Laurent Jacobelli : "De grosses économies sur l'immigration sont possibles !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous failli être en retard ?
- 0:14OuverteRéponse directe
Est-ce que François Bayrou vous fait hésiter ce soir ?
- 0:53OuverteRéponse partielle
Et vous n'avez pas l'intention de discuter avec lui ces prochains jours ?
- 1:35RelanceRéponse directe
Mais pourtant vous parliez d'immigration, il l'a évoqué.
- 1:42ComplaisanteRéponse directe
Ça devrait vous faire sourire.
- 3:21OuverteRéponse directe
Est-ce que Laurent Jacobelli fait la fine bouche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04Invité politiqueChiffre
« il y a un vrai problème avec l'immigration en France qui coûte 3,4% du PIB »
- 1:09Invité politiquePromesse
« qu'il faut prendre des mesures fortes pour faire des économies dans ce domaine, 10, 15, 20 milliards d'euros »
- 1:51Invité politiqueFait
« interviewer n'importe quel Français dans la rue, il vous dira qu'il a un problème de sécurité, qu'il y a un problème de niveau à l'école, qu'il y a un problème dans les caisses sociales et qu'il y a un problème d'identité »
- 2:01Invité politiqueFait
« C'est parce que tout le monde vient chez nous et personne n'en part. »
- 13:56Invité politiqueFait
« L'immigration est un coût terrible pour les Français, terrible. quand des migrants se font soigner gratuitement, sont logés, eh bien ce sont des points d'impôt sur la fiche de paye des Français. »
- 18:17Invité politiqueFait
« Nous donner ça à l'immigration, on ne peut rien faire. »
- 18:42Invité politiquePromesse
« il faut faire exploser les normes. Faire baisser la fiscalité. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli30 %
- Locuteur 516 %
- Locuteur 313 %
- Présentateur12 %
- Locuteur 711 %
- Locuteur 69 %
- Locuteur 17 %
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Laurent Jacobelli nous a rejoint, bonsoir. Bonsoir. Vous avez failli être en retard, débuté de Moselle et vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. C'est pas bien balancé. Oui c'est vrai, vous avez failli être en retard. Pourquoi ? Est-ce que c'était parce que vous étiez en train de réfléchir à la déclaration de François Bayrou ? Est-ce qu'il vous fait hésiter ce soir ?
Alors pas une seconde, vous vous posiez la question tout à l'heure avant la publicité de savoir si j'étais convaincu, vous voyez que j'ai suivi. Bien oui je suis convaincu, voilà, je vais vous étonner, je suis convaincu qu'il faut qu'il parte, qu'il parte très vite. Parce que ce qu'on a vu ce soir était un mélange d'adieux, un peu pitoyal.
Ah vous avez compris qu'il disait au revoir, qu'il ne s'accrochait pas à son siège.
Oui de fait qu'il a compris que c'était fini, je vais vous dire, il va utiliser chaque jour de la semaine pour aller devant les médias, profiter de ses derniers moments de gloire et d'interview. Il a le syndrome d'Alida, il veut mourir sur scène. Et je crois qu'il n'y a pas d'autre chose à en attendre, il sait que c'est fini. En tout cas nous, nous ne répondrons pas présents au vote de la confiance ou votre contre.
Et vous n'avez pas l'intention de discuter avec lui ces prochains jours ?
Ah mais nous irons, Jordan Bardella et Marine Le Pen iront le voir et je pense qu'ils lui expliquent que contrairement à ce qu'ils croient, il y a un vrai problème avec l'immigration en France qui coûte 3,4% du PIB, qu'il faut prendre des mesures fortes pour faire des économies dans ce domaine, 10, 15, 20 milliards d'euros, avant d'aller demander un effort supplémentaire aux Français. Il nous dit qu'il ne faut pas montrer du doigt l'immigration, lui il montre du doigt ces Français qui ont travaillé dur et qui sont aujourd'hui à la retraite. Il est en train de diviser les Français pour survivre.
