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InterviewLe Média (sur YouTube)· 13 octobre 2026 37 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeSolidarités & familleInstitutions & élections

LYCÉENS MUTILÉS : JUSQU’OÙ IRA MACRON POUR GARDER LE CONTRÔLE ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse partielle

    Comment maintenir l'ordre sans mettre en danger les manifestants ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que votre expérience vous fait dire sur la manière dont la société considère ces blessures ?

  • 6:59OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette pétition et qu'est-ce que vous attendez de cette pétition ?

  • 9:54RelanceRéponse directe

    Pourquoi cibler d'abord les lycéens plutôt que toutes les manifestations ?

  • 10:34OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'État a changé dans sa réponse aux mobilisations lycéennes ?

  • 14:35OuverteRéponse directe

    Faut-il aller plus loin dans l'interdiction des armes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:03Pierre Douillard LefèvFait
    « les forces de l'ordre en France à considérer quiconque leur fait face comme un ennemi, une bande rivale, un groupe à neutraliser »
  • 3:31Pierre Douillard LefèvChiffre
    « 7000 arrestations de mineurs, 7000 arrestations d'enfants en 10 jours »
  • 4:48Pierre Douillard LefèvFait
    « il y a à la fois un effondrement en terme de de tristesse et de colère aussi, une colère noire »
  • 5:32Pierre Douillard LefèvFait
    « un ministre de l'intérieur qui déclare fièrement sur TF1, nous n'avons lancé aucune consigne de retenu et nous n'avons interdit aucune aucun usage d'armes »
  • 6:59Yulie YamamotoFait
    « on a constaté qu'il y avait effectivement un vrai danger avec ces justement cette consigne du ministère de l'intérieur. Aucune retenue »
  • 11:51Pierre Douillard LefèvFait
    « on s'inscrit dans la continuité de cette double phase du néolibéralisme et d'un autoritarisme exacerbé »
  • 18:46Pierre Douillard LefèvFait
    « le code de sécurité intérieure classe certaines armes justement dans la catégorie A2 donc matériel de guerre »
  • 20:12Pierre Douillard LefèvChiffre
    « on est quasiment à une cinquantaine de morts par la police par an »
  • 20:53Pierre Douillard LefèvFait
    « ces armes-là en réalité facilitent le passage à l'acte avec l'arme létale »
  • 22:18Pierre Douillard LefèvFait
    « la loi permis de tuer, elle est écrite déjà, elle est empruntée au programme du Front National »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Un adolescent perd l'usage d'un œil. Pour un autre, c'est une main qui est arrachée. Un autre encore mâchoire fracturé par un tir de lance-grenade lacrymogène à quasi bout portant. Ces derniers jours, les blessures graves survenues lors des mobilisations lycéennes ont relancé le débat sur l'utilisation des armes par les forces de l'ordre. L'association Attaque a lancé une pétition sur la plateforme de l'Assemblée nationale pour demander l'interdiction de certaines armes et techniques d'immobilisation lors des manifestations lycéennes. Une initiative qui pose une question plus large. Comment maintenir l'ordre sans mettre en danger celles et ceux qui exercent leur droit de manifester ? S'agit-il de dérive individuelle ? Policière ou d'un choix politique ? Et interdire certaines

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armes se ferait-il à changer les pratiques ? Pour en débattre, nous recevons Pierre Douillard Lefèv, chercheur en sciences sociales et auteur d'un travail sur la militarisation de la police et Yulie Yamamoto, porte-parole d'attaque France. C'est parti pour l'entretien d'actu. Pierre Douillard Le Fèvre, bonjour, merci d'être avec nous. Je le disais, vous êtes chercheur en sciences sociales, auteur d'un livre Larme à l'œil, violence d'état et militérisation de la police. Vous avez été grièvement blessé à l'œil par un tir de LBD en 2007 lorsque vous étiez lycéen. Justement, les blessures graves de lycéen de ces derniers jours, est-ce qu'elles vous surprennent ou s'inscrivent-elles dans une évolution que vous avez observé depuis longtemps maintenant ?

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Alors, malheureusement, on est dans la continuité d'un processus de militarisation du maintien de l'ordre. Alors, par le l'idée d'une militarisation, c'est tout simplement l'effacement progressif entre une opération de police et une opération armée. L'effacement progressif, en tout cas l'hybridation entre ce qu'on appelle une opération de maintien de l'ordre et une opération dite de maintien de la paix, c'est-à-dire militaire. Et donc on a euh cette confusion avec des forces de l'ordre qui non seulement sont équipées avec du matériel militaire, du matériel de guerre, notamment des grenades explosives, des balles en caoutchou qui sont classées officiellement dans les les catégorisations d'armes de guerre, mais également une vision du monde, une représentation qui

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consiste pour les forces de l'ordre en France à considérer quiconque leur fait face comme un ennemi, une bande rivale, un groupe à neutraliser Et donc malheureusement ce processus de militarisation en réalité il remonte aux années 90 au début en fait de l'escalade sécuritaire et policière de la société avec l'essort aussi du néolibéralisme on y reviendra avec une société de plus en plus injuste économiquement et qui s'accompagne d'une brutalisation de la société avec d'abord dans les années 90 la distribution des flashballs les premiers flashballs qui étaient utilisés d'abord dans les cités dans les quartiers populaires contre des populations non blanche puis ce flashball qui s'est petit à petit répandu contre les Free party, contre

