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Discours / meetingLa parole de Jean-Luc Mélenchon· 7 octobre 2026 123 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieÉducation & rechercheSolidarités & famille

Conférence de Jean-Luc Mélenchon à HEC

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 69 %Attaque 24 %Défensif 7 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:33OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous souhaiteriez revenir sur l'introduction qui a été faite par Quentin ?

  • 8:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir répondu favorablement à notre invitation ? Et si vous êtes venu ce soir, est-ce surtout pour parler à la jeunesse ou pour parler à cette sphère économique ?

  • 20:41OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé depuis 2022 ?

  • 25:37OuverteRéponse directe

    Quelle réponse voulez-vous apporter aux lycéens pour apaiser la situation devenue hors de contrôle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:56PrésentateurChiffre
    « En 2022, votre troisième campagne, il ne vous a manqué que 400 000 voix pour atteindre le second tour. »
  • 4:33PrésentateurFait
    « Vous défendez selon votre slogan un avenir en commun, une planification écologique d'ampleur, la retraite à 60 ans et aussi une fiscalité plus élevée sur les grandes fortunes. »
  • 6:01Invité politiqueFait
    « Je n'ai pas quitté le parti socialiste parce que je le trouvais trop mou. Je l'ai quitté parce que je pensais que l'orientation qu'il avait pris avait rompu définitivement avec ce à quoi moi je croyais le plus fondamentalement. »
  • 7:26Invité politiqueFait
    « J'étais contre ça, je les ai quittés pour ça. »
  • 11:22Invité politiqueChiffre
    « La France était le deuxième PIB du monde quand le général de Gaulle est devenu président de la République et a fondé la cinquième République. »
  • 11:58Invité politiqueFait
    « Il faut renégocier avec les Chinois la place que nous allons occuper et qu'eux occupent, puisque c'est eux les dominants sur le plan manufacturier. »
  • 12:11Invité politiqueFait
    « Nous avons des offres à mettre sur la table de coopération, puisque nous sommes un pays vieillissant et nous avons besoin d'être mis au contact de la dynamique démographique. »
  • 13:48Invité politiqueFait
    « Je pense à des boîtes comme Renault, pour savoir un peu, bon, alors à part pleurer, et demander la baisse des cotisations et des impôts, est-ce que vous êtes capable de produire des bagnoles électriques qui valent moins cher que celles des Chinois, tout en, sans baisser les salaires ? »
  • 22:54Invité politiqueFait
    « Nous avons estimé que la gravité de la situation était telle que nous ne pouvions pas prendre le risque de refuser ce qu'une candidature renouvelée procure quasi mécaniquement. »
  • 28:52Invité politiqueFait
    « L'insoumission, c'est un mot équivalent à émancipation. Émancipation, c'est sortir du mancipium. »
  • 34:13Invité politiqueFait
    « Nous avions le premier système du monde. »
  • 34:23Invité politiqueFait
    « la matière grise. On n'a rien d'autre. On n'a pas de pétrole, on n'a pas de ci, on n'a pas de là. »
  • 34:57Invité politiqueFait
    « parce que c'est la réforme Blanquer. »
  • 36:34Invité politiqueFait
    « cette horreur qui a été inventée par des gens qui, en vous prenant au plus jeune, vous apprend à mentir. »
  • 36:55Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, il y a 100 000 jeunes là qui ont commencé l'année sans pouvoir entrer en fac. »
  • 37:46Invité politiqueFait
    « Donc vous commencez la vie avec une dette. »
  • 38:38Invité politiqueFait
    « Le chèque éducation. »
  • 45:11Invité politiqueFait
    « La France, ça ne peut pas fonctionner comme ça. »
  • 45:13Invité politiqueChiffre
    « Il y a 90 000 personnes en prison dans un système pénitentiaire prévu pour 60 000 ou 70 000. »
  • 51:17Invité politiqueChiffre
    « On parle, le communiste au Sénat a parlé de 210 milliards. »
  • 51:49Invité politiqueFait
    « la charge de la dette par rapport aux produits intérieurs bruts, cette idée extravagante sur laquelle nous construisons les performances de notre société »
  • 53:21Invité politiqueChiffre
    « Il y a 2 000 milliards dans l'assurance-vie. »
  • 56:10Invité politiqueFait
    « On diminue les dépenses publiques, parce qu'on les diminue, par rapport au PIB, pas en valeur absolue. »
  • 59:32Invité politiqueChiffre
    « On a embauché 350 000 jeunes au tarif SMIC dans le pays. »
  • 1:04:01Invité politiqueFait
    « Faites des économies récessives. Nous sommes en récession là. Nous sommes en récession. »
  • 1:04:04Invité politiqueFait
    « Vous croyez qu'il va y avoir moins de chômeurs, moins de précarité en étant en récession ? Bah, le système ne fonctionne pas comme ça. »
  • 1:05:50Invité politiqueFait
    « C'est une invention loufoque, le PIB. »
  • 1:05:53Invité politiquePromesse
    « Nous devons avoir des indicateurs de développement humain. »
  • 1:07:02Invité politiquePromesse
    « On a mis dans le programme la planification écologique. »
  • 1:07:16Invité politiqueFait
    « On n'a pas dit qu'on interdirait d'entreprendre. C'est un droit constitutionnel pour l'instant. »
  • 1:07:20Invité politiqueFait
    « La propriété, c'est un droit d'usage. Pas un droit essentiel. Un droit d'usage. »
  • 1:07:32Invité politiqueFait
    « Si tu entres dans les objectifs du plan, tu as les aides. Ta contrepartie aux aides, c'est ta participation aux objectifs du plan. »
  • 1:08:39Invité politiqueFait
    « Je suis un républicain, et je viens de la tradition jacobine, d'accord, j'ai mis beaucoup d'eau dans mon vin, mais je viens de là, je crois à ça. »
  • 1:08:46Invité politiqueFait
    « Je crois à l'État. »
  • 1:08:50Invité politiquePromesse
    « Il faut qu'on construise l'État écolo. »
  • 1:09:51Invité politiquePromesse
    « L'éco-région remplace les anciennes régions. »
  • 1:10:11Invité politiqueFait
    « La moitié des départements français ont le nom d'un fleuve ou d'une rivière. »
  • 1:11:20Invité politiqueFait
    « Article 5 du code du commerce mondial. Tu as le droit d'interdire des importations si elles soulèvent un problème de santé. »
  • 1:11:27Invité politiqueFait
    « Je, président de la République, déclare qu'il y a un problème de santé avec les pesticides, parce que ce sont des maladies politiques que ça déclenche le cancer. »
  • 1:11:49Invité politiqueFait
    « On s'est aperçu que les problèmes de santé se déduisaient de problèmes écologiques. »
  • 1:13:36InvitéChiffre
    « Un Français sur quatre a un grand-parent étranger. »
  • 1:13:43InvitéChiffre
    « Un enfant sur cinq grandit dans une famille plurilingue. »
  • 1:17:20Invité politiqueChiffre
    « Quand c'était mon époque, c'était 1 sur 10. Déjà, c'était beaucoup, hein ? 1 sur 10. »
  • 1:18:09Invité politiqueFait
    « En 1958, une femme ne peut pas ouvrir un compte chèque sans l'autorisation de son mari. »
  • 1:18:20Invité politiqueFait
    « La contraception est interdite. »
  • 1:22:24Invité politiqueFait
    « Quand Mathilde Panot a déposé, au nom de LFI, l'idée de mettre le droit à l'IBG dans la Constitution. »
  • 1:29:19InvitéFait
    « Pour moi, vous éludez la question de l'équilibre des comptes publics. »
  • 1:30:04InvitéChiffre
    « Un impôt planché de 2% du patrimoine pour les fortunes dépensant 100 millions d'euros. »
  • 1:30:11InvitéChiffre
    « Environ 1 800 foyers et autour de 20 milliards d'euros de recettes annoncées. »
  • 1:30:25InvitéChiffre
    « Face à un déficit public de 150 milliards, cela représente à peine 13%. »
  • 1:36:06Invité politiqueFait
    « M. Bruno Le Maire, à qui j'ai dit une fois, il faut transformer les titres de dette en titres de dette perpétuelles. »
  • 1:36:42Invité politiqueFait
    « La part des gouvernements de droite dans l'explosion de la dette publique, c'est Maus. »
  • 1:36:59Invité politiqueChiffre
    « L'emprunt Giscard a remboursé presque 50 fois ce qu'il avait emprunté avant. »
  • 1:42:57Invité politiqueFait
    « L'argent que la banque centrale a pris aux banques privées pour acheter des titres de dette pour empêcher que le système s'effondre. »
  • 1:43:26Invité politiqueChiffre
    « Savez-vous combien ça faisait ? Au moment où je commence la discussion, ça faisait 600 milliards. »
  • 1:43:40Invité politiqueChiffre
    « Il paraît que maintenant, il ne reste plus que 400 milliards. »
  • 1:45:20Invité politiqueChiffre
    « La charge annuelle actuellement, par rapport au PIB, elle est inférieure à ce qu'elle était dans les années 70. »
  • 1:54:51Invité politiqueFait
    « Le hasard de la vie, il se trouve que je suis le premier Français à avoir réagi contre l'invasion. »
  • 1:55:11Invité politiqueFait
    « Les services de renseignement de notre pays et la ministre en tête nous a dit à la Commission de la Défense que nous avons les mêmes outils pour observer que nos alliés américains et nous n'en tirons pas la même conclusion, il n'y aura pas d'invasion. »
  • 1:57:15Invité politiqueFait
    « Il faut rétablir le traité qui existait pendant la guerre froide, qui interdit les missiles de portée moyenne, 550 kilomètres, 5000 kilomètres. »
  • 2:01:38Invité politiquePromesse
    « Si c'est moi le président, nous ne ferons pas la guerre pour Taïwan. »
  • 2:01:46Invité politiqueFait
    « En 1964, le général De Gaulle a reconnu, au nom de la France, la République populaire de Chine qui intègre Taïwan. »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon79 %
  • ?6 %
  • Présentateur4 %
  • Invité3 %

≈ 62,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Chères étudiantes, chers étudiants,

0:02
Locuteur

bienvenue. Dans

0:04
Présentateur

De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville écrit «

0:08
Locuteur

Les

0:08
Présentateur

nations ne vieillissent point de la même manière que les hommes. Chaque génération qui naît dans leur sein est comme un peuple nouveau qui vient s'offrir à la main du législateur.

0:18
Locuteur

»

0:30
Présentateur

Jamais définitivement acquise. Ainsi, cette promesse démocratique, celle de la liberté politique, ne peut vivre que si elle se transmet. Auprès de deux siècles après Tocqueville, cet idéal de transmission est en danger.

0:43
Locuteur

En

0:44
Présentateur

effet, au premier tour de la dernière élection présidentielle, 42% des 18-24 ans ne se sont pas rendus aux urnes.

0:51
Locuteur

Mais

0:52
Présentateur

il serait trop simple d'y voir une jeunesse désengagée. Les jeunes s'indignent, s'engagent, mais ailleurs que dans les urnes.

0:59
Locuteur

Ce

0:59
Présentateur

qui est en crise, c'est leur rapport à la représentation politique.

1:03
Locuteur

Et

1:03
Présentateur

quand la jeunesse cesse de se sentir représentée,

1:06
Locuteur

c

1:06
Présentateur

'est l'élan républicain et la légitimité de nos institutions qui s'affectiblissent. Alors, pour recréer du lien entre notre génération et ceux qui aspirent à la représenter, revenons-en à l'une des plus belles promesses de notre démocratie, le débat d'idées.

1:20
Locuteur

C

1:20
Présentateur

'est le sens de ce cycle présidentiel. À travers HEC Débat et grâce à sa diffusion sur Public Sénat, nous voulons que les jeunes interpellent directement les personnalités politiques sur leurs préoccupations.

1:30
Locuteur

Au

1:31
Présentateur

cours des prochains mois, nous recevrons ainsi différents candidats. Nous le ferons sans sectarisme et sans parti pris. Recevoir un candidat ne signifie ni l'approuver ni le soutenir. Il s'agit de confronter les projets pour que chacun forme librement son propre jugement.

1:46
Locuteur

Ce

1:47
Présentateur

soir, pour ouvrir ce cycle en vue de 2027, nous avons le plaisir de recevoir Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à

1:54
Locuteur

l

1:54
Présentateur

'élection présidentielle. Monsieur Mélenchon, cette passion politique que nous souhaitons aujourd'hui transmettre aux étudiants est pour vous l'affaire d'une vie.

2:02
Locuteur

Vos

2:02
Présentateur

prises de position souvent divisées, vos coups de sang marquaient l'opinion, mais nombre de vos adversaires vous reconnaissent une chose, vous êtes un tribun.

2:10
Locuteur

Cette

2:11
Présentateur

passion date sans doute de l'enfance. Vous êtes né en 1951 à Tanger, ville internationale, dans une famille de pieds noirs.

2:18
Locuteur

Cette

2:18
Présentateur

enfance est celle d'un monde qui disparaît et qui vous éveille très tôt à la fureur de la politique entre l'indépendance du Maroc et la guerre d'Algérie.

2:26
Locuteur

En

2:27
Présentateur

1962, à 11 ans, vous quittez le Maroc pour la France. Cette arrivée constitue une rupture identitaire. A cette éducation à la diversité succède l'expérience du déracinement qui alimentera sûrement votre conception du vivre ensemble.

2:41
Locuteur

Puis

2:41
Présentateur

à 16 ans, mai 68 éclate et vous engage dans la lutte. Depuis, la volonté d'instaurer un rapport de force avec le pouvoir en place est au cœur de votre engagement. C'est peut-être là tout le sens de l'adjectif insoumis, soit renversé la table.

2:54
Locuteur

Vos

2:55
Présentateur

études de lettres modernes vous font découvrir Marx, puis votre engagement à l'OCI vous éveille au trotskisme lambertiste dont vous gardez l'aspiration à une constituante.

3:04
Locuteur

Mais

3:05
Présentateur

une question vous anime alors, comment transformer les idées en pouvoir politique ?

3:09
Locuteur

Vous

3:10
Présentateur

rejetez pourtant l'avant-gardisme de l'action révolutionnaire et en 1976, vous faites le choix du parti socialiste. Vous allez y passer plus de 30 ans. Mitterrandistes, rocardiens et sénateurs, vous entrez en 2000 au gouvernement de Lionel Jospin.

3:23
Locuteur

Mais

3:24
Présentateur

l'Europe va progressivement déterminer votre départ du parti socialiste. Partisan de Maastricht en 1992, convaincu que l'UE serait un formidable accélérateur du socialisme européen. Vous dites finalement non à la constitution européenne de 2005. Et en 2008, vous rompez définitivement avec le parti socialiste que vous jugez trop mou.

3:43
Locuteur

Vous

3:43
Présentateur

cherchez alors à bâtir une gauche sans compromission avec la droite, qui aligne socialisme et écologie. Ce sera le parti de gauche, le front de gauche, puis la France insoumise en 2016, portée notamment par l'idéal d'une sixième république.

3:56
Locuteur

En

3:56
Présentateur

2022, votre troisième campagne, il ne vous a manqué que 400 000 voix pour atteindre le second tour. 60 ans de vie politique, votre style et vos idées ont-ils changé ? Pour vous, depuis 2012, non. Vos détracteurs critiquent pourtant une évolution sur la laïcité ou encore une brutalisation du débat public.

4:13
Locuteur

Mais

4:14
Présentateur

vous assumez la conflictualité comme moteur du changement politique. Et vous êtes convaincu que l'exercice du pouvoir devra s'accompagner d'une révolution citoyenne, c'est-à-dire la prise de pouvoir de la société sur elle-même.

4:26
Locuteur

Dans

4:27
Présentateur

une France marquée par une crise économique et sociale d'ampleur, dans un monde en proie de vives tensions internationales, vous défendez selon votre slogan un avenir en commun, une planification écologique d'ampleur, la retraite à 60 ans et aussi une fiscalité plus élevée sur les grandes fortunes.

4:42
Locuteur

Un

4:43
Présentateur

concept divise et animera notamment votre campagne, celui de la nouvelle France, en opposition à une France que vous jugez trop vieillissante et conservatrice.

4:52
Locuteur

A

4:52
Présentateur

l'image de Gabriel Zuckman, venu défendre ici même,

4:56
Locuteur

il

4:57
Présentateur

y a un an, sa fameuse taxe, notre rencontre de ce soir est peut-être celle de deux mondes que l'on dit volontiers opposés.

5:03
Locuteur

Mais

5:03
Présentateur

c'est précisément tout l'intérêt de ce débat, dépasser les caricatures, la viralité de la séquence médiatique, pour faire de cette opposition apparente la matière d'une discussion de fond. Monsieur Mélenchon, bienvenue à HEC Débat. Merci.

5:29
Invité

Merci Monsieur Mélenchon d'avoir accepté notre invitation ce soir à HEC Débat.

5:33
Locuteur

Pour

5:34
Invité

commencer cette conférence, est-ce que vous souhaiteriez revenir sur l'introduction qui a été faite par Quentin

5:39
Locuteur

? Oui,

5:42
Jean-Luc Mélenchon

c'est risqué parce que c'est toujours quelque chose de difficile, moi je comprends la vôtre de difficulté, de résumer quelqu'un qui est présent d'une manière consciente et active en politique depuis tant d'années. Ce que, pour qu'on me comprenne bien et qu

5:59
Locuteur

'il

5:59
Jean-Luc Mélenchon

n

5:59
Locuteur

'y ait

5:59
Jean-Luc Mélenchon

pas d'ambiguïté. Je n'ai pas quitté le parti socialiste parce que je le trouvais trop mou. Je l'ai quitté parce que je pensais que l'orientation qu'il avait pris avait rompu définitivement avec ce à quoi moi je croyais le plus fondamentalement. Je ne crois pas que le capitalisme soit le stade suprême de l'histoire des êtres humains.

6:19
Locuteur

Je

6:19
Jean-Luc Mélenchon

crois le contraire, qu'il conduit tout droit à une catastrophe immense

6:23
Locuteur

et

6:23
Jean-Luc Mélenchon

mon point de vue dans l'histoire a toujours été celui de la rupture avec ce système en vue d'une autre vue sur l'avenir qu'on va appeler, parce qu'il faut bien mettre en mot, le collectivisme. Voilà, donc la société de la solidarité, de l'entraide, on prend les mots qu'on veut. Donc voilà quelle est la raison de ma rupture. Et pourquoi à ce moment-là ? Parce qu'il y a eu le vote de 2005, le peuple français vote non, je vote non, après avoir voté oui, et pas parce que je suis hostile à l'Europe et autres propagandes qui ont été faites, mais parce qu'on nous demande de constitutionnaliser le fait que le néolibéralisme sera dorénavant la règle d'organisation de nos sociétés.

Et je sais que le parti auquel j'adhérais allait présenter des programmes et que donc, en logique, en cohérence avec son vote pour le oui, il allait continuellement proposer des choses qui aillent dans le sens de la concurrence libre et non faussée, que sais-je encore, du libre-échange, et avec cette sorte de volonté impériale que contient le texte. J'étais contre ça, je les ai quittés pour ça. Car j'ai adhéré à un parti socialiste qui se disait à l'époque parti révolutionnaire et qui disait qu'il n'y avait pas de démocratie accomplie dans le capitalisme. C'est à ça que j'ai adhéré, c'était dans le texte. Voilà, voilà la raison.

Et c'est mon fil conducteur dans l'histoire et de mon engagement personnel. Je ne me suis pas soucié de savoir autre chose que comment, à chaque étape, je pouvais avoir une analyse aussi approfondie que je le pouvais, des rapports sociaux, des rapports culturels, car les êtres humains, c'est ma distance avec un certain marxisme mécaniste, ce sont des êtres sociaux-culturels, ou on pourrait dire culturalo-socials.

8:08
Locuteur

Sachant

8:09
Jean-Luc Mélenchon

qu'un être humain est prêt à mourir pour une idée aussi confuse que la liberté ou l'égalité, mais pas pour un différentiel d'inflation qui pourtant pourrait lui nuire davantage. Ainsi sommes-nous fait. Voilà le sens de la continuité de mon engagement. Et je voulais vous le dire pour que vous ne pensiez pas, à cet instant, que je suis en train de faire autre chose

8:30
Locuteur

que

8:30
Jean-Luc Mélenchon

d'essayer ici d'attendre quelques objectifs, et je ne sais pas comment je pourrais vérifier si j'y suis arrivé ou pas, mais je vais essayer.

8:39
Locuteur

Voilà.

8:40
Jean-Luc Mélenchon

C'est bien résumé, non ? Parce qu'il avait peur que ça aille trop loin. Trois minutes.

8:44
Locuteur

C

8:44
Jean-Luc Mélenchon

'est super.

8:45
Locuteur

Vous

8:45
Jean-Luc Mélenchon

savez mon âge, disons. Trois minutes pour résumer le sens d'une vie.

8:49
Locuteur

Bon. Monsieur

8:51
Invité

Mélenchon, merci encore une fois d'avoir répondu à notre invitation. Vous êtes aujourd'hui en campagne, et chacun de vos déplacements est à ce stade, évidemment, un choix mûrement réfléchi.

9:00
Locuteur

Et

9:01
Invité

vous avez accepté de venir ce soir à HEC, une école que certains considèrent comme intégrée au système, un système que vous critiquez depuis des années, le pouvoir de la finance et des marchés, la concentration des richesses entre quelques grandes fortunes, des grands groupes qui, selon vous, dictent leurs règles à la politique.

9:18
Locuteur

À

9:18
Invité

mesure que l'échéance de 2027 approche, vous allez de plus en plus à la rencontre de ces milieux. En juin, vous avez dîné avec de nombreux grands patrons industriels, à l'invitation de France Industrie. En août, vous avez débattu devant le BDF

9:31
Locuteur

et

9:32
Invité

vous vous posis ce soir devant nous à HEC. Monsieur Mélenchon, pourquoi avoir répondu favorablement à notre invitation ? Et si vous êtes venu ce soir, est-ce surtout pour parler à la jeunesse ou pour parler à cette sphère économique

9:44
Locuteur

? J

9:46
Jean-Luc Mélenchon

'avoue que je ne me suis pas posé la question. On m'invite, je regarde, je me dis ça doit être piquant. Je me demande pourquoi vous êtes là, si je m'en réfère aux caricatures qui sont faites peut-être aussi de vous, parce qu'il y en a de moi, mais de vous aussi.

10:02
Locuteur

Donc

10:02
Jean-Luc Mélenchon

je me dis, vienne voir si le diable au pied fourchu

10:05
Locuteur

sent

10:06
Jean-Luc Mélenchon

le souffre. Mais je crois qu'on n'en est pas là, parce que, quelles que soient vos opinions politiques et philosophiques, je pense que vous êtes dans la norme, la moyenne

10:17
Locuteur

de

10:18
Jean-Luc Mélenchon

cette jeune génération actuelle à ce moment, qui n'a rien à voir avec celle des années 90, qui était persuadée qu'être trader était en sommet d'une existence professionnelle. Et quand moi je parlais de capitalisme, on me regardait avec une certaine commisération, je dis, ah, il en est encore là, mais il est brave, on a besoin de gens comme vous. Bon.

10:38
Locuteur

Alors,

10:39
Jean-Luc Mélenchon

pourquoi je viens là ? Ben, je suis totalement intéressé. Pourquoi

10:44
Locuteur

? D

10:45
Jean-Luc Mélenchon

'abord, parce que si je gagne, j'ai besoin de vous.

10:48
Locuteur

Pourquoi

10:48
Jean-Luc Mélenchon

? Parce que vous êtes intégré à une élite d'enseignement, à tort ou à raison d'ailleurs, mais vous êtes en capacité d'entreprendre un certain nombre de choses que vous avez appris, vous êtes des gens qualifiés.

11:03
Locuteur

Et

11:04
Jean-Luc Mélenchon

dans la réorganisation des relations de la France avec le monde, nous aurons besoin, nous, de gens de haut niveau pour procéder à cette partie si difficile qui va être de la repositionner, la France, non plus comme elle pouvait être, je le disais il y a un instant à vos collègues, la France était le deuxième PIB du monde quand le général de Gaulle est devenu président de la République et a fondé la cinquième République. Nous n'en sommes pas là et nous n'y serons plus jamais.

11:33
Locuteur

Ce

11:33
Jean-Luc Mélenchon

qui nous met au défi de deux choses, vivre et être capable de développer notre bien-être collectif

11:40
Locuteur

et

11:40
Jean-Luc Mélenchon

deuxièmement, savoir vivre sans dominer,

11:43
Locuteur

c

11:43
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire en prenant notre part et en contribuant au développement des autres. Donc pour ça, nous aurons besoin de savoir

11:50
Locuteur

où

11:51
Jean-Luc Mélenchon

nous allons nous placer. J'ai une série de projets que vous connaîtrez si vous lisez le programme, mais par exemple à l'échelle internationale, il faut renégocier avec les Chinois la place que nous allons occuper et qu'eux occupent, puisque c'est eux les dominants sur le plan manufacturier.