Je crois que ce Premier ministre nous a montré ce soir qu'il était en plein crash, son assistant a un crash terrible. Au revoir M. Bérou, il faut partir et il faut partir très très vite.
Mais pourtant vous parliez d'immigration, il l'a évoqué. Il a dit qu'il faut que notre politique de l'immigration évolue. Ça devrait vous faire sourire.
Ce n'est pas un poussin qui sort d'un oeuf, il ne vient pas d'éclore, il a 50 ans de politique derrière lui. Le problème de l'immigration, on le connaît, interviewer n'importe quel Français dans la rue, il vous dira qu'il a un problème de sécurité, qu'il y a un problème de niveau à l'école, qu'il y a un problème dans les caisses sociales et qu'il y a un problème d'identité. Ils ont tous très bien compris pourquoi. C'est parce que tout le monde vient chez nous et personne n'en part. Donc si M. Bérou le découvre, à ce moment-là, il ne peut pas rester Premier ministre. C'est de vivre dans une bulle ou sur une autre planète, mais probablement pas en France.
Tugue du Aldenis.
Il y a le verre à moitié plein, c'est la thèse du sérum de vérité. Je reprends l'expression de Génie Bastier, la journaliste du Figaro. C'est-à-dire qu'on voit François Bérou effectivement dire des choses qui, après 50 ans de vie politique, deviennent soudain comme un éclair de lucidité chez lui. Alors il y a l'immigration, il y a le sujet de la dette, il y a les droits de douane américains, la foire de Chalon, où il a expliqué ce que tout le monde avait bien compris. C'est-à-dire que si on s'était fait tordre le bras par les USA, c'est parce qu'on n'avait pas les moyens de faire autre chose. Puis il y a le versant un peu plus négatif.
C'est-à-dire qu'il nous explique que l'État ou les institutions empilent des agences ou des laboratoires, des institutions elles-mêmes qui sont inutiles. Il a été au commissaire au plan, qui est quand même l'institution la plus inutile objectivement de ces dernières années. Il a voté tous les budgets, à chaque fois qu'il a fait partie de majorité, en tout cas. Il a voté tous les budgets déficitaires, y compris ceux d'Emmanuel Macron, l'homme aux mille milliards de dettes supplémentaires. Donc c'est un peu fort de café.
Oui. Marcel Oves-Fred, est-ce que vous avez le sentiment qu'on crache dans la soupe, notamment Laurent Jacobelli, qu'il fait la fine bouche ? Est-ce qu'il ne devrait pas justement attraper cette main tendue par François Bayrou ?
Qui devrait attraper cette main tendue ?
Le Rassemblement National.
Ah, le Rassemblement National. Alors souvenez-vous quand même...
Il me semble que Laurent Jacobelli est du Rassemblement National.
Je vous le confie, je pense que vous avez bien vu. Non, de toute façon, vous avez vu que juste précédemment, il y a eu cet épisode des vacances qui a donné cet échange où Marine Le Pen, dans la foulée, fait un tweet pour dire « j'ai envoyé la lettre » et elle publie la lettre qu'elle a envoyée au chef du gouvernement qui n'y a pas répondu. Donc il y a un passif. François Bayrou essaye de calmer un peu les esprits, mais tout ça...
Donc c'est uniquement pour ça qu'il n'arrive pas à s'entendre ?
Non, là, maintenant, dans une phase d'affichage, c'est-à-dire que là, il y a une sorte de simili-consultation, on fait venir les gens de négociation alors qu'il n'y a plus rien à négocier. Toutes les parties prenantes ont déjà dit ce qu'elles feraient. Il reste huit jours seulement avant le vote coup prêt. Donc en fait, on a fait passer un peu la charrue à volerbeux. Cette négociation, elle aurait dû avoir lieu, soit avant la présentation de la feuille de route le 15 juillet, ça n'a pas été le cas, soit pendant toute la phase parlementaire où il y a des commissions, des discussions à l'Assemblée, des amendements, des votes, une navette.
