L’INTERVIEW POLITIQUE – Christian Estrosi, maire de Nice, vice-président du parti Horizons, invité de Damien Fleurot
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Est-ce que ça va dans le bon sens aujourd'hui, selon vous, Christian Estrosi ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Je voulais qu'on aborde avec vous le sujet ce matin de l'immigration, notamment dans votre département.
- 2:50RelanceRéponse directe
Mais est-ce qu'il avait raison, Gérald Darmanin ?
- 4:36ComplaisanteRéponse directe
De donner plus de pouvoir aux collectivités, aux élus de terrain.
- 5:16RelanceRéponse directe
Mais ces mesures de restriction, de contrôle, plus importants, vous les portez au nom des élus de terrain, des maires notamment, des responsables de collectivité, ou en tant que vice-président du parti Horizon, intégrés à la majorité ?
- 7:39OuverteRéponse partielle
Vous pensez qu'elles seront acceptées par les députés, par exemple, du groupe Renaissance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Ça va dans le bon sens, mais à deux conditions. »
- 0:45Invité politiqueFait
« La France a commis, et ses gouvernements successifs, des erreurs que nous payons lourdement aujourd'hui d'avoir reculé sur le nucléaire ces dernières années. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Une électricité propre, parce qu'il n'y a rien de plus propre au moment où il faut arriver à faire baisser notre empreinte carbone que l'énergie nucléaire. »
- 2:11Invité politiquePromesse
« moi je demande à l'État et au gouvernement de garantir aux Français que leur facture va baisser. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Naturellement, nous savons très bien que l'Italie est un pays extrêmement exposé, parce que c'est une péninsule au milieu de la Méditerranée et que c'est la voie de la facilité pour traverser la Méditerranée depuis la Tunisie, depuis la Libye, qui sont en face. »
- 3:30Invité politiqueFait
« nous avons, pour quelques-uns d'entre nous, qui sommes des héritiers, je dirais, des républicains versus Sarkozy, toujours demandé un Schengen réduit à quelques pays qui soient capables de s'entraider pour qu'il y ait une frontière que nous protégions ensemble. »
- 4:45Invité politiqueFait
« Pour la première fois, on voit vraiment des notions de devoir face à ceux de droit en matière d'immigration. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Le visa étudiant, on sait que c'est une facilité pour certains, sous le biais d'un visa étudiant, de ne pas faire d'études. Et puis, au bout d'un certain temps, d'être régularisable. »
- 6:22Invité politiqueFait
« En matière de regroupement familial, nous sommes, malgré tout, nous les maires, les mieux placés pour opérer un véritable contrôle sur les ressources, sur les capacités d'accéder à un logement, à un hébergement. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Je citerai une troisième mesure sur les mariages blancs, sur les mariages gris, sur les parentalités de complaisance. »
- 6:50Invité politiqueFait
« aujourd'hui, quand je m'oppose à célébrer un mariage blanc ou un mariage gris, le procureur de la République, au bout de 15 jours, me fait une obligation de célébrer le mariage. »
- 14:19Invité politiqueChiffre
« C'est quand même plus d'un milliard de cent millions d'euros chaque année qui sont dépensés là où les Français n'ont pas le bénéfice de l'accès à la santé dans les mêmes conditions que ce que l'on accorde à des étrangers. »
- 17:24Invité politiquePromesse
« moins 25% d'empreintes carbone d'ici 2025, moins 50% d'ici 2030 et pour avoir la trajectoire de la neutralité carbone à 2050. »
- 19:41Invité politiqueFait
« Nous-mêmes, aux urgences, nous sommes souvent confrontés à des agressions de personnel. »
Temps de parole
- Christian Estrosi79 %
- Présentateur21 %
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Bonjour, Christian Estrosi. Bonjour. Vous êtes maire de Nice, vice-président du parti Horizon. Je voulais vous faire réagir, puisque vous avez aussi été chargé du portefeuille de l'industrie dans un ancien gouvernement. Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, confirme ce matin la nationalisation à 100% de l'entreprise EDF. Un contrôle par l'État, dit le ministre de l'économie, avec une exigence demandée à l'entreprise d'augmenter sa capacité de production d'électricité nucléaire. Est-ce que ça va dans le bon sens aujourd'hui, selon vous, Christian Estrosi ?
