général la cellule communication également quand il s'agit de journalistes, et puis ensuite, le feu vert est donné ou pas. On voit bien une affaire de dingue, nous dit à
l'instant Denis Jacob. Un petit peu en sorte de
jour de vacances, parce qu'on en parle aussi beaucoup. Oui, c'est vrai. Là aussi, c'est hallucinant, parce que quand on est à ce niveau de proximité avec le président et d'intégration au cercle rapproché, on n'en est pas à déposer un jour de RTT pour dire est-ce que ce jour-là, je peux faire ceci ou je peux faire cela. Il
est
dans une relation de confiance, et je pense qu'il gère son temps comme il l'entend, sans avoir un aspect comptable.
Donc
cet argument
de lire... Il n'a pas besoin de
pointer.
Oui, donc l'argument, à mon avis, ne tient pas très longtemps.
En tout cas, une affaire de dingue, et l'opposition évidemment est vent debout. Est-ce qu'elle a raison d'ailleurs de s'opposer aussi violemment au gouvernement sur cette affaire ? On est dans le jeu traditionnel politique de la Ve République, où là vraiment, on a quelque chose, une sorte de brèche
qui
s
'est
ouverte ? D'une part, c
'est
de bonne guerre. On a une opposition qui depuis un an n'arrive pas à exister, qu'elle soit de droite ou de gauche, ou en
tout
cas qui existe différemment selon le décan, et qui avait du mal à trouver prise sur le président. Là, il y
a
une grosse boulette qui lui est offerte. Bon, c'est le jeu politique, elle aurait tort de s'en priver. Ensuite, c'est vrai,
il
se trouve qu'on est sur un texte, la révision constitutionnelle, qui est censée s'inscrire dans ce fameux grand projet de modernisation des institutions, de moralisation, c'est le mot qu'avait employé, de la vie publique, qui
a
différents aspects. Là, c'est l'aspect strictement constitutionnel, mais c'est dans ce même paquet cadeau, si j'ose dire. Bon, et donc c'est vrai qu'à partir du moment, on va débattre sur les pouvoirs de tel ou tel, et dire, attention, si le président peut répondre aux députés, au Parlement, est-ce que c'est encore vraiment les institutions ? À côté de ça, on a quelqu'un qui se réclame du président, qui commet de tels actes, on voit bien qu'il
y
a un décalage entre les deux réalités, et que ça paraît hallucinant d'aller débattre de quelques amendements, au moment où il y
a
une telle affaire qui est dans le débat public.
Une affaire d'État, c'est ce que disent plusieurs responsables de l'opposition. Marine Le Pen vient de faire une grande déclaration
par la longueur,
mais une vidéo dans laquelle elle dénonce une affaire d'État, c'est aussi le titre de notre émission, d'ailleurs, on pose cette question, c'est une affaire d'État ou c'est une affaire de dingue, pour reprendre l'expression de Denis Jacob, une affaire qui va être, au fond, circonscrite à une partie du cabinet d'Emmanuel Macron ?
Ça a commencé par une affaire de dingue et ça devient une affaire d'État parce qu'en effet, la commission d'enquête parlementaire, elle va être chargée de ça, de voir quelles ont été les responsabilités de chacun au sommet de l'État, du ministre de l'Intérieur, du fonctionnement de l'Élysée, des relations avec la préfecture de police, tout va être décortiqué et tout va être décortiqué au grand jour.
Et
c'est pour ça que ça va continuer parce qu'une commission d'enquête parlementaire, elle est filmée, c'est-à-dire que là, les gens qui nous regardent ce soir, ils peuvent écouter ce qui se passe et ça, c'est assez inédit puisque généralement, il y
a
des commissions d'enquête parlementaire sur des sujets très précis ou des faits qui remontent à loin et qui n'intéressent
pas
forcément l'opinion publique. Là, n'importe quel Français pourra entendre Gérard Collomb être auditionné, des personnels de l'Élysée être auditionnés et ils vont devoir apporter des réponses claires sur, en effet, pourquoi, d'une part, cet individu n'a pas été immédiatement licencié ou plus fortement sanctionné et pourquoi le procureur n'a pas été saisi au lendemain des faits. Et là, ça devient,
s
'il
y
a affaire d'État, c'est parce qu'en effet, ça concerne des dysfonctionnements au sommet de l'État.
Marc Leplongeon, oui. J'irai même plus loin. Pour que ça constitue une affaire d'État, il va falloir prouver s'il y a eu une volonté de dissimuler ce qui s'est passé. Alors, en tout cas, ça n
'a
pas été dénoncé. Mais est-ce qu'après, ça a été dissimulé ? Et alors là, on a un gros souci. C'est au niveau de la communication politique qui en a été faite. C
'est
l'objet d'un papier que j'ai fait dans le point récemment où il faut bien comprendre que
dans
sa communication, Patrick Strauss-Dat, quand il est interrogé par Le Monde, le
directeur
de cabinet d'Emmanuel Macron, explique qu'il a suspendu M. Benalla dès lors qu'il a eu connaissance des faits et qu'il a réintégré ses fonctions le 19 mai, 15 jours plus tard, du 4 au 19 mai.
Après,
on a eu
une
polémique intense qui a été déclenchée et M. Roger Petit, le porte-parole de l'Élysée, là, qui va dire dans son élocution publique, attention, M. Benalla a été sanctionné administrativement, sanctionné, avec retenue de salaire et c'était le dernier avertissement avant un licenciement.
