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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 18 octobre 2026 30 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Comment penser le maintien de l’ordre ?

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 19 %Attaque 49 %Défensif 32 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:20OuverteÉludée

    Pourquoi les contrôles d'identité n'ont-ils pas été faits sur les black blocs ?

  • 2:50RelanceRéponse partielle

    Pourquoi si peu de contrôles d'identité et pourquoi la BAC n'a pas arrêté les black blocs ?

  • 5:13OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a particulièrement frappé hier dans les manifestations ?

  • 6:26OuverteRéponse directe

    Sébastien Rocher, qu'est-ce qui vous a frappé hier dans les manifestations ?

  • 8:30RelanceRéponse directe

    Grégory Joron, qu'est-ce que vous répondez à cette analyse ?

  • 12:24OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pensez de l'utilisation des armes sublétales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurChiffre
    « 500 000 manifestants »
  • 0:42PrésentateurChiffre
    « 2000 personnes interpellées, 600 policiers et gendarmes blessés »
  • 5:10InvitéFait
    « on est démuni sur cette question-là »
  • 6:56InvitéFait
    « le gouvernement a mis en place une réponse qui est uniquement d'ordre policier »
  • 8:56InvitéChiffre
    « la confiance à l'endroit de la police se situe entre 65 et 75% »
  • 13:46InvitéFait
    « le flashball est introduit en 1995 dans les unités de choc »
  • 24:05InvitéFait
    « la particularité de la France, c'est un modèle archaïque »
  • 28:00InvitéFait
    « ça ne changerait rien »
  • 28:02InvitéFait
    « quand on a déclaré l'état d'urgence pendant les émeutes de 2005, ça n'a strictement eu aucun effet »
  • 28:23InvitéFait
    « on n'arrive pas à trouver un effet de la déclaration qui a été faite à ce moment-là »
  • 28:43InvitéFait
    « ce sont des mouvements qui emportent tout sur leur passage et qui s'épuisent d'eux-mêmes »
  • 28:51InvitéChiffre
    « avec les gilets jaunes ça a duré plus de 8 mois »
  • 29:09PrésentateurFait
    « il y a une différence entre les manifestants et les émeutiers »

Temps de parole

  • Invité30 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur23 %
  • Invité 313 %
  • ?3 %
  • Invité 42 %
  • Auditeur2 %

≈ 12,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

France

0:00
Locuteur non identifié

Inter

0:01
Locuteur

France

0:04
Locuteur non identifié

Inter

0:05
Locuteur

Le

0:06
Locuteur non identifié

18-20

0:08
Locuteur

Alibadou Et

0:11
Présentateur

une édition spéciale jusqu'à 21h en direct avec l'allocution du président de la République, une parole très attendue à 20h suivie du décryptage avec nos invités 19h24, mais le téléphone sonne d'abord au lendemain de cette journée de mobilisation contre la vie chère et pour la démocratie 500 000 manifestants des scènes de violence inédites et comment une pensée le maintien de l'ordre, 2000 personnes interpellées, 600 policiers et gendarmes blessés les appels à la démission du ministre de l'Intérieur se multiplient comment comprendre ces éclats de violence, comment expliquer qu'il n'ait pas pu aussi être empêché par les forces de l'ordre et quelles conclusions politiques en tirer vos questions, vos réactions aux témoignages chers auditeurs au 0145 24 7000 ou via l'application Radio France

1:08
Locuteur

Le

1:08
Locuteur non identifié

téléphone sonne 0145 24 7000

1:12
Présentateur

Bonsoir Martine Bonsoir Ali Et bienvenue sur France Inter dans le téléphone

1:17
Locuteur

sonne Oui,

1:20
Auditeur

moi je me pose une question même deux parce que je suis avocate il y a un article du code de procédure pénale qui permet au procureur de demander à la police de faire des contrôles d'identité pourquoi cela n'a-t-il pas été fait sur les black blocks parce qu'on les voit venir à 200 mètres ça a été déjà fait dans le cadre de manifs des gilets jaunes première question deuxième question la BAC brigade anticriminalité court vite pourquoi elle n'a pas réussi à arrêter les black blocks et les casseurs et les voleurs là aussi on peut se poser des questions tout cela ne fait-il pas le vœu finalement de Marine Le Pen ce qui est déplorable

