Risques de coupures d'électricité cet hiver, la sobriété énergétique dans les entreprises et la réforme des retraites... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sylvain Maillard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sylvain Maillard, le gouvernement vient d'expliquer ce qui allait se passer dans les établissements scolaires en cas de coupure d'électricité cet hiver. C'était hier lors d'une réunion avec les syndicats, le ministère de l'éducation, donc les écoles qui pourraient ne rouvrir qu'à la mi-journée, fermées à 18h. On ne sait pas s'il y aura les cantines ouvertes à la mi-journée, ça va demander beaucoup d'organisation en cas de coupure pour les parents. Est-ce qu'on va pouvoir éviter la pagaille, la confusion qu'on a connue lors des confinements ?
L'idée évidemment c'est qu'il n'y ait pas de coupure, ça on ne peut pas le dire à l'heure actuelle ce qui va se passer dans les semaines qui viennent. La seule chose c'est qu'il est normal qu'on se prépare au cas où il y aurait un hiver rigoureux et qu'il puisse y avoir éventuellement des délestages. Donc il y a des questions qui se posent, la question sur les écoles c'est celle dont on parlait hier, je crois que c'est bien que le gouvernement, que les différentes parties prenantes s'organisent au cas où ça arriverait mais encore une fois rien n'est écrit.
Mais même après les précisions d'hier, les syndicats, les parents aussi sont quand même toujours un peu inquiets sur les cantines. Ils se demandent comment on va pouvoir les ouvrir à la mi-journée pour accueillir les élèves après une rupture de la chaîne du froid. Les transports scolaires aussi, ils vont devoir réorganiser tous leurs horaires, etc. Donc ça veut dire que l'État doit continuer à anticiper, à affiner là encore dans les semaines qui viennent ?
Jules Dequisse, une coupure d'électricité et un délestage massif, c'est un problème d'organisation, qu'on soit très clair. Donc il faut qu'on anticipe toutes les difficultés. Notre réseau n'est pas programmé, n'est pas organisé pour ce type de difficultés. Donc comment faire concrètement sur des cas, on a eu plein d'exemples de difficultés qui pourraient y arriver s'il y a du délestage. Comment on fait pour que ce soit le mieux anticipé et donc que ce soit le moins impactant ? Mais oui, si c'est le cas, il y aura des difficultés. Essayons de trouver les voies de passage pour que ce soit le moins impactant.
Mais je le redis encore une fois, il est possible que nous passions et nous l'espérons au travers d'éventuels délestages. Et je rappelle juste pour vos auditeurs, il y a une application qui s'appelle EcoWatt. C'est là où on aura le plus d'informations dans les semaines qui viennent, qui permettront de dire le feu vert, feu rouge, feu orange, feu rouge. Et que chacun puisse avoir des comportements de sobriété énergétique.
Et en cas d'EcoWatt Rouge, le président du directoire de RTE, le gestionnaire des réseaux d'électricité et de transport, expliquait ce jeudi qu'effectivement en cas d'EcoWatt Rouge, il fallait baisser sa consommation. Il notait surtout que ceux qui, d'une certaine façon, ne jouaient pas le jeu en ce moment, c'était les entreprises du tertiaire. L'industrie joue le jeu de la sobriété, l'agriculture joue le jeu de la sobriété, le tertiaire peut faire davantage d'efforts. Alors, question posée à l'entrepreneur que vous êtes aussi, pourquoi est-ce que les entreprises n'en font pas davantage aujourd'hui en matière de sobriété ?
Alors, vous pointez un vrai point important. Oui, les entreprises du tertiaire, c'est quoi les entreprises du tertiaire qu'on soit concrets ? C'est les services. C'est les services, souvent des bureaux. On a l'impression qu'on consomme beaucoup moins et qu'au fond, il y a peut-être moins besoin de faire un effort qu'une entreprise qui a un four de production par exemple. Donc, oui, il faut que chacun d'entre nous fasse attention, le fait que les températures soient à 19 degrés, d'éteindre les lumières, que chacun ait des gestes de sobriété.
Mais ce n'est pas l'axe de communication du gouvernement qui communique quasi exclusivement sur les éco-gestes, sur les particuliers. Le président du directoire de RTE dit, ce n'est pas le sujet, le sujet c'est les entreprises et du tertiaire.
Vous savez, le particulier, il commence sa journée chez lui, ensuite il va dans son entreprise. Donc, c'est aussi à chacun d'entre nous de se saisir des gestes dans l'entreprise.
