Colloque sur les travailleurs du nucléaire : intervention de Mathilde Panot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 15 %Défensif 5 %
Temps de parole
- Mathilde Panot100 %
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Donc euh bonjour à toutes et à tous. Merci infiniment d'être aussi nombreux et nombreuses euh ici aujourd'hui. Je veux remercier évidemment par commencer par remercier les intervenants et les intervenantes qui sont là euh pour témoigner et apporter leur expertise et porter leur combat ici. Je veux dire à quel point évidemment leur travail est inestimable que c'est aussi grâce à leur témoignage qui sont bien souvent des combats d'une vie qu'on arrive à essayer de faire avancer et de changer le monde bout par bout.
Donc merci infiniment à vous toutes et tous d'être là et je veux commencer évidemment par remercier personnellement la présence de Nathalie Farando, présidente de ma zone contrôlée qui conclura ce colloque. Merci Nathalie d'être ici et je pense que nous serons toutes et tous d'accord pour dédier ce temps de travail à la mémoire de Gilles Renault disparu en octobre 2024 qui continue à nous manquer chaque jour dans la lutte. C'est lui qui nous a sensibilisé à la France insoumise en premier à la question des conditions de travail des travailleurs du nucléaire.
C'est avec lui que nous avions fait la première proposition de loi justement sur les conditions de travail et le statut des travailleurs sous-traitants en 2020. Et c'est avec lui que nous avions mené notamment des grèves au côté des sous-traitants nucléaires justement pour l'amélioration de leurs conditions de travail. Donc ce colloc s'inscrit pleinement dans la continuité du travail. qu'il a mené toute sa vie au côté d'Ivon notamment et ce colloque est aussi le rappel pour nous que la mort est vaincue aussi longtemps que nous prolongeons l'œuvre des personnes dont nous avons reçu la leçon.
Je veux remercier évidemment en premier Pierrif Cadalin et Maxime Léné pour l'organisation de ce colloque ainsi que leur équipe parlementaire car c'est un long travail qui aboutit à ce temps de présence aujourd'hui qui existe depuis que nous avons un groupe parlementaire à l'Assemblée donc depuis 2017 avec plus de 8 ans de travail qu'ils ont ainsi poursuivis donc je les remercie et ils ont réalisé une quinzaine d'auditions pour faire naître ce colloque et qui a donné lieu à deux propositions de loi dont nous reparlerons, je pense.
Une proposition pour protéger les travailleurs du nucléaire, en particulier les sous-traitants qui est donc la suite notamment du travail que nous avions fait avec Gill Renault en 2020 et une résolution pour élargir le nombre de maladies pour élargir le nombre pardon de maladies professionnelles radio induites. Euh donc évidemment je les remercie pour le travail qu'ils ont fourni et pour le travail qu'ils continuent sur une question aussi importante que cela.
Je veux évidemment remercier, je ne sais pas si elle est encore là, Marana Red Arberlot pour son travail remarquable comme rapporteur de la commission d'enquête sur les essais nucléaires en Polynésie et autrice donc d'un texte qui a été adopté pour la reconnaissance des victimes. Euh les membres de l'association Mazone contrôlée, les irradiers de l'île longue qui nous font l'honneur de leur présence avec l'association Henry Pera et je veux remercier évidemment les syndicalistes de l'énergie qui sont avec nous.
Je remercie Patrice Girardier qui a fait reconnaître en premier instance son cancer de la thyroïde en maladie professionnelle et qui dénonce les conditions de travail dangereuse de ce qu'on appelle les petites mains de l'atome qui dit qui qui en dit nous les sous-traitants de DF sommes de la chair à canon et euh les chercheurs et les experts qui sont avec nous et vous me permettrez de dire un mot particulier pour une femme avec qui j'ai très longtemps travaillé et avec qui j'ai toujours plaisir à travailler. Anité Tbaumoni dont la vie de combat pour faire interdire l'amiante et pour défendre les salariés empoisonnés à leur travail force l'admiration.
Merci à notre Anité Baumonie d'être avec nous aujourd'hui. Alors je veux commencer par affirmer pour mettre tout le monde à l'aise que si nous nous sommes antinuclérire et nous le resterons résolument, ce n'est pas l'objet de ce colloque aujourd'hui. Donc je mets tout le monde à l'aise là-dessus y compris pour les intervenants qui interviendront juste après. Là si on se retrouve aujourd'hui, c'est d'abord et avant tout parce que tout le monde, quelle que soit sa position, devrait s'inquiéter des conditions de travail des travailleurs du nucléaire.
Et il est temps que l'Assemblée nationale, que les lois, que les décideurs politiques avancent sur cette question parce que je rappelle que dès 2018, le rapport de la commission d'enquête qui était mené à l'époque par une certaine Barbara Pompili disait déjà à l'époque et alertait sur l'ampleur de la sous-traitance dans le nucléaire qu' étant, je cite, un problème majeur du nucléaire français et préconisé de limiter la sous-traitance et de protéger ses salariés. Toutes les recommandations qui se trouvent dans ce rapport. commission d'enquête qui avait donc été adoptée par des parlementaires de tout bord.
Toutes les recommandations qui étaient dans ce rapport sur le statut comment des travailleurs, la médecine du travail ou encore la réintégration des compétences au sein des entreprises exploitantes n'ont malheureusement jamais été suivies d'effets. Il est donc temps parce que l'usage massif de la sous-traitance et la précarité des travailleurs du nucléaire est une catastrophe pour les risques nucléaires. Euh forcé forcé par la recherche euh de coûts le plus bas possible. On a on avait donc ce que Gilles Renault appelait le nucléaire locaux, ce qui devrait tous nous inquiéter et qui entraîne une série de conséquences toutes plus mauvaises les unes que les autres.
