Budget, crise agricole : Lecornu à la recherche d’une voie de sortie
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et à la une de nos régions, c'est la mobilisation agricole qui se poursuit en Bretagne, notamment la coordination rurale qui poursuit son combat contre le Mercosur à Rennes. Une action a été menée dans les rayons de la grande distribution pour sensibiliser les consommateurs à l'origine des produits alimentaires et dénoncer la concurrence déloyale. On regarde ce reportage de TVRennes signé Philippe Bertouf.
C'est le Leclerc-Clenay à l'ouest de Rennes qui a été choisi par une dizaine d'agriculteurs de la coordination rurale pour une opération de détection de l'origine des matières premières intégrée dans les produits alimentaires. Premier exemple, la pomme.
Pomme origine Europe. Mais bon, c'est vague aussi parce que les conditions de production en Europe ne sont pas les mêmes entre la France, la Roumanie, la Pologne. Je voulais s'imaginer les différences de coûts de production. Sur les produits laitiers, même combat.
Le lait est-il toujours d'origine française ?
Là, lait origine Europe. On va coller notre petite étiquette Europe.
Une étiquette jaune pour dissuader les consommateurs d'acheter ce produit.
C'est comme ça que vous pouvez soutenir les agriculteurs. C'est en consommant français.
Côté viande, l'analyse des étiquettes peut laisser entendre une origine étrangère comme cette part de chapon cuisinée.
Voilà, c'est un produit transformé par Leclerc. Et c'est pas forcément du produit français. On n'en sait rien en fait. Et je trouve qu'il n'y a pas assez de clarté dans les étiquettes.
Cette action militante se voulait un nouveau cri d'alarme pour la défense des agriculteurs.
Si on nous tue petit à petit comme on le fait aujourd'hui, à un moment donné, on dira stop. Et on mangera tous de la merde.
Et quelques produits avec des ingrédients d'origine étrangère ont été symboliquement sortis des rayons avec les clients de l'hypermarché dûment informés de la démarche.
Et cette contestation agricole, elle fait la une de la presse régionale. Steve, on va voir ça avec vous, les agriculteurs d'abord. Et cette mauvaise nouvelle, il n'y a pas de vache au Salon de l'Agriculture. Non, pas de vache.
Pas de vache au Salon de l'Agriculture. Est-ce toujours un Salon de l'Agriculture, Auréane ? Je vous laisse avec cette question. Oui, en tout cas, c'est la première fois depuis les années 60 qu'il n'y a pas de vache dans les allées du Salon. Ça fait la une de plusieurs quotidiens. Les DNA, le dauphiné libéré. Il n'y aura donc aucun bovin lors de l'édition 2026. En cause, l'épidémie de dermatose nodulaire. Les éleveurs refusent d'amener leurs animaux par crainte et par solidarité avec ceux qui sont touchés par la maladie aureienne.
Et on va voir comment réagissent les agriculteurs. On va à Cisteron dans les Alpes de Haute-Provence. Bonjour Pierre-Écorel. Merci beaucoup d'être avec nous, Président. Des jeunes agriculteurs, pas de bovins. Donc, cette année au Salon, Steve le rappelait, c'est une première depuis la création du Salon de l'Agriculture il y a plus de 60 ans. En cause, la dermatose nodulaire. Est-ce que vous comprenez cette décision des organisateurs ?
Bonjour. Alors, oui, évidemment, on la comprend et on la partage parce que d'abord, en tant qu'éleveur, c'est une forme de solidarité qu'on doit observer avec ceux qui ont été touchés par la DNC. Je pense au Savoie, au Massif Jurassien, le Doubs, la Vallée du Rhône et puis maintenant l'Arc pyrénéen. Donc, évidemment qu'on doit rester solidaires. Et puis, moi, je ne sais pas dire si tous les vecteurs seront derrière nous, si la maladie sera complètement derrière nous lors du Salon de l'Agriculture. Et donc, c'est en effet triste pour les visiteurs. Le Salon n'aura pas la même saveur sans les bovins français, évidemment.
Mais je crois que tout le monde peut comprendre qu'on n'ait pas envie, après le Salon d'Agriculture, d'avoir une recrudescence de l'épidémie. Et donc, voilà pourquoi on observe ce schéma de pas de vaches au Salon d'Agriculture cette année. Peut-être que ça laissera plus de place aux interactions entre les citoyens et les agriculteurs. C'est en tout cas ce que je souhaite pour pouvoir valoriser ce moment qui reste néanmoins un bon moment d'échange avec les Parisiens et plus largement les citoyens français.
Est-ce que ça va se limiter à l'absence de bovins ou est-ce qu'il y a d'autres espèces d'animaux qui risquent de suivre et on risque de se retrouver avec un Salon quasiment sans animaux ?
