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ChroniqueCNEWS (sur YouTube)· 6 juillet 2026 10 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileSécuritéEurope & international

L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Marine Le Pen : une décision déterminante pour 2027 ?»

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Chapitres

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    « Marine Le Pen sera dans 24 heures si elle sera candidate à la présidentielle. Cette décision ne dépendra pas d'elle-même, ni du peuple, mais des juges qui ont le pouvoir de faire dévier dans un sens ou l'autre l'histoire de France. »
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    « Le RN, Marine Le Pen sont accusés globalement d'avoir, dit-on détourné des fonds du Parlement européen, donc de corruption. »
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    « Dès lors, vous êtes coupable de corruption et c'est facile d'exécuter les partis. »
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    « Plus que jamais, on verra à quel point la subjectivité pèse dans le choix des juges, dans la décision des juges. »
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    « Il y a des juges qui tout simplement aujourd'hui au nom d'une forme de puritanisme éthique veulent tout simplement déclasser le politique. »
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    « Si elle est restaurée dans ses droits, imaginons que ça arrive. Donc par quelle ruge juridique parviendront-ils à désavouer l'étape antérieure, le juge précédent qui l'avait condamné ? »
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    « Ces gens ont le pouvoir de frapper à partir de leur subjectivité. »
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    « Le RN de Marine, le RN de Bardella, c'est à peu près globalement avec des nuances la même chose. »
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    « Marine Le Pen, c'est une candidature très particulière incarnée dans la France populaire, attachée à la France populaire. »
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    « C'est la possibilité désormais pour une partie de la bourgeoisie de dire avec Bardella, nous sommes délivrés du nom Le Pen et nous embrassons désormais cette cette candidature. »

Temps de parole

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Marine Le Pen

Marine Le Pen sera dans 24 heures si elle sera candidate à la présidentielle. Cette décision ne dépendra pas d'elle-même, ni du peuple, mais des juges qui ont le pouvoir de faire dévier dans un sens ou l'autre l'histoire de France. La campagne présidentielle commencera-t-elle demain ? Mathieu Bot, en fait, vous connaissez ce film consacré au débarquement de Normandie, le jour le plus long. Et ben, je crois que c'est le jour le plus long de la vie de Marine Le Pen.

Elle doit compter les heures et en fait, elle n'est pas seule parce que l'ensemble de la vie politique française est accroché désormais à la décision d'un juge, à la décision de juges qui pourront oui ou non la sauver, oui ou non l'exécuter, oui ou non décider qu'elle a le droit d'aller à la rencontre des Français pour cette élection présidentielle. C'est ce qu'on pourrait appeler d'une certaine manière la primaire des juges. Il y a la primaire du centre, la primaire de la droite et la primaire des juges. Mais la primaire des juges décide qui sera le candidat du camp national l'an prochain.

Alors, je reviens sur les événements simplement pour rappeler ce dont nous parlons parce qu'au fil du temps, on en vient presque à perdre pourquoi se retrouve-t-elle là déjà ? Le RN, Marine Le Pen sont accusés globalement d'avoir, dit-on détourné des fonds du Parlement européen, donc de corruption. C'est c'est quand même le fond de l'affaire. Dans les faits, si on regarde comment ça se passe au Parlement européen avec le temps, c'est que dans les faits, ils sont tombés dans ce que j'appellerais le piège de l'argent européen. C'est-à-dire que le système de du Parlement européen donne beaucoup mais beaucoup mais beaucoup d'argent au parti.

D'ailleurs, au parlementaires aussi, ça permet de changer la vie. Vous pouvez désormais voyager en classe business tout le temps. Vous pouvez traiter les chauffeurs comme des des moins cœurs. Excusez-moi, je parle d'un autre parti. Vous parlez de ma Ah parce que si c'est vous vous y pensez alors [rires] alors quoi qu'il en soit, faut lire entre les lignes avec Mathieu côté. Oui, non, j'allais pas attaquer cette dame qui manifestement traite le petit personnel de manière un peu un peu c'est nouveau chez elle l'argent, sa pas quoi en faire. C'est un dossier, c'est un dossier qu'on a pas traité hein dans notre émission, on vient de le faire mais [rires] en secondes.

Et alors qu'est-ce qu'on voit ici ? Donc on a un système qui donne beaucoup d'argent au parti et les partis les utilisent comme ils sont. C'est des partis politiques pour faire de la politique. Le système du Parlement européen fonctionne autrement. Cela dit, c'est un argent qui a pour vocation de transformer les partis en agence de fonctionnaires politiques en quelque sorte. Donc vous pouvez recevoir de l'argent mais en fonction de la définition qui ou de l'orientation que dans l'Union européenne et d'une orientation toujours plus restrictive.

Et quand vient le temps de frapper un parti qui est vu comme un parti euh dangereux, un parti euh insurgé, un parti rebelle, et bien c'est très facile de mettre en marche une forme de procédure judiciaire sur le mode vous avez dépensé votre argent à l'extérieur des paramètres fixés par le Parlement européen. Dès lors, vous êtes coupable de corruption et c'est facile d'exécuter les partis. Donc, on attire les gens avec beaucoup d'argent, on leur dit "Oui, vous êtes des partis, faites l'usage que vous souhaitez." Et après coup, de manière rétroactive, souvent sous le signe de l'arbitraire, il est possible d'exécuter un parti ou de ne pas en exécuter d'autres si je peux me permettant.