12:06
Locuteur

Nous

12:06
Jean-Luc Mélenchon

aurons à discuter quelle place la France peut prendre dans la francophonie, puisque c'est la langue commune de 29 nations qui l'ont comme langage officiel, comme langue officielle, et on pense arriver à la fin du siècle à 700 millions de personnes qui parleront notre langue. Et donc nous avons des offres à mettre sur la table

12:25
Locuteur

de

12:27
Jean-Luc Mélenchon

coopération, puisque nous sommes un pays vieillissant et nous avons besoin d'être mis au contact de la dynamique démographique. C'est le cas avec l'Afrique francophone et avec toutes les zones francophones du monde qui sont marquées par des dynamiques démographiques. Je prends cet exemple. Quoi ? L'université des métiers de l'espace. Quoi ? L'université des métiers de la mer. Qui sont des domaines dans lesquels nous Français, nous pouvons occuper un rôle, avoir un rôle, une action, une efficacité.

12:58
Locuteur

Voilà.

12:58
Jean-Luc Mélenchon

Donc on va avoir besoin de vous pour faire tout ça. Alors bon, au début, vous traînerez les pieds pour certains d'entre vous. Bon, d'autres ne voudront pas en entendre parler. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qu'est-ce qui nous vaut ? Ben bon, après vous ferez de votre vie ce que vous voulez. Mais ceux qui auront entendu l'appel que nous adresserons au pays, ben ils viendront donner le coup de main.

13:20
Locuteur

Ça

13:21
Jean-Luc Mélenchon

c'est le premier élément. Et c'est ça qui me conduit à aller discuter avec d'abord les petits patrons, vous les avez oubliés dans votre liste, les petits patrons, et puis après je suis allé voir le média, puis après il y

13:32
Locuteur

a

13:32
Jean-Luc Mélenchon

des gens qui m'invitent à dîner. Imaginez-vous que ça m'amuse.

13:36
Locuteur

Et

13:37
Jean-Luc Mélenchon

il faut aussi tenir compte de ça. Donc c'était des grands patrons ceux-là, parmi lesquels plusieurs sont d'intérêt immédiat par rapport à ce que je voudrais faire dans l'avenir proche, si nous gagnons. Je pense à des boîtes comme Renault, pour savoir un peu, bon, alors à part pleurer, et demander la baisse des cotisations et des impôts, est-ce que vous êtes capable de produire des bagnoles électriques qui valent moins cher que celles des Chinois, tout en, sans baisser les salaires ? Oui, non, c'est possible, c'est pas possible, que faut-il faire ?

Il y avait là Dassault, très bien, à Dassault j'ai quelque chose à demander, il faut nous faire l'avion spatial, parce que c'est, on sait le faire, je sais qu

14:13
Locuteur

'on

14:13
Jean-Luc Mélenchon

sait le faire, donc on va le faire. Et si on le fait, eh bien nous prendrons d'un coup une main d'avance dans la question de la relation à l'espace, qui vous savez est le nouveau domaine d'expansion de l'humanité. Voilà pour ça. Et puis, je viens vous voir, je viens de vous dire pourquoi. Mais j'ai un deuxième objectif.

Bien sûr, je suis un homme politique engagé, vous avez dit que je suis un tribun, j'en suis très fier, j'espère que je fais bien mon travail de tribun, dans la grande tradition qui a été celle des premiers tribuns du peuple, lorsque l'on a vu la première grève avoir lieu, c'est dans la Rome antique, les gens ont décidé d'arrêter de travailler, on dit aux autres, puisque vous êtes si malins pour décider, vous n

14:53
Locuteur

'avez

14:53
Jean-Luc Mélenchon

qu

14:53
Locuteur

'à

14:53
Jean-Luc Mélenchon

bosser, et vous vous nourrirez tout seul. Vous connaissez peut-être cet épisode de l'histoire de Rome, qui a fondé le rôle des tribuns du peuple, puisque ensuite on a partagé entre le Sénat et les tribuns. Mais je m'adresse aussi à des êtres humains.

15:06
Locuteur

Et

15:07
Jean-Luc Mélenchon

j'ai été prof de l'être, et je reste un philosophe actif. Pour moi, la politique est l'intendance de la philosophie.

15:14
Locuteur

Dans

15:15
Jean-Luc Mélenchon

ma vision du monde, je reste attaché à la tradition longue de l'humanisme. Mais non plus l'humanisme tel qu'il est né au XVe siècle,

15:23
Locuteur

en

15:23
Jean-Luc Mélenchon

Italie d'abord, puis en France ensuite, dans des conditions bien différentes,

15:28
Locuteur

parce

15:28
Jean-Luc Mélenchon

que c'était un humanisme qui postulait que l'être humain

15:31
Locuteur

est

15:32
Jean-Luc Mélenchon

l'auteur de son histoire. Bien sûr, ça c'est le fondamental. L'être humain est l'auteur de son histoire. Il n'est pas l'objet d'une prédestination, ni sociale, ni spirituelle, ni tout ce que vous voudrez.

15:46
Locuteur

Il

15:46
Jean-Luc Mélenchon

est l'auteur de sa propre histoire. Mais dans la définition qui en était donnée au XVe siècle, oui au XVe siècle,

15:53
Locuteur

il

15:53
Jean-Luc Mélenchon

était à condition de dominer la nature.

15:56
Locuteur

Et

15:57
Jean-Luc Mélenchon

il avait reçu de Prométhée les instruments techniques pour dominer la nature. en commençant par le feu. Et naturellement, au XXIe siècle, si nous avions pour objectif de dominer la nature, c'est que nous aurions au moins deux siècles de retard.

16:12
Locuteur

Il

16:12
Jean-Luc Mélenchon

n'est plus question de ça. Il est question de vivre en harmonie avec elle. Mais l'harmonie n'est pas seulement un slogan poétique, tant mieux si c'est poétique. Il s'agit de faire coïncider les cycles. C'est une réalité matérielle. J'appartiens à l'école philosophique du matérialisme historique, donc je crois non pas aux biens matériels, mais aux relations réelles qui ont lieu à l'intérieur de la répartition de la richesse, de la production de la vie quotidienne. Donc l'idée de cette harmonie, c'est de faire coïncider les cycles de l'activité productive humaine avec ceux de la nature. Et c'est très compliqué. Mais ça a été un travail progressif après qu'on ait eu l'idée de la règle verte,

16:52
Locuteur

c

16:52
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire ne pas prendre à la nature davantage que ce qu'elle peut reconstituer. La formule était magnifique, comme tout le monde en conviendra, j'en suis sûr facilement, mais pour moi, elle présentait un problème. C'est ce qu'elle pouvait bien vouloir dire. Parce que s'il s'agit de reconstituer le stock de pétrole, en effet, tous les ans, c'est un litre. Bon, tout le monde comprend que c'est la durée. C'est donc le cycle qui va déterminer ce que cette phrase veut dire. Combien de temps faut-il à la nature pour reproduire ceci ou cela ?

Et d'ailleurs, peut-on penser le concept de distinguer l'être humain de la nature est une idée qui convient à la pensée, qui discerne, mais qui, dans la réalité, n'a pas d'efficacité. Pourquoi ? Parce que l'être humain ne peut pas être séparé de la nature. Donc la question qui est posée, c'est celle de l'harmonie des cycles et seulement cela.

17:37
Locuteur

Et

17:37
Jean-Luc Mélenchon

quand je m'adresse à vous, je me dis que je vous passe un message qui n'est plus celui de la politique, qui est celui de la philosophie. Donc je pense qu'il est incarné par la politique que je défends, mais le plus important à mes yeux, c'est ce que cette part du raisonnement philosophique pourrait apporter à chacun d'entre vous dans l'idée de son propre développement humain et de sa contribution à la vie de la société. Voilà pourquoi je suis intéressé dans les deux cas. Nous allons vivre des défis, vous allez vivre, parce que moi, je n'y serai plus, plus rapidement que vous. Enfin, ça dépend qui, parce qu'il

18:09
Locuteur

y

18:09
Jean-Luc Mélenchon

en a qui s'en iront avant moi. Mais, c'est la vie, c'est comme ça. Mais vous allez avoir un défi. Jusqu'à présent, la politique, on avait le temps.

18:18
Locuteur

Si

18:18
Jean-Luc Mélenchon

tu perdais une fois, tu pouvais penser te rattraper le coup d'après. Nous n'avons plus le temps, nous n'avons que des délais.

18:24
Locuteur

Et

18:24
Jean-Luc Mélenchon

vous allez devoir relever une série de défis, je vous jure que je vais essayer de rentrer tout ça dans une phrase comme aucune autre génération n'a eu avant vous. 1, le défi de la guerre. 2, le défi de la crise financière mondiale. 3, le défi, évidemment, climatique qui surplombe tous les autres. 4, le défi de la modification du mode de production par l'introduction de l'intelligence artificielle. C'est-à-dire que toutes les réalités dans lesquelles vous êtes nés, à l'intérieur desquelles vous avez commencé à organiser votre pensée, toutes sont remises en cause.

18:57
Locuteur

Alors,

18:57
Jean-Luc Mélenchon

pour vous, c'est plus facile que pour l'autre génération, parce que comme vous arrivez, vous êtes moins prisonniers de réflexes, de routines, d'évidence que les générations qui ont précédé. Et qui, elles, vont, de toute leur force, essayer sans cesse

19:11
Locuteur

de

19:12
Jean-Luc Mélenchon

penser que c'était mieux avant et de reconstituer le monde d'avant.

19:16
Locuteur

Mais

19:16
Jean-Luc Mélenchon

ce défi, vous ne l'aborderez pas que par de la politique. Vous l'aborderez par de la philosophie et une certaine manière de regarder l'existence. Parce que si vous restez avec les concepts du 21e siècle, la question qui vous est posée, chacun pour soi ou tous ensemble, vous la réglerez d'une manière qui ne correspond pas aux besoins, à mon avis. Si vous pensez que chacun pour soi, vous allez vous en tirer, vous vous trompez. Ça ne peut être que tous ensemble. Mais comment

19:40
Locuteur

? C

19:41
Jean-Luc Mélenchon

'est à vous de l'inventer. Moi, tout ce que je vais faire, si je gagne, et je dis je, alors que nous sommes une équipe, c'est faire un travail de passeur. C'est nous qui allons installer la planification écologique. C'est nous qui allons modifier l'État pour en faire un État écologique. C'est nous qui allons modifier la Constitution pour en faire une Constitution qui donne le pouvoir au peuple plutôt qu'au patriarche qui dirige la République. Et ainsi de suite. Mais après, ça, ça va durer, dans le meilleur des cas, 5 ans. Après, c'est vous qui, dedans et après, avez la suite à gérer. Soit des conséquences de ce qu'on aura fait,

20:15
Locuteur

soit

20:15
Jean-Luc Mélenchon

parce que vous y trouverez de l'intérêt à le prolonger, le porter vers de nouvelles destinations. Mais là, comme on est là, je ne peux pas vous dire lesquelles. C'est quoi la suite de l'intelligence artificielle, la bêtise artificielle ? C'est une des

20:27
Locuteur

hypothèses

20:28
Jean-Luc Mélenchon

bien réelles, d'autres manières de travailler, d'autres manières de penser. Voilà, j'ai essayé de répondre aussi sincèrement que possible à cette question.

20:37
Locuteur

La

20:38
Jean-Luc Mélenchon

philo d'abord.

20:39
Locuteur

Tout

20:40
Invité

à fait. Et justement, en 2021, déjà, ici à HEC, vous nous exhortiez à faire face à ces défis du 21e siècle. Vous disiez même à cette occasion vouloir faire oublier votre personne au profit de votre programme. Malheureusement, le 10 avril 2022, il vous a manqué 420 000 voix pour accéder au second tour. Et ce soir-là, vous avez conclu votre discours en vous adressant aux jeunes et en leur disant ces deux mots, faites mieux. beaucoup y ont vu un passage de témoins

21:11
Locuteur

et

21:11
Invité

pourtant, aujourd'hui, vous êtes de nouveau candidat pour l'élection de 2027. Alors, M. Mélenchon, qu'est-ce qui a changé depuis 2022

21:17
Locuteur

?

21:18
Jean-Luc Mélenchon

Ben, rien, à mon avis. Je veux dire, si, plein de choses, la situation est pire qu'avant, ça c'est certain, mais ce n

21:25
Locuteur

'est

21:25
Jean-Luc Mélenchon

pas ça votre question. C'est qu'est-ce qui a changé dans ma relation à la consigne faite mieux. Eh bien, c'est une décision collective. Et contrairement à ce qui se raconte, parce que je lis partout que nous sommes anti-démocratiques, que je dirige tout le monde, que je suis le gourou, et je vous téléphone dans cette salle.

21:44
Locuteur

Il

21:44
Jean-Luc Mélenchon

y a des Insoumis. Ils savent tous très bien que chaque jour, je les appelle pour leur dire ce qu'ils doivent dire, faire et penser. Tout ça est absurde. Nous sommes un collectif, mais nous avons une manière de fonctionner en collectif avec des règles que nous nous sommes données. Et la première règle, c'est que,

21:59
Locuteur

et

21:59
Jean-Luc Mélenchon

je vous invite à en faire autant dans votre vie,

22:01
Locuteur

tout

22:02
Jean-Luc Mélenchon

n'est pas public.

22:04
Locuteur

La

22:04
Jean-Luc Mélenchon

transparence

22:05
Locuteur

est

22:06
Jean-Luc Mélenchon

un concept de névropathe. Aucune vie ne se développe dans la lumière et la transparence. Tout le monde a besoin de sa zone de silence, de fermeture,

22:16
Locuteur

pour

22:17
Jean-Luc Mélenchon

pouvoir

22:17
Locuteur

parler

22:18
Jean-Luc Mélenchon

librement, agir, décider librement. Nous avons discuté.

22:22
Locuteur

Ce

22:23
Jean-Luc Mélenchon

n

22:23
Locuteur

'est

22:23
Jean-Luc Mélenchon

pas à moi de dire quel était mon point de vue dans cette discussion, mais tout ce que je peux vous en dire, c'est que je ne suis pas homme à être habité par une ambition qui m'empêcherait d'assumer ma propre vision de mon rôle, qui n'est pas ce que vous pourriez croire. Oui, tribun. Oui, philosophe. Ensuite, être

22:42
Locuteur

un

22:44
Jean-Luc Mélenchon

leader, ça s'est fait dans la vie, comme ça sera pour vous. Mais pas candidat perpétuel. Ce n'était pas mon idée. On en a discuté et on a décidé. Pour des raisons où peut-être nous nous sommes trompés, nous avons estimé que la gravité de la situation était telle

23:00
Locuteur

que

23:01
Jean-Luc Mélenchon

nous ne pouvions pas prendre le risque de refuser ce qu'une candidature renouvelée procure quasi mécaniquement. Ceux qui ont fait une première fois le pas vers nous l'ont fait à travers un bulletin de vote. Tout le monde en prenant son bulletin de vote a des raisons diverses, multiples, larges d'entrer dans le combat. Et ils le reportent sur un individu. On peut trouver ça tout à fait déplorable, mais ainsi sont faits les groupes humains. Voilà pourquoi on a pensé que le plus efficace électoralement pour nous, c'était que je me représente cette quatrième fois et cette raison s'est imposée à moi comme à tout le monde.

23:34
Locuteur

Et

23:34
Jean-Luc Mélenchon

ma foi,

23:36
Locuteur

je

23:36
Jean-Luc Mélenchon

ne suis pas mécontent.

23:38
Locuteur

ça

23:39
Jean-Luc Mélenchon

ne me déplaît pas autant que j'aurais d'abord pu le croire.

23:42
Locuteur

Et

23:42
Jean-Luc Mélenchon

puis, il y a vraiment des moments

23:44
Locuteur

que

23:45
Jean-Luc Mélenchon

je vis, je suis un théoricien de l'action politique. Si vous voulez, lisez mon livre, faites mieux, sinon, volez-le. Mais vous avez dedans la tactique, la stratégie, la manière de regarder la société, l'analyse du capitalisme du 21e siècle, tel que nous-mêmes, où je l'envisage,

24:04
Locuteur

et

24:05
Jean-Luc Mélenchon

vous verrez comment, dans le moment, moi je vis un moment extraordinaire. La société répond

24:11
Locuteur

de

24:12
Jean-Luc Mélenchon

la manière avec laquelle je pensais qu'elle le ferait.

24:15
Locuteur

Et

24:15
Jean-Luc Mélenchon

nous ne sommes pas un parti,

24:18
Locuteur

ni

24:18
Jean-Luc Mélenchon

un parti révolutionnaire. Nous sommes un mouvement politique d'éducation populaire de masse

24:23
Locuteur

et

24:24
Jean-Luc Mélenchon

notre perspective est révolutionnaire. Pas pour faire un grand mot romantique, mais parce que nous représentons une rupture avec les structures institutionnelles, nous voulons passer à la VIème République, une rupture avec la hiérarchie des normes, puisque nous voulons mettre la solidarité à la place de la compétition libre et non faussée, et enfin, une autre philosophie de l'existence que je me suis efforcé de présenter en quelques mots devant vous, c'est-à-dire le contraire de chacun pour soi et que les autres se débrouillent. Et comme disait Mme Thatcher, la société n'existe pas. Si chacun concourt à son bonheur personnel, au total, ça fera le bonheur de tout le monde.

Je n'en crois pas un mot et je crois même que c'est tout le contraire. Donc voilà ce que je mets dans le mot révolution pour ne pas l'abandonner à une vision chimérique ou qui moi ne m'attire pas, c'est la barricade, les jeux, les choses de cette nature. Pour moi, la révolution, quand on en arrive là, c'est une des formes qu'on a connues dans le passé. La révolution, c'est la transformation réelle est concrète et radicale des rapports humains, des rapports sociaux, des rapports culturels entre les êtres humains. Voilà comment je peux résumer ça sans faire trop le prétentieux.

25:36
Locuteur

M.

25:37
Invité

Mélenchon, nous vivons une séquence sociale et politique assez particulière

25:40
Locuteur

avec

25:41
Invité

la mobilisation massive des lycéens

25:43
Locuteur

et

25:44
Invité

nous voulions avant tout l'aborder avec vous. Évidemment, il est important de savoir d'où l'on parle,

25:50
Locuteur

c

25:50
Invité

'est-à-dire que nous avons conscience ici qu'à HEC, nous avons pour la plupart bénéficié de conditions aux lycées plutôt favorables en général, nous ne devons pas l'intention d'usurper la parole de milliers de lycéens en colère.

26:03
Locuteur

Mais

26:04
Invité

ce mouvement, parti du mi-septembre d'un lycée de Créteil, s'est étendu maintenant à toute la France

26:08
Locuteur

et

26:09
Invité

ses revendications sont légitimes.

26:10
Locuteur

Des

26:10
Invité

professeurs absents, jamais remplacés, des classes surchargées, des bâtiments délabrés, mais seulement, désormais, le mouvement a largement dépassé la simple contestation. Parallèlement, des établissements incendiés, des personnels de l'éducation nationale blessés, des centaines de lycées fermés et une répression importante de la part des forces de l'ordre.

26:28
Locuteur

Des

26:29
Invité

forces de quoi ? L'ordre. Ah

26:30
Locuteur

! Quel

26:32
Invité

ordre

26:32
Locuteur

? Bon,

26:34
Invité

bon, pardon, allez-y.

26:36
Locuteur

Le

26:36
Invité

nom de la France insoumise a beaucoup été mêlé à ces événements récemment, selon les services de renseignement, dans la presse, etc. Quelle réponse voulez-vous apporter aux lycéens

26:47
Locuteur

pour

26:47
Invité

apaiser la situation devenue hors de contrôle

26:50
Locuteur

? Bon,

26:51
Jean-Luc Mélenchon

d'abord, on commence par mettre de côté la comédie de... Elle est fille, manipule, manie, etc. Il y a deux raisons pour lesquelles ce n

27:01
Locuteur

'est

27:01
Jean-Luc Mélenchon

pas vrai. Personne n'est capable de faire ça. Je préfère vous le dire. Et deuxièmement, ce n

27:06
Locuteur

'est

27:06
Jean-Luc Mélenchon

pas le but.

27:07
Locuteur

On

27:07
Jean-Luc Mélenchon

doit respecter la volonté des gens. Nous, notre but n'est pas de récupérer, comme on m

27:12
Locuteur

'a

27:12
Jean-Luc Mélenchon

dit, un mouvement.

27:13
Locuteur

C

27:14
Jean-Luc Mélenchon

'est d'être récupéré par lui.

27:15
Locuteur

Ce

27:15
Jean-Luc Mélenchon

n

27:15
Locuteur

'est

27:15
Jean-Luc Mélenchon

pas pareil.

27:16
Locuteur

Ça

27:16
Jean-Luc Mélenchon

n'a rien à voir.

27:18
Locuteur

C

27:18
Jean-Luc Mélenchon

'est la différence entre un mouvement d'éducation populaire collectif et une avant-garde révolutionnaire. Nous ne sommes pas l'avant-garde du mouvement lycéen et étudiant. Vous avez évoqué les... Alors, donc, je mets de côté le fait que je téléphonerai aux gens pour leur dire de foutre le feu aux poubelles, etc. J'ai dit sur tous les tons qu'il ne fallait pas le faire parce que c'est donné à l'adversaire les arguments dont il a besoin. Et l'infâme système médiatique, surtout l'officialité médiatique en continu, s'est emparée de ça pour montrer des flammes matin, midi et soir, tout brûle, tout est cassé. On a aspergé une jeune fille d'acide. Bon,

27:54
Locuteur

ce

27:54
Jean-Luc Mélenchon

n

27:54
Locuteur

'est

27:54
Jean-Luc Mélenchon

pas vrai. Mais enfin, ça fait bien dans le récit. On a jeté de l'essence sur des proviseurs. Ce n

27:59
Locuteur

'est

27:59
Jean-Luc Mélenchon

pas vrai puisque ça a été démenti par les autorités elles-mêmes. Mais on crée une légende. Et puis, l'utilisation politicienne commence à débarrasser de moi

28:07
Locuteur

puisque

28:08
Jean-Luc Mélenchon

rien n'y fait. Ni les accusations, ni les pourchasses judiciaires. Je suis toujours là. Et en plus, le dernier sondage, ça va, quoi. Donc, une peur soudaine s'empare. Comment se débarrasser de ce type et de ses amis ? Parce qu'eux ont parfaitement compris que je ne suis pas un individu. Ça n'a pas de sens. Il y a toute une équipe et des réseaux très profonds. Avec un phénomène politique qui s'observe rarement, rarement. Je parle comme homme de gauche. Je ne parle plus. Je pense que peut-être ce sont des choses moins compréhensibles pour ceux qui ont un autre point de vue que le point de vue de la gauche. Mais

28:44
Locuteur

la

28:45
Jean-Luc Mélenchon

gauche a une longue histoire. Elle est passée par plusieurs phases de son rapport à la société. Nous avons fait, nous, les insoumis, le pari de deux choses. Un dénominateur commun, ample. L'insoumission. L'insoumission, c'est un mot équivalent à émancipation. Émancipation, c'est sortir du mancipium. En latin, ah, en lapin. En latin, le mancipium, c'est l'autorité du père qui tient

29:10
Locuteur

et

29:11
Jean-Luc Mélenchon

qui a de droits de vie et de mort sur les siens, sur son épouse, sur ses enfants, etc. L'émancipation, voulait d'abord dire sortir de cette autorité, se libérer, s'émanciper. Et ensuite, que faire de cette liberté ? Bien. Un dénominateur commun, ample. Par conséquent, nous sommes communistes, socialistes, anarchistes, rien de tout ça, juste insoumis, humanistes enragés, humanistes modérés.

29:37
Locuteur

Le

29:37
Jean-Luc Mélenchon

mouvement insoumis rassemble tout ça. Ne vous inquiétez pas. Vous allez avoir votre réponse précise. Mais je dis qui on est pour qu'on nous comprenne bien. Et deuxièmement, le phénomène qui est attendu, je ne plaisantais pas tout à l'heure quand je vous ai dit notre but n'est pas de récupérer mais d'être récupéré. Autrement dit, de provoquer ce mouvement qui vient et utilise les insoumis individuellement comme un point d'appui. Qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'ainsi sont faits les groupes humains.

30:06
Locuteur

Et

30:07
Jean-Luc Mélenchon

ce phénomène, nous l'appelons l'osmose. Parce qu'il a bien fallu trouver un mot. Ça n'était ni la direction, ni l'hégémonie, c'était l'osmose. Et cette osmose, nous l'observons. Parce que quand arrive un élu insoumis avec son écharpe, il est acclamé.