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les mobilisations lycéennes et ensuite à cet arsenal considéré enfin décrit en tout cas comme non létal, on verra qu'il ne l'est pas absolument pas se sont ajoutés une panoplie de grenade mutilante mais aussi le LBD, le lanceur de balle de défense qui est beaucoup plus précis et beaucoup plus puissant que le flashball de première génération. Et là, ces dernières années, on a des lanceurs multicoups, des nouvelles grenades. En fait, en réalité, euh les budgets euh alloués à la répression sont considérables. On a également l'achat de blindé sans tort et cetera. Alors, euh du coup, on voit que cela s'inscrit dans une généalogie, dans une histoire sur le temps long. Néanmoins, nous sommes en train de franchir un nouveau seuil. Malheureusement des seuils, il y en a eu

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hein sur différentes luttes à Sainte pour mat les la révolte suite à la mort de Naël aussi. Il y a eu beaucoup de mutilation. Mais là effectivement quand on en est à 7000 arrestations de mineurs, 7000 arrestations d'enfants en 10 jours, ce qui n'a aucun équivalent ni dans l'histoire de France ni en Occident, hein. Euh et euh vous vous les avez listés hein, plusieurs enfants mutilés dont une un avant-bras qui est arraché par une grenade explosive. dont plusieurs enfants ébornés et malheureusement ce bilan n'est probablement pas exhaustif puisque euh je le dis en parlant de en parlant en tant que militant et chercheur sur ces questions-là, de plus en plus de jeunes qui sont blessés par la police ne témoignent même plus, ne portent même

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plus plainte parce que souvent les blessés ont la double peine en plus d'être poursuivis ou en tout cas intimidé par les autorités. Ouais. Justement vous, je le disais tout à l'heure, vous avez été blessé par un t/ ti de LBD lorsque vous étiez lycéen. Qu'est-ce que dans votre qu'est-ce que votre expérience vous fait dire justement ou ce que vous avez appris sur la manière dont la société considère justement ses blessures ? Vous parliez justement que il risquerait d'en avoir d'autres, mais comment la société considère ces blessures quand on se retrouve dans la situation dans laquelle vous avez été ? Et ben je profite de votre question pour m'adresser aux jeunes qui sont blessés puisque je suis passé par là et que je leur adresse un immense soutien et que je pense à eux

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tous les jours et qu'il y a à la fois un effondrement en terme de de tristesse et de colère aussi, une colère noire quand on voit que à nouveau euh ce cycle se répète de jeunes de 15 16 17 ans qui ont leur vie qui basculent. Et donc il y a évidemment le préjudice considérable de la blessure de perdre un membre, d'être marqué dans sa chair. Mais il y a aussi tout un dispositif proprement indigne de d'un récit médiatique et d'un récit des autorités qui consiste à dire il l'a bien cherché, qui consiste à criminaliser la victime, ce qui est absolument gravissime. Et là à nouveau, je pense qu'on franchit des étapes puisque au-delà du récit médiatique sur la nécessité de maté d'éventuels casseurs et cetera, là on a un ministre de l'intérieur qui déclare

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fièrement sur TF1, nous n'avons lancé aucune consigne de retenu et nous n'avons interdit aucune aucun usage d'armes. C'est-à-dire que là, on a un gouvernement qui a à ce point radicalisé et fasisé qu'il revendique l'usage de du toute la panoplie d'armement contre des mineurs. Donc ça c'est extrêmement grave. Et donc je m'adresse à à ces jeunes pour leur dire que on les soutient et que il va falloir s'armer de courage et et je sais qu'ils en ont vu la la lutte en cours face à la répression policière mais aussi la répression euh médiatique, hein, le récit qui accompagne cette violence et puis les démarches judiciaires. Et il faut qu'il sache queon les laissera pas tomber et qu'on sera ensemble et que avant eux il y en a qui ont traversé ces épreuves et que et que on va tenir bon ensemble.

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Yuliam moto, je le disais, vous êtes porte-parole d'At France et Attack a décidé de lancer une pétition. Pourquoi cette pétition et qu'est-ce que vous attendez de cette pétition ? Ça a été évoqué. On a constaté qu'il y avait effectivement un vrai danger avec ces justement cette consigne du ministère de l'intérieur. Aucune retenue. Euh la bataille médiatique qui veut effectivement réduire le mouvement à des voyou, des délinquents, des casseurs. Bref, on a constaté une ambiance très dangereuse. Donc on a l'habitude dans les mobilisations qu'il peut y avoir de l'escalade en fait dans les tensions et que le drame arrive. Donc nous ce qu'on voulait c'était qu'il [raclement de gorge] n'y ait pas de drame comme Malik Kouseking et donc que d'urgence on propose quelque chose

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pour stopper cette répression qui s'abattait sur les mineurs. C'est pour ça qu'on a eu l'idée de cette pétition parce qu'on a pu observer qu'il y avait plein de types de mobilisation pour soutenir la jeunesse et que vraisemblablement la répression faisait rage pour tout simplement museler, empêcher d'avoir leur revendication légitime. ni plus ni moins qu'un mouvement en réaction à cette austérité qui leur bouche la possibilité d'avoir un avenir. Et ils n'ont même pas pu essayer d'exprimer sur revendication que la répression s'est abattue avec une escalade telle qu'on a très peur d'un drame. Donc la pétition visite vise très précisément les armes mutilantes et les techniques d'immobilisation euh létale. en tout cas toutes toutes tous ces instruments qui mettent en danger et

