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interviewRMC (sur YouTube)· 3 juillet 2023 9 min

Jeanbrun : "On ne peut plus interdire, sanctionner... C'est devenu ringard"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et en fait ces jeux là qu'on leur parlerait public ils comprennent même pas ce qu'on met derrière comme mot en fait il y a presque un problème de vocabulaire de concept et donc on a on a un défi gigantesque le sursaut dont je parle depuis quelques jours il est là-dessus c'est comment on accepte nous de redéfinir des éléments fondamentaux qu'on prend pour acquis qu'est-ce que c'est la République qu'est-ce que c'est la démocratie qu'est-ce que c'est la liberté qu'est-ce que c'est l'égalité et l'égalité la fraternité ça peut pas être la somme de toutes les individualités de chacun fait ce qu'il veut et cetera non il y a un vivre ensemble une nécessité des concessions il nécessite qu'on travaille ensemble et nécessite qu'on dise à la jeunesse il y a un ordre public il y a des lois et il y a de l'autorité et c'est pas des villes un mot et c'est parce qu'il y a tout ça qu'on peut ensuite avoir de la liberté de l'égalité Vincent Jean Brun chez nous il n'y a plus de commerce plus de services publics plus de mixité il faut remettre debout la République mais en fait si je vous écoute c'est même pas la remettre debout c'est la recrée quoi on a l'impression qu'on repart de zéro il y a quelques jours j'aurais je vous aurais pas dit ça aujourd'hui je vous le dis oui je crois que dans certains quartiers auprès de certains habitants de nos pays de notre pays la République n'est plus c'est pas que [Musique] salut parfois il y a une guerre on se dit ah c'est ça fonctionne comme ça mais je suis pas totalement d'accord ou carrément j'y suis opposé c'est pas le sujet c'est que je ne comprends même pas de quoi tu me parles je sais pas ce que c'est que la République aujourd'hui de France puisque moi j'ai toujours grandi au pied de ma tour dans mon quartier avec énormément de violence le sentiment d'être laissé à l'abandon j'ai attention je n'excuse pas je dis juste que ils ne comprennent pas les concepts qu'on emploie nous et ça c'est terrifiant et c'est des jeunes qui ont pourtant été à l'école mais qui ont un peu traversé les classes parce que maintenant on double plus donc finalement même un élève qui suit pas c'est pas grave il passe de classe en classe et bon il maîtrisera pas très bien les savoirs fondamentaux mais c'est pas grave il avance parce que c'est il a interdit maintenant d'interdire on peut plus sanctionner un mauvais comportement réellement j'ai des gamins qui ont frappé des directrices d'écoles sur la commune pas de vagues surtout pas de vagues et le gamin il est même pas exclu une semaine le père du gamin qui vient cracher sur la directrice en disant tu as pas touché à mon enfant et c'est aussi pour ça que même le concept de laïcité qu'un concept qui me tient énormément à coeur qui pour moi est une des conditions fondamentales du vivre ensemble il est complètement abîmé parce qu'on n'est pas capable de le défendre et pas capable de le définir clairement non vous manquez d'outils c'est à dire que quand vous racontez cette scène on comprend bien que pour vous tout est lié que ce qui arrive aujourd'hui n'est finalement que l'explosion de ce qui était de ce qui pouvait en réalité depuis quelques temps quand vous raconter cette scène quand vous racontez cette directrice d'école qui est menacée l'enfant qui est censé être exclukulé à moitié le père qui vient qui crache sur la directrice qu'est-ce qui vous a manqué dans ces moments là en fait dans tous ces moments qui ont jalonné une sorte de de défaite d'abord on te met on peut pas tout mais typiquement dans ce cas là c'est l'éducation nationale qui avait ce fameux slogan interne pas de vagues quoi et c'est là où en fait l'autorité de l'État n'est plus moi j'ai mis en place au niveau de la police municipale le fait vous savez de convoquer des jeunes qui clairement on fait une bêtise mais qui n'ont pas été dans un délit ou un acte de délinquance grave et certains disaient mais franchement tu vois les convoquer c'est un peu comme si je l'ai convoqué dans le bureau du directeur ça va pas changer grand chose moi je peux vous assurer que ça change quand on voit que ces jeunes là d'ailleurs on voit s'ils viennent pas déjà c'est un signe que c'est bien plus grave que ça mais s'il Vienne ils viennent avec leurs parents beaucoup de parents s'excusent beaucoup de parents prennent conscience que ils doivent être plus présent dans ces entretiens c'est des choses qu'on doit pouvoir faire aujourd'hui on convoque plus dans le bureau du directeur d'école aujourd'hui on convoque plus dans le bureau du principal et encore moins du proviseur parce que la société et là je parle vraiment le la société en dans son ensemble au niveau de l'État à considérer un moment donné que l'autorité c'était un vilain mot que l'autorité l'ordre c'était des vilains mots seringueurs mais c'est ce qui nous manque le plus aujourd'hui et de l'autorité encore une fois c'est vrai pour un parent vis-à-vis de ses enfants et on parle pas d'autoritarisme on parle pas de violence on parle juste de il y a des règles elles doivent être respectées elle vient aussi des parents écouter tire des interpellés de la dernière nuit sont des jeunes parfois des très jeunes c'est la responsabilité des parents de les garder au domicile et donc il est important pour l'inquiétude de tous que la responsabilité parentale puisse pleinement s'exercer et j'en appelle au sens de la responsabilité des maires et des pères de famille nous pouvons République n'a pas vocation