1:55
Locuteur

Merci

1:56
Présentateur

pour ces questions Martine et on ouvre la conversation justement dans le téléphone sonne avec plusieurs invités Sébastien Rocher bonsoir bonsoir vous êtes directeur de recherche au CNRS l'un des grands spécialistes des politiques de sécurité et de la délinquance l'auteur de La police en démocratie aux éditions Grasset Grégory Joron bonsoir

2:22
Locuteur

bonsoir

2:22
Présentateur

vous êtes secrétaire général du syndicat d'unité vous connaissez bien le sujet de l'intérieur vous étiez CRS vous-même Christophe Bourseillet historien, président de l'observatoire des extrémismes et des signes émergents merci d'être resté avec nous pour poursuivre cette conversation vous qui êtes l'un des fins observateurs des black blocs justement et de ces mouvements extrêmes Christophe comment répondre à la question de Martine Grégory Joron pourquoi si peu de contrôle d'identité pourquoi faire intervenir la brigade anti-criminalité pour le maintien de l'ordre

3:01
Locuteur

il

3:01
Invité

y a eu de façon très très évidente

3:05
Présentateur

Grégory Joron pardon

3:06
Locuteur

ah

3:07
Invité

oui non pardon j'ai vu que le monsieur avait commencé

3:09
Locuteur

non non Christophe

3:09
Présentateur

Bourseillet

3:10
Locuteur

prenait la

3:10
Présentateur

parole mais je croyais que c'était à moi que vous vous adressiez c'est pour ça je vous adresse à tous les deux vous aurez tous les deux la parole Grégory Joron

3:17
Invité

merci alors concernant le procureur et les contrôles de

3:21
Locuteur

l

3:21
Invité

'identité alors ça a déjà en effet été entre guillemets le cas sur sur certaines manifestations notamment sur les gilets jaunes sans passer exactement par là c'est peut-être la réflexion qu'on doit mener et qui a déjà été tentée sur la loi anti-casseurs notamment déposée par le ministre de

3:41
Locuteur

l

3:41
Invité

'Intérieur et Christophe Castaner à l'époque c'est de doter en fait les préfets et la police indirectement d'outils peut-être qui nous manquent aujourd'hui je crois pour prévenir justement de la présence d'individus défavorables inconnus ou connus justement pour avoir des idées et des appels à la violence

4:06
Locuteur

ces outils n'existent pas

4:07
Présentateur

ou sont insuffisants aujourd'hui Grégory Joron

4:10
Invité

clairement ça n'existe pas en fait moi je pense que le maintien de l'ordre on doit réfléchir sur trois plans c'est-à-dire ce qu'on fait avant pour prévenir les cortèges de ces éléments ultra qui sont revenus nettement depuis 2016 et la loi le Combris ça fait dix ans en fait que malheureusement on ne s'est pas adapté par rapport à ce risque-là et aujourd'hui je le dis sincèrement on est démuni sur cette question-là très clairement juridiquement avant tout et on ne réfléchit le maintien de l'ordre que par la réponse qu'on peut apporter le jour J aux difficultés qu'on va rencontrer à mon avis ça se réfléchit sur un plan beaucoup plus large pour répondre rapidement à la question des BAC qui ont évidemment été envoyés sur les pillages puisque là on n'est pas sur du maintien de l'ordre ni du rétablissement de l'ordre on est quand même sur encore une autre dimension qui tient presque de l'insurrection et donc forcément que les brigades anticriminalité ont été envoyées le vrai sujet c'est le nombre d'individus auxquels on a dû faire face et forcément le sous-dimensionnement ou en tout cas le manque d'effectifs pour pouvoir répondre à toutes les attaques qui ont eu lieu hier

5:13
Locuteur

Sébastien

5:14
Présentateur

Rocher vous qui observez de près les politiques de sécurité les doctrines également employées par les forces de l'ordre qu'est-ce qui vous a particulièrement frappé hier lorsque vous avez regardé les manifestations et les défilés

5:30
Locuteur

?