Écoutez, non, la DNC touche les bovins, uniquement les bovins. Donc, il y aura les autres animaux. Après, on ne va pas porter une mauvaise augure. Il n'y aura pas d'épidémie ou quoi que ce soit qui empêcherait la venue d'autres animaux. Mais typiquement, sur les bovins, le risque est trop important. Et puis voilà, encore une fois, par solidarité et le niveau de défiance qu'on a eu pendant la DNC et ce niveau de désinformation, je crois que personne ne comprendrait que quelques semaines après ce paroxysme qu'on a eu, on puisse déplacer des animaux, les faire venir à Paris pendant un moment.
Et voilà, pour la seule représentation de ce qui se fait de mieux, en effet, sur l'élevage bovin, on le présente à Paris. Mais moi, je crois que ça serait irresponsable de tenir le déplacement des animaux pendant le Salon d'agriculture.
– Pierre Ricorel, les tracteurs de la FNSEA quittent Paris ce matin. Hier, Sébastien Lecornu a annoncé une loi d'urgence examinée au Parlement avant l'été. Est-ce que pour vous, c'est la bonne réponse ?
– Alors, c'est une des réponses, en effet, qu'on attendait parce que ce qu'on dit, c'est que l'agriculture est dans un tel niveau de crise que les mesures qui sont annoncées successivement par les gouvernements qui se succèdent ne sont finalement que pour partie des effets d'annonce. et c'est ça qui énerve et qui maintient, en fait, du mécontentement. Bon, la loi, annoncer une loi d'urgence, c'est très bien. Maintenant, on va regarder ce qu'on peut y mettre dedans. On connaît aussi l'État de l'Assemblée nationale, des divergences de parlementaires. Et aujourd'hui, d'ailleurs, on a un exercice intéressant, le vote du budget.
On a tous les députés, ou en tout cas une grande partie des députés, qui viennent voir les agriculteurs et qui disent nous soutenir. Eh bien, le premier soutien, c'est déjà de voter le budget. Sans ça, les annonces resteront incantatoires. Et la deuxième chose, c'est de voir comment chacun va observer l'étude de cette loi spéciale pour sortir l'agriculture de l'ornière. Parce que sans ça, on n'y arrivera pas. Et on ne peut plus se permettre d'attendre encore des attermoiements politiques ou ne serait-ce que des déclarations.
Merci beaucoup, Pierre-Écorel. Merci d'avoir été avec nous depuis Sisteron, président des Jeunes Agriculteurs. Steve, on va poursuivre la revue de presse régionale. En Iran, on massacre toujours à huis clos.
La Voix du Nord revient sur la répression sanglante qui frappe les opposants au régime islamique. Le journal parle d'un massacre sans précédent. Des milliers de manifestants ont déjà été tués. Depuis la fin de la semaine dernière, la communauté internationale commence à réagir. Hier, la France a annoncé la convocation de l'ambassadeur d'Iran à Paris.
En Corse, la thèse du tir à distance semble se confirmer.
La police aurait localisé le lieu où a été effectué le tir qui a tué Alain Orsoni, figure du nationalisme corse. Le tireur était situé à seulement une centaine de mètres. Le journal Corse Matin fait un gros plan sur Véro, un village situé à 30 km d'Ajaccio et qui est aujourd'hui traumatisé par cet assassinat commis en plein jour. Le président du conseil exécutif, Gilles Simeoni, a présenté hier ses condoléances aux proches de la victime.
Les municipales, c'est pour bientôt.
Le scrutin qui aura lieu les 12 et 22 mars à cette occasion.
Les 15 et 22 mars.
Oui, bien sûr. En plus, on est partenaire et puis on fera une émission spéciale à cette occasion. Et justement, à cette occasion, à l'occasion des élections municipales, plusieurs maires ont décidé de ne pas repiler pour un mandat supplémentaire dans la montagne, par exemple. Michel Bravard, maire de la commune de Médérol, arrête en mars prochain. Il est élu depuis 1983 tout de même. 40 ans de mandat. Dans les pages du journal, il revient sur ses décennies consacrées à sa commune. Et comme lui, d'autres ont choisi de ne pas se représenter dans le Puy-de-Dôme. Explications, analyses à lire dans la montagne aujourd'hui.
Allez, on termine par la Coupe de France. Ça va mieux pour moi que pour vous sur ce coup-là.