À ce moment-là, vous pouvez faire évoluer le texte, le négocier, enlever des choses, en rajouter, amender. En ce moment, ce n'est pas du tout ça. C'est une bataille d'opinion où le chef du gouvernement veut montrer qu'il a été l'un des premiers ou l'un des plus constants à dire qu'il y avait un vrai danger sur la dette.
Si vous me permettez, vraiment, en quelques ondes, Laurent Saillet, tout à l'heure, parlait d'un problème de méthode. Il y a en plus un problème de stratégie. C'est-à-dire que quand il a fait sa conférence de presse où il annonce qu'il sollicite un vote de confiance, honnêtement, je pourrais pouvoir dire que tout le monde ici le voyait regarder quand même plutôt vers les socialistes. C'est-à-dire en se disant, c'est eux qui peuvent faire la bascule. En plus, Marine Le Pen a tweeté extrêmement vite qu'il voterait contre et les socialistes ont laissé 48 heures, 24 heures ou 36 heures de suspense.
Bon, voyant que finalement les socialistes disent que c'est irrévocable, présentent un contre-budget avec deux fois moins d'économie, etc. Bon, là, il y a une espèce de micro-ouverture pour l'URN. Mais bon, comme je vous ai dit tout à l'heure, ce qu'il dit sur l'immigration tout à l'heure, enfin, honnêtement, il n'y a pas la révolution copernicienne attendue par les Français sur le sujet.
C'est même plutôt inquiétant, puisque de fait, il dit qu'il n'y a pas de problème d'immigration. On peut quand même regarder ce qu'on peut faire. Si je peux me permettre, d'ailleurs, pour être un peu moins dur avec M. Bérou, que j'ai pu l'être tout à l'heure...
Ah, ça y est, vous commencez à culpabiliser.
Je ne culpabilise pas, mais l'heure passant, peut-être la fatigue m'attendrit. Je dirais que n'importe quel autre Premier ministre du Bloc central, au même moment, dans la même situation, serait en situation d'échec. Parce que ce qu'on a vécu ces derniers mois, c'est effectivement une Assemblée nationale divisée avec un gouvernement où les grands ministres rêvent tous d'être Président de la République et se tirent dans les pattes. Il n'y en a pas deux qui pensent pareil. C'est compliqué de faire un budget dans ces conditions-là. Ce qu'il faut, c'est une nouvelle majorité. Ce qu'il faut, c'est dissoudre l'Assemblée nationale. Donc il faut la dissolution impérativement.
Mais vous pensez vraiment qu'Emmanuel Macron en est capable ? Une deuxième fois ?
Je ne suis pas dans la tête d'Emmanuel Macron.
Mais vous insistez pour ça, justement.
La meilleure des solutions, puisque vous évoquez le nom du Président de la République, serait qu'en voyant le désastre de sa politique et qu'il n'est plus soutenu par personne, qu'il parte. Mais cette décision n'appartient qu'à lui. S'il ne prend pas cette décision, nous, on lui demande de dissoudre l'Assemblée nationale pour qu'il y ait une vraie majorité. Et nous ne pensons pas que le faux front républicain qu'il y avait hier, qui fait que DLR appelle à se désister pour un antisémite d'extrême-gauche, etc., nous donnera la majorité. Et que Jordan Bardella mènera une politique avec une règle d'or.
Économie sur l'immigration, économie sur le budget de l'Union Européenne, budget de l'État obèse, et pas un centime ne sera pris dans la poche des Français.
– Cependant, Jordan Bardella a bien insisté, Bruno Jeudy, sur le fait qu'il lui fallait 289 députés pour être Premier ministre. C'est peu probable. – Oui, c'est peu. – Notamment lorsque l'on regarde le sondage Elab pour BFMTV, où on voyait justement ce résultat.
– Oui, effectivement, ce sondage Elab pour les projections de premier tour, on est grosso modo sur les mêmes projections qu'avant l'été. Donc la crise finalement a plutôt figé. Pour l'ARN, c'est très élevé, c'est quasiment trois fois plus. – C'est très élevé.
