Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 23 octobre 2019 62 minAutoproduitFond programmatiqueImmigration & asileSécuritéOutre-merÉducation & recherche

Conférence de presse à l'issue de la première journée à Mayotte | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 76 %Attaque 10 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui va rester de ce voyage ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

  • 55:00RelanceRéponse partielle

    Les infrastructures n'ont pas suivi malgré les contrats passés. Donnez-nous envie de croire au contrat de convergence.

  • 1:05:00OuverteRéponse directe

    Le personnel de l'hôpital dénonce un manque de moyens. Est-ce que ça vous choque ?

  • 1:10:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes arrivé avec de nombreuses annonces. Est-ce le signe d'un changement de ton ? Êtes-vous devenu le père Noël ?

  • 1:20:00OuverteRéponse directe

    Les Comores revendiquent Mayotte. Quelles sont vos ambitions diplomatiques avec les Comores ?

  • 1:30:00OuverteRéponse directe

    Quel climat social attendez-vous à La Réunion ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:10E. MacronFait
    « Nous avons vu tout à l'heure, l'état-major intégré de celui-ci, qui nous a présenté à la fois les leviers d'action, conduits en lien étroit et sous la supervision de M. le Préfet qui ont donné des premiers résultats très probants. »
  • 17:30E. MacronChiffre
    « Les reconduites à la frontière augmentent en effet fortement. Elles sont aujourd'hui quasiment de 24 000 à date depuis le début de l'année, là où l'année dernière, elles étaient à peine 9 800. »
  • 20:50E. MacronChiffre
    « Nous avons lancé les investissements et les études pour un deuxième hôpital. Ce sera 170 millions d'euros d'investissement en matière de santé sur les prochaines années. »
  • 24:10E. MacronChiffre
    « La retraite moyenne est de 280 euros par mois. Elle n'est pas suffisante. »
  • 30:50E. MacronChiffre
    « Le contrat de convergence prévoit 4,7 millions d'euros sur ce sujet, pour la création de pontons de débarquement pour la pêche. »
  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Ca, c'est inacceptable. Et la conséquence de cette situation, quelle sera-t-elle ? Je vais vous le dire. C'est qu'on va progressivement fragiliser notre agriculture, mais on n'arrêtera pas de manger. »
  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « Sommes-nous fous ? Je crois à la souveraineté alimentaire, je veux une alimentation de la meilleure qualité pour notre pays et pour nos territoires ultramarins aussi »
  • 0:45Emmanuel MacronFait
    « Il nous faut défendre notre agriculture, être exigeants, l'aider à avancer, mais la défendre. C'était et c'est le coeur de la fameuse loi Egalim »
  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « Le port, qui était à l'agonie au début de mon mandat, est en train de repartir. Pourquoi ? Parce que nous avons fait des efforts, parce que nous avons amélioré les choses »
  • 1:30Emmanuel MacronFait
    « De l'autre côté, par exemple le boeuf va mal. Et pourquoi ? Parce que la filière ne veut pas s'organiser »
  • 1:45Emmanuel MacronFait
    « Dans un pays où on a de la Limousine, de la Salers, de l'Aubrac. C'est notre propre organisation, c'est à la filière de s'organiser »
  • 2:15Emmanuel MacronFait
    « On a des éleveurs qui se sont organisés, qui ont monté leur propre coopérative, qui ont réussi à imposer des prix de vente »
  • 2:30Emmanuel MacronPromesse
    « Nous serons au rendez-vous des urgences. Quand il y a de la sécheresse, on est là et on continuera de l'être. »
  • 2:45Emmanuel MacronFait
    « De manière inédite, on a permis de faucher les jachères cet été, on a obtenu ça de l'Europe. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : mesdames, messieurs les parlementaires, mesdames, messieurs les élus, monsieur le préfet, mesdames, messieurs, je suis très heureux d'être parmi vous ce soir après une journée marquée par des accueils chaleureux à Mamoudzou et Mtsamboro. Je tenais à remercier les élus et les populations pour cet accueil.

J'y ai été très sensible et je voulais remercier l'ensemble des maires et des élus qui m'ont accompagné une bonne partie de cette journée pour pouvoir à la fois échanger sur les sujets de Mayotte, de préoccupation actuelle et future. Mayotte est au coeur de la France et au coeur de la République. Et la République doit être au coeur de Mayotte.

J'ai été, je le disais, très sensible à cet accueil populaire, qui dit beaucoup de cet attachement sincère, profond pour la France qui a été à plusieurs reprises choisie, assumée et voulue. Ce déplacement, pour moi, a été l'occasion de rencontrer les Mahoraises et les Mahorais, ou plutôt de les retrouver, ainsi que leurs élus, et également de fixer les premiers résultats de l'action du gouvernement dans ce territoire avec deux piliers essentiels : la sécurité pour tous et le développement du territoire. Un très gros travail a été fait depuis deux ans par le gouvernement.

Je le disais tout à l'heure : la ministre des Outre-mer s'est rendue sept fois à Mayotte, le ministre de l'Intérieur y est venu à plusieurs reprises et les membres du gouvernement s'y sont fortement impliqués. Le premier élément de notre stratégie t de ce que nous voulons déployer, c'est évidemment, la sécurité. La lutte, en effet, contre l'immigration est le premier pilier de notre action pour la sécurité à Mayotte, là où 48 % de la population est étrangère : à 95 % comorienne dont 50 % environ en situation irrégulière.

J'ai souhaité le plan civilo-militaire Shikandra, que les ministres M. Castaner et Mme Girardin ont construit et présenté il y a un peu plus de deux mois. Ce plan qui mobilise très fortement nos soldats, nos marins, nos policiers, nos gendarmes, nos douaniers, l'ensemble des services de l'Etat, au total plus de 1 500 personnes, est un plan inédit.

Je le confirme ici. Nous avons vu tout à l'heure, l'état-major intégré de celui-ci, qui nous a présenté à la fois les leviers d'action, conduits en lien étroit et sous la supervision de M. le Préfet qui ont donné des premiers résultats très probants.

Nous avons suivi plusieurs axes pour ce faire. D'abord, le renforcement de l'action en mer avec 6 et bientôt 8 intercepteurs en fonctionnement, des forces en mer plus intégrées et plus nombreuses, avec de nombreux personnels rajoutés et une présence en mer désormais 24 heures sur 24. Nous avons également renforcé l'action à terre avec le renfort de 61 personnels de police et de gendarmerie, un doublement des opérations de la Légion étrangère qui nous ont tout à l'heure rendu compte.

Nous avons également mis en place une politique plus intense de lutte contre le travail clandestin. 160 opérations de contrôle ont été faites depuis le début de l'année. Il en est de même pour la lutte contre les constructions illégales.

J'avais annoncé de nouvelles mesures de lutte contre les constructions illégales en Guyane en 2017. Elles ont été intégrées dans la loi dite Elan et sont pleinement applicables et appliquées à Mayotte. Ainsi, 181 habitations ont été démolies depuis le début de l'année, habitations généralement qui sont utilisées par les réseaux de passeurs et les trafiquants, ce qui nous a été là aussi parfaitement expliqué tout à l'heure.

Le tribunal sera lui aussi renforcé avec 7 personnels dans les prochaines semaines, marquant notre volonté d'intégrer du côté judiciaire la même mobilisation. Parallèlement, nous avons soutenu l'amendement du sénateur Thani Mohamed Soilihi sur le droit du sol, qui est désormais réservé aux enfants dont l'un des deux parents est en situation régulière sur le territoire au moment de la naissance. Monsieur le vice-président, je crois que cette mesure, qui avait été longtemps discutée, est un élément important qui a permis d'accroître l'efficacité.

Nous devons également faire face à une arrivée croissante de demandeurs d'asile, notamment de l'Afrique des Grands Lacs, et adaptons avec réactivité le dispositif de traitement de ces demandes d'asile pour réduire au maximum la durée d'examen, avec une période de référence de deux mois qui est visée. Pour y faire face, l'OFPRA réorganise son mode de fonctionnement avec des visioconférences quotidiennes. Des travaux en cours seront achevés d'ici mars 2020 pour doubler la capacité de visioconférence t atteindre les 30 dossiers traités par jour.