5:31
Invité

Alors je réponds un petit peu aussi à la question précédente en même temps bien sûr ce qu'est le plus important à observer c'est que la police n'est pas la réponse au désordre

5:42
Locuteur

il

5:43
Invité

y a dans les démocraties européennes une notion qui est celle de l'ordre politique l'ordre politique c'est un ordre consenti

5:51
Locuteur

et

5:52
Invité

tous les mécanismes démocratiques que nous connaissons de l'élection aux différentes formes de relations entre le pouvoir et la société civile

5:59
Locuteur

et

6:00
Invité

de coordination sont là pour qu'il y

6:02
Locuteur

ait

6:02
Invité

un ordre politique consenti

6:04
Locuteur

l

6:05
Invité

'ordre policier ça consiste à utiliser de plus de contrôles plus de matraques plus de tirs de LBD cet ordre policier ne génère pas de consentement politique et ce qui se passe aujourd'hui

6:18
Locuteur

c

6:19
Invité

'est d'abord une crise du consentement politique

6:23
Présentateur

même si on parle de force de l'ordre Sébastien Rocher

6:26
Locuteur

alors

6:27
Invité

oui il y a de maintien de l'ordre absolument il y a deux ordres il y a l'ordre politique et l'ordre policier l'ordre policier intervient pour accompagner les protestations les crises les conflits toutes les sociétés occidentales sont traversées par des conflits et des crises bien sûr l'ordre policier est là pour accompagner le mécanisme qui mène à des compromis politiques or ce qui se passe en ce moment en France c'est que le gouvernement a mis en place une réponse qui est uniquement d'ordre policier à des protestations à des récriminations à des doléances et c'est un échec

7:04
Locuteur

on

7:05
Invité

le voit maintenant avec l'ampleur du nombre de blessés

7:09
Locuteur

chez

7:09
Invité

les manifestants chez les policiers les incendies de bâtiments publics etc ce n'est pas la police qui va rétablir l'ordre politique c'est au gouvernement de le faire

7:19
Présentateur

d'un mot malgré tout Sébastien Rocher avant de redonner la parole à Grégory Joron et à Christophe Bourseiller mais on a dit que les forces de l'ordre n'étaient pas suffisamment nombreuses qu'elles ont été débordées qu'elles n'étaient pas capables d'assurer partout l'ordre public c'est assez paradoxal quand on vous entend

7:36
Invité

c'est ce qui s'est passé surtout face aux casseurs quand vous n'avez pas de consentement vous avez une rupture de l'organisation de la co-gestion des manifestations il y avait des manifestations légitimes et pacifiques énormes 500 000 à 800 000 personnes à côté de ça il y avait des groupes de casseurs

7:54
Locuteur

à

7:55
Invité

côté de ça il y avait des lycéens peut-être radicalisés mais il faut essayer de regarder le mouvement dans son ensemble si vous voulez pour comprendre comment en France on est dans une situation qui est une anomalie à l'échelle de l'Europe donc si le gouvernement pense que la réponse c'est de mettre plus de policiers avec des LBD qui tirent encore plus loin je pense qu'on a la démonstration déjà aujourd'hui que c'est une stratégie qui sera vouée à l'échec il faut

8:20
Locuteur

une

8:21
Invité

réponse politique où sont les propositions politiques pour résoudre la crise très profonde que traverse ce pays

8:29
Présentateur

Grégory Joron qu'est-ce que vous répondez à cette analyse

8:32
Locuteur

? Je

8:34
Invité

ne pensais pas aussi rapidement dans le débat dire que j'étais pour le coup d'accord avec Sébastien Rocher en toute franchise

8:41
Locuteur

Non

8:42
Présentateur

mais c'est intéressant plus sérieusement intéressant que vous vous retrouviez

8:45
Locuteur

Non

8:46
Invité

mais exactement je pense que ça a été le cas des Gilets jaunes et d'ailleurs il faut se rappeler que globalement en France comme toutes les autres démocraties européennes d'ailleurs voisines la confiance à l'endroit de la police se situe entre 65 et 75% plus ou moins de manière fluctuante mais assez stable quand même et qu'il y a eu ça a dévissé juste après le mouvement des Gilets jaunes puisque dans l'opinion publique malheureusement la réponse qui a été apportée et qui a été en effet policière et pas politique a coûté cher aux policiers par rapport à la relation qu'ils avaient avec forcément les citoyens c'est revenu à leur normal assez rapidement mais c'est de toute façon une réalité et nous en tout cas c'est quelque chose que notre syndicat dénonce régulièrement et

9:30
Locuteur

encore

9:30
Invité

aujourd'hui dans nos communiqués d'ailleurs sur cette situation particulière on sait bien que la réponse elle ne

9:35
Locuteur

peut

9:35
Invité

pas venir des policiers ce n

9:36
Locuteur

'est

9:36
Invité

pas nous qui pouvons régler le problème des lycéens de leurs attentes ou du pouvoir d'achat et de la vie chère