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puis aussi symboliquement euh dire est-ce que c'est normal qu'on utilise des armes mutilant et des techniques euh à risque létal euh pour euh stopper un mouvement social euh essentiellement composé de mineurs. Euh justement, vous ciblez d'abord les manifestations lycéennes plutôt que demander immédiatement l'interdiction des armes de ces armes dans toutes les manifestations. Pourquoi d'abord les lycéens et pas étendre justement cette pétition à l'ensemble des manifestations ? Alors la logique, elle est un petit peu jfinque he c'est-à-dire qu'il vaut mieux d'abord proposer quelque chose de précis dans le contexte politique dans lequel il est. Là, on a de l'émotion. On a des parents qui sont extrêmement inquiets de de voir leurs enfants être mutilés, être massacrés ou prendre des risques

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carrément de de mourir. Donc cette inquiétude là, il fallait pouvoir réagir. Donc d'abord, on a euh on a décidé de viser le mouvement léen euh pour euh utiliser à boncience ce contexte de l'émotion nécessaire pour faire réagir. Voilà, encore une fois, des armes contre des enfants, ce n'est pas normal. Euh on a siamment resserré euh le sujet parce que euh il faut que ce soit accessible immédiatement et que justement le débat public, les parlementaires puissent se prononcer. On demande une proposition de loi euh qui interdit euh les armes et ces techniques-là. On cible les lycéens parce que là il y a une urgence mais on est dans cette logique jque jurisprudentielle un peu comment on pourrait dire de cheval de 3. C'est-à-dire que euh puisque on on reconnaît qu'il faut effectivement

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interdire euh ces armes et cetera euh sur les mobilisations lycéennes parce qu'elles sont blessantes, parce qu'elles sont dangereuses, alors on peut légitimement ouvrir et interroger cet usage pour le reste de leur usage, c'est-à-dire dans le cas des mouvements sociaux. et la pétition l'aborde quand même dedans. Euh on on parle des précédents, on parle on rappelle que dans précédou sociaux euh en France, il y a eu des alertes au niveau de l'ONU, des alertes au niveau de la commissaire au droits de l'homme de du Conseil de l'Europe pour dire qu'il y avait un problème euh de dérive euh du maintien de l'ordre en France, un problème de de de répression disproportionnée, d'usage inapproprié et de LBD et cetera. Donc on s'appuie quand même sur cette jurisprudence précédente pour aussi

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montrer que ça ne concerne pas que la mobilisation lycéenne et que c'est extrêmement grave que ça se déploie avec cette férocité sur des mineurs mais que la pétition ouvre la voie à l'interrogation plus large. Puis il faut fonctionner par étape hein pour obtenir des des des victoires entre guillemets. C'est-à-dire qu'il faut demander quelque chose de précis entre guillemets à l'obtenir pour pouvoir élargir. La pétition inclut déjà cette dimension d'élargissement. [grognement] Euh Pierre, pourquoi selon vous l'État a changé dans sa manière de répondre mobilisation lycéenne ? C'est pas les premières mobilisations même de la jeunesse ou des étudiants, mais là la réponse, on vient de le dire, elle est même disproportionnée, plus de pratiquement 7000 arrestations.

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Qu'est-ce qui s'est passé et pourquoi on est passé dans quelque chose qui n'a pas de précédent même dans l'histoire de France ? Alors, avant de répondre peut-être, moi je j'aimerais m'exprimer sur sur cette pétition. Il faut faire attention. Alors, d'abord, on sait malheureusement qu'on est face à un gouvernement qui passe en force sur tous les sujets, hein, qui utilise le 493, qui gouverne de facto par un régime d'exception de 493, qui ignore, y compris le parlement, qui ne gouverne que par la grenade et le LBD et malheureusement, on a vu que les pétitions, y compris celles qui avaient récolté plus de 700000 signatures, par exemple sur la loi Yada ou sur la loi du plomb étaient jeté littéralement à la poubelle par ce gouvernement radicalisé. Alors, petit bémol et puis moi, j'aurais

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tendance à adopter un petit peu l'approche inverse, c'est-à-dire que il faut peut-être euh être un petit peu ambitieux, c'est-à-dire que j'ai l'impression que plus la répression avance et plus l'autoritarisme euh euh progresse, plus notre camp a tendance de se réduire sur des revendications minimales, c'est-à-dire arrêter d'utiliser des armes de guerre sur des enfants. Moi, j'ai envie de de de songer par exemple aux mobilisation aux États-Unis après la mort de George Floyd dans une société qui est quand même très inégalitaire et très très répressive où les manifestants appelaient à définancer la police et à abolir la police. Moi, j'ai envie peut-être qu'on avance dans le débat en posant ces questions-là plutôt que finalement réduire puisque nous on disait déjà qu'il fallait

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désarmer la police il y a 20 ans et là on en est à la désarmer sous certaines conditions face à certains publics. Alors ensuite pour répondre rapidement à votre question, est-ce qu'il y a un tournant ? Moi, je pense pas. Malheureusement, on s'inscrit dans la continuité de cette double phase du néolibéralisme et d'un autoritarisme exacerbé. Ce qui se passe là après 10 ans de de Macron, c'est que euh les richesses sont encore moins bien réparties qu'auparavant, qu'on a une explosion de la pauvreté, qu'on a également euh une crise climatique et écologiste écologique pardon majeure à laquelle le gouvernement évidemment ne répond pas. Et pire que ça, c'est-à-dire que non seulement il ne donne pas les moyens qu'il faudrait pour combattre les incendiés et cetera, mais il va réprimer