Par ailleurs, quatre missions de l'OFPRA seront réalisées à Mayotte en 2020. Enfin, nous réorganisons aussi le circuit de renvoi des déboutés dans leur pays d'origine pour être beaucoup plus efficace. Au total, cette mobilisation de tous les services de l'Etat, inédite permet d'ores et déjà d'obtenir des résultats.

Les reconduites à la frontière augmentent en effet fortement. Elles sont aujourd'hui quasiment de 24 000 à date depuis le début de l'année, là où l'année dernière, elles étaient à peine 9 800. Les interpellations en mer ont augmenté de 50 % depuis le début de l'année pour atteindre le niveau inégalé de 550 personnes interpellées en septembre 2019.

Vous le voyez, à eux seuls, ces chiffres montrent qu'il ne s'agit plus de paroles, mais bien d'une action efficace désormais de l'Etat et de la puissance publique, dont l'objectif est non seulement d'endiguer les flux, mais de décourager les passeurs et ceux qui utilisent leurs services et de démanteler ces réseaux de passeurs de manière efficace. Nous avons voulu, et c'est pour moi une action complémentaire et indissociable, reconstruire notre relation également avec les Comores. C'est le sens de l'accord de coopération d'une ampleur inédite que la France et les Comores ont signé en juillet dernier à Paris.

Nous étions avec les ministres et plusieurs élus ici présents à l'Elysée t nous avons formalisé cet accord. Il prévoit un haut niveau de contribution française, 150 millions d'euros, pour travailler sur les moteurs de l'immigration des Comores vers Mayotte, l'éducation, la santé ou l'insertion professionnelle. Cet accord prévoit des engagements également des Comores ur la lutte contre les filières de passeurs et prévoit un renforcement, là aussi inédit, de la coopération, pour prévenir et aider au retour.

Nous enregistrons les premières améliorations concrètes avec des démantèlements de filières en juillet. Une baisse de 20 % du nombre d'embarcations détectées en septembre de cette année. Et je veux ici dire très clairement aux Mahorais que ces moyens que la France consacre aux Comores n'enlèvent rien à l'effort fait pour Mayotte.

Au contraire, ils sont la condition même de la réussite de cette politique que nous sommes en train de conduire. Au-delà du strict aspect de l'immigration, nous avons également renforcé la lutte contre la délinquance. Lutter contre les vols et les agressions est la priorité des forces sur le terrain pour assurer la sécurité partout et à toute heure.

Les effectifs de police ont été renforcés, sur décision du ministre, de 80 effectifs depuis le début de l'année et les effectifs de gendarmerie sont passés d'un escadron à trois escadrons. Pour être plus efficaces, nous créerons au 1er janvier la Direction territoriale unifiée de la police nationale. C'est une réforme majeure de l'organisation des services de police qui permettra d'améliorer l'efficacité t la présence sur la voie publique.

L'effort sur la sécurité dans et aux abords des établissements scolaires est à cet égard une priorité. Nous sommes ici dans un collège, et je vous remercie, madame la principale de nous accueillir, et monsieur le vice-recteur. La sécurité aux abords des établissements était devenue essentielle.

Et je sais combien les Mahoraises et les Mahorais 'étaient mobilisés eux-mêmes avec un grand esprit de civisme t ce sens de la vigilance auquel j'ai pu appeler. Néanmoins, la puissance publique doit aussi être au rendez-vous et y répondre. Jusqu'à 150 effectifs se consacreront à ce travail de sécurisation aux abords des établissements scolaires, qui est désormais une des priorités.

Police nationale et municipale, gendarmerie et médiateur. Les équipes mobiles de sécurité ont été renforcées en 2019 avec plus de 40 membres. Des patrouilles de gendarmes mobiles et de police nationale montent régulièrement à bord des bus pour les escorter en fonction des trajets et de la sensibilité de ceux-ci.

Je veux dire ici très clairement que nous gagnerons là aussi cette bataille. Je ne peux achever ce point et ces propos sur la sécurité sans parler de la sécurité civile. Mayotte a vécu une période d'activité sismique intense en 2018, qui a endommagé certaines constructions et beaucoup inquiété la population, je le sais.

Nous avons diligenté des recherches scientifiques de haut niveau qui ont permis d'identifier la naissance d'un nouveau volcan sous-marin en activité à quelques kilomètres à l'est de la Petite-Terre t l'affaissement de Mayotte de plusieurs centimètres. Cette situation crée de nouveaux risques pour la population. Le plan ORSEC est en cours de révision et l'Etat accompagnera les communes dans la révision de leur plan communal de sauvegarde.

Nous déploierons une vingtaine de sirènes pour l'alerte des populations exposées dès que les simulations eront disponibles et présentées à la population. En attendant, un premier système d'alerte sera mis en place dès la fin de l'année. Voilà les quelques éléments que je souhaitais porter à votre connaissance t à la connaissance des Mahorais sur le sujet essentiel de la sécurité, dans toutes ses composantes.

Après ce long propos, je veux aussi parler du développement de Mayotte et de son avenir. Mayotte a une chance et un trésor, c'est sa jeunesse. Il nous faut donc là aussi être au rendez-vous des moyens qui sont mis à disposition et de l'action que nous voulons conduire.

C'est d'abord l'école et l'éducation, pour commencer. Nous voulons en effet rétablir la confiance des Mahorais dans leur système scolaire, car ils le demandent fortement et sont parfois tentés de quitter Mayotte pour scolariser leurs enfants en dehors du territoire. D'abord, nos ambitions ont le même niveau que dans l'Hexagone n termes de maîtrise des savoirs aux différents âges de scolarisation.

J'insiste ici sur ce point. C'est le sens de la création d'un rectorat de plein exercice qui sera effectif au 1er janvier 2020. C'est aussi pour cela que nous poursuivons l'effort sur les recrutements des personnels enseignants.

Le centre universitaire de Mayotte a augmenté sa capacité d'accueil de 20 % en 2019 et nous continuerons à développer cette capacité de formation locale pour les enseignants du premier et du second degré. Dans ce cadre, nous devrons notamment renforcer l'attractivité de Mayotte pour les néo-titulaires qui commencent leur carrière à Mayotte t doivent être traités comme les autres enseignants au plan indemnitaire. Ce haut niveau d'ambition passe par une adaptation aux réalités locales également, d'une part, par exception à la règle générale de décentralisation.

L'Etat investit massivement dans les constructions scolaires à hauteur de 430 millions d'euros d'ici 2022. J'assume pleinement ce choix, compte tenu de la démographie de Mayotte t des défis qui sont devant nous. 800 classes dans le premier degré seront ainsi ouvertes d'ici la fin du quinquennat, ce qui nous permettra de supprimer aussi en quasi-totalité les rotations scolaires, et de les supprimer complètement d'ici à 2025 au plus tard. 9 nouveaux collèges, 4 nouveaux lycées, 3 internats, 3 cantines centrales constituent ce plan d'ici à 2022.

En outre, nous adaptons aussi la façon d'accueillir les élèves à l'école. Nous généralisons progressivement à tous les niveaux les dispositifs de SAS, de mise à niveau pour les jeunes qui arrivent en cours de scolarité. L'intérêt de ces SAS pour ces jeunes est manifeste.

C'est la condition d'une meilleure réussite scolaire. Cette nouvelle approche est bénéfique aussi pour les enfants qui suivent la scolarité de façon régulière, et ainsi les classes ne seront plus ralenties dans leur apprentissage par les arrivées en cours d'année. Nous déployons en même temps des parcours talents, ouverts à tous, avec des enseignements enrichis.

C'est un des éléments forts pour la confiance des Mahorais dans l'école de la République, dans leur territoire. Nous déclinons également à Mayotte les grandes mesures nationales. Le petit déjeuner à l'école, d'abord.

Il concerne à ce jour plus de 4 000 jeunes. Nous souhaitons pouvoir l'étendre progressivement en lien avec les communes et la structuration des filières de production agricole locales. L'objectif est un doublement pour la rentrée prochaine.

C'est un élément clé là aussi pour favoriser le circuit court, mais pour permettre à nos enfants qui sont scolarisés d'avoir au moins un repas par jour correct, et surtout d'arriver le ventre plein à l'école. C'est ensuite le dédoublement des classes de CP / CE1. Il est achevé à Mayotte sous la forme le plus souvent de 2 enseignants par classe, ce qui est d'une grande efficacité pédagogique, et il concerne 10 000 élèves.

