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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 octobre 2021 26 min

Eric Zemmour haut dans les sondages, les Verts à l'heure du rassemblement... Le "8h30 franceinfo" de Julien Bayou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour. Nous recevons ce matin le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts. Bonjour Julien Bayou. Bonjour. Notre sondage France Info et le Parisien aujourd'hui en France, sondage Ipsos Soprasteria, donne le polémiste, l'éditorialiste Éric Zemmour à 15% des intentions de vote. Alors c'est un résultat qui a agité la majorité présidentielle réunie à Avignon. Je voudrais qu'on écoute la réaction d'Olivier Véran, ministre de la Santé, et vous nous en parlez ensuite.

0:39
Invité

Il ne suffit pas de citer Talleyrand toutes les trois phrases pour faire de vous un homme d'État. Moi j'appartiens à l'inverse, à une génération qui n'avait pas honte de crier, la jeunesse emmerde le Front National. J'avais pas honte d'avoir appartenu à une jeunesse qui disait, touche pas à mon pote. Et moi je ne veux pas me résoudre à ce que notre jeunesse aujourd'hui, elle soit partagée entre la tentation de l'abstention et la véléité de vote vers des partis xénophobes.

1:03
Présentateur

Julien Bayot, que pensez-vous de la non-candidature d'Éric Zemmour ?

1:08
Invité

Je pense que là il a bénéficié d'une visibilité incroyable, alors que finalement il n'est que le chroniqueur de sa propre névrose. Il pense que tout tourne autour de l'islam, il est raciste, il a été condamné pour ça et il se pique d'histoire. C'est pas moi qui vais donner des leçons parce que je ne suis pas un puits de science, je sais juste que régulièrement il se plante et que ce type est une fraude. Je prends un seul exemple, il prétend que le mot Europe a été inventé à la faveur de la bataille de Poitiers où on aurait arrêté les musulmans, les sarrasins en 732. C'est évidemment complètement faux puisque le mot Europe était déjà utilisé dans la mythologie grecque ou chez les phéniciens.

1:48
Présentateur

Donc vous dites on parle trop d'Éric Zemmour, c'est ça ?

1:50
Invité

Voilà, et moi j'aimerais qu'on puisse discuter. Il n'a aucune consistance sur l'ensemble des sujets qui font l'essentiel du quotidien des Françaises et des Français, que ce soit le prix du logement, le prix de l'énergie, on y viendra sûrement, les retraites ou autres, et encore moins évidemment sur les sujets d'avenir comme le dérèglement climatique ou les inégalités.

2:10
Yannick Jadot

Mais vous quand même, vous les verts, vous les écologistes, vous vous adressez peut-être d'abord aux jeunes. Et là à l'instant, Olivier Véran, le ministre de la Santé, rappelait que pour toute une génération, toute une génération avait scandé dans la rue, la jeunesse emmerde le Front National. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui aux jeunes face à l'irruption d'Éric Zemmour dans le débat politique ?

2:37
Invité

Il n'y avait pas que la jeunesse. Je me souviens qu'un Jacques Chirac, en 1998, théorisait le cordon sanitaire, je crois qu'ils appelaient ça comme ça, au moment où des présidents de régions voulaient s'allier avec la droite, enfin avec l'extrême droite justement. Il y avait une droite républicaine qui disait pour nous, hors de question, de frayer avec les idées d'extrême droite héritées de Pétain, pour aller vite. Il y a eu un basculement de cette droite dite républicaine qui aujourd'hui, peut-être apeurée, peut-être en difficulté, se dit que finalement, il y a une porosité.

Moi je crois qu'il faut refuser et toujours considérer l'extrême droite comme un ennemi de la République et de la démocratie, absolument.

3:13
Yannick Jadot

Alors dans notre sondage, toujours, Yannick Jadot est à 9%, il fait un petit peu du surplace. Ce week-end, le Conseil fédéral des Verts l'a formellement désigné comme le candidat de l'ensemble des écolos. Maintenant, la bisbille avec Sandrine Rousseau qu'on a pu voir au lendemain de la primaire, c'est fini ?