30:20
Locuteur

De

30:21
Jean-Luc Mélenchon

ma vie politique, je n'ai jamais vu ça. Quand... Enfin bref. Voilà comment ça se passe. Donc je mets déjà ça de côté pour arriver maintenant si vous me dites qu'est-ce que vous, qu'est-ce que quoi ? Qu'est-ce que je réponds à qui ? À ceux qui m'accusent qu'ils aillent se faire voir. Mais sur le fond, à la jeunesse elle-même. D'abord, comprenez ce qui se passe. Comprendre ce qui se passe pour pouvoir y trouver sa place.

30:46
Locuteur

Il n

30:46
Jean-Luc Mélenchon

'y

30:46
Locuteur

a

30:46
Jean-Luc Mélenchon

pas de plus grand bonheur intellectuel, c'est Léon Trotski qui disait ça. Et moi, je reste attaché à cette idée. Comprendre ce qui se passe. La société néolibérale,

30:57
Locuteur

totalement

30:57
Jean-Luc Mélenchon

abandonnée à elle-même, sans limite, présente devant des syndicats, effondrée par le fait qu'il n'y a plus de compromis social organisé avec les sociétés transnationales et avec la sphère financière. Entièrement dominée par l'Empire.

31:13
Locuteur

Et

31:13
Jean-Luc Mélenchon

puis l'alternative à l'Empire est une organisation particulière. La Chine qui a à la fois un régime communiste et un régime capitaliste. Bref,

31:23
Locuteur

on

31:24
Jean-Luc Mélenchon

a l'impression qu'il n'y a pas d'alternative.

31:27
Locuteur

Et

31:28
Jean-Luc Mélenchon

dans ce contexte,

31:30
Locuteur

les

31:30
Jean-Luc Mélenchon

penseurs de cette société, car il y en a qui ont écrit,

31:34
Locuteur

qui

31:35
Jean-Luc Mélenchon

ont planifié tout ce que nous sommes en train de vivre, ceux-là sont partis de l'idée que

31:40
Locuteur

tout

31:41
Jean-Luc Mélenchon

devait être marchandise. Et que si on confiait au marché l'équilibre, les équilibres de la société, il les trouverait par sa main invisible.

31:51
Locuteur

Et

31:51
Jean-Luc Mélenchon

c'est ce qui nous a dominés dans tous les domaines. Mais la France

31:54
Locuteur

est

31:55
Jean-Luc Mélenchon

un vieil État.

31:57
Locuteur

C

31:57
Jean-Luc Mélenchon

'est pourquoi elle est singulière

31:58
Locuteur

dans

31:59
Jean-Luc Mélenchon

la discussion internationale.

32:03
Locuteur

Notre

32:03
Jean-Luc Mélenchon

État a commencé à se construire

32:06
Locuteur

il

32:07
Jean-Luc Mélenchon

y a 1000 ans.

32:09
Locuteur

La

32:10
Jean-Luc Mélenchon

monarchie et l'ancien régime s'est construit autour de la construction de l'État et de la justice d'appel et de l'invention des impôts.

32:17
Locuteur

Nous

32:17
Jean-Luc Mélenchon

sommes construits autour de l'État. Dès lors, plus que d'autres pays, tout ce qui a remis en cause l'État, l'État moderne, pas l'État uniquement réduit à ses fonctions régaliennes, puisque c'est le mot qu'on utilise, la police, l'armée et les impôts. Non, l'État avec ses services publics, avec son système particulier de santé et d'assurance sociale face aux difficultés de l'existence, la sécurité sociale. Cet État est la France.

32:45
Locuteur

Il

32:46
Jean-Luc Mélenchon

n'y a pas de France en dehors de tout ça. Il y a des individus, il y a des activités, mais la nation est construite autour de l'État. Même pas de la langue. 29 pays parlent comme nous. Pas d'une religion, il

32:59
Locuteur

y

32:59
Jean-Luc Mélenchon

en a 5. Pas d'une couleur de peau, etc.

33:02
Locuteur

Nous

33:03
Jean-Luc Mélenchon

sommes donc entièrement construits sur un pacte politique que vous connaissez, liberté, égalité, fraternité, mais réfléchissez-y, il n'y a rien d'autre.

33:11
Locuteur

Je

33:12
Jean-Luc Mélenchon

vous ai dit il y a un instant, même pas une religion.

33:14
Locuteur

Bien

33:15
Jean-Luc Mélenchon

sûr, le christianisme a occupé une très longue tradition de notre histoire, mais aussi le judaïsme,

33:20
Locuteur

au

33:20
Jean-Luc Mélenchon

moins depuis l'an 1000, puisque déjà en l'an 1000,

33:23
Locuteur

l

33:23
Jean-Luc Mélenchon

'ancien régime expulsait

33:25
Locuteur

les

33:26
Jean-Luc Mélenchon

juifs de France.

33:27
Locuteur

Et

33:27
Jean-Luc Mélenchon

puis les musulmans, vous croyez que ça s'appelle Castel-Sarrasin parce qu'on y plantait du sarrasin, rigolez pas.

33:32
Locuteur

Les

33:33
Jean-Luc Mélenchon

musulmans sont montés jusqu'à Poitiers, vous savez que c'est haut, Poitiers.

33:36
Locuteur

Et

33:36
Jean-Luc Mélenchon

compte tenu de ce qu'étaient les techniques de l'invasion à l'époque,

33:39
Locuteur

ça

33:40
Jean-Luc Mélenchon

n'a rien à voir avec les invasions contemporaines, ça veut dire que la matrice de notre vie,

33:46
Locuteur

la

33:46
Jean-Luc Mélenchon

pensée philosophique qui distingue le religieux

33:48
Locuteur

du

33:49
Jean-Luc Mélenchon

laïc, elle commence avec la critique d'Averroès,

33:52
Locuteur

et

33:52
Jean-Luc Mélenchon

elle va se continuer avec l'humanisme et avec les Lumières. Mais c'est une tradition qui a aussi son enracinement là-dedans. Je sais que souvent,

33:59
Locuteur

on

34:00
Jean-Luc Mélenchon

conteste le fait que moi je fais appel à ces nombreuses racines.

34:04
Locuteur

Je

34:05
Jean-Luc Mélenchon

ne nie pas que nous ayons des racines, mais je pense que les sociétés humaines sont tournées vers le futur. Donc, pour l'éducation, il en était comme du reste, comme de la santé. Nous avions le premier système du monde.

34:16
Locuteur

C

34:17
Jean-Luc Mélenchon

'est une ruine qui tient par l'énergie des gens qui le font tenir. L'éducation, nous avions une force extraordinaire puisque c'est notre seule matière première, la matière grise. On n'a rien d'autre. On n'a pas de pétrole, on n'a pas de ci, on n'a pas de là.

34:31
Locuteur

Et

34:31
Jean-Luc Mélenchon

même ça, on l'a transformé en marchandise. Méthodiquement, méthodiquement, en organisant un marché avec une compétition entre des systèmes d'enseignement public et privé à l'intérieur du privé, à l'intérieur du public.

34:46
Locuteur

Et

34:46
Jean-Luc Mélenchon

dans le public, méthodiquement, on a démantelé la machine à instruire pour en faire une machine à prestation éducative. Si bien que quand vous êtes au lycée aujourd'hui, même vous, vous y reconnaîtriez plus parce que c'est la réforme Blanquer. Chacun fait sa petite carte. Moi, je vais faire ci, je

35:01
Locuteur

vais

35:01
Jean-Luc Mélenchon

faire ça, etc. Il n'y a plus de vision d'ensemble. Il n'y a plus de volonté de la nation. Si bien qu'on s'abandonne à des ressorts spontanés et tout d'un coup, on découvre qu'il n

35:11
Locuteur

'y

35:11
Jean-Luc Mélenchon

a plus de filles en maths, que le niveau scientifique s'est effondré parce qu'il y a moins de gens qui y vont. Qu'est-ce qui s'est passé

35:17
Locuteur

? Est

35:18
Jean-Luc Mélenchon

-ce que les gens sont devenus stupides, allergiques aux mathématiques et à la science ? Non, il s'est passé d'autres phénomènes, on ne va pas les évoquer ici. Deuxièmement, nous avons une crise psychologique majeure. Pour un homme de ma génération, c'est une chose inouïe à découvrir et à entendre.

35:33
Locuteur

Au

35:33
Jean-Luc Mélenchon

début, je ne comprends même pas ce qu'on me dit. On me dit tout le monde va mal. Bon, d'accord, ça va mal. Quand tu es jeune, ça va mal. Quand tu es vieux aussi. Alors donc, en gros, ça fait partie de la condition humaine. Non, on me dit, tu ne comprends pas ce qui se passe. Tu ne comprends pas ce qui se passe. Quelque chose est cassé. Parce que les mêmes à qui vous allez dire il n'y a pas de prof, il n

35:52
Locuteur

'y a

35:52
Jean-Luc Mélenchon

pas de ceci, il n'y a pas de cela, tu as 15 ans et tu dois savoir exactement quel va être ton parcours dans l'existence, quel métier tu vas faire, à la limite, qui tu vas épouser. Hein

36:02
Locuteur

?

36:03
Jean-Luc Mélenchon

Moi, on me l'a fait quand j'avais 15 ans, le dialogue du devoir et de l'amour.

36:08
Locuteur

C

36:08
Jean-Luc Mélenchon

'était Corneille, Racine, on nous posait ça. Bon, vous imaginez tous comment on arbitrait, hein, entre le devoir et l'amour, la question était vite tranchée, mais on ne le disait pas. Bon. Ce système-là a tout effondré. Un immense malaise parce que ces jeunes gens, ils savent que les profs qui ne sont pas là, les conditions d'éducation déplorables égales, tu es moins bon au contrôle continu, égales, tu ne seras pas bien dans Parcoursup, cette horreur qui a été inventée par des gens qui, en vous prenant au plus jeune, vous apprend à mentir. Vous devez faire 10 déclarations d'intention. Ça veut dire que vous mentez au moins 9 fois.

36:46
Locuteur

Les

36:46
Jean-Luc Mélenchon

autres, c'est seulement 8 fois si vous aimez 2 métiers. Peut-être certains 7 fois. Mais en tout cas, vous mentez et vous écrivez que vous voulez à tout prix aller ici ou là ou ce n

36:55
Locuteur

'est

36:55
Jean-Luc Mélenchon

pas vrai. Aujourd'hui, il y a 100 000 jeunes là qui ont commencé l'année sans pouvoir entrer en fac. Alors peut-être que pour vous, c'est quelque chose d'habituel. Et je sais que dans les lycées, c'est considéré, Parcoursup est haï par les familles. Mais ça fait partie de la vie. Comme si ça avait toujours été comme ça. Mais ça n'a pas toujours été comme ça. Avant, tu avais ton bac, c'était le premier grade universitaire. Tu allais à l'université et tu choisissais où tu allais. Donc si tu allais tous au même endroit et que c'était une bêtise, c'est au système d'orientation de s'organiser.

37:28
Locuteur

Tout

37:28
Jean-Luc Mélenchon

a été méthodiquement disloqué en vue de créer le marché du savoir. Et nous y sommes. Les 100 000 qui ne sont pas entrés,

37:37
Locuteur

ils

37:37
Jean-Luc Mélenchon

ne peuvent pas entrer dans l'enseignement public, mais ils peuvent aller dans l'enseignement privé qui correspond à leurs ambitions. Mais pour ça, il faut emprunter du fric. Parce que le fric, vous ne

37:46
Locuteur

l

37:46
Jean-Luc Mélenchon

'avez pas. Donc vous commencez la vie avec une dette. Youpi ! Bienvenue au paradis capitaliste.

37:51
Locuteur

Vous

37:51
Jean-Luc Mélenchon

démarrez avec une dette. La dette, c'est l'achat du futur. Quelqu'un possède une partie de votre futur. Il va falloir gratter pour rembourser la dette. Ne croyez pas que je sois en train de vous dire autre chose que des choses qui ont lieu. Regardez comment ça se passe aux Etats-Unis d'Amérique. Tout le monde commence sa vie avec une dette,

38:08
Locuteur

ça

38:08
Jean-Luc Mélenchon

comme. Ben oui, et quoi ? Qui va payer ? Vos parents.

38:14
Locuteur

Si

38:14
Jean-Luc Mélenchon

vous avez des parents qu

38:15
Locuteur

'on

38:15
Jean-Luc Mélenchon

les sous. Sinon vous-même. Et ça,

38:18
Locuteur

c

38:18
Jean-Luc Mélenchon

'est la... Nous, on ne peut pas vivre comme ça. Nous, on a besoin de tout le monde, nous les Français. On a besoin de tout le monde. Et on a besoin de la matière grise de tout le monde.

38:28
Locuteur

Et

38:28
Jean-Luc Mélenchon

ce système de la marchandisation générale nous conduit à ça. Alors, vous avez... On donne de plus en plus d'argent au secteur privé.

38:35
Locuteur

Et

38:36
Jean-Luc Mélenchon

tout le monde trouve ça normal. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il s'agit petit à petit de faire avancer une idée. Le chèque éducation.

38:43
Locuteur

Vous

38:43
Jean-Luc Mélenchon

recevez un chèque et vous choisissez librement votre école. Hein ? Ben du coup, l'école, elle a aussi le droit de mettre des droits d'inscription, parce que quand même... Et puis du coup, l'école, elle a le droit de choisir qui c'est qui vient chez elle et qui c'est qui n'y vient pas. Enfin, ouf, ça y est, le marché est construit de l'éducation. Ce que nous voyons, c'est une révolte populaire contre l'organisation de ce mécanisme.

39:04
Locuteur

Il

39:05
Jean-Luc Mélenchon

peut échouer.

39:06
Locuteur

Et

39:06
Jean-Luc Mélenchon

d'ailleurs, on fait ce qu'il faut. Il n'y

39:08
Locuteur

a

39:08
Jean-Luc Mélenchon

pas une révolte de la jeunesse

39:11
Locuteur

étudiante et

39:11
Jean-Luc Mélenchon

lycéenne.

39:12
Locuteur

Il

39:12
Jean-Luc Mélenchon

y a un complot de LFI

39:15
Locuteur

qui

39:15
Jean-Luc Mélenchon

fout le feu aux poubelles. Vous vous rendez compte ? Pour pouvoir élire Mélenchon. Alors c'est là que vous pouvez commencer à vous dire qu'il

39:21
Locuteur

y

39:21
Jean-Luc Mélenchon

a quelque chose qui ne tourne pas rond, comment il compte se faire élire en foutant le feu aux poubelles

39:24
Locuteur

? C

39:25
Jean-Luc Mélenchon

'est cette absurdité qui est vendue. Maintenant, il commence à y avoir un ressaisissement. Pourquoi ?

39:31
Locuteur

À

39:32
Jean-Luc Mélenchon

cause de l'insupportable violence policière. Vous ne m'avez pas écouté comme je vous ai dit. Pourquoi j'ai dit un jour la police tue ? Il n'y

39:39
Locuteur

a

39:39
Jean-Luc Mélenchon

pas un mec plus tranquille que moi.

39:40
Locuteur

Moi,

39:41
Jean-Luc Mélenchon

je fais partie de l'ancienne tradition. La police, la justice, j'ai cru à tout ça.

39:46
Locuteur

Mais

39:46
Jean-Luc Mélenchon

je ne crois pas à des gens qui abattent quelqu'un d'autre parce qu'ils refusent d'obtempérer, parce que je suis contre la peine de mort et que je suis contre ce genre de comportement. Et maintenant, vous en voyez la conséquence. Cette troupe n'est plus tenue. Elle n'en fait qu'à sa tête. Et dans sa tête, il y a des idées pourries, racistes.

40:04
Locuteur

Il

40:05
Jean-Luc Mélenchon

y a des idées de soi-disant ils incarnent l'ordre. T'incarnes l'ordre en étant provocateur et en jetant des pierres sur tes collègues. T'incarnes l'ordre en tabassant des gens. C'est ça l'ordre ? Non, ça, ce n

40:16
Locuteur

'est

40:16
Jean-Luc Mélenchon

pas l'ordre. Ou plus exactement, c'est l'ordre établi.

40:19
Locuteur

Je

40:20
Jean-Luc Mélenchon

vous en parle avec colère parce que je n'aime pas cette vision de mon pays. Pas celle de mes jeunes

40:26
Locuteur

qui,

40:26
Jean-Luc Mélenchon

bien sûr, font des conneries.

40:28
Locuteur

Et

40:28
Jean-Luc Mélenchon

alors, c'est quoi le sujet ?

40:30
Locuteur

Parce

40:30
Jean-Luc Mélenchon

qu'ils n'ont pas moyen de se faire entendre autrement. Il a fallu 10 jours pour que le gouvernement se mette à faire quelque chose quand ça a commencé à chauffer. Et s'ils continuent, ça va s'aggraver.

40:40
Locuteur

Et

40:40
Jean-Luc Mélenchon

pour la première fois depuis 40 ans,

40:43
Locuteur

tous

40:44
Jean-Luc Mélenchon

les syndicats de salariés, tous les syndicats de l'enseignement et même un syndicat paysan

40:50
Locuteur

s

40:50
Jean-Luc Mélenchon

'est mis à soutenir les revendications de la jeunesse. Nous sommes devant une crise de la société française. Aucune société ne peut se fâcher avec sa jeunesse. Ça n'existe pas. Et il nous faut tous espérer, vous qui êtes sans doute pour beaucoup d'entre vous à la fin de vos études, pour d'autres dans le début, vous avez le même intérêt que vos aînés. C'est-à-dire, il faut qu'il se passe quelque chose qui soit en leur faveur

41:13
Locuteur

pour

41:14
Jean-Luc Mélenchon

faire comprendre

41:15
Locuteur

que

41:16
Jean-Luc Mélenchon

ça vaut la peine de s'engager.

41:18
Locuteur

Que

41:18
Jean-Luc Mélenchon

ça vaut la peine, bien sûr, de voter. Je ne sais pas si j'arriverai à vous convaincre, mais au moins de ça, même si on diverge politiquement sur ce qu'il faut faire et que vous n'aimez pas la pagaille, n'allez pas croire un instant que j'aime la pagaille.

41:30
Locuteur

Ce

41:30
Jean-Luc Mélenchon

n

41:30
Locuteur

'est

41:30
Jean-Luc Mélenchon

pas mon truc. Alors, il faudrait savoir d'ailleurs. Un jour, on me peint en dictateur qui veut tout contrôler et le lendemain, en homme de pagaille.

41:36
Locuteur

Mais

41:36
Jean-Luc Mélenchon

je crois à une forme d'organisation de la société. Je vous ai parlé tout à l'heure d'harmonie. On ne peut pas vivre contre la jeune génération. Ça n'existe pas. Et on a intérêt à ce qu'elle élève le plus possible son niveau de qualification. C'est ça que je leur réponds. Et dans cette jeunesse qui est en mouvement, il

41:53
Locuteur

y

41:53
Jean-Luc Mélenchon

a la jeunesse des facs qui sait parler. Il y a la jeunesse de l'enseignement général qui sait bien écrire et parler et qui est écouter.

42:00
Locuteur

Et

42:00
Jean-Luc Mélenchon

puis, il

42:00
Locuteur

y

42:00
Jean-Luc Mélenchon

a la masse de la jeunesse qui est dans l'enseignement professionnel. Savez-vous combien ça représente dans une génération de lycéens ? 50% de la jeunesse scolarisée dans le secondaire est en section techno, apprentissage ou lycée professionnel.

42:18
Locuteur

Ce

42:19
Jean-Luc Mélenchon

sont les ignorés, les invisibles, à qui on demande maintenant, en trois ans, de réussir ce qu'on leur faisait faire en quatre ans avant. Et maintenant, avec une année d'observation, ils perdent leur temps.

42:29
Locuteur

Et

42:30
Jean-Luc Mélenchon

à la sortie, on leur demande, pour valider le diplôme, de faire un stage. Ils sont obligés de faire un stage, sinon leur diplôme n

42:36
Locuteur

'est

42:36
Jean-Luc Mélenchon

pas validé.

42:37
Locuteur

Mais

42:38
Jean-Luc Mélenchon

les employeurs ne sont pas obligés de prendre des stagiaires. Si bien que, quand tu arrives à la fin de tes études, tu peux te trouver à être sous la menace de dire, comme je n'ai pas de stage, alors je lâche tout. Ça,

42:49
Locuteur

vous

42:50
Jean-Luc Mélenchon

autres,

42:50
Locuteur

vous

42:51
Jean-Luc Mélenchon

allez diriger, pour certains d'entre vous, des entreprises.

42:54
Locuteur

On

42:55
Jean-Luc Mélenchon

ne peut pas vivre dans un pays où on ne sait pas tirer une ligne électrique

42:58
Locuteur

et

42:59
Jean-Luc Mélenchon

mettre les bons fusibles au bout.

43:00
Locuteur

Et

43:01
Jean-Luc Mélenchon

on ne sait pas vivre dans un tel pays

43:03
Locuteur

si,

43:04
Jean-Luc Mélenchon

comme vous avez de la clim, dont il faudra bien apprendre à se passer, personne ne sait la réparer. Si personne ne connaît les techniques de l'architecture du XXIe siècle et l'usage des nouveaux matériaux, parce qu'on ne pourra pas continuer avec du béton. Alors là, ça y est, on commence à toucher les choses concrètes.

43:20
Locuteur

Il

43:20
Jean-Luc Mélenchon

va falloir d'autres matériaux, d'autres techniques, d'autres savoir-faire. L'intelligence artificielle va peut-être vous remplacez vous, mais elle ne remplacera pas un maçon, ni un peintre,

43:30
Locuteur

ou

43:31
Jean-Luc Mélenchon

une peintresse. Non,

43:32
Locuteur

ça

43:32
Jean-Luc Mélenchon

n'existe pas en féminin. Mais, tenez compte de cela. Un monde sans intervenants matériels ne peut pas exister. On m'a dit que c'était les robots qui allaient nous remplacer. Eh bien, attendons de voir. Parce que les robots, il faut les produire.

43:48
Locuteur

C

43:48
Jean-Luc Mélenchon

'est eux-mêmes qui vont se produire.

43:50
Locuteur

Et

43:50
Jean-Luc Mélenchon

si vous mettez des robots à la place des êtres humains, où seront vos salariés ? Comment répartirez-vous la richesse produite pour pouvoir en acquérir d'autres et acheter des robots ?

44:00
Locuteur

Vous

44:01
Jean-Luc Mélenchon

ne vous émanciperez jamais de la question de la répartition de la richesse et du droit des êtres humains à survivre et donc à avoir les moyens de le faire. C'est ça, la sonnerie d'alarme que je voudrais donner après. Chacun d'entre vous, parce que ça va, j'ai compris,

44:14
Locuteur

hein,

44:15
Jean-Luc Mélenchon

chacun d'entre vous est capable, surtout là où vous en êtes,

44:18
Locuteur

de

44:18
Jean-Luc Mélenchon

raisonner sur l'avenir de la société.

44:20
Locuteur

J

44:21
Jean-Luc Mélenchon

'essaye de faire entendre

44:22
Locuteur

l

44:23
Jean-Luc Mélenchon

'idée de ce qui est incontournable. Et le mouvement de la révolte de la jeunesse aujourd'hui, croyez-moi, ça s'additionne au reste.

44:30
Locuteur

Ça

44:30
Jean-Luc Mélenchon

s'additionne à l'épisode Naël. Ça s'additionne à cet épisode

44:35
Locuteur

où

44:36
Jean-Luc Mélenchon

cette jeune femme qui était passagère dans la voiture a été abattue.

44:40
Locuteur

Elle

44:40
Jean-Luc Mélenchon

ne conduisait pas, elle ne refusait pas d'obtempérer.

44:43
Locuteur

Ça

44:44
Jean-Luc Mélenchon

ne peut plus durer. Notre peuple est comme il est

44:47
Locuteur

et

44:48
Jean-Luc Mélenchon

il doit être respecté comme il est. Parce que nous ne pourrons pas vivre autrement si nous commençons à nous trier nous-mêmes d'après notre couleur de peau ou notre religion ou notre adresse, il n'y a plus de France possible. Ça n'existe pas une telle France. Allez faire ça aux Etats-Unis. Remplissez les prisons avec des gens, avec les gens qui ont les moins gros salaires, les plus défavorisés. La France, ça ne peut pas fonctionner comme ça. Il y a 90 000 personnes en prison dans un système pénitentiaire prévu pour 60 000

45:19
Locuteur

ou

45:20
Jean-Luc Mélenchon

70 000. Nous sommes partout au taquet. Si nous n'arrêtons pas les conditions qui nous conduisent à la fragmentation absolue de la société, nous serons emportés par cette fragmentation. Et je le dis à vous puisque c'est vous qui êtes appelé à diriger.

45:35
Locuteur

Merci,

45:36
Invité

M. Mélenchon. Et donc, vous

45:40
Locuteur

avez...

45:41
Invité

Ah, la passion, ça existe. C'est magnifique.