Le développement de l'apprentissage t de la voie professionnelle est également bien engagé. Pour terminer ce point sur l'éducation, je souhaite citer là-aussi les relations avec les Comores. Dans le cadre du partenariat que nous avons signé, nous proposerons l'an prochain un partenariat sur l'éducation pour compléter l'effort fait à Mayotte par un effort spécifique fait aux Comores pour prévenir la migration des familles, éviter que les efforts qui sont faits ici ne soient, si je puis dire, totalement abolis, ou en tout cas, pour partie effacés par la migration éducative dont nous avons vu les effets ces dernières années.

Au-delà de l'éducation, je veux aussi avoir quelques mots sur le social et la santé, tout particulièrement. Là aussi, nous rattrapons le retard. Nous créons l'agence régionale de santé au 1er janvier 2020.

J'ai remercié tout à l'heure Dominique Voynet qui a accepté de s'engager depuis maintenant plusieurs mois sur ce sujet. Nous avons en effet mobilisé Mme Voynet depuis plus d'un an pour construire une approche commune de notre coopération aux Comores en matière de santé t du développement des politiques de santé à Mayotte. Nous continuerons là aussi à mettre en oeuvre cette approche cohérente, elle prendra la tête de cet ARS au 1er janvier prochain.

Nous avons lancé les investissements et les études pour un deuxième hôpital. Ce sera 170 millions d'euros d'investissement en matière de santé sur les prochaines années. En attendant, nous investissons sans relâche pour que la santé soit accessible pour tous. 20 millions d'euros d'investissements d'urgence sont programmés dès 2019.

S'agissant des prestations et allocations sociales, là aussi, nous devons avancer dans le cadre de la convergence pour créer un dispositif adapté aux besoins de Mayotte, à son histoire, sa situation économique et démographique avec quelques principes simples. D'abord, nous tiendrons les engagements de la loi égalité réelle, notamment pour ce qui concerne le déploiement de l'allocation pour l'éducation des enfants handicapés. Nous avons eu des discussions avec plusieurs élus, j'ai été sollicité par plusieurs parents.

Je veux que les choses soient claires. Cela fait partie de la convergence sociale. Nous mettrons dans un chemin de convergence n fonction de l'augmentation progressive des revenus moyens d'activité t moyens qu'il faut pour permettre le rattrapage, et des solutions sur mesure seront ainsi définies.

Nous commencerons tout particulièrement par la retraite. La retraite moyenne est de 280 euros par mois. Elle n'est pas suffisante.

Cela a été pointé par tous les élus, mais aussi par une bonne partie des retraités que j'ai pu croiser, et le diagnostic a été établi par la ministre. De nombreux Mahorais ont travaillé tout au long de leur carrière, mais au moment de leur départ en retraite, ils sont pénalisés sur le caractère largement informel de l'économie mahoraise durant les premières années du régime obligatoire, soit entre 1987 et 2002, et ils sont pénalisés aussi par la disparition des archives antérieures à 1993. Nous ne pouvons pas leur demander en quelque sorte de payer pour ces éléments auxquels ils ne peuvent rien.

C'est pourquoi je demande au gouvernement d'ouvrir une négociation sur la prise en compte de cette situation particulière, afin de faciliter le départ à la retraite des travailleurs âgés avec une retraite décente. Le dispositif de soutien à la garde d'enfants era aussi mis en place dans le cadre de cette convergence. Le gouvernement mettra en place le dispositif national Pajemploi au 1er janvier 2022.

C'est une mesure qui permettra de faciliter le travail des femmes et aussi de lutter contre le travail informel. 100 nouvelles places de crèche seront en outre financées en 2020, et chaque année suivante pendant 3 ans. C'est là aussi une mesure concrète du plan pauvreté qui participe de ce contrat de convergence sur le plan social.

Enfin, de la même manière que je souhaite que nous commencions la mise en oeuvre concrète par les retraites, selon les termes que j'ai évoqués, je souhaite aussi que le suivi des personnes en situation de handicap fasse l'objet de mesures concrètes dès le début de l'année prochaine. Là où je souhaite que la convergence soit d'abord économique pour tous les actifs, pour les personnes en situation de handicap et les retraités, elle doit être évidemment sociale. Ces derniers ne vivant pour tout ou partie que de revenus de remplacement.

Le développement, après avoir parlé d'éducation, de santé et de politique sociale, passe également par les infrastructures. Le plan de convergence prévoit 300 millions d'euros sur la mobilité, dont près de 50 % par le département. Il s'agit d'un programme routier et de transports en commun que l'Etat accompagnera au plan financier et réglementaire.

Lors du grand débat avec les maires, le 1er février dernier, j'ai entendu une forte attente des Mahorais ur le port et l'aéroport. J'ai bien noté qu'elle m'a été constamment rappelée depuis que je suis parmi vous. Pour ce qui concerne le port, le secrétaire d'Etat s'est rendu cet après-midi sur site.

La priorité est le bon fonctionnement de la délégation de service public, et l'Etat entrera dans la gouvernance du port avec cet objectif. Nous souhaitons aussi pouvoir investir plus largement et permettre d'offrir à Mayotte un port essentiel dans ce canal du Mozambique, qui permettra de développer les activités commerciales, énergétiques et de transit. C'est une voie d'expansion économique, d'opportunités à créer, d'emplois évidemment portuaires et logistiques, mais également dans de nombreuses filières qui dépendent et dépendront de cette activité.

Pour ce qui concerne l'aéroport, les Mahorais nous demandent d'avoir accès à des billets d'avion plus nombreux et moins chers. A très court terme, c'est cela. Une nouvelle compagnie aérienne internationale dessert désormais Mayotte.

Nous allons mettre en place pour le début de l'année prochaine des obligations de service public pour toutes les compagnies qui seront présentes sur la ligne Paris-Mayotte, notamment pour une politique tarifaire plus favorable aux jeunes publics. Mais il est clair que si nous voulons développer plus de concurrence, il nous faut avoir les infrastructures qui permettent à toutes les compagnies de venir, utiliser une plus grande variété d'avions à Mayotte. Et c'est bien évidemment le sujet de la piste longue qui est ainsi posé.

Je l'ai dit, sur ce point, on a souvent expliqué aux Mahorais qu'on allait faire des études. Cela tombe bien, donc ces études ont été faites, nous avons pu en prendre connaissance. Je ne vais pas vous dire ce soir que nous allons faire des études pour savoir s'il faut faire cet investissement.

Nous allons le faire. Nous avons décidé de relancer ce projet, car il n'y aura pas de développement de Mayotte sans un aéroport qui puisse accueillir de gros porteurs, mais aussi différents types d'avions de manière beaucoup plus simple. Il y a plusieurs scénarii : l'allongement de la piste vers l'ouest dans les terres, l'allongement vers l'est dans la mer, sur le plateau corallien et la piste convergente.

Ces différentes hypothèses ont déjà fait l'objet de pré-études. Nous allons maintenant lancer les études de faisabilité qui précéderont la mise en oeuvre et le début du chantier. Ce ne sont plus des études d'opportunité.

Le contrat de convergence prévoit la reprise des études et réserve d'ores et déjà un peu plus d'un million et demi d'euros pour cela. Elles seront menées dans les meilleurs délais. Nous allons actualiser les inventaires environnementaux, car les précédents ont dix ans, ce qui permettra de savoir aussi quelles sont les atteintes à l'environnement à minimiser ou à compenser.

Je souhaite également que le plan d'approvisionnement en matériaux soit solide et pour le rythme des travaux. C'est un point essentiel. Nous sommes échaudés par le chantier de la route du littoral à La Réunion, où nous n'avons collectivement pas su être au rendez-vous, et parfois aussi la production locale et les acteurs locaux.

Et donc, il nous faut en parallèle de ces études, il ne faut pas attendre ces études qui sont, je le redis, de strictes études de faisabilité, mener le travail sur l'approvisionnement en matériaux pour le chantier, pour maximiser l'approvisionnement local et les filières locales. L'ensemble de ces études commenceront dans les tous prochains mois. J'ai demandé au gouvernement qu'elle n'excède pas 18 mois pour que je puisse répondre moi-même avant la fin de ce quinquennat des engagements et des passages aux prochaines étapes.

