Comment Bally Bagayoko est intervenu en faveur de deux frères condamnés pour trafic de drogue
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« Bally Bagayoko est intervenu récemment à deux reprises en faveur de deux frères, Ahmed et Adams Doumbia, tous les deux condamnés plusieurs fois pour trafic de drogue. »
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« Ahmed Doumbia, son casier judiciaire est long de 12 pages, violences sur conjoint, trafic de stupéfiants et menaces de mort sur des policiers de Saint-Denis. »
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« Deux mois plus tard, l'intervention de Bally Bagayoko n'a visiblement pas abouti, la boîte de nuit est toujours fermée »
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« Bally Bagayoko est intervenu aussi en faveur du petit frère d'Ahmed Doumbia Adams Doumbia, lui aussi déjà condamné pour trafic de drogue, un an ferme en 2009 et neuf ans en 2021 pour son rôle dans l'importation de centaines de kilos de cocaïne. »
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« Adams Doumbia pilote de fait la section football du club omnisports. »
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« Adams Doumbia, qui n'a pourtant aucune fonction officielle, est en train de faire sortir la section foot du club pour créer une nouvelle structure. »
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« Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, appuie effectivement ce projet de scission. »
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Il est devenu un symbole en quelques mois. Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, la deuxième ville d'Ile-de-France, est une voix aujourd'hui du combat contre le racisme. Parce qu'à Saint-Denis, la campagne pour les municipales a été rude. Bally Bagayoko a subi des insultes racistes, d'une violence inouïe, mais pas seulement. Pendant la campagne, le maire sortant Mathieu Hanotin, insinue que les trafiquants de drogue appelleraient ouvertement à voter pour le candidat LFI.
À la suite de ces propos, Bally Bagayoko porte plainte pour diffamation, plainte classée sans suite, et il prend la parole sur la plateforme L'Insoumission, le média de la France Insoumise. Avec tout ce que je suis, c'est-à-dire un père de 4 enfants, marié à une Tunisienne, qui a fait l'ensemble de sa scolarité dans l'école de la République, qui est cadre de développement dans une grande entreprise... Donc à priori, quelqu'un d'à peu près « respectable » entre guillemets. Mais non, il a quand même sa couleur de peau qui est black. Et forcément, la couleur de peau, elle coche avec le narcotrafic. La couleur de peau elle coche avec la question du deal. Bally Bagayoko va continuer à être interrogé sur le sujet, même après son élection, et il y revient fin mai, sur la chaîne Zawa Talk.
Le lien avec les narcotraficants et compagnie... C'est-à-dire que j'ai, dans mon environnement, mais voilà, j'ai grandi en quartier, oui, dans la communauté de nos amis, forcément, il y a aussi ceux qui prennent des parcours... voilà. Mais ça se respecte aussi, parce qu'ils vous voient dans la rue, ils savent qui vous êtes, ils vous respectent. Quel que soit leur parcours. On n'a pas à juger les gens. Des propos assez ambigus que Bally Bagayoko n'a pas souhaité nous commenter. À la cellule investigation de Radio France, nous avons longuement enquêté, et nous avons découvert que Bally Bagayoko est intervenu récemment à deux reprises en faveur de deux frères, Ahmed et Adams Doumbia, tous les deux condamnés plusieurs fois pour trafic de drogue.
Cette fratrie, elle est bien connue des services de police de Saint-Denis. "Six frères qui affolent la justice" titrait Le Monde en 2014. "Les frères qui font trembler le 9-3" écrivait l'Express en 2017. Le premier frère, c'est donc Ahmed Doumbia, son casier judiciaire est long de 12 pages, violences sur conjoint, trafic de stupéfiants et menaces de mort sur des policiers de Saint-Denis. On a rencontré un policier qui se souvient très bien de lui.
Ahmed Doumbia s'est récemment reconverti en gérant de boîte de nuit : le Circus. Au 15 rue de la poterie, une zone d'entrepôts et d'habitations de Saint-Denis, il organise des afters. Le lieu n'appartient pas à Ahmed Doumbia et le propriétaire a porté plainte.
La boîte de nuit n'est pas aux normes et en novembre dernier, la police finit par intervenir. Deux policiers municipaux nous ont raconté leur nuit sur place.