45:45
Locuteur

Vous

45:46
Invité

prenez la question lycéenne sous un angle plus global de la jeunesse où vous appelez à renverser la table.

45:52
Locuteur

Mais

45:52
Invité

votre programme est...

45:54
Locuteur

Le

45:54
Invité

pauvre. Le pauvre table. Mais votre programme est évidemment soumis aux contraintes des institutions, de l'opposition, etc. Oui, oui.

46:01
Locuteur

Et

46:01
Invité

vous avez un programme qui s'adresse donc évidemment beaucoup à la jeunesse et qui, pour certaines mesures, font évidemment rêver. À titre d'exemple, et c'est l'une des propositions théoriquement les plus puissantes que vous avez proposées dans différents programmes, donc vous proposez aux jeunes détachés fiscalement de leurs parents à partir de 18 ans une garantie, donc un complément de revenus d'environ jusqu'à 1200 euros qui permettrait à tous de toucher cette somme-là et qui serait financée avec un héritage maximal au-delà de 12 millions, toute tranche est taxée à 100%.

46:36
Locuteur

Et

46:36
Invité

certes... Au-delà de 12 millions, c'est ça ? Au-delà de 12 millions. Ah, vous frémissez.

46:41
Jean-Luc Mélenchon

Oui ?

46:41
Invité

Certes, la faisabilité...

46:43
Locuteur

Non,

46:44
Jean-Luc Mélenchon

mais la petite maison à 12 millions, quand même, M. Mélenchon. Oh,

46:47
Locuteur

pardon, je suis moqueur,

46:48
Jean-Luc Mélenchon

mais vous ne méritez pas ça.

46:50
Invité

C'est-à-dire que la faisabilité...

46:51
Locuteur

Vous n'avez rien

46:51
Invité

fait encore. Je n

46:52
Locuteur

'ai

46:52
Invité

encore rien fait. Je vais peut

46:53
Locuteur

-être

46:53
Invité

me lever. La faisabilité de cette mesure d'un point de vue économique et comptable existe, c'est-à

46:59
Locuteur

-dire

46:59
Invité

que vous avez des économistes à votre institut, etc., qui chiffrent ces mesures et qui, donc, ont conclu qu'en prenant l'argent là, donc au-delà des 12 millions, en le mettant là, ce genre de mesures sont économiquement viables et faisables.

47:13
Locuteur

Mais

47:13
Invité

évidemment, c'est avant tout

47:14
Locuteur

avant

47:15
Invité

toutes les oppositions, avant tout les freins du Conseil constitutionnel, des oppositions à l'Assemblée, au Sénat,

47:21
Locuteur

etc., et

47:22
Invité

donc reposent sur... Et donc, ce genre de mesures reposent sur tant d'hypothèses, de tant de victoires, sur tant de rapports de force différents que vous n'êtes pas assurés, évidemment, de remporter. Bien

47:33
Locuteur

sûr, c

47:33
Invité

'est vrai. Et d'autres questions. Avec cette mesure, par exemple, et face à des ambitions aussi fortes pour la jeunesse, comment faites-vous pour que les jeunes puissent croire et espérer en de telles mesures sans risquer de les décevoir

47:46
Locuteur

? Mais

47:50
Jean-Luc Mélenchon

c'est comme dans l'amour, tu risques toujours de décevoir.

47:55
Locuteur

Moi,

47:55
Jean-Luc Mélenchon

je mets ce truc de côté parce que, bon, il y en a peut-être qui ont mal compris ou qui ont compris autre chose. Mais ce qui compte, ce n

48:03
Locuteur

'est

48:03
Jean-Luc Mélenchon

pas si on va décevoir, si on va séduire ou pas.

48:06
Locuteur

Ce

48:07
Jean-Luc Mélenchon

qui compte, c'est ce qu

48:07
Locuteur

'on

48:07
Jean-Luc Mélenchon

va faire

48:08
Locuteur

et

48:08
Jean-Luc Mélenchon

si ça fonctionne ou pas. Vous avez pris une mesure, c'est sympa, parce qu'elle me permet de faire de l'humour noir.

48:17
Locuteur

Le

48:17
Jean-Luc Mélenchon

12 millions, j'ai entendu des cris, vous allez tout confisquer, c'est bon. ,

48:24
Locuteur

12 millions, attends,

48:25
Jean-Luc Mélenchon

une seconde. 12 millions, je prends tout au-delà de 12 millions, c'est une formule, mais c'est 0,0

48:33
Invité

la question ne porte pas sur le juge

48:35
Jean-Luc Mélenchon

moral. Ah pardon. C'est

48:36
Locuteur

une

48:36
Jean-Luc Mélenchon

mesure, c'est sur la... C'est déjà pas mal alors, mais parce que vous êtes convaincu alors. Non, je ne sais pas si je suis convaincu.

48:40
Locuteur

Non,

48:40
Jean-Luc Mélenchon

mais je vais vous dire parce que attend, écoute, c'est une thèse, non, mais écoutez,

48:46
Locuteur

il

48:46
Jean-Luc Mélenchon

est habile, mais non, mais c'est une thèse,

48:50
Locuteur

c

48:50
Jean-Luc Mélenchon

'est une thèse dans l'histoire, quand nous avons fait la grande révolution de 89, on a mis dedans, je dis mou parce que je me mets dedans, même si mes ancêtres n

48:57
Locuteur

'y

48:57
Jean-Luc Mélenchon

étaient pas, on a mis dedans la propriété, au début comme un bien, un ansoi, d'accord ? Et qu'est-ce que c'était ? Le droit d'user et d'abuser, comme dit Marx, si vous abusez, vous userez pas longtemps. Bon, c'est ça. Et puis la discussion a continué dans les événements révolutionnaires, et des gens ont dit, « Et attends, c'est quoi cette histoire de propriété ? » dont Robespierre.

49:19
Locuteur

Et

49:20
Jean-Luc Mélenchon

qui dit, il pose la question, est-ce que la propriété peut survivre aux propriétaires

49:24
Locuteur

? Bonne

49:25
Jean-Luc Mélenchon

question, c'est-à-dire la question d'héritage. Et il y a eu débat. Non, mais c'est pour vous dire que, je fais un petit coup là, je secoue le cocotier, sur les idées reçues d'avance. Ce n'est pas une évidence que la propriété de quelqu'un qui n'est plus là, tout le continue à lui appartenir. Par exemple, moi je défends le fait que

49:44
Locuteur

tous

49:45
Jean-Luc Mélenchon

les droits d'auteur et de création qui sont tombés dans le domaine public,

49:50
Locuteur

d

49:50
Jean-Luc Mélenchon

'accord ? Il y a une limite, c'est 30 ans. Continuent à rester dans le domaine public pour qu

49:55
Locuteur

'on

49:55
Jean-Luc Mélenchon

paye avec ça

49:55
Locuteur

la

49:56
Jean-Luc Mélenchon

sécurité sociale des artistes, parce que bon, ils ont des carrières comme ça. Ah ben c'est une idée, non

50:02
Locuteur

? C

50:03
Jean-Luc Mélenchon

'est Victor Hugo qui a eu cette idée. Ben voyez-vous, si on avait fait ça, on aurait taxé des millions et peut-être du milliard à Disney,

50:11
Locuteur

qui

50:11
Jean-Luc Mélenchon

a fait Notre-Dame de Paris, en oubliant d'écrire dans le titre et dans le reste que c'est une histoire de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. D'accord ? Il a tout gardé, on n'en a pas vu la trace. Mais vous voyez que dans cette histoire, les droits qui appartenaient

50:23
Locuteur

pouvaient

50:24
Jean-Luc Mélenchon

être reportés. Alors,

50:26
Locuteur

votre

50:26
Jean-Luc Mélenchon

question c'est comment on fait ? D'abord,

50:28
Locuteur

il

50:28
Jean-Luc Mélenchon

faut bien que vous me compreniez. Je ne crois pas à la politique de l'offre,

50:34
Locuteur

article

50:35
Jean-Luc Mélenchon

1.

50:35
Locuteur

Je

50:36
Jean-Luc Mélenchon

crois à la politique de la demande, article 2. J'ai donc intérêt à multiplier le nombre de demandeurs

50:42
Locuteur

dans

50:43
Jean-Luc Mélenchon

le moment dans lequel nous sommes. Là, on a dit 12 millions,

50:46
Locuteur

on

50:46
Jean-Luc Mélenchon

prend tout ce qu'il y

50:47
Locuteur

a

50:47
Jean-Luc Mélenchon

après, parce que comme ça, ça permet de dire ce qu

50:49
Locuteur

'on

50:49
Jean-Luc Mélenchon

paye avec, et on peut penser qu'on aura une majorité pour dire, ah évidemment, si pour que moi j'ai un revenu garanti 2300 balles, c'est tant mieux. Mais ce n

50:58
Locuteur

'est

50:58
Jean-Luc Mélenchon

pas la seule idée. Il faut comprendre la dynamique économique que nous voulons mettre en place. Cette dynamique, c'est une relance écologique et sociale. Autrement dit, coter, entrer, reprendre ce qui a été abandonné au capital.

51:13
Locuteur

Le

51:14
Jean-Luc Mélenchon

déséquilibre qu'il y a entre capital et travail aujourd'hui. On parle, le communiste au Sénat a parlé de 210 milliards. Alors le gars qui était président, qui lui est de droite, a dit, ah non, non, tout ça c'est des histoires, c'est 120. Bon, 210 ou 120, je prends. Ça fait quand même 120 qu'ils reviennent. Si c'est 120, c'est le déficit actuel, il n'y

51:36
Locuteur

en

51:36
Jean-Luc Mélenchon

a plus. Donc, si on récupère ça, vous avez le droit de le discuter, comment vous allez faire, à quel rythme... En tout cas, c'est ça l'idée. Et puis, deuxièmement, il y a la dette,

51:46
Locuteur

dont

51:46
Jean-Luc Mélenchon

la charge peut nous écraser.

51:48
Locuteur

Mais

51:49
Jean-Luc Mélenchon

aujourd'hui, la charge de la dette par rapport

51:51
Locuteur

aux

51:52
Jean-Luc Mélenchon

produits intérieurs bruts, cette idée extravagante

51:56
Locuteur

sur

51:56
Jean-Luc Mélenchon

laquelle nous construisons les performances de notre société, et qui est absurde, puisque ce n'est pas un indicateur qualitatif, c'est un indicateur purement quantitatif. Mais, si on reprend, comment on va faire pour régler la question de la dette ? Je suis le seul qui répond à cette question. La prochaine fois, quand vous aurez les autres qui viennent ici, demandez-leur, comment vous comptez faire ? Parce que, d'après vous, c'est les marchés financiers qui doivent décider. Là, ils viennent de décider que nous avons un point et demi de différence avec un emprunt chez les Allemands. Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a de si différent que ça mérite un point et demi ? Pourquoi ?

Parce que nous sommes un beau fruit, bien juteux, à cueillir la France. Et c'est ça qu'ils vont nous faire. Bref, si vous abandonnez au marché financier le droit de dire combien vous allez payer pour votre dette, et bien vous avez perdu, parce que c'est eux qui font la loi, plus vous. A quoi bon avoir un Parlement ? A quoi bon avoir des élus ? A quoi ça sert ? Puisque, de toute façon, c'est eux qui vont décider. Comment soustraire notre économie à leur pression ? Il y a deux manières. La force violente.

52:56
Locuteur

C

52:57
Jean-Luc Mélenchon

'est une partie du programme. Je ne

52:59
Locuteur

vous

52:59
Jean-Luc Mélenchon

dis pas laquelle, pour l'instant.

53:01
Locuteur

Et

53:01
Jean-Luc Mélenchon

puis l'autre, il y a la dynamique.

53:03
Locuteur

Si

53:04
Jean-Luc Mélenchon

nous réorientons l'épargne, notre pays est très riche.

53:09
Locuteur

Pas

53:10
Jean-Luc Mélenchon

seulement en patrimoine, il est très riche

53:12
Locuteur

en

53:13
Jean-Luc Mélenchon

économie, en sous qu'on a mis dans l'assurance-vie, qu'on a mis dans le livret A, dans le PEL, et ainsi de suite.

53:21
Locuteur

Il

53:21
Jean-Luc Mélenchon

y a 2 000 milliards

53:22
Locuteur

dans

53:24
Jean-Luc Mélenchon

l'assurance-vie. Et dans l'assurance,

53:28
Locuteur

1

53:29
Jean-Luc Mélenchon

euro

53:29
Locuteur

est

53:30
Jean-Luc Mélenchon

à l'intérieur du pays,

53:31
Locuteur

l

53:32
Jean-Luc Mélenchon

'autre euro est à l'extérieur, mais l'avantage fiscal est le même. Supposons

53:35
Locuteur

qu

53:35
Jean-Luc Mélenchon

'on dise, on retire l'avantage fiscal

53:38
Locuteur

de

53:39
Jean-Luc Mélenchon

1 euro quand 7 euros sort de France. Mettons,

53:41
Locuteur

hein.

53:42
Jean-Luc Mélenchon

Je ne

53:42
Locuteur

vous

53:42
Jean-Luc Mélenchon

dis pas que c

53:42
Locuteur

'est

53:42
Jean-Luc Mélenchon

la bonne idée. Mais supposons qu'on fasse ça. Arrive 1 000 milliards. Les gens qui s'occupent de ça diraient,

53:49
Locuteur

ben,

53:49
Jean-Luc Mélenchon

où je vais les mettre ? Où je vais les placer ? C'est une première très bonne question, parce que, est-ce qu'il y a 1 000 milliards d'investissements possibles en France ? Je n'en suis pas sûr du tout. Surtout si vous j'y ajoutez 1 800 milliards qui se trouvent à la caisse des dépôts et consignations. Là, pareil. Réorienter l'épargne ne veut pas dire, j'espère que tout le monde me comprend, parce que, après, on va reprendre ma phrase, comme pour la dette, hein. Mélenchon veut annuler les dettes.

54:13
Locuteur

Alors,

54:13
Jean-Luc Mélenchon

évidemment,

54:14
Locuteur

ils

54:15
Jean-Luc Mélenchon

ont discuté pendant 15 jours, 20 jours, 1 mois, de l'annulation des dettes, chose que je n'ai jamais dit, ni proposé. J'ai proposé d'annuler la dette de la France qui est à la BCE, ce qui n'a rien à voir avec annuler les dettes. Eh bien là, c'est pareil. Je ne propose pas de prendre les sous de l'assurance-vie, ni du livret A. Je propose de modifier la centralisation des recettes, parce que M. Sarkozy, derrière la crise de 2008, a eu comme bonne idée

54:41
Locuteur

de

54:41
Jean-Luc Mélenchon

confier aux banques la collecte du livret A.

54:44
Locuteur

Et

54:45
Jean-Luc Mélenchon

que, sur cet argent que les banques collectent du livret A, elles en rendent, elles en donnent 60% à la Caisse des dépôts et consignations, et elles en gardent 40% dans leur bilan, pour financer toutes sortes d'activités honorables, nous n'en doutons pas.

55:00
Locuteur

Mais

55:00
Jean-Luc Mélenchon

rien qu'avec la partie qui est déjà centralisée. Si nous l'augmentons seulement

55:06
Locuteur

de

55:07
Jean-Luc Mélenchon

5 points,

55:08
Locuteur

nous

55:08
Jean-Luc Mélenchon

ramassons 30 milliards de plus. Autrement dit, en orientant l'épargne, sans prendre un sou à qui que ce soit, mais en l'investissant. Dès lors que vous l'investissez,

55:20
Locuteur

vous

55:21
Jean-Luc Mélenchon

avez retour sur le budget de l'État de 18%.

55:24
Locuteur

Parce

55:25
Jean-Luc Mélenchon

que le taux moyen de la TVA, c'est 18%, et tout le monde paye de la TVA, tout le temps, surtout. Donc si l'investissement se fait en France,

55:33
Locuteur

il

55:34
Jean-Luc Mélenchon

profitera à celui qui aura investi, et il profitera à l'État. C'est la même chose pour les jeunes.

55:40
Locuteur

Quel

55:41
Jean-Luc Mélenchon

est l'intérêt

55:41
Locuteur

? Parce

55:43
Jean-Luc Mélenchon

qu'on m'a fait le numéro de dire, ah ben non, tu comprends, ça a été dur pour tout le monde, c'est pas le sujet. Comment relancer la France

55:51
Locuteur

?

55:52
Jean-Luc Mélenchon

Si vous ne faites pas

55:53
Locuteur

de

55:54
Jean-Luc Mélenchon

la relance de la consommation populaire, vous avez des budgets récessifs. En ce moment, ça va mal ? Eh bien, je vous annonce que l'année prochaine, ça ira encore plus mal. Et l'année d'après, encore plus. Comme c'est le cas depuis qu'on met en place des budgets récessifs, soi-disant pour payer la dette. C'est quand même curieux. On diminue les dépenses publiques, parce qu'on les diminue, par rapport au PIB, pas en valeur absolue.

56:17
Locuteur

Par

56:18
Jean-Luc Mélenchon

rapport à la richesse créée, on les diminue, et pourtant,

56:20
Locuteur

le

56:21
Jean-Luc Mélenchon

déficit ne cesse d'augmenter. Et pourtant, les taux d'intérêt ne cessent de... Vous pouvez quand même, à un moment donné, vous dire, peut-être qu

56:27
Locuteur

'il

56:27
Jean-Luc Mélenchon

y

56:27
Locuteur

a

56:27
Jean-Luc Mélenchon

un problème dans la technique. C'est pas moi qui gouverne ni les miens.

56:31
Locuteur

C

56:31
Jean-Luc Mélenchon

'est pas moi qui ai fait 600 milliards de dettes comme M. Sarkozy. C'est pas moi qui ai fait 500 milliards de dettes comme M. Chirac. C'est pas moi qui ai fait 1200 milliards de dettes. Qu'est-ce qui déconne dans leur affaire

56:42
Locuteur

?

56:43
Jean-Luc Mélenchon

L'erreur

56:44
Locuteur

que

56:44
Jean-Luc Mélenchon

je viens de vous dire. La politique de l'offre ne vous conduira jamais à autre chose que ça. A l'inverse,

56:50
Locuteur

si

56:51
Jean-Luc Mélenchon

vous relancez

56:52
Locuteur

l

56:52
Jean-Luc Mélenchon

'investissement, si l'État trace une direction,

56:55
Locuteur

c

56:55
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire s'il y a une planification écologique, si vous donnez aux acteurs industriels et investisseurs de la visibilité

57:03
Locuteur

et

57:05
Jean-Luc Mélenchon

de la durée dans les décisions, alors, tout ça peut commencer à prendre du sens. Je peux prendre 10 exemples. Je n'en prendrai qu'un, le plus extravagant. Je voudrais que l'on recrée une industrie textile en France. Tout le monde considère que l'industrie textile, c'est le truc que tout le monde peut faire. Alors, nous, les Français, comme on est plus forts que tout le monde, on va avoir une meilleure technique.

57:25
Locuteur

Je

57:25
Jean-Luc Mélenchon

veux refaire une industrie textile. Par quel bout je vais m'y prendre ? Nous sommes parmi les premiers producteurs de lin et de chandres du monde. Bon, pas question que vous alliez fumer vos fringues, mais

57:34
Locuteur

en

57:34
Jean-Luc Mélenchon

tout cas du lin. Si nous faisons une industrie textile à partir du lin, nous avons toute la série, toute la chaîne de valeur. Nous pouvons commencer à dire, alors en France, par exemple, on ne pourra plus acheter de jean en coton. Parce qu'un jean en coton, c'est la catastrophe écologique.

57:51
Locuteur

Parce

57:52
Jean-Luc Mélenchon

qu'un jean en coton, ça fait trois fois le tour du monde avant d'arriver sur vos fesses. Tandis que là, le jean en lin, ça sera différent. Je vous ai donné cet exemple. Je ne

58:00
Locuteur

vais

58:00
Jean-Luc Mélenchon

pas entrer dans les détails, je vous saoulerai.

58:02
Locuteur

Mais

58:02
Jean-Luc Mélenchon

nous pouvons, à partir du moment où on dit dans quelle direction on va, et où on ne change pas tous les ans de direction. Ma prime rénove, on a changé. Vous savez ce que c'est ? C'est dans le bâtiment, cette affaire. On a tout changé tous les ans.

58:15
Locuteur

La

58:15
Jean-Luc Mélenchon

quantité, qui y avait droit ? Qu'est-ce qu'on pouvait mettre dedans ? Qu'est-ce qu'on ne pouvait pas mettre dedans ? Comment voulez-vous qu'un investisseur

58:21
Locuteur

achète

58:22
Jean-Luc Mélenchon

des machines, embauche du monde ? S'il n

58:24
Locuteur

'est

58:24
Jean-Luc Mélenchon

pas sûr que l'année d'après, les mêmes règles s'appliquent. Nous avons besoin de visibilité. Le plan apporte la visibilité. Nous avons besoin de stabilité. La décision de l'Etat et l'engagement de l'Etat doit être simple. C'est pourquoi j'ai besoin qu'il y ait des milliers de jeunes qui aient de l'argent à dépenser. Quand vous avez comme revenu 1 300

58:44
Locuteur

balles par

58:46
Jean-Luc Mélenchon

mois,

58:48
Locuteur

on

58:49
Jean-Luc Mélenchon

aura pris le reste, hein, mais vous aurez

58:51
Locuteur

dans

58:52
Jean-Luc Mélenchon

la poche 1 300 balles. Vous n

58:54
Locuteur

'avez

58:54
Jean-Luc Mélenchon

peut-être plus les appels parce qu'elles seront rentrées dans la caisse. Vous n

58:56
Locuteur

'aurez

58:56
Jean-Luc Mélenchon

plus ceci, vous n'aurez plus cela. Vous avez 1 300 balles. Je sais ce que vous en ferez. Vous craquerez tout. Et si vous ne craquez que tout, vous faites fonctionner la boutique. C'est ça qui nous intéresse. Rappelez-vous, ou si vous n'étiez pas là,

59:07
Locuteur

tant

59:07
Jean-Luc Mélenchon

pis, étudiez, la période Jospin.

59:09
Locuteur

Quand

59:10
Jean-Luc Mélenchon

il termine son gouvernement, tous les comptes sociaux sont au vert. Et pourtant, on a réduit la durée du travail à 35 heures. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

59:19
Locuteur

Parce

59:19
Jean-Luc Mélenchon

qu'on faisait payer la 36e heure beaucoup plus élevée. D'accord

59:22
Locuteur

? Tous

59:24
Jean-Luc Mélenchon

les comptes sociaux sont dans le vert. Pourquoi

59:25
Locuteur

?

59:26
Jean-Luc Mélenchon

Entre-temps, non seulement les salaires sont améliorés, mais il y avait un secret caché, pas visible.

59:32
Locuteur

On

59:32
Jean-Luc Mélenchon

a embauché 350 000 jeunes

59:35
Locuteur

au

59:35
Jean-Luc Mélenchon

tarif SMIC

59:36
Locuteur

dans

59:37
Jean-Luc Mélenchon

le pays. 350 000.

59:41
Locuteur

Eh

59:41
Jean-Luc Mélenchon

bien, 350 000 personnes se sont installées en couple, ont fait ceci, acheté une bagnole, acheté ceci, acheté cela, et fait tourner la Maison France. La politique à laquelle nous croyons, c'est cette relance. Parce que je vous l'explique. Il faut cesser de croire que la dépense de l'État, c'est de l'eau qu'on verse dans le sable, et ça disparaît. On dit, en plus, il

1:00:02
Locuteur

n'y a

1:00:02
Jean-Luc Mélenchon

rien qu'à pousser. Non ! Tout ce que l'État a, il le redistribue. Tout ! C'est des salaires, c'est des prestations, c'est des investissements. Une part minime est dévorée par l'État en tant que fonction sociale. Mais si vous voulez qu'il y

1:00:16
Locuteur

ait

1:00:16
Jean-Luc Mélenchon

tout le reste, il faut cette part-là. C'est peut-être le 11, le 12, le 13, le 14% de la collecte générale qui reste en dépense, que vous pourrez dire, pour faire fonctionner la machine État. Voilà la cohérence de la politique. Donc, quand on parle des jeunes, le premier déçu, ça serait moi s'ils n'y étaient pas. Alors, je ne vois pas pourquoi la pratique que je viens de vous décrire tournerait contre eux. C'est le contraire. Surtout si, en plus, nous lançons des activités nouvelles. Et puis,

1:00:43
Locuteur

regardez

1:00:44
Jean-Luc Mélenchon

bien en face puisque vous êtes appelés à prendre des responsabilités. Où vous trouvez la main-d'œuvre dans un pays vieillissant

1:00:49
Locuteur

? Vous

1:00:51
Jean-Luc Mélenchon

allez tous acheter des robots pour faire votre boulot ? Bien sûr que non. Vous avez besoin d'êtres humains et d'êtres humains formés à haut niveau. Où ils sont ?