En revanche, on aurait pu croire que ça pouvait augmenter un peu plus.
– Alors la gauche non-éléphiste, ça lui profite aussi, mais pas suffisamment pour se rapprocher du RN. C'est plutôt les renaissances qui baisseraient un peu et l'AR progresse un tout petit peu. Ce qui est intéressant de ce sondage, c'est une autre question, c'est la question du front républicain. Les Français sont maintenant majoritairement hostiles au front républicain. Ce qui est intéressant dans la ventilation, c'est que ça touche également les électeurs de renaissance. Ce qui n'était pas le cas en 2024. Et ça par contre, ça peut rebattre les cartes pour un second tour, puisqu'il n'y a pas de projection de second tour dans ce type de sondage.
Difficile à dire aujourd'hui ce qu'il en serait, mais on peut peut-être penser, compte tenu des résultats, des scénarios, des deuxièmes tours de 2024, que le RN pourrait se projeter entre, aujourd'hui il a 133 députés, il pourrait être à 200 députés éventuellement sur les bases des résultats du premier tour. Mais donc ce ne serait pas suffisant.
Quel intérêt de dissoudre maintenant alors, Marcelo Vestrede ?
Le blocage peut même être pire, parce que si vous avez un rassemblement national en majorité relative, il ne pourra pas faire du texte par texte, parce que vous n'aurez aucune force politique qui voudra aider à ce moment-là.
C'est l'autre enseignement de ce sondage, c'est qu'en fait la RN resterait aussi ingouvernable qu'elle ne l'est aujourd'hui, avec une dissolution demain, et c'est pour ça, et en deux mots, moi je le trouve toujours étonnant, et de la part des socialistes, et de la part du RN, qui sont les deux forces qui peuvent éventuellement débloquer la situation, ce n'est pas aujourd'hui de faire une présidentielle, et on voit bien, et ce n'est pas à la limite, chacun a ses idées, chacun défend ses idées, mais c'est simplement que la France ait un budget en 2026, et au fond, c'est ça, le reste, en plus une présidentielle anticipée, ce serait une présidentielle presque escamotée,
c'est là où, voilà, alors à quoi bon une dissolution, Laurent Saillet, et après Laurent Jacobini ?
C'est là où François Bayrou est totalement irresponsable, parce qu'en demandant son vote de confiance, excusez-moi, je suis obsédé par ça, mais c'est quand même ça qui nous met dans la situation aujourd'hui, parce qu'on s'est quand même malheureusement privés d'une éventuelle négociation, c'est qu'il savait bien que qui allait remonter au créneau, notamment le nouveau Front populaire, qui nous explique maintenant à longueur de journée qu'ils ont été élus, que le président de la République a, si vous voulez, désavoué le vote démocratique parce qu'on ne les a pas mis au pouvoir, et donc on est reparti là-dedans.
Et donc c'est là où les responsabilités de Bayrou, c'est qu'il savait bien qu'en demandant cette confiance, parce qu'on ne me fasse pas croire qu'il pensait l'obtenir, parce que, ou alors, vraiment, c'est qu'il a un niveau de politique, mais ce n'est pas possible, c'est qu'il nous remet, en fait, dans le même scénario que l'année dernière. Moi, j'ai écouté M. Fort qui rêve d'être Premier ministre. Alors là, lui, maintenant, il est complètement sur votre chaîne, d'ailleurs, où il explique qu'il faut revenir sur la réforme des retraites, enfin bon, toutes ces mesures qui réuneraient le pays.
Eh bien, c'est parti, ils sont repartis pour un tour de cette gauche NFP qui nous avait pourri la vie l'année dernière et qui revient en force. Et ça, il y a une responsabilité là-dessus.
Et en même temps, François Bayrou leur a vite claqué la porte tout à l'heure pendant l'interview. Je voudrais juste faire réagir, pardon, François-Miquet, Marti, notamment sur cette dissolution. À quoi bon réclamer cette dissolution si, finalement, le Rassemblement National ne peut pas obtenir de majorité ?
