Sébastien Lecornu condamne « l’ultraviolence » lors de la mobilisation lycéenne
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:02Premier ministreChiffre
« 215 élèves blessés, la majorité d'entre eux suite à des agression ou de manière plus résiduelle des accidents. 85 personnels éducatifs dont 34 proviseurs et adjoints. »
- 2:47Premier ministreChiffre
« C'est le bilan le plus lourd depuis des décennies dans l'éducation nationale en nombre d'agents publics blessés. »
- 3:31Premier ministreChiffre
« 715 policiers et gendarmes blessés et aux blessures s'injoutent beaucoup d'insultes, d'actes d'intimidation y compris contre les magistrats, on l'a vu avec monsieur le procureur de la République euh dans le territoire de Bfort et même contre les journalistes. »
- 4:42Premier ministreFait
« brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées, que de lycher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs. »
- 5:27Premier ministreFait
« par trois télex, je les ai d'ailleurs ici, le ministre de l'intérieur les a rendu d'ailleurs publices, des instructions de proportionnalité ont été doné aux forces de l'ordre »
- 6:10Premier ministreFait
« dans un autre cas de figure, lorsqu'un lycée est bloqué mais dans lequel le proviseur a demandé un concours de la force publique pour le débloquer. »
- 8:51Premier ministreFait
« Je souhaite que le cadre désormais d'expression du mécontentement des désaccords se fasse soit comme nous le faisons ici dans un exercice démocratique par la démocratie parlementaire, soit par la démocratie sociale, c'est-à-dire par les grèves, par les manifestations. »
- 9:36Premier ministreChiffre
« Beaucoup d'argent ont été mis sur l'éducation nationale avec une augmentation importante du budget depuis 2017. »
- 10:13Premier ministreFait
« on réunira les présidents de conseil régionaux demain pour justement objectiver les choses avec sérieux comme les élus locaux savent le faire. »
- 11:35Premier ministreChiffre
« 1,2 milliards d'augmentation pour le budget du ministère de l'éducation nationale pour l'année prochaine »
Temps de parole
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Monsieur le Premier ministre, depuis plusieurs jours, nos compatriotes voient avec colère, avec tristesse les événements qui se produisent dans les lycées et autour des lycées de notre pays avec aussi, disons-le, parfois une certaine forme d'impuissance qui nous touche tous au plus profond de nous-même. Alors, autant le dire d'emblé si oui, le dialogue doit exister, si oui, les lycéens ont le droit d'avoir à réclamer davantage de moyens une meilleure organisation de leurs travaux, jamais, jamais rien ne justifiera un tel déferlement de violence. Aujourd'hui, ce n'est pas un problème d'organisation de la vie au lycée dont il s'agit. C'est un problème d'ordre public.
Le groupe que je préside demande à ce que l'ordre revienne avant tout pour permettre à cette mission de service public de s'exercer dans les meilleures conditions parce qu'on assiste à une casse, une véritable case de service public. Je veux avoir une pensée, personne ne pense à eux pour les personnels de l'éducation nationale qui subissent de plein fouet les événements qui sont en train de se produire. pour nos forces de l'ordre, pour celles et ceux qui sont victimes de ces violences, pour nos compatriotes qui voient leur argent en public en fumée et aujourd'hui, nous le disons très clairement, c'est ceux qui cassent qui devront payer. Monsieur le Premier ministre, plusieurs questions.
D'abord, un bilan, un bilan humain parce que nous le savons, il y a eu des blessés de part et d'autres dans les services publics comme chez les élèves. un bilan également des dégâts matériels parce que cet argent, il va falloir aller le chercher pour pouvoir réparer et c'est de l'argent des Français dont on parle. Et enfin, un bilan politique. Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez laissé entendre qu'une famille politique, qu'un parti politique était peut-être derrière tout ça, qu'un parti politique était peut-être derrière ce noyautage, der cette manipulation de notre jeunesse. La représentation nationale veut savoir de quoi il s'agit. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le président. La parole est à monsieur le premier ministre. Merci madame la présidente de l'Assemblée nationale.
Mesdames et messieurs les députés, monsieur le ministre, monsieur le président Marcangélie, permettez-moi à travers votre question de rendre compte à la représentation nationale de l'ensemble du panorama des faits tels que nous les connaissons, de faire quelques éléments de bilan, peut-être aussi quelques éléments de clarification car il ne vous aura pas échappé que le débat public est inondé de contre vérité parfois ou de fausses informations, mais aussi parce que vous l'avez dit, quelques perspectives politiques pour le service public de l'éducation nationale.