Ça va dans le bon sens, mais à deux conditions. D'abord, la France a commis, et ses gouvernements successifs, des erreurs que nous payons lourdement aujourd'hui d'avoir reculé sur le nucléaire ces dernières années. Nous avons donc un retard considérable à rattraper qui a un coût énorme. Et il est évident que cette nationalisation peut permettre de rassembler, de fédérer les moyens pour aller le plus vite possible dans le rattrapage de ce retard. Puis deuxièmement, c'est dire aux Français quels avantages ils vont en tirer. Une électricité peut-être moins chère, dans tous les cas de décarbonée ?
Un, une électricité propre, parce qu'il n'y a rien de plus propre au moment où il faut arriver à faire baisser notre empreinte carbone que l'énergie nucléaire. Mais deux, les Français ne comprennent plus aujourd'hui, alors que la France est le pays européen qui produit l'électricité la moins chère, de voir leur facture d'électricité et d'énergie au prix où on leur fait payer aujourd'hui. Tout ça pourquoi ? Parce qu'en la produisant la moins chère, on la revend à des distributeurs à un prix assez faible, mais qui la revendent aux Français à un prix très élevé. Avec des marges ?
Avec des marges conciliables, et donc dès lors que l'État reprend la main à 100% sur EDF, moi je demande à l'État et au gouvernement de garantir aux Français que leur facture va baisser.
Christian Estrosi, vous êtes donc maire de Nistre. Je l'ai dit, je voulais qu'on aborde avec vous le sujet ce matin de l'immigration, notamment dans votre département. Catherine Colonna, la ministre des Affaires étrangères, se rendra en Italie ce jeudi. Rencontrer son homologue, c'est un retour à la normale de nos relations avec notre voisin alpin. C'est de bonne augure. On se souvient que début mai, Gérald Darmanin avait allumé le feu, si on peut dire, en jugeant que la première ministre italienne était incapable de régler les problèmes migratoires. Mais est-ce qu'il avait raison, Gérald Darmanin ?
Naturellement, nous savons très bien que l'Italie est un pays extrêmement exposé, parce que c'est une péninsule au milieu de la Méditerranée et que c'est la voie de la facilité pour traverser la Méditerranée depuis la Tunisie, depuis la Libye, qui sont en face, et ensuite venir vers les pays les plus attractifs pour l'immigration, comme la France. Donc que le gouvernement italien, quels que soient ses dirigeants, soit confronté à cela, ça nécessite une forme de solidarité européenne.
Voilà pourquoi nous avons, pour quelques-uns d'entre nous, qui sommes des héritiers, je dirais, des républicains versus Sarkozy, toujours demandé un Schengen réduit à quelques pays qui soient capables de s'entraider pour qu'il y ait une frontière que nous protégions ensemble. Ça n'a pas été le cas, malheureusement.
Et donc aujourd'hui que nous reprenions à tâche avec l'Italie, moi qui suis favorable à construire une euro-région entre Nice, Impéria qui est la capitale de la province voisine en Ligurie, Cuneo qui est la capitale de la province voisine dans le Piémont, par exemple, je ne peux que m'en réjouir parce que si nous regardons l'avenir transfrontalier européen de cette manière avec des euro-régions qui, elle-même, est une forme d'interventionnisme sur la gestion des flux migratoires, nous pourrions être plus forts. Voilà pourquoi je propose des avancées aussi en matière de décentralisation. Je vois ce grand débat. Je suis favorable au texte de Gérald Darmanin, d'ailleurs.
De donner plus de pouvoir aux collectivités, aux élus de terrain.
Oui, je trouve que les dispositions du texte Darmanin sont intéressantes. Pour la première fois, on voit vraiment des notions de devoir face à ceux de droit en matière d'immigration. Je vois sa volonté aussi d'aller vers des simplifications de procédures, là où on est confronté à des recours à répétition qui font qu'on n'arrive jamais au bout des contentieux. Et enfin, l'application accélérée des obligations de quitter le territoire français. Et donc, ce sont autant de mesures que je soutiens. En même temps, au nom d'un grand nombre de maires qui sont autour de moi, nous avons des propositions à faire. Je les mettrai sur la table d'ici quelques jours. Je m'en entretiendrai.
Vous allez rencontrer justement le ministre de l'Intérieur aujourd'hui.
Donc, naturellement, je veux en discuter avec lui. Et je ne les étalerai pas ce matin. Mais à titre d'exemple, je peux en citer trois sur lesquels nous pourrions d'ailleurs aider l'État français et lui demander de nous confier cette responsabilité. Le visa étudiant, on sait que c'est une facilité pour certains, sous le biais d'un visa étudiant, de ne pas faire d'études. Et puis, au bout d'un certain temps, d'être régularisable. Que nous ayons un droit de contrôle sur l'effectivité. Réduire le nombre de visas donnés aux étudiants étudiants. Non, que nous, maires, nous puissions contrôler l'effectivité des études. Mais pour réduire, finalement, est-ce que vous dénoncez comme situation ?