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les l'éludes écologistes et cetera. Donc la situation qu'on a, c'est que nous avons un ordre qui est fondamentalement injuste, écossidaire, réactionnaire, raciste aussi avec tout un tas de mesures pour la chasse aux exilés, euh les persécutions dans les quartiers populaires. Et donc moi, j'ai envie de qu'on qu'on pose la question, qu'on revienne peut-être au sens des mots, maintenir l'ordre, maintenir un ordre injuste. Moi, je n'ai pas envie qu'on pose la question de comment bien maintenir l'ordre dans une société injuste. J'ai envie qu'on le renverse cet ordre puisque un ordre qui démantelle l'accès aux services publics vitaux pour distribuer de l'argent à l'armée, à la police et au et et au patronat à travers des aides euh aux entreprises, c'est un ordre

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fondamentalement injuste qu'il faut combattre. Donc moi ma question c'est elle elle n'est même pas tellement de vouloir réformer le maintien de l'ordre mais comment accompagner les mouvements accompagner les révoltes et en l'occurrence cette révolte à la fois fulgurante et magnifique de la jeunesse dans un pays qui avait été disons les choses zombifié par essauré par 10 ans de Macron hein Macron quand même qui a écrasé à peu près tout ce qui était possible les luttes dans les outremers en Kanaki et dans les Antilles dans les quartiers populaires avec le déploiement y compris d'unité antiterroriste après la mort de Naël he il faut le rappeler les lutes écologistes avec des déluges de grenade, euh les enseignants, les infirmières, on a on l'a oublié mais après le Covid, il a fait gazer des

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cortège de soignants. Il faut il faut se rappeler de ça. Il a allumé des incendies partout et partout il les a écrasé sous la bot sous les bottes de la police. Et là, nous arrivons à la fin de ce cycle-là d'autoritarisme où vous avez on a cette révolte inattendue de la jeunesse qui s'auto-organise, qui porte des propositions extrêmement ambitieuses avec une intelligence politique euh que beaucoup de mouvements avant eux n'ont pas n'ont pas eu. Et donc évidemment qu'il faut dénoncer la répression qui vise la jeunesse en lutte, mais il faut l'accompagner, l'appuyer et la rejoindre et avec en ligne de mire les prochaines dates de mobilisation, par exemple le 17 octobre. Julie, est-ce que vous entendez ce que dit Pierre justement sur peut-être que il faudrait aller plus

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loin dans la manière de de mettre fin à l'utilisation des armes tout court ? Alors déjà, oui, sur en terme de mobilisation, je pense aussi à demain. Déjà, il y a demain la euh c'est une belle journée où il y a une convergence véritable, pas celle qu'on invoque, qu'on on y croit, mais il y en a vraiment une que j'ai constaté à la fois dans les mobilisations des quartiers euh qui viennent faire de l'antirp, qui viennent filer des numéros de téléphone et cetera, mais aussi des syndicats où là tous les syndicats bah mettent tous leurs services d'ordre, les déclat prf et cetera. Bref, il y a vraiment le mouvement social réagit, on va dire, à l'unisson. Et donc demain, il y a déjà cette mobilisation qui est importante parce qu'elle s'ouvre à l'occasion des débats du budget parce qu'il faut pas

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oublier le point de départ, c'est vraiment cette colère sociale, hein. C'est-à-dire qu'on a ce que la jeunesse nous dit, c'est que l'austérité et le Front National, elle n'en veut pas, hein. C'est ça que nous dit cette jeunesse, c'est qu'elle veut un avenir. Demain, c'est pas rien, c'est pas neutre que cette encore grande journée de mobilisation, c'est le jour de l'ouverture des débats du budget pour montrer que et bien on ne laissera passer cette austérité qui fait du tris social et qui veut qui va en fait nourrir cette colère et la mettre dans le repli identitaire et que peut-être c'est le RN qui va récupérer cette colère et évidemment c'est un scénario qu'on veut pas. Sur la question de la pétition, on connaît parfaitement les limites de la pétition. On a encore la

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loi euh permis de tuer euh avec la pétition de Samuel Calfactive Save qui effectivement a obtenu 750000 signature et effectivement ils l'ont évidemment classé sans suite. On n'est pas naïf. Évidemment qu'on on se doute que là la commission des lois, sachant que la majorité est n'est pas progressiste, elle va pas se gêner pour classer sans suite ce seuil des 100000 signatures. Tout comme les 500000. D'ailleurs, on sait que ça va passer à la commission, enfin à la conférence des présidents aussi vont la classer sans suite. La question c'est justement si le gouvernement est radicalisé et parce que c'est difficile et parce que en gros la répression est totale. On a un empêchement total que ce soit par le judiciaire, par le législatif, par le

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démocratique d'entendre la contestation sociale et quand on arrive quand même à l'entendre, alors elle est réprimée. Donc il faut aussi utiliser les moyens que nous avons. Donc la légitimité populaire, ça reste quelque chose. Le gouvernement quand il va décider, enfin pas le gouvernement mais quand là ils vont décider de classer s'ensuite, nous on leur lance un avertissement. Donc nous considérons que un c'est on continue le démocratique majeur de alors vous êtes complice de ces violences que subissent la jeunesse. L'idée de en fait ça nous permet au moins d'avoir un constat de position sur laquelle nous derrière on peut rebondir et attaquer. Donc votre camp choisit donc de laisser des armes qui blessent la jeunesse. Ça vous pose aucun problème. C'est à ça que ça sert. C'est