Selon l'idéologie qui est la vôtre, la justice sera sévère à votre endroit ou non. Premier élément, tout le monde par ailleurs sait qu'il s'agit d'un procès politique au sens fort du terme, c'est-à-dire que c'est un procès qui peut influer sur l'histoire de enfin pas qui peut qui influence l'histoire de France. C'est sont des juges désormais avec un pouvoir immense, un pouvoir arbitraire, quoi qu'on en dise, je reviendrai dans un instant, qui peuvent décider qui concourra à la présidentielle. C'est une prise de pouvoir exceptionnelle dans l'histoire du pays. On parle souvent du coup d'état des juges, du gouvernement des juges. Là, c'est le point d'aboutissement de la chose.

Donc dans l'histoire de France, il y a une redéfinition de l'équilibre des pouvoirs qui s'est opéré depuis 30 ans. Et quand on parle de juge avec un pouvoir exagéré ou avec un pouvoir irresponsable mais tout-puissant, on en parle dans des sujets qui touchent à la sécurité ordinaire, mais on en parle aussi lorsqu'on parle de la présidentielle. Et il faut comprendre une chose ici. Plus que jamais, on verra à quel point la subjectivité pèse dans le choix des juges, dans la décision des juges. Parce qu'on le sait selon dans la lecture des éléments.

Plusieurs disent "On n'est pas d'accord avec cette décision de justice." Plusieurs disent "On pourrait lire ça autrement." Plusieurs disent "La peine est trop élevée." Donc il y a pas d'objectivité absolue du droit. Le droit n'est pas révélé comme s'il descend du ciel à la manière d'une évidence qui tous nous éblouit. D'aucune manière, dans le juge, il la subjectivité et on le sait, il y a des juges militants, d'accord ? Et au-delà des juges militants classiques syndicat de la magistrature, au-delà de ça, il y a des juges qui tout simplement aujourd'hui au nom d'une forme de puritanisme éthique veulent tout simplement déclasser le politique.

Il rêvent de déclasser le politique, de l'anéantir. Et de ce point de vue, c'est pour ça que je dis que c'est un moment important au-delà même du sort de Marine Le Pen parce que c'est un moment où il y a une prise de pouvoir définitive qui s'exerce. Ce sont eux qui décideront quelle que soit la décision. Alors, il y a deux options. Soit elle est restaurée dans ses droits de candidate. C'est possible, c'est pas une la rumeur à Paris. On sait ce qui se dit depuis des mois quand même. Certains disent elle sera restaurée. D'autres disent elle va se faire liquider. Donc tout le monde est persuadé de savoir ce qui se passe dans la tête du juge.

Moi ce qui me frappe c'est que si elle est restaurée dans ses droits, imaginons que ça arrive. Donc par quelle ruge juridique parviendront-ils à désavouer l'étape antérieure, le juge précédent qui l'avait condamné ? La justice, si elle se permettait de restaurer Marine Le Pen dans ses droits, avourait aux yeux de tous son imprécision. Elle avouait que d'un juge à l'autre, le résultat sur une question aussi fondamentale ne serait pas le même.

Dès lors, dans ce scénario, dans ce scénario et ben on verrait que sur des questions les plus fondamentales, des décisions qui touchent l'avenir du pays, voilà des gens qui ne sont pas élus, qui disposent d'un pouvoir immense, un pouvoir qu'on ne peut pas nommer la plupart du temps, ben ces gens ont le pouvoir de frapper à partir de leur subjectivité, j'y reviens. Par ailleurs, est-ce que la est-ce que le les juges vont désavouer leurs collègues ? Est-ce que la caste, la corporation comme ça, est-ce qu'ils accepteront finalement de sanctionner l'étage antérieur en disant "Désolé, vous avez fait un mauvais jugement, je la restaure dans ses droits démocratiques." On verra ça.

Où est-ce qu'encore une fois la justice va confirmer sa prise de pouvoir sur le processus électoral ? Est-ce qu'elle confirmera dès lors que elle décide d'exécuter quelqu'un ? Est-ce qu'elle décidera alors de dire maintenant c'est nous qui décidons qui peut être candidat ou non ? Ce qui est certain, c'est qu'à travers cela, si Marine Le Pen est restaurée dans ses droits, demain, c'est une possibilité, c'est pas certain, mais si elle est restaurée dans ses droits, elle écrira l'histoire d'une candidature qui va au-delà du programme politique, du discours politique.