3:35
Invité

Oui, on est très très heureux du résultat de cette primaire, d'abord de son organisation, c'est un gros travail, c'est un pari, dire c'est une primaire ouverte, accueillir 122 000 personnes. Vous voyez, 9 personnes sur 10 n'étaient pas membres des différents partis qui organisaient cette primaire, c'est un gros pari, c'était exigeant. Et on est très heureux, non seulement du nombre, mais même de la qualité. Les débats ont permis d'aller sur le prix de l'énergie, par exemple.

4:01
Yannick Jadot

Et tout le monde est rabiboché ?

4:02
Invité

Et tout le monde, oui, se met dans le sillage de la victoire de Yannick, une victoire à 51-49, donc c'est serré, mais c'est net.

4:10
Présentateur

C'est une division, c'est un parti coupé en deux.

4:12
Invité

Bien sûr que non, à la limite, si vous voulez, on peut vous dire coupé en quatre, si vous préférez, parce qu'il y avait à peu près 4 candidats-candidates à 23-25%, mais surtout, il n'y a pas de division, puisque ces candidats et candidates débattaient autour d'un même projet. L'écoféminisme, la sortie du nucléaire, la réindustrialisation verte.

4:31
Présentateur

Enfin, en France, ce qu'on appelle l'écologie de gouvernement et radicalité, on sent bien qu'il y a quand même des différences importantes.

4:38
Invité

Non, non, non, ça c'est un sujet qu'on a tranché il y a bien longtemps. On a besoin de radicalité dans une écologie de gouvernement. Si vous voulez, si c'est pour avoir des filets d'eau tiède comme le gouvernement actuel, ça ne sert à rien, comme dirait Greta Thunberg, c'est du blabla. Donc, évidemment qu'il y a besoin d'agir dans les institutions, mais d'agir fort et d'agir vite.

4:55
Présentateur

Donc, il y aura du Sandrine Rousseau, si je peux le dire comme ça.

4:57
Invité

Je reprends un exemple. Quand Grégory Doucet met en place des cantines bio et se bat pour éviter que les gamins aient un mauvais repas, et pour qu'ils aient un bon repas par jour. Est-ce que c'est radical ? Est-ce que c'est pragmatique ? En fait, n'importe, c'est bienvenu, c'est bon pour la santé, c'est bon pour le climat, c'est bon pour le revenu des agriculteurs, c'est l'écologie. Et donc, oui, évidemment, Sandrine Rousseau a toute sa place dans la campagne.

5:18
Yannick Jadot

Et quelle place ? Pouvez-vous nous dire exactement quelle place elle va avoir dans la campagne ?

5:22
Invité

Eh bien, Yannick Jadot lui a proposé de présider le conseil politique. Dans notre jargon, c'est important, c'est l'instance, on va dire, qui va superviser les orientations de la campagne, qui va réunir, évidemment, les différents candidats et candidats, les chefs de parti, et puis ce qu'on appelle les grands élus, nos maires et les parlementaires, et bien sûr, les instances régionales. C'est cette instance qui va définir les orientations, les grandes séquences de campagne et autres. Donc, c'est absolument important.

Sandrine Rousseau a su faire venir à la politique des gens qui disaient, je fais de la politique, quand vous êtes féministe, c'est politique, évidemment, les droits des femmes, c'est politique, mais je me tiens à l'écart des partis. Et donc, je crois qu'on doit aussi réussir ça dans la campagne, à l'égard notamment de la jeunesse. Vous avez une grande partie du mouvement climat qui dit, il n'y a pas plus politique que le climat, puisqu'il s'agit des générations présentes et de l'avenir des générations futures. Mais elles disent, je me tiens loin des organisations partisanes.

Et bien, tout l'enjeu de notre campagne, et j'en ai discuté beaucoup avec Annie Jadot, nous voulons permettre que cette énergie, cette envie, cette soif de justice, elle puisse s'exprimer dans la présidentielle, tout en gardant cette indépendance à l'égard des partis.

