Aurore Bergé de passage sur le plateau de L'union à la Foire de Châlons
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse directe
Vous êtes ministre de l'égalité homme-femme et de la lutte contre les discriminations. Avant d'aborder votre visite, revenons sur l'annulation de la tournée de Patrick Bruel que vous aviez appelée de vos vœux.
- 0:44RelanceRéponse directe
Comment voyez-vous cette annulation ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Les candidats à la présidentielle ont-ils pris la mesure des violences faites aux femmes et aux enfants ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Suite à l'affaire Liyana, pensez-vous que la société a pris la mesure des choses et est engagée dans la bonne voie ?
- 5:37OuverteRéponse directe
Comment voyez-vous le débat sur le voile qui revient sur le devant de la scène ?
- 8:11OuverteRéponse directe
Pourquoi est-il important d'avoir une journée nationale des agricultrices et pourquoi être présente aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Fait
« Je pense que les conditions n'étaient pas réunies, n'étaient plus réunies pour que ces concerts puissent se tenir pour la sécurité des personnes. »
- 2:37Fait
« On sait qu'on a des territoires qui sont plus vulnérables que d'autres notamment ruralité parce que quand vous n'êtes pas anonyme, c'est encore plus difficile de vous engager dans une épreuve judiciaire. »
- 3:49Chiffre
« Avant 2017, il y avait pas une seule maison de protection des familles en France. On en a une dans chaque département. »
- 5:02Fait
« Il y a pas un profil type de victime, il y a pas un profil type d'auteur de violence faite aux femmes ou faite aux enfants. »
- 5:37Promesse
« Avant la fin de l'année, dans chaque hôpital de France avec un service d'urgence ou un service gynécologique, on pourra porter plainte directement à l'hôpital. »
- 8:11Chiffre
« Aujourd'hui c'est 1/4 des chefs d'exploitation qui sont des femmes. »
- 8:47Chiffre
« On sait qu'on a près de la moitié des chefs d'exploitation qui vont partir à la retraite. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour et bienvenue sur le stand de l'Union à la foire de Châlons. Bonjour Marlène Schiappa. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui. Vous êtes ministre de l'égalité homme-femme et également ministre de la lutte contre les discriminations. Avant d'aborder ce qui vous a amené aujourd'hui à cette visite sur la foire de Châlons, je voulais revenir avec vous sur une une actualité qui a été qui a beaucoup fait parler cette semaine, c'est l'annulation par Patrick Bruel de sa tournée de concerts. C'est une annulation que vous aviez appelé de vos vœux quelques jours auparavant. Est-ce que vous pensez que c'est Comment vous voyez cette annulation de ? Moi je l'avais dit en effet, je pense que les conditions n'étaient pas réunies, n'étaient plus réunies pour que
ces concerts puissent se tenir pour la sécurité des personnes, pour celles et ceux qui sont engagés sur cette tournée, pour la sérénité aussi des débats qu'on doit pouvoir continuer à avoir. Je pense que c'est pas enfreindre la présomption d'innocence que de dire ça, c'est juste constater qu'on a une dizaine de plaintes aujourd'hui, qu'on a plusieurs mises en examen, que ça crée une émotion particulière et légitime évidemment au sein de la société française. Donc il y a pas à condamner par avance, mais il y a pas non plus à mettre systématiquement en accusation les femmes qui s'expriment. Moi ça fait maintenant quelques temps que je suis ministre justement en charge de la lutte contre les violences faites aux femmes et on ne cesse de dire aux femmes parlez.