Oui, je vais essayer de ne pas m'embrouiller avec les chiffres et les dates. Alors, carton plein, effectivement, pour l'OM hier lors des 16e de finale. C'était les 16e, c'est ça ? C'est ça. La Provence revient sur ce 9-0. C'était 9-0 ? C'est toujours ça. Infligé aux amateurs de Bayeux. L'OM qui a écœuré à Rennes au prochain tour et qui peut rêver d'un trophée. Le PSG qui a en effet été éliminé lundi soir après une défaite face au Paris FC. La voie est libre. Allez-y.
Oui, il y a encore du chemin. Il y a encore du chemin, mais on peut y croire. Merci, merci beaucoup Steve. Merci pour cette revue de presse. Allez, on va revenir à l'actualité politique. On va en parler dans quelques instants avec nos éditorialistes, Frédéric Dhabi, Françoise de Goy, qui vont nous rejoindre et les impasses auxquelles est confrontée Sébastien Lecornu, notamment sur la question budgétaire. Mais avant de retrouver nos éditorialistes, on va aller à Châteauroux, puisque ça fait également l'actualité dans nos régions. Bonjour Pierre Calmaïs, merci d'être là, directeur départemental adjoint de la Nouvelle République dans l'Inde.
Pierre, vous, vous avez sondé de nombreux maires dans votre département et parmi leurs inquiétudes, il y a la possibilité d'un scrutin législatif en même temps que les municipales. Alors pourquoi ça les inquiète ?
Oui, bonjour à tous. Le spectre semble légèrement s'éloigner ces dernières heures, et ce n'est pas un mal selon les maires et les élus andriens que mon collègue Jean-Sébastien Lebert a sollicité. Ce spectre, c'est l'hypothèse d'un scrutin couplet législatif municipal, sur lequel Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l'Intérieur de travailler. Premier élu andriens et non des moindres à s'en inquiéter, à être furieux contre cette idée, André Léniel, le maire socialiste d'Issoudun, par ailleurs vice-président de l'Association des maires de France. Lui, il y voit, je le cite, une prise d'otage du scrutin qui vise à passer par perte et profit l'élection des élus préférés des Français.
Fin de citation. Socialiste aussi, Vincent Millan, le maire d'Argenton-sur-Creuse, successeur quasi direct de Michel Sapin. Lui, il plaide pour que le scrutin municipal puisse rester un scrutin local et qu'il ne soit pas pollué par les enjeux nationaux. C'est la même idée de l'autre côté de l'échiquier politique, avec le maire de Châteauroux, Gilles Averus, ancien ministre de l'éphémère cabinet Barnier, ministre des Sports. Et lui, il dit aussi que coupler les deux scrutins risquerait de transformer un débat local en vote national de circonstance. Les deux sénatrices de l'Indre sont sur la même longueur d'onde en ajoutant la lourdeur organisationnelle de ce double scrutin.
Les deux députés également, dont par exemple François Jolivet, ce fidèle d'Édouard Philippe, dit qu'une telle hypothèse viserait à tout politiser. Alors ce qu'ils ne disent pas explicitement, mais ce qu'ils ont tous à l'esprit, c'est qu'organiser les législatives de manière simultanée avec des municipales risquerait de faire la courte échelle au Rassemblement national dans un scrutin municipal qui jusque-là lui résiste encore un peu.
Merci beaucoup. Merci, Pascal Maïs, d'avoir été avec nous pour nous parler de ce sujet dont on va parler tout de suite avec nos éditorialistes. On regarde rapidement la lune de la Nouvelle République sur un tout autre sujet, c'est la ligne Polt. Merci beaucoup, Pierre, d'avoir été avec nous. Bonjour, Frédéric Dhabi. Merci d'être là, directeur général d'opinion de l'IFOP. Et bonjour, Françoise Degouard. Bonjour, ma chère Auréane. Je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle année. Bonne année à vous. Beaucoup de bonnes choses.
On va parler de Sébastien Lecornu et Pierre ont parlé de l'inquiétude des maires parce que Sébastien Lecornu, il a fait planer une forme de menace, celle des municipales, en même temps que les législatives. S'il y a censure de son gouvernement, il y aura dissolution, il y aura des élections le même jour. Est-ce que c'était politiquement bien joué de la part du Président ?
Non, pas du tout. Je pense que c'est absolument idiot. Je pense que c'est absolument... Comment dire ? Je sais vraiment prendre les députés et puis en règle générale l'opinion pour des imbéciles. Si vous voulez, d'abord, ça ne sert à rien d'être un médecin qui dit je vais vous guérir d'une maladie qu'on n'a pas. Honnêtement, Sébastien Lecornu, Premier ministre, un peu trop roué maintenant, je trouve, à mon avis, sait parfaitement faire ses comptes. Il sait parfaitement qu'à partir du moment où Emmanuel Macron, jeudi dernier, a dit non au Mercosur, comment vous imaginez que le Parti Socialiste, qui a encore la clé, vote la moindre motion de censure ? Ils le savent parfaitement. Il organise...