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de la bataille culturelle. On n plus on est le débat public et médiatique est très difficile d'accès et c'est en ça que je dis qu'il faut voir l'anton noir inversé en ce moment. Si on si on a si on si on part dans la bataille culturelle avec en en demandant en demandant en pardon, j'ai du mal en en demandant tout euh malheureusement euh vu ce que les médias font derrière de tous nos discours, vu comment il les caricature et cetera, on sait que dans l'opinion publique, c'est pas euh les retombées sont très mauvaises quoi. Reste que ça permet, c'est une excuse, un prétexte pour créer du débat public. Voilà, on veut agiter le débat public et dire est-ce que vous trouvez ça normal ? Et derrière, ça nous permet d'avoir quand même une marge de manœuvre de de combativité et voilà et de réunir des

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gens derrière une revendication au moins. Et et si cette revendication n'y accepte pas, alors derrière on peut demander des comptes et exiger plus et pousser plus loin. Il y a déjà 110000 signataires à l'heure où on parle. On parlait du gouvernement. justement le gouvernement face à tout ça, on a vu Laurent Nunz passer sur les plateaux ou à l'Assemblée nationale. Le gouvernement défend l'utilité euh des armes de dites de force intermédiaire pour graduer la violence euh enfin pour graduer la réponse policière face à la violence. Qu'est-ce que vous répondez face à cet argument ? Et il a même dit quand on l'a interpellé au début vous parliez Pierre d'armes de guerre ou de marté de guerre leur dit du n'importe quoi. Alors que pourtant le code de sécurité intérieure classe certaines

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armes justement dans la catégorie A2 donc matériel de guerre. Est-ce que Laurent Nunz essaie de nous enfumer en nous racontant que ce n'est pas des armes de guerre alors que ça en est et en racontant que la réponse à la des policiers est une réponse graduée ? Bah, on a évidemment une bataille du récit et euh euh des méthodes de communication euh dont on est habitué avec les macronistes, hein. Euh il faut bien comprendre que euh ces armes-là euh que vous appelez intermédiaire, c'est-à-dire alors euh ça aussi ça aussi c'est un langage marketing. Intermédiaire, ça insinue entre euh la matraque et l'arme à feu, vous voyez ? Sauf que entre la matraque et l'arme à feu, il y a quand même une grande une un éventail assez large. Mais c'est très important. Je reviens à ce que je disais au début.

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Quand on a distribué les premiers flashballs dans les années 90, ils étaient présentés comme une arme extrêmement dangereuse qui devait être réservé aux situations les plus dures, notamment les forcenées et les prises d'otage. Et ces flashball étaient présentés initialement comme devant remplacer l'arme à feu. C'est-à-dire que les concepteurs des flashball dans les années 90 disaient il n'y aura plus de tir à bal réel puisque les policiers auront ces flashballs. Nous sommes 30 ans plus tard, nous voyons que les tirs à balle réelle, les tirs létaux n'ont jamais été aussi importants en France, notamment à travers les le permis de tuer et le permis de tirer en cas de refus d'obtempéré. C'est-à-dire qu'on est quasiment à une cinquantaine de morts par la police par an. C'est

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énorme. Il y a eu des records, malheureusement des sinistres records qui ont été battus ces dernières années dont la majorité sont des tirs à balles réel pour de simples contrôles routiers là où les policiers n'auraient jamais tiré auparavant. Et puis en parallèle, ce fameux flashball puis ce LBD qui était censé être une arme extrême qui devait euh remplacer le tir à bal réel. En réalité, il a plutôt remplacé la matraque. C'est-à-dire que aujourd'hui, si on regarde les chiffres, ce sont des milliers, voire certaines années, plus de 15000 20000 tirs de balle en caoutchou par an, hein, notamment au moment des gilets jaunes ou là en 2023, par exemple. C'est-à-dire que jamais la police n'aurait tiré 20000 tir à balle réel dans une année. Donc on voit bien

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que ça n'a pas remplacé l'arme à feu. Ça a au contraire augmenter exponentiellement euh la violence de l'État, y compris en habituant tous les policiers de France à viser des individus, à presser sur la détente et à toucher les corps. Donc ça c'est un changement de doctrine et à mon sens ces armes-là en réalité facilitent le passage à l'acte avec l'arme létale. Au contraire. Et donc j'en j'en viendrai là-dessus. Il y a la question de l'armement des doctrines, mais c'est insuffisant de pointer uniquement le matériel. Bien qu'en France ce soit la police la plus militarisée d'Europe. He on le rappelle. On est le seul pays d'Europe qui utilise des grenades avec du C4 contre la population. On est le seul pays un des seuls pays qui utilise les balles en caoutchou en tout cas de

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façon aussi massive. Mais au-delà du matériel, on a un problème euh d'autonomisation de la police. C'est-à-dire qu'en France, on a des syndicats policiers qui sont extrêmement puissant, qui sont d'extrême droite et qui dictent les politiques. La loi permis de tuer, elle est écrite déjà, elle est empruntée au programme du Front National, il faut le rappeler, mais elle est demandée et quasiment rédigée directement en concertation avec les syndicats policiers. et il en va de même pour énormément de mesures répressives en France qui sont des demandes expresses de syndicats policiers d'extrême droite. Et donc souvent les lois qui sont votées par le les gouvernements français successifs d'ailleurs le Parti socialiste avant déjà viennent finalement légaliser des