6:29
Yannick Jadot

Et d'un mot hier devant les Verts, vous avez appelé à l'Union de la Gauche. Est-ce que vous demandez aux candidats de la gauche, on va dire, social-démocrate, comme Anne Hidalgo, qui plafonne à 5,5% dans les sondages, Cédric Roussel, le candidat communiste, ou encore Arnaud Montebourg, de jeter l'éponge et de se rallier d'ores et déjà à Yannick Jadot ?

6:51
Invité

L'idée n'est pas de se rallier, de parler à la gauche, etc. Moi, ce que je l'ai dit, c'est très simple. C'est que s'il y a plusieurs projets, alors c'est tout à fait normal qu'il y ait plusieurs candidatures. Si vous avez un projet social-démocrate qui dit, « Le mandat Hollande, c'était formidable et on est socialiste », eh bien, allez-y. Si vous avez un projet communiste, allez-y. Si vous avez un projet remontada et je ne sais pas quoi encore, allez-y. C'est tout à fait normal. Et nous avons un projet écologiste, et je suis certain et confiant qu'il arrivera en tête, Yannick Jadot.

Si par contre, il y a des convergences possibles, réindustrialisation verte, plan pour la jeunesse, Fabien Roussel en parlait, milliards d'euros contre les violences faites aux femmes, emplois verts, revenus d'existence, je sais que ça peut parler aux forces de gauche, aux forces démocrates, aux forces humanistes, aux forces progressistes, aux forces féministes. Eh bien, dans ce cas-là, nous assumerons de proposer le rassemblement.

7:39
Présentateur

Julien Bayou est l'invité du 830 France Info ce matin. On se reparle juste après le fil. Info, 9h moins 20, voici Diane Ferchit. Entre 2900 et 3200, c'est le nombre de pédocriminels dans l'église catholique que dit avoir recensé depuis les années 50 la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église. Elle rendra son rapport complet mardi sur cette enquête des conclusions sur 2500 pages, précise son président Jean-Marc Sauvé. 22 départements en vigilance orange, principalement aux pluies et aux inondations. Ce matin, la vigilance rouge qui était en vigueur depuis hier soir pour la Loire-Atlantique est à présent levée.

Les pompiers sont intervenus à 113 reprises, indique sur France Info la préfecture de Loire-Atlantique. Elle reste vigilante, mais n'affiche pas d'inquiétude vis-à-vis des cours d'eau. La colère de l'Algérie après des propos d'Emmanuel Macron rapportés par le journal Le Monde lors d'une rencontre avec de jeunes descendants de protagonistes de la guerre d'Algérie. Le chef de l'État a évoqué une histoire officielle totalement réécrite et un système politico-militaire dans le pays. Conséquence, Alger rappelle son ambassadeur en France. Journée de vote dans les grandes villes italiennes. 12 millions d'Italiens appelés aux urnes pour des élections municipales dont l'enjeu est bien nationale.

La gauche est divisée, la droite, elle affiche une unité de façade. En Ligue 1 de football, Nice-Isse ce matin la troisième place du classement après sa victoire 2-1 face à Brest. Victoire devant le public de retour dans le stade après deux matchs à huis clos suite de la neuvième journée de Ligue 1. dimanche avec le choc Rennes-PSG à 13h. Et un derby en clôture Saint-Etienne-Lyon, ce sera à 20h45. France Info Le 8.30 France Info avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts. On va parler énergie maintenant puisque le tarif réglementé du gaz bondit dans tous les sens. Il va encore augmenter de 12,6%.

Ça va faire au total une hausse de 57% depuis le début de l'année. Mais Jean Castex met en place ce qu'il a appelé un bouclier tarifaire. Vous approuvez cette mesure, ce blocage des prix, dit-il ?