Un salarié doit dire à son patron, attention, là on n'est pas assez sobre.
Dans la vraie vie, je ne crois pas que vous appeliez votre patron quand vous arrivez ici à France Info pour savoir si vous appuyez sur le bouton d'électricité. Je crois que chacun a une vraie autonomie et fait en sorte d'avoir ses propres gestes de sobriété.
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, appelé à aller au-delà, il dit, aujourd'hui les entreprises elles sont aidées par différents dispositifs. Il y a eu le quoi qu'il en coûte au moment du Covid, il y a les PGE, les prêts garantis par l'État, les boucliers tarifaires. Il doit y avoir une contrepartie. La contrepartie, c'est notamment de leur demander d'en faire plus en matière de transition énergétique. Est-ce qu'il faut conditionner les aides ?
Nous ne sommes pas pour le conditionnement des aides. Nous pensons que la transition, entre autres, sur ce sujet-là, la transition écologique, elle doit se faire en accompagnement et main dans la main. Je ne crois pas qu'il y ait une entreprise, je ne crois pas qu'il y ait un chef d'entreprise qui se dit qu'au fond, ne pas participer à cette transition soit une option. Donc je crois qu'il faut avoir les bons dispositifs, l'accompagnement, de tracer le cap. Évidemment, et là je suis d'accord et je rejoins les propos qui ont été tenus, il faut évidemment qu'il y ait des rendez-vous pour qu'on voit où en sont les uns et les autres acteurs par rapport à des objectifs qui sont fixés.
Mais conditionner en permanence, c'est-à-dire penser que l'autre, au fond, ne le fera pas à l'effort, je crois que c'est une mauvaise politique, c'est un peu une habitude française et nous luttons contre ça. Quoi qu'il en coûte, on a fait confiance aux entreprises, on a fait confiance aux gens et je crois que c'est ça que veulent les Français.
Sylvain Maillard, puisque les conseils à la population sont à la mode, est-ce que le député, que vous êtes le député de Paris notamment, conseille aux Français et aux Franciliens peut-être en particulier, de remettre le masque, notamment dans les transports en commun, puisqu'on sait qu'il y a cette triple épidémie inédite d'e-santé publique France, le Covid qui remonte, plus d'un pour cent d'hospitalisation en une semaine, la broncholite pour les nourrissons, la grippe également. Est-ce qu'il est temps de remettre le masque ?
Moi je crois qu'il faut le remettre. En tout cas dans les transports, j'étais hier encore dans le métro, peu de gens le portent. Je crois qu'il est de bon usage de le porter. Et d'ailleurs, je ne le porte pas moi-même tout le temps dans les transports. Et c'est cette réflexion que je me suis faite hier en disant qu'il faut aussi qu'on puisse nous le porter et moi le premier pour montrer qu'il faut le porter.
Obligation ? Parce que ça a été obligatoire.
Oui, je ne pense pas que l'obligation d'avoir les Français sont maintenant, savoir exactement comment le porter. Et vous parliez des Franciliens et de tous les Français qui prennent les transports en commun, savent exactement comment le porter et comment ça fonctionne. Donc je crois que chacun a un ressenti et se dit, voilà, pour se protéger. Et vous parliez spécifiquement du métro, donc des transports où on est extrêmement serré. Moi je crois que c'est important qu'on puisse le reporter. Mais on laisse à l'appréciation de chacun d'entre nous.
Dans un instant, on va parler d'une réforme qui fait beaucoup parler, avec beaucoup d'attentes, la réforme des retraites. Mais avec un tout petit peu d'avance, on va d'abord dérouler le fil info, l'essentiel à retenir en ce samedi matin avec Marie Maheux. Le budget de la sécurité sociale pour l'année prochaine définitivement adopté à l'Assemblée nationale après le 7e 49.3 de l'automne et le rejet d'une nouvelle motion de censure de la NUP. Parmi les mesures, la pilule du lendemain gratuite, la hausse des prix du tabac ou encore le renforcement du personnel dans les EHPAD. Journée de vote chez Les Républicains, 5 mois après le départ de Christian Jacob.