9:41
Présentateur

bonsoir Marie-Noël et bienvenue sur France Inter

9:44
Locuteur

merci vous avez une intervention

9:47
Présentateur

un témoignage et une réflexion

9:50
Locuteur

une

9:51
Invité

réflexion c'est que depuis que monsieur Sarkozy a diminué les effectifs de police

9:56
Locuteur

et

9:57
Invité

les a armés

9:58
Locuteur

d

9:59
Invité

'un flashball qui a priori au départ devait simplement armer des policiers très expérimentés dans des cas très difficiles maintenant ils en ont tous et dans les manifestations je me pose la question pourquoi n'y a-t-il pas eu de réflexion sur le maintien de l'ordre qui permettrait aux gens qui manifestent de manifester en relative tranquillité et en même temps

10:24
Locuteur

de

10:25
Invité

mettre un franc au black bloc

10:27
Locuteur

et

10:28
Invité

d'éviter des blessures graves parce que des bras ou des yeux en moins c'est des blessures graves les policiers ont été blessés et ça je ne peux pas l'admettre de même que les violences

10:37
Présentateur

voilà bien sûr merci Marie-Noël d'avoir participé au téléphone son Christophe Bourseillet défaillance du dispositif policier mais on entend régulièrement employer ce terme de black bloc vous les suivez vous connaissez ces mouvements là est-ce que vous pourriez nous en donner un essai de définition pour qu'on s'y repère oui

10:59
Invité

alors en fait le mot black bloc n

11:01
Locuteur

'est

11:01
Invité

évidemment pas le bon mot qu'il faudrait employer parce qu'on parle d'une mouvance assez réduite de 2000 à 2000 personnes c'est difficile de les évaluer puisqu'ils n'appartiennent pas à des organisations structurées ils sont pour une organisation ils sont anti-autoritaires donc ils sont dans une organisation plutôt de type horizontal eux se définissent plutôt comme autonomes autonomes ça veut dire indépendants par rapport à toute idéologie constituée et privilégiant ce qu'ils appellent les pratiques révolutionnaires et donc les fameuses pratiques révolutionnaires qui sont vol pillage sabotage c'est leur slogan et pourquoi vont-ils effectivement eux allumer l'incendie en réalité c'est dans une perspective alors éducative éducative c'est ce qu'ils disent puisqu'il s'agit selon eux de donner l'exemple et en quelque sorte par exemple d'attaquer un commissariat de police pour que les prolétaires les travailleurs aient envie de les imiter et d'attaquer à leur tour le commissariat de police pour enclencher un processus révolutionnaire alors évidemment c'est une vision un peu enfantine puisqu'ils obtiennent bien souvent le résultat absolument inverse à ce qu'ils voulaient c'est-à-dire bien loin d'enclencher un processus révolutionnaire ils vont plutôt favoriser le parti de ceux qui sont pour l'ordre donc évidemment l'effet est un peu raté en général

12:20
Locuteur

alors

12:21
Présentateur

merci pour cette précision Sébastien Rocher il y a cette question qui est régulièrement posée de ces armes alors on les appelle armes sublétales qui sont utilisées Marie-Noël parlait des LBD on a entendu parler des grenades assourdissantes dont l'utilisation avait été suspendue après qu'un jeune lycéen a eu la main arrachée elles ont pu de nouveau être utilisées hier un nouveau drame de ce genre est survenu à Saint-Etienne qu'est-ce que vous pensez de l'utilisation de ce type d'équipement-là

12:55
Locuteur

? Alors

12:56
Invité

les armes à feu sublétales utilisées en maintien de l'ordre c'est quelque chose qui est particulier à la France si on la situe au sein des démocraties longues c'est-à-dire celles qui ont au moins 80 années d'existence la France est le seul à les utiliser dans la police des foules parce que sinon toutes les polices en ont dans leurs armoires bien sûr et cette utilisation-là fait de la France le champion d'Europe du nombre de mutilés par la police c'est une situation qui est évidemment catastrophique pour les mutilés

13:34
Locuteur

et

13:35
Invité

qui à mon avis n'est pas non plus bonne pour la police et l'acceptation de ces techniques alors il faut se souvenir que en fait l'ancêtre du LBD le flashball est introduit en 1995 dans les unités de choc du type près des GIGN et on retrouve aujourd'hui en police des foules face à des adolescents dans la première partie du mouvement et hier face à des violences plus graves