Premier élément, le bilan, 215 élèves blessés, la majorité d'entre eux suite à des agression ou de manière plus résiduelle des accidents. 85 personnels éducatifs dont 34 proviseurs et adjoints. Mesdames et messieurs les députés, c'est le bilan le plus lourd depuis des décennies dans l'éducation nationale en nombre d'agents publics blessés. Et je le dis comme vous l'avez dit, une banalisation de cette violence contre les personnels de l'éducation nationale n'est pas acceptable.
715 policiers et gendarmes blessés et aux blessures s'injoutent beaucoup d'insultes, d'actes d'intimidation y compris contre les magistrats, on l'a vu avec monsieur le procureur de la République euh dans le territoire de Bfort et même contre les journalistes. Et je veux le dire ici, queles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, j'arriverai au fond dans un instant. Nous n'avons pas le droit d'abandonner les agents du service public, quel que soit leur ministère, quel que soit ce qui peut être dit ici ou là, on défend le service public. Et jadis, l'ensemble de l'hémicycle aurait applaudi.
Pour le faire, les fonctionnaires territoriaux de l'État mérite le soutien car il n'y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière ces services publics.
[applaudissements]
[acclamation] La deuxème réalité, allez s'il vous plaît. La deuxième réalité, c'est que l'ultraviolence a frappé à la porte de ces lycées. Vous l'avez dit. Et cette ultraviolence, monsieur le ministre Marcangelie, vous l'avez dit aussi, elle doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence. Je rappelle que dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe et que brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées, que de lycher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs.
Sesvérité étant dites, il faudra que la justice passe car une fois de plus, on ne peut pas laisser de place à cette violence et de l'autre côté ne pas avoir une réponse structurée. J'y viens dans un instant sur les thématiques de fond. Deuxème élément de clarification, beaucoup de choses ont été dites sur l'action des forces de sécurité intérieure et je tiens puisque l'Assemblée nationale contrôle l'action du gouvernement redonner quelques éléments de clarification et qu'elle soit tenue pour dites.
La première des choses, c'est que par trois télex, je les ai d'ailleurs ici, le ministre de l'intérieur les a rendu d'ailleurs publices, des instructions de proportionnalité ont été doné aux forces de l'ordre et donc il ne serait y avoir un défaut de transparence sur les ordres que le pouvoir politique a pu donner aux forces de sécurité intérieure, qu'ils soient policier ou gendarme. Deuxième des choses parce que là aussi des contrevérités circulent, ce qui déclenche le maintien de l'ordre, c'est l'existence de violences urbaines résiduellement sur des biens mais surtout sur des personnes.
Et dans un autre cas de figure, lorsqu'un lycée est bloqué mais dans lequel le proviseur a demandé un concours de la force publique pour le débloquer. Et l'extraordinaire majorité des cas, monsieur le ministre Marc Angelli, c'est un usage de la force publique parce que malheureusement des individus violents se mêle à la présence de lycéen non violent et s'en prennent à eux ou s'emprennent à l'encadrement de l'éducation nationale. Alors, est-ce que dans une manœuvre aussi sensible d'ordre public, est-ce que des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui. Et je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violence policière.
Violence policière suggérer qu'il y ait des instructions politiques de répression policière. C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'au proe justement sur la police de la République. [applaudissements] Et là où il y a des accidents, puisque c'est un état de droit, il doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire. Il doit y avoir transparence. Il doit y avoir la recherche de la responsabilité et pardon de le dire en être humain, il doit y avoir de l'empathie. Mais ces choses-là étant dite, il faut faire terire deux mensonges qui divisent la société, qui remontent la population contre la police de la République et ce n'est pas acceptable.
Le premier mensonge, c'est de laisser à penser qu'il y a une intentionnalité et une disproportion volontaire dans l'usage de la force. Elle n'est pas volontaire quels qu'en soient les mensonges de la France insoumise. Et le deuxième mensonge encore plus grave étant de sous-entendre que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient raciste. Et ça, il faut combattre l'ensemble de ces mensonges qui ont été ici ou là disséminés sur les réseaux sociaux, sur la place publique, dans les médias.
La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche qui souffre sur les braises et qui cherche à attiser les violences pour ensuite mieux les condamner pour organiser un chaos à des fins électoralistes.