À partir du moment où on constate qu'il n'y a pas d'effectivité des études, qu'on puisse, à ce moment-là, retirer ce visa étudiant. En matière de regroupement familial, nous sommes, malgré tout, nous les maires, les mieux placés pour opérer un véritable contrôle sur les ressources, sur les capacités d'accéder à un logement, à un hébergement, et là aussi, de pouvoir avoir un droit d'intervention. Et puis, je citerai une troisième mesure sur les mariages blancs, sur les mariages gris, sur les parentalités de complaisance.
Aujourd'hui, quand je m'oppose à célébrer un mariage blanc ou un mariage gris, le procureur de la République, au bout de 15 jours, me fait une obligation de célébrer le mariage. Et bien que, sous le biais d'un droit de conscience morale, je puisse faire un article 40 et poursuivre, et de ne pas célébrer ceux qui voudraient se livrer à ces mariages blancs.
Ce sont des mesures, on les entend, vous en citez trois ce matin, qui visent à restreindre, à limiter le flux migratoire.
Mais dont je veux discuter d'abord avec le ministre de l'Intérieur.
Mais ces mesures de restriction, de contrôle, plus importants, vous les portez au nom des élus de terrain, des maires notamment, des responsables de collectivité, ou en tant que vice-président du parti Horizon, intégrés à la majorité ? Vous pensez qu'elles seront acceptées par les députés, par exemple, du groupe Renaissance ?
Vous voyez, la force d'Horizon, c'est d'être sans doute la seule formation politique dans notre pays, qui se reconnaît dans la majorité présidentielle naturellement, mais qui a trouvé un juste équilibre dans la gouvernance de son mouvement sous la présidence d'Edouard Philippe, entre des parlementaires et des élus locaux, parce qu'au fond, quand on légifère aujourd'hui, dès lors qu'il n'y a plus de cumul des mandats entre les deux, que d'abord il y ait une discussion et un débat entre les maires et les parlementaires, naturellement permet que nous n'ayons pas des décisions législatives, réglementaires, qui soient prises alors que c'est sur nos territoires que nous sommes confrontés à la gestion de ces problèmes migratoires qui ne sont pas sans conséquence, notamment en matière de sécurité.
Et nous voyons bien que, dans la lutte contre le trafic de drogue qui prend des proportions considérables dans notre pays, oui, mais c'est un sujet. Aujourd'hui, les grands caïds de la drogue s'appuient d'abord sur des mineurs clandestins parce qu'ils savent que leur filière ne risque pas grand-chose à cause de mesures législatives qui ne correspondent pas à ce que nous vivons dans la vraie vie de l'administration de nos collectivités.
François Sauvadet, justement, que vous connaissez bien, président de l'Assemblée des départements de France, a dénoncé justement une situation explosive dans votre département des Alpes-Maritimes, notamment face à l'afflux, vous venez d'en parler, de mineurs non accompagnés et étrangers. Est-ce que vous allez demander des renforts, des forces de sécurité supplémentaires pour mailler votre territoire et notamment la frontière avec l'Italie ?
Chez moi, il y a deux sujets. D'abord, ce ne sont pas forcément des gens qui franchissent simplement la frontière pour s'arrêter là. Ils traversent toute la France et ils vont jusque dans le nord. et le problème que je viens de rappeler sur l'usage des mineurs clandestins, aujourd'hui, tous mes collègues de France, à l'Est, à l'Ouest, au Nord, au Sud, me disent qu'ils sont tous confrontés au même problème, le trafic de drogue. Aujourd'hui, ça appuie de plus en plus là-dessus.
Avec la difficulté de déterminer l'âge de ces gens.
Il y a un sujet à voir aussi avec le consommateur lui-même qu'il faudrait peut-être un peu plus cibler. Mais il y a aussi un autre sujet sur les mineurs. C'est que les conseils départementaux ont la responsabilité de prendre en charge les mineurs qui sont livrés eux-mêmes. Et dans mon département, malheureusement, il n'y a pas assez de places qui sont ouvertes par le conseil départemental pour y faire face. Et naturellement, ils sont une proie facile,
notamment pour les trafiquants de drogue. Vous demandez l'ouverture d'un centre de rétention, notamment à côté de la commune de Nice. Cela ne plaît pas ?