Parlez, ayez le courage de dire, ayez le courage d'engager ces procédures judiciaires. Puis au moment où elles le font, immédiatement le réflexe qu'on a n'est pas de les croire, de les accompagner, de les écouter. Le réflexe immédiat c'est pourquoi elles ? Et pourquoi ? Et quel est leur ? Comme s'il y avait toujours un intérêt caché à révéler les violences qu'on a subies. Donc ça ne se passe pas comme ça et donc je pense que la société et heureusement a profondément évolué de ce point de vue-là, n'admet plus justement qu'on mette en accusation les femmes et tant mieux et puis maintenant il y a un temps judiciaire qui s'ouvre et ce temps judiciaire c'est pas à moi évidemment de me prononcer, ni à vous, ni à personne d'autre à part évidemment les magistrats qui auront à décider et établir la
vérité des faits. On le voit sur cette foire de nombreux candidats à la présidentielle se succèdent la campagne a déjà commencé cette question à la fois des violences faites aux femmes et plus largement des violences sexistes et sexuelles, je pense aussi des violences malheureusement qui sont trop souvent commises sur les enfants. Est-ce que c'est ce sont des des thématiques qui selon vous vous semble dans les candidats ont pris la mesure et ont pris la mesure du chantier qui reste encore devant nous à accomplir pour qu'on vive dans une société plus ? Je l'espère, je l'espère mais je sais aussi que le combat il est jamais gagné par avance et que penser que de génération en génération les choses iront forcément en s'améliorant, on a bien vu que ça n'était pas le cas. Ça
reste un combat et ça reste un combat qu'on doit mener qu'on doit mener dans la société, qu'on doit mener dans nos familles, qu'on doit mener dans la loi, c'est ce qu'on va faire avec la loi intégrale, qu'on doit mener partout sur le territoire. Moi je suis très attaché à ça. On sait qu'on a des territoires qui sont plus vulnérables que d'autres notamment ruralité parce que quand vous n'êtes pas anonyme, c'est encore plus difficile de vous engager dans une épreuve judiciaire et de révéler les violences. Quand vous avez des difficultés de mobilité, je rencontrais les associations aussi qui sont présentes à la foire de Châlons. Je crois que c'est un très beau symbole qu'elles soient là parce que partout il peut y avoir des victimes, partout il peut y avoir des témoins et partout on
peut aussi interpeller s'engager. Donc j'espère que les candidats vont toutes et tous s'engager sur ce sujet pas j'allais dire uniquement dans l'émotion du moment parce qu'on voit bien qu'une actualité chasse l'autre. On a une émotion qui a submergé le pays avec l'affaire Liyana. Cette émotion elle doit pas retomber. Elle va nous obliger chaque jour à nous interroger sur ce qui a dysfonctionné pour savoir comment on peut réparer, comment on peut faire mieux, comment on peut s'améliorer. Il y aura un débat parlementaire. J'espère que tous les groupes seront très mobilisés, très présents. Ce serait je pense pour les Français quelque chose qui les questionnerait si on avait des débats parlementaires avec très peu de parlementaires présents. On a ici des députés très engagés sur le territoire,
Lise Manier, Émilie Miller sur la question de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants et tant mieux parce qu'on a besoin d'avoir des parlementaires à bord sur ces sujets-là. Vous pensez justement que suite à l'affaire Liana, on a vraiment pris la la la mesure des choses que aujourd'hui on est engagé dans le le la bonne voie pour que ce qui s'est malheureusement passé euh ce qui est arrivé à cette petite fille ne se reproduise ? Alors, je crois que ce qui a changé c'est que ça a engagé toute la société parce que Mitou a été un mouvement international y compris français. On a eu ensuite plein de Mitou dans plein de secteurs d'activités différents où on a vu une parole qui progressivement se libérait. On a eu un Mitou même inceste il y a quelques années Camille Kouchner
par exemple qui ont révélé ce qui s'était produit au sein même de la famille parce que l'inceste c'est ce qui se passe au sein même de la cellule familiale. C'est-à-dire que celui qui doit le plus aimer, le plus protéger est celui qui abuse, abuse des corps, abuse de l'esprit, abuse de la confiance, abuse de l'amour que les enfants lui portent. Et c'est ça qu'il faut mesurer et c'est vrai que l'affaire Liana elle nous a fait prendre conscience aussi que justement les prédateurs ils sont pas à l'extérieur. Les prédateurs c'est aussi des gens qu'on connaît, c'est des gens qu'on côtoie. Euh il y a pas un profil type, il y a pas un profil type de victime, il y a pas un profil type d'auteur de violence faite aux femmes ou faite aux enfants. Donc je crois que la
société elle s'est pris ça de plein fouet en disant mais finalement c'est monsieur tout le monde. De la même manière que Mazon le procès Mazon avait produit ça avec Gisèle Halimi et Pedico parce que c'était des dizaines et des dizaines d'hommes mais c'était des dizaines et des dizaines d'hommes qui ressemblent à toutes à tous ceux qu'on peut connaître et qu'on peut côtoyer. Donc maintenant que la société a pris conscience de ça, bah il faut que nous on aille au bout. On a beaucoup fait depuis 2017, on a changé la manière de considérer les violences, la manière de les prendre en charge, de les accompagner sur les territoires. Ça a changé avec la major qui est en charge de la maison de protection des familles. Avant 2017, il y avait pas une seule maison de protection des familles en
France. On en a une dans chaque département et avant la fin de l'année, il y aura une maison de santé des femmes dans chaque département. Avant la fin de l'année, dans chaque hôpital de France avec un service d'urgence ou un service gynécologique, on pourra porter plainte directement à l'hôpital. Tout ça, ça a changé, mais il faut qu'on continue à s'y engager, qu'on relâche pas nos efforts et peut-être aussi, permettez-moi cette insiste, mais peut-être aussi qu'on y pense au moment de glisser un bulletin dans l'urne pour l'élection présidentielle prochaine. Est-ce que ce sujet il compte vraiment pour la personne pour laquelle on va voter, pour la présidentielle et ensuite pour les ? Dans le débat euh présidentiel cette semaine, la question du voile est revenue sur le le devant de la scène.