Ce sera une candidature sous le signe de la résilience, c'est celle qu'on a voulu abattre [rires] à tout prix, qu'on a tout fait pour casser, qu'on a frappé à coup de gourdin et de hache et d'épé et d'albardes et qui à la fin réussit à renaître et encore mener sa bataille. De son point de vue, si elle réussit à s'en tirer demain, elle a une force de propulsion électorale tout à fait significative qu'il faut noter. Que Marine Le Pen soit candidate ou que Jordan Bardella le soit, il s'agira quand même d'un candidat du RN plébiscité par les sondages. S'agira-t-il du même RN ? Alors oui et non. Oui et non. C'est-à-dire oui parce que quoi qu'on en dise, la population se tourne vers ce parti.

Les gens lisent pas les programmes électoraux dans le détail, heureusement au nombre de sortis qu'on peut y trouver. Mais globalement, il voit pourquoi il vote. Donc le RN de Marine, le RN de Bardella, c'est à peu près globalement avec des nuances la même chose. Ça c'est le parti oui. Mais la partie non, c'est quand même significatif, c'est que Marine Le Pen, c'est une candidature très particulière incarnée dans la France populaire, attachée à la France populaire, c'est devenu d'une certaine manière celle qui incarne toute une partie de la France qui ne se reconnaît qu'en elle. Ça c'est un élément. Donc il y a une dimension populiste véritablement chez elle.

J'utilise pas le terme de manière péjorative. C'est une forme de contestation vive des élites et en plus avec la le parcours qui tient, elle peut dire "Mais franchement, j'ai tout traversé, je suis libre. Votez pour moi pour ma liberté, ma capacité à vous représenter. Mais le programme est plus fou, plus social, moins identitaire, bon moins libéral assurément." Dans le cas de Bardela, c'est autre chose. C'est véritablement la possibilité de l'Union des droits incarnées. Qu'est-ce qu'il représente symboliquement ? C'est l'accouplement du parti insurrectionnel avec la bourgeoisie.

C'est la possibilité désormais pour une partie de la bourgeoisie de dire avec Bardella, nous sommes délivrés du nom Le Pen et nous embrassons désormais cette cette candidature. Donc là, c'est ce que le créneau Union des droites en quelque sorte plus libéral, plus identitaire avec une forme de Shiraak 86 ou Sarco 2007 qui s'appellerait Bardella 2027. Ensuite, avec cela, il y a une question, c'est oui, mais on dit c'est un c'est un nouveau riche. C'est le sujet autour de sa compagne. Ça sa sera peut-être demain sa femme quand mais pour l'instant sa compagne. Et là, il y a une critique qui est assez vive.

On dit "Oui, mais regardez, vous prétendez parler des pauvres mais vous n'êtes plus pauvre vous-même. Vous n'êtes plus d'enfant des cité. Vous êtes aujourd'hui un homme prospère." Et là, il y a deux réponses pour lui. Soit il rate son coup et il a l'air d'un parvenu, soit il riche son coup, il dit "Non, c'est la méritocratie. Il n'est pas interdit de se hisser dans la société." Et par ailleurs, la véritable réponse en la matière, c'est le peuple ne demande pas des leaders qui vivent comme lui, mais des leaders qui ne n'ont pas de politique contre ses intérêts. Ça, je pense que c'est un élément intérêt important là-dedans.

Et par ailleurs, n'oublions pas une chose, au-delà des divergences de programmes relative entre les deux, le cœur du programme RN, c'est lutte contre l'immigration massive, lutte contre l'insécurité. Personne, je crois, fondamentalement, ne vote pour ce parti d'abord et avant tout pour sa ligne sociale, même si on peut l'apprécier ou non selon les circonstances. Peut-on s'attendre à ce que le pouvoir change de stratégie ? selon le candidat choisi par les juges.

Je crois je pense que dans le cas de Marine Le Pen, si elle revient, on va nous dire quand même, elle a perdu tellement souvent, elle va Oui, on l'a sauvé, on l'a mis sur le respirateur artificiel pour quelques mois, mais elle a perdu tellement souvent aux élections, elle va perdre encore une fois. Et on va jouer la cassette antifasciste sur le mode attention c'est les méchants le Pen, l'éternelle famille Le Pen, la famille noire sombre terrifiante de l'histoire de la 5e République. Bon, on connaît par cœur. Ça sera le processant antifascisme. Dans le cas de Bardella, on va nous faire le coup, on va jouer les les orques de Staline mais sur le mode de la compétence.

On va dire "Mais est-ce qu'on peut élire ce jeune homme est-il compétent ? Est-il formé pour gouverner l'État ? A-t-il la compétence nécessaire ?" Ce à quoi on pourra répondre par ailleurs que les compétents au pouvoir depuis longtemps, ce sont les compétents au pouvoir qui nous ont laissé l'immigration massive, l'insécurité systématique, une dette faramineuse, une économie plombée, une perte de souveraineté, euh des compétents comme ça, franchement, on s'en passerait. Donc, il y aura d'un côté la lutte antifascisme, de l'autre côté la lutte anti-incompétence. Dans tous les cas, nous sommes peut-être emportés par une vague historique.

C'està-dire quelque fois, il arrive qu'un peuple veuille s'insurger, veulent frapper fort, reste à voir cela le dit, si le système sera capable de les casser, ce n'est pas imaginable. Un système peut mal gouverner mais bien se défendre.