9:39
Invité

C'était absolument nécessaire. Après, ça ressemble vraiment à une mesure fortement électoraliste puisque la date de fin de cette mesure, c'est en gros l'élection présidentielle. Moi, je déplore que depuis trois ans, puisque finalement les gilets jaunes ont démarré en novembre 2018, trois ans, et quasiment jour pour jour, le gouvernement se réveille en disant « Ah, mais oui, c'est vrai, tiens, il y a un sujet sur les dépenses contraintes. » On sait que dans ce pays, les dépenses contraintes, c'est-à-dire les factures incompressibles, l'électricité, mais le logement ou l'alimentation ou la santé augmente. Et depuis trois ans, rien. Et vous, qu'est-ce que vous feriez si vous étiez à l'Elysée ?

Alors j'insiste, j'y viens, mais j'insiste sur le fait que dans le chèque énergie, qui est bienvenu évidemment le fait d'augmenter le chèque énergie, en fait, il n'y a que 25% des ménages qui ont recours. C'est trop complexe. C'est bidon. Donc en fait, quand on vous dit « 6 millions de foyers vont bénéficier d'un chèque énergie », en fait, non, puisqu'il y a 25% seulement qui l'utilisent. C'est 7 pages. Le Secours catholique explique que le chèque énergie, il vient accompagner d'une notice de 7 pages.

10:40
Yannick Jadot

Vous souhaitez le multiplier par 3, passer de 100 à 300 euros, et étendre à beaucoup plus de foyers, effectivement.

10:48
Invité

Ça, c'est dans l'immédiat, la mesure, on va dire, la plus urgence. À moyen terme, il faut en fait développer les premiers mètres cubes gratuits. C'est ce qu'on appelle la tarification sociale. Pour l'eau, les premiers mètres cubes d'eau, c'est les plus utiles pour vous laver. Et puis les derniers, c'est l'utilisation un peu plus classique. Et même, après, ensuite, c'est ce qui vous permet d'arroser ou de remplir à nouveau la piscine. Donc vous voyez que les premiers mètres cubes sont les plus importants. Et bien pour le chauffage, c'est pareil. Les premiers mètres cubes de gaz, c'est ceux qui vous permettent de vous chauffer. Ce n'est pas du luxe.

Et donc il y a un intérêt à avoir les premiers mètres cubes les plus gratuits. Non mais ça, c'est très bien.

11:28
Yannick Jadot

Je veux dire, c'est une des bonnes mesures pour les Français. C'est des bonnes mesures sûrement pour les Français. Mais le seul problème, c'est que, Julien Bayou, c'est qu'aujourd'hui, l'énergie, c'est un marché mondial. Et finalement, la France est un petit peu tributaire de ce qui se passe en Europe, voire au-delà des frontières européennes. Non, le prix du gaz, c'est manifeste.

11:48
Invité

Alors la France y est pour quelque chose, puisque c'est en fait l'entêtement dans le nucléaire qui conduit au fait qu'on soit si dépendant du prix du gaz. Alors c'est assez compliqué, mais on s'est entêté dans le nucléaire et le prix du nucléaire, en fait, augmente. EDF fait face à des investissements colossaux. Une dette de 45 milliards d'euros, le grand carénage à 100 milliards d'euros, la gestion des déchets à plus de 50 milliards d'euros, le PR de Flamanville qui n'en finit pas, qui ne sera peut-être d'ailleurs jamais fini.

12:13
Yannick Jadot

2023 à Flamanville.

12:15
Invité

Pour un coût avoisinant 19 milliards d'euros. Enfin, je pourrais continuer comme ça. Le démantèlement des centrales uranium naturel graphite gaz qui est reporté à la fin du siècle, parce qu'en fait, on ne sait pas faire et que ça va coûter plus cher. Bref, pour toutes ces raisons, le prix du nucléaire augmente. Il y a eu une négociation à Bruxelles et Bruxelles a dit, dans ce cas-là, il faut que vous découpliez la production et la distribution. Aujourd'hui, on est dépendant du prix du gaz, c'est-à-dire de la dernière centrale qui rentre en fonction pour les pointes d'énergie, parce qu'on s'est entêté dans le nucléaire.

