«On a longtemps eu une droite dominée par une idéologie de gauche», exprime Bruno Retailleau, président des Républicains
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:54OuverteRéponse directe
Et la dernière fois, à l'élection présidentielle, vous avez voté pour qui, sans indiscrétion ?
- 1:05OuverteRéponse directe
Alors, cette fois-ci, vous savez pour qui vous allez voter ?
- 1:38OuverteRéponse directe
C'est quand est-ce que vous allez un petit peu resserrer les rangs ? Parce que vous savez quoi ? Ben, nous, on va voter Marine Le Pen.
- 3:02ComplaisanteRéponse partielle
Caroline, excellente question d'une éditorialiste très pointue sur le plan politique.
- 5:30RelanceRéponse partielle
Xavier Bertrand, par exemple, vous dit que vous flirtez avec l'extrême droite et vous fait un courrier, je crois que c'était en février et mars, beaucoup de gens se disent, mais pourquoi Bruno Retailleau ne l'exclut-il pas ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Puisque vous avez parlé de David Lissnard aujourd'hui, alors il y a un sondage qui est sorti. David Lissnard est crédité de 6% d'intention de vote dans un dernier sondage IFOP contre 5% pour Bruno Retailleau.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:15Invité politiqueFait
« on a eu une droite qui a été longtemps dominée par une idéologie de gauche »
- 3:59Invité politiqueFait
« Marine Le Pen, pardon, elle veut l'assistanat »
- 4:05Invité politiqueFait
« quand elle refuse de voter, par exemple, l'assurance chômage, quand elle refuse de voter les 15 heures de contrepartie du RSA »
- 4:23Invité politiquePromesse
« je propose, par exemple, de plafonner à 70% du SMIC les prestations sociales »
- 4:50Invité politiqueFait
« J'ai beaucoup combattu, par exemple, les frères musulmans »
- 5:05Invité politiqueFait
« j'étais celui qui a porté le fer. Et heureusement que j'avais fait du bruit, moi »
- 6:36Invité politiqueFait
« Je dis d'ailleurs aux Français, on est en banqueroute »
- 9:38Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, le peuple français ne peut pas, par référendum, dire quelle est la politique d'immigration qu'il veut choisir »
Temps de parole
- Bruno Retailleau52 %
- Auditeur22 %
- Présentateur21 %
- ?5 %
≈ 29,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il
est 16h16 précisément et nous sommes avec Bruno Retailleau, candidat à l'élection présidentielle. Et nous avons imaginé de construire cette émission avec les auditeurs.
Nous
sommes avec Caroline. Bonjour Caroline.
Bonjour Pascal, bonjour à tous vos auditeurs.
Vous avez
57 ans, vous êtes en
voyage
à
Venise
?
Non, pas du tout. Alors je suis une Française expatriée. À
Venise
? Oui,
alors dans la région
de Padoue, Saint-Antoine de Padoue, je
ne sais pas
si vous connaissez.
Bien sûr.
Et ça fait plus de 30 ans que je suis en Italie. J'étais avant, j'ai toujours vécu dans le 93, à Sevran, pour la précision. Donc j'ai beaucoup de choses à dire.
Vous travaillez aujourd'hui en Italie ? Oui,
oui, je suis
prof
de français pour les petits Italiens, pour les collèges et les lycées d'ailleurs.
Et vous votez en France à chaque fois
?
Bien sûr, je ne suis pas italienne. J'ai gardé ma nationalité française.
Et la dernière fois,
à l'élection présidentielle, vous avez voté pour qui, sans indiscrétion
?
Marine Le Pen.
Alors, cette fois-ci, vous savez pour qui vous allez voter
?
Bien écoutez
!
Alors, j'ai toujours voté à droite. J'ai toujours voté à droite. En fait, j'ai toujours voté à droite. Mais vous savez, j'ai été tellement déçue par certaines personnes. Quand j'entends, par exemple, des personnalités des LR. Et je ne parle pas de M. Retailleau.
Mais
je parle de M. Bertrand, Mme Pécresse, M. Wauquiez.
On
se demande vraiment s'ils sont au LR. Et en fait, ma question, c'était à M. Retailleau.
C
'est quand est-ce que vous allez un petit peu resserrer les rangs ? Parce que vous savez quoi ? Ben, nous, on va voter Marine Le Pen.
Parce
qu'on veut des décisions,
on
veut des positions. Et on a l'impression qu'il y a plusieurs courants au LR qui sont contradictoires. On le sait, on le voit. Il y a des déclarations sur le voile,
l
'islamisme, c'est pas très clair. Bon, moi, j'ai vécu à Sevran pendant 20 ans.
Je
peux vous dire que déjà, à l'époque, c'était difficile. Maintenant, je n'y retournerai pas parce que je sais comment c'est. Donc, c'est ce qui va se passer. On va voter. Alors, moi, j'aime bien David Lissnard. Je vais vous dire une chose. J'aime beaucoup David Lissnard. Et je trouve qu'il y a des passerelles avec les LR.