1:00:58
Locuteur

Vous

1:00:59
Jean-Luc Mélenchon

savez combien il nous faut de paysans pour faire une agriculture bio qui fournisse la cantine gratuite que nous comptons faire ? Dans les écoles primaires au moins ?

1:01:07
Locuteur

Il

1:01:08
Jean-Luc Mélenchon

faut embaucher 300 000 paysans. Où ils sont ? Il n'en reste plus que 400 000 aujourd'hui.

1:01:13
Locuteur

Là,

1:01:13
Jean-Luc Mélenchon

on a un gros problème. Et je pourrais continuer comme ça. Où vous allez trouver les gens pour le bâtiment

1:01:18
Locuteur

? Nous

1:01:19
Jean-Luc Mélenchon

voulons relancer le bâtiment. On a absolument besoin de relancer le bâtiment. Il y a 2,8 millions de gens dans ce pays qui attendent un logement. Vous relancez le bâtiment ? Ils ont perdu 100 000 emplois. Où vous trouvez les 200 000 dont on a besoin ? Il va falloir les former. Vous avez besoin qu'on relance la filière de l'enseignement professionnel. Donc, ce n

1:01:38
Locuteur

'est

1:01:38
Jean-Luc Mélenchon

pas le moment d'aller leur dire, si tu n

1:01:39
Locuteur

'as

1:01:39
Jean-Luc Mélenchon

pas de stage, tu peux rester à la maison. Parce que ça, c'est détruire la force productive et sa capacité d'éducation que nous avons. Voilà des exemples très concrets. Ce que je suis en train de vous dire, la radicalité est la solution. Elle n'est pas le problème.

1:01:54
Locuteur

Et

1:01:54
Jean-Luc Mélenchon

la radicalité, c'est de changer la ligne politique-économique et la ligne des relations humaines. Si vous considérez qu'un jeune, c'est un jeune qu'on peut commencer à presser comme du citron. Et puis après tout, tout le monde doit y passer, chacun son tour, à chaque génération. C'est une chose. Et vous les faites vivre dans la précarité tout le temps. Précarité du logement, précarité des revenus, précarité de tout.

1:02:16
Locuteur

C

1:02:16
Jean-Luc Mélenchon

'est avec ça qu'il faut finir. Par en vous disant, plus ils ont peur, plus ils vont bosser.

1:02:21
Locuteur

Plus

1:02:21
Jean-Luc Mélenchon

ils ont rien, plus ils voudront avoir quelque chose. C'est cette mentalité abominable. Comme si les êtres humains n'étaient en définitive tout le temps motivés que par un intérêt mesquin et étroit. On n'est pas là-dedans. Voilà pourquoi remettre tout ce petit mot dans un mouvement et dans l'enseignement professionnel, pardon si je vous saoule avec ça, mais c'est de ces gens-là dont vous allez avoir le plus besoin pour faire ce que vous avez à faire. Il nous faut créer la filière qui fait qu'un jeune, qui s'est raté dans l'enseignement général, qui est entré dans l'enseignement professionnel, il a déjà un an de retard en moyenne.

1:02:51
Locuteur

Quand

1:02:52
Jean-Luc Mélenchon

vous arrivez au bout des deux ans ou des trois ans, des trois premières années,

1:02:55
Locuteur

une

1:02:56
Jean-Luc Mélenchon

majorité d'entre eux sont déjà majeurs. Une ultra majorité d'entre eux travaillent le soir et le week-end. Une partie d'entre eux sont père et mère de famille. Ça vaut la peine de s'y intéresser

1:03:07
Locuteur

et

1:03:08
Jean-Luc Mélenchon

de leur donner les moyens de vivre en dehors de la précarité. Et vous avez besoin qu'un qui s'est raté,

1:03:13
Locuteur

il

1:03:13
Jean-Luc Mélenchon

se reprend à CAP, mais quand il rentre dans la filière professionnelle, il sait qu'il ira de CAP à la licence professionnelle ou au BTS. Parce que quand vous mettez dans un même établissement des jeunes qui arrivent à CAP et que vous mettez un BTS, s'il n'y

1:03:27
Locuteur

a

1:03:27
Jean-Luc Mélenchon

pas le bac pro, vous dites aux jeunes « tu vas faire le bac pro », « le bac pro c'est dur », etc. Si tu mets le BTS, comme tout le monde est dans la même cours de récréation, ceux qui viennent d'arriver et les plus anciens, tout ça discute, tout ça s'échange. Et la majorité des jeunes diront « ouais non minimum le bac pro, le BTS on va voir si je suis capable ou pas ». Je vous raconte là les fruits concrets

1:03:47
Locuteur

de

1:03:48
Jean-Luc Mélenchon

la radicalité concrète qui est contenue dans mon programme. Si vous ne faites pas ça, continuez à couper comme les très intelligents qui sont au pouvoir. Coupez dans les dépenses publiques. Faites des économies récessives.

1:04:00
Locuteur

Nous

1:04:01
Jean-Luc Mélenchon

sommes en récession là. Nous sommes en récession. Vous croyez qu'il va y avoir moins de chômeurs, moins de précarité en étant en récession ? Bah, le système ne fonctionne pas comme ça.

1:04:11
Invité

Vous avez fait de… pour conclure le volet de la jeunesse, mais pour rester dans le thème de cette question écologique qui la stresse particulièrement, je vous laisse, pour vous interroger, ESPER, l'association d'écologie d'HEC. Bonjour.

1:04:36
Locuteur

Je

1:04:37
Jean-Luc Mélenchon

ne comprends pas, moi je parle, ils ne m'applaudissent pas, il n'a rien dit, ils applaudissent.

1:04:40
Invité

Déjà, on espère être très heureux que vous soyez là. Donc déjà, on vous souhaite le bonsoir. Donc on aimerait ramener un peu la question, il y

1:04:48
Locuteur

a

1:04:48
Invité

des questions sur la dette, etc. On aimerait ramener la question sur la question écologique,

1:04:52
Locuteur

qui

1:04:52
Invité

est dans votre programme un peu la question centrale. Vous nous avez parlé de la règle verte au début de la conférence. Donc voilà, c'est-à-dire ne pas préver sur la nature plus ce qu'elle peut reconstituer.

1:05:02
Locuteur

Mais

1:05:02
Invité

vous refusez toujours d'employer le terme de décroissance. Donc nous, on aimerait savoir comment est-ce qu'on respecte cette règle verte

1:05:09
Locuteur

sans

1:05:10
Invité

produire globalement moins. Demiardez

1:05:13
Jean-Luc Mélenchon

-vous. Question suivante.

1:05:17
Locuteur

Non,

1:05:17
Jean-Luc Mélenchon

je ne veux pas, je fais attention.

1:05:21
Locuteur

Le

1:05:22
Jean-Luc Mélenchon

combat politique, c'est convaincre. Des fois, vous avez des mots qui provoquent et qui aident.

1:05:27
Locuteur

Parce

1:05:28
Jean-Luc Mélenchon

que du coup, on se met à discuter.

1:05:30
Locuteur

Et

1:05:30
Jean-Luc Mélenchon

d'autres fois, vous avez des mots qui bloquent.

1:05:33
Locuteur

J

1:05:33
Jean-Luc Mélenchon

'ai observé que le mot de décroissance faisait se bloquer des têtes.

1:05:37
Locuteur

C

1:05:37
Jean-Luc Mélenchon

'est pourquoi je ne procède pas par là.

1:05:41
Locuteur

Je

1:05:42
Jean-Luc Mélenchon

sais qu'une société sobre

1:05:44
Locuteur

est

1:05:45
Jean-Luc Mélenchon

une société qui, normalement, devrait avoir d'autres indicateurs que le PIB. C'est pourquoi, tout à l'heure, j'ai dit, c'est une invention loufoque, le PIB. Nous devons avoir des indicateurs de développement humain.

1:05:58
Locuteur

C

1:05:58
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire, ce qui concerne le bien-être du développement des personnes. Et donc, la question de leur harmonie avec la nature.

1:06:05
Locuteur

Ce

1:06:06
Jean-Luc Mélenchon

qui était le plus important pour le productivisme de gauche.

1:06:10
Locuteur

La

1:06:10
Jean-Luc Mélenchon

gauche, comme elle était il y a...

1:06:13
Locuteur

Tant

1:06:13
Jean-Luc Mélenchon

que l'URSS était là, on va dire en gros. C'était des kilomètres de voies ferrées, des tonnes de béton, des mégawatts de produits, et ainsi de suite. Ça avait sa noblesse pour toutes sortes de situations de sous-développement. Et nous-mêmes, les Français, il faut quand même se rappeler qu'on a fini d'électriser notre pays. C'est-à-dire que l'électricité soit accessible partout en 1974. C'est pas si vieux que ça. Et l'eau potable partout, etc. Donc, les objectifs quantitatifs avaient un sens qui correspondaient à des formes de progrès.

1:06:45
Locuteur

On

1:06:46
Jean-Luc Mélenchon

est maintenant dans autre chose. J'ai préféré prendre le problème par un autre bout. Parce que, en toute hypothèse, c'est au résultat qu'on jugera de ce qu'on est en train de faire.

1:06:58
Locuteur

Donc, on

1:06:59
Jean-Luc Mélenchon

a mis dans le programme la planification écologique. Déjà, vous comprenez que ça veut dire qu'on va essayer de contrôler ce qu'on fait.

1:07:05
Locuteur

Tout

1:07:05
Jean-Luc Mélenchon

à l'heure, il y a un passage que je n'ai pas abordé devant vous. C'est la question de la liberté d'entreprendre. Après tout, devant vous, au moins, je dois en dire un mot.

1:07:13
Locuteur

On

1:07:14
Jean-Luc Mélenchon

n'a pas dit qu'on interdirait d'entreprendre. C'est un droit constitutionnel pour l'instant. Mais,

1:07:19
Locuteur

comme

1:07:20
Jean-Luc Mélenchon

la propriété, c'est un droit d'usage.

1:07:23
Locuteur

Pas

1:07:24
Jean-Luc Mélenchon

un droit essentiel. Un droit d'usage.

1:07:27
Locuteur

Et

1:07:27
Jean-Luc Mélenchon

cette liberté d'entreprendre,

1:07:29
Locuteur

dans

1:07:29
Jean-Luc Mélenchon

notre régime, elle est conditionnelle.

1:07:32
Locuteur

Si

1:07:32
Jean-Luc Mélenchon

tu entres dans les objectifs du plan, tu as les aides. Ta contrepartie aux aides, c'est ta participation aux objectifs du plan.

1:07:42
Locuteur

Pas

1:07:42
Jean-Luc Mélenchon

de contrepartie, pas d'aide. Mais ta liberté d'entreprendre reste la même.

1:07:47
Locuteur

Je

1:07:48
Jean-Luc Mélenchon

sais que ça a un petit côté un peu théorique, mais je renvoie chacun à ses pleurnicheries habituelles.

1:07:52
Locuteur

Hein

1:07:53
Jean-Luc Mélenchon

? D'accord ? Oui, parce que nous, il paraît qu'on est des assistés, alors il y en a certains qui ont l'air d'être beaucoup plus assistés que le commun des mortels. Bon. Donc ça, c'est pour dire le rapport et le compromis qu'il s'agit de construire. Après, il faut un instrument.

1:08:07
Locuteur

Ce

1:08:08
Jean-Luc Mélenchon

qui n'allait pas dans ce qu'on racontait dans mes deux premières campagnes,

1:08:11
Locuteur

c

1:08:11
Jean-Luc Mélenchon

'est que c'était une formule générale,

1:08:14
Locuteur

elle

1:08:14
Jean-Luc Mélenchon

a été complétée de la règle verte à la planification écologique, ça marchait ensemble, et puis il fallait en donner le mode d'emploi.

1:08:20
Locuteur

Le

1:08:21
Jean-Luc Mélenchon

mode d'emploi étatique. Ce que j'ai compris, moi, au bout de 15 ans,

1:08:24
Locuteur

c

1:08:25
Jean-Luc Mélenchon

'est que tout le monde est d'accord pour être écolo. Ça, il n

1:08:28
Locuteur

'y a

1:08:28
Jean-Luc Mélenchon

pas de problème. Et surtout pour culpabiliser les gens individuellement. Ça, encore plus. Mais cette approche de l'écologie ne peut pas fonctionner. Il faut que l'État... Je suis un républicain, et je viens de la tradition jacobine, d'accord, j'ai mis beaucoup d'eau dans mon vin, mais je viens de là, je crois à ça. Je crois à l'État. Il faut qu'on construise l'État écolo. L'État a toujours été une création de la politique. La France est une invention dans tous ses aspects. Elle a inventé sa langue, elle a inventé ses institutions, elle a inventé son peuple. Rien n'existe avant que la décision politique ne soit prise.

Quand l'Ancien Régime a été abattu, la tâche numéro 1 des héritiers des Lumières, c'était comment dégager l'Église de la décision politique.

1:09:11
Locuteur

Ils

1:09:11
Jean-Luc Mélenchon

ont donc commencé à transformer l'État. Alors on a mis le département que tout le monde devait pouvoir atteindre à une journée de cheval. Le chef-lieu du département, pourquoi ? Pour se rapprocher du pouvoir politique. Ensuite, le département ne correspondait pas au diocèse. Ensuite, la commune ne correspondait pas à la paroisse. Leur but politique, c'était ça. La souveraineté du politique contre toute autre forme de souveraineté et tout autre appareil politique, en l'occurrence, l'Église à cette époque-là. Donc moi, c'est pareil, je me dis, de quel État avons-nous besoin

1:09:43
Locuteur

? Il

1:09:44
Jean-Luc Mélenchon

faut donc en transformer

1:09:45
Locuteur

la

1:09:46
Jean-Luc Mélenchon

base. Et la base, c'est comme ça qu'est venue l'idée des éco-régions.

1:09:52
Locuteur

C

1:09:52
Jean-Luc Mélenchon

'est pas nous qui avons inventé ça. D'ailleurs, on n'a rien inventé dans notre programme, on a tout pris dans la société. Il y a eu beaucoup d'écolos qui ont fait un travail sérieux, ça existe les écolos sérieux, et qui ont fait un travail sérieux pour penser

1:10:04
Locuteur

comment

1:10:05
Jean-Luc Mélenchon

on pouvait rectifier le fonctionnement général de la société en lui donnant d'autres priorités. L'éco-région remplace les anciennes régions. Quel est le but des anciennes régions ? C'est écrit dedans. Participer à la compétitivité des territoires dans l'Europe. Autrement dit, la compétition, donc la loi du plus fort, et ainsi de suite. Donc produire, produire toujours plus. L'éco-région, elle devient, on décide de l'organiser autour d'une réalité matérielle. Les bassins versants

1:10:33
Locuteur

des

1:10:34
Jean-Luc Mélenchon

fleuves. La moitié des départements français ont le nom d'un fleuve ou d'une rivière. Ça veut dire que déjà à l'époque,

1:10:39
Locuteur

les

1:10:40
Jean-Luc Mélenchon

gens s'étaient rendus compte que la réalité naturelle structurait en partie la réalité politique. Je n

1:10:45
Locuteur

'ai

1:10:45
Jean-Luc Mélenchon

pas l'intention d'essentialiser la réalité politique, n'est-ce pas

1:10:49
Locuteur

?

1:10:50
Jean-Luc Mélenchon

Bon, alors, donc d'abord, créer cette structure, et on va lui donner comme tâche

1:10:55
Locuteur

d

1:10:55
Jean-Luc Mélenchon

'avoir à prendre en charge, à partir des réalités écologiques, le fleuve, les massifs, les forêts, les côtes.

1:11:02
Locuteur

De

1:11:03
Jean-Luc Mélenchon

s'occuper de, un, la terre, sa qualité productive. Donc le fait que, on va arrêter d'y mettre des pesticides.

1:11:11
Locuteur

Ce

1:11:11
Jean-Luc Mélenchon

qui aura d'autres conséquences,

1:11:12
Locuteur

c

1:11:13
Jean-Luc Mélenchon

'est que si nous ne mettons pas de pesticides, alors on peut avoir une perte sur la productivité qui serait compensée par des importations. Article 5

1:11:21
Locuteur

du

1:11:22
Jean-Luc Mélenchon

code du commerce mondial. Tu as le droit d'interdire des importations si elles soulèvent un problème de santé. Je, président de la République, déclare qu'il y

1:11:28
Locuteur

a

1:11:28
Jean-Luc Mélenchon

un problème de santé avec les pesticides, parce que ce sont des maladies politiques que ça déclenche le cancer.

1:11:35
Locuteur

J

1:11:35
Jean-Luc Mélenchon

'ai pris cet exemple des pesticides, c'est pour le sol. Mais l'air aussi. L'eau, l'air. La santé éco-régionale. Car on s'est aperçu que les problèmes de santé se déduisaient de problèmes écologiques. Et que dans les régions où l'on met le plus de pesticides, c'est là qu'on a le plus de cancers. Là où on en met le moins, on a moins mais on a d'autres maladies.

1:11:57
Locuteur

Que

1:11:57
Jean-Luc Mélenchon

dans les quartiers pauvres, c'est là qu

1:11:59
Locuteur

'il

1:11:59
Jean-Luc Mélenchon

y

1:11:59
Locuteur

a

1:11:59
Jean-Luc Mélenchon

le plus de diabète.

1:12:00
Locuteur

Et

1:12:01
Jean-Luc Mélenchon

ainsi de suite. Autrement dit, le repérage s'est fait qu'il y avait une connexion étroite entre la situation écologique d'une zone et les effets dans la santé.

1:12:10
Locuteur

C

1:12:11
Jean-Luc Mélenchon

'est pourquoi j'ai rajouté à la liste, après qu'on ait tous discuté, la question des mobilités. Pour la raison que vous comprenez en deux temps,

1:12:17
Locuteur

trois

1:12:17
Jean-Luc Mélenchon

mouvements, sans que je détaille davantage.

1:12:19
Locuteur

L

1:12:20
Jean-Luc Mélenchon

'éco-région, c'est la nouvelle structure de l'État écologique.

1:12:24
Locuteur

C

1:12:24
Jean-Luc Mélenchon

'est sa base. Les gens qui seront là, dans ces assemblées, seront là pour prendre en charge ce type de problème. Et traiter tous les problèmes qu'ils estiment nécessaires de traiter, à partir de la dimension écologique. Voilà pourquoi la réforme de l'État est ma réponse à votre question. Parce que, région par région, ils vont devoir se poser la question, qu'est-ce qu'on fait ?

1:12:45
Locuteur

On

1:12:45
Jean-Luc Mélenchon

construit encore 10 usines de ceci, 20 de cela, on va continuer à mettre des incinérateurs partout ?

1:12:51
Locuteur

Ou

1:12:52
Jean-Luc Mélenchon

bien est-ce qu'on va créer un circuit d'économie circulaire ? Monsieur Mélenchon, mais qu'est-ce que ça a à voir avec l'écologie ? Ben justement, ça a à voir avec l'écologie, qui est la récupération des déchets, le recyclage, la deuxième main, etc. Voilà pourquoi une structure de l'État modifie et répond à votre question. Mais vous vous débrouillerez avec, parce que c'est vous qui serez élu là-dedans, pas moi.

1:13:13
Invité

Voilà,

1:13:13
Jean-Luc Mélenchon

ça y

1:13:13
Locuteur

est,

1:13:14
Jean-Luc Mélenchon

j'ai répondu.

1:13:15
Invité

Merci pour ce point écologique de votre programme. Et maintenant, on aimerait aborder un point peut-être plus sociétal. Vous avez dit pendant votre intervention que la France, c'est l'État, mais vous avez aussi un autre concept, la nouvelle France. Et c'est devenu un concept central dans votre discours.

1:13:33
Locuteur

C

1:13:33
Invité

'est un concept qui part d'un constat sociologique assez simple. La France des années 2020 n'a rien à voir avec la France de 1958, et vous le dites. Un Français sur quatre a un grand-parent étranger. Un enfant sur cinq grandit dans une famille plurilingue. La classe ouvrière a changé. Les rapports de genre ont changé. C'est un constat, c'est un fait. Mais derrière ce fait,

1:13:53
Locuteur

certains

1:13:54
Invité

disent qu'il y a une intention politique. La gauche s'est longtemps adressée aux personnes selon leurs conditions sociales. Et vous, vous semblez remettre l'identité en premier plan.

1:14:05
Locuteur

Vous

1:14:05
Invité

dites vouloir articuler les différences. Et pourtant, votre discours parfois les exalte, les entretient. Comme si la nouvelle France se construisait contre l'ancienne France. Ainsi, ma question est la suivante. En faisant de l'origine un levier politique, même positif, ne risquez-vous pas d'entretenir les différences plutôt que de rassembler les citoyens autour de ce qui peut leur être commun ?

1:14:28
Locuteur

C

1:14:29
Jean-Luc Mélenchon

'est vrai qu'actuellement, les citoyens sont très rassemblés et que je vais briser une unité tout à fait délicieusement vécue.

1:14:36
Locuteur

Jamais

1:14:36
Jean-Luc Mélenchon

cette société n'a été autant pourrie par le racisme, le masculinisme et toutes les formes de domination. C'est-à-dire que l'idéologie dominante des dominants, c'est

1:14:45
Locuteur

l

1:14:46
Jean-Luc Mélenchon

'un commande à l'autre. L'homme à la femme, l'homme et la femme à la nature, et ainsi de suite. Il y a une propension de l'idéologie suprémaciste. J'ai préféré le mot suprémaciste à d'autres, d'abord parce que j'aime bien qu

1:14:59
Locuteur

'on

1:14:59
Jean-Luc Mélenchon

trouve des mots, parce qu'il y avait entre nous, vous savez, beaucoup de gens à gauche sont des puristes, hein, du vocabulaire et du reste. Donc, celui-ci est-il un fasciste ou bien est-il un nazi ou bien... Il y a quelque chose de commun, c'est, ce sont des idéologies de domination. Tandis que l'idéologie humaniste part de l'idée de l'égalité, et d'abord c'est le pacte français. Maintenant, dans ce que vous avez dit, est-ce que vous allez attiser ceci et cela ? Bon, je comprends très bien que vous me posiez la question, et je vous en remercie, parce que tout ça, c'est mes adversaires qui l'ont inventé. C'est pas parce qu'ils le disent que c'est vrai.

Parce que sinon tout ce que je dis est vrai aussi, pourquoi ? Seulement eux. Bon, dire que

1:15:36
Locuteur

nous

1:15:37
Jean-Luc Mélenchon

devons tenir compte de la différence, mais pas de la différence entre les gens, puisque ma philosophie suppose la similitude. C'est pas moi qui dis que les uns sont supérieurs aux autres, je dis le contraire.

1:15:49
Locuteur

Mais

1:15:49
Jean-Luc Mélenchon

c'est prendre en compte les changements. Lequel c'est d'entre vous ? C'est vous là-bas tout à

1:15:53
Locuteur

l

1:15:53
Jean-Luc Mélenchon

'heure qui avez lu

1:15:54
Locuteur

du... Ah,

1:15:56
Jean-Luc Mélenchon

qui vous avez cité ?

1:15:57
Invité

L'Augueville.

1:15:58
Jean-Luc Mélenchon

Yes, voilà.

1:15:59
Locuteur

Et

1:16:00
Jean-Luc Mélenchon

qu'est-ce que vous avez dit ? Chaque génération est un peuple nouveau.

1:16:03
Locuteur

On

1:16:03
Jean-Luc Mélenchon

est parti de ça. Le point de départ, c'était le secteur antiraciste du mouvement Assoumis, qui, comme c'est son boulot, faisait de la mise à jour des fiches et de tout ça, et on a dit il faut qu'on inscrive le changement que nous apportons

1:16:20
Locuteur

dans

1:16:21
Jean-Luc Mélenchon

une séquence temporelle.

1:16:23
Locuteur

D

1:16:24
Jean-Luc Mélenchon

'accord ? Sinon ça devient des principes abstraits, des choses qui sont vraies tout le temps, dans n'importe quelles conditions, c'est pas bon.

1:16:30
Locuteur

Et

1:16:30
Jean-Luc Mélenchon

donc on a décidé de l'inscrire dans une séquence politique.

1:16:33
Locuteur

Le

1:16:34
Jean-Luc Mélenchon

début de la Ve République, c'est 1958. Depuis, nous vivons sous la loi d'institutions et de considérations contenues dans la Constitution, qui sont des principes politiques, depuis 1958. Donc, nous inscrivons notre programme, quand on dit une rupture, c'est avec quoi ? C'est avec le monde tel qu'il est organisé par la Constitution de 1958, pour ce qui est des institutions, pour l'âge, je vous en ai parlé avant. Ok ? Tout le monde suit ?

1:17:01
Locuteur

Une

1:17:01
Jean-Luc Mélenchon

séquence historique.