Les Républicains la voteront pas de voix.
Mais oui, il organise sa petite communication autour de lui. Et moi, ce que je sais, ce que je crois savoir, je vous le dis, c'est que ça a quand même assez déplu au Président de la République, qui, lui, était à Crans-Montana et qui découvre qu'on brandit la menace de la dissolution, ce qui explique, à mon avis, pourquoi Sébastien Lecornu corrige et s'adoucit un peu samedi matin. Il faut arrêter de prendre des députés pour des imbéciles. Il faut arrêter de prendre l'opinion pour des canards sauvages. C'est stop. Ça m'ennuie parce que Lecornu, Sébastien, pour le moment, fait un parcours à peu près assez intéressant. Moi, je ne suis pas dans Lecornu manien. Je ne suis pas en train de...
Là, ça y est, comment tout le monde commence à délirer sur son petit pull de laine, je veux dire... Pas les Français, je vous rassure. Merci, voilà. Ce côté pompidolien, bon, basta. Il y a un budget à faire passer. Il en fume sur le 49.3, ça finira aux ordonnances. Tout le monde le sait, on vous l'annonce déjà, ça finira aux ordonnances. Donc pas de 49.3 pour vous ? Non, il n'y aura pas de 49.3. Il y aura des ordonnances négociées. Et je trouve vraiment que ça m'a ennuyé, cette séquence-là.
Ça veut dire quoi, Françoise, des ordonnances négociées, pour qu'on comprenne bien ?
Ça veut dire que c'est un peu un 49.3 modéré. Vous savez, vous avez le principe du taliban modéré, vous avez le principe... Non, mais vous voyez ce que je veux dire. C'est un autre nom, les ordonnances. Ça veut dire qu'on prend des ordonnances...
Non, mais ça veut dire qu'il y a des ordonnances, mais ce n'est pas un acte d'autorité de Sébastien Lecornu.
C'est discuter. Il va aller jusqu'au bout avec le PS et les Républicains pour faire accepter cette idée d'ordonnance. Les ordonnances, c'est un peu le menu, et vous rédigez la carte avec les LR d'un côté et le PS de l'autre.
Qu'est-ce qu'ils en pensent de tout ça, les Français ?
Je pense que c'est assez symptomatique d'un personnel politique qui ne parle plus aux Français et qui se parle à lui-même. Alors, on se souvient, on avait parlé ensemble, ici, Auriane, à la rentrée 2025, il y avait eu des Français qui pronostiquaient la dissolution, qui même la souhaitaient, sur le mode de la table rase, du reset, de remettre le pays à l'endroit. Ça s'est complètement évanoui. Et c'est vrai que, quand on interroge les Français sur ce qui les préoccupe, cette question ne se pose pas. On vit cette période très particulière d'éclipse politique, où les Français ont l'impression qu'à l'Assemblée, c'est plus là que ça se passe.
Elle ne joue plus le rôle qui est attendu, ce qui est peut-être injuste, parce qu'il y a quand même des projets de loi qui sont votés, qui est régler les problèmes, changer la vie. Maintenant, il est vrai, Sébastien Lecornu connaît depuis quelques mois un petit état de grâce, il y a eu une confiance à son égard. Vous l'avez traité de roué. Moi, j'avais trouvé un verbatim de Français qui l'associait à Louis XI,
un roi extrêmement rusé,
qui lui aussi ne mettait pas de pull, mais se déguisait pour aller voir le peuple. Voir méconnu, formidable. Voilà ce que les gens pensaient. Donc, d'une part, ça n'a pas vraiment traversé l'opinion de cette menace de dissolution. Ça a été clairement vu comme un coup de pression. Je dirais quelque chose de très, très simple. C'est une arme présidentielle. Ce n'est pas une arme du chef du gouvernement. Et puis, quand même, deux dimensions. J'ai la chance d'aller beaucoup à la rencontre des maires. Ça fait quelques mois que je suis en train de dire pourquoi pas, ça serait une double élection locale et nationale. Les maires voyaient ça d'un très, très mauvais oeil.
Et puis, les Français, par contre, en ont marre, si je puis dire, des campagnes gâchées, des campagnes tronquées. La campagne 2022 qui a été percutée par le Covid est phagocytée par la guerre en Ukraine. La campagne, par définition, post-dissolution qui a été extrêmement courte. Ce qu'ils attendent, notamment dans la perspective 2027, c'est une vraie campagne. Une belle campagne pour enfin remettre le pays à l'endroit et sortir de cette crise.
– Pas de nationalisation de la campagne.