Tout
indique que c'est faux. M. Benalla n'a pas été sanctionné puisque son statut en tant qu'agent contractuel, il est régi par un décret de 86 qui a été utilisé par M. Strauss-Dat pour le suspendre de ses fonctions et ce statut précise bien que l'article 43 qui a été utilisé, qu'il a été suspendu pendant 15 jours sans perte de salaire et qu'il a été réintégré à la suite de ces 15 jours sans sanction. Et c
'est
là où il faut faire attention à ne pas se faire du tout embrouiller par la communication politique qui nous est proposée parce qu'aujourd'hui on prend une mesure de licenciement en disant sur la base de faits nouveaux on prend une mesure claire et précise. en réalité sur la base des premiers faits qui étaient à leur connaissance dès le 2 mai il n
'y a
pas de sanction qui a été prise. Non seulement pas de sanction mais on nous a aussi expliqué dans un premier temps qu'il avait été mis au placard et c'est là qu'on découvre d'ailleurs peu de temps après qu'il est aux premières loges pour le retour
des Bleus
évidemment lundi de la Coupe du Monde en
Russie. Et puis l
'histoire de l'appartement de
fonction.
Alors
l'appartement c'est aussi une grande
énigme. Pourquoi à
partir du 9
juillet serait-il logé dans un appartement qui est une dépendance de l'Elysée qui est branlée ?
Alors ça les différentes enquêtes pourront peut-être apporter des réponses mais en tout cas ça indique bien en effet que cet individu n'était pas du tout placardisé pour reprendre votre expression puisqu'il a bénéficié bien après les faits d'un cadeau de l'État.
Alexandre Benalla personne ne le connaissait vraiment mais on l'apercevait parfois aux côtés de femmes et d'hommes politiques dont il assurait la sécurité. Depuis 2011 il gravitait dans le service d'ordre du Parti Socialiste auprès de Martine Aubry puis de François Hollande. Il a accompagné quelque temps Arnaud Montebourg avant de rejoindre le mouvement En Marche où il s'est rendu indispensable dans l'équipe d'Emmanuel Macron. Portrait d'un homme qui aurait dû rester dans l'ombre Mathieu Lignot Mariam Soumaré et Dominique Lemarchand.
Quand
Emmanuel Macron se déplace Alexandre Benalla n'est jamais loin.
On
le voit ici lors d'un séjour au ski ou
encore
à vélo en polo jaune avec le président au touquet.
Allez,
bonne soirée !
Avant
de perdre les pédales Alexandre Benalla a eu une carrière fulgurante dans la sécurité des figures politiques françaises. Sa première expérience de garde du corps s'était aux côtés de Martine Aubry pendant les primaires de 2011. Il a alors à peine 20 ans.
Il
va ensuite rejoindre le service d'ordre du Parti Socialiste pendant la campagne de François Hollande. Ceux qui l'ont côtoyé se souviennent d'un garçon motivé qu'il fallait canaliser. C'était aussi le problème de la jeunesse sans doute et de vouloir bien faire. Il y
a
des moments de recadrage parce qu'on dépasse un petit peu les limites de la fonction ou on ne
va
pas assez loin dans la fonction. Je rappelle aussi qu'il y a des lois qui sont pour tout un chacun. Donc il fallait qu
'on
fasse attention à ça aussi. Une fois François Hollande à l'Elysée, Alexandre Benalla devient le chauffeur d'un ministre, Arnaud Montebourg.
Mais
il est remercié après seulement quelques jours de travail. Après une faute professionnelle d'une première gravité, il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite.
En
2016, il devient responsable de la
sécurité
de la campagne d'Emmanuel Macron.
Il
sera de tous les déplacements.
Descendez-moi les caméras
!
Il participera aussi à l'organisation de meetings. Et déjà, Alexandre Benalla se fait remarquer.
Il
expulse Manu Militari et un militant communiste d'une salle où s'exprime Emmanuel Macron. Ici, c'est un journaliste qui se fait ceinturer, accusé de s'être approché trop près de son candidat. Alexandre Benalla étonne car il veut armer le service de sécurité de pistolets lanceurs de balles en caoutchouc.
C
'est ce que révèlent des mails publiés par Wikileaks. Bonjour, suite à notre échange téléphonique, je vous confirme la commande suivante pour le mouvement En Marche. Deux pistolets, 50 balles, 5 boucliers anti-émeutes, un flashball. Surprise du trésorier d'En Marche
! Je
n'ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés. Je trouve même ça dangereux et j'aimerais être sûr que c'est validé et qu'on est dans un cadre juridique OK.
La
commande est refusée par la direction d'En Marche.
Mais
qu'a fait
Alexandre Benalla entre 2012 et 2016 ?
Le
jeune homme ne disparaît pas complètement des écrans radars. Alexandre Benalla est réserviste de la gendarmerie et son nom apparaît au journal officiel en
2015.
Par
arrêté du Premier ministre, il suit une formation à l'Institut des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice.
Il
rejoint aussi une entreprise internationale de sécurité privée fondée par deux policiers. Son nom, Velour.
Ce
journaliste a enquêté sur les
activités d'Alexandre Benalla dans cette période.
Entre
2015 et 2016, il a essayé de monter une entreprise au Maroc qui était la filiale d'un groupe international et ça a échoué pour des raisons qu'on n'a pas encore élucidées. Et ensuite, un an plus tard, il monte une association qui a de fortes ambitions si on en croit ses statuts puisqu'elle veut représenter le secteur de la sécurité privée. Mais sur cette association, force est de constater que personne ne la connaît. Elle est inconnue et des pouvoirs publics et des autres organisations représentatives. Donc voilà, après, il est très jeune, mais en tout cas, sur ces deux initiatives, c'est plutôt des échecs.
À
26 ans, l'homme qui se prenait pour un policier risque jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Alexandre Benalla, était-il connu des services de police
? À
ma connaissance, pas tant que ça. En tous les cas, pas des policiers de terrain, peut-être à haut niveau, effectivement. Il est connu, certes, pour avoir obtenu un titre honorifique dans le cadre de la réserve citoyenne de la gendarmerie. Visiblement, c'est un monsieur qui a un réseau un petit peu développé au niveau de la gendarmerie et de la police nationale, mais je me répète, à haut niveau, pas au niveau du terrain en tous les cas. On a utilisé l'expression barbouge tout à l'heure, l'expression Rambo. Elle
a
été utilisée par Christian Jacob, mais au-delà de ça, ce type de personnages, on les a tous vus quand on suit des partis politiques.