1:17:03
Locuteur

Et

1:17:03
Jean-Luc Mélenchon

on regarde dedans,

1:17:04
Locuteur

qu

1:17:05
Jean-Luc Mélenchon

'est-ce qui s'est passé ? Et dans cette séquence, tout a changé.

1:17:09
Locuteur

Mais

1:17:09
Jean-Luc Mélenchon

les premiers qui arrivent avec un résultat, c'est ceux qui parlent de la proportion d'enfants

1:17:15
Locuteur

qui

1:17:16
Jean-Luc Mélenchon

ont des grands-parents

1:17:17
Locuteur

étrangers. Quand

1:17:20
Jean-Luc Mélenchon

c'était mon époque, c'était 1 sur 10. Déjà, c'était beaucoup, hein ? 1 sur 10.

1:17:26
Locuteur

Mais

1:17:26
Jean-Luc Mélenchon

comme dirait l'autre, les gens venaient plutôt

1:17:28
Locuteur

de

1:17:30
Jean-Luc Mélenchon

l'univers européen et chrétien,

1:17:32
Locuteur

majoritairement. Aujourd

1:17:33
Jean-Luc Mélenchon

'hui, c'est 1 sur 3.

1:17:37
Locuteur

On

1:17:37
Jean-Luc Mélenchon

mesure

1:17:38
Locuteur

la

1:17:38
Jean-Luc Mélenchon

violence du choc

1:17:40
Locuteur

qui

1:17:41
Jean-Luc Mélenchon

est infligée à une population qui est dans cette situation.

1:17:44
Locuteur

Et

1:17:45
Jean-Luc Mélenchon

des fois, ça se voit

1:17:46
Locuteur

ou

1:17:47
Jean-Luc Mélenchon

ça s'entend.

1:17:49
Locuteur

C

1:17:50
Jean-Luc Mélenchon

'est une violence terrible, parce que ça touche potentiellement

1:17:53
Locuteur

cette

1:17:55
Jean-Luc Mélenchon

masse immense de gens.

1:17:57
Locuteur

Et

1:17:57
Jean-Luc Mélenchon

puis, c'est pas que ça. C'est qu'après, on a regardé. Les rapports de genre, pour vous, je comprends que vous passiez dessus comme ça. Mais alors, non, mais attendez, c'est un changement, c'est une révolution humaine complète. En 1958, une femme ne peut pas ouvrir un compte chèque sans l'autorisation de son mari,

1:18:14
Locuteur

ne

1:18:14
Jean-Luc Mélenchon

peut pas avoir un métier sans l'autorisation de son mari.

1:18:17
Locuteur

L

1:18:18
Jean-Luc Mélenchon

'avortement est interdit.

1:18:20
Locuteur

La

1:18:21
Jean-Luc Mélenchon

contraception est interdite. Jusqu'à...

1:18:25
Locuteur

Ça

1:18:26
Jean-Luc Mélenchon

a tout changé.

1:18:27
Locuteur

Les

1:18:27
Jean-Luc Mélenchon

femmes, 21ème siècle, n'ont rien à voir culturellement avec les femmes

1:18:33
Locuteur

de

1:18:34
Jean-Luc Mélenchon

l'époque où il fallait, pour assumer sa condition féminine, assumer tout ça.

1:18:39
Locuteur

Parce

1:18:39
Jean-Luc Mélenchon

que les êtres humains sont des êtres socio-culturels. Et moi, à aucun moment, je ne dissocie la question sociale de la question culturelle. À aucun moment.

1:18:48
Locuteur

C

1:18:49
Jean-Luc Mélenchon

'est pourquoi je rigole quand je m'entends reprocher. Ah ben avant, vous parliez du social. Ah bon, je parle de quoi maintenant, là ? Quand je parle des quartiers populaires, je parle de quoi, à votre avis

1:18:56
Locuteur

?

1:18:57
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce que, dans l'approche de l'idée du quartier populaire, il n'y a pas quelque part un rôle raciste et islamophobe ? Parce qu'on m'a dit, vous cherchez votre clientèle musulmane. Ah bon ? Dans les quartiers populaires, il n

1:19:10
Locuteur

'y a

1:19:10
Jean-Luc Mélenchon

que des musulmans. Il y a longtemps que vous n'y êtes pas allés alors, hein ? Faut pas vous rendre compte que la population française pauvre est mélangée avec toutes les populations pauvres. Mais les pauvres aussi de notre époque ne sont pas les mêmes que ceux d'avant.

1:19:23
Locuteur

Parce

1:19:23
Jean-Luc Mélenchon

que quand vous parlez de ceux qui sont au début de l'échelle des revenus et des salaires, perdez pas de vue qu'ils ont tous une tête, tous un cerveau,

1:19:32
Locuteur

et

1:19:33
Jean-Luc Mélenchon

que dans la population originaire de l'immigration, pour rester sur ce sujet, et pas me sauver de l'accusation.

1:19:39
Locuteur

Vous

1:19:40
Jean-Luc Mélenchon

avez une culture collective anticoloniale.

1:19:43
Locuteur

Parce

1:19:43
Jean-Luc Mélenchon

que tous ceux qui viennent de l'immigration sont des peuples qui se sont libérés de la colonisation.

1:19:49
Locuteur

Et

1:19:49
Jean-Luc Mélenchon

par conséquent, qui ont une mentalité insoumise. Ne vous demandez pas d'où vient le miracle de notre lien. Il n

1:19:55
Locuteur

'y a

1:19:55
Jean-Luc Mélenchon

pas besoin de la religion pour ça.

1:19:57
Locuteur

Et

1:19:58
Jean-Luc Mélenchon

c'est autre chose d'avoir affaire à eux

1:19:59
Locuteur

que

1:20:00
Jean-Luc Mélenchon

d'avoir eu affaire

1:20:01
Locuteur

à

1:20:02
Jean-Luc Mélenchon

mes ancêtres, à moi, qui étaient des braves gens, des pauvres gens, qu'on avait amenés de Malte, d'Italie, d'Espagne, qui étaient des pauvres et qui avaient vécu dans les monarchies sans aucune conscience républicaine ni libertaire.

1:20:16
Locuteur

Je

1:20:16
Jean-Luc Mélenchon

termine. Le genre a changé.

1:20:19
Locuteur

Le

1:20:20
Jean-Luc Mélenchon

rapport à votre terroir, parce qu'ils sont tous là avec leurs Français de souche. De souche de quoi

1:20:24
Locuteur

?

1:20:25
Jean-Luc Mélenchon

Souche chrétienne ? Souche quoi ? C'est quoi la souche ? La moitié des gens ne vivent plus dans le département dont ils viennent. La moitié de ceux qui vont faire des études ailleurs qu'à l'endroit qui sont nés n'y reviennent plus jamais.

1:20:37
Locuteur

C

1:20:38
Jean-Luc Mélenchon

'est le plus vaste exode humain qu'on ait observé dans toute l'histoire de France, depuis qu'il y

1:20:44
Locuteur

a

1:20:44
Jean-Luc Mélenchon

une France. Jamais autant de gens sont partis et n'ont été détachés de leur zone d'origine. Par conséquent, un processus de créolisation a eu lieu entre nous déjà, les Français, simplement parce qu'on change d'endroit et qu'on s'assimile les blagues, les vannes. Par exemple, si vous avez un cartable et que vous êtes dans le Juran, on appelle ça une vache. Si vous ne le savez pas, moi je ne le savais pas. Et bien après, je parlais de ma vache comme tout le monde. Je parlais de mon cartable. Je prends un exemple sur un vocabulaire. Mais c'est les goûts, c

1:21:11
Locuteur

'est

1:21:11
Jean-Luc Mélenchon

la cuisine, c'est la musique.

1:21:13
Locuteur

Nous

1:21:13
Jean-Luc Mélenchon

nous créolisons par ce mélange. Donc tous ceux qui rêvent d'un monde immobile rêvent de quelque chose qui n'existe plus,

1:21:20
Locuteur

qui

1:21:21
Jean-Luc Mélenchon

n'existe plus et n'existera plus jamais.

1:21:25
Locuteur

Et

1:21:25
Jean-Luc Mélenchon

alors il

1:21:26
Locuteur

y

1:21:26
Jean-Luc Mélenchon

a ceux qui regretteront amèrement les combats de la chevalerie et puis d'autres qui trouveront absolument enthousiasmant, c'est mon cas, le futur comme il avance.

1:21:34
Locuteur

Ce

1:21:35
Jean-Luc Mélenchon

futur bizarre où je vais à une manif avec des milliers et milliers de jeunes gens qui m'expliquent à moi qu'on a le droit de choisir si on est un homme ou une femme. Et bien figurez-vous qu'il m'a fallu un certain temps pour arriver à comprendre de quoi on parlait.

1:21:50
Locuteur

Mais

1:21:50
Jean-Luc Mélenchon

je suis heureux qu

1:21:51
Locuteur

'il

1:21:51
Jean-Luc Mélenchon

m'ait enseigné la forme suprême de l'humanisme. Parce que ça, ça veut dire l'être humain décide de sa propre existence, nonobstant même sa configuration biologique. C'est pourquoi peut-être est-ce un défaut, comment dire, d'intellectuel, d'intellectualiser tout.

1:22:06
Locuteur

Mais

1:22:06
Jean-Luc Mélenchon

c'est eux qui m'ont appris quelque chose.

1:22:08
Locuteur

Et

1:22:08
Jean-Luc Mélenchon

voyez-vous ce qui va se passer là dans l'élection qui va avoir lieu. C'est que pour la première fois, les plus jeunes vont convaincre les plus vieux.

1:22:16
Locuteur

Pour

1:22:16
Jean-Luc Mélenchon

la première fois. La tradition humaine, c'est les vieux qui savent et les jeunes qui font ce qu'on leur dit parce qu'il

1:22:21
Locuteur

y a

1:22:21
Jean-Luc Mélenchon

de

1:22:21
Locuteur

l

1:22:21
Jean-Luc Mélenchon

'expérience. C'est la première fois. Et vous savez quand ça a commencé ? Quand Mathilde Panot a déposé, au nom de LFI, l'idée de mettre le droit à l'IBG dans la Constitution. Et qu'une sénatrice verte a repris. Et que ça a été adopté à l'Assemblée, mais pas au Sénat.

1:22:36
Locuteur

Et

1:22:36
Jean-Luc Mélenchon

que tout dépendait du vote des sénateurs pour que l'IBG rentre dans la Constitution. Un sénateur de droite, on lui dit, mais comment ça se fait ? Vous avez voté ça vous ? Réacte comme vous êtes. Enfin bon, le gars il dit, ben oui, moi c'est pas mon idée. Mais ma petite fille m'a dit, où tu votes ça ? Je ne

1:22:51
Locuteur

lui

1:22:51
Jean-Luc Mélenchon

reviens plus jamais te voir. Bien sûr qu'elle ne l'aurait pas fait. Je suppose qu'elle aime son grand-père.

1:22:55
Locuteur

Mais

1:22:56
Jean-Luc Mélenchon

lui, ça l'a secoué.

1:22:58
Locuteur

Il

1:22:58
Jean-Luc Mélenchon

s'est dit, mais qui je suis moi pour décider

1:23:00
Locuteur

de

1:23:01
Jean-Luc Mélenchon

ce que ma petite fille va faire de son corps ? Qui je suis

1:23:04
Locuteur

?

1:23:04
Jean-Luc Mélenchon

Et il faut que les hommes soient interpellés de cette manière pour qu'ils comprennent la question complète de la culture genrée. Sinon ils ne la comprennent pas.

1:23:13
Locuteur

Et

1:23:13
Jean-Luc Mélenchon

voilà ce qui va se passer dans cette élection. Ça aussi c'est Nouvelle-France. Ces milliers de jeunes gens dans la rue, c'est Nouvelle-France. Les milliers de ceux qui vivent en ville,

1:23:21
Locuteur

c

1:23:21
Jean-Luc Mélenchon

'est Nouvelle-France. Seulement depuis 2008,

1:23:24
Locuteur

le

1:23:25
Jean-Luc Mélenchon

monde est composé davantage d'urbains que de ruraux. C'est une rupture avec 30 ou 40 millionnaires d'existence de l'humanité.

1:23:34
Locuteur

Et

1:23:34
Jean-Luc Mélenchon

nous,

1:23:35
Locuteur

c

1:23:35
Jean-Luc Mélenchon

'est depuis, je crois, la même chose, quelque chose comme 20 ans ou 30 ans, que nous sommes majoritairement urbains. La ville est une invention. La ville n'est pas le modèle qui résulte d'un progrès spontané et naturel de l'existence humaine. La ville est un projet politique.

1:23:52
Locuteur

À

1:23:52
Jean-Luc Mélenchon

l'intérieur de paquets de projets politiques, il y a eu des villes pendant 160 générations où il y avait encore une majorité de nomades.

1:24:00
Locuteur

Et

1:24:01
Jean-Luc Mélenchon

il y avait des nomades qui étaient moitié sédentaires, moitié nomades. Et il y avait des nomades qui étaient tout le temps nomades. Et puis il y avait des nomades qui élevaient des troupeaux. Et puis il y avait des nomades, bref. La ville s'est imposée et c'est la ville qui a imposé le marché. Avant la ville, il

1:24:15
Locuteur

n

1:24:15
Jean-Luc Mélenchon

'y a pas de marché. Ça n'existe pas dans l'identité humaine, le marché. Il y

1:24:19
Locuteur

a

1:24:19
Jean-Luc Mélenchon

l'économie du don. Alors moi, on me fait rigoler quand on me dit, mais M. Merachon, vous ne pouvez pas être contre l'économie de marché ? Bon, quand je suis dans mes bons jours, je dis non, bien sûr, et je réponds poliment le reste du temps, ben je pique.

1:24:30
Locuteur

Je

1:24:30
Jean-Luc Mélenchon

dis laquelle économie de marché dont vous me parlez ? Parce que le troc, c'est une économie de marché, vous êtes au courant de ça ? C'est le troc que vous me proposez ? Bon, vous avez compris. Toute l'histoire est mouvante et nous

1:24:40
Locuteur

sommes...

1:24:41
Jean-Luc Mélenchon

Parler de la Nouvelle France, c'est obligé d'accepter la réalité. Donc c'est en parler. Déjà là, j'ai marqué un point parce que

1:24:48
Locuteur

vous

1:24:49
Jean-Luc Mélenchon

vous êtes dit, ah ben tiens, oui, il y a ça, il y a ça, il y

1:24:51
Locuteur

a

1:24:51
Jean-Luc Mélenchon

ça. Chacun de nous est là-dedans. Chaque génération est un peuple nouveau. Vous êtes un peuple nouveau et vous allez voir l'effet que ça fait quand vous aurez le même âge que moi et que vous découvrirez des jeunes gens qui vous expliqueront des choses aussi extravagantes que celles qu

1:25:04
Locuteur

'on

1:25:04
Jean-Luc Mélenchon

m'explique aujourd'hui et dont je suis si reconnaissant qu'on me les ait expliquées. Mais déjà moi, ma grand-mère, elle allait au bal en char à banc. C'était un truc où on s'asseyait des deux côtés du char à banc et on allait au bal monter. D'accord ? Et elle a été rapatriée en avion Caravelle. Et je crois qu'elle a vu... Elle a vu Gagarine. Elle a connu Gagarine par la radio. Tous, nous sommes confrontés à une accélération de l'histoire. Tant que vous faites confiance à ceux qui regardent avec un rétroviseur, on ne peut rien faire comme ça. Et notamment le peuple français. Ça force sa capacité d'absorption, de créolisation. Certains disaient s'intégrer.

Allez, tout le monde doit s'intégrer maintenant à des techniques nouvelles, des outils nouveaux, des chansons nouvelles. Voilà ce qu'est la Nouvelle France. Alors c'est un concept, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Quand on a commencé, on ne s'attendait pas à ce que ça devienne ça. Quand on a fait notre meeting à Saint-Denis,

1:25:59
Locuteur

les

1:25:59
Jean-Luc Mélenchon

gens se sont mis à crier Nouvelle France. Jamais on n'avait pensé que ça serait un slogan. Il y a des gens qui

1:26:04
Locuteur

ont

1:26:04
Jean-Luc Mélenchon

dit mais t'es qui toi ?

1:26:05
Locuteur

Ah

1:26:05
Jean-Luc Mélenchon

ben moi je suis Nouvelle France. Ah bon

1:26:06
Locuteur

? Le

1:26:08
Jean-Luc Mélenchon

mot c'est pourquoi ça s'est passé ? Ça veut dire que ça correspond à une réalité.

1:26:11
Locuteur

Et

1:26:12
Jean-Luc Mélenchon

quand on a commencé à le dire en 2024, à l'élection législative qu'avait provoqué Monsieur le Président de la République, et ensuite il n'avait rien à faire du résultat. Eh bien on a vu que ça parlait. Les gens venaient pour défendre leur droit à être là,

1:26:27
Locuteur

alors

1:26:28
Jean-Luc Mélenchon

que

1:26:28
Locuteur

tu

1:26:29
Jean-Luc Mélenchon

n'as des racines que dans deux générations. Laissez pas faire ça. Même quelles que soient vos opinions, laissez pas faire ça, laissez pas trier les gens

1:26:37
Locuteur

d

1:26:38
Jean-Luc Mélenchon

'après ces critères qui sont complètement surannés et qui feront forcément de nous

1:26:42
Locuteur

un

1:26:43
Jean-Luc Mélenchon

peuple blessé si on se laisse aller. Tandis que Nouvelle France,

1:26:46
Locuteur

vaste

1:26:47
Jean-Luc Mélenchon

maison, il y

1:26:47
Locuteur

a

1:26:47
Jean-Luc Mélenchon

de la place pour tout le monde.

1:26:50
Invité

Merci.

1:26:53
Locuteur

Ah ! Il

1:26:55
Jean-Luc Mélenchon

y

1:26:55
Locuteur

a

1:26:55
Jean-Luc Mélenchon

au moins un truc que vous appréciez dans ce que je raconte.

1:26:58
Locuteur

Merci.

1:26:59
Invité

On a donc bien compris, l'histoire de cette Nouvelle France se jouera en mai 2027 et on espère que vous saurez rassembler les gens ici, derrière vous, mais on va passer aux questions du public maintenant.

1:27:08
Locuteur

Ah

1:27:08
Jean-Luc Mélenchon

oui,

1:27:09
Locuteur

j'ai un qui m'a posé

1:27:09
Jean-Luc Mélenchon

une question. Il n'était pas le public, lui ?

1:27:11
Invité

Si, également.

1:27:12
Locuteur

Bon.

1:27:16
Jean-Luc Mélenchon

Articulé, il parlait fort. Et un garçon, une fille ? Une fille, un garçon

1:27:22
Locuteur

? On va

1:27:26
Invité

juste prendre trois questions d'un coup, comme ça, ça ira plus vite. Wow

1:27:29
Locuteur

! Bonsoir,

1:27:34
Invité

Monsieur Mélenchon. Merci d'être venu nous voir. J'avais une question sur l'usage qui est fait des médias par les candidats de la présence et notamment par LFI. On a l'impression que les réseaux sociaux, notamment, sont surtout utilisés pour décrédibiliser, voire dénigrer les autres candidats. Ça a été le cas avec l'affaire Bardella lorsqu'il a été accusé d'antisémitisme.

1:27:55
Locuteur

Tous

1:27:55
Invité

les candidats, on a l'impression, se sont rués sur cette opportunité de le décrédibiliser, même si sans avoir encore la véridicité de ses propos ou aucune preuve. Si, évidemment, les propos, s'ils sont avérés, sont scandaleux. Est ce que cette stratégie médiatique sert vraiment le débat, selon vous ? Est-ce qu'elle sert à une discussion démocratique ou est-ce qu'elle n'est pas source de haine, de tension ? Surtout, serait-ce un jeu déloyal, sachant que tous les candidats sont exposés à cet acharnement médiatique ? Ça a été le cas. Vous l'avez subi pour des accusations assez similaires, d'ailleurs, à celles qui touchent Monsieur Bardella sur l'antisémitisme. Merci beaucoup de votre réponse.

1:28:46
Locuteur

Je prends

1:28:46
Jean-Luc Mélenchon

les trois, c'est ça

1:28:47
Locuteur

? C'est

1:28:52
Jean-Luc Mélenchon

une fille, maintenant. Sinon,

1:28:57
Locuteur

ça

1:28:58
Jean-Luc Mélenchon

ne

1:28:58
Locuteur

le

1:28:58
Jean-Luc Mélenchon

fait pas.

1:29:01
Invité

Bonsoir, Monsieur Mélenchon. Bonsoir, madame. Alors, je n

1:29:04
Locuteur

'ai

1:29:04
Invité

pas une question, mais je voudrais juste revenir sur votre programme économique. Et je voulais vous faire part d'un désaccord de

1:29:14
Locuteur

fonds.

1:29:15
Invité

Pour moi, vous éludez la question de l'équilibre des comptes publics. Ici, donc, à HEC, on nous apprend qu'une entreprise qui perd durablement de l'argent doit convaincre ses financeurs ou revoir son modèle. Et un État, ce n

1:29:30
Locuteur

'est

1:29:30
Invité

pas une entreprise, mais il doit lui aussi assurer son financement.

1:29:33
Locuteur

Donc,

1:29:34
Invité

on nous apprend également qu'une décision économique doit tenir compte des réactions qu'elle provoque. Et la fiscalité n'échappe pas à cette exigence. Donc, avant de taxer davantage les grandes fortunes, il faut mesurer ce qu'elles financent déjà directement et par leur entreprise, ainsi que les effets possibles de l'investissement et les départs des contribuables.

1:29:57
Locuteur

Donc,

1:29:58
Invité

je voudrais juste prendre les propositions de taxe Zuckmann débattues en 2025. Donc, pour rappeler, un impôt planché de 2% du patrimoine pour les fortunes dépensant 100 millions d'euros. Donc, environ 1 800 foyers et autour de 20 milliards d'euros de recettes annoncées.

1:30:17
Locuteur

Donc,

1:30:18
Invité

face à un déficit public de 150 milliards, cela représente à peine 13%.

1:30:25
Locuteur

Et

1:30:26
Invité

je voulais juste cette recette qui ne serait pas négligeable, mais elle ne suffit pas à démontrer la solidité d'un programme. Il faut aussi expliquer les autres financements et assumer les arbitrages si les recettes attendues ne rentrent pas, d'autres impôts, davantage de dettes ou des dépenses auxquelles renoncer. Donc, c'est juste pour dire que c'est là où votre discours ne me convainc pas. Et désignez ceux qui doivent payer. Ne démontre pas que vos promesses sont finançables. Donc, sans cette démonstration, pour moi, ce n'est pas un budget de redressement. C'est une promesse financée par l'argent des autres. Voilà. Merci beaucoup.

1:31:15
Jean-Luc Mélenchon

L'argent, c'est toujours l'argent des autres.

1:31:23
Invité

Merci. Merci, M. Mélenchon. Merci à HEC Débat. Je m'appelle Anna Bazarna, je suis ukrainienne. Et

1:31:29
Locuteur

vous

1:31:30
Invité

avez parlé aujourd'hui par rapport au peuple qui doit être respecté, le peuple français qui doit être respecté. Et j'ai une question liée par qui.

1:31:40
Locuteur

Est

1:31:40
Invité

-ce que ça concerne aussi d'autres pays comme la Russie?

1:31:46
Locuteur

Si,

1:31:46
Invité

par exemple, jusqu'à très récemment,

1:31:50
Locuteur

il

1:31:50
Invité

y avait

1:31:51
Locuteur

les

1:31:52
Invité

business français comme le roi Marlon Auchan qui travaillait dans ce pays.

1:32:00
Locuteur

Et

1:32:01
Invité

après, la Russie, il y a quelques jours, qui a nationalisé ce business et il n'y

1:32:08
Locuteur

avait

1:32:08
Invité

pas de réponse du côté de la France.

1:32:11
Locuteur

Quand

1:32:11
Invité

il y a encore une fois le gouvernement russe qui dit qu'ils vont produire du vent ou des boissons alcoolisées gazeuses. Et à partir de ce moment, ce sera champagne, du fromage qui sera nommé roquefort, camembert. Et encore une fois, il n

1:32:29
Locuteur

'y

1:32:29
Invité

a pas de réponse de la France.

1:32:32
Locuteur

Aussi,

1:32:33
Invité

la question de l'Ukraine, quand l'Ukraine frappe des stations et

1:32:39
Locuteur

des

1:32:41
Invité

points militaires russes qui frappent l'Ukraine et qui ont aussi frappé la maison où j'ai vécu à Kiev, par exemple.

1:32:50
Locuteur

Et

1:32:51
Invité

la France qui dit où il y a les débats que l'Ukraine ne peut que défendre, mais pas attaquer,

1:32:59
Locuteur

mais

1:33:00
Invité

en même temps en souhaitant que les troupes russes

1:33:03
Locuteur

partent

1:33:04
Invité

de l'Ukraine.