Je crois que cette idée de dissolution, elle répond à des mouvements d'opinion. Et en effet, je rejoins ce que dit Bruno Jeudy. Le sondage qui a été publié ce matin est très intéressant. Et au fond, il y a deux logiques qui sont très fortes. D'abord, une envie de changer, une envie de changement. Aujourd'hui, deux tiers des Français qui sont favorables à une dissolution. À peu près les deux tiers aussi qui sont favorables à un départ du président de la République. Pour quelle raison ? Parce qu'au fond, au-delà des événements que l'on vit aujourd'hui, la plupart des gens considèrent que l'endettement, la question de la dette, est à la responsabilité des forces qui ont déjà gouverné jusqu'ici.
Donc, cette situation que l'on connaît aujourd'hui, d'une part, elle creuse un clivage entre les forces politiques qui ont déjà exercé le pouvoir et une partie des Français, d'une part, et puis d'autre part... Alors, en effet, il n'y a pas de dynamique RN, là, aujourd'hui, au moment où on parle. Mais il y a un RN qui est quand même extrêmement solide.
Le RN est extrêmement haut dans le sondage, mais il n'a pas augmenté pendant cet été.
Et pour terminer, sans entrer dans des dédales de chiffres, on a quand même un tableau qui est assez saisissant aujourd'hui. Les deux forces principales qui, en 2012, étaient là, il s'agit de la gauche et de la droite, à 30 et 40 % aux législatives. Aujourd'hui, il obtient des scores extrêmement faibles, 10 %, 15 %. Et puis, le mouvement d'Emmanuel Macron, lui-même, le bloc central, est considérablement fragilité, à 14 %, 13 % en fonction des scénarios, 13-14 %, il est à 21 % dans les dernières législatives. Il est extrêmement bas. Autrement dit, on a un paysage politique qui, en souterrain, est quand même en train d'évoluer considérablement et de se reconfigurer.
D'où cette question, en effet, de la dissolution qui apparaît, qui n'est pas, je pense, dans l'esprit de la plupart des gens, une solution au problème du moment, en aucun cas, en effet, une solution permettant d'aboutir à un budget dans l'immédiat et dans les semaines qui viennent, mais une envie de changement très non-puissante.
– D'ailleurs, c'est intéressant, François, c'est que la question, qui souhaitez-vous comme Premier ministre, les Français désignent, voudraient un ministre apolitique en premier lieu.
– Oui, voudraient un gouvernement technique.
– Ça montre à quel point il y a un projet, une ambiance dégagiste.
– Et le Premier Premier ministre cité non techno, de quel parti ? – Éren, bien sûr. – Merci de le dire.
– Bien sûr, on vient de le dire, justement, c'était le Rassemblement national qui arrivait en deuxième position.
– Mais ça montre quand même qu'il n'y a même une ambiance dégagiste, y compris…
– Regardez, on a même mis le sondage, on a même mis le sondage avec 24% pour le Rassemblement national.
– On est en train de nous expliquer que la France est dans une situation catastrophique. Et c'est vrai que la situation dans laquelle nous sommes, notamment vis-à-vis de la dette, est dangereuse.
– Ça vous fait un point commun avec François Bayrou.
– Mais je pense que tout le monde fait ce constat, l'idée de voter pour mon constat, donc voter pour moi, donc voter pour ma méthode de M. Bayrou, est une entourloupe dans laquelle personne ne tombera. – Mais est-ce qu'on va prendre les mêmes pour régler le problème ? – Ceux qui depuis 50 ans font des budgets en déséquilibre, ceux qui depuis 50 ans creusent la dette, ceux qui depuis 50 ans laissent s'envoler les dépenses liées à l'Union européenne, liées à l'immigration. L'immigration est un coût terrible pour les Français, terrible. quand des migrants se font soigner gratuitement, sont logés, eh bien ce sont des points d'impôt sur la fiche de paye des Français.