13:59
Locuteur

on

14:00
Invité

retrouve en police des foules des armes conçues pour l'antiterrorisme c'est pour essayer d'expliquer le mouvement par lequel les responsables politiques ont équipé la police d'armes qui créent des dommages irréparables ce n'est pas une décision des policiers eux-mêmes même si certains syndicats ont réclamé l'introduction de ces armes ces armes sont introduites par l'exécutif et leur introduction n'est pas contrôlée par le Parlement donc

14:25
Locuteur

c

14:25
Invité

'est vraiment si vous voulez les mutilations c'est les armes tant que la France ne choisit pas un moratoire moi je suis de la position du défenseur des droits dans l'avis qu'il a rendu il y a maintenant 11 ans en 2015 le défenseur des droits a demandé un moratoire sur l'usage de ces armes et je rajoute une dernière chose c'est que Brice Hortefeux ministre de Nicolas Sarkozy en 2010 lorsqu'il y a au cours des manifestations contre la grande réforme des retraites de l'époque lorsqu'il y a implication des lycéens à la rentrée scolaire il y a une personne qui perd un oeil et qui est mutilée et immédiatement Brice Hortefeux envoie un télégramme au préfet et demande la suspension de l'usage des LBD c'est ce type de responsabilité politique que moi j'aurais aimé entendre c'est un signe de décélération de la crise un signe majeur de désescalade qui serait envoyé

15:21
Présentateur

Grégory Joron qu'est-ce que vous pensez justement de l'usage de ces armes-là est-ce qu'elles sont importantes pour vous ou est-ce qu'il faut s'en passer

15:29
Locuteur

?

15:30
Invité

Je pense que c'est là où on va avoir je crois un point de vue assez dissonant moi je crois beaucoup aux armes intermédiaires alors sub-détal l'arme a fait sub-détal si vous voulez mais l'arme intermédiaire c'est un peu plus rapide Arme

15:46
Locuteur

intermédiaire

15:46
Présentateur

décrivez-nous les

15:48
Locuteur

grenades

15:48
Présentateur

de désencerclement les LBD par exemple

15:50
Locuteur

et

15:51
Invité

puis aussi les camions à eau et aussi les grenades lacrymogènes et aussi tout ce qu'on peut avoir à disposition et qui nous permet justement je crois d'avoir une gradation dans l'usage de la force et potentiellement pouvoir justement adapter le moyen utilisé au niveau de violence qu'on peut malheureusement subir parce que la réalité est vraie et si vous regardez hier la manière dont ça s'est déroulé que fait-on face à des tirs de mortier à 20 mètres que fait-on face à des cocktails molotov puisque c'est un risque qui est aujourd'hui régulier et dont on sait les dégâts potentiels comment mes collègues agissent par rapport à ça et j'entends la comparaison avec les démocraties longues je rappelle juste comme ça au passage des démocraties qui ont participé au programme Gaudiac qui est un programme collectif européen de gestion de foule la France n'y a pas participé bon ça a été critiqué déjà moi je n

16:51
Locuteur

'ai

16:51
Invité

pas d'avis là-dessus sauf à rappeler quand même que même si nous on est les seuls peut-être à utiliser ces moyens intermédiaires qu'il y a encore je parle à l'échelle de quelques années un an deux ans trois ans maximum on a en Belgique des chiens qui sont allés au mordant sur des manifestations en Hollande je crois que la police a tiré à balle réelle sur les agriculteurs et monsieur Rocher le sait très bien notamment en Allemagne qui est quand même la désescalade absolue c'est-à

17:17
Locuteur

-dire

17:17
Invité

qu'il n'y

17:17
Locuteur

a

17:17
Invité

plus de moyens intermédiaires à part les lanceurs d'eau quand une manifestation se termine mal c'est un système très oppressif qui se met en place avec un pugilat en général de mano à mano et des blessés assez graves aussi puisque les policiers y vont à la matraque de manière assez dure parce qu'il n

17:34
Locuteur

'y a

17:34
Invité

pas d'autres moyens donc moi je crois encore à la philosophie du maintien d'ordre à la française à l'évitement à l'éloignement à la mise à distance et potentiellement aussi aux moyens intermédiaires quand on connaît les risques que mes collègues affrontent malheureusement sur le terrain

17:46
Présentateur

Sébastien Rocher que répondez-vous à ce que vous venez d'entendre ?

