France/Algérie : l'ultimatum de Retailleau - C dans l’air - l’invité - 18.03.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Sur quelle base légale l'Algérie peut refuser de reprendre des ressortissants?
- 0:45OuverteRéponse directe
Les autorités algériennes demandent à Paris de suivre le canal d'usage pour une telle procédure.
- 1:45OuverteRéponse directe
Rappel sur l'affaire de Mulhouse et les 14 tentatives d'expulsion.
- 2:45OuverteRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur dit que les Algériens ne respectent pas l'accord de 1994. De quel accord parle-t-il?
- 3:45OuverteRéponse directe
B.Retailleau a suspendu l'accord de 2007 exonérant de visa les passeports diplomatiques algériens.
- 4:45OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un débat politique sur la manière de procéder avec l'Algérie? Voie diplomatique ou manière forte?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30D.LeschiFait
« Aucune. Normalement, chacun a le droit de rentrer dans son pays. »
- 1:00D.LeschiChiffre
« Ce canal d'usage n'a pas fonctionné à 14 reprises. »
- 2:15D.LeschiChiffre
« Plus de 33 000 Algériens ont été contrôlés l'an dernier pour un autre sujet que l'irrégularité du séjour. »
- 4:15C.RouxFait
« Un Algérien de 37 ans qui avait poignardé à mort un passant et en avait blessé 6 autres avait fait l'objet de 14 tentatives d'expulsion. »
- 5:15D.LeschiChiffre
« Il y a eu 250 000 visas l'année dernière. »
- 6:15E.PhilippeFait
« Notre différend et la tension qu'il faut assumer est une tension qu'il faut assumer avec le gouvernement algérien, pas avec le peuple algérien. »
- 7:15D.LeschiFait
« La majorité de l'immigration algérienne en France est arrivée après 1962. »
- 8:15D.LeschiChiffre
« On a accordé à près de 30 000 Algériens le droit de rester, de s'installer en France. »
- 9:15D.LeschiChiffre
« Lors des dernières présidentielles algériennes, il y a eu très peu de participation. Le score était un score qu'on ne voit que dans les dictatures, près de 99 %. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". C'était un coup de chaud. C'est devenu un bras de fer.
L'Algérie a refusé une liste d'une soixantaine d'Algériens à expulser que la France lui a remise il y a quelques jours. Le ministre de l'Intérieur hausse le ton et promet "une riposte graduée". Nous en parlons avec D.Leschi.
Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il y a quelque chose assez difficile à comprendre pour les gens qui nous regardent, c'est sur quelle base légale l'Algérie peut refuser de reprendre des ressortissants? - D.Leschi: Aucune.
Normalement, chacun a le droit de rentrer dans son pays. En l'occurrence, nous avons des personnes qui sont indéniablement algériennes, qui ont le passeport algérien, qui ont reçu des laissez-passer consulaires en plus de leur passeport pour certains d'entre eux. Et les autorités algériennes disent: "Vous avez beau être algérien, on vous refuse de rentrer dans votre pays." - C.Roux: Les autorités algériennes demandent à Paris de "suivre le canal d'usage pour une telle procédure". - D.Leschi: Ce canal d'usage ne fonctionne pas.
C'est tout l'enjeu du drame de Mulhouse. Ce canal d'usage n'a pas fonctionné à 14 reprises. C'est pour ça que le ministre de l'Intérieur a dit qu'il envoie une liste de 60 personnes indéniablement algériennes pour leur demander de les reprendre.
Pour le coup, ce n'est pas des personnes qui étaient dans un avion. C'est des personnes à qui on dit: "Elles sont algériennes. Elles n'ont pas de titre de séjour en France.
Vous devez les reprendre." - C.Roux: Ce qu'il s'est passé à Mulhouse, un petit rappel...
Les Français ont découvert qu'un Algérien de 37 ans qui avait poignardé à mort un passant et en avait blessé 6 autres avait fait l'objet de 14 tentatives d'expulsion vers son pays d'origine. Il était en situation irrégulière depuis 2014. Il était sous le coup d'une OQTF depuis novembre 2023.
Là, l'Etat français ne peut pas contraindre un autre Etat, l'Algérie, à reprendre cette personne. - D.Leschi: S'il y a une volonté de fermeté de l'Etat français, c'est parce qu'il y a des Algériens en situation irrégulière.
Malheureusement, il y a des Algériens qui ont risqué leur vie en traversant la Méditerranée. Plus de 33 000 Algériens ont été contrôlés l'an dernier pour un autre sujet que l'irrégularité du séjour. - C.Roux: Le ministre de l'Intérieur dit que les Algériens ne respectent pas l'accord de 1994 relatif à la circulation de ses ressortissants en France.
De quel accord parle-t-il? - D.Leschi: D'un accord qui faisait que les personnes pouvaient être ramenées dans leur pays d'origine.