– Absolument pas, même s'il y aura une nationalisation. Vous savez, et Françoise le sait par cœur, l'élection municipale, c'est la seule élection où au soir du premier tour, et surtout au soir du second tour, il y aura une sorte de bataille symbolique entre les partis et surtout les écuries présidentielles. C'est en principe dernier scrutin avant 2027, comme le couple 2001-2002, pour imposer la lecture du scrutin. En 2001, ce qui avait été imposé, c'est oui, la gauche a perdu quelques villes, mais elle a gagné Paris, Lyon et Dijon. Alors qu'elle avait perdu énormément de villes, ça sera très très important pour tous les partis.
C'est pour ça que l'ensemble des partis, y compris ceux qui avaient parfois enjambé cette élection, je pense à la France insoumise, ils vont aussi, je puis dire, à fond dans cette élection municipale qui démarre en termes de campagne beaucoup plus lentement que les deux élections précédentes.
– Oui, mais c'est normal qu'elle démarre lentement parce que finalement les scrutins municipaux sont complètement éclipsés par la politique internationale. Qu'est-ce que vous voulez ? Quand vous faites une rentrée, jour 1, le Vénézulain, jour 2, le Groenland, jour 3, l'Iran, c'est très compliqué, même pour les candidats aux grandes villes. Je vois bien la difficulté quand même, par exemple d'Emmanuel Grégoire, gauche-unie, ou même de Rachida Dati, à part faire de la viralité avec les éboueurs. C'est très compliqué d'avoir une campagne qui est audible dans ce moment international.
Et là où je suis d'accord avec Frédéric, ils devraient tous regarder cela, bien sûr les baromètres de l'IFOP, qui pour moi sont les plus sérieux, mais bien sûr d'autres enquêtes, voir à quel point les Français n'en peuvent plus, en fait, d'eux. C'est ça la réalité. Je pense qu'il y a vraiment un sujet, quand vous avez toute la classe politique qui baisse de moins 2, moins 4, moins 5, moins 6, les Français ne sont pas du tout dépressifs de la politique. Les Français, c'est le peuple le plus politique du monde. Les Français leur disent, s'il vous plaît, ce n'est pas simplement régler nos problèmes, c'est upgrader, relever véritablement le niveau du débat.
C'est-à-dire que moi, je pense vraiment qu'on a une opportunité historique, comme jamais, de relever véritablement le niveau du débat. On ne peut plus être... Il y a une grande dégradation pour moi, et dans le langage politique, et dans la façon... Vous savez, je vous donne un exemple, je ne sais pas, peut-être les spectateurs sont... Je n'en peux plus d'entendre, que ce soit la gaffe ou la droite, les politiques dire, les Françaises et les Français, celles et ceux, donner à voir, ceci sera ma boussole, ceci sera...
Vous faites super bien les éléments de langage.
Mais nous, nous ne pouvons plus, mais moi, je ne vous écris pas les éléments de langage, et je pense que cet empilement de mots-balises, répéter, faire nation, faire France, OK, François Mitterrand faisait ça, discours de Mexico en 81, ça a du sens, il vient d'être élu président de la République, il est juste au-dessus de tous. Mais là, écoutez, sérieusement, changer le langage, et recruler le cœur battant de la France.
Il rigole, il rigole. Non, non, je ne rigole pas parce que... Non, non, mais ça paraît débile. Non, non, non, ce n'est... Non, un, François, ce n'est pas débile, deux, je ne rigole pas, parce que j'avais commis un livre il y a un an avec Bristocolle qui s'appelait « Parlons-nous tous la même langue » et on était frappés de voir le décalage. C'est quoi la crise du politique que l'on vit, cette crise du politique ? C'est une crise de l'impuissance. C'est une crise du résultat, à tel point que les trois principaux déterminants du vote aux élections municipales, c'est sécurité, accès aux soins, sécurité avec la drogue, vous en parliez tout à l'heure, accès aux soins d'aide.
Trois enjeux nationaux qui ne sont pas régulés à l'échelle nationale. Crise de l'impuissance, et également, et là je rejoins ce que dit François, crise de l'écoute, crise de la considération. Jamais les Français, parce que, et je ne lui fais pas le reproche, la classe politique qui cherche par exemple à l'Assemblée frénétiquement à voter un budget ne peut se parler qu'à elle-même en autarcie. Et c'est vrai que ces mots, ces mots-valises ne parlent pas aux gens, ce n'est pas la langue des Français qui sur de très nombreux sujets sont plutôt d'accord et consensuels sur les grands constats, même sur des sujets polémiques comme les sujets régaliens, identité, sécurité, et immigration.
Et Sébastien Lecornu, parviendra-t-il à un compromis sur le budget ? Y aura-t-il un budget d'ici fin janvier ? C'est en tout cas l'appel de plusieurs parties, dont les Républicains. On va écouter ce matin Xavier Bertrand, il était l'invité de TF1.
Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités. Le Premier ministre avait dit « je n'appliquerai pas le 49-3 ». Aujourd'hui, quand on voit la situation où c'est marchandage sur marchandage, très loin de l'intérêt général, il est temps maintenant que le Premier ministre a pu avoir discuté une ultime fois avec tous les mouvements politiques, ceux qui sont capables de vouloir l'intérêt général, je ne parle pas des deux extrêmes, que le gouvernement puisse dire « je dépose un projet de loi et j'engagerai le 49-3 » clairement s'il y a un enlisement. Donc vous l'appelez au 49-3 si nécessaire. On a besoin d'un budget.
On a besoin d'un budget, lui, il appelle au 49-3, vous François,
vous dites que ça ne sera pas ça. Non, mais ça ne sera pas ça. Après, on peut faire croire à l'imminence d'un 49-3. Mais pourquoi ce ne sera pas ça ? Parce que Sébastien Lecranu ne veut pas se dédire ? Mais c'est impossible de se dédire. Enfin, je veux dire, alors là, je parle sous contrôle de Frédéric David, mais vous savez très bien que le plus grand péché en politique, c'est l'incohérence. C'est-à-dire la plus grande... Être cohérent, c'est quand même ce qui fait aussi votre succès. Là, on hurle sur Emmanuel Macron depuis 9 ans. Je ne pense pas... Je pense que vraiment, c'est un échec, évidemment, surtout le second quinquennat.
Mais ce qu'on reproche, au fond, Emmanuel Macron, c'est son incohérence. C'est-à-dire, je ne sais pas ce que vous pensez réellement. On ne peut pas avoir le gornu qui dit « Je suis en poste, j'évite la motion de censure, mais en échange, je vous promets de ne pas utiliser le 49-3 et d'un seul coup, réutiliser le 49-3, des sirènes. » Au demeurant, j'apprécie beaucoup Xavier Bertrand. Mais bon, la sirène, vous voyez, Ulysse, voilà. 49-3, 49-3, tout le monde ! Eh bien non ! Je pense que le cornu a raison de tenir bon et de sortir sur des ordonnances.
Je partage complètement ce que dit Françoise. La cohérence pour un politique, c'est absolument fondamental. Il y a un exemple historique sur le 49-3. Manuel Valls, Premier ministre, l'utilise à de très nombreuses reprises. Ça lui vaut une impopularité. C'est à ce moment-là que le 49-3 sort du regard des Français en termes d'armes institutionnelles. Michel Rocard l'utilise 28 fois pour quelque chose, un passage en force, une obstruction. Il se déclare candidat à la primaire socialiste. Et la première déclaration sur France Inter, c'est « je supprimerai le 49-3 ». perte de cohérence terrible. Et je pense que Sébastien Lecornu… Et perte de points.
Il y a un chute de 10 points à ce moment-là.
Une de ses forces majeures, c'est une certaine cohérence. C'est un parler vrai. C'est une proximité identificatoire. C'est quelqu'un qui peut nous ressembler s'il change d'avis. Même si, bien sûr, ça ne sera pas une catastrophe, il perd quelque chose dans son lien avec les Français. Maintenant, c'est vrai qu'on comprend le personnel politique qui veut sortir de cette discussion sans fin sur le budget. Mais du côté des Français, je pense que ça passerait mal.
– Frédéric, ok, et Orianne, ok, le personnel politique, je vais un peu mordre, c'est quand même tous les gens qui ne sont pas députés qui demandent le 49-3. Xavier Bertrand, depuis combien de temps il n'a pas vu l'Assemblée nationale, Bruno Retailleau. Écoutez… – Il y a Michel Barnier, il y a François Hollande qui sont députés qui demandent le 49-3. – Oui, François Hollande, vous l'avez entendu, demandez franchement le 49-3. François Hollande, comme toujours, demande en coulisses le 49-3. Ça serait pas mal le 49-3.
Voilà, il sème un peu la division parce qu'évidemment, si ça passe aux ordonnances, si on atterrit sur une manière soft, c'est un triomphe, évidemment, de Sébastien Lecornu, forcément, et je pense un vrai marche-pied comme candidat éventuel à la présidentielle pour le groupe macroniste. Mais c'est aussi, on le verra plus tard, un vrai succès pour Olivier Faure qui prendrait, pour le moment, ça ne se voit pas encore dans l'opinion, mais qui prendrait l'ascendant sur François Hollande. Donc, vous avez aussi tout un tas d'intérêts. Tout le monde a intérêt à ce que Lecornu et Fort qui travaillent énormément l'un à gauche pour faire atterrir ce budget.