17:50
Invité

Oui je veux bien répondre à Grégory Geron qui connaît évidemment très bien le terrain et très bien son métier c'est pas la question ce qui se passe c'est qu'en fait la police française est devenue dépendante aux armes à feu sublétales

18:04
Locuteur

donc

18:05
Invité

c'est un phénomène dont il est très difficile maintenant qu'il est très difficile de corriger

18:11
Locuteur

parce

18:11
Invité

que ça a été très bien dit le sentiment de beaucoup de policiers c'est qu'en fait ils ne savent plus travailler autrement qu'en tirant sur la foule avec ses différents instruments même l'usage des gaz lacrymogènes par exemple choque les allemands tellement ils sont utilisés en France donc on est dans une situation où si on veut évoluer vers une police qui est moins mutilante encore une fois parce que c'est vrai tout ce qu'a dit Grégo Région c'est vrai il y

18:36
Locuteur

a

18:36
Invité

eu des tirs à l'étranger il y a eu des personnes mordues mais il n

18:38
Locuteur

'y a

18:38
Invité

aucun pays avec sans mutiler en 20 ans ce pays c'est la France donc sortir de cet engrenage ça sera difficile ça peut se faire qu'avec le travail avec les organisations professionnelles et une volonté politique de faire un maintien de l'ordre autrement

18:54
Locuteur

alors

18:55
Présentateur

justement puisqu'on parle de politique de maintien de l'ordre comparé c'est toujours évidemment très intéressant de voir comment se comportent les démocraties comparables à la France et notamment nos voisins bonsoir Fabien bienvenue dans le téléphone sonne

19:08
Locuteur

bonsoir

19:09
Locuteur non identifié

je voulais demander effectivement pourquoi des voisins européens visiblement ont réussi avec d'autres doctrines de maintien de l'ordre à une désescalade vis-à-vis de groupes violents qui infiltrent les manifestations et par ailleurs pourquoi on a vu on voit circuler des vidéos de policiers en civil qui semblent peut-être attirer les violences urbaines

19:33
Locuteur

merci

19:34
Présentateur

pour votre question qui veut répondre messieurs c'est une question qui est douloureuse et effectivement on en a vu beaucoup de ces images de personnes qui pourraient ressembler à des policiers mais je emploie le conditionnel tourné sur les réseaux il y a Édouard Philippe qui se pose des questions sur le dispositif policier sur la manière dont le gouvernement est informé dont le renseignement a pu opérer pour préparer l'événement M. Grégory Joron qu'est-ce que vous répondez

20:07
Locuteur

?

20:08
Invité

Alors comment je crois qu'il y avait deux questions comment les autres démocraties ont fait pour rentrer dans un système de désescalade complet je pense déjà encore une fois alors ça j'imagine que M.

Rocher pourra répondre peut-être plus précisément mais je crois qu'on n'a quand même pas malgré tout les mêmes expressions sociales je prends le cas de l'Allemagne parce que c'est peut-être celui que j'ai le plus lu entre guillemets il me semble que les manifestations arrivent en fin de négociation quand le compromis n'a pas été trouvé et donc c'est des choses qui sont extrêmement bien déclarées avec même des policiers qui sont dans la manifestation avec des gilets qui ne sont pas là pour constater des infractions mais simplement pour être le lien entre le cortège et les autorités donc ils ont réussi à aller jusque là malheureusement aujourd'hui imaginez mettre un policier dans une manifestation sans armes et en étant identifié je pense qu'il finirait à minima à poil et au pire vous voyez ce qui pourrait lui arriver donc je pense qu'on est encore très loin de cette Les

21:15
Locuteur

policiers ont

21:16
Présentateur

peur lorsqu'ils pratiquent

21:18
Locuteur

le maintien de l'ordre

21:19
Présentateur

ils ont peur

21:20
Locuteur

Bien

21:20
Invité

sûr je crois que c'est assez humain quand vous êtes isolé comme ça peut l'être quand vous faites l'objet de jet de tous les projectiles qui existent de pavés de 1 kilo enfin je l'appelle juste hier et c'est pas pour faire un concours de blessures encore une fois humainement on peut pas on peut pas Mais

21:38
Locuteur

vous proprenez

21:39
Présentateur

à contrario que les manifestants aient peur également

21:41
Locuteur

Bien

21:42
Invité

sûr On

21:42
Présentateur

a énormément de témoignages sur l'application de Radio France Capucine Marie Viviane toutes ont peur elles avaient peur c'était