Évidemment, les premiers à être victimes de la sous-traitance sont évidemment les travailleurs eux-mêmes, leur protection et leur santé puisque les travailleurs sous-t-itants du nucléaire reçoivent 80 % de la dose radioactive et sont pourtant moins protégés avec un suivi médical détérioré et haché. Elle met en danger donc les travailleurs cette sous-traitance mais aussi le pays. Évidemment pour l'exploitant, c'est une perte de compétence et de souveraineté ce qui là aussi je crois devrait attirer l'intention et l'intérêt de l'ensemble des groupes parlementaires de cette assemblée.
Et on parle de 80 % des opérations de maintenance, peut-être plus maintenant encore qui sont fait par des sous-traitants nucléaires. C'est évidemment catastrophique quand on regarde les risques nucléaires et notamment peut-être vous rappelez-vous de l'accident inédit de la chute du générateur de vapeur de la centrale de Paluel en 2016 qui était un révélateur des failles et des dangers graves liés à cette sous-traitance en cascade. Ces sous-traitants du nucléaire sont ensuite évidemment pénalisés sur la fiche de paye avec des des payes qui sont bien souvent catastrophique et en plus comme on change souvent d'employeur bon vous avez les primes d'ancienneté qui ne suivent pas.
Je me rappelle par exemple d'un sous-raitant du nucléaire rencontré avec Gilles Renault à 59 ans qui quand je lui demandais l'ancienneté qui lui était reconnue, il me disait zéro année. Donc c'est c'est pour vous dire puisque à force de de changer, il n'avait plus aucune année d'ancienneté reconnue et il parcourt des distances considérables au point qu'on parle des nomades du nucléaire. C'est donc une attaque massive contre le droit du travail et dans le nucléaire évidemment les conséquences sont colossales.
À Romansurizaire, les sous-traitants du nucléaire que j'avais été soutenir me disait "Nous, on ne travaille pas dans la raviole." Donc vous comprenez que quand nos conditions de travail sont détériorées, cela cela a des effets évidemment très forts sur nous-mêmes et puis sur tous les riverins qui vivent autour de ces réacteurs ou installations nucléaires.
Alors évidemment donc on a une question sociale qui est posée de manière très forte, une question sanitaire, on a aussi une question démocratique qui est importante, je crois dans ce cololloque dans un moment politique où nous avons une programmation pluriannuelle de l'énergie qui engage le pays pour 10 ans qui vient d'être passé par décret, c'est-à-dire sans vote du Parlement euh qui du coup fait que on a un gouvernement qui après 31 493 invente une sorte de 493 énergétique euh et qui se base cette programmation pluréannuelle de l'énergie.
sur un programme de nouveaux programmes nucléaire EPR2 avec au moins six réacteurs, peut-être plus et que donc la question qui est posée depuis longtemps de des conditions de travail euh euh des sous-traitants et des travailleurs du nucléaire en général se pose de manière encore plus accrue dans un moment où on a une relance du tout nucléaire. Donc il y a un enjeu aussi évidemment démocratique dans ce que nous faisons. Et puis il y a un dernier enjeu qui je crois a été soulevé par ce qui s'est passé cet été.
Euh c'est ce qui s'est passé autour de la pétition de la loi du plomb sur l'interdiction de la cétamipride donc avec vous avez vu le conseil constitutionnel qui a censuré donc la réintroduction de ce néonicotinoïde tueur d'abeille mais qui a été quelque chose de très important je crois dans le pays puisque c'était la première fois qu'une pétition était signée par plus de 2 millions de nos concitoyens et qui réaffirmé quelque chose qui est très important je crois c'est que les cancers sont des maladies politiques, c'est-à-dire sont issu de choix politique. Évidemment, cela vaut pour les pesticides.
Anite et Baumonie pourrait vous parler très bien de la question de l'amiante et cela pose la question des leçons qui n'ont jamais été tiré que ça soit sur la miante que ce soit sur le chlorone que ce soit sur le glyphosate scandale toujours en cours sur les polluants éternels et sur beaucoup d'autres. Et donc réaffirmer que ce sont des maladies politiques permet du coup de réaffirmer aussi qu'il faut avoir des décisions politiques pour savoir la manière dont nous p devons lutter et combattre les causes de de ces cancers. Et je crois que c'est aussi dans ce cycle-là que s'inscrit le colloc que nous faisons aujourd'hui.
Et puis je voudrais juste terminer puisque donc il y aura Maryana qui vous parlera de son rapport de commission d'enquête tout à l'heure et je veux remercier les personnes qui sont là notamment nées à Hiroshima et qui nous font l'honneur d'être présentes aujourd'hui parce qu'elles nous parlons aussi évidemment du lien entre nucléaire civil et nucléaires militaires qui ont toujours été liés dans leur histoire et qui entraînent évidemment des des catastrophes aussi sur long terme qui ne sont pas des catastrophes du passé mais qui sont toujours des catastrophes du présent et même de l'avenir et donc je salue leur présence ici et les remercie.
Alors évidemment ce colloque, je disais Pierre Cadalin et Maxime Léné. L'idée c'est c'est pour ça que je disais l'objet ici n'est pas d'être sur nos positions à nous les insoumis mais de savoir comment est-ce que nous arrivons à travailler de manière transpartisane pour faire aboutir ces propositions de loi et qu'enfin on puisse avoir des des véritablement des avancées sur cette questionlà sur lequel nous alertons depuis des années et je remercie évidemment celles et ceux qui sont là et qui je crois par leur travail acharné contribuent à ce que ces combats continuent. Donc merci infiniment à vous et bons travaux. Et je vous remercie de m'avoir laissé l'honneur d'introduire ce colloque.
Merci beaucoup. Ha.
Mathilde Panot