12:49
Yannick Jadot

C'est vrai que tout ça est un peu complexe, mais en tout cas, le gouvernement, lui, il avance, parce que vendredi...

12:53
Invité

Il y a deux solutions, vraiment deux leviers d'action. Donc là, c'est à moyen et long terme. C'est d'abord arrêter le nucléaire. C'est une folie financière. Justement, je suis allé y venir. Et donc, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. Ça se fait sur 20 ans en augmentant la montée en charge des énergies renouvelables, qui sont désormais moins chères, deux fois moins chères que le nucléaire, de Dinkley Point, par exemple. Et puis, il y a la baisse de la consommation. Aujourd'hui, on est dépendant de... Notamment pour toutes les personnes qui ont un chauffage électrique comme moi, eh bien, ça vous coûte extrêmement cher, parce que vous avez des logements très mal isolés.

Là-dessus, vous pouvez agir sur le fait de réduire la dépendance et la facture d'énergie, en particulier les pointes, en hiver, dues au chauffage électrique. Et ça, c'est les efforts de rénovation thermique qui peuvent créer énormément d'emplois. Et là-dessus, je regrette que le plan de relance, entre guillemets, soit aussi peu ambitieux. On peut créer des centaines de milliers d'emplois via la rénovation thermique.

13:45
Yannick Jadot

Donc, quand le gouvernement, vendredi, dit, on ne va pas finalement peut-être attendre la mise en service de l'EPR de Flamandville en 2023. Vous avez raison, il devait être ouvert en 2012. Ça sera finalement peut-être 2023. Mais on ne va pas attendre. On va lancer six nouveaux EPR, peut-être, en France. Finalement, est-ce que le gouvernement, ben oui, anticipe pas ? Et finalement, plus d'investissement en nucléaire permettrait de faire baisser le prix de l'électricité ? C'est une pure folie.

14:14
Invité

Le nucléaire a tué Areva. Il est en train de tuer EDF. Je vous ai évoqué le mur d'investissement auquel doit faire face EDF. Et là, on nous dit qu'on va lancer six EPR, alors que le premier, l'EPR de Flamandville, multiplie les déboires. On ne sait pas s'il va ouvrir. Celui en Finlande continue de multiplier les déboires. Et c'est encore EDF qui paye tous les retards. Et ceux qui ont ouvert en Chine sont jugés peu rentables par la Cour des comptes. Qu'est-ce que c'est que cette folie que d'annoncer d'ores et déjà une nouvelle filière, alors que le premier et la tête de série ne fonctionnent pas ?

Et c'est nous qui serions irresponsables, les écologistes, alors que nous proposons de développer ce qui est fiable, c'est-à-dire le photovoltaïque et l'éolien. Il y a une pure folie, une confiance aveugle dans le nucléaire, alors qu'on ne sait même pas traiter les déchets ni même démanteler les centrales. Je reprends cet exemple des graphites de gaz à l'uranium naturel que EDF propose de terminer le démantèlement au début du 22e siècle.

15:10
Présentateur

Alors vous dites que c'est une folie, mais en tout cas le débat semble manifestement lancé. Valérie Pécresse qui veut revenir sur toutes les fermetures de centrales annoncées, ça veut dire que le nucléaire risque d'être au cœur du débat de la présidentielle en ce qui concerne l'énergie ?

15:24
Invité

Bien sûr, bien sûr. En fait on est à la fin du cycle du nucléaire et on doit démarrer une innovation majeure dans le photovoltaïque, dans le renouvelable en général. Et vous avez les tenants de ce vieux monde qui s'accrochent au nucléaire parce qu'ils ont grandi avec. Ils sont toujours persuadés d'ailleurs que c'est source d'indépendance nationale, comme si l'uranium poussait un peu partout en France. Vous voyez, il y a des mythes comme ça autour du nucléaire dont une grande partie des pouvoirs publics actuels sont incapables de se départir.