21:52
Locuteur

pas leur

21:52
Présentateur

première manifestation Je

21:54
Invité

pense qu'il y

21:54
Locuteur

a

21:54
Invité

une chose qu'on n

21:55
Locuteur

'a

21:55
Invité

pas fait bouger depuis 10 ans et qui est un drame aussi et qui est un gros manque notamment dans le champ national de maintien d'ordre avec lequel je me sens pas du tout lié parce qu'à l'époque on n

22:05
Locuteur

'a

22:05
Invité

pas du tout été entendu là-dessus ni d'ailleurs consulté c'est par exemple la communication à l'endroit des manifestants en France on n'en a pas ça crée énormément de ressentis ça crée énormément de conflits ça crée énormément de raccourcis dans la tête de gens qui légitimement veulent venir manifester en France qui est quand même un droit fondamental et c'est d'ailleurs et

22:27
Locuteur

c'est d'ailleurs

22:27
Invité

aussi l'exemple qu'on a au travers de la question de votre auditeur qui dit il y a des policiers qui sont dans les cortèges et qui potentiellement jouent dans un double jeu non ça n'existe pas ça

22:40
Locuteur

n'existe pas

22:41
Invité

ce matin non non ça n'existe pas ce matin encore des éléments ultra-gauches ont été contrôlés dans les gares avec des bracelets et des brassards police que pouvaient acheter sur internet ou ailleurs et on peut s'imaginer qu

22:52
Locuteur

'il

22:52
Invité

y

22:52
Locuteur

a

22:52
Invité

quand même énormément de manipulations autour de tout ça vous imaginez bien que des policiers en civil ont autre chose à faire que de jouer les casseurs pour faire croire que la manifestation dégénère on est un peu dans le complotisme forcément qu'il faut déconstruire ce genre de choses c'est évident

23:09
Présentateur

Justement d'un mot Sébastien Rocher vous vouliez réagir vous aussi

23:13
Locuteur

Oui

23:14
Invité

sur la question des autres démocraties donc d'abord en matière de conflits sociaux il n'y a pas de paradis tous les pays européens connaissent des conflits sociaux importants qui les traversent l'Angleterre a connu deux vagues d'émeutes nationales la dernière en 2011 en 2010 un mouvement des étudiants contre l'augmentation des droits d'inscription extrêmement massif avec des heures tout à fait importantes en 1984 le Royaume-Uni connaît la guerre des mineurs la grève des mineurs qui va s'étaler sur quasiment une année les Allemands connaissent également par exemple contre les centrales nucléaires ont connu des manifestations tout à fait spectaculaires des occupations des gares au centre-ville donc en fait tous les pays sont traversés donc il n

24:00
Locuteur

'y

24:00
Invité

a pas de paradis et en matière de réponse policière la particularité de la France c'est un modèle archaïque si vous voulez c'est un modèle encore une fois dans lequel on va essayer d'imposer

24:10
Locuteur

une

24:11
Invité

solution qui est une solution policière et c'est pas je dis c'est le gouvernement qui impose cette solution policière on s

24:17
Locuteur

'en

24:17
Invité

souvient en 2023 ce qui s'est passé pendant les mouvements contre le mouvement de réforme des retraites le moment où le gouvernement arrête les négociations au Parlement les manifestations partent en vrille complètement donc ce qui est très important c'est de conserver évidemment cette communication politique mais aussi la communication technique tactique ce qu'on appelle c'est-à-dire en situation les policiers doivent avoir la possibilité et le savoir-faire pour communiquer avec les manifestants qui sont composés évidemment de différents segments et certains étant plus que d'autres ou moins que d'autres prêts à entendre cette communication mais la communication manque aussi sur le terrain Christophe Bourcy vous êtes d'accord

24:57
Locuteur

?

24:58
Invité

on peut invoquer les erreurs passées du gouvernement son silence prolongé lors de la crise des gilets jaunes son absence d'écoute dans la gestion de la réforme des retraites etc mais dans le cas du conflit lycéen actuel qui trouve un point d'aboutissement le 17 octobre il me semble que le ministre de l'éducation a essayé de trouver des solutions a engagé un dialogue il y

25:26
Locuteur

a

25:26
Invité

vraiment eu on parlait d'ordre politique il y a vraiment eu un dialogue qui s'est établi de ce point de vue là et là je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on puisse faire une équivalence entre les émeutes du 17 octobre 2026 et les gilets jaunes les choses sont relativement