Ce serait trop facile de vous dire qu'on terminerait ces études de faisabilité après le printemps 2022. Donc, je m'en porte ici garant. Toutes ces infrastructures sont au service du développement et des filières économiques, et le développement de Mayotte, c'est évidemment le développement de l'emploi privé.

C'est par une approche par filière que nous pourrons avancer, et c'est l'objectif de la réforme des aides économiques conduites par Annick Girardin depuis 2 ans. Nous voulons notamment développer la filière pêche. Le contrat de convergence prévoit 4,7 millions d'euros sur ce sujet, pour la création de pontons de débarquement pour la pêche t le ministère de l'Agriculture soutiendra le renouvellement de la flotte de pêche.

Nous avons vu ce matin de très beaux exemples de mobilisation compris entre différents territoires ultramarins avec des entrepreneurs ambitieux. Je souhaite que nous puissions accompagner ce développement qui est créateur d'emplois, et qui permet aussi de maximiser la production locale. Les filières agricoles seront aussi accompagnées : viandes, lait, fruits et légumes, plantes à parfum.

Nous devons, ici comme ailleurs, nous fixer comme objectif l'autonomie alimentaire. Le contrat de convergence prévoit plus de 10 millions d'euros sur ce sujet. Et c'est à la fois le moyen de créer de l'emploi local dans un contexte où nous allons avoir 80 000 jeunes qui vont rentrer dans les prochaines années ur le marché du travail.

Mais c'est aussi un moyen de développer plus d'autonomie t donc de baisser les prix. La vie chère st due à la trop grande dépendance aux imports et à la très grande et trop grande dépendance à quelques acteurs, parce que ces importations ont souvent le fruit d'activités monopolistiques ou oligopolistiques, qu'il s'agisse de l'import-export, des activités de distribution, et quand il y a un peu de production, de celles-ci. Et donc la création d'emplois era jumelle de la baisse des prix, si nous savons être au rendez-vous du développement de ces filières.

Enfin, évidemment, ce sont les filières de l'économie verte qu'il convient de développer, et je souhaite que le développement de Mayotte se conjugue avec les ambitions justement climatiques qui sont les nôtres. Je pense tout particulièrement aux énergies renouvelables où, là aussi, nous allons investir massivement et continuer de le faire, et qui sont au coeur du développement. J'aurai l'occasion demain de poursuivre sur ce sujet justement de la lutte contre le réchauffement climatique t pour la biodiversité en me rendant aux Glorieuses.

Mais je considère que le développement à Mayotte passe aussi par une stratégie en matière d'économie verte. Enfin, durant ce déplacement et pour acter justement de ces ambitions en matière de développement, nous souhaitons accroître nos investissements en matière de rénovation urbaine et d'habitat. 220 millions d'euros seront consacrés à ce secteur.

L'ANRU est déjà mobilisée et continuera de l'être n poursuivant l'accélération de ses délais pour les rénovations urbaines indispensables. Et nous l'avons vu, l'un des obstacles à l'accélération ou la mise en oeuvre de nombre de ces projets est le manque d'ingénierie publique sur le terrain aux côtés des élus, comme parfois de certains services de l'Etat. C'est pourquoi nous souhaitons engager l'Agence française de développement, l'AFD, qui faisait partie de ce déplacement, pour pouvoir accompagner par son savoir-faire, son expertise et son personnel, l'ensemble, justement, de nos équipes.

Voilà, mesdames et messieurs, quelques-unes des conclusions, des annonces et des résultats que je souhaitais vous présenter. Ce ne sont pas des promesses, c'est le fruit d'engagements qui ont été pris, mis en oeuvre dans un temps record, parfois moins de 18 mois, et dont les résultats sont inégalés. Inégalés.

A plusieurs reprises sur des sujets comme celui de l'immigration clandestine, Mayotte avait eu à faire face à des coups durs. Mais je crois que tous ensemble, nous avons su apporter des premières réponses extrêmement tangibles sur tous ces sujets, et nous continuerons d'être au rendez-vous. Et je souhaitais ici pouvoir expliquer notre ambition, notre volonté aux Mahorais et leur redire, redire à leurs élus, que la République française continuera d'être là à vos côtés.

Parce que, je l'ai dit, Mayotte aime la République, et vous l'avez tous dit dans votre discours. Je dois dire que "la Marseillaise" qui a retenti tout à l'heure, monsieur le maire, était bouleversante à cet égard. Et quand on aime la République à ce point, la République aussi doit beaucoup.

Elle doit accepter que nous sommes dans un territoire de la République, un département qui a ses contraintes sismiques, géographiques, démographiques qui nous conduisent à devoir investir. C'est comme ça que je vois les choses, c'est investir pour rétablir simplement l'égalité des chances et permettre à Mayotte de bâtir son avenir dans la France, où elle restera toujours, et dans la République. Je vous remercie.

Je vais répondre maintenant à vos questions. -Bonsoir, monsieur le président. Ali Chamsoudine, Mayotte Première.

Et nous sommes aussi en direct sur Réunion Première, Martinique Première, et France O. Voilà, je l'ai dit. Et donc ma question, c'est sur votre voyage, vous avez fait trois discours, le quatrième.

Vous êtes allé au contact des Mahorais, et qu'est-ce qui va rester de ce voyage, en tout cas, de cette journée ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué, monsieur le président ? -E.

Macron : écoutez, d'abord, je vais vous dire ce qui va rester et ce qui moi m'a marqué, parce que ce sont des impressions, parfois des sourires, des visages, des émotions qui restent dans votre coeur, mais la première chose, c'est que j'ai voulu que ce voyage soit celui des résultats, du retour de la République plein et entier, de la mise en oeuvre du contrat de convergence et de ces 1,6 milliards d'euros, et de la preuve, en quelque sorte, de la preuve de la République. Donc pour moi ce qui doit marquer ce passage parmi vous, c'est de dire la République est de retour et sur des sujets essentiels comme la sécurité, la santé, l'école, les choses changent, elles sont en train de changer, on en voit les résultats, on les mesure t elles continueront de changer et nous nous réengageons, y compris sur des choses qui étaient attendues. La deuxième chose, je vous l'ai dit, pour moi ce qui restera, c'est l'émotion que j'avais déjà ressentie lorsque j'avais passé quelques heures parmi vous en campagne, à l'abattoir.

C'est cette ferveur. Nous avons besoin de ferveur. La République, vous l'avez dit tout à l'heure en citant Renan et cette magnifique formule du plébiscite de tous les jours.

Mais un plébiscite de tous les jours, ce n'est pas quelque chose qu'on fait mécaniquement. On l'aime tous les jours, comme si c'était le premier et le dernier. Et on le ressent ici.

C'est une République qui a ses caractéristiques, on en parlait, sur le plan religieux, avec un territoire qui est inédit à cet égard, avec ses traditions, je l'ai dit, moi, j'étais habitué aux grands débats, j'ai découvert le débat mahorais, plus rythmé et chaloupé que le mien. Mais c'est la République. Et elle est aimée avec force et passion.

Et je dois dire que ça, c'est ce qui restera pour moi, c'est ce qui restera dans mon coeur, cette ferveur, parce qu'elle me donne infiniment d'énergie. -Monsieur le président, Anne Perzo-Lafond, Journal de Mayotte, JDM. Je voulais vous interpeller parce qu'en 10 ans, la population a augmenté de 43 %, les infrastructures n'ont pas suivi.

Pourtant, il y a eu des contrats de projets, il y a eu des contrats de plans, des plans d'urgence, et tout ce genre de choses, et qui n'ont pas du tout aidé, servi Mayotte. Il y a eu vraisemblablement un problème de consommation, mais donnez-nous envie de croire, du coup, à ce contrat de convergence de 1,6 milliard. Qu'est-ce qui va changer ?

J'ai deux questions en une, parce que vous allez me répondre ingénierie à ma première question. Et donc en fait, l'échec de ces dix dernières années et de ces contrats est certainement lié au fait qu'il y a eu des transferts de compétences avec plus ou moins de compensations. Il n'y a pas eu systématiquement de compensations, ce qui fait que les collectivités n'ont pas su gérer ces nouvelles compétences, ils n'ont pas pu le faire.

Je pense que, je ne sais pas, je vous pose la question, est-ce qu'avec des dotations globales et des compétences, est-ce qu'on pourrait arriver à leur redonner la main, alors qu'on est dans esprit un peu pas de recentralisation, mais de reprendre la main dans certains domaines, je parle des fonds européens et des investissements du SIAM, du Syndicat des eaux ? Merci. -E.