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pratiques préexistantes de la police. C'est ça qui est extrêmement grave. La police est devenue un corps autonome qui dicte son désir au pouvoir politique. Et donc il y a la question des armes. Mais là ces derniers jours, qu'est-ce qu'on voit ? On voit des policiers qui utilisent leur voiture pour foncer dans des dans des foules de lycéens. On voit des voitures bélier de la police face à des enfants. C'est ça la situation de radicalisation de la police française. C'est des images qui rappellent les coups d'état en Amérique latine dans les années 70. Vous voyez des véhicules blindés le le 44 à Dinquer qui fonce dans la foule. Voilà, c'est ça que ça nous ça ça évoque directement des scènes de dictature. Et puis on a euh à Bfort cette fameuse affaire d'un

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policier qui n'est même pas habilité à faire du maintien de l'ordre, qui est un agent des renseignements qui va noyer enfin en tout cas euh terroriser un mineur en lui plongeant la tête sous l'eau. Voilà. Donc là, il s'agit pas d'armes, il s'agit pas de LBD ou de grenade. C'est-à-dire qu'on a une police qui est fasisée profondément, qui fait corps, qui ne répond plus à aucune consigne en dehors des des siennes et malheureusement qui est en train de commettre des actes, faut le dire, de barbarie contre des mineurs. Donc comment on fait ? Nous notre mot d'ordre qu'on a énoncé déjà il y a maintenant 20 ans qui était celui de désarmer la police. Désarmer la police, c'est pas seulement sur le plan matériel, c'est la désarmée politiquement. C'est-à-dire que c'est une anomalie

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que la police et autant de poids politiques dans ce pays. C'est une anomalie que des syndicalistes policiers soit tous les jours sur les plateaux télés pour commenter l'actualité hein. On n'a pas entendu un lycé un réprimé sur les plateaux télé. Par contre, les syndicalistes policiers dont certains sont élus du Rassemblement national d'ailleurs sont quotidiennement sur les plateaux. Ce n'est pas normal que les syndicats policiers dictent la loi. Donc en fait la désarmée, c'est aussi la désarmée médiatiquement, politiquement délégitimer pardon son action et son poids dans la société. Et ça c'est vraiment une urgence si j'ose dire démocratique. You quand on entend justement le ministre de l'intérieur nous dire qu'il y a certaines armes qui vont plus être utilisé, certaines grenades qu'on va

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utiliser différemment quand on entend ce que nous raconte Pierre et ce qu'on peut voir également à la télé, on se rend bien compte que tout ceci n'est que je pourrais dire du vent mais en tout cas un enfumage. En tout cas tout ça n'est dans le concret, dans le réel n'est pas ne se matérialise pas. Oui, ça reste de la poudre aux yeux justement sur la question des grenades assourdissantes. Euh, il a il a circonscrit déjà donc c'est dans le temps, c'est-à-dire qu'il veut le temps que la lumière soit faite sur l'affaire de la main arrachée, alors il suspend les grenades assourdissantes sur donc ce temps définit le temps de l'enquête. L'autre élément, c'est que c'est les grenades assourdissantes par lanceur mécanique mais ça ne couvre pas les grenades lancées à la main. Or, la

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majorité des grenades sont lancées à la main. Donc c'est ce que c'est faire les macronistes, hein, c'est-à-dire face au aux violences conjugales, il donne un numéro vert. Face au chaos climatique, il dit bah téléchargez le guide de l'écoanxiété et faites votre simulateur sur nos gestes climat. Donc voilà, les macronistes répondent toujours avec un petit tour de pass-pie, mais là ça ne passe pas. les gens ne sont pas dupes quand on a une répression de telle, des milliers d'arrestations, des centaines de blessés, euh les images parlent d'elles-mêmes. Donc les gens ont très bien compris euh que euh c'était des des mesurettes cosmétiques. Donc non, il va falloir avoir une réponse d'ampleur hein. Ça fait des années que et cette pétition, elle sert à interroger ce

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débat-là justement. En fait, il y a un vrai problème. C'est pas nous organisation sociale qui le dison. Ce sont les instances internationales, européennes et françaises qui euh pointent le doigt de sur cette doctrine du maintien de l'ordre qui est utilisé, instrumentalisé à des fins politiques que déjà c'est dangereux et qu'en plus ça empêche d'exercer son droit de manifester. Ce qui ce qu'il faut comprendre là, c'est que nous, on est intervenu parce que au-delà du danger et encore une fois éviter le drame et essayer de désescalader et aussi tout simplement bah la plus pure essence d'un mouvement social, laisser ce mouvement social exprimer, laisser le droit de manifester, le droit de s'exprimer euh se faire. Et le problème c'est que malheureusement la la répression empêche