1:33:07
Locuteur

Et

1:33:09
Invité

le dernier point par rapport, par exemple, les comptes des olégards russes qui sont gelés en France

1:33:16
Locuteur

et

1:33:18
Invité

qui, aujourd'hui, il y a encore beaucoup de débats de certaines parties qui sont contre ces décisions.

1:33:26
Locuteur

Et

1:33:27
Invité

donc, je voulais savoir quelle est, à votre avis, quelle est

1:33:31
Locuteur

la

1:33:31
Invité

vision de la France au niveau géopolitique contre les agresseurs comme la Russie, contre les pays comme la Chine qui aident à grandir les monstres comme la Russie. Merci.

1:33:57
Locuteur

Bon.

1:33:59
Jean-Luc Mélenchon

Alors, merci pour les questions. Je ne

1:34:01
Locuteur

sais

1:34:01
Jean-Luc Mélenchon

pas si je vais avoir le talent suffisant pour concentrer. Bon. La première question est de type économique. Donc, je m'aperçois que j'ai complètement raté ma démonstration de tout à l'heure

1:34:10
Locuteur

sur

1:34:11
Jean-Luc Mélenchon

ce que j'appelle la politique de la demande ou gouvernée par les besoins.

1:34:17
Locuteur

Alors,

1:34:17
Jean-Luc Mélenchon

faisons-nous la grâce des formules un peu

1:34:21
Locuteur

caricaturales,

1:34:23
Jean-Luc Mélenchon

mais s'il le faut, je suis prêt à renvoyer les balles. Parce qu'il paraît qu'on vous enseigne que quoi ? Qu'une entreprise doit être en équilibre avec ou sans les subventions de l'État.

1:34:34
Locuteur

C

1:34:35
Jean-Luc Mélenchon

'est juste pour savoir. Vous me dites que vous êtes d'accord pour que je prenne le pouvoir et vous n'aurez plus rien. Les 100...

1:34:42
Locuteur

le

1:34:43
Jean-Luc Mélenchon

crédit impôt recherche...

1:34:44
Locuteur

parce

1:34:46
Jean-Luc Mélenchon

que je préfère mettre l'argent dans la recherche publique que de la filer aux banques et aux entreprises de la grande distribution qui aujourd'hui monopolisent le crédit impôt recherche.

1:34:57
Locuteur

Je

1:34:57
Jean-Luc Mélenchon

prends cet exemple pour ne pas en prendre d'autres, mais je pourrais aussi par exemple... Quoi ? L'argent des autres ? Oui, c'est toujours l'argent des autres.

1:35:05
Locuteur

L

1:35:05
Jean-Luc Mélenchon

'argent qui n'est pas pris là où on peut en trouver, il est pris ailleurs. Quand Total dit qu'il augmente tous les ans, les 5 prochaines années, de 5% des dividendes, par contre, il n'augmente pas de 5% des salaires de son entreprise.

1:35:18
Locuteur

L

1:35:19
Jean-Luc Mélenchon

'argent qu'on donne aux uns, c'est celui qu'on ne donnera pas aux autres. Donc faisons-nous entre nous au moins la grâce de penser qu'on parle bien d'une richesse produite et de sa répartition et qu'alors on discute de la répartition et de son mode de répartition.

1:35:33
Locuteur

Vous

1:35:33
Jean-Luc Mélenchon

me dites que la politique que je propose

1:35:36
Locuteur

ne

1:35:36
Jean-Luc Mélenchon

réduira pas le déficit. Alors à mon tour de vous dire, comment comptez-vous rembourser la dette

1:35:41
Locuteur

? Pas

1:35:43
Jean-Luc Mélenchon

à vous, madame, que je pose la question. Je la pose à ceux avec qui je suis en compétition. Comment ? Comment vous comptez faire

1:35:51
Locuteur

? Comment

1:35:52
Jean-Luc Mélenchon

vous comptez rembourser 3 500 milliards

1:35:55
Locuteur

?

1:35:57
Jean-Luc Mélenchon

Mes oreilles s'étendent pour entendre. C'est quoi la réponse ?

1:36:00
Locuteur

Une

1:36:00
Jean-Luc Mélenchon

dette pareille, personne ne la paiera jamais.

1:36:04
Locuteur

Vous

1:36:05
Jean-Luc Mélenchon

m'entendez

1:36:05
Locuteur

? M.

1:36:06
Jean-Luc Mélenchon

Bruno Le Maire, à qui j'ai dit une fois, il faut transformer les titres de dette en titres de dette perpétuelles, je parlais des dettes que la France a auprès de la BCE, c'est-à-dire d'elle-même.

1:36:16
Locuteur

Il

1:36:16
Jean-Luc Mélenchon

m'a répondu, mais M. Mélenchon, la dette est perpétuelle. On ne la rembourse jamais. On en prend pour la rembourser. Autrement dit, si vous regardez le mécanisme de la dette, il s'appuie sur le déficit. Il faut qu'il y ait un déficit.

1:36:29
Locuteur

Qui

1:36:30
Jean-Luc Mélenchon

a créé le déficit depuis 1974 ?

1:36:34
Locuteur

Des

1:36:34
Jean-Luc Mélenchon

insoumis ? Des communistes ? Des socialistes

1:36:37
Locuteur

? La

1:36:38
Jean-Luc Mélenchon

part des gouvernements de l'union de la gauche sur la dette publique,

1:36:42
Locuteur

c

1:36:42
Jean-Luc Mélenchon

'est

1:36:42
Locuteur

que

1:36:43
Jean-Luc Mélenchon

dalle. Par contre, la part des gouvernements de droite dans l'explosion de la dette publique, c'est Maus.

1:36:49
Locuteur

Le

1:36:49
Jean-Luc Mélenchon

dernier étant à 1 200 milliards. Alors, si vous voulez, il y a des leçons de bonne gestion qui sont difficiles à supporter pour un homme de gauche, je vous le dis.

1:36:59
Locuteur

Quand

1:36:59
Jean-Luc Mélenchon

on voit que l'emprunt Giscard a remboursé presque 50 fois ce qu'il avait emprunté avant, je ne reçois pas de leçons des libéraux sur la manière de construire un budget en équilibre. Les déséquilibres ont été créés volontairement. Parce que c'est en déstabilisant l'Etat qu'on oblige à faire des coupes

1:37:18
Locuteur

dans

1:37:19
Jean-Luc Mélenchon

les budgets publics. Et quand on fait des coupes dans les budgets publics, on aide la marchandisation à se répandre, parce qu'on vient de dire, c'est plus simple, c'est plus efficace, l'Etat est trop lourd, il est bon à rien. Ça se voit d'ailleurs, comme il est bon à rien. Quand il y est plus, tout le monde pleure.

1:37:34
Locuteur

Tout

1:37:35
Jean-Luc Mélenchon

à l'heure, je vous ai dit, vous évoquez 150 milliards. Je vais vous dire comment on rembourse une dette d'habitude quand elle est trop importante. Je ne vous renvoie pas à Louis XVI, parce que la comparaison pourrait vous effrayer, vous empêcher de dormir ce soir. C'est-à-dire la conjonction d'une crise écologique, de puissants qui ne veulent pas payer, d'un monarque qui ne sait pas diriger le pays et d'une dette écrasante avec des gens qui ne veulent pas la payer.

1:38:00
Locuteur

Donc

1:38:01
Jean-Luc Mélenchon

je m'en tiens à comment ça se passe d'habitude.

1:38:05
Locuteur

Il

1:38:05
Jean-Luc Mélenchon

n'y a pas 50 manières de rembourser une dette. Un, la rembourser.

1:38:10
Locuteur

Pour

1:38:10
Jean-Luc Mélenchon

la rembourser, il faut que l'argent ruisselle. Donc il faut que ceux qui sont en haut aient déjà de quoi faire ruisseler, n'est-ce pas ? Ça n'a jamais marché. Donc moi je vous réponds, vous ne rembourserez jamais la dette. Personne ne la remboursera jamais. Le système va s'effondrer en cours de route, et pas à cause de la dette des Français, mais à cause de la dette des Nord-Américains,

1:38:34
Locuteur

qui

1:38:35
Jean-Luc Mélenchon

a 40 milliards d'euros, de dollars.

1:38:39
Locuteur

Et

1:38:39
Jean-Luc Mélenchon

figurez-vous que même en ayant le pouvoir qu'ils ont et qu'ils sont les seuls au monde à avoir, à pouvoir appuyer sur la machine à imprimer des billets et à émettre des dollars, arrive le moment où même pour eux, c'est trop. Et il y a une compétition sur où va l'investissement. Entre les milliards qui sont partis aujourd'hui dans l'intelligence artificielle, alors qu'il n'existe aucun modèle économique permettant de dire que l'intelligence artificielle va rapporter à ceux qui ont investi dedans, des dividendes correspondant à l'investissement. Ça n'existe pas.

Donc ça finira par se casser la figure, quand ces capitaux pourraient être attirés par des investissements donnant des rendements plus importants. Pour l'instant, la seule valorisation de ce capital, c'est l'augmentation de la valeur des titres de propriété de ces entreprises. Voilà où on en est. C'est eux la source de la crise. Et par entraînement. Donc je veux bien qu'on... Alors, quelles sont les méthodes ? 1. Rembourser, je viens de vous le dire. 2. La guerre.

1:39:37
Locuteur

La

1:39:37
Jean-Luc Mélenchon

guerre, c'est pas mal.

1:39:38
Locuteur

On

1:39:38
Jean-Luc Mélenchon

a souvent fait la guerre et ça annule les dettes, et après on reconstruit et l'économie repart. Il y a ensuite l'inflation.

1:39:44
Locuteur

L

1:39:45
Jean-Luc Mélenchon

'inflation qui dévore la dette de l'intérieur.

1:39:47
Locuteur

Et

1:39:48
Jean-Luc Mélenchon

sinon quoi ? Rien.

1:39:50
Locuteur

Une

1:39:50
Jean-Luc Mélenchon

modification de la méthode de production qui permette une

1:39:54
Locuteur

soudaine

1:39:55
Jean-Luc Mélenchon

et immense développement permettant des rendements qu'on n'avait pas vus jusque-là. C'est pas le cas dans l'agriculture, c'est l'inverse. Les rendements sont décroissants.

1:40:05
Locuteur

C

1:40:05
Jean-Luc Mélenchon

'est pas le cas dans le travail manufacturé. La productivité est bloquée. Alors c'est où

1:40:10
Locuteur

? Ça

1:40:11
Jean-Luc Mélenchon

n'existe pas.

1:40:12
Locuteur

Vous

1:40:13
Jean-Luc Mélenchon

ne l'avez pas.

1:40:14
Locuteur

Alors

1:40:14
Jean-Luc Mélenchon

il faut arrêter de répéter le catéchisme en espérant que ça finisse par marcher. Parce que ça, c'est de la magie. C'est le pendant côté libéral de ce que faisaient les soviétiques. Moins ça marchait, plus il fallait en faire. Et bien là, c'est pareil. Moins ça marche, plus les pays sont endettés, plus il y a de la misère de tous les côtés, et plus il faudrait encore libérer l'initiative, bla bla bla bla bla bla. Les entreprises françaises, les grandes, n'investissent pas. L'investissement baisse.

1:40:42
Locuteur

Et

1:40:42
Jean-Luc Mélenchon

s'il n'y

1:40:42
Locuteur

avait

1:40:42
Jean-Luc Mélenchon

pas l'État pour le faire, il n

1:40:44
Locuteur

'y

1:40:44
Jean-Luc Mélenchon

aurait personne. Alors ça suffit de dénoncer l'État. Ça suffit de dénoncer. La seule chose qui, dans ce pays, fait tourner la boîte. S'il n'y

1:40:51
Locuteur

avait

1:40:51
Jean-Luc Mélenchon

pas l'État,

1:40:52
Locuteur

il

1:40:52
Jean-Luc Mélenchon

n'y

1:40:52
Locuteur

a

1:40:52
Jean-Luc Mélenchon

pas les très grandes entreprises de notre pays qui reposent pour une bonne part sur ce qui arrive par ce biais-là. Et si nous sommes tombés à 9% d'industrie dans le PIB

1:41:02
Locuteur

? Qui

1:41:03
Jean-Luc Mélenchon

a réduit les choses jusque-là ? Si ce n

1:41:05
Locuteur

'est

1:41:05
Jean-Luc Mélenchon

pas un des grands champions du MEDEF, M. Sturuc, qui disait qu'il fallait faire des entreprises sans mur et sans machine.

1:41:13
Locuteur

C

1:41:13
Jean-Luc Mélenchon

'était le modèle de Nike. Nike disait, moi, je ne produis pas de chaussures.

1:41:18
Locuteur

J

1:41:18
Jean-Luc Mélenchon

'ai une licence,

1:41:19
Locuteur

j

1:41:20
Jean-Luc Mélenchon

'ai des dollars et un carnet de chèques. Et bien allez, continuez. Mettez un paquet de dollars d'un côté, un paquet de tolls de l'autre, et faites des prières pour qu'il surgisse des bagnoles au milieu. Parce que tant que vous aurez besoin de gens pour faire le travail, vous aurez besoin qu'ils soient en bonne santé, donc vous aurez besoin qu'ils soignent, donc vous aurez besoin de la sécurité sociale. C'est du baratin de raconter autre chose,

1:41:40
Locuteur

comme

1:41:40
Jean-Luc Mélenchon

ceux qui prétendent rapprocher le salaire brut du salaire net. C'est une escroquerie. Prenez tout le salaire brut et mettez-le dans le salaire net. Qu'est-ce que vous serez, des Américains, obligés de mettre à l'épargne pour vous payer vos retraites

1:41:53
Locuteur

? Et

1:41:54
Jean-Luc Mélenchon

vous serez dépouillés chaque fois qu'il y aura une crise. Vous serez obligés de vous payer votre système de santé. Et vous arriverez à la fin quand vous aurez un gros clash dans votre vie de famille, comme j'en ai vu chez des paquets de copains en Amérique latine. Papa ou maman a le cancer. On le met à l'hosto quand il en peut plus. Il y reste une semaine, il ne reste plus rien, il faut vendre la maison pour payer la semaine suivante.

1:42:15
Locuteur

Et

1:42:15
Jean-Luc Mélenchon

après, on vous dit qu'est-ce qu'on fait

1:42:16
Locuteur

? C

1:42:18
Jean-Luc Mélenchon

'est vous qui êtes confrontés à la décision. On arrête ou on continue. Voilà la vraie vie. Le reste, c'est du baratin. C'est un monde idéal dans lequel on raconte des formules toutes faites qui n'existent pas. Quand je propose de relancer, j'ai répondu à la question de la dette.

1:42:34
Locuteur

J

1:42:34
Jean-Luc Mélenchon

'ai répondu comment on fait. Je vous ai dit, un paquet, les recettes nouvelles pour les besoins.

1:42:39
Locuteur

Un

1:42:40
Jean-Luc Mélenchon

autre paquet pour la dette. La dette,

1:42:43
Locuteur

je

1:42:43
Jean-Luc Mélenchon

la réduis notamment par les retours qui se font sur la réorientation de l'investissement. En quoi ce n

1:42:49
Locuteur

'est

1:42:49
Jean-Luc Mélenchon

pas une formule positive ?

1:42:51
Locuteur

Je

1:42:51
Jean-Luc Mélenchon

vous ai dit, j'abaisse le niveau de la dette

1:42:54
Locuteur

en

1:42:55
Jean-Luc Mélenchon

réglant un problème d'écriture comptable. L'argent que la banque centrale a pris aux banques privées pour acheter des titres de dette pour empêcher que le système s'effondre.

1:43:05
Locuteur

On

1:43:05
Jean-Luc Mélenchon

nous dit, ce n

1:43:06
Locuteur

'est

1:43:06
Jean-Luc Mélenchon

pas possible, le règlement européen interdit. Non, la cour de justice européenne a répondu que c'était légal de le faire dans cette circonstance. Et ensuite, il n'est écrit nulle part, dans aucun traité, ce que la banque centrale a le droit de faire avec ses titres de dette. Elle peut donc les foutre au feu. J'ai utilisé volontairement cette expression, certains qu

1:43:23
Locuteur

'on

1:43:23
Jean-Luc Mélenchon

me courrait derrière après cette expression. Savez-vous combien ça faisait ? Au moment où je commence la discussion, ça faisait 600 milliards. Voyez-vous ? 600 milliards que tu retires de la dette de la France. Ça veut dire que tu, au point où on est aujourd'hui, on retourne en dessous des 100%.

1:43:40
Locuteur

Il

1:43:40
Jean-Luc Mélenchon

paraît que maintenant, il ne reste plus que 400 milliards.

1:43:43
Locuteur

Il

1:43:44
Jean-Luc Mélenchon

paraît qu'il ne

1:43:44
Locuteur

reste

1:43:44
Jean-Luc Mélenchon

plus que 400 milliards. Ça veut dire qu'on passerait de 3500 à

1:43:48
Locuteur

3100.

1:43:51
Jean-Luc Mélenchon

Et si on y met un peu de ce qu'on aura à ramasser, on peut passer sous la barre des 100%. C'est concret, non ?

1:43:56
Locuteur

C

1:43:57
Jean-Luc Mélenchon

'est concret. Si vous devez moins, vous faites baisser les taux d'intérêt, non ? C'est ça qu'on vous apprend, non ? En économie. Alors pourquoi ça ne serait pas vrai dans ce cas-là ?

1:44:04
Locuteur

Vous

1:44:05
Jean-Luc Mélenchon

avez tort. Vous vous plantez. Vous vous trompez. Vous faites une économie qui est celle du 19e siècle ou du 20e siècle. Dans l'économie du 21e siècle, avec une économie mondiale pourrie par les dettes publiques,

1:44:17
Locuteur

vous

1:44:17
Jean-Luc Mélenchon

ne pouvez pas agir autrement que ce que je suis en train de vous dire. Ce qui n'est pas sérieux, c'est de me dire qu'on va rembourser. Ou d'écouter Mme Le Pen qui, paraît-il, veut mettre la règle d'or dans le budget et qui a décidé qu'il n

1:44:27
Locuteur

'y

1:44:27
Jean-Luc Mélenchon

aurait plus de déficit.

1:44:28
Locuteur

Pour

1:44:28
Jean-Luc Mélenchon

qu

1:44:28
Locuteur

'il

1:44:28
Jean-Luc Mélenchon

n

1:44:28
Locuteur

'y ait

1:44:28
Jean-Luc Mélenchon

plus de déficit, il lui faudra environ 140 ans pour rembourser la dette actuelle. Qui peut prendre au sérieux une proposition de cette nature ? Vous comptez réduire les dépenses de l'État d'autant de 150 milliards ? Où vous allez les trouver ? Dites où ? Arrêtez de dire. Il faut réduire le déficit. Vous pouvez réduire le déficit qu'en diminuant la dette et vous pouvez diminuer la dette qu'en ayant de nouveaux revenus. Si vous avez une autre solution, mais moi j'en rêve parce que je pourrais m'occuper tranquillement de développer la filière professionnelle, les sciences, les mathématiques, l'éco-région. Mais je rêve, moi, d'une solution où il n

1:45:03
Locuteur

'y

1:45:03
Jean-Luc Mélenchon

a plus de dette, où il n

1:45:04
Locuteur

'y

1:45:04
Jean-Luc Mélenchon

a plus de déficit. J'ai connu la France dans cet état-là avec une dette

1:45:08
Locuteur

qui

1:45:09
Jean-Luc Mélenchon

n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. Mais est-ce que vous savez que la part de la charge de la dette, la véritable existence concrète de la dette, c'est sa charge annuelle ? Ce n

1:45:18
Locuteur

'est

1:45:18
Jean-Luc Mélenchon

pas son montant,

1:45:18
Locuteur

c

1:45:19
Jean-Luc Mélenchon

'est sa charge annuelle. Eh bien, la charge annuelle actuellement, par rapport au PIB, elle est inférieure à ce qu'elle était dans les années 70. Ah

1:45:27
Locuteur

!

1:45:27
Jean-Luc Mélenchon

Comment vous expliquez ça

1:45:28
Locuteur

? Voilà.

1:45:30
Jean-Luc Mélenchon

Donc, il faudrait arrêter... Écoutez, moi, j'ai mis en cause ma vision du monde. Je vous l'ai dit tout à l'heure.

1:45:36
Locuteur

Pour

1:45:36
Jean-Luc Mélenchon

la penser autrement, pour penser autrement le matérialisme historique, pour penser autrement l'économie capitaliste. Il faudrait aussi que les libéraux fassent un petit effort et arrêtent de répéter leurs recettes qui n'ont mené à rien depuis 30 ans. Si vous êtes libéral au sens économique,

1:45:52
Locuteur

est

1:45:52
Jean-Luc Mélenchon

-ce que vous vous rendez compte que vous tournez en rond et que vous ne réglez aucun problème ? Vous ne faites que les aggraver sans fin.

1:45:59
Locuteur

Et

1:46:00
Jean-Luc Mélenchon

vous êtes obligé à la fin de compter sur les Chinois et sur leur propre taux de croissance pour éponger les surplus de vos économies. Et pour acheter les titres des dettes de chacun des États. Voilà où on en est. Alors, moi, j'essayais là de répondre comme je pouvais.

1:46:14
Locuteur

Et

1:46:15
Jean-Luc Mélenchon

l'argent, c'est toujours l'argent des autres. Après, vous m'avez posé une question sur le débat public. Je vous donne raison, je ne peux pas vous donner tort. Voyez-vous, je vais vous raconter une toute petite anecdote. Je vais au salon du bâtiment. Ça me passionne, je m'intéresse à ce truc-là. De l'un, de l'autre, etc. Je m'en vais au stand de la Vendée. On discute. Bon, ils ont fait des trucs avec du lin, des machins, du coton, bref.

1:46:38
Locuteur

On

1:46:38
Jean-Luc Mélenchon

discute. Et puis, je descends de là, il y avait une poignée de micros. Alors, comme on m'a déjà fait le coup déjà à l'autre à Vivatech, j'étais, moi, en train de me passionner pour les robots. Et, parce que c'est ça, quand on parle des médias, il

1:46:50
Locuteur

faut

1:46:50
Jean-Luc Mélenchon

savoir comment ça marche, hein. Il faut savoir comment ça marche.

1:46:53
Locuteur

Ils

1:46:53
Jean-Luc Mélenchon

n'en ont rien à foutre de ce que vous faites à Vivatech. Si vous vous intéressez aux robots et du reste, ce n

1:46:57
Locuteur

'est

1:46:57
Jean-Luc Mélenchon

pas ça qui les intéresse. Ils ont rencontré Mme Le Pen deux allées avant moi

1:47:02
Locuteur

et

1:47:03
Jean-Luc Mélenchon

ils leur ont demandé. Alors, Mme, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il fait très chaud. Bon. Alors, elle, elle a répondu, ben, il faut mettre de la clim partout.

1:47:11
Locuteur

Il

1:47:11
Jean-Luc Mélenchon

vient de me voir, moi. Il me

1:47:12
Locuteur

dit,

1:47:12
Jean-Luc Mélenchon

il fait trop chaud, qu'est-ce qu'il faut faire ? J'ai dit, ben, écoutez, arrêtez le soleil, c'est une première idée. Une deuxième idée, installez-vous dans votre frigo, ça pourra aller mieux. Bon, je blague, parce que je peux prendre au sérieux une question pareille. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Ben, s'organiser. Eh oui, mais Mme Le Pen, elle a dit qu'il fallait changer la clim, en mettre partout. Ben, j'ai dit, ben, c'est absurde, ça prouve qu'elle n

1:47:34
Locuteur

'y

1:47:34
Jean-Luc Mélenchon

connaît rien. Savez-vous ce qui s'est produit ? Un débat sur la climatisation. Je suis installé en tant qu'homme qui est contre la climatisation et elle en tant que femme qui est pour la climatisation. Débat absurde qui n'a pas existé une seconde, ni dans son esprit, ni dans le mien, mais qui permet de vous occuper, de vous amuser. On vous donne ça à manger. Ah, Mélenchon et Le Pen se disputent. Regardez. Oh, c'est intéressant. La clim, vous êtes pour, vous êtes contre ? Vous êtes pour, vous êtes contre ? Qu'est-ce que vous êtes ? Vous êtes pour, vous êtes contre ? Alors, c'est quoi votre truc ? Voilà. Débat infra qui est une insulte à notre intelligence. Là, pareil.

Je finis avec mes Vendéens, encore des micros, et on me dit, qu'est-ce que vous pensez de M. Bardella qui a déclaré ? Lui, qu'est-ce que je pense ? Qu'est-ce que je pense ? Je pense rien du tout. Je ne

1:48:16
Locuteur

sais

1:48:16
Jean-Luc Mélenchon

pas de quoi vous me parlez.