Premier tour pour désigner le futur patron du parti. 91 000 adhérents votent électroniquement à partir de 18h pour départager Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié. Résultat attendu demain à 18h30. Pour priver Moscou de ses moyens pour financer la guerre en Ukraine, l'Union Européenne, les pays du G7 et l'Australie s'entendent pour plafonner le prix du pétrole russe à 60 dollars par baril. 5 dollars de moins que le cours actuel. Le mécanisme entrera en vigueur dans deux jours. Lundi pour appuyer l'embargo européen sur le pétrole russe acheminé par voie maritime. Et puis au Mondial au Qatar, début des huitièmes de finale.
Aujourd'hui, la Suisse et la Corée du Sud sont les derniers qualifiés. À suivre avec nous sur France Info à 16h, Etats-Unis, Pays-Bas. Et puis Australie, Argentine, ce sera à 20h.
France Info.
Le 8.30 France Info.
Mail à la trousse. Jules de Thys. Sylvain Maillard, député de Paris, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, est notre invité ce matin.
Le gouvernement fait l'unanimité contre lui, ou en tout cas contre sa future réforme des retraites. Les syndicats se donnent rendez-vous lundi soir, commence tôt, après-demain, pour discuter autour d'une date de mobilisation commune, sans doute en janvier, quand le texte sera présenté en Conseil des ministres. Est-ce que vous vous préparez pour une épreuve de force à la rentrée ?
C'est toujours difficile, une réforme des retraites. On en a l'habitude, je crois, en France, depuis tant et tant d'années. Mais il faut faire cette réforme des retraites. Moi, je veux dire aussi que les organisations syndicales et patronales discutent autour d'Olivier Dussopt. Et d'ailleurs, on est en train de discuter. On est dans un cycle de discussions sur...
La pénibilité, les carrières longues.
Oui, mais surtout sur l'âge de départ, l'âge et le départ à la retraite.
Mais ils disent tous, travailler plus longtemps, c'est non.
Oui, chacun entre dans son couloir. Il ne m'a pas échappé aussi qu'il y a des élections bientôt, le 8 décembre, des élections professionnelles. Donc, je crois que ce qui est important, c'est qu'on ait le même constat. Pour nous, et le corps, le Conseil d'orientation des retraites le dit parfaitement. Quelle que soit d'ailleurs la stratégie qu'il suit ou bien la définition de ce que serait la croissance, il nous faut absolument travailler plus. En tout cas, il nous faut des rentrées supplémentaires pour équilibrer notre système de retraite. Le Conseil d'orientation des retraites, en fait, a un constat.
Tout le monde dit, mais les réponses sont différentes en fonction d'où on se positionne.
Il a plusieurs scénarios. Mais quand vous regardez tous les scénarios, même avec du plein emploi, de toute façon, il y a un déficit.
Oui, mais de 10 milliards, quand chaque année, ça nous coûte beaucoup, beaucoup plus. C'est l'épaisseur du trait, disent en somme les syndicats. On peut se le permettre, attendre que le système retrouve son équilibre à horizon 2035, entre 2035 et 2040. Donc, eux vous disent, c'est une réforme comptable qui peut attendre.
Jules Dequet, s'il y a un doute sur l'équilibre des retraites, les jeunes générations, d'ailleurs c'est ce qu'on entend tout le temps, ne croient plus dans le fait qu'ils auront eux-mêmes une pension. Et donc, n'auront plus cette chaîne de solidarité, c'est un système par répartition qui est quelque chose d'assez exceptionnel en fait. Quand vous regardez à l'échelle de la planète, ce système de répartition où vous cotisez pour vos parents, ce système-là, les jeunes n'ont pas forcément confiance dans le fait d'avoir eux-mêmes une pension.
Beaucoup vous disent qu'ils ne veulent pas forcément travailler aussi jusqu'à 65, 67, 68, 70 ans peut-être.
Mais je l'entends, en même temps, il faut qu'on finance non seulement les retraites et les pensions où on vit de plus en plus vieux, mais aussi, à côté de ça, on a tout un système, un niveau de vie, des services publics, on a des nouveaux besoins. On parlait de la transition écologique, il faudra aussi financer ça. Et donc, il faudra, les lois de programmation militaire, il faudra travailler plus parce que nous aurons besoin de plus d'argent pour cette transition, entre autres, transition écologique. Donc, dedans, dans l'ensemble de ce portefeuille, il y a évidemment les retraites. Il faut trouver un équilibre.
La Première Ministre l'a redit, nous voulons que ce soit l'équilibre dans les 10 ans. On peut discuter avec les organisations syndicales et patronales comment faire, quel est ce chemin. Après, il y a un engagement présidentiel, non seulement de retour à l'équilibre, mais aussi d'âge. À 65 ans, vous le savez, on est ouvert aussi à la discussion là-dessus. Si les organisations syndicales, plutôt que de manifester, sont prêtes et nous proposent des chemins pour revenir à cet équilibre dans les 10 ans, nous sommes prêts à regarder l'âge de départ à la retraite.