Et donc il faut maintenant dire que tous ceux qui ont tout raté, ces Mozart de la finance qui nous amènent dans le mur, doivent être remplacés par une nouvelle équipe. Il faut l'alternance. Ce n'est pas honteux en démocratie d'aller retourner aux urnes. Ce n'est pas honteux en démocratie d'avoir une alternance et un vrai changement. C'est même bénéfique. Ceux qui ont tout raté ne peuvent pas continuer à dire que c'est la faute des Français. Non, les Français, notamment ceux qui travaillent, ont ras-le-bol de payer pour tout le monde, pour la Terre entière, et qu'on leur dise en plus que ce sont les vilains petits canards de la République.
Non, ce sont ceux qui nous ont gouvernés, qui nous ont amenés dans le mur en sifflant, qui doivent aujourd'hui laisser la place à des gens qui ont un programme de bon sens, qui veulent la stabilité, c'est-à-dire le Rassemblement national et ses alliés éricieux.
Vous demandiez est-ce qu'on va prendre les mêmes pour régler le problème ? Gérald Darmanin a un peu répondu à cette question aujourd'hui. Écoutez-le, il était en meeting à Tourcoing.
Les Français ont pris de très nombreux coups. Les coups nés des crises économiques successives, les coups nés des crises sociales, les coups nés des crises démocratiques, comme nous l'avons connu pendant les Gilets jaunes, les coups nés de cette terrible pandémie du Covid, des coups nés de la guerre, monsieur le ministre. La guerre aux portes de l'Europe, la guerre en Europe, la guerre au Moyen-Orient, le retour de la violence.
Alors, n'a-t-on pas là notre homme providentiel,
Laurent Saillet ? Je me demande si les Français écoutent en fait ces discours. Ce n'est pas parce que c'est monsieur Darmanin, mais c'était les rentrées politiques, ils les font, elles sont perturbées par l'annonce du Premier ministre, mais on a l'impression de toujours entendre la même chose. C'est vrai, quand on écoute ça, je pense que l'année dernière, c'était le même discours, l'année d'avant, cette lassitude-là aussi pèse, me semble-t-il, dans l'opinion pour avoir justement des sondages où on en veut maintenant à des gouvernements qui ne soient plus politiques.
Vous vous rendez compte, quand on demande à ce que la politique soit gérée par des gens qui ne font pas de politique, ça questionne quand même sur la relation du politique aux citoyens. Et cette confusion globale, j'entends le Rassemblement national qui dit nous on veut des élections, des élections, des élections, mais il faut quand même savoir une chose, ça coûte très cher économiquement chaque gouvernement qui tombe, chaque dissolution. Et ça, je peux vous dire... Alors ne votons plus, on fera des élections.
Non mais, on ne dit pas de ne pas voter tous les 5 ans, mais vous le savez, que les chefs d'entreprise vous l'ont dit, que pour eux, c'est très compliqué, ça coûte très cher, l'instabilité. Vous allez voir, la note de la France, peut-être qu'elle aurait été dégradée, on verra si elle l'est. Mais la faute à qui ? Mais d'accord, mais ce que je veux vous dire par là, vous avez quand même aussi une responsabilité à partir du moment où vous savez que... Oui, remplacer les mauvais,
remplacer les incompétents, remplacer ce qui nous emmène dans le mur, oui, c'est une responsabilité.
Ce que je peux vous dire, ce que vous intéressez peut-être.
Alors, tentez le coup.
On entend que vous voulez une majorité absolue pour gouverner. Aujourd'hui, même s'il n'y aura peut-être pas de front républicain, et là, je vous suis là-dessus, LFI, ils ont tellement été vraiment exécrables et ils se sont comportés d'une telle manière et leur position à l'international fait que je ne vois pas qui, dans l'arc républicain, demandera à se désister pour faire élire quelqu'un de chez LFI. Donc ça, effectivement, vous ferez peut-être un meilleur score. Mais avant d'avoir une majorité absolue, vous savez bien que le chemin est très long.