La politique raisonnable, c'est d'acter aujourd'hui la sortie progressive du nucléaire à 20 ans, à 30 ans, de travailler notamment avec les syndicats sur la reconversion de toutes les compétences qu'il peut y avoir dans ce secteur et qui peuvent être utiles dans le développement des énergies renouvelables. Et c'est aussi un souci d'indépendance stratégique. Aujourd'hui on est extrêmement dépendant des monarchies pétrolières, du gaz, évidemment, du gaz russe notamment, investissons dans les énergies renouvelables. C'est aussi le moyen de recouvrir une indépendance stratégique européenne.

16:23
Yannick Jadot

Pour reprendre effectivement la question d'Ercine Lebovitch, le nucléaire, vous confirmez, sera bien au cœur du débat de la présidentielle. Est-ce que pour vous, Julien Bayou, finalement le nucléaire, pro ou anti-nucléaire, c'est ce qui distingue un véritable écolo, dans le sens où le gouvernement, Emmanuel Macron en tête, se dit écologiste, mais effectivement, va sans doute multiplier les investissements nucléaires comme une bonne partie de la droite, finalement comme aussi une partie de la gauche, sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon ?

16:54
Invité

Oui, il y a un clivage sur le nucléaire, c'est certain. Après, je pense qu'il y a des gens qui pensent vraiment sincèrement que le nucléaire est utile. Nous, ce que nous disons, c'est que... Beaucoup disent que c'est de l'énergie propre. Oui, alors on pourrait discuter longtemps là-dessus. La plus propre, c'est celle que vous ne produisez pas, tout simplement. Et donc l'enjeu, et c'est pour ça que là-dessus, vraiment, moi j'en veux au gouvernement de ne pas saisir l'opportunité de ce plan de relance ou de transformation, la rénovation thermique. Investir 20 milliards d'euros dans la rénovation thermique, c'est rentable.

Vous créez un emploi tous les 5 à 6 logements rénovés, vous réduisez la facture des ménages dont on parlait là, qui sont en précarité énergétique, qui sont les plus vulnérables. Et enfin, vous créez de l'emploi, c'est bon pour le climat. Vous réduisez les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi les particules fines, celles qui abîment la santé, qui provoquent des maladies cardiovasculaires. Enfin, vous voyez, je ne veux pas dire que c'est la panacée. Enfin, quand même, c'est l'équivalent des grands travaux de Roosevelt appliqués aux années 2020.

17:54
Présentateur

Julien Bayou, invité du 830 France Info. On fait une pause pour le Fil Info avec Diane Ferschit. Il est 9h10. Il est tombé la nuit dernière l'équivalent de 32 jours de pluie à Nantes, mais les intempéries perdent en intensité. Ce matin, le département de la Loire Atlantique n'est plus en vigilance rouge. Il est repassé en vigilance orange aux pluies et aux inondations. Un millier de foyers restent privés d'électricité ce matin. Et cette vigilance orange, elle s'applique également à 19 autres départements. De la Vendée, à la Seine-Maritime et de l'Ardèche-aux-Vars. Le Rhône et la Loire sont, eux, en alerte aux vents violents.

Il y a eu entre 2 900 et 3 200 pédo-criminels au sein de l'Église catholique depuis 1950. C'est ce que déclare Jean-Marc Sauvé, le président de la commission qui a enquêté sur la pédo-criminalité dans l'Église. Elle rendra à mardi ses conclusions après deux ans et demi de travaux. La pandémie de Covid poursuit sa baisse, moins de 5 000. Nouveau cas ces dernières 24 heures en France. Face à cette décrue, les élèves de primaires des départements où le coronavirus circule le moins n'auront plus à porter le masque en classe à partir de demain. Dix départements testent également un nouveau protocole sanitaire afin d'éviter la fermeture des classes dès le premier cas de Covid.