Mais il y a Les Républicains qui proposent aussi leur solution, qui est 64 ans, comme âge de départ, et de rallonger la durée de cotisation. 64 ans, il se trouve que sans aucune réforme, et c'est le corps, le Conseil d'orientation des retraites qui liste, ce sera de toute façon l'âge moyen de départ en 2040. L'idée, c'est qu'on ne peut pas attendre 2040. C'est pour ça que cette réforme, vous voulez la faire très vite ?
Plus vous attendez, plus vous mettez le système en risque. Qu'on soit très clair. Plus vous attendez, plus vous mettez le système en risque. Ça ne peut pas attendre 2040.
Et donc, les réformes, plus on attend... Parce qu'on repose son équilibre plus tard, le système. C'est ce que dit le Conseil d'orientation des retraites, d'un point de vue démographique.
Plus vous attendez à l'heure actuelle, plus les réformes, potentiellement, seront plus dures dans la suite. Et vous savez, honnêtement, ce serait plus confortable pour nous, au fond, de ne pas faire la réforme des retraites. On serait tranquillement à attendre. Il n'y aurait pas, éventuellement, de pression des syndicats. Si on le fait, c'est qu'on pense fondamentalement qu'il faut le faire. Et d'ailleurs, vous parliez des Républicains. Là-dessus, je crois que tout le monde est d'accord. Tous ceux qui regardent les chiffres, qui regardent les différents scénarios du Conseil d'orientation des retraites, le disent, on a besoin d'une réforme.
Vous, la solution LR, elle vous convient ? La solution est proposée, 64 ans, avec une prolongation de la durée de cotisation. Les députés Renaissance peuvent voter cette réforme ?
C'est une proposition qui est sur la table. Elle ne nous convient pas parfaitement parce qu'il faut qu'on discute aussi de tout ce qui est pénibilité, tout ce qui est minimum de retraite. On n'en parle pas, mais on veut un minimum de retraite pour une carrière complète à 1200 euros. Donc, il y a des choses sur lesquelles on doit discuter. Mais le préalable, c'est que ce soit à l'équilibre, sans baisser les pensions, sans augmenter les cotisations salariées.
La Première ministre a évoqué aussi, sans plus de détails, une meilleure prise en compte des périodes de congés parentales. L'idée, c'est que le congé parental puisse aussi, davantage, permettre de gagner des trimestres de cotisation ?
Le congé parental doit être considéré comme une période de travail. Et donc, nous voulons que les maires, évidemment, mais les pairs aussi, prennent bien leurs congés parentaux et donc, puissent ne pas être impactés et donc perdre des trimestres de cotisation.
C'est un week-end de vote pour les quelques 90 000, 91 000 adhérents des Républicains qui choisissent un nouveau président, Éric Ciotti, Aurélien Pradié ou Bruno Retailleau. Est-ce que l'un de ces profils, donc deux de vos collègues députés et le sénateur Bruno Retailleau, est-ce que l'un de ces profils est le plus à même de travailler avec vous, d'emmener dans son sillage les Républicains pour saisir la main tendue, notamment par Emmanuel Macron ?
Vous savez, jeudi, c'était ce qu'on appelle la journée de les niches parlementaires et c'était les LR, c'était leur journée pour présenter les programmes.
C'est le jour où les groupes ont le droit de mettre à l'agenda leurs propres textes.
Tout à fait. Et donc, cette journée, on a vu évidemment un texte d'Éric Ciotti, évidemment un texte d'Aurélien Pradié, l'un et l'autre, on peut le dire, pas très construits. L'idée, c'était simplement de faire un coup politique. Ils sont dans leurs élections. D'ailleurs, Aurélien Pradié est arrivé en retard, même le soir pour la séance de nuit, parce qu'il était parti en meeting. Enfin, bref, nous, ce qu'on attend, c'est que surtout cet épisode passe et de retrouver des LR dans l'hémicycle qui ne soient pas, comme ils sont à l'heure actuelle, souvent des auto-entrepreneurs.
C'est-à-dire que chacun a sa propre ligne, qu'on puisse discuter plus concrètement sur les textes, que ce soit peut-être facilité, en tout cas, le travail parlementaire.