Tout ça s'inscrit dans un continuum qui ne commence pas avec la question ni du Maroc ni des obligations de quitter le territoire. Bien avant, l'année dernière, en juin 2023, non seulement monsieur Tebboune ne vient pas en France, mais réintroduit un couplet dans l'hymne algérien antifrançais. Il y a l'arrestation de B.Sansal qui n'est pas justifiée. - C.Roux: B.Retailleau a mis sa démission dans la balance sur ce sujet.
Il a dit qu'il allait mettre en place une riposte graduée. 1re étape de sa réponse: la suspension de l'accord de 2007 qui exonère de visa les détenteurs Algériens de passeport diplomatique. Il choisit de cibler les élites algériennes. - D.Leschi: Oui.
Il y a quelque chose d'incongru. On est dans une situation privilégiée pour les autorités algériennes. Ce n'est pas la même situation que pour les Marocains, les Sénégalais...
Pourquoi continuer alors qu'il n'y a pas l'application minimale des textes internationaux? On sait que la différence avec d'autres pays où c'est très réglementé d'avoir des passeports diplomatiques ou de service...
On a une diffusion très large. La famille peut avoir des privilèges en même temps que celui qui est théoriquement le seul titulaire de privilèges. - C.Roux: Est-ce qu'il y a un débat politique sur la manière de procéder avec l'Algérie?
Est-ce qu'il faut utiliser la manière forte ou utiliser la voie diplomatique? Je voudrais que vous écoutiez cette extrait d'E.Philippe.
Il dit que ça suffit. Il parle de cet accord que vous connaissez par coeur, l'accord de 1968. Ils veulent le remettre en cause. - E.Philippe: Notre différend et la tension qu'il faut assumer est une tension qu'il faut assumer avec le gouvernement algérien, pas avec le peuple algérien et pas avec les Français d'origine algérienne.
Le gouvernement algérien décide, à mon sens, pour des objectifs de régulation intérieure, de désigner la France comme le responsable de tous les maux en Algérie. Ca, nous ne pouvons pas l'accepter. L'intérêt de la France, c'est de dire que ça suffit. - C.Roux: "Maintenant, ça suffit." Il faut remettre en cause l'accord de 68.
Qu'est-ce que c'est? - D.Leschi: Au départ, c'est un accord pour limiter l'immigration algérienne par la France.
La majorité de l'immigration algérienne en France est arrivée après 1962, après l'indépendance de l'Algérie. Elle s'est accélérée au fil du temps. Aujourd'hui, 1 titulaire d'un titre de séjour algérien sur 2 est arrivé après le début du siècle.
C'est un accord de régulation, mais qui offre en même temps des privilèges que n'ont pas d'autres nationalités. La remise en cause...
C'est un enjeu symbolique pour les autorités algériennes. Je ne suis pas sûr que les dirigeants algériens soient sensibles au fait que les ressortissants aient des avantages en France par rapport aux Marocains...
C'est un enjeu symbolique qui est de dire qu'ils ne doivent pas être traités comme les autres immigrants au nom de l'histoire. Le problème, c'est que ce traitement favorable n'a de sens que s'il y a de la réciprocité. Il y a eu 250 000 visas l'année dernière... - C.Roux: Plus que les visas Marocains? - D.Leschi: En proportion, presque autant, mais la question...
On reste un pays ouvert. En même temps, il n'y a pas de collaboration dans la gestion des flux dès lors qu'il y a des personnes qui n'ont pas le droit de rester. L'an dernier, on a accordé à près de 30 000 Algériens le droit de rester, de s'installer en France.
On ne peut pas avoir cette politique d'ouverture s'il n'y a pas une réciprocité dans la gestion des flux migratoires. - C.Roux: Un diplomate et ancien ministre algérien, A.Rahabi dit que le problème est avec la droite, non pas avec la France.
Il dit que l'Algérie ne se soumettra pas, que la crise demeurera jusqu'en 2027. C'est devenu un problème politique là-bas? - D.Leschi: Oui, mais...
Quelle est la particularité de monsieur Tebboune? Il est mal élu. Lors des dernières présidentielles algériennes, il y a eu très peu de participation.
Le score était un score qu'on ne voit que dans les dictatures, près de 99 %. Depuis malheureusement des décennies, la dynamique et de l'autoritarisme algérien, c'est d'empêcher le pluralisme. Cet empêchement du pluralisme fait que la France...
Parfois, on a eu des assassinats ici. On peut penser à cet assassinat en 1987, au moment où il voulait construire un parti démocratique avec l'ensemble des oppositions algériennes. - C.Roux: C'est la manière forte? - D.Leschi: On a été très souples.
Le président refuse la main tendue par le président de la République. A un moment, il faut changer de méthode. - C.Roux: Que répondez-vous à tous ceux qui disent qu'on ne peut pas parler comme ça avec l'Algérie parce que c'est l'Algérie?
Il ne faut pas que les ressortissants franco-algériens se sentent visés par cette tension. - D.Leschi: C'est mépriser les Franco-Algériens et Algériens qui sont ici.
Ce n'est pas un groupe homogène. Beaucoup sont hostiles au pouvoir.