Le 10 mars dernier, à quelques jours du premier tour des municipales, Bally Bagayoko organise un grand meeting à Saint-Denis. Je m'y suis rendue, j'ai filmé. Jean-Luc Mélenchon, y a même fait un long discours. Au bout d'un moment, je me suis rendu compte qu'Ahmed Doumbia était présent, plutôt sur la fin du meeting, au fond de la salle. Il est resté debout et il s'est éclipsé un petit peu avant la fin. Il va d'ailleurs être interpellé par la police à la sortie. Alors évidemment, être présent à un meeting ou dire "je vais voter pour quelqu'un", ça ne veut rien dire des liens entre Ahmed Doumbia et Bally Bagayoko. En revanche, quelques mois plus tôt, en décembre 2025, le candidat LFI est intervenu directement pour faire rouvrir la boîte de nuit d'Ahmed Doumbia.
Il a envoyé une série de messages WhatsApp et de SMS à l'adjoint au maire de l'époque en charge du commerce. C'est l'Express qui en publie en premier quelques extraits et nous aussi, nous avons pu les consulter.
Sauf que le problème ce n'est pas qu'une question de travaux à faire pour se mettre en conformité, c'est ce que lui répond l'adjoint au maire.
Bally Bagayoko relance plusieurs fois l'adjoint au maire mais le 18 décembre, dans un dernier message, ce dernier lui ferme complètement la porte.
Deux mois plus tard, l'intervention de Bally Bagayoko n'a visiblement pas abouti, la boîte de nuit est toujours fermée et Ahmed Doumbia appelle, furieux, le bras droit du maire de Saint-Denis de l'époque qui s'appelle David Lebon. Il fait clairement référence, Ahmed Doumbia dans cet appel, à sa proximité avec Bally Bagayoko.
Quelques jours après cet appel qu'il juge menaçant, David Lebon est équipé d'un bouton d'alerte sur son téléphone, un dispositif de protection mis en place par la préfecture. Quant à Ahmed Doumbia, il sera jugé le 18 septembre prochain pour cette affaire de boîte de nuit. Son avocat dément toute pratique illégale et il dit n'avoir aucune information sur les liens entre son client et Bally Bagayoko.
Interrogé sur son intervention en faveur d'Ahmed Doumbia Bally Bagayoko n'a pas souhaité nous répondre. Tout récemment, Bally Bagayoko est intervenu aussi en faveur du petit frère d'Ahmed Doumbia Adams Doumbia, lui aussi déjà condamné pour trafic de drogue, un an ferme en 2009 et neuf ans en 2021 pour son rôle dans l'importation de centaines de kilos de cocaïne. Adams Doumbia, c'est un bon joueur de foot, il a fait une petite carrière en national et en 2020, il adhère au SDUS, le club omnisports de Saint-Denis, et ça, ça inquiète tout de suite l'équipe dirigeante.
Aujourd'hui, effectivement, Adams Doumbia pilote de fait la section football du club omnisports. C'est ce que nous ont confirmé plusieurs sources. La direction s'inquiète de plus en plus parce qu'un nouvel équipementier totalement inconnu a été choisi par la section football pour fournir les shorts et les maillots des adhérents. Les factures présentées lui semblent peu professionnelles, peu précises. Il y a aussi ces contrats d'alternants qui sont mis en place pour la section football et qui dysfonctionnent au point d'être stoppés. Nous avons appelé Adams Doumbia pour mieux comprendre, mais il n'a pas souhaité nous répondre. En revanche, son associé, l'entrepreneur Sami Sellami, nous a répondu par mail. Il dément toute pratique frauduleuse.
En tout cas, ces soupçons de mauvaise pratiques empoisonnent la vie du club omnisports de Saint-Denis, à tel point qu'Adams Doumbia, qui n'a pourtant aucune fonction officielle, est en train de faire sortir la section foot du club pour créer une nouvelle structure.
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, appuie effectivement ce projet de scission. C'est écrit noir sur blanc sur le procès verbal du comité directeur du club, qui s'est réuni fin mai. Interrogé sur cette subvention qu'il s'apprête à verser à une structure pilotée en sous-main par Adams Doumbia, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, décrit la situation du club omnisports de la ville comme « complexe ». Il a assure agir dans l'intérêt exclusif des licenciés et de leur familles pour permettre, je cite, "aux jeunes de poursuivre leur pratique sportive." Notre enquête est à retrouver sur le site et l'application de Radio France.
Bally Bagayoko