C
'est-à
-dire,
dans les partis politiques, les partis politiques organisent des services d'ordre avec des gros bras, des gens qui ont le physique fait pour sécuriser les meetings, les déplacements, pour éviter s'il y a une manifestation ou s'il y a quelqu'un qui vient, je ne
sais
pas quoi, jeter une tarte ou un G2. Et donc, ce sont des gens qui sont généralement bénévoles, qui sont souvent des militants et qui se mettent au service de personnalités politiques. Ça, c'est une constance qu'on retrouve dans tous les partis, que ce soit à droite, à gauche, voilà. Après, généralement, ils n'arrivent pas aussi haut dans l'appareil d'État.
C
'est la question, en effet, que pose un téléspectateur. Comment accède-t-on à un tel poste à 26 ans, il faut-il le rappeler, avec appartement de fonction, bon, ça, c'était récent, 10 000 euros de salaire, je ne
sais
pas si c'est confirmé, d'ailleurs, et une voiture de fonction. Comment accède-t-on à un tel poste
à
cet âge aussi
jeune
?
Déjà, il faut aussi rappeler que l'ensemble de la Macronie, en tout cas, quand on parle de Macronie au sens de cette équipe qui a conquis le pouvoir, est une équipe hyper jeune. Je veux dire, quand on a cité des dizaines de fois Ismaël Emelien qui n'a pas encore 30 ans, etc. Donc, les gens qui
aujourd'hui... C
'est son
conseiller spécial.
Conseiller spécial, donc un homme qui est très important dans les objectifs d'Emmanuel Macron à Bercy, puis dans la campagne et maintenant à l'Élysée. Donc, Emmanuel Macron, lui-même, jeune... Plus jeune président depuis Louis-Napoléon Bonaparte, même avant, je crois. Bon, s'est entouré de gens jeunes, brillants, etc. On les retrouve certains aujourd'hui à l'Assemblée nationale, certains dans son équipe à l'Élysée. Donc, quand on resitue le cas de Benalla dans ce contexte global de la Macronie, finalement, sur ce plan-là, en tout cas, il ne détonne pas. Il fait partie de ces jeunes.
Bon, et comme le disait tout à l'heure Vanessa, ces jeunes qui ont gagné et donc qui se sentent un peu invincibles et surtout qui se sentent la capacité à moins de 30 ans d'exercer des fonctions exercées par d'autres. Et y compris en matière de sécurité où j'imagine qu'il faut un peu de bouteilles, un peu de pâte humaine, un peu de compréhension des situations, c'est qu
'on
voit que quelqu'un qui se met à jouer un peu au cador et, comme dirait Bruno Roger Petit, a outrepassé sa fonction précise.
Denis Jacob, vous êtes d'accord avec ce qui a été dit ? C'est-à-dire qu'il y a souvent des gros bras comme ça autour des partis politiques,
mais
pas seulement,
j
'imagine, peut-être autour des personnalités. C
'est
rarement des policiers. Oui,
bien sûr. C'est
souvent des militants bénévoles
un peu
barraqués qui
jouent ces rôles-là. Comment les qualités ? Je leur gère-t-elle ce
genre de personnage ? Ça, c'est votre travail au quotidien
?
On a un contact direct quand, effectivement, il y a une demande de sécurité officielle qui est sollicitée dans le cadre d'un meeting ou autre, mais on reste toujours en dehors de ces meetings politiques. Donc, on a, certes, peut-être un contact direct, mais chacun s'occupe de ce qu'ils regardent et, en tous les cas, ils n'ont pas à venir piétiner nos plaques-bandes, si je puis parler comme ça. Chacun son boulot et, en ce qui concerne la police nationale, je rappelle quand même qu'on est policiers après un an de formation et un an de stage. Marc Leplongeon, au-delà de son CV, j'allais dire de son pédigré, on a du mal encore à comprendre ce job. Qu'est-ce qu'il faisait exactement ?
On a l'impression que ça pouvait être tout et n'importe quoi. Oui, mais forcément, puisque comme il était sur tous les déplacements, il était en charge de l'agenda de suivre les déplacements du couple Macron. D'ailleurs, on le voit aux côtés parfois de Brigitte Macron,
on
le voit parfois aux côtés d'Emmanuel et parfois aux côtés des deux. Et surtout, je pense qu'il y a un certain nombre de personnes qui essayaient de solliciter le couple Macron qui passaient par M. Benalla. Et ça, nous,
on
nous l'a raconté qu'effectivement, parfois, quand on essayait de toucher l'un ou l'autre, on s'adressait à M. Benalla qui était au courant qu'il y avait tel ou tel déplacement et qui du coup pouvait un peu fluidifier les relations éventuellement.
Mais
Benalla,
en
fait, la sécurité, chez lui, c'est plus qu'une vocation. C'est-à-dire que là, on parlait à partir de 2010 qu'il a commencé un petit peu à offrir ses services au PS, mais en réalité, ça remontait avant. Moi, je venais d'avant, avant l'émission, j'ai eu des gens qui me racontaient que dès le lycée, il faisait partie, par exemple, du service, du pseudo-service de sécurité, du bal de fin d'année en terminale dans son lycée à Bernay.