Macron : alors, sur le premier sujet, vous avez tout à fait raison de dire que les infrastructures n'ont pas suivi, que les crédits ont été surconsommés. Et je tiens ici d'ailleurs à dire, vous parliez des contrats de plans des crédits de l'Etat, mais il en est de même pour les crédits européens. Et je veux ici faire la défense de l'Europe.

On l'oublie souvent, on était tout à l'heure, en regardant le projet du gymnase, et on voyait les crédits européens aussi qui arrivent sur notre sol. Et je pense que c'est très important d'expliquer que l'Europe est là aussi dans nos territoires. Parce que j'ai vu que l'Europe ne mobilisait pas forcément aux urnes, et je le regrette.

Mais elle apporte sur le terrain pour faire des gymnases, pour faire des centres...

C'est important. Elle est là. Maintenant, vous l'avez dit, en posant votre deuxième question, la grande difficulté, ça a été l'ingénierie Le couple maîtrise d'oeuvre, maîtrise d'ouvrage ait la capacité à faire que les crédits qu'on décide t le principe qu'on acte deviennent une réalité sur le terrain, quelque chose qu'on ouvre.

Il y a une série de causes à cela. Il y a en effet d'avoir les équipes pour le faire, les compétences, ça a été très bien dit d'ailleurs par les élus que j'ai vus ce matin. Ca veut dire que derrière, on n'a pas toujours été au bon rythme collectivement, et que les critères d'autorisation, les procédures, qui valent Hexagone sont peut-être trop lourdes dans un terrain qui est beaucoup plus dur.

Et ensuite c'est qu'on n'a pas toujours eu la structuration d'acteurs privés pour le faire. C'est ce que je disais tout à l'heure. On doit se dire les choses en vérité.

On a certaines filières où il y a un manque de concurrence t un manque d'offre, et on n'a pas envie que l'offre se développe. Ce n'est pas propre uniquement à Mayotte, on le voit dans beaucoup de territoire ultramarins. La ministre le sait.

Et donc vous avez quelques entreprises, par exemple, de BTP, qui n'ont pas envie qu'il y en ait d'autres qui arrivent ou qui se développent. Et on a pu parfois noter que pour baisser les coups, on préférait avoir recours à des clandestins que d'aider à développer une filière du BTP. Je vous parle avec la franchise qui doit être la mienne pour que l'action soit collectivement efficace.

Et donc si on veut remettre les chose à plat, qu'est-ce qu'on doit faire ? Un, donner les moyens aux collectivités locales de faire, et à l'Etat, est-ce que ça doit être simplement de la dotation, ce n'est pas ça, c'est d'avoir les compétences. Je vous l'ai dit tout à l'heure, quand il s'agit de l'école, nous sommes tout à fait prêts à mettre l'investissement.

La grande difficulté pour ouvrir les 800 classes dont je parlais, c'est pour l'Etat aussi d'avoir l'ingénierie et la capacité à le faire concrètement. Donc on a le même problème. C'est pour ça qu'on veut réengager l'AFD et qu'on veut en effet apporter une ingénierie qui jusqu'alors est insuffisante t aider à développer une ingénierie aux côtés justement du conseil départemental, aux côtés de l'ensemble des élus et des principales communes.

Et donc l'Etat doit s'en doter et avec lui l'ensemble des collectivités. Le rôle de l'AFD sera très important à cet égard, mais c'est aussi de l'expertise qu'on va développer. On en parlait avec plusieurs maires, parfois c'est d'avoir besoin de quelques fonctionnaires de catégorie B, et donc d'avoir besoin de qualification intermédiaire pour accompagner certains projets.

La deuxième chose derrière, c'est qu'on va renforcer la lutte contre le travail illicite, parce que sur ces grands sujets, ça ne fonctionne que si on sait l'utiliser pour que ça permette de créer, de développer, de consolider vos acteurs du BTP, j'en ai vu tout à l'heure plusieurs qui m'ont sollicité, ils m'ont dit : "J'ai entendu que vous annonciez des travaux, "c'est très compliqué. "Pour moi, je n'y arrive pas, je suis concurrencé..." C'était chez vous, monsieur le maire. "Je suis concurrencé par des gens qui se font payer "des salaires de misères, parce qu'ils sont irréguliers." Je l'ai dit, ça fait partie, d'ailleurs, du plan que je rappelais tout à l'heure, nous allons renforcer les moyens sur ce point.

Et là aussi, nous avons des résultats, avec plusieurs judiciarisations sur ces réseaux, c'est un travail très étroit qu'on fait entre le ministère du Travail, le ministère des Finances et le ministère de l'Intérieur en lien étroit, évidemment, avec la justice. Troisième levier pour réussir sur ça, c'est simplifier nos procédures. Si on veut que ça aille plus vite, qu'on consomme, davantage les crédits, on doit, nous, simplifier les procédures.

On a commencé à faire des procédures uniques et simplifiées. J'ai demandé, sous l'autorité du préfet, on va regarder sur les sujets les plus critiques, comment simplifier et accélérer les choses. En matière de logement et de rénovation urbaine, nous avons déjà fait des modifications qui s'appliquent sur le territoire t qui sont à la main du préfet, nous allons poursuivre ce travail.

Et puis tout dernier point, c'est évidemment de venir en soutien de la filière et des différentes filières économiques qui viennent derrière. Et ça, ça fait partie du contrat de convergence. Donc je ne suis pas naïf, et je suis comme vous lucide sur ce qui s'est passé jusqu'alors.

Je dis simplement que lorsqu'on se donne les moyens, on arrive quand même à conjurer la fatalité. On a su le montrer sur les sujets sécuritaires. Moi, je note qu'on a les moyens de le faire, parce que vous avez des élus qui sont engagés, dans les prochains mois, il se peut qu'ils soient occupés par d'autres échéances, et c'est bien légitime, mais ils sont engagés, et on l'a rappelé ce midi, vous avez des collectivités, ce qui est un fait très rare, qui sont bien gérées.

Les communes comme les départements sont bien gérés et donc ont des capacités aussi d'investissement pour accompagner ce travail. Donc je pense qu'on a les conditions pour réussir si on sait se doter de ces moyens. Il faut être humble.

Beaucoup de ces sujets, nous ne savons pas les faire d'ailleurs, parce qu'on a perdu cette compétence, parce que l'Etat ne le fait plus sur le territoire hexagonal et qu'on est face à un défi qui est un défi très atypique. Donc il faut qu'on soit aussi volontaire qu'humble pour le relever. -Bonjour, monsieur le président.

Jean-Rémi Baudot pour Europe 1. Hier, j'ai rencontré du personnel à l'hôpital qui déplorait le manque de moyens. Je pense à cet infirmier du bloc qui me parlait de cette jeune diabétique qui a été amputée, alors que selon lui ça ne serait pas arriver en métropole.

Alors est-ce que ça vous choque ? Vous avez passé l'après-midi à dire que la France, c'était la santé, est-ce que c'est réellement le cas ? Et puis juste un mot sur votre visite demain au Glorieuses, est-ce que c'est une visite biodiversité ?

Ou est-ce que c'est aussi une manière de rappeler la souveraineté de la France sur ce territoire vendiqué par Madagascar ? Merci. -E.

Macron : bien évidemment que ça me choque, autant que la personne qui vous a raconté cette histoire t autant que cela choque le personnel de santé qui s'engage pour sauver, soigner et le faire dans les meilleures conditions. C'est aussi pour cela que nous avons décidé d'enfin créer un système de santé, une organisation de système de santé qui est à la mesure de ce que Mayotte est en droit de revendiquer. Pour la première fois, vous aurez, je le disais, une ARS au 1er janvier.

On va investir ces 20 millions d'euros à très court terme, pour répondre justement à ces besoins et ces préoccupations. Et nous avons ces 170 millions d'euros pour, là, les études seront faites, soit étendre, soit construire un deuxième hôpital, avoir là aussi une offre de soins, des services complémentaires, à la fois d'urgence et de spécialistes qui permettent de répondre à ces défis. Donc aujourd'hui, on n'y est pas.