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tout simplement mécaniquement cette contestation et pour nous c'est parfaitement légitime que les jeunes se lèvent contre l'austérité et réclament des moyens. Euh Pierre et aussi Youi en fait depuis quand si on reprend un peu l'histoire politique récente française tout ceci est possible ? Est-ce que c'est sous Nicolas Sarkozy que l'impact de de la violence policière est le plus fort et que ça a commencé là ou c'est est-ce que François Hollande était dans la continuité et ainsi de suite ou est-ce qu'on peut vraiment démarrer ça à une date précise ou comme tu vous le disiez Pierre tout à l'heure c'est une continuité mais j'ai quand même le sentiment que depuis 2005 depuis Nicolas Sarkozi il y a il y a eu notamment les émeutes et les révoltes urbaines de 2005

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une accélération parce qu'on a d'abord ciblé vous disez très bien tout à l'heure les populations issues des des quartiers populaires et qu'ensuite ça s'est enchaîné, on l'a vu notamment avec les gilets jaunes que là il y a c'était devenu tout était permis même après le je crois c'est après le 3è acte ils ont décidé de voilà tout était permis pour les policiers dans le maintien de l'ordre euh est-ce qu'on est aujourd'hui euh dans quelque chose qui s'apparente à du maintien de l'ordre ou au maintien de la peur et à quel moment ça est-ce qu'on peut dater ou expliquer gouvernement par gouvernement comment ça s'est passé quelle évolution on a pu connaître Je vais vous répondre sur deux temporalités. D'abord, une peut-être une temporalité sur le temps long. La France

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est un pays qui a inventé la police moderne telle qu'elle existe. He dès la fin de l'époque moderne, il y a les premiers postes de commandant de police qui sont utilisés pour matamment les fameuses cours des miracles et les quartiers pauvres. Et là, on parle déjà d'il y a plusieurs siècles. Si on on avance dans le temps, la France s'est dotée très vite d'une police unifiée et la police nationale, telle qu'on la connaît actuellement, a été fondée sous pétein par le régime de Vichi qui a créé la structure de la police nationale telle qu'on la connaît aujourd'hui, unifiée avec des uniformes, ce modèle hiérarchique et cetera. Là, la police française actuelle est une création péténiste, il faut le rappeler.

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Elle n'a pas changé de forme. Et d'ailleurs, la plupart des dignitaires collaborationnistes et prazis ont été maintenus à leur poste. On pense évidemment à Maurice Papon, la police française et ensuite je traiterai de la période actuelle, mais la police actuelle, la police française, pardon, est une police qui est reconnue mondialement pour son expertise en matière de contre-insurrection, c'est-à-dire de neutralisation des contestations. Et ce savoir contrainturrectionnel, elle l'a acquis comment ? Dans les dans les guerres coloniales, pendant la guerre d'Algérie, en Indochine ou même durant la guerre sale menée par la France au Cameroun. C'est-à-dire que cette hybridation entre armée et police, méthode de propagande et répression très forte contre des ennemis qui ont été préalablement

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délégitimés, tout ça, c'est la contre-insurrection et ça la France est pionnière dans ce-là. Et les méthodes françaises sont enseignées dans le monde entier encore aujourd'hui et elles ont servi notamment aux polices latino-américaines des dictatures des années 70. C'est important de le dire. Alors maintenant sur la question actuelle et bien peut-être queon peut faire remonter cette militarisation ou cette remilitarisation de de la répression au [grognement] moment de la grande contre-révolution néolibérale qui commence dans les années 80 aux États-Unis et dans les années 90 en France, c'est-à-dire le début du démantellement de l'État social comme je le disais tout à l'heure qui s'accompagne d'une d'un renforcement de l'état pénal. C'est mécanique, hein. Plus on démantelle les systèmes de

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réduction des inégalités, plus on fait tenir ce système là injuste par une répression très forte. Et donc ça s'est passé effectivement sous Nicolas Sarkozy avec l'importation du concept de tolérance zéro qui était un concept élaboré par les conservateurs aux États-Unis, hein. Donc en fait, il y a eu beaucoup d'emprunt à la fois aux doctrines policières des États-Unis et à l'armement des États-Unis. Et puis effectivement, en réalité, donc depuis une grosse vingtaine d'années, 30 ans, il y a ce phénomène de militarisation, d'armement de plus en plus fort, de doctrine de plus en plus de plus en plus offensive. Et donc effectivement, on peut on peut poser quelques jalons. Il y a bien sûr les révoltes des banlieux en 2005, mais aussi en 2007 à Viller Lebel qui à chaque fois, et il faut bien

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comprendre ça, à chaque fois qu'il y a un soulèvement, une révolte, une résistance, l'État français en profite pour tester, innover et renforcer l'arméement. C'est ça qui est assez terrible. Donc, il y a les révoltes de banlieu des années 2000 qui servent justement à légitimer l'usage du LBD. Il y a les différents mouvements sociaux qui surgissent euh sous Nicolas Sarkozy effectivement. Et puis je suis désolé mais on peut pas passer sur cette sur cette rapide histoire hein que je que je développe pas plus mais sans le la séquence Parti socialiste qui a été une séquence absolument terrible et une séquence d'accélération de l'autoritarisme. C'est-à-dire que François Hollande a instauré l'état d'urgence euh a procédé à des milliers d'arrestations administratives dans des

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familles musulmanes et dans des groupes contestataires qualifiés d'ultra gauche des écologistes radicaux. Ça c'est extrêmement grave hein. Euh cet usage de l'état d'urgence à la fois contre une minorité religieuse et contre des luttes écologistes. Euh la génération du LBD, la génération à toutes les forces de police, c'est sous Manuel Vals. La loi permis de tuer. La première loi qui permet aux policiers de tirer sur des véhicules pour refus d'obt tempéré, c'est à la fin du mandat de François Hollande et finalement Emmanuel Macron avec toute sa sauvagerie, avec toute sa violence est un enfant du hollandisme puisque d'ailleurs il a été propulsé politiquement par François Hollande et donc finalement ce macronisme issu du Parti socialiste nous emmène désormais