Et qu'on le voit, il est apparu dans une procédure judiciaire où ça s'était mal passé et il y avait un jeune qui avait pris un coup de poing dans la tête et du coup, ça s'était terminé au tribunal et lui, qui faisait partie du service de sécurité, était venu très fier témoigner en disant, ce n
'était
pas lui qui avait mis le coup de poing, mais il avait dit voilà, c'est ce qui s'est passé, j'étais dans le service de sécurité, il était complètement ivre, il s'est avancé, il voulait retrouver sa copine, donc voilà, c'est un truc dès ses 16-17 ans, il est déjà dans cette vocation-là. Et après, c'est quelqu'un qui a une trajectoire complètement ascendante, donc on le voit, il commence à se mettre un petit peu au service des candidats à la primaire, il est au service de la première secrétaire du PS à l'époque qui était Martine Aubry, si je ne m'abuse, et il va continuer dans ce registre-là, il va monter une société privée, on ne va pas trop savoir d'ailleurs ce qu
'il
va faire pendant 3-4 ans, jusqu'à se retrouver à nouveau aux côtés d'Emmanuel Macron
à
l'été 2016, avant que la campagne se lance, et après on le retrouve et il gère carrément le service de sécurité pendant la campagne. C'est quand même incroyable, Vanessa Geneda, je sais que vous nous avez déjà dit que la campagne s'était faite un peu dans la précipitation, mais qu'il n
'y
ait pas eu une enquête minimale faite sur ce personnage, sans minimiser le travail de Marc Loplongeon, ça demande un peu de quelques coups de fil, quelques contacts, mais enfin ça, j'imagine qu'à En Marche, on aurait pu le faire aussi, tout comme passer un coup de fil à Arnaud Montebourg, qui dit « On a eu un vrai souci avec ce garçon, j'ai été obligé de le dégager ». Ou alors, est-ce que là aussi, on s'est senti invincible ?
Je pense qu'il y a deux choses. D'abord, est-ce qu'il y avait des éléments factuels à lui reprocher ?
C
'est-à-dire, est-ce que ce monsieur a un casier judiciaire, est-ce qu
'il
avait déjà commis des délits ? On verra si c'est le cas ou non. Après, non, dans une campagne, quand il y
a
un bénévole qui est là et qu
'on
lui fait confiance, ce sont des réflexes aussi. Emmanuel Macron, il assume ça, pas dans ce cas-là, mais en règle générale, c'est des comportements de patron du privé aussi. On décide de faire confiance à quelqu'un et à partir du moment où on fait confiance à quelqu'un, on le délègue et on laisse la personne gérer son poste comme il l'entend dans une relation de confiance et de responsabilité. Donc, c'est typique du fonctionnement, de la façon dont s'est passée cette campagne autour d'Emmanuel Macron. Après, non, on ne voit pas en effet Emmanuel Macron appeler Arnaud Montebourg qui était candidat à la primaire pour lui dire il paraît que ce gars-là, tu l
'as lu. Pas lui directement. Non,
mais
voilà,
c'est vrai que ça ne s'est pas fait comme ça. Il y
a
eu à la fois la précipitation et en effet, ce fonctionnement de j'ai confiance en ce gars, il a l'air efficace, il a l'air bien et je le laisse et je ne regarde pas trop dans les détails. Il y avait quand même, il faut le rappeler, des centaines, voire des milliers de gens avec tous les correspondants qui se sont engagés dans cette campagne
En
Marche autour d'Emmanuel Macron. Donc évidemment, tous n'avaient pas cette proximité, c'est cette proximité qu'il faudra éclaircir, mais le fait que des gens au CV un peu douteux se soient alignés derrière ce candidat qui avait toutes les chances de l'emporter, ce n
'est
pas quelque chose d'invraisemblable.
On l'a dit au début de cette émission, Guillaume Tabard, il
y a
le feu, il y
a
un début d'incendie en tout cas du côté de l'Elysée. Pour l'instant, Emmanuel Macron a choisi de ne pas parler, c'est sa stratégie on a compris de communication. Ça peut tenir longtemps, est-ce qu'il est obligé de prendre la parole et de dire quelque chose, d'expliquer simplement aux Français ce qui
se passe
?
Je pense qu'il est obligé d'agir, ce qui ne
veut
pas dire forcément obligé de parler, en tout cas de parler tout de suite. Je m'explique, pour prendre un exemple ancien, moi je me souviens très bien, peut-être qu'avec Vanessa on était ensemble sur ce déplacement, Jacques Chirac, c'était en 2000, vous vous souvenez au moment de la révélation de la Cassette-Méry. Énorme scandale. Sacré séisme, on apprend en gros que Cassette-Méry c'était quelqu'un qui racontait devant face caméra comment Jacques Chirac recevait de l'argent, etc. C'était assez lourd pour un Président de
la
République en exercice. Jacques Chirac, ce jour-là, le jour où Le Monde avait sorti cette information-là, était en déplacement du côté de Poitiers, donc bien sûr tous les journalistes n'avaient qu'une question, c'était là-dessus, etc. Et Jacques Chirac, impassible, impassible, était à son affaire qui était, je ne
sais
plus, est
-ce
que c'était le festival de la BD ou autre chose, mais rien qui, dans son comportement extérieur, n'en est bon. Ce qui est aussi, quelque part, une force pour un Président de ne pas s'offrir en punching ball à une polémique. Mais, et c'est quand même ça la grosse différence, si Jacques Chirac lui-même restait impassible, toute la Chiracie, c'est-à-dire que non seulement tout le stade de l'Elysée, les ministres, le RPR, enfin, tout le dispositif politique s'était mis en marche, c'est le cas de le dire, pour organiser la défense, la riposte, les contrats argumentaires. C'est comme ça qu'on avait dit très vite, on avait su que là, en fait, la cassette avait été détenue par Dominique Schroscane.
Voilà, il s'était mis au travail pour allumer des contrefeux et gérer, gérer politiquement, gérer judiciairement cette crise. Bon, ça peut paraître lointain, mais je prends cet exemple parce que c'était aussi un président de la République au cœur d'une tourmente assez colossale. Et là, je trouve que dans cette séquence où on est, on assiste à une disparition totale du dispositif politique. Je ne reviens pas sur la déclaration du porte-parole de l'Elysée. Toute première déclaration, j
'ai
vu
que
depuis dix mois qu'il est en fonction, c
'est
sa première déclaration publique, le porte-parole officiel de l'Elysée. Donc, à la fois, il dramatise et en plus, avec des arguments
qui
ne
tient pas. Et il est désavoué 24 ans plus tard.