C'est pour ça qu'on décide d'investir, je préfère dire investir que dépenser, parce que c'est ce qu'on doit à la population et c'est ce qu'on doit à l'ensemble des professionnels de santé qui sont engagés avec beaucoup de courage à Mayotte. Mais il faut aussi regarder quelle est la cause de ces grandes difficultés. C'est aussi l'immigration clandestine, parfois pour des raisons sanitaires.

Et donc si on veut être pleinement efficaces, à côté de cet investissement qu'on fait, il faut accepter de faire, c'est ce que j'ai expliqué tout à l'heure, l'investissement côté Comores et dans le cadre de notre plan de développement, il y a aussi le développement d'un hôpital pour pouvoir expliquer aux Comores que quand il y a quelqu'un qui est malade qui est gravement atteint, son avenir ne réside pas à prendre des risques, à embarquer dans un kwassa-kwassa pour venir à l'hôpital à Mayotte, mais qui pourra, plus tard, être traité chez lui, ce à quoi il aspire. Et donc voilà les leviers ur lesquels l'investissement d'urgence, la poche de 170 millions qui va prendre un peu plus de temps, et le développement aux Comores, pour enlever, si je puis dire, de la charge à l'hôpital mahorais. Sur la deuxième question que vous avez posée et les Glorieuses, j'irai avec plusieurs scientifiques sur ce territoire xtrêmement stratégique dans la région, pour marquer notre engagement en faveur de la biodiversité t le choix justement d'aller au bout de la protection de ce territoire t de le sanctuariser pleinement.

C'est la mise en oeuvre d'un engagement que j'avais pris il y a quelques mois en recevant les scientifiques de l'IPBES suite à leur premier rapport mondial qu'ils avaient publié faisant état du drame que nous sommes en train de vivre sur la biodiversité, et au moment même où la charte biodiversité de Metz était publiée. Donc la France a pris cet engagement de renforcer ses aires protégées, c'est ce que nous ferons aux Glorieuses, et nous le ferons dans un esprit totalement apaisé. J'ai eu plusieurs discussions avec le président malgache.

Et sur ce sujet, je pense que l'avenir des îles Eparses passe aussi par une ambition climatique dans la région. Et donc tout ça se fait aussi dans un esprit de concorde, de dialogue et d'apaisement dans la région avec nos voisins, nos amis Et le président malgache partage cet agenda, vos savez, climatique et biodiversité, lui qui a pris des décisions courageuses en matière de reforestation. (Propos inaudibles) -E.

Macron : alors, la Commission va commencer son travail. Suite à la visite du président malgache, les principes ont été arrêtés, et elle va poursuivre son travail, d'ailleurs aussi pour regarder des sujets comme la généralisation de ce que nous allons faire demain aux Glorieuses. Et donc l'idée que nous avons avec le Président, c'est de pouvoir véritablement acter les choses, et avoir une étape au printemps/été 2020.

Nous avions fixé juin 2020 comme un rendez-vous, un point d'étape où on pourrait avoir une espèce, si je puis dire, de vision large de toutes les voies de coopération sur ce sujet que nous pouvons développer. -Bonjour, Monsieur le Président. Loïc Signor pour CNews.

Il y a deux ans, en Guyane, face à d'autres revendications, face à d'autres problèmes qui ne sont pas les mêmes qu'à Mayotte, mais qui produisent les mêmes contestations, vous aviez eu cette phrase qui avait marqué la population : "Je ne suis pas le père Noël." Ici, à Mayotte, vous êtes arrivé avec de nombreuses annonces, sans comparer les deux situations. Est-ce le signe d'un changement de ton et de méthode dans la manière dont vous répondez aux attentes des Français ?

Etes-vous devenu le père Noël ? -E. Macron : non.

D'abord, parce que je ne considère pas que ce soit le père Noël tout ce que je dis, ou alors ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu de Noël. C'est un père Noël qui s'est fait attendre depuis 20 ans. Si on parle de la piste et du reste, et les choses ne sont pas là.

Non. Il y avait des demandes, en particulier d'un collectif on connaît, qui avait bloqué la Guyane au printemps 2017 qui revenait. Sur la Guyane, entendons-nous bien, les annonces que j'ai faites en septembre 2017 étaient ambitieuses et étaient marquées aussi d'un réengagement très fort de l'Etat, y compris sur le plan financier.

Elles se sont conclues aussi par un contrat de convergence qui a été signé au ministère des Outre-mer au printemps dernier. Et donc nous sommes tout autant engagés aux côtés de la Guyane. J'avais eu cette formule pour dire qu'une fois on a engagé une stratégie, qu'on a dit des choses, là aussi les élus m'ont entendu, la population, je ne dis pas ou à tout, il y a des choses qui sont demandées, je dis, ce n'est pas une priorité tout de suite, on ne peut pas tout faire.

C'était une façon de dire, en vérité, il y a des choses qu'on peut faire, il y en a d'autres qu'on ne peut pas faire tout de suite, il y a un engagement collectif qu'on doit prendre. Donc je ne vois pas là de changement. Je pense, en tout cas, que dans toutes ces situations où des défis sont profonds, qui nous attendent et qui sont devant nous.

Ce que je veux dire profondément, c'est que nous ne les gagnerons que si nous agissons collectivement et unis : l'Etat avec les élus et avec l'ensemble de la population. C'est une certitude. Les défis sont immenses, ils n'ont rien à voir avec les défis que nous avons à vivre dans d'autres territoires français ou dans des départements de l'Hexagone.

Et donc ça suppose un esprit d'union. Et en effet, je n'ai pas une démarche qui consiste simplement à faire des promesses et à déresponsabiliser. Je considère qu'il y a des attentes qui sont légitimes et donc j'entends qu'on y réponde n évaluant, vous m'avez entendu à l'aéroport, je dis : "Voilà ce qu'on va faire, "je ne fais pas des engagements en l'air", mais je dis aussi : "J'attends des engagements "pour structurer la filière, "pour qu'on soit sûr des matériaux qu'on puisse extraire ici, "pour qu'on soit au rendez-vous." Voilà.

Etre le père Noël, c'est juste faire des promesses dont on n'est pas sûr qu'on en verra le lendemain, c'est dire aux gens : "J'ai votre solution." La solution de Mayotte, ce sont les Mahoraises et les Mahorais qui l'ont. Et ils l'ont toujours montré dans leur histoire, toujours, en décidant pour eux-mêmes.

Simplement, la République, elle a des investissements à faire, je le disais, pour rattraper, ce n'est pas être le père Noël, c'est être responsable et au rendez-vous de ce que nous nous devons à nous-mêmes, ensemble. -Monsieur le Président, bonjour. Yoann Deleu pour "Le Quotidien de la Réunion".

Mon confrère à l'instant vous a posé une question très intéressante sur les Glorieuses et leurs revendications par Madagascar. Il y a dans la zone un autre territoire qui est lui aussi revendiqué par un pays étranger, c'est Mayotte, qui est revendiqué on le sait par les Comores, c'est un point d'achoppement qui revient régulièrement, c'est un point qui n'est pas étranger aux mouvements sociaux de l'année dernière qui nous a mené jusqu'au plan de convergence que vous nous présentez aujourd'hui. Est-ce qu'on peut croire à la pérennité de ce réchauffement des relations diplomatiques tant que Moroni revendique le territoire de Mayotte, tant qu'un panneau à Moroni continue d'affirmer que Mayotte est comorienne ?

Et vous avez vous-même pris le contre-pied tout à l'heure n affirmant le contraire en shimahorais : "Mayotte est française et le restera à jamais." quelles sont vos ambitions en termes de relations diplomatiques et de coopérations bilatérales avec les Comores ? Et à quelle échéance pensez-vous pouvoir obtenir éventuellement une reconnaissance des Comores de Mayotte comme étant un territoire français puisque c'est là une des grosses attentes de la population ici ?

Merci. -E. Macron : alors, il y a une chose que je ne peux pas faire, c'est vous promettre ce qui ne dépend pas que de moi.

Et donc la reconnaissance par les Comores ne dépend que de son président et de ceux qui souverainement sont élus pour représenter le peuple comorien. Ce que je peux vous dire simplement, c'est qu'il n'y a pas d'ambiguïté en ce qui nous concerne collectivement, on sait où on est, d'où on vient et où on va. Je l'ai dit et redit et j'ai senti une population déterminée aussi sur ce sujet.