Tout le monde a intérêt dans les appétits présidentiels à ce qu'ils se plantent et donc à ce qu'ils utilisent le 49-3.
Et on va parler du Rassemblement National. Pas du tout. Mais au contraire, on pourrait en parler pendant longtemps. Mais pas du tout. On va parler du... Déjà, je suis d'accord avec ça. On va parler du RN. C'est que le temps file. On va parler du RN de Marine Le Pen. Joue-t-elle son avenir politique au tribunal ? Son procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs a débuté. Hier, on voit ça avec ses sites. C'est que souffle.
J'espère pouvoir être entendue par la Cour d'appel.
En arrivant au tribunal hier, Marine Le Pen est déterminée. Elle sait qu'elle joue son avenir politique après avoir été condamnée en première instance à 4 ans de prison, dont 2 fermes, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a changé sa ligne de défense. Elle ne clame plus son innocence, mais reconnaît une faute non intentionnelle et met en cause le Parlement européen. Un changement de ton étonnant pour l'avocat du Parlement européen.
Ce que l'on a vécu, notamment, et l'information judiciaire et la première audience, où il y avait une contestation brutale en ce qui concerne l'éducation des demandes de ton public, aujourd'hui, les choses évoluent. évoluent du côté de la défense.
Donc vous l'analysez ?
Maintenant, pourquoi ? Je crois qu'il faut leur demander.
Même stratégie pour ces 11 coprévenus. Tous se disent responsables, mais pas coupables. Certains jouent gros aussi politiquement, comme Louis Alliot, candidat à sa réélection à la mairie de Perpignan.
Il y a des candidats municipales qui pourront faire campagne avec des procès après l'élection municipale. Vous visez Rachinalati ? Et puis, il y a des cas où on fera campagne en même temps que le procès. C'est inconfortable.
Marine Le Pen a cinq semaines pour convaincre. Elle pourra se présenter dans la course à l'Elysée seulement si la condamnation d'inéligibilité est annulée. La Cour rendra sa décision cet été. Et on va revenir sur les enjeux pour Marine Le Pen. Déjà, dans l'opinion, Frédéric, est-ce qu'elle joue vraiment son avenir politique avec ce procès ?
Pas vraiment. Parce que je trouve que son socle de popularité n'a pas bougé. Son potentiel électoral, l'IFOP, continue à tester en attention de vote Marine Le Pen et Jordan Bardella, ce qui est très intéressant. Les deux, ces deux personnalités par rapport au scrutin présidentiel n'ont pas la même histoire, pas la même trajectoire. Il y a des vraies différences. Mais ils ont le même score d'attention de vote présidentiel parce que pour les électeurs acquis et potentiels du RN, ce n'est pas aujourd'hui, ici et maintenant, un vote d'incarnation, mais un vote d'alternative. C'est cette idée que Marine Le Pen, c'est son tour, elle ne fera pas pire que les autres, pourquoi pas l'essayer ?
Par contre, ce que je trouve très notable depuis quelques mois, c'est que les Français ont intériorisé que peut-être qu'elle ne sera pas sur la ligne de départ en 2027 alors que pour les Français, la présence d'un Le Pen à une présidentielle, si je puis dire, automatique depuis une cinquantaine d'années. Présidentielle de 80. La candidature,
Jordan Bardella fait son chemin dans l'hôpital.
Oui, tout à fait, puisque quand on est tout simplement dans l'enquête de la fiduciale pour Sud Radio et le Figaro sur le pronostic de candidature, il y a maintenant un écart de 20 points entre elle et Jordan Bardella, y compris chez les électeurs du Rassemblement national.
C'est Marine Le Pen qui joue groupe à l'ERN du coup ? Non, c'est Marine Le Pen, je suis d'accord avec Frédéric. Après, attendons de voir vraiment l'appel, attendons de voir comment les magistrats vont juger. Nous pensons, nous, qu'à 99%, elle ne pourra pas être candidate. Voilà, nous verrons. Est-ce que l'inégibilité peut être réduite de 5 à 2 ans ? Si c'est le cas, si on enlève l'exécution provisoire, nous ne savons pas en réalité. Il y a beaucoup de choses qui se murmurent en ce moment depuis le début. Vous savez, les journalistes qui couvrent la police et la justice sont souvent très compétents. Il y a un petit doute sur le fait que la cour d'appel pourrait valider la première instance.