à se substituer à eux alors j'entendais ce matin il y avait une responsable d'association des maires des mers des mamans je veux dire vous êtes maire des mamans qui ont monté des associations pour tenter d'aller parler à leurs enfants et elle réagissait à ces cette phrase d'Emmanuel Macron en disant bon il a pas tort bien sûr et on ne se défonce pas de nos responsabilités mais elle estimait que c'était une manière de rejeter la faute sur eux les parents alors que disait-elle ben moi mes enfants par exemple moi je suis une mère qui a deux jobs je parle le matin je reviens très tard le soir et mon fils de 16 ans n'a pas de place à l'école parce que il y a plus de place ou alors il y a une place tellement loin que toute façon je ne peux pas le gérer vous entendez quel discours quel parti celle d'Emmanuel Macron ou celle de cette maman il faut tout entendre d'abord parce que évidemment que les parents ont une immense responsabilité et j'ai même envie de vous dire au-delà des parents chacune et chacun d'entre nous nous sommes citoyens de la République française si on redéfinit bien la République c'est qu'on l'a choisi c'est qu'à un moment donné on se dit c'est un bien commun qu'il faut défendre et partager et donc chacun a sa part à chacun son niveau en disant bonjour quand on rentre dans un magasin en laissant traverser la rue et remercions la personne qui voulait se traverser c'est c'est des petits gestes du quotidien déjà ce que vous disiez sur ces dealers quand vous vous étiez enfant qui malgré tout tenait la porte c'est la base du vivre ensemble et puis derrière il y a effectivement l'autorité parentale il y a beaucoup de parents qui ont laissé tomber il y a des parents qui parfois même eux-mêmes avaient été délinquant il y a quelques années ou en tout cas faisait la petite délinquance donc ils sont dans un lycée allé total de leurs enfants c'est possible cela il faut il faut les réactiver mais derrière ce qu'a dit Emmanuel Macron d'abord c'était quand même pas vraiment le bon timing parce que nous on était en train de vivre des scènes de guérilla sur le sur le terrain et effectivement la réponse c'est tension les parents prenez un peu son de vos enfants c'était quand même pas tout à fait le niveau qu'on attendait qu'on était sur le terrain mais bien sûr qu'il faut respecter là vous êtes vous êtes dans une émotion immense parce qu'il y a effectivement ce stade qui a été franchi avec votre femme vos enfants votre domicile qui ont été clairement ciblés par des assassins mais Vincent Jean Brun au début de ses émeutes vous avez estimé que l'État avait failli moi je réclamais un état d'urgence ou en tout cas un état hors du commun puisque ce qu'on vivait était hors du commun pour avoir des moyens supplémentaires moyen humain juridique on avait plus de munitions l'état d'urgence aurait permis de réquisitionner des munitions ça servait de plusieurs commissariats qui disaient nous n'avons plus de munitions de police nationale était arrivé au bout les polices municipales 80 la cartouche de flashball le soir ou la mairie est attaquée c'est à dire 100% du stock qui était à notre disposition donc tout ça moi le lendemain je me dis bon est-ce que je prends un arrêté de couvre-feu et je me dis non le président de la République va par la 14h avec les scènes qu'on a vécu la nuit précédente il ne peut pas ne pas annoncer quelque chose donc je vais laisser la démarche nationale se faire et on a eu le droit à bon faut que les parents se responsabilisent et puis attention les jeux vidéo c'est pas bien non c'était pas au niveau à ce moment-là par rapport à ce que nous on vivait sur le terrain et en l'occurrence qu'au moins toute cette crise nous servent de leçons et que la prochaine fois on est les outils et juridiques et matériels et humains a déclenché instantanément si ça devait recommencer parce que la vérité c'est que quand bien même ça s'appelle actuellement quand bien même les forces de l'ordre font un travail extraordinaire d'interpellation d'enquête etc il faudrait encore une fois le saluer et les remercier du fond du cœur on a on a un enjeu c'est que les ingrédients de départ ils sont toujours là ça fait plusieurs années maintenant que tous les thés on a des tirs de mortiers tous les soirs dans les cités qui empêchent les gens de dormir qui les rendent fous qui les poussent certains à faire des bêtises à essayer de se entre guillemets de se faire justice eux-mêmes etc et on est impuissant été après été donc c'est aussi ça qui montre que finalement l'impunité là donc ça c'était pas au niveau il faut aller plus loin et objectivement l'état également doit aller beaucoup plus loin les budgets politiques de la ville ont beaucoup baissé et dans des endroits qui ont pas de sens j'ai la chance dans le quartier plus difficile ou tout a commencé d'avoir ce qu'on appelle un programme de réussite éducative en plus de l'école on les on fait de la dose on a des orthophonistes qui accompagnent les enfants les plus en difficulté on a des psychologues etc ça l'état payait 60% nous quarante qu'on a commencé ça c'est inversé aujourd'hui et l'État continue à désengager vous avez besoin que ce travail de fond soit fait en attendant il s'agit d'abord déjà de reconstruire au minimum et tenter de maintenir l'ordre il y aura ce rassemblement auquel vous appelez d'abord un rassemblement à L'Haÿ-les-Roses chez vous ça sera à 15 heures pour soutenir les mers et la police et puis dans toutes les mairies de France aujourd'hui à midi merci d'avoir pris le temps ce matin Vincent Jean Brun [Musique]

Jeanbrun : "On ne peut plus interdire, sanctionner... C'est devenu ringard" — Vincent Jeanbrun · Pourquijevote