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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 30 septembre 2015 6 min

Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Bruno Rotaillot, le président du groupe Les Républicains au Sénat et tête de liste dans la région Pays de Loire régionale.

0:13
Invité politique

Bonjour Bruno Rotaillot. Bonjour Éric Delvaux. A partir de demain, les sénateurs qui sèchent trop souvent les séances au palais du Luxembourg subiront une retenue financière. Est-ce que ce sera suffisant, selon vous, pour lutter efficacement contre l'absentéisme des sénateurs ?

0:30
Bruno Retailleau

Écoutez, je pense que c'est une réforme que nous avons voulue avec Gérard Larcher, qui est une réforme profonde, qui est une double réforme. Il y a évidemment, tous les coniqueurs et les journalistes ne retiennent qu'une seule chose, c'est qu'effectivement, un sénateur pourrait être sanctionné lourdement, un peu plus de 4000 euros par mois si jamais il n'est pas assidu. Ça concerne en réalité très très peu de sénateurs. 35 sénateurs tout de même qui ne sont pas vus. C'est trop. C'est pour ça que Gérard Larcher et l'ensemble des groupes, nous avons souhaité faire cette sanction vis-à-vis de l'Assemblée. C'est beaucoup plus lourd, je pense que c'est important.

On se doit donc à la fonction et c'est fondamental parce qu'aujourd'hui, il y a une crise de la représentation. Il y a une crise, il y a un manque de confiance aussi, je crois, des Français vis-à-vis de ceux qui les représentent. C'est donc qu'on doit être exemplaire. Mais c'est un aspect de la réforme. Il y a tout un autre aspect qui vise à mieux faire la loi. Sur notamment les questions au gouvernement qui sont déplacées, différées chaque semaine. À mieux contrôler le gouvernement, à avoir un Sénat beaucoup plus réactif et à moderniser finalement notre institution. C'est une très belle institution.

1:38
Invité politique

Absolument, toujours sur cet absentéisme, parmi les 35 sénateurs les moins visibles, 17 appartiennent à votre majorité, les Républicains. Est-ce que vous leur avez parlé ? Pour leur dire quoi d'ailleurs ?

1:49
Bruno Retailleau

Absolument, et vous savez, lorsque je suis, il y a tout juste un an, arrivé à la présidence de ce groupe parlementaire, j'ai souhaité indexer, parce qu'à l'époque, on n'avait pas d'outils justement sur l'assiduité. Et j'avais souhaité que ce qu'on appelle la réserve parlementaire puisse être attribuée aux sénateurs en fonction justement de leur assiduité, pour lier finalement la présence à cette subvention que l'on donne aux communes.

2:16
Présentateur

Ça fait deux matchs que nous jouons comme des sénateurs tranquilles, et puis au final on n'avance pas. Déclaration de Steve Mandanda, le gardien de but de Marseille, dimanche dernier. Alors visiblement, vous voulez lui montrer qu'un sénateur, c'est pas lent, c'est pas ça. Vous l'invitez au Sénat, il vient quand ?

2:32
Bruno Retailleau

Alors, quand il veut, quand il veut, et il me suit toute une journée. Mais du matin au soir, du matin au soir, il verra d'ailleurs que, alors là évidemment on est à la radio, que j'ai pas complètement le profil du cliché qu'on peut imaginer du sénateur. Non, c'est complètement résolu. Vous savez, le Sénat, je disais que c'était une belle institution, tout simplement parce que la démocratie, c'est la séparation des pouvoirs. Et dans la séparation du pouvoir, il y a le Parlement. Et je pense que la loi est beaucoup mieux faite lorsqu'elle n'est pas faite par une seule Assemblée.

Toutes les grandes démocraties, vous savez, toutes les grandes démocraties ont finalement un système bicaméral, c'est-à-dire qu'il y a deux chambres, c'est la séparation. Et en plus le Sénat, il y a une autre approche des choses, beaucoup moins médiatique. On est beaucoup moins... J'ai été député, j'ai été député. Vous savez, souvent l'Assemblée nationale, c'est un peu un plateau de télé, la réalité. Le Sénat, c'est beaucoup plus technique.

3:22
Invité politique

C'est un vieux débat récurrent sur l'utilité du Sénat, De Gaulle l'avait déjà posé, Bartholone récemment l'a aussi exprimé. Je voudrais vous poser...

3:29
Présentateur

Comparer Bartholone et De Gaulle, c'est deux personnalités très très différentes. Ça vous regarde. Je voudrais vous poser deux questions d'actualité, quelques d'actualité.

3:36
Invité politique

Ça regarde l'histoire, absolument. Un vent de remaniement souffle en ce moment sur le parti Les Républicains, avec une équipe plus resserrée qui se dessine autour de Nicolas Sarkozy, sans Nathalie Kosciusko-Morizet. Est-ce que la liberté de parole est désormais mal vue aux oreilles de Nicolas Sarkozy ?

3:51
Bruno Retailleau

Non, je ne crois pas. Très franchement, nous étions la semaine dernière à Reims, pour les journées parlementaires. Chacun a pu dire ce qu'il souhaitait. Il y a, je trouve, une très grande liberté de parole.

4:02
Invité politique

Est-ce que Nicolas Sarkozy n'est pas en train de mettre le parti à sa botte ?

4:05
Bruno Retailleau

Non, très franchement. Écoutez, je ne suis pas un sarcolâtre. Vous êtes fillonniste. Je suis plutôt proche de François Fillon. Donc j'essaie d'être complètement objectif. Je crois que Nicolas Sarkozy a eu un gros travail de rassemblement de famille politique, qui a été extrêmement divisé. Mais on ne peut pas dire qu'il y a une forme de caporalisation du parti. D'ailleurs, il suffit de lire chaque jour la presse, les petites phrases les uns et les autres.

4:31
Invité politique

À la une de Libération, l'ascension de Juppé, l'ascension du Seigneur. À la une des échos ce matin, interview de Nicolas Sarkozy. Il faut refonder notre modèle social. Vous qui êtes fillonniste, qu'est-ce qu'il manque à François Fillon pour qu'il ne soit plus relégué comme étant le troisième homme de la course aux primaires ? À droite.

4:46
Bruno Retailleau

Écoutez, il a le meilleur projet. C'est lui qui a fait le plus gros travail. Vous êtes filloniste, vous n'allez pas dire le contraire. Non, non, non, même les observateurs. Écoutez, je rencontre aussi beaucoup de vos confrères et chacun le reconnaît. Je trouve qu'il a fait une excellente rentrée. François Fillon, c'est un peu l'homme un peu classique de la vie publique française. Et de temps en temps, il met trop de distance par rapport à l'actualité, ce qu'il ne fait pas d'ailleurs depuis la rentrée. Il a fait une excellente rentrée. Et je crois que ce que je lui dis souvent, c'est qu'il doit incarner son projet, son programme dans l'actualité. C'est ce qu'il fait de plus en plus.

Et il le fait bien. Et ça marque. Il marque des points. Regardez son débat contre Manuel Vasse la semaine dernière. Regardez le livre. Il est à 50 000. Et il y a très, très peu, vous le savez parfaitement, de livres politiques qui se vendent. Qui marchent. Qui marchent. Et son livre marche.

5:32
Invité politique

Donc il y a une vraie impétence. Et là, c'est même réédité, effectivement. Merci Bruno Rotaillot, président du groupe Les Républicains au Sénat et tête de liste au Régional pour les Pays de la Loire. Bonne journée. Merci. Merci à vous.