[applaudissements]
contre vérité et ces mensonges étant dit. Je veux vous dire un mot, monsieur le ministre, sur les manifestations d'aujourd'hui. Non seulement ces manifestations, le gouvernement les accueille avec beaucoup de respect, mais je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre. Je les accueille avec soulagement car enfin nous avons un cadre légal déclaré, démocratique dans lequel l'expression des désaccords peut se faire y compris avec le gouvernement que je dirige.
C'est normal, monsieur le président, qu'il puisse y avoir des manifestations et je souhaite que le cadre désormais d'expression du mécontentement des désaccords se fasse soit comme nous le faisons ici dans un exercice démocratique par la démocratie parlementaire, soit par la démocratie sociale, c'est-à-dire par les grèves, par les manifestations. Ce que l'ensemble de notre constitution reconnaît comme droit, c'est aussi la juste réponse à l'inverse à la violence que nous condamnons par ailleurs. de cette mobilisation.
Monsieur le ministre, monsieur le président Marc Angeli, je souhaite que nous puissions désormais avancer pour apporter une réponse politique à un mécontentement lycéen, à une angoisse lycéenne qui elle est réelle et que nous devons entendre avec beaucoup d'humilité en luttant contre les instrumentalisations politiciennes. Plusieurs chantiers ont été ouverts, certains sont globaux. La question des remplacements. On ne découvre pas le sujet cette semaine. Ça fait de nombreuses années qu'on y travaille. Le pacte pour les remplacements avait été décidé par Ellisabeth Borne que je vois ici et les premiers ministres précédents.
Beaucoup d'argent ont été mis sur l'éducation nationale avec une augmentation importante du budget depuis 2017. Si c'était qu'un sujet d'argent public, malheureusement ça se serait. On pourra néanmoins reparler de budget dans un instant. La question bâtimentaire doit être objectivée sans jeter non plus l' probe sur les conseils régionaux comme certains ont pu le faire en les instrumentalisant quand je vois ce que la région Île-de-France a pu accomplir depuis 10 ans. Il faut être honnête et le reconnaître et on réunira les présidents de conseil régionaux demain pour justement objectiver les choses avec sérieux comme les élus locaux savent le faire.
des questions monsieur ministre de l'éducation nationale qui se posent sur la question de l'orientation sur la question de l'organisation du temps scolaire sur aussi et je crois d'ailleurs que j'aurais peut-être pu démarrer par cet item là la question de la démocratie lycéenne et du recueil de l'expression des lycéens parce que derrière il y a un beau sujet politique qu'il faut traiter et dont il faut s'emparer. Ensuite, monsieur le président, il faut aussi désormais objectiver les choses lycée par lycée.
Et ce qui me frappe au plus bout de 15 jours de mouvement lycéen pour avoir pris beaucoup de contact dans mon propre département, on sent une multiplication de revendications qui sont très diverses et qui parfois ne font pas écho d'un lycée à l'autre. Il faut qu'on l'entende nous à Paris avec beaucoup d'humilité et de sens pratique. C'est pour ça que le ministre de l'éducation nationale a décidé de libérer du temps dès demain matin, dès jeudis, dès vendredis banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction dans chaque proviseur d'avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée.
On ne peut pas reprocher, on ne peut pas condamner la violence devant le lycée si on n pas un temps politique au sens noble du terme au sein de chaque lycée. Mandat est donné après aux différents recteurs et d'Asen d'organiser les remontées d'informations pour y trouver évidemment des réponses. Puis enfin, il y a deux rendez-vous quand même parce que je ne voudrais pas qu'on les engambe trop vite.
Le premier, c'est que on ne fasse pas comme s'il n'y avait pas des discussions budgétaires qui allaient s'ouvrir prochainement, sur lequel un compromis doit être trouvé dans cette assemblée avec le Sénat également et sur lequel avec 1,2 milliards d'augmentation pour le budget du ministère de l'éducation nationale pour l'année prochaine, on aurait du mal à dire que il n'y a pas ici ou là des marges de manœuvre, faudra trouver des économies ailleurs mais sur lequel nous pouvons trouver des réponses en urgence. En tout cas, j'ouvre cette porte, c'est une évidence.
Puis enfin l'autre rendez-vous, c'est l'éléphant qui est dans la pièce, c'est l'élection présidentielle dans lequel il faudra bien que l'ensemble des candidats projette aussi une vision, une perspective pour le service public de l'éducation nationale. Là aussi, il ne faut pas s'engager sur des mesures que ce gouvernement ne pourrait pas mettre en œuvre dans des temps courts désormais, mais sur lequels nous pouvons apporter des réponses, mais sur lequel une vision est à convoquer pour l'avenir. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le Premier ministre. M.