Retrouvez tous les détails de ces nouvelles mesures sur notre site internet franceinfo.fr. Ils vont vraiment découvrir l'enfer du Nord sous la pluie, averti sur France Info l'organisateur de Paris-Roubaix, Christian Prudhomme. La course se tient ce dimanche pour les hommes. Pour la première fois hier, ce sont les femmes qui l'ont disputé. Le départ sera donné tout à l'heure de Compiègne à 11h15. C'est le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou, qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.

19:28
Yannick Jadot

Yannick Jadot, pour son premier déplacement officiel de campagne, en quelque sorte, c'était jeudi dernier, Yannick Jadot a choisi la Savoie et un site industriel de métallurgie. Est-ce que ça veut dire que l'industrie, le souverainisme en quelque sorte industriel, est maintenant au cœur des préoccupations des écolos ?

19:48
Invité

Oui absolument, il y a un enjeu de réindustrialisation verte. On parle de l'usine de Ferropem en Savoie, à côté de Chambéry. On y était jeudi. Yannick Jadot y avait déjà été en mai. Et notre président de groupe écologiste au Sénat avait interpellé le Premier ministre mercredi sur l'organisation d'une reprise de l'usine. En fait, le propriétaire veut délocaliser. C'est malheureusement le schéma classique de la désindustrialisation en France. Absence totale d'état stratège là-dessus, laisse faire la désindustrialisation et les délocalisations. Et en fait, il produit du silicium. Donc c'est l'élément principal de tous les panneaux photovoltaïques.

Pour l'écologie, pour la transition écologique, pour une autonomie stratégique sur la transition, c'est absolument crucial. Et puis évidemment, pour les 327 familles qui étaient là, sur un territoire qui est déjà en difficulté. Et donc on y était avec Yannick Jadot. Et c'était très fort parce que ces ouvriers ont conscience qu'ils ont dans les mains l'avenir du pays. En fait, c'est la transition écologique. Donc c'est un des métiers qui ont du sens, des compétences rares. On sait que si Ferro Globe délocalise, en fait, c'est pour polluer, tout simplement. C'est pour produire beaucoup moins cher, notamment en Chine, au Xinjiang, là où il y a du travail forcé des Ouïghours.

Donc c'était finalement un condensé de la campagne. C'était écologiste, évidemment. C'était forcément social, puisqu'il s'agissait de sauver 327 familles ou de contribuer à ce que ces 327 familles puissent continuer à travailler. C'est l'état stratège. Que veut-on faire du pays à 30 ans ? Et c'est la réindustrialisation verte. Et donc, oui, c'est important de faire ce déplacement. Moi, ce qui m'a le plus marqué, c'est que le délégué du personnel termine en disant « Bon, nous, on a besoin de cette usine pour nos familles. Mais on sait aussi que pour appliquer la loi climat, en fait, cette usine, elle est fondamentale.

» Et c'était la synthèse, je n'aurais pas pu l'inventer, la synthèse parfaite de l'écologie comme réponse aux besoins du pays.

21:49
Présentateur

Julien Bayot, on va parler maintenant de la réforme de l'assurance chômage. Elle est entrée en vigueur cette semaine. Écoutez ce qu'en disait sur France Info Patrick Martin, qui est le président délégué du MEDEF.

22:00
Invité

Je suis avant d'être président délégué du MEDEF, un chef d'entreprise. Je passe mes semaines à voir d'autres chefs d'entreprise. Tous, tous nous convenons que beaucoup de salariés nous disent « Écoutez, on gagne autant en alternant des périodes de travail et des périodes de chômage. Et donc, on refuse des propositions de ces délits que vous nous faites. » Il y a des biais, il y a des travers dans le dispositif qui existait jusqu'à ce 1er octobre. Et voilà, d'un point de vue pragmatique, on est convaincu qu'il faut corriger ces biais, il faut corriger ces travers.

22:30
Présentateur

C'est cohérent, ce que dit là Patrick Martin ?

22:33
Invité

C'est n'importe quoi. Moi, j'entends quelqu'un qui dit « on me dit que ». Enfin, ça repose sur absolument rien. Je pourrais vous raconter que j'ai rencontré quelqu'un, mon voisin, qui a vu son coiffeur, qui lui disait que. Bon, tout ça, ça n'a aucune importance.