Comment euh comment vous voyez euh ce débat euh qui est en train de se nouer euh sur cette question-là et qui, encore une fois, euh porte sur des ? Alors, déjà, on voit bien que l'écran de fumée qu'avait représenté Jordan Bardella a maintenant s'est définitivement évaporé, on le voit sur les questions économiques, on le voit sur les questions de société, on le voit sur les questions d'immigration. Donc finalement, le Rassemblement National reste le Rassemblement National et donc on revient à des thématiques plus traditionnelles. Euh et je pense que là aussi ça dit quelque chose euh de ce qu'ils la supercherie qui a été celle du Rassemblement National pendant euh des mois ou même des années. Ensuite, sur la question du euh du voile, euh moi j'ai toujours une position extrêmement claire
euh qui est la question des enfants et de la protection légitime des enfants et la liberté des adultes. Et je pense qu'il faut qu'on arrive à distinguer les deux dans notre société. Moi, mais j'ai une petite fille qui va avoir 4 ans. À 4 ans, bah vous faites aussi ce que vos parents fixent comme cadre. Et donc une petite fille qui a 4 ans, qui a 5 ans, qui a 8 ans, elle n'a pas l'autonomie, elle n'a pas la liberté, elle n'a pas que la capacité à consentir comme une adulte de 18 ans, de 20 ans. Et donc moi, j'ai toujours dit et pensé que il fallait être très ferme sur le voilment des enfants parce que [grognement] imposer dès le plus jeune âge ce genre de code à nos enfants, ça n'est pas leur donner les meilleures chances de liberté, d'émancipation, mais qu'il
était hors de question qu'on vienne dans la rue demain euh et bien ? Aller mettre des amendes à des femmes de 20 ans, de 40 ans, de 60 ans parce qu'elles ont fait un choix. Ce qui compte c'est respecter les deux à la fois l'intransigeance sur les valeurs de la République, l'intransigeance sur la protection qu'on doit à nos enfants, le cadre d'émancipation qu'on doit à nos enfants et la liberté des femmes et des hommes et surtout des femmes d'ailleurs parce que c'est souvent d'abord elles encore une fois qu'on va cibler, qu'on va mettre en accusation. Aujourd'hui vous êtes présente à la foire de Châlons pour la 1re journée nationale des agricultrices, agricultrices c'est-à-dire des femmes qui ont une exploitation, qui reprennent une exploitation, qui lancent leur
exploitation. Pourquoi c'est important d'avoir ce type de journée et pourquoi c'était important pour vous aujourd'hui d'être ici à Châlons avec ? Déjà je voulais remercier parce qu'elles ont créé ces premières rencontres nationales des femmes agricultrices ici à la foire de Châlons. Moi je leur ai dit rendez-vous déjà l'an prochain parce que j'espère que ça deviendra un rendez-vous annuel non pas être uniquement sur le constat année après année mais qu'est-ce qui a évolué, qu'est-ce qui a progressé, comment on mesure l'évolution à la fois sur le nombre de chefs d'exploitation aujourd'hui c'est 1/4 des chefs d'exploitation qui sont des femmes et on sait qu'on a un défi majeur qui est la transmission. On sait qu'on a près de la moitié des chefs d'exploitation qui vont partir à
la retraite. Donc on pourra pas faire sans les femmes. Donc ceux qui aujourd'hui renâclent, ils renâcleront pas demain parce que de toute façon ils pourront pas transmettre sinon. Et on voit bien que cette dynamique elle commence profondément à s'engager et donc c'est aussi ce message que je veux porter c'est que c'est à la fois un enjeu d'égalité, un enjeu de justice évidemment que chacun ait sa place, que chacun ait son rôle dans la société, que chacun ait la liberté de choix et évidemment de sa carrière, de sa vie mais c'est aussi un enjeu économique, un enjeu stratégique. Et quand on parle d'agriculture, c'est un enjeu de souveraineté parce que le 1er enjeu de souveraineté d'un pays, c'est être en capacité que sa population se nourrisse. Et donc ça veut dire avoir des
agriculteurs et des agricultrices pour le faire. Merci beaucoup Madame Aubergé, merci d'avoir accepté notre invitation. Toute l'actualité de la foire de Châlons est à retrouver bien évidemment dans votre quotidien chaque jour mais également sur notre site internet lunion.fr et sur nos réseaux sociaux. Merci à tous.
Aurore Bergé