Ensuite, au niveau gouvernemental, on a Nicole Belloubet qui, au Sénat ou à l'Assemblée, dit qu'il était là sans autorisation au moment même où le porte-parole dit qu'il a eu une autorisation pour venir. On a le Premier ministre qui fait une intervention à minima au Sénat parce que c'est plus prudent. Et on a surtout une majorité, un parti. Je n
'ai
pas entendu le patron du parti en marche réagir. Ou alors, ça m'a échappé, mais ça montre qu'il n'a peut-être pas parlé assez fort. Et les députés, le seul argument de la majorité aujourd'hui, c'est de dire scandaleux, l'opposition fait l'obstruction parce qu'elle a peur de la réduction de nos parlementaires donc elle veut bloquer la discussion comme si c'était ça le sujet. Donc il
y a
une faiblesse
du
dispositif politique macroniste qui expose un peu plus Emmanuel Macron.
Et
je dirais dernier point qu'Emmanuel Macron s'est exposé lui-même en renonçant à son style de présidence initial. Souvenez-vous, au tout début, on avait dit cette présidence très distante, très lointaine, qui restaurait la dignité de la fonction, qui se voulait rare, etc. Et au fil du temps, et notamment dans les toutes dernières semaines, on a vu le retour d'une présidence bavarde, d'une présidence brouillonne qui s'exprime à coups de vidéos, à coups de petites phrases lâchées, etc. Après, il ne
faut
pas s'étonner qu'étant lui-même à ce point descendu dans l'arène, ce soit à lui qu'on demande des comptes alors que s'il avait gardé cette distance, peut-être que le paravent aurait pu davantage fonctionner pour lui.
Il faut dire que l'affaire Benalla est la première grosse affaire du mandat d'Emmanuel Macron. Elle éclabousse à un chef d'État qui, vous l'avez dit, avait promis une république exemplaire où chaque ministre, chaque serviteur de l'État devait rendre des comptes. Pas si simple d'être irréprochable. En un an, d'ailleurs, d'autres polémiques ont déjà embarrassé l'exécutif. Pierre-Mila Bélando et David Lemarchand.
C
'était la promesse
d
'une république exemplaire.
Lors
d'une campagne présidentielle marquée par le scandale Pénélope Fillon, le candidat Macron avait fait de l'exemplarité
une
priorité.
Avant
même
l
'adoption de toute loi de moralisation de la vie publique et de la vie politique qui fait partie de notre projet et de notre priorité,
je
souhaite que l'ensemble des candidats
qui
seront investis
respectent l
'ensemble des règles d'ores et déjà édictées.
Les
paroles, puis les actes comme président.
15
septembre 2017, lors d'une mise en scène inédite, le président Macron signe en direct deux textes de moralisation de la vie politique.
Ces
deux lois,
ce
sont des engagements de campagne importants
qui
constituent une vraie rénovation de notre vie politique.
L
'impossibilité d'embaucher
un
membre de sa famille est ainsi maintenant promulguée.
L
'impossibilité d'être élu quand on a un casier judiciaire B2 est promulguée, contrairement à ce que beaucoup de gens ont dit ou peuvent encore croire.
Ce
que nous avions promis,
nous
l'avons fait.
Tout
commençait bien, donc.
C
'est ensuite que ça s'est gâté.
D
'abord, l'affaire Ferrand, celui qui est alors ministre des territoires, est rattrapé par une ancienne histoire de favoritisme.
Il
est rapidement débarqué.
Puis
c'est au tour du ministre de la Justice François Bayrou de tomber
suite
à des soupçons d'emplois fictifs.
Je
choisis de préserver la loi de moralisation et de confiance dans la démocratie.
Je
choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens. Deux épisodes réglés rapidement.
Sauf
que depuis, il y a eu l'affaire Colleur qui vise cette fois-ci un très proche d'Emmanuel Macron, le secrétaire général de l'Elysée.
En
juin dernier, le journal en ligne Mediapart révèle les liens entre Alexis Colleur et le numéro 2 mondial du transport maritime. Dans l'affaire Colleur,
on
voit que M. Macron est intervenu. Il a fait une attestation de ministre pour la commission de déontologie pour permettre à M. Colleur de quitter le public vers le privé alors qu'il était peut-être en situation de conflit d'intérêt. On note une espèce de banalisation du conflit d'intérêt et un positionnement assez décomplexé par rapport à ce conflit d'intérêt. Anticor a déjà déposé trois plaintes en lien direct avec l'entourage d'Emmanuel Macron. Une concerne l'affaire Colleur, l'autre Richard Ferrand et la troisième porte cette fois-ci sur les comptes de campagne. Les équipes d'Emmanuel Macron auraient bénéficié de ristournes de la part d'entreprises privées lors de la course à l'Elysée.
Questionné sur le sujet, le président adopte alors sa stratégie habituelle. Cette histoire ne le concerne pas.
Je
ne
traite
pas en conférence de presse les sujets nationaux et donc vous pourrez me reposer dans un autre contexte la question,
j
'y répondrai, même s'il y a en France des commissions compétentes et un juge qui ont déjà jugé les comptes de campagne.
Antoine Rousset est le journaliste qui a révélé l'affaire des comptes de campagne. Il a pu observer de très près la communication du gouvernement lorsqu'il se sent attaqué. À chaque fois, Emmanuel Macron et la République en marche ont la même stratégie, c'est
-à
-dire ils s'enferment dans leur tour d'ivoire et ils refusent de commenter, ils refusent d'être entraînés finalement dans ces affaires, ils refusent de voir qu'ils ont une responsabilité là-dedans et qu
'ils
doivent en répondre devant les Français et répondre aux sollicitations des médias. Ils sont dans une logique selon laquelle les affaires passent mais les semaines aidant, l'actualité est revenant, ils ne seront pas entraînés dans ces affaires-là.