Et donc c'est un état de fait. Ensuite je pense qu'il faut dépassionner la relation avec les Comores, parce que nous avons besoin d'une coopération, je le disais. D'abord, parce que c'est une réalité que, démographiquement, à Mayotte, beaucoup viennent, y compris de manière récente, et qu'ils soient en situation d'illégalité ou de légalité, sont liés familialement aux Comores.

Donc on ne peut pas avoir une espèce de face-à-face indéfini. Et je pense que tout le travail diplomatique nous avons conduit ces dernier mois et qui a permis d'arriver à la signature de ces textes à l'Elysée au début de l'été a été une étape essentielle. D'abord, parce qu'on a obtenu des éléments véritablement de coopération sur des sujets comme les sujets migratoires et plus largement sur une vision conjointe de la région.

On a d'ailleurs eu des discussions très concrètes ur les coopérations dans différents forums de la région, qu'ils soient diplomatiques ou sportifs. Et je sais combien c'est important pour beaucoup qu'aux jeux de 2022, les choses puissent être clarifiées et que la fierté puisse être portée. Et donc j'y travaille.

Et dans le même temps, nous avons décidé, comme je le disais, d'investir nous-mêmes aux Comores pour aider ce territoire à réussir. Et c'est exactement ce que d'ailleurs, je m'en souviens bien, j'avais promis quand j'étais en campagne. Je pense qu'il y a un désaccord, il est là, on le connaît, il n'est pas nouveau.

Et il existe depuis que le peuple mahorais s'est prononcé sur son propre choix et sa volonté d'être dans la République puis de devenir un département. Il nous en tirer toutes les conséquences que les Comores acceptent progressivement. Mais en tout état de cause, dans cette période, le plus important, c'est d'ores et déjà de construire ensemble, parce ce qu'il y a une géographie, parce qu'il y a des familles, et que la réalité de nos situations fait qu'on ne peut réussir qu'en se parlant et qu'en agissant de concert.

Donc je ne sais pas répondre à votre question sur une reconnaissance pleine et entière, elle ne dépend pas de moi. Ce qui dépend de nous, et le Président Azali, je crois, l'a compris, il s'est engagé avec beaucoup de force t les élus qui étaient là l'ont vu, c'est que si on veut que Mayotte n France et dans la République française réussisse t que les Comores réussissent, on a besoin de s'entendre, d'avoir des projets conjoints, de les aider et nous, d'investir chez nous. Et c'est ce que je continuerai de faire. -Yannick Falt, France Info.

Monsieur le président, après Glorieuses, vous vous rendez demain à la Réunion, marquée par une importante mobilisation des Gilets jaunes il y a un an. A quel type de climat social vous attendez-vous ? Et à quel type d'accueil ? -E.

Macron : je ne sais pas du tout, mais vous le qualifierez je pense vous-mêmes librement à ce moment-là. Je n'ai pas l'habitude de faire des pronostics. Je vous fais confiance pour les qualifier en toute objectivité au moment où vous les partagerez avec moi.

Bien sûr, parce que la situation n'est pas facile. Parce qu'il y a aussi un doute qui s'est installé sur l'action publique au sens large t parfois l'esprit de division qui s'est emparé des esprits. Donc là aussi, nous avons un engagement, des réponses et une action.

Mais parfois les choses prennent du temps. Et il faut l'accepter. Je ne crois pas aux miracles.

Je crois à l'action déterminée, je crois au respect de chacun et je crois quand même à cette ferveur que j'évoquais tout à l'heure. Et donc, je pense que quand on a une ambition partagée, on réussit quelques soient les défis. Mais vous avez raison de dire que la Réunion a été bousculée par des conflits sociaux très importants, que le sujet de la vie chère reste essentiel.

Et j'expliquerai les réponses que nous y apportons et que nous continuerons d'y apporter dans les prochains mois, que les sujets là aussi de structuration des filières économiques qui est indispensable pour avoir une vraie activité. Et surtout, j'aurai des messages très forts ur l'agriculture et l'emploi. Parce que quand je regarde le taux de chômage t le taux de pauvreté, tout particulièrement de notre jeunesse à la Réunion, je me dis là aussi que la République doit faire quelques choix radicaux.

Donc c'est ça que j'irai dire. On prend une dernière question. -Bonsoir, monsieur le président.

Léo Nordié, Kwezi TV. Vous parlez tout à l'heure des Comores, on parle beaucoup de ces kwassa qui arrivent régulièrement. Que font concrètement les Comores pour lutter de leur côté ?

Parce que vous, vous avez dit qu'il y a des plans qui sont mis en place, forcément, pour lutter d'un côté, mais de l'autre, est-ce qu'ils font quelque chose aussi efficace, ou ça va être aussi efficace ou pas ? -E. Macron : alors, oui.

Et ça commence depuis qu'on a signé ce texte. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs pu échanger téléphoniquement il y a quelques heures, mais encore le week-end dernier avec son homologue sur ce sujet. Et donc nous avons réactivé les choses.

D'abord, en termes de coopération pour les retours. Dès que les kwassas sont interceptés, ils sont détruits, les passeurs, les trafiquants sont judiciarisés, ce qui là aussi suppose et exige une bonne coopération avec nos partenaires, et derrière, les réseaux son démantelés de manière systématique. Et ils n'existent que parce qu'ils ont des points de passage, si je puis dire, de part et d'autre.

Et cela suppose une coopération accrue. Ensuite, sur ce sujet, si nous voulons aller plus loin, nous avons besoin de prévenir les départs. Et donc de démanteler, depuis le sol comorien, ces réseaux.

C'est l'objet même des accords qui ont été passés. Ce qui consiste à dire que nous, nous avons réengagé des forces, je le disais, police, gendarmerie, militaires, marins, Notre PAF est extrêmement active et mobilisée sur le sujet. Et donc qu'un partenariat se développe avec les Comores pour, là aussi, remonter les filières depuis, en particulier, en juin, prévenir les départs, et réussir à avoir là aussi des résultats concrets.

Je disais tout à l'heure les résultats qui sont les nôtres en matière d'interception, 24 000 depuis le début de l'année, ce qui est plus de deux fois et demie les résultats de l'année dernière, 550 interpellations, et donc ça suppose cette entraide judiciaire que j'évoquais tout à l'heure, et ceci se conjugue avec ce que nous avons entamé avec les Comores, qui est, justement, ce travail de prévention des départs et d'engagement sur la lutte contre les filières de passeurs, ça fait partie du texte signé à l'été dernier. Et là aussi, je reste prudent, parce que nous sommes au début de l'entrée en vigueur de ce texte, mais on l'a signé au début de l'été à l'Elysée, je regarde les chiffres : 20 % de baisse des embarcations détectées en septembre. Ca veut dire que ce travail de prévention en commun commence à avoir aussi un impact et évite les départs, parce qu'on démantèle.

Voilà. Alors une toute dernière question. Allez-y.

Et après, on continuera. -Bonsoir. Alison Tassin, pour TF1 et LCI.

Aujourd'hui, les agriculteurs ont manifesté devant les préfectures, vous interpellent directement, notamment sur les suites de la loi Egalim, vous leur aviez promis une meilleure rémunération. Le ministre de l'Agriculture dit lui-même aujourd'hui que le compte n'y est pas. Qu'est-ce que vous répondez à ces agriculteurs ?

Et par ailleurs, c'est un mouvement social de plus, les pompiers, les policiers, les cheminots, la grève aussi qui s'annonce à la Réunion. Bref, la grogne sociale continue. Est-ce que vous estimez toujours que vous marchez sur la glace, comme indiqué en janvier dernier ? -E.

Macron : écoutez, je ne confondrai pas tous ces sujets qui ont des dynamiques très différentes, qui ont des motivations différentes et qui ont des ressorts très différents. Donc...

Je pense que notre pays traverse sur beaucoup de sujets, des transformations, des crises profondes de modèles, qu'il s'agisse de notre économie et de l'impact du numérique, qu'il s'agisse de notre agriculture, parfois de notre industrie, La révolution numérique environnementale, avec le ralentissement de l'économie mondiale t une tension commerciale, tout ça crée quelque chose, un contexte qui pèse beaucoup sur nos filières économiques et qui crée beaucoup d'anxiété. Et nous avons le devoir de transformer le pays, pas seulement de le moderniser, d'inventer un modèle du XXIe siècle. Et parfois ce travail n'a pas été fait depuis des décennies, il faut bien le dire.