Mais
j
'ai
l'impression que tous ces gens-là ne veulent pas se mettre d'accord pour faire un bloc de droite,
on
va dire, unique. Et bien, des personnes comme moi qui ont vécu le 93, qui ont vécu la banlieue rouge, parce qu'on l'appelait comme ça à l'époque, dans les années 80, on va voter à droite, Marine Le Pen. Voilà. Donc, moi, je voudrais demander vraiment à M. Retailleau
s
'il a l'intention de resserrer ses rangs au niveau du parti et peut-être avoir une position un petit peu plus de droite. Et je pense qu'il pourra récupérer plus de voix.
Caroline, excellente question d'une éditorialiste très pointue sur le plan politique.
Bruno Retailleau vous répond. Merci, Caroline, de me donner l'occasion de préciser tout ça. Je comprends parfaitement, d'ailleurs, qu'une certaine droite vous ait déçu, comme elle m'a déçu, d'ailleurs, parce qu'on a eu une droite qui a été longtemps dominée par une idéologie de gauche. Il y avait une forme de terrorisme intellectuel et souvent, la droite a reculé. Elle a baissé le regard, elle a courbé les chines, elle a rasé les murs. Ça n
'a
jamais été mon cas. Les positions que j'ai aujourd'hui, Caroline, je les avais il
y
a 30 ans. Pardon, regardez les positions de Marine Le Pen, que ce soit sur le voile, sur l'Europe, sur l'euro, sur beaucoup de choses, y compris sur le nucléaire, elle a vraiment toujours et beaucoup, beaucoup changé d'avis. Vous dites, je veux voter à droite. C'est pas la question qu
'elle vous pose. Elle vous parle de Valérie
Pécresse, elle vous parle
de Xavier
Bertrand, et elle vous parle de quand est-ce
que vous allez resserrer les rangs.
J'ai noté, j'ai noté, elle veut voter à droite. Si vous voulez voter à droite, pardon, faut pas voter Marine Le Pen, faut voter Bruno Rotaillot. Marine Le Pen, pardon, elle veut l'assistanat. Quand elle refuse de voter, par exemple, l'assurance chômage, quand elle refuse de voter les 15 heures de contrepartie du RSA, parce que, pardon, mais là encore, une prestation sociale, c'est pas un dû. Il doit y avoir une contrepartie. Elle les a refusées. Elle veut l'assistanat. C'est pas mon cas. Moi, je veux que le travail paye beaucoup plus, et je veux qu'il n
'y
ait plus d'assistance, beaucoup moins. Et je propose, par exemple, de plafonner à 70% du SMIC les prestations sociales. Alors, oui, je sais parfaitement, vous avez cité un certain nombre de noms, mais il y a une seule ligne, c'est la mienne. C'est moi qui suis candidat. C'est moi, c'est Bruno Rotaillot. J'exprime, d'ailleurs, très fréquemment, cette ligne dont je n'ai jamais changé, qui est une ligne de droite. J'ai été commistre de l'intérieur, croyez-moi. J'ai beaucoup combattu, par exemple, les frères musulmans. Énormément, énormément.
Les problèmes, je le voyais tout à l'heure dans les informations de César, les parents, la maman et le beau-père de Christophe Glez, qui est toujours depuis 500 jours emprisonné de façon très injuste par l'Algérie, j'étais celui qui a porté le fer. Et heureusement que j'avais fait du bruit, moi. Parce que Boilem Sansal, il est libre aujourd'hui. Il est non seulement académicien français, mais il est libre. Donc voilà, votez. Vraiment, j'ai une ligne, je la tiendrai. Et pas plus que je n'ai renoncé à rien par le passé. Le fait que je sois constant, c'est aussi un gage pour vous de sécurité. Je ne changerai pas de... Oui, mais quand
Xavier Bertrand, par exemple, vous dit que vous flirtez avec l'extrême droite et vous fait un courrier, je crois que c'était en février et mars, beaucoup de gens se disent, mais pourquoi Bruno Retailleau ne l'exclut-il pas ?
Parce que le problème des exclusions, c'est le feuilletonnage. C'est le feuilletonnage. Et on met aujourd'hui, personne n'en parle d'ailleurs. Vous voyez, vous en parlez aujourd'hui parce que Caroline a posé cette question. Mais je pense que ce qui est beaucoup plus... Et les gens n'aiment pas la politique politicienne. Et quand vous enclenchez des procédures
d'élection... Oui, mais on a l'impression
qu'il ne vous soutient pas, qu'il n
'est
pas sur
votre ligne. Il ne me soutient pas.
Mais moi, la ligne, je vais vous
dire...
On a l'impression, par exemple, que Xavier Bertrand est plus proche d'Edouard Philippe que de Bruno Retailleau. Bien sûr, évidemment. Oui, mais il
est
où est l'air ?
Mais pour ce qui me concerne, moi, j'ai décidé d'aller devant le peuple de France, comme lorsque j'ai demandé aux militants de dire qu'est-ce que vous préférez. Bon, j'ai été élu à 75%. Et c'est ce qui m'apporte l'échappeau à plume. Je les mets de côté. Et mes convictions, je n'en changerai pas. C'est pour ça, Marine Le Pen, pardon, il y a une caractéristique, c'est la démagogie.