Mais
aujourd'hui, cette stratégie semble atteindre ses limites.
L
'affaire Benalla pourrait entacher durablement le quinquennat d'Emmanuel Macron.
– Alors,
bon, on rappelle que pour l'instant, aucune réaction du président de
la
République, Vanessa Schneider, mais c'est vrai qu'autour, Guillaume Tabard le disait juste avant le reportage, autour de lui, la majorité, le gouvernement,
ne
se bouscule pas au portillon pour venir en aide au chef de l'État qui est directement évidemment mise en cause.
–
La majorité est extrêmement embarrassée parce que la stratégie d'Emmanuel Macron de se taire qui est aussi de l'orgueil et pas simplement de la stratégie, il y a aussi un côté « vous m'acculez à répondre, donc je ne répondrai pas ». Cette stratégie, elle met son propre camp dans l'embarras. Les députés en marche ne savaient plus quoi dire. Donc, il n'y a pas vraiment d'attaque parce que le député en marche est un député assez largement godillot. On ne les entend pas beaucoup exprimer des positions divergentes que ce soit sur n'importe quel sujet.
Mais on sent très clairement un malaise qui s'est exprimé hier à l'Assemblée nationale au sein du parti et au sein évidemment de la majorité à l'Assemblée nationale parce que c'est très compliqué à part de dénoncer la violence du comportement du conseiller d'Emmanuel Macron.
C
'est extrêmement difficile quand on n'a pas entre guillemets les éléments de langage puisque c'est devenu d'en haut de pouvoir défendre l'indéfendable. Il n'y
a
pas de bonne communication quand il vous arrive un truc pareil.
C
'est quand même là la situation est extrêmement complexe. On ne
va
pas faire les malins autour de cette table et
dire il
aurait dû faire ci il aurait dû faire ça c'est très très compliqué.
Ce
qu'on peut supposer c'est que si la décision avait été prise dès l'apparition des informations de licenciés immédiatement on
ne serait pas encore
là autour de cette table à en parler aujourd'hui. Donc ce silence il est quand même assez préjudiciable et ce retard à l'allumage avec la procédure de licenciement elle est également préjudiciable. On se souvient du quinquennat passé de François Hollande qui a été comme tous les présidents qui a dû faire face à des polémiques plus ou moins graves ou des affaires plus ou moins graves touchant soit des membres du gouvernement on se souvient de Thévenou, Cahuzac, Kader Arif, Bruno Le Roux il y en a eu qui à l'exception de M. Cahuzac où les choses ont traîné dans la journée même où ils étaient mis en cause quittaient leurs
fonctions. qui était ministre de
l
'Intérieur est parti le jour même.
D
'un mois, le jour même. On se souvient du conseiller spécial de l'ancien président de la République Aquiline Morel qui avait été accusé d'avoir fait venir un sireur de chaussures à l'Elysée pourtant il n'y
avait
rien d'illégal mais évidemment l'image n'était pas celle que souhaitait donner la présidence Hollande et pouvait choquer l'opinion il a été acculé à la démission extrêmement rapidement. Donc faire durer les choses n'est pas forcément une bonne tactique pour éteindre le feu.
Question SMS. La fameuse République exemplaire quel tour de passe-passe Emmanuel Macron va-t-il
trouver ? Là
vous croyez que ça cogite à l'Elysée ? En
tout cas je pense que
si cette affaire devait avoir une vertu c'est au moins de nous débarrasser de cette illusion qu'il
y a
un nouveau monde qui prendrait le relais d'un ancien monde qu'avant il n
'y
avait que des méchants corrompus que maintenant il n
'y a
que des gentils parfaits. Voilà il y a le pouvoir politique, la réalité du pouvoir politique d'un côté, il y a la nature humaine de l'autre, la nature humaine avec ses grandeurs et avec ses faiblesses. C'est comme ça depuis que l'humanité existe, ça restera comme ça quels que soient les régimes politiques, quelle que soit la couleur politique des présidents et voilà ce pouvoir à nouveau comme les autres. Je ne
dis
pas qu'il est plus mauvais ou meilleur que d'autres, simplement il y a un fonctionnement du pouvoir, il
y a
une interaction du pouvoir,
il
y a un certain de contingences qui font que à tel ou tel moment la nature humaine est soumise à un certain nombre de pressions ou de tentations et voilà et ce n
'est
pas on pourra faire une loi de moralisation là en gros la loi dite Bayrou ou Belloubet elle est faite pour répondre à l'affaire Fillon on dit ah Pédoble Fillon était salarié et bien on va interdire de salarier les conjoints et les familles d
'un
député très bien là maintenant on va faire quoi ? On va faire une loi pour interdire qu'un garde du corps puisse enfin en vrai
on
ne réglera jamais aucun problème de moralité de moralisation par une loi
Juste avant de passer aux questions SMS Marc Leplongeon il y a un élément qu'on ne maîtrise pas du tout c'est ce que va dire Alexandre Benalla aux enquêteurs il est en garde à vue depuis ce matin on ne sait pas ce qui se passe évidemment dans cette garde à vue mais après tout il serait tout à fait disposé il pourrait être disposé à dire la vérité déjà pour commencer qui lui a donné l'autorisation qui lui a demandé d'aller dans cette manifestation je ne sais pas
Non
non mais tout à fait après c'était tout l'intérêt à agir rapidement parce qu'aujourd'hui on se retrouve avec une enquête préliminaire
au
cœur il y a ce monsieur Benalla
qui
va être interrogé longuement et une enquête préliminaire qui pourrait qui devrait selon moi se transformer en information judiciaire avec l'alumination d'un
juge
indépendant parce qu'on rappelle qu'en France le procureur n'a pas le même statut que le juge du siège en France et ça c'est un souci et ensuite on a un risque que monsieur Benalla