On parlait de l'hôpital tout à l'heure à juste titre. L'hôpital, on a annoncé un plan très ambitieux qui va mettre du temps pour se dégager. Alors même que l'ensemble de celles et ceux qui travaillent à l'hôpital vivent des conséquences parfois de nos décisions passées, du fait qu'on n'a pas ouvert le numerus clausus il y a 15 ans, on met 10, 15 ans pour former un médecin, je n'étais pas en poste il y a 10, 15 ans.

On n'a pas fait les investissements qui permettraient d'avoir des hôpitaux au niveau. Donc on doit parfois gérer des non décisions passées en même temps que des défis contemporains. C'est comme ça.

Donc il faut le faire avec calme, volonté, détermination et engagement, et on le fera à chaque fois. Sur l'agriculture, puisque j'ai eu l'occasion d'en parler ici, j'en reparlerai. Vous avez raison de m'interpeller parce que c'est un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur.

Nos agriculteurs, je sais, l'état de souffrance économique, et parfois morale dans laquelle ils sont plongés. D'abord, parce que trop d'entre eux n'arrivent pas à vivre grâce à leur travail et du prix payé. Je me méfie toujours des chiffres, mais enfin, on sait qu'il y a une partie importante aujourd'hui du monde agricole qui souffre beaucoup sur ce point, alors même qu'on leur demande d'investir, de faire des changements.

Et surtout, notre pays s'est emparé d'une drôle de mode, en tout cas d'un drôle état d'esprit qui a consisté à pointer du doigt, voire à stigmatiser nos agriculteurs en disant que c'était en quelque sorte les ennemis du bien-être animal ou les ennemis de la bonne alimentation. Moi, j'invite chacun à garder du calme. Nous avons l'une des agricultures les plus exigeantes sur le plan des normes sanitaires, sur le plan de la réduction des pesticides, sur le plan du respect de toutes les normes au monde.

C'est une réalité. L'une des plus exigeantes. Si ce n'est la plus exigeante.

Même quand je le compare aux Européens. Demandez à quiconque fait des fruits et légumes en France, il vous dira : "J'ai des règles beaucoup plus contraignantes "qu'en Espagne ou en Italie." Demande à quiconque est éleveur en France, il vous dira : "Les règles du Néerlandais ou de l'Allemand "sont moindre que les miennes.

Donc nous avons une agriculture dont on doit être fiers, on veut la changer, la transformer, à juste titre, notre jeunesse et d'autres veulent qu'on réduise encore ça, qu'on aille plus loin. Mais ce qui est en train de se passer, c'est à pointer du doigt nos agriculteurs, à aller de manière inexcusable, et là-dessus, j'ai demandé que nos forces de sécurité intérieure comme d'ailleurs notre justice soient pleinement mobilisées pour y apporter une réponse rapide et ferme. On puisse brûler des élevages, des abattoirs, mettre en danger la vie des agriculteurs qui y travaillent et leurs outils de travail, et donc parfois, la possibilité de nourrir leur famille.

Ca, c'est inacceptable. Et la conséquence de cette situation, quelle sera-t-elle ? Je vais vous le dire.

C'est qu'on va progressivement fragiliser notre agriculture, mais on n'arrêtera pas de manger. Donc on va importer des produits agricoles venant de pays dont les normes sont moins exigeantes que les nôtres. Sommes-nous fous ?

Je crois à la souveraineté alimentaire, je veux une alimentation de la meilleure qualité pour notre pays et pour nos territoires ultramarins aussi, tout particulièrement qui manquent de souveraineté sur ce sujet-là, parce qu'ils importent trop, comme je le disais. Mais il nous faut défendre notre agriculture, être exigeants, l'aider à avancer, mais la défendre. C'était et c'est le coeur de la fameuse loi Egalim, mais les choses ne se font pas en un claquement de doigts.

Il y a eu un très gros travail, la loi a été votée, les textes ont été pris, on est en train de commencer à l'appliquer. Mais il faut là maintenant que toutes les filières l'appliquent. Et je serai intraitable, je l'ai redis au conseil des ministres en début de semaine.

Il y a des filières où ça bouge. Le port, qui était à l'agonie au début de mon mandat, est en train de repartir. Pourquoi ?

Parce que nous avons fait des efforts, parce que nous avons amélioré les choses, parce qu'il y a eu un très gros travail du ministère pour éviter que la fièvre porcine qui frappait d'autres pays européens ne touche notre pays, et parce qu'on s'est mobilisés, on a ouvert le marché chinois. Les prix remontent grâce à cette ouverture t arrivent à des niveaux qui n'étaient pas atteints depuis des années. Les éleveurs de porcs vont mieux.

Parce qu'ils vont mieux, on leur demande d'accélérer les investissements pour que les élevages se fassent dans de meilleures conditions, qu'on prenne mieux en compte le bien-être animal et ils peuvent aller à ce rythme-là. De l'autre côté, par exemple le boeuf va mal. Et pourquoi ?

Parce que la filière ne veut pas s'organiser, parce que de gros acteurs qui sont les acheteurs quasiment exclusifs de la viande de nos éleveurs ont décidé qu'ils auraient leurs propres abattoirs, qu'ils achèteraient à leur prix quand on ouvre le marché chinois pour eux, ils disent : "Ca ne m'intéresse pas ça, "ça va faire monter le prix". Nous avons une filière sur la viande bovine qui n'est pas organisée. Quand vous allez manger de la viande au restaurant, les trois quart de viande que vous mangez n'est pas française.

Elle n'est pas canadienne, ou brésilienne ou que sais-je, elle est allemande, néerlandaise. C'est absurde. Dans un pays où on a de la Limousine, de la Salers, de l'Aubrac.

C'est notre propre organisation, c'est à la filière de s'organiser, et nous de l'aider, mais en la contraignant. Il faut que les transformateurs et les distributeurs qui sont un peu les gros, parfois certaines coopératives aussi prennent leurs responsabilités. Sortons de l'omerta sur ce sujet.

Trop souvent, la demande s syndicats a été : "Donnez-moi de l'argent public, "parce que les prix ne sont pas là." On en donne, quand il y a des catastrophes naturelles, on continuera d'en donner. On accompagne, il y a un plan d'investissement agricole, mais il y a aussi des transformations à faire si on veut que les agriculteurs vivent du prix payé.

Sur le lait, on a mis en place des indicateurs, ça commence à remonter, c'est mieux que l'année dernière. Pas suffisant à mon goût. Mais on a des éleveurs qui se sont organisés, qui ont monté leur propre coopérative, qui ont réussi à imposer des prix de vente, qui ont expliqué aux consommateurs quand vous achetez un euro votre pack, 70 % ou 50 % ou 40 % me va à moi.

C'est ça ce qu'il faut faire filière par filière. Il n'y a pas de fatalité, ça prend du temps, parce qu'on change des habitudes. Donc je veux dire à nos agriculteurs, dans le cadre de ce mouvement, je suis derrière eux, parce que nous sommes un grand pays d'agriculture, et je veux que nous continuions de l'être.

Parce que notre pays, y compris pour sa biodiversité, ses paysages, ses équilibres, a besoin des paysans. Parce que je veux que nous soyons souverains ur la plan alimentaire. Nous serons au rendez-vous des urgences.

Quand il y a de la sécheresse, on est là et on continuera de l'être. De manière inédite, on a permis de faucher les jachères cet été, on a obtenu ça de l'Europe. On est au rendez-vous des aides aussi pour faire la conversion ou les changements.

Mais on doit avoir aussi des transformateurs, des groupes industriels, des coopératives industrielles et des distributeurs qui jouent le jeu. Nous, on les contraindra pour autant qu'on peut les contraindre, mais on va continuer d'avancer en ce sens, parce que c'est une transformation de notre modèle que nous sommes en train de faire. Et je serai aux côtés de tous ceux qui continuent à souffrir, parce que le prix payé reste trop bas, parce que les choses mettent trop de temps.

Voilà. C'est parfois plus compliqué qu'une simple formule, mais j'ai essayé d'être un peu exhaustif et de vous dire comment je voyais les choses, parce que notre agriculture est importante, dans l'Hexagone comme dans le territoire ultramarin. Matin, midi et soir, on en a besoin.

Donc défendons-les. Je vous remercie. On continue.