Donc s'il y a une nouvelle dissolution et que vous n'avez pas de majorité absolue, vous n'aurez même pas le courage de ce que vous dites, de prendre le pouvoir en ayant une majorité relative. Donc vous voyez qu'en fait, c'est une impasse cette affaire.
Non, c'est absolument pas une impasse, d'ailleurs, parce qu'aujourd'hui, personne n'a la majorité, parce que ce gouvernement de briques et de brocs, on le voit bien, est incapable d'imposer un budget parce qu'il n'y a pas de consensus possible. Vous ne répondez pas à ma question si vous n'avez pas cette majorité. Si vous me laissez pas parler, je ne vais pas y répondre.
Oui, parce que je vous connais, vous savez.
Mais moi aussi, je vous connais depuis longtemps. Et donc, c'est impossible et il faut changer la situation. Vous me dites que les élections, ça coûte de l'argent. Oui, d'accord, mais... L'économie, pas l'élection d'ailleurs. On va quoi ? On va décider qu'on est en dictature pour faire des économies. Tout cela n'a pas de sens. L'échec de M. Béroud, c'est l'échec d'une vision du monde. De se dire, on est foutu. Il y a la mondialisation, on ne réindustrialisera pas. Nous donner ça à l'immigration, on ne peut rien faire. Et donc, évidemment, la France n'a plus de croissance. La France ne produit plus. La France ne crée plus de richesse.
Et donc, le peu de richesse qu'il reste, eh bien, on va le ponctionner pour essayer de faire en sorte qu'on survive. Nous, on ne veut pas de cette musique de survie. On veut que la France continue... Se remette à produire. Qu'elle se remette à créer des richesses. Qu'elle se remette à travailler. Et pour ça, il faut faire exploser les normes. Faire baisser la fiscalité. Or, chaque jour que Dieu fait, c'est l'inverse qui se passe. Et donc, chaque jour qu'il nous éloigne d'une nouvelle Assemblée nationale, c'est plus de migrants, c'est plus d'impôts, c'est plus de normes, c'est plus d'États, c'est donc moins de France.
Et que ferez-vous si vous avez une majorité relative ?
Mais nous n'irons pas gouverner. Mais voilà. Si on ne peut pas gouverner. Sauf qu'aujourd'hui, la France est ingouvernable. Alors, tant on le coup. Et puis, moi, je ne crois pas. Je suis désolé. Il y a des centaines de nos candidats qui ont fait entre 49 et 50 %. et qui ne sont pas passés parce qu'un type de droite s'est désisté pour un type de LFI ou l'inverse. Donc, ça n'aura plus lieu. Ceux-là vont être élus. Et donc, nous nous approcherons de la majorité ou nous aurons la majorité. En tout cas, ça vaut le coup d'être tenté parce que ce qui est en jeu, c'est l'avenir de la France.
Pardon, mais s'il n'y a pas de dissolution, il faudra bien nommer un nouveau Premier ministre à la place de François Bayrou. Vous n'avez pas réagi à ce pauvre Gérald Darmanin qui a donné ce meeting à Tourcoing. Allez-y, Bruno Jeudy. Est-ce qu'il sort du bois au bon moment ?
Je pense qu'il tient la corde. Il est l'un des... Parce qu'aujourd'hui, les choses sont simples. Il va chercher... Le président de la République va chercher à nommer un successeur à François Bayrou. Son réflexe naturel, ça va être regarder dans son camp. Je ne crois pas qu'il ira regarder et de regarder dans son camp. Est-ce que ça n'a pas marché ? Il n'a plus beaucoup de cartouches. Donc, il va regarder. Évidemment, il y en a de moins en moins. Et il va essayer de trouver des gens expérimentés. La situation politique le nécessite.