en
dise plus que pourquoi il est poursuivi c'est-à-dire on attend tous en tant que journaliste qui racontent un peu comment ça se passait à l'Elysée alors il n'ira certainement pas jusque là mais on a aussi parallèlement une enquête de l'IGPN qui a été lancée cette enquête l
'inspection générale de la police nationale
tout à fait et qui elle va devoir sachant que monsieur Benalla n'est pas policier et cette IGPN elle a été saisie pour vérifier
ce
qui s'était passé dans l'appareil policier c'est-à-dire quel haut fonctionnaire lui avait donné ces images comment quelle relation il entretenait avec tel ou tel commissaire et là on va avoir des soucis c'est-à-dire qu'on a tout l'appareil policier qui va être passé au crible on a l'appareil élyséen éventuellement qui pourrait l'être à travers cette enquête préliminaire il aurait fallu à mon sens qu'il agisse beaucoup plus vite Monsieur Jacob oui alors pour l'IGPN il faut remettre c
'est
pas la police des polices si si c
'est la police des polices je crois que je vous ai vu
faire comme ça quand
je disais ça oui parce qu'en fait
le point de départ de l'IGPN c'est pas pour savoir qui a transmis les vidéos le point de départ de l'IGPN c'était pour dire au ministre qu'est-ce qu'était le statut d'observateur et ensuite l'enquête d'IGPN forcément a dévié sur tout le reste au fur et à mesure des
informations ce qui s'est passé
pendant les manifestations
du 1er mai mais le point de départ c
'était de savoir par l'IGPN quel était le statut véritable de l'observateur quand il était dans les services de police alors aujourd'hui on a plusieurs éléments je rebondis sur ce que vous avez dit effectivement on sait pas ce que monsieur Benalla va dire à mes collègues dans le cadre de l'enquête moi aujourd'hui je me fie à ce que je sais à savoir que le ministre de l'intérieur a pris une position particulièrement ferme en disant que c'était inadmissible ce qui s'était passé et semble dire qu'il n'était pas au courant donc c'est pour cette raison que mon organisation
syndicale
et mon partenaire le syndicat majoritaire des officiers le SSI on demande aujourd'hui au ministre de l'intérieur de déposer plainte contre monsieur Benalla
voilà
carrément oui oui bien sûr le ministre de l'intérieur c
'est
le premier flic de France il a cette casquette c'est pas fréquent qu'un ministre de l'intérieur porte plainte
donc c'est déjà arrivé il y
a déjà eu
plusieurs
affaires
qui ne sont
pas de ce type là bien évidemment donc porter plainte pour obtenir toute la lumière sur cette affaire oui je pense qu'il y a besoin de la plus grande transparence
il y a aussi un point qu'il faudra éclaircir c'est qu'est-ce qu'il faisait là au milieu de véritables policiers mais oui mais c'est tout le
débat
est
-ce qu'il était
connu par eux identifié par
eux pourquoi il était à cet endroit là c'est d'autant plus le débat c'est d'autant plus le débat que
normalement quand vous êtes observateur vous avez un référent police sous lequel vous êtes donc sous sa responsabilité et vous ne pouvez pas aller et venir et
faire ce que vous voulez il y avait un
fonctionnaire de la préfecture de police qu'on voit sur les vidéos qui accompagne monsieur Benalla dans ses déplacements qui voit monsieur Benalla surtout frapper une personne à terre et qui n'intervient pas et ça aussi il va falloir en parler
voici
maintenant vos questions SMS et internet
question
très simple pour commencer qui a fourni le casque
et
le brassard
est
-ce qu'on peut est-ce qu'on a une idée parce que le casque et
le brassard ça
sera très intéressant ça
se trouve pas enfin si
ça ne se trouve
pas dans
les
commerces a priori les autorités qui ont habilité monsieur Benalla à se trouver dans cette mission de police alors l'enquête le dira ça ne
m
'appartient pas aujourd'hui de dire potentiellement les éléments que
j
'ai c'est un simple casque de la préfecture de police c'est ça pas de liseré CRS oui oui ce qu'il faut comprendre c'est qu'il y a deux types de policiers sur le maintien de l'ordre vous avez les CRS qui sont en première ligne et qui sont là pour contenir les manifestants soit pour les empêcher de passer soit pour les faire reculer et puis derrière vous avez des policiers de sécurité publique de la préfecture de police qui quand les CRS interpellent un manifestant un peu trop violent on le passe derrière et c
'est
ensuite des policiers de la préfecture de police ou de la sécurité publique qui le prennent en charge le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron doit-il démissionner
? en
tout cas je pense qu'il aurait dû présenter sa démission à Emmanuel Macron et
assumer
et porter sur lui la responsabilité de cela c'est le seul moyen d'éviter que ce soit le président qui soit en première ligne
Est
-ce qu'on peut rappeler très brièvement le rôle du directeur de cabinet il y
a
un secrétaire général à l'Elysée qui est vraiment le numéro 2 de l'Elysée le directeur de cabinet il a un rôle un peu différent ?
C
'est le chef des conseillers on va dire du premier cercle des conseillers autour du président c
'est par lui
que... Non précisément les conseillers
thématiques
sont sous l'autorité du secrétaire
général et
le directeur de cabinet a plus un rôle par rapport au fonctionnement de la maison c'est plus administratif c'est l'inverse pour le gouvernement C'est pas chef de cabinet non plus parce que lui il était rattaché au chef
de
cabinet
À
part Alexandre Benalla qui d'autre habite qu'est Branly
?
Alors
là...
On
vient de découvrir que lui...