Non, je ne le demande pas à côté. Je demande aujourd'hui une extension du centre de rétention administrative qui n'a que 40 places. Et quand on sait que la rétention administrative ne peut pas dépasser 15 jours, vous comprenez bien ce qui peut se passer. Et j'ai moi-même proposé un bâtiment de la ville de Nice qui est assez sécurisé pour que nous puissions créer 60% de places supplémentaires. C'est des sujets dont je parlerai avec le ministre de l'Intérieur. Maintenant, je suis aussi solidaire d'un collègue maire de ma métropole, voisin, pour que ne lui soit pas forcément imposé sans qu'il y ait un dialogue préalable, des conditions avantageuses aussi pour sa commune.
Si celui-ci, le centre de rétention administrative, devait trouver place là, que ça ne se fasse pas en accord avec lui. Tout doit se faire dans un esprit de dialogue avec les élus territoriaux. On fonctionne à l'échelle d'une grande métropole où nous sommes solidaires les uns des autres.
Christian Estrosi, on a entendu vos propositions ce matin sur le sujet de l'immigration, mais finalement, ce sont sans doute celles du parti Les Républicains, votre ancienne famille politique, qui vont être scrutées par le ministre de l'Intérieur, par le gouvernement, en raison de leur poids à l'Assemblée nationale et au Sénat. leur capacité à faire tomber un exécutif, l'exécutif d'Elisabeth Borne, dans une interview dimanche, au journal du dimanche, Éric Ciotti, entouré des deux patrons des groupes parlementaires, a détaillé tout simplement un texte de loi sur ce sujet de l'immigration.
Il est question notamment de dérogation au droit européen, de rétablissement du délit de séjour clandestin, de la fin de l'aide médicale d'État. Vous allez aussi, dans ce sens, ces propositions vous satisfont-elles ?
Mais, on sait très bien que c'est une posture. C'est une posture pour essayer de trouver une place. Et si on fait une superposition avec la plupart de ces mesures, avec celles du Rassemblement national, je pense que les Républicains font encore une course à l'échalote qu'ils perdront, parce que depuis des années, on voit bien qu'après une trentaine de lois votées, dont les Républicains, dont j'ai fait partie, sont eux-mêmes à l'origine, aujourd'hui, on en est encore à discuter d'un certain nombre de sujets.
La fin, par exemple, de l'aide médicale d'État, vous avez plaidé en...
Non, mais il y a trois catégories dans ce qui est proposé par les Républicains, car naturellement, je souhaiterais que nous puissions arriver à... À un accord. À une sorte, sur tous les textes et sur tout ce qui concerne les besoins pour la France de retrouver une forme de dynamisme économique, social, une majorité intelligente de coalition avec des accords sur un certain nombre de sujets et sur celui-là notamment. Mais je ne suis pas convaincu de la bonne foi des Républicains. Il y a trois sortes de propositions de leur part. Une qui se superpose totalement avec les propositions de la loi d'Armanin et naturellement, je ne peux qu'être d'accord.
Une deuxième série où nous avons notamment l'aide médicale d'État ou la réciprocité. Vous avez dénoncé à l'époque. Il y a quelques années des abus. Et je dois dire que je suis assez favorable sur ce sujet quand on pense qu'il y a des Français qui n'ont pas les moyens de se soigner correctement et que c'est... Donc vous dites fin de l'aide médicale d'État sauf pour les sujets de santé humanitaire. C'est quand même plus d'un milliard de cent millions d'euros chaque année qui sont dépensés là où les Français n'ont pas le bénéfice de l'accès à la santé dans les mêmes conditions que ce que l'on accorde à des étrangers.
Donc naturellement, c'est un sujet aussi humanitaire et qui mérite d'être discuté. Mais c'est un sujet qui doit être abordé. Et il y a aussi un point sur lequel je suis plutôt d'accord. C'est la réciprocité avec les États qui, en matière consulaire, refusent de reprendre les délinquants qui sont originaires de leur pays. Et donc... Et on se souvient de la tournée au Maghreb
du ministre de l'Intérieur sans beaucoup de résultats.
Il y a un troisième volet qui est très important et qui, lui, est très caricatural et qui est totalement inconstitutionnel. Donc naturellement, on peut faire beaucoup de populisme à peu de frais, notamment quand on veut sortir du droit international, du droit européen, c'est-à-dire faire exploser l'Europe tout simplement. Il y a une constitution dans notre pays. On sait que pour modifier la constitution, il faut une majorité qualifiée des deux tiers Sénat et Assemblée. Donc on a compris.
Ils sont dans une posture.