22:43
Présentateur

Il a rencontré les chefs d'entreprise comme lui.

22:45
Invité

S'il y a des personnes qui ne prennent pas de travail, c'est parce que les salaires ne sont pas assez élevés. C'est quoi le sens de dire que les personnes au chômage vont être moins soutenues dans leur recherche d'emploi, alors que là, on a une difficulté d'emploi ? Enfin, je veux dire, vraiment, on marche complètement sur la tête. Et lancer cette réforme de l'assurance-chômage en pleine crise sanitaire, économique et sociale, c'est enfoncer la tête sous l'eau des personnes qui ont déjà du mal à respirer.

23:09
Présentateur

Et vous pensez que les chefs d'entreprise ont les moyens d'augmenter les salaires de façon générale ?

23:15
Invité

On a besoin d'augmenter les salaires qui n'ont pas suivi le cours de l'inflation, bien sûr. On a besoin d'augmenter le SMIC, on a besoin d'une politique.

23:22
Présentateur

Vous pensez qu'ils ont vraiment les moyens de le faire ?

23:24
Invité

Eh bien, aujourd'hui, on les a aidés, quoi qu'il en coûte. C'était ça, depuis un an et demi. Moi, je le regrette, je le redis, que le plan soi-disant de relance ait servi à rien. Je le redis, relancer l'activité ou la relocaliser, notamment en investissant dans Ferropem, ou en investissant dans la chapelle d'Arblais à Rouen, ou en investissant dans la transformation de l'usine Grand-Puy avant Sénémarne, ça, c'est utile. Ce n'est pas uniquement arrosé comme ça, à coups de milliards d'euros, comme le CICE, le Crédit Impôt Compétitif d'Emploi, qui ne fait ni de la compétitivité ni de l'emploi.

23:58
Présentateur

Parce que le quoi qu'il en coûte, c'est la crise du Covid.

24:00
Invité

Oui, mais simplement, aujourd'hui, on dit que c'est les précaires qui vont payer la crise. Vous avez, dans ce pays, des profiteurs de la crise. Vous avez, dans ce pays, Bernard Arnault, dont la fortune a augmenté de 62 milliards d'euros en 18 mois.

24:15
Yannick Jadot

Pour vous, c'est un profiteur de la...

24:17
Invité

C'est quoi le sens d'augmentation de 62 milliards d'euros ? C'est la bourse. Non, mais je parle du sens.

24:27
Yannick Jadot

Non, mais moi, je vous réponds, c'est la bourse. Parce que ce n'est pas directement Bernard Arnault, c'est les marchés financiers.

24:31
Invité

Oui, mais y a-t-il une justification, même économique ? Prise de risque ? Le talent ? Non, évidemment. Vous voyez, donc, il y a un enjeu, et ça ne peut pas être les précaires qui payent cette crise. Et donc, cette réforme chômage, cette réforme de l'assurance chômage, elle est absolument injuste, mais elle n'a aucune efficacité pour lutter contre le chômage. Pour lutter contre le chômage, vous avez des leviers, j'en ai parlé, la rénovation thermique, la transformation de notre économie, l'agroécologie, qui peuvent créer beaucoup plus d'emplois à l'hectare, soutenir le petit commerce plutôt que les centres commerciaux, parce qu'il y a plus d'emplois aux millions d'euros de chiffre d'affaires.

Voilà des activités intensives en emploi. Et vous avez également la réduction du temps de travail. Je sais que c'est tabou à droite, mais en fait, c'est la politique publique qui, dans les 30 dernières années, a créé le plus d'emplois, véritablement.

25:17
Présentateur

Donc, il faut aller par là à nouveau. Il faut aller par là, c'est ce que proposent les écologistes. Merci beaucoup, Julien Bayou, invité du 830 France Info ce matin, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts. Pardon, je retrouve ma voix. En vous disant au revoir. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élysée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Sous-titrage Société Radio-Canada