Mais qu'importe le résultat, de toute façon, quel que soit le futur président des Républicains, cette main tendue restera tendue et vous continuerez à proposer à la droite de co-construire avec vous des textes ou d'améliorer certaines réformes ?
Les Français ne nous ont pas donné une majorité absolue, en tout cas la majorité présidentielle, au mois de juin. Et donc, il nous faut co-construire des majorités de projets.
Mais qu'importe le profil du président LR ?
En tout cas, ce qui est plus simple, c'est d'avoir, ou le moins compliqué, d'avoir des députés qui ont envie de co-construire avec nous. C'est vrai que pour le moment, on arrive à trouver des majorités avec LLR, mais parfois aussi avec les socialistes, les écologistes votent certains textes ou en appuient certains textes. Mais c'est vrai que ce serait plus simple pour nous s'il y a une sorte d'unité où on puisse discuter avec les LR. Et pour le moment, c'est quand même compliqué, concrètement.
Sylvain Maillard, un mot de Gaël Perdriot, le maire de Saint-Etienne, au cœur de plusieurs enquêtes du site Mediapart, notamment, qui est accusé d'avoir propagé des rumeurs sur Laurent Wauquiez, d'avoir fait chanter un de ses adjoints avec une vidéo à caractère sexuel, notamment, lui refuse de démissionner. Et certains en appellent maintenant au gouvernement. Le Conseil des ministres peut révoquer un élu, peut révoquer un maire. Est-ce qu'il est temps de le faire ?
C'est compliqué. Je ne connais pas le détail, si ce n'est pas à travers vos interventions et ce que nous dit la presse. Je suis toujours un peu gêné quand un élu a été élu.
Par exemple, Gaël Perdriot a reconnu qu'il avait propagé cette rumeur infondée sur Laurent Wauquiez.
Je crois que, surtout, vu la situation, ce serait la moindre des choses, c'est qu'il s'en aille de lui-même. Je crois que c'est surtout ça. Et je crois que les Stéphanois, c'est ce qu'ils attendent. C'est de retrouver un maire et un conseil municipal apaisés, parce qu'il y a évidemment beaucoup de sujets, comme dans toutes les municipalités. Je crois qu'à un moment, il faut savoir s'en aller. S'en aller même pour se défendre, qu'il se défendra devant la justice. Mais il faut qu'il puisse s'en aller. Je trouve ça toujours un peu baroque d'en appeler au gouvernement et, au fond, de risquer toujours une instrumentalisation politique d'une décision judiciaire qui va venir.
Sylvain Maillard, vous êtes député de Paris, je le rappelais. À deux kilomètres de votre circonscription se trouve le conseil d'État devant lequel, depuis hier, se sont installés près de 200 migrants qui viennent d'installer un campement et qui réclament, entre autres choses, d'avoir accès aux places d'hébergement réservés aux réfugiés ukrainiens. Le Paris Event Center, disent-ils, compte 200 à 250 lits. Il y en a quelques dizaines, parfois beaucoup plus, qui sont libres par nuit. Est-ce que leur demande vous semble raisonnable ?
Il faut les recevoir et trouver les voies et passages de comment s'organiser. Moi, je vois que le gouvernement a fait quand même des efforts extrêmement importants pour trouver de la place pour tous cet hiver. On a gardé les mêmes budgets que l'année précédente. Et pour nous, c'est une priorité.
Vous êtes revenus sur une décision de les réduire.
Oui. En fait, il y a eu une discussion. Et l'entrée, c'était de dire, est-ce que... Enfin, je ne vais pas être trop technique, mais est-ce qu'au fond, l'hôtellerie ne profitait pas de la situation pour surfacturer, enfin, facturer plus cher des nuitées d'hôtel à l'État. Et donc, en bonne gestion du budget, on s'est dit, est-ce qu'il faut faire un effort là-dessus ? On a décidé, justement, parce qu'on ne voulait pas qu'il y ait une sorte d'affichage, dire qu'on voulait exactement garder les mêmes places et d'avoir un niveau de place et d'accueil, d'hébergement, qui est le plus haut de ce qui a toujours été. Et donc, nous le maintenons par rapport à l'année dernière.
Donc, il y aura de la place pour tout le monde. Et je crois que c'est important. Nous nous sommes engagés dessus lors du vote du budget.
Merci à vous, Sylvain Maillard, député LREM de Paris, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Merci à vous, bonne journée.
Sylvain Maillard