Et Gérald Darmanin est probablement un de ceux qui tient la corde avec le ministre des Armées et peut-être la ministre des Affaires et Sociales si on reste dans le camp, j'allais dire, dans le périmètre du bloc central. Après, ce serait un autre choix et peut-être une surprise que le président trouve un personnage apolitique. On peut aussi penser que le ministre de l'Économie, Éric Lombard, qui avait été appelé à la surprise générale plutôt apolitique, mais il a fait un petit peu de politique, une sorte de Raymond Barre maigre, a dit tout à l'heure... On vient de gauche. Raymond Barre de gauche aussi. Mais plutôt de gauche.
En l'occurrence, pour le budget 2025, c'est vers la gauche que c'est tourné. Et c'est vrai que, comme on l'a dit tout à l'heure, il y a eu une rupture pour des raisons diverses. Ce serait long d'expliquer. Mais je pense que l'affaire Betaram a eu aussi un poids considérable dans la rupture avec les socialistes. Pour François Bayrou, ça n'a plus été possible de jouer la carte socialiste.
Éric Lombard, peut-être. Il n'a pas d'autre choix que de se tourner vers le bloc central, Emmanuel Macron ?
Si, il aurait d'autres choix. Mais il ne le fera pas, en tout cas pas spontanément, parce que tout candidat venu de la gauche va prendre comme mesure phare de revenir, par exemple, sur les retraites à 60... Revenir sur la réforme des retraites. C'était ça qui avait crispé immédiatement lors de la rencontre entre Bernard Cazeneuve et Emmanuel Macron en septembre dernier. C'est-à-dire qu'il se serait admettre que ce serait détricoter son bilan. Donc il ne veut pas. Donc en ce moment, il y a les pistes qui circulent.
Mais a-t-il vraiment le choix ?
Non, mais bien sûr. En fait, il n'y a aucune solution qui fonctionne réellement. Donc spontanément, il va chercher dans son camp, mais les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Le Cornu, le nom avait été cité. Darmanin, le nom est cité. Ils sont très proches avec le chef de l'État. Il y a aussi quelques petites musiques autour de quelques figures de la Macronie de gauche, comme Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, ou Agnès Pannier-Runacher qui est la ministre de la transition écologique. Arrêtez !
Laurent Jacobi est en train de faire un malaise. Tout ça ne prend pas les cartes. On est en train de vous dire ce soir
que la prime à l'échec va continuer. M. Darmanin, que vous avez cité, il a été ministre du budget. Du budget ! Il a donc sa part de responsabilité dans la faillite de la France qui s'annonce. M. Darmanin a été ministre de l'Intérieur. Il a fait une belle réforme au budget. Il a laissé... Chapeau, joli résultat. Il a laissé augmenter, filer l'immigration. Il a été incapable de faire exécuter les OQTF. Donc quand on a échoué, sous Macron, on est récompensé. Eh bien, excusez-moi, mais à la fin, c'est les Français qui...
D'accord, mais il va bien falloir quand même se pencher sur un nom, Laurent Jacobi, s'il n'y a pas dissolution. Par exemple, vous préférez qui entre Gérald Darmanin et Bruno Retailleau ?
Mais je n'ai aucune préférence. Moi, le nom des acteurs m'importe peu. Ce qui m'intéresse, c'est le scénario. Or, le scénario sera macroniste, donc le scénario, nous le rejetons. Comment voulez-vous que le prochain Bérou, qu'il s'appelle Darmanin, Retailleau, Tartampion, arrive avec le même budget devant la même Assemblée nationale et ne saute pas ? Mais est-ce qu'un jour,
vous pensez que vous... Parce que vous voyez bien, toutes les démocraties européennes, aujourd'hui, vous savez, elles vivent des compromis. Bien sûr. en Allemagne, par exemple, pour faire fonctionner le pays, le pays qui est aussi en difficulté économique.
Alors, faisons la proportionnelle, monsieur Jeudy.
Faisons la proportionnelle.
Mais c'est ce que vous a proposé, François Bayrou. Mais il ne l'a pas fait. Toutes les démocraties...
Laurent Jacobelli