Moi,
je ne suis pas un démagogue. Je dis d'ailleurs aux Français, on est en banqueroute. Et qu'on ne pourra pas relever la France si on ne met pas un peu plus de travail dans la machine économique. Elle ne le dit pas. Eh bien, elle ne pourra pas le faire. Moi, je le ferai. Je veux que le travail paye beaucoup plus. Le problème français,
c
'est que le travail ne paye pas assez et qu'on a trop d'assistants.
Puisque vous avez parlé de David Lissnard aujourd'hui, alors il y a un sondage qui est sorti. David Lissnard est crédité de 6% d'intention de vote dans un dernier sondage IFOP contre 5% pour Bruno Retailleau. Moi, ce que je retiens de ce sondage, c'est que 6 et 5, ça fait 11. Et que Retailleau et Lissnard, il y a quand même des passerelles. Ah ben évidemment. Et que ce n
'est
pas rien 11%, parce que 11%, ça commence à pouvoir rassembler. Parce que ce vote utile, il sera important. Au premier tour, si par exemple, on sait, ou l'électeur sait que son vote sera perdu dans les limbes à 3, 4 ou 5%, il n'est pas enclin à voter.
Il
y
a déjà d'autres sondages qui sont parus aujourd'hui et qui ne donnent pas le même résultat.
Il
faut se méfier. Cette élection, elle est totalement improbable. On est à un bout de cycle et donc on aura d'énormes surprises. Donc les sondages, il y en a, il y en aura, peu importe. Jacques Chirac, c'est François Baroin qui était d'ailleurs journaliste ici, Europe 1, me racontait qu'en 95, on est le 18 janvier, Jacques Chirac invite les 500 parlementaires, députés et sénateurs d'à l'époque du RPR. Et moins de 20 viennent, moins de 20. Et il verra une délégation ensuite qui lui demande de se retirer. Donc demain, cette élection, encore une fois, elle est imprévisible. Il faut créer une surprise.
Bien sûr, la vocation que nous avons avec David, c'est qu'on puisse faire bloc si on est attaché, autant que je le suis. De travailler ensemble ? Bien sûr, évidemment. De
faire
un ticket, pourquoi pas ensemble ? Mais évidemment qu'il faut qu
'on
se retrouve. Évidemment. Écoutez, je pense, s'il est président de l'Association des maires de France, je n
'y
suis pas vraiment pour rien. Il le sait et d'autres aussi le savent. Mais pour le moment, il est candidat.
Mais
bien sûr.
Et vous êtes candidat. Je suis
candidat, absolument. Donc il y en a un qui devra se retirer. Il y en a un qui devra évidemment se retirer. Le plus stupide, ce serait que tous les deux, on aille au bout. Et qu'en
réalité...
Mais si par exemple, il était devant vous, vous pourriez imaginer vous retirer et réciproquement...
Ce n
'est pas le cas pour l'instant.
C'est comme
les hirondelles. Si c'est ça, les
hirondelles ne font pas... Les sondages, il y en a un ou deux par jour. Donc ce n
'est
pas ça qui va déterminer l'avenir. Mais ce que je pense...
Mais vous
par exemple, vous n'irez pas jusqu
'au bout, quoi qu'il arrive.
Ah
écoutez, ce qui me détermine, ce n
'est
pas les sondages. C'est la force de conviction. Je porte un projet qui est original, qui est libéral. Évidemment, un peu comme David Valamme. Je tiens aussi au service public. J'ai un pied régalien sur l'ordre public. Je veux changer la constitution profondément, parce que je pense qu'il n
'y a
plus vraiment de démocratie. Moi, je veux que ce soit demain, parce que c'est interdit aujourd'hui. Aujourd'hui, le peuple français ne peut pas, par référendum, dire quelle est la politique d'immigration qu'il veut choisir. Il ne peut pas choisir
sa politique pénale. Et Marine Le Pen en a parlé ces dernières
heures. D'ailleurs, je ne sais pas, vous avez vu le débat avec Richard Ferrand. On va vous interroger après.
C
'est passionnant d'être avec Bruno Retailleau. Je ne sais pas ce que vous en pensez. C
'est
16h26, parce que je ne
suis
pas toujours un fan, pour tout vous dire, d'interroger les hommes politiques. Parce que je trouve qu
'il y a souvent... J'ai cru que
vous n'étiez pas un fan de moi.
Non, mais souvent,
Laurence Ferrari, c'est une discussion que j'ai souvent avec Laurence, qui fait ça
merveilleusement bien. À 8h10 tous les matins. Elle fait ça tous les jours. Merveilleusement bien.
Mais je trouve qu'il y a souvent de la langue de bois. Et là, j'ai l'impression qu'en vous écoutant, il n'y a pas de langue de bois. Et je trouve intéressant, de ce point de vue-là, le discours... J
'ai jamais eu la langue
de bois. J'essaie d'être sincère. On peut me reconnaître beaucoup de défauts, mais je pense que la sincérité, c'est à mon crédit.
Bruno Retailleau