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au seuil du fascisme puisque je reviens pas sur les crimes du macronisme mais je l'ai dit tout à l'heure, il a vraiment mis à genou la société par tous les moyens possibles et désormais il gouverne en coalition de facto avec le Rassemblement national et il veut lui donner les clés du pouvoir. Si de là dans les 6 prochains mois, on va dire, on devait avant l'éis présidentielle qui arrive une mesure qui pourrait être concrète en fait pour justement éviter ou réduire en tout cas les blessures graves en manifestation hein, que ce soit les manifestations lycéennes ou autres. Euh qu'est-ce qu'il faudrait proposer ? En tout cas, qu'est-ce qu'on pourrait proposer ? Bah nous c'est vraiment ce qu'on dit dans le la pétition he là on vise le mouvement lycéen mais on on on

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dit qu'on vise aussi on voudrait l'élargir et on l'interroge très subtilement on va dire dans la pétition. Non, ce qu'il faudrait c'est effectivement vraiment qu'il y ait une refonte de la doctrine du maintien de l'ordre avec un vrai débat public là-dessus. C'est-à-dire qu'il faut tout ce qui a été dit, il faut accepter qu'aujourd'hui le maintien de l'ordre est instrumentalisé à des fins politiques. Il faut que ça on puisse avoir le débat là-dessus de reconnaître que cette escalade, cette aggravation va de paire avec des lois de plus en plus répressive avec une augmentation de moyens matériel et donc avec une intention politique derrière et qu'en plus effectivement la police n'est pas neutre puisqu'on augmente on constate une augmentation de leur basculement

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idéologique dans les idées d'extrême droite. Tout cela va ensemble. la contestation augmente, bah la répression augmente, il y a bien du coup une instrumentalisation politique. Donc ça, il faut avoir effectivement cette discussion là. Et très précisément, ce qu'on dit dans la pétition, c'est les armes, il faut arrêter donc les armes mutilantes, les grenades assourdissantes de désencerclement, l'usage massif des gaz lacrymogènes et cetera, mais également les techniques d'interpellation. Donc c'est-à-dire voilà le le plaquage ventral, la clébra euh voilà toutes ces techniques qui justement mettent en danger voir cause la mort euh des manifestants. Donc rien que ça en fait c'est déjà énorme à

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vouloir obtenir, c'est déjà immense. Mais euh au moins comprendre qu'actuellement au-delà du fait qu'il y a une intention politique d'empêcher la contestation sociale, c'est que derrière les moyens déployés sont immenses, ils sont massifs. On parle d'équipement donc militaires, on parle même les policiers ont des équipements voilà de de pointe en terme de technologie et de protection du kevelard. C'est pas à la portée de tout le monde d'avoir une une combinaison à kevelard, des choses comme ça. Donc reste que faut au moins un interroger le débat public et cette question de remise en question profonde de la doctrine du maintien de l'ordre. Euh la question de l'indépendance a été évoquée aussi, mais il y a un vrai problème sur cette instrumentalisation politique, par exemple, sur

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l'instruction des affaires, hein. Pourquoi est-ce que après Naël, on a eu 1700 comparitions immédiates, c'est aussi parce que euh derrière il y a un problème d'indépendance du parquet. Euh donc euh ça, il va falloir le poser. Il y a plein de questions démocratiques qui se posent évidemment. Euh mais là, on va dire d'un point de vue purement matériel, si déjà on arrive à avoir le débat sur les armes et les techniques, euh on aura déjà [raclement de gorge] euh atteint un début de quelque chose. Euh, on arrive quasiment à la fin de ce de cet entretien d'actu. Je rappelle effectivement qu'il y a cette pétition à signer. On l'a dit, c'est un premier un point de départ ou en tout cas une action concrète qui pourrait permettre de faire avancer la la situation. déjà

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110000 signataires à l'heure où on parle. On enregistre le 12 octobre. Il y a les manifestations à venir demain 13 octobre et le 17 octobre également. Merci beaucoup Julie Yamoto de Attaque France et merci beaucoup Pierre Douillard Lefèvre d'avoir été avec nous. Je rappelle, vous êtes chercheur en sciences social et auteur du livre L'arme à l'œil. Merci de nous avoir suivi. C'est la fin de cette édition. Sachez que nous aussi au média, on a une pétition à vous faire signer plus de 6000 mineurs interpellés et près de 1500 poursuivis en justice. La répression du mouvement lycéen atteint des proportions alarmantes. On l'a dit dans cet entretien et face à cette situation, le média lance une grande pétition pour exiger une loi d'amnistie en faveur des

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lycéens et lycéennes poursuivis dans le cadre de cette mobilisation. Artistes, personnalités publique, organisation syndical et politique se mobilise pour soutenir cet appel. Alors vous aussi signez la pétition et faites-la circuler autour de vous. Allez sur amnistie-llycéen.fr. Retrouvez donc le lien dans la description de cette vidéo et en commentaire épinglé. Et sur quelques mots, je vous souhaite de passer une bonne journée sur les programmes du média. [sifflotement]