On ne sait pas en réalité. Vous savez, il y a maintenant dans la Constitution, d'abord, il y a beaucoup de jurisprudence sur l'exécution provisoire depuis 2024 et en plus de ça, il y a, par rapport à la cour de cassation, vous savez, il y a aussi l'idée de prendre en compte les conséquences économiques, sociales et politiques d'une exécution provisoire. Donc, vous savez, rien n'est joué. C'est joué à 99%, mais pas tant que ça. Après, moi, je pense que ce qu'elle joue, Marine Le Pen, je vais assez vite, c'est qu'elle joue sur le plan personnel. C'est-à-dire que je pense que Marine Le Pen, il y a la double peine de Le Pen.
Il y a le fait d'avoir une vie entière et de ne pas pouvoir concourir probablement la seule fois où le RN a peut-être une chance d'aller à l'Élysée. ça, c'est le premier pas. Et la double peine, c'est que Marine Le Pen, on n'en parlera pas, mais on va bien vite en parler, Marine Le Pen sait très bien que Jordan Bardella, c'est très compliqué. Il peut très bien surfer à 35% dans les sondages. Elle connaît mieux que personne, Jordan Bardella. Elle sait très bien à quel point une présidentielle, c'est difficile. Et à quel point, si elle, à mon avis, a sa place au second tour assurée, je ne suis pas du tout certaine que Jordan Bardella l'est parce qu'une campagne, c'est très difficile.
Vous savez, je vais faire un peu de pédagogie. Qu'est-ce que c'est qu'une enquête présidentielle ? C'est un rapport de force à l'instant T, ce n'est pas une projection. Alors, il y a eu des campagnes présidentielles où ce que les sondages disaient un an et demi avant était vrai ou faux, mais n'ont pas bougé. Aucun sondage de Don François Mitterrand battu à partir de 87. Aucun sondage de Don Nicolas Sarkozy battu à partir de 2006, un an avant. Mais bien sûr, Jordan Bardella, pour l'instant, c'est ce vote d'alternative. C'est l'idée que c'est le tour du rassemblement national. Une campagne présidentielle, c'est tellement difficile.
C'est la rencontre entre les Français et des candidats, des candidats qui regardent la France au fond des yeux. Il y a aussi, vous en parlez souvent ici, la dimension internationale qui avant était quelque chose d'accessoire pour des impétrants à l'Elysée. Ça sera maintenant absolument fondamental. D'ailleurs, toutes les questions posées lors des voeux de Jordan Bardella lundi, c'était est-ce qu'il fera le poids face à Trump, face à Poutine, etc.
Donc, moi, je pense vraiment que d'abord, c'est un accélérateur de particules, une campagne présidentielle. Je vois que nous sommes en plus de ça. Si Paul Virilio était encore, il y a 15 ans, il a mis en scène la difficulté de la vitesse et de l'accélération. C'était extraordinaire. Relisez ce livre de Paul Virilio sur l'accélération. Nous y sommes. Vous êtes capables de chuter en une émission télé. Regardez la mésaventure qui arrive à Raphaël Gluchman qui se plante sur un pauvre débat avec Zemmour. Et voilà. Donc, tout va très vite et je ne suis pas du tout sûr que Jordan Bardella soit au second tour de la présidentielle.
Et on en parlera évidemment.
Et il peut ne pas être candidat. On est dans une élection de renouvellement. Donc, que de surprises. On va terminer
par l'histoire du jour. C'est ce geste symbolique du maire de la Turballe. C'est en Loire-Atlantique. C'est à la une de presse au séance. Ce matin, regardez Didier Cadreau qui a retourné le portrait du président de la République dans sa mairie. Emmanuel Macron se retrouve dans tête en bas. Il a voulu envoyer un signal d'alerte, passer un message aux élus, aux habitants. Il dit faire face aux difficultés des agriculteurs, aux débats interminables sur le budget, aux décisions déconnectées du terrain. Alors pourtant, il avait soutenu Emmanuel Macron en 2022. Il explique qu'on a un chef en France et à lui de remettre de l'ordre.
Il assume son geste même s'il sait, dit-il, que ce geste sort des conventions. Mais ce n'est pas un acte contre la République. Ça, vous n'aimez pas ça ?
Écoutez, Emmanuel Macron, il est en bout de course. On a intérêt qu'il soit assez fort sur le plan international parce que c'est ni le maire ni moi ni Frédéric Bedabie qui parlons à Trump. C'est lui. Donc, on a plutôt intérêt. Et puis, il ne peut pas être responsable de tout. Il n'a pas cassé le reste de soissons.
Voilà. Ce sera le mot de la fin. Merci Frédéric. L'écharpe et les mers, c'est votre livre.
L'écharpe et les tempêtes.
L'écharpe et les tempêtes, pardon, sur les mers. C'est à lire en 7 ans de municipal. Mais vous revenez quand même. OM 9-0. Allez, merci à tous les temps. Et PSG éliminé. Merci beaucoup. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Sébastien Lecornu