25:42
Locuteur

différentes mais vous ne pensez

25:42
Présentateur

pas Christophe qu'on pourrait imaginer plus de communication de la part des forces de l'ordre pour aussi expliquer ce qui se passe on a reçu beaucoup de messages d'auditeurs qui nous disent

25:51
Locuteur

qu

25:51
Présentateur

'ils n'ont pas compris pourquoi ils ont reçu des gaz lacrymogènes hier alors que tout leur semblait tranquille ou qu'eux manifestaient pacifiquement comme

25:59
Locuteur

tu le

25:59
Présentateur

rappelais en début d'émission

26:00
Invité

absolument mais il est visible que la gestion par les forces de l'ordre de cet événement du 17 octobre a été ratée c'est une évidence vous savez on a vu moi je surveille les manifestations je suis au bord des manifestations depuis de nombreuses années j'ai vu de nombreuses gestions très différentes des manifestations il fut une époque pas si éloignée où les

26:24
Locuteur

gens vous aviez vu d'ailleurs que celle

26:25
Présentateur

-ci aurait pu être anticipée c'est l'un des points sur lesquels vient d'insister Edouard Philippe dans une intervention télévisée il disait qu'il y avait une faille du renseignement qu'on aurait dû anticiper

26:38
Locuteur

ce mouvement

26:40
Présentateur

et vous le disiez vous-même avant Edouard Philippe

26:43
Invité

oui alors je suis étonné que les forces de police n'aient pas davantage anticipé dans la mesure où il suffisait d'aller sur les sites des autonomes ou sur leur compte Instagram pour voir les étapes de la préparation des cortèges sauvages qui voulaient se diriger vers l'Elysée etc. donc tout était prévu et d'ailleurs publiquement prévu tout était expliqué et donc c'est vrai qu'on pouvait s'étonner qu'il n'y

27:11
Locuteur

ait

27:11
Invité

pas plus de préparation et là on peut penser éventuellement à l'événement des gilets jaunes parce que souvenez-vous lorsque les gilets jaunes ont commencé à descendre dans la rue les premières semaines la police effectivement n'était pas préparée et elle a réagi par la suite de façon trop dure avec les LBD etc. en fait elle n

27:32
Locuteur

'a

27:32
Invité

pas trouvé le bon type de réponse et je me souviens je terminerai là-dessus d'une époque lointaine où il y avait des discussions en amont entre les organisateurs de la manifestation et la police un service d'ordre de la manifestation et le service d'ordre policier et que c'était comme ça qu'on évitait justement les incidents trop violents

27:50
Locuteur

à

27:51
Présentateur

l'instant Bruno Retailleau ancien ministre de l'Intérieur demande au président de la République de déclarer l'état d'urgence qu'est-ce que ça changerait Sébastien Rocher

27:59
Locuteur

?

28:00
Invité

ça ne changerait rien quand on a déclaré l'état d'urgence pendant les émeutes de 2005 ça n'a strictement eu

28:09
Locuteur

aucun effet

28:11
Invité

Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur donc on a fait une analyse avec des mathématiciens sociaux de l'EHESS du déroulement et de la diffusion dans le temps et dans l'espace de ces émeutes et ce qu'on voit c'est qu'on n'arrive pas à trouver un effet de la déclaration qui a été faite à ce moment-là de passer sous un statut spécial ni d'ailleurs de l'effet de la police de l'action de la police sur la dynamique générale quand vous avez un mouvement de cette ampleur ce sont des mouvements qui emportent tout sur leur passage et qui s'épuisent d'eux-mêmes avec des durées qu'on connaît avec les gilets jaunes ça a duré plus de 8 mois donc c'est un petit peu ça que je craindrais comme horizon rapproché

28:58
Présentateur

Bon, merci infiniment en tout cas à tous les trois d'avoir participé à ce Téléphone Sun on va terminer avec le témoignage de Lionel qui est CRS qui dit qu'il sort de 20 heures de service et qu'il aimerait dire qu'il y

29:08
Locuteur

a

29:08
Présentateur

une différence entre les manifestants et les émeutiers on n'est pas contre les manifestants on passe toujours pour les méchants mais il y a beaucoup d'amalgame merci infiniment Grégory Joron d'avoir accepté notre invitation à suivre sur France Inter il y a évidemment Expression Direct les missions réservées aux formations politiques aux organisations syndicales et aux groupes professionnels représentatifs aujourd'hui l'UNSA

29:31
Locuteur

Merci

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Présentateur

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Présentateur

cette

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