Non évidemment on ne
peut
pas répondre à cette question malheureusement je dis ça aux téléspectateurs qui nous
ont Si quelqu'un là nous
écoute
il peut nous appeler C'est intéressant de savoir
Mais on peut rappeler qu'il y
a
un précédent célèbre Mazarine
Voilà
Mazarine Mazarine et Mme Pinjot qui étaient logées ainsi que la famille Encore
il y
a
une différence pour le coup à la décharge peut-être d'Alexandre Benalla c'est que dans le cas de Benalla si c'était un collaborateur du président il peut y avoir une légitimité à ce qu'il ait un logement de fonction ça peut être contestable mais il y avait une logique Là dans le cas de Mimitan c'est vraiment le fait du prince qui loge sa... Surtout
si il le suit dans
tous ses déplacements ça peut paraître logique s'il est appelé au dernier moment Oui qu
'il soit à proximité ça
c'est pas impossible
Ce
qui est fou c'est que la décision a été prise en
tout cas mise en place Alors
qu'il y
avait
déjà eu connaissance de cette affaire
Sait-on combien de collaborateurs à l'Elysée et dans les ministères n'apparaissent pas dans les organigrammes officiels C'est énorme Oui
et là encore Il y a
beaucoup de gens comme ça qui gravitent et qui ne sont pas officiellement répertoriés
Et là encore chaque gouvernement fait des... non pas des lois mais des règlements pour dire qu'il faut limiter le nombre de conseillers ministériels Emmanuel Macron était encore plus loin puisqu'il voulait que les ministres travaillent avec leur administration et non plus avec leur cabinet donc on a réduit considérablement le nombre de conseillers officiels Résultat il faut bien faire travailler des
gens Il me semble qu'il y a une différence
entre les ministères et l'Elysée parce que je crois qu'un des premiers décrets qui avait été pris sous Emmanuel Macron consistait à justement déclarer obligatoirement au journal officiel tout collaborateur qui travaillerait dans un ministère ce qui n'est pas le cas à l'Elysée Question pour vous Denis Jacob bon je vous prie un ça va pas vous plaire Comment se fait-il et on se pose tous la question que les policiers présents
lors
de l'intervention musclée d'Alexandre Benalla restent passifs
Pourquoi
personne n'intervient ? Alors il y a deux réponses La première je vous l'ai donnée précédemment c'est le service d'ordre les CRS sont là pour contenir les manifestants ils ne sont pas pour aller derrière et s'occuper des personnes qui ont été interpellées ils sont là pour contenir donc les CRS font leur travail de manière professionnelle et exemplaire et ce n
'est
pas contestable après il y a effectivement deux trois fonctionnaires autour de M. Benalla je rappelle que M. Benalla il est de l'Elysée vous vous êtes salarié France Télévisions allez dire à votre patron que ce qu'il fait c'est illégal avec toutes les conséquences qu'il peut y avoir derrière les pressions professionnelles des mesures contraignantes on va vous retirer de votre poste et on va vous mettre au placard il
y
a cette inquiétude et on voit d'ailleurs sur la vidéo certains agents
qui
hésitent il
y a
de l'hésitation j'interviens, j'interviens pas voilà il ne
faut
pas oublier que certes on est des policiers et qu'on doit faire appliquer les textes de règlement mais on est aussi sous un uniforme des êtres humains et que quand on a affaire à une personnalité comme M. Benalla il n'est pas forcément évident d'intervenir pour s'opposer à lui avec toutes les conséquences qu'il peut y avoir des autorités hiérarchiques après
avec
des policiers diplômés des gendarmes surentraînés des chambelans rompus aux arts martiaux l'Elysée embauche des privés c'est vrai qu'on peut se demander il y avait vraiment besoin d
'embaucher
en plus
ce
qu'on peut dire c'est que normalement il y
a
un service dédié
à
la protection du président de la République et de son épouse qui est formée pour ça et qui normalement devrait exercer seul ce type de responsabilité
après on pourrait peut-être clarifier un petit peu ces statuts c'est-à-dire que là on a du privé qui arrive sur des fonctions qui sont normalement des fonctions régaliennes de protection de la président du président de
la
République et de sa famille mais on remarque également qu'à l'inverse on a certains anciens ministres par exemple le ministre de l'Intérieur qui vont bénéficier de la soi-disant protection de policiers
qui
devraient être embauchés en tant que policiers et on se rend compte au travers de différents scandales qui passent
dans la
presse qu'il y
a
des policiers qui sont embauchés en tant que chauffeurs par exemple et ça est-ce que c'est normal Benalla n'en sait-il pas d'abord beaucoup sur Emmanuel Macron lui-même ça c'est la grande rumeur on se pose la question
mais
ça c'est Emmanuel Macron est responsable de cette rumeur c'est-à-dire qu'en ne s'exprimant pas sur le sujet et en ne prenant pas l'initiative lui ou son entourage direct de clarifier de donner les éléments d'information d'expliquer ce qui s'est passé et qui est cet homme forcément ça laisse libre cours à toutes les supputations possibles
Comment cet individu est-il devenu officier de réserve dans la gendarmerie
? Comment
est-ce qu'on devient officier de réserve dans la gendarmerie
? Ben
ça je ne sais pas je ne suis pas gendarme donc je ne
peux
pas vous répondre tout ce que je sais c'est qu'il est également membre de la réserve citoyenne de la gendarmerie je l'ai dit tout à l'heure et il a eu à titre honorifique le grade de lieutenant-colonel ce qui n'est quand même pas rien à 26 ans
C
'est sur la base du bénévolat normalement on se propose Avec cette affaire le président Macron n'est-il pas totalement discrédité pour le reste de son quinquennat
? Ça
serait
beaucoup trop tôt pour le dire
mais c'est une épine dans le pied oui Oui image entachée et présence aussi un peu bloquée parce que maintenant s'il veut faire avancer des réformes un peu difficiles donc impopulaires c'est toujours plus compliqué lorsqu'on a une polémique comme ça sur le dos
Merci beaucoup à tous les quatre Merci à l'équipe qui a préparé cette émission ce soir La Rodif est à 22h40 Très bonne soirée sur France 5