C'est ce que vous nous avez dit
ce matin. Je voudrais qu'on aborde le sujet de la transition écologique. Hier, la première ministre, Elisabeth Borne, a réuni un Conseil national de la transition écologique. il faut trouver 300 milliards d'euros pour tendre vers la neutralité carbone, augmenter la fiscalité des Français les plus aisés. C'est une proposition faite par l'économiste Jean Pisani-Ferry. Est-ce que ça peut aller dans le bon sens, un partage de l'effort, mais accentué pour ceux qui le peuvent ?
Je dirais que d'abord, nous avons tous un devoir. Je recevrai le sommet de l'océan en 2025 après New York en 2017 sous l'égide de l'ONU et Lisbonne en 2022. C'est la France qui les recevra et je suis fier de les recevoir à Nice. Aujourd'hui, nous sommes une veille à la fois verte et bleue. Nous savons quels sont les enjeux sur le verdissement, sur la perméabilisation des sols, sur les isolations thermiques, sur la mobilité, sur l'usage des énergies renouvelables. Et naturellement, tout ça coûte beaucoup d'argent. Donc, je dirais que prendre au plus aisé, naturellement, on ne peut pas dire au plus modeste, c'est à vous qu'on va le prendre.
Donc, vous dites, mettons ce sujet dans le débat politique aujourd'hui. Je dis, plutôt que d'utiliser l'expression les plus aisées, prenons plutôt les plus pollueurs. Les entreprises, les grandes industries. Et ceux qui n'acceptent pas à intégrer dans une part de la gestion de leur entreprise, une part de RSE qui accompagne les objectifs que nous fixe le GIEC, à savoir moins 25% d'empreintes carbone d'ici 2025, moins 50% d'ici 2030 et pour avoir la trajectoire de la neutralité carbone à 2050.
En tout cas, au niveau de ma ville et de ma métropole, sachez que ces trajectoires, nous les tenons avec des investissements qui sont considérables, c'est une forme de courage parce que naturellement, on est dans cette société de l'immédiateté où il faut répondre à la sécurité, à la santé, à l'éducation, c'est du quotidien auquel il faut répondre et naturellement, quand vous dites aux Françaises, aux Français, on va prendre telle mesure sur la mobilité, sur la démolition des îlots de chaleur pour créer des îlots de fraîcheur en cœur de ville, ça fait des chantiers qu'ils ne comprennent pas toujours, ils pensent que c'est de la dépense publique superflue et donc, il faut du courage, il faut aussi assumer le courage de l'impopularité quelquefois pour les collectivités, pour l'État, pour les entreprises, je préfère parler des entreprises de l'État, des collectivités et naturellement des entreprises et notamment des multinationales qui dégagent le plus de dividendes que de parler des plus riches et des plus aisés, ce qui est une formule un peu trop facile.
Le ministre de la Santé, François Braun, a annoncé ce matin le décès de cette infirmière de l'hôpital de Reims, se pose la question de la sécurisation de ces établissements de santé où les incivilités sont fréquentes à l'endroit du personnel soignant. Est-ce que, par exemple, avec les agents de la police municipale, il est possible, en lien avec l'État, de venir en aide à ces personnels soignants qui, parfois, tirent la sonnette d'alarme ?
C'est ce que nous faisons. D'abord, j'ai une pensée pour les familles et pour les collègues de cette infirmière qui a disparu pour Arnaud Robinet, le maire de Reims. Je sais ce qu'un maire peut ressentir dans ces moments-là. on est en tant que maire président du conseil de surveillance de son établissement hospitalier. Nous-mêmes, aux urgences, nous sommes souvent confrontés à des agressions de personnel. Et donc, nous avons des accords partenariats où nous plaçons des caméras dans le périmètre de notre CHU, où nous positionnons régulièrement des policiers municipaux par convention avec la police nationale.
Mais voyez-vous, aujourd'hui, regardez ces policiers nationaux qui sont décédés face à ce délinquant. Regardez ce personnel soignant. Regardez nos pompiers. Regardez tous ces gens qui se dévouent pour protéger nos concitoyens. Je dis qu'il doit y avoir une unité nationale autour de tous ceux qui se sont engagés dans la vie publique pour nous protéger, pour nous sauver, pour nous accompagner dans les pires des épreuves. Et ça doit aussi nous rappeler combien dans ces temps-là nous avons besoin de cette unité dans notre pays.
Merci beaucoup, Christian Estrosi, d'être venu sur le plateau d'LCI répondre à nos questions. et donc,
on va s'envoyer à nos questions. Merci. Merci. Merci. Merci.
Christian Estrosi