1:48:18
Locuteur

Et

1:48:18
Jean-Luc Mélenchon

je commence par dire, laissez-moi le temps de voir de quoi il s'agit. Vous êtes toujours là, vous m'écoutez. C'est moi qui leur dit. Et puis, je vois dans leurs yeux, ils se disent, Mélenchon hésite à condamner l'antisémitisme.

1:48:31
Locuteur

Ça

1:48:31
Jean-Luc Mélenchon

va. Une fois, deux fois, trois fois, la quatrième, j'ai fini par comprendre. Donc, qu'est-ce que j'ai fait ? Je me suis arrêté. Vous verrez les images de vidéos.

1:48:38
Locuteur

J

1:48:38
Jean-Luc Mélenchon

'ai dit, hé, tout le monde a bien compris. Je condamne formellement. En réalité, je ne

1:48:41
Locuteur

sais

1:48:41
Jean-Luc Mélenchon

pas ce qu'il a raconté et je ne sais pas ce que je suis en train de condamner. Voilà à quoi a été ramené l'habit public. Et, pour que vous compreniez bien la stratégie du mouvement insoumis, sa patience, sa discipline

1:48:53
Locuteur

d

1:48:54
Jean-Luc Mélenchon

'organisation. Quand on a compris qu'aller dans un média,

1:48:58
Locuteur

c

1:48:59
Jean-Luc Mélenchon

'est y aller pour se faire démolir,

1:49:00
Locuteur

pour

1:49:01
Jean-Luc Mélenchon

se faire

1:49:01
Locuteur

tout

1:49:02
Jean-Luc Mélenchon

le temps amener à la position du buzz, quelque chose... N'importe quoi qui soit un scandale. Et vous avez maintenant les profils personnels qui savent faire ça. C'est leur métier.

1:49:11
Locuteur

Ils

1:49:11
Jean-Luc Mélenchon

ne font que ça. Provoquer. Alors, comme c'est moi, alors là, je ne vous raconte pas. Il faut se faire Mélenchon. Ça fait partie d'une carrière, en quelque sorte.

1:49:19
Locuteur

Et

1:49:20
Jean-Luc Mélenchon

donc, le niveau du débat est méprisable. Méprisable. Comment, malgré ça, faire passer le message ? Voilà comment, nous, on s'est posé la question. Et on a décidé qu'il n'y aurait pas un organe central du mouvement. Vous savez, son journal. On a décidé que tous les insoumis deviendraient des émetteurs. Chacun dans leurs proportions. Chacun dans leurs possibilités. Et voilà comment tous les insoumis ont créé une boucle WhatsApp.

1:49:47
Locuteur

Ou

1:49:47
Jean-Luc Mélenchon

ont commencé à travailler dans les boucles WhatsApp des autres. ou ont créé un compte YouTube, un compte Facebook, un compte TikTok, un compte Instagram, etc., etc. Cette semaine qui vient de s'écouler,

1:50:00
Locuteur

le

1:50:01
Jean-Luc Mélenchon

nombre de vues sur les sites

1:50:03
Locuteur

des

1:50:04
Jean-Luc Mélenchon

insoumis, c'est même pas

1:50:06
Locuteur

par

1:50:06
Jean-Luc Mélenchon

dizaines de millions, ce qui me coupe déjà le souffle, mais on a dépassé la centaine de millions. Autrement dit, et que le message passe bien, on n'a pas besoin de vous.

1:50:16
Locuteur

Je

1:50:16
Jean-Luc Mélenchon

n'ai pas besoin de l'information en continu pour dire ce que j'ai à dire. Déjà, on est là ce soir. On va avoir un truc qui passe à Public Sénat. Nous, nos propres camarades, sont en train de découper des morceaux pour en faire des extraits de vidéos, qui vont se répandre par millions. Par millions. Nous n'avons plus besoin de votre système pourri pour nous exprimer. Et on choisit d'y aller quand même. Il y a donc un certain nombre d'entre nous qui acceptent d'y aller, et les autres qui ne veulent plus y aller. Parce que sur le plan humain, c'est flétrissant.

1:50:46
Locuteur

Sur

1:50:46
Jean-Luc Mélenchon

le plan humain, c'est votre dignité de personne que vous ne supportez plus, de voir comme ça réduit, abîmé par des roquets, sans consistance.

1:50:55
Locuteur

Vous

1:50:56
Jean-Luc Mélenchon

savez comment ils font ?

1:50:57
Locuteur

Ils

1:50:57
Jean-Luc Mélenchon

téléphonent à l'adversaire lavergne. Il faut savoir quelle vacherie ils peuvent sortir à l'autre.

1:51:02
Locuteur

Ce

1:51:02
Jean-Luc Mélenchon

système me dégoûte au dernier degré. Et je vais faire tout ce que je peux. Il faut y mettre le moins possible les pieds de toute la campagne présidentielle. C'est pourquoi je vous donne raison. La violence est totale. Et,

1:51:14
Locuteur

en

1:51:14
Jean-Luc Mélenchon

quelque sorte, c'est les pires qui finissent par avoir le dernier mot. Vous avez des gens qui passent leur journée à remplir les colonnes

1:51:20
Locuteur

de

1:51:21
Jean-Luc Mélenchon

X ou autres de trucs dégueulasses, quoi. Alors bon, moi, vous avez tous compris, hein. Moi, je suis vieux, donc à moitié décadent, à moitié clopé, blablabla. Mais je suis un homme, donc ça va. C'est encore supportable. Mais quand c'est les filles,

1:51:36
Locuteur

il

1:51:36
Jean-Luc Mélenchon

faut voir le niveau, hein. Parce que là, vous me parlez de M. Bardella, mais il est bien traité. Regardez comment est traitée Mathilde Panot. Regardez comment est traitée Rima Hassan. Regardez comment est traitée Clémence Guettet. Ou n'importe laquelle des femmes qui dirigent le mouvement insoumis, puisque chez nous, il y

1:51:50
Locuteur

a

1:51:50
Jean-Luc Mélenchon

plus de femmes dirigeantes que d'hommes.

1:51:52
Locuteur

D

1:51:53
Jean-Luc Mélenchon

'accord ? C'est une haute, une abjection qui n'est jamais arrêtée. Il n'y a pas... Vous pouvez faire ce que vous voulez, porter plainte, donner des numéros. Il n'y a jamais rien qui se passe.

1:52:05
Locuteur

Moi,

1:52:05
Jean-Luc Mélenchon

j'ai dû changer déjà deux fois de téléphone

1:52:07
Locuteur

parce

1:52:08
Jean-Luc Mélenchon

que j'ai été... Alors ça, il faut que vous l'intégriez dans les questions que vous poserez aux uns et aux autres. Les interventions étrangères.

1:52:14
Locuteur

D

1:52:15
Jean-Luc Mélenchon

'accord

1:52:15
Locuteur

?

1:52:16
Jean-Luc Mélenchon

Quand le préfet s'est trompé sur l'adresse

1:52:18
Locuteur

de

1:52:19
Jean-Luc Mélenchon

la personne qui était candidate sur la liste d'extrême droite, pas la nôtre, alors on a dit, c'est une honte, l'élection, il demande son annulation. Et quand M. Netanyahou a payé des gens

1:52:32
Locuteur

pour

1:52:32
Jean-Luc Mélenchon

nous dénigrer à Toulouse, à Marseille,

1:52:35
Locuteur

à

1:52:36
Jean-Luc Mélenchon

Roubaix... Ah non, ça, ça ne dérange pas.

1:52:38
Locuteur

Ça

1:52:38
Jean-Luc Mélenchon

n'a pas eu d'incidence. Les ingérences étrangères sont de plus en plus nombreuses. Elles sont impunies. Et on vous dit, on vous prévient. C'est bien, je suis content, on est prévenus. Et alors ? Et après ?

1:52:50
Locuteur

Tu

1:52:50
Jean-Luc Mélenchon

fais quoi, au juste

1:52:51
Locuteur

? Quand

1:52:52
Jean-Luc Mélenchon

je vous ai donné la liste des numéros de téléphone qui m'avaient appelé sans trêve, sans pause, pendant trois jours, et j'ai dû renoncer à ce téléphone. Qu'est-ce qui s'est passé derrière ? Rien. Absolument rien. Absolument rien. Nous sommes abandonnés à la violence. Alors, je vous y aurais répondu comme ça, et je sais que ce que j'ai à en dire ne sera pas entendu. Donc je n'ai même pas l'espoir de faire changer qui que ce soit au-delà de cette salle de point de vue sur le sujet.

1:53:21
Locuteur

Mais

1:53:22
Jean-Luc Mélenchon

franchement,

1:53:22
Locuteur

nous

1:53:23
Jean-Luc Mélenchon

sommes arrivés à un niveau, c'est un égout

1:53:26
Locuteur

qui

1:53:26
Jean-Luc Mélenchon

se déverse du matin au soir, continuellement, dans un certain nombre d'endroits. Et permettez-moi de vous dire que quand le service public

1:53:34
Locuteur

fait

1:53:35
Jean-Luc Mélenchon

un compte rendu de la journée,

1:53:36
Locuteur

et

1:53:37
Jean-Luc Mélenchon

que 72% de ce qu'ils montrent à propos des jeunes,

1:53:40
Locuteur

c

1:53:40
Jean-Luc Mélenchon

'est des poubelles qui brûlent, et qu'il reste à peine 10% pour parler de leurs revendications, je vais vous dire, ceux qui font ça, ils se déshonorent. Ils déshonorent leur métier, autant qu'un flic qui tabasse un gosse qui est par terre. Bon, alors je viens à la question internationale pour terminer.

1:53:56
Locuteur

Alors, qu

1:53:57
Jean-Luc Mélenchon

'on soit d'abord bien clair sur un point.

1:54:00
Locuteur

Comme

1:54:01
Jean-Luc Mélenchon

Français

1:54:01
Locuteur

et

1:54:03
Jean-Luc Mélenchon

comme internationalistes,

1:54:04
Locuteur

il

1:54:05
Jean-Luc Mélenchon

n'est pas question pour nous, les Insoumis, d'accepter qu'un quelconque problème se règle par une invasion.

1:54:11
Locuteur

Parce

1:54:12
Jean-Luc Mélenchon

que comme Français, je sais que mon pays a été envahi quatre fois par le voisin,

1:54:15
Locuteur

donc

1:54:16
Jean-Luc Mélenchon

j'ai une idée de ce que c'est que l'invasion.

1:54:18
Locuteur

Et

1:54:18
Jean-Luc Mélenchon

deuxièmement, comme internationalistes,

1:54:20
Locuteur

je

1:54:21
Jean-Luc Mélenchon

ne pense pas que la bonne manière de faire pour tracer les frontières, c'est d'envahir les voisins.

1:54:27
Locuteur

À

1:54:27
Jean-Luc Mélenchon

partir de là, quel doit être le rôle que l'on a dans cette situation ? Vous avez parlé d'exemple des Russes qui prétendent faire du champagne et du fromage avec des noms français. Bah

1:54:37
Locuteur

!

1:54:38
Jean-Luc Mélenchon

Ça se fait déjà aux États-Unis d'Amérique sans problème. Ça se fait aussi au Canada.

1:54:42
Locuteur

C

1:54:42
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire que c'est pas pour ça que je les condamne. Je les condamne parce qu'ils ont passé la frontière et qu'à mon avis, notre choix est qu'ils la repassent dans l'autre sens. Le hasard de la vie, il se trouve que je suis le premier Français à avoir réagi contre l'invasion.

1:54:56
Locuteur

Je

1:54:56
Jean-Luc Mélenchon

ne croyais pas à l'invasion. Pourquoi ?

1:54:59
Locuteur

Parce

1:54:59
Jean-Luc Mélenchon

que les services de renseignement de notre pays

1:55:02
Locuteur

et

1:55:03
Jean-Luc Mélenchon

la ministre en tête nous a dit à la Commission de la Défense que nous avons les mêmes outils pour observer que nos alliés américains et nous n'en tirons pas la même conclusion, il n'y aura pas d'invasion. C'est une déclaration des militaires et des officiels français. La seule fois où j'ai cru à ce qu'ils racontaient, eh bien j'ai emboîté le pas et je me suis trompé comme tout le monde.

1:55:24
Locuteur

Mais

1:55:24
Jean-Luc Mélenchon

c'est pas pour autant que ça rend l'invasion acceptable. Il faut donc aider l'Ukraine, mais...

1:55:29
Locuteur

Et

1:55:30
Jean-Luc Mélenchon

donc il faut continuer à l'aider. Mais réfléchissons à ce qu'on fait

1:55:32
Locuteur

! Enfin, on

1:55:35
Jean-Luc Mélenchon

veut la guerre avec les Russes ! Parce que je sais, on est dans une contradiction, mais je la connais comme tout le monde. Puisque les Russes ont envahi les Ukrainiens, les Ukrainiens ont le droit de se défendre par tous les moyens. Nous, les Français, si on était envahi, qu

1:55:46
Locuteur

'est

1:55:46
Jean-Luc Mélenchon

-ce qu'on a ? Ça s'appelle la dissuasion. Pour un cheveu, toute la tête. T'appuies sur le bouton, tout le monde est mort.

1:55:53
Locuteur

Je

1:55:53
Jean-Luc Mélenchon

vous rappelle que c'est ça, hein,

1:55:55
Locuteur

l

1:55:55
Jean-Luc Mélenchon

'alternative.

1:55:56
Locuteur

C

1:55:57
Jean-Luc Mélenchon

'est ça.

1:55:57
Locuteur

Et

1:55:58
Jean-Luc Mélenchon

c'est posthume, parce que vous avez d'abord été attaqués. Si la France est attaquée par une puissance nucléaire, elle prend un coup et c'est fini. Un coup sur la centrale de nos gens

1:56:06
Locuteur

?

1:56:07
Jean-Luc Mélenchon

13 millions de personnes à faire partir

1:56:08
Locuteur

sur

1:56:09
Jean-Luc Mélenchon

80 kilomètres. Parce que c'est 80 kilomètres, il y

1:56:12
Locuteur

en

1:56:12
Jean-Luc Mélenchon

aura bien plus que ça.

1:56:14
Locuteur

Donc

1:56:14
Jean-Luc Mélenchon

on n'est pas dans un sujet de jeu vidéo.

1:56:18
Locuteur

On

1:56:19
Jean-Luc Mélenchon

est dans un sujet où on joue la peau de nos pays. Donc on doit réfléchir attentivement à ce qu

1:56:23
Locuteur

'on

1:56:23
Jean-Luc Mélenchon

fait.

1:56:24
Locuteur

Quand

1:56:24
Jean-Luc Mélenchon

nous, les Français, nous avons filé du matériel aux Ukrainiens pour faire des tirs en profondeur, je m'y oppose. Je sais que je suis dans une contradiction. Comment je peux dire en même temps que je veux soutenir l'Ukraine et refuser les tirs en profondeur ? Tout simplement parce que je ne veux pas que la France devienne co-belligérante.

1:56:41
Locuteur

Mais

1:56:41
Jean-Luc Mélenchon

par contre, je dis, si vous négociez la paix, il y a des garanties pour les Français qu'il faut mettre dedans. Qui parle des garanties pour les Français ? Personne. Personne.

1:56:50
Locuteur

Que

1:56:50
Jean-Luc Mélenchon

fait l'Union Européenne ? Rien.

1:56:52
Locuteur

La

1:56:53
Jean-Luc Mélenchon

guerre, paraît-il. Ils ne font rien. Parce que ce n'est pas vrai. Ils ne font même pas la guerre. Pourquoi je vous parle de l'Union Européenne ? Parce que nous avons des choses à demander. Pourquoi j'hésite à dire ? Attendez, on va arrêter de fournir des armes qui font des tirs en profondeur. Parce qu'il faut rétablir le traité, première garantie, que les Français doivent demander dans la négociation internationale.

1:57:14
Locuteur

Il

1:57:15
Jean-Luc Mélenchon

faut rétablir le traité qui existait pendant la guerre froide, qui interdit les missiles de portée moyenne, 550 kilomètres, 5000 kilomètres. Parce que ces missiles-là, c'est pour nous. Et à l'inverse, c'est pour eux. Et quand on dit

1:57:27
Locuteur

qu

1:57:27
Jean-Luc Mélenchon

'on tire sur les arrières, nous sommes les arrières de l'Ukraine. Par conséquent, les coups, nous les prendrons. Voilà pourquoi on est dans une immense difficulté. Il faut aider les Ukrainiens, mais il ne faut pas mordre la ligne rouge. Premièrement, les missiles. Deuxième truc, c'est les Américains qui proposent de céder des territoires. Avez-vous entendu comment la papauté aussi a parlé de question de modification des frontières ? Posez-vous la question. Pourquoi veut-on modifier les frontières ? Pour la raison qu'on n'en a jamais discuté. Au moment où l'empire soviétique s'est écroulé. C'est ça la vérité.

1:58:01
Locuteur

C

1:58:01
Jean-Luc Mélenchon

'est ça la vérité. Vous ne pouvez pas passer à côté de ça. De même que vous ne pouvez pas passer à côté du fait qu'on a essayé de les enserrer. Bref, on en est là.

1:58:09
Locuteur

Pas

1:58:09
Jean-Luc Mélenchon

de missiles.

1:58:10
Locuteur

Et

1:58:10
Jean-Luc Mélenchon

deuxièmement, si les frontières doivent changer, écrivons qu'on demandera aux populations si elles sont d'accord. Comment et pourquoi suis-je le seul à dire ça ?

1:58:19
Locuteur

Moi

1:58:19
Jean-Luc Mélenchon

et les Insoumis. Le seul, les seuls à dire, si vous voulez changer le tracé de la frontière, demandez aux gens. Trump n'a pas dit qu'il allait demander. L'Union Européenne n'a pas dit.

1:58:29
Locuteur

J

1:58:29
Jean-Luc Mélenchon

'ai commencé à dire, c'est la stratégie des petits pas qui nous tirera d'affaire. Commençons par limiter les effets de la guerre. Par exemple, les centrales nucléaires. Les zones où il

1:58:39
Locuteur

y

1:58:39
Jean-Luc Mélenchon

a les centrales nucléaires doivent être démilitarisées. Pourquoi ? Parce qu'elles sont tous sur des fleuves qui se jettent dans la mer Méditerranée. La mer Méditerranée, c'est 500 millions de personnes qu

1:58:48
Locuteur

'il

1:58:48
Jean-Luc Mélenchon

y

1:58:48
Locuteur

a

1:58:48
Jean-Luc Mélenchon

autour. Par conséquent, s'il

1:58:50
Locuteur

y

1:58:50
Jean-Luc Mélenchon

a une catastrophe nucléaire, ça sera toute l'Europe plus la Méditerranée.

1:58:54
Locuteur

Vous

1:58:54
Jean-Luc Mélenchon

ne pouvez pas traiter des questions comme ça en vous en débarrassant avec quelques formules. Donc, il nous faut une stratégie puisqu'on n'arrive pas à négocier avec les Russes. Des petits pas. Commençons par démilitariser les zones nucléaires. Deuxièmement, cessons de se tirer sur les infrastructures énergétiques. Ce n

1:59:10
Locuteur

'est

1:59:10
Jean-Luc Mélenchon

pas ma proposition, c'est celle de M. Macron et je l'approuve

1:59:13
Locuteur

dans

1:59:14
Jean-Luc Mélenchon

cette décision-là. Parce que c'est le début des petits pas. Sinon, c'est la guerre.

1:59:19
Locuteur

Et

1:59:19
Jean-Luc Mélenchon

je ne veux pas de la guerre, voilà ! On a le droit de dire, M. Mélenchon, alors on sort tout le numéro, c'est Munich, etc, etc, vous allez céder. Les Russes vont envahir la France, vous croyez réellement une chose pareille ? Vous trouvez normal que les États-Unis d'Amérique fassent une réunion de l'OTAN,

1:59:36
Locuteur

fassent

1:59:37
Jean-Luc Mélenchon

une réunion des membres de l'OTAN en Europe,

1:59:39
Locuteur

et

1:59:40
Jean-Luc Mélenchon

ne fassent pas venir ni les Anglais,

1:59:42
Locuteur

ni

1:59:43
Jean-Luc Mélenchon

les Français,

1:59:43
Locuteur

ni

1:59:44
Jean-Luc Mélenchon

les Pays-Baltes. Les Pays-Baltes, c'est le bord, quand la frontière commune avec la Russie. C'est les Américains qui décident tout ça. Ça, c'est le vrai scandale. Et nous, on participe à rien, ni à la discussion, ni à l'arrangement, et on n'a pas de proposition. Si c'est moi le président de la République, c'est ça que vont être mes propositions. Et on va recommencer jusqu'à ce qu'ils évacuent l'Ukraine. Et l'Ukraine a le droit de se défendre. Et je termine en vous disant

2:00:08
Locuteur

que

2:00:08
Jean-Luc Mélenchon

quand j'entends des gens m'accuser de fascination pour Poutine, pour l'instant, c'est le mouvement assoumis qui accueille

2:00:16
Locuteur

des

2:00:17
Jean-Luc Mélenchon

réfugiés anti-guerre russes. Le mouvement assoumis, point final.

2:00:21
Locuteur

S

2:00:21
Jean-Luc Mélenchon

'il y en a qui veulent nous faire la leçon, qui commencent par mettre la main à la poche pour nous aider à payer le loyer tous les mois, et à ces pauvres gens pour qu'ils arrivent à vivre. Quant à l'Ukraine,

2:00:31
Locuteur

le

2:00:32
Jean-Luc Mélenchon

seul élu politique qui a été invité

2:00:35
Locuteur

par

2:00:36
Jean-Luc Mélenchon

le syndicat, les congrès de syndicats, qui sont la dernière chose qui reste de libre dans ce pays-là,

2:00:40
Locuteur

le

2:00:41
Jean-Luc Mélenchon

syndicat du bâtiment, c'est Marina Mesur,

2:00:43
Locuteur

qui

2:00:44
Jean-Luc Mélenchon

est une députée européenne. Par conséquent, je dis ça et ne m'en veuillez pas si je le dis avec la passion que vous me connaissez. C'est parce que j'en ai marre de recevoir des leçons de gens qui, pour le reste, ne font rien.

2:00:54
Locuteur

Rien

2:00:55
Jean-Luc Mélenchon

de rien, à part parler, nuire, diviser et raconter des bêtises du genre « on va aider les tirs en profondeur ». Nous n'avons voté aucun texte dans aucune assemblée où cette disposition était prévue. Jamais. Parce que nous assumons ce que nous faisons. Je suis sûr que M. Jadot, qui les vote, ou M. Glucksmann, ou les types d'extrême droite, seraient prêts à assumer une guerre nucléaire ? Enfin, où on va comme ça

2:01:19
Locuteur

? Voilà, mes

2:01:21
Jean-Luc Mélenchon

amis. Quant aux Chinois, bon, là, il est tard, quoi. Les Chinois ont gagné la bataille.

2:01:27
Locuteur

Vous

2:01:27
Jean-Luc Mélenchon

n'avez pas envie de l'entendre ? Je vous le dis quand même.

2:01:30
Locuteur

Ils

2:01:31
Jean-Luc Mélenchon

ont gagné la bataille manufacturière. Il faut s'entendre avec eux.

2:01:35
Locuteur

Il

2:01:35
Jean-Luc Mélenchon

faut donc les traiter en partenaires et pas en ennemis. Alors, si c'est moi le président, nous ne ferons pas la guerre pour Taïwan. Parce que, en 1964, le général De Gaulle a reconnu, au nom de la France, la République populaire de Chine qui intègre Taïwan. Si vous voulez changer une signature, alors attendez-vous à devoir les changer toutes.

2:01:53
Locuteur

C

2:01:54
Jean-Luc Mélenchon

'est pas sérieux, dans le domaine international, de vouloir changer les signatures. Et nous avons admis, au siège du Conseil de Sécurité, une nation en entier.

2:02:03
Locuteur

C

2:02:03
Jean-Luc Mélenchon

'est la raison pour laquelle, à mes yeux, ces textes et ce que nous avons signé, vaut toujours. Et si je suis le président de la République française, nous ne ferons pas la guerre avec les Américains aux Chinois, fût-ce pour Taïwan. Parce que Taïwan fait partie de la Chine. Et nous traiterons avec les Chinois, parce que si nous ne traitons pas, nous serons écrasés. Ah bah oui,

2:02:26
Locuteur

hein,

2:02:26
Jean-Luc Mélenchon

faut que vous entendiez des choses, des fois, déplaisantes.

2:02:29
Invité

Merci monsieur pour votre présence ce soir et d'avoir inauguré notre cycle présidentiel.

2:02:33
Jean-Luc Mélenchon

Et 1h56. Et c'est fort.

2:02:36
Locuteur

Et

2:02:37
Invité

merci à tous d'avoir assisté à notre conférence. Et nous vous souhaitons à tous une bonne soirée.

2:02:40
Locuteur

Merci.