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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 janvier 2021 26 min

"Quoi qu'il en coûte", régionales en Île-de-France... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Aurore Bergé

Bonjour Aurore Berger. Les présidents de groupe parlementaire étaient réunis hier soir à Matignon. Un consensus se dégage, disait le porte-parole du gouvernement à la sortie, pour des mesures supplémentaires. Ça veut dire confinement ?

0:13
Invité

Ça veut dire que des mesures complémentaires seront annoncées par le président de la République dans les heures et dans les jours qui viennent. Ça veut dire que les parlementaires en seront saisis au travers d'un débat et d'un vote que nous aurons et à l'Assemblée nationale et au Sénat. Ce qui est important aussi, c'est que chacun prenne ses responsabilités, à la fois au regard de l'évolution de la situation sanitaire, au regard aussi de l'efficacité des mesures qui avaient déjà été prises. Notamment, on aura un état des lieux, vous le savez, samedi sur le couvre-feu. Et puis, des responsabilités politiques sur notre capacité à bien protéger les Français face à la crise.

Vous évoquiez cette consultation du Parlement annoncée hier par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. On va réécouter ce qu'il dit précisément. Si des mesures de confinement devaient être décidées, alors elles seraient débattues au Parlement qui se prononcerait par un vote sur ces mesures. Est-ce que le débat peut être convoqué d'urgence dès lundi ? Oui, potentiellement, oui. C'est possible de le faire, évidemment. Est-ce que ce se passera lundi ou mardi ? Je ne sais pas vous dire. Pour l'instant, les mesures n'ont pas encore été annoncées. Ce qui est important, c'est que le Parlement en soit saisi. Je crois qu'il y a une annonce qui va être faite et qu'on va donc débattre. Quand ?

Ce week-end ? Lundi ? Les annonces vont être faites dans les heures ou dans les jours qui viennent. Vous savez que c'est imminent et que c'est nécessaire que des mesures complémentaires soient prises. Au regard, encore une fois, d'une saturation nouvelle qui est en train de s'installer et qui ne doit pas s'installer justement dans nos hôpitaux. Il y a une pression hospitalière qui est de plus en plus forte. Au regard aussi des risques liés aux variants, on voit bien que la contamination progresse. Donc c'est nécessaire que des nouvelles mesures puissent être adoptées. Pourquoi attendre encore quelques heures, quelques jours ?

Est-ce que c'est parce que vous sentez sur le terrain, vous qui êtes député des Yvelines, une exaspération des Français face à ces contraintes ? Je pense qu'il y a deux choses. Il y a d'abord une question de cohérence. On a mis en place un certain nombre de mesures dont on attendait de voir quelle serait leur efficacité. Ce qui est clair, c'est que le couvre-feu a permis de limiter la propagation, mais n'a pas suffi. Par contre, on aura les résultats définitifs samedi, demain, dans la matinée. Donc il était légitime et nécessaire d'attendre d'avoir ces résultats.

Ensuite, on voit bien qu'il y a des modalités qu'il va falloir trouver pour la mise en place, si ça doit être un confinement, la mise en place de ce confinement. Et qu'il y a des débats qui sont extrêmement légitimes, qui ont existé dans les jours qui ont précédé. Et des débats qui continuent. Le Premier ministre reçoit les partenaires sociaux aujourd'hui. On ne peut pas décider de ça à la Sauvette, en catimini. Donc il y a un débat au Parlement. Et on ne peut pas le décider sans concertation. Donc il y a un dialogue et avec les responsables politiques, et avec les partenaires sociaux.

2:48
Aurore Bergé

Naïla Latroux parle de cette colère, en tout cas lassitude, qui monte sur le terrain. Vous la ressentez quand même ? Oui.

2:54
Invité

Non, mais je pense qu'on la ressent tous. On la ressent tous d'ailleurs.

2:59
Aurore Bergé

Et ça se manifeste comment ?

3:00
Invité

Ça se manifeste de manière évidente à la fois dans certaines tranches d'âge. Je pense qu'il y a des tranches d'âge qui sont plus affectées que d'autres par l'incapacité à avoir de la prévisibilité. On sait que les jeunes sont particulièrement touchés parce qu'il n'y a plus justement cet aspect de lien social qui peut nous réunir. D'où la demande très forte et très légitime aussi qui a été formulée sur la capacité à reprendre des cours en présentiel et qu'il n'y ait pas que des visioconférences qui puissent être organisées. Donc ça, en effet, c'est une demande qui est très puissante et qui est remontée. Et puis, évidemment...

3:32
Aurore Bergé

Vous parlez des jeunes, Aurore Berger, sondage au Doxa Backbone pour France Info. 6 Français sur 10, ça c'est au niveau général, approuvent un confinement. Mais les deux tiers des 18-24 ans comptent déjà le transgresser. Ça vous surprend ?

3:45
Invité

Écoutez, je ne sais pas s'ils le transgresseront ou pas. Il y a un autre sondage qui disait que les plus jeunes étaient ceux qui étaient les plus favorables à un confinement très strict. Donc vous voyez, il y a aussi beaucoup de sondages qui potentiellement se contredisent. Je comprends qu'il puisse y avoir une lassitude. Je pense qu'encore une fois, on la ressent tous dans nos vies intimes, personnelles, parce que nos vies familiales sont en ce moment entravées et empêchées, parce qu'on a une incertitude tout simplement sur nos vies professionnelles, sur la qualité tout simplement de notre vie, et le moment où on pourra retrouver ce que nous avions connu avant.

Et donc je comprends encore une fois que ça puisse s'emparer de nous tous, à la fois celles et ceux qui sont les plus âgés, qui se disent « Moi, je n'ai pas un an, deux ans à perdre, parce que chaque année est extrêmement précieuse. » Et ça, on l'entend beaucoup chez les personnes qui sont les plus âgées, d'où le maintien des visites, par exemple, qu'on a faites en EHPAD, d'où le fait qu'on a commencé par privilégier ceux qui sont les plus vulnérables et les plus fragiles dans la vaccination. Jean-Berger, vous évoquez ce dilemme presque éthique qu'évoquait aussi hier Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique à l'Assemblée nationale.

Nous sommes véritablement avec une question un peu sociétale et éthique, quasi éthique actuellement, de finalement de politique générationnelle, entre continuer à préserver la santé des plus anciens, mais peut-être au détriment de la santé des plus jeunes. C'est une question qu'il pose. Faut-il préserver la santé des plus anciens au détriment de la santé des plus jeunes ? Il faut essayer de préserver les deux, en vérité. C'est-à-dire, il faut essayer de tout faire. Ce n'est pas contradictoire aujourd'hui. Écoutez, est-ce qu'on accepterait dans notre pays de sacrifier les plus âgés, les plus vulnérables ? Est-ce que vous accepteriez de sacrifier vos parents ou vos grands-parents ?

Non, mais est-ce qu'on n'est pas en train de sacrifier les jeunes ?

5:28
Aurore Bergé

C'est la question que pose Jean-François Delfraissy.

5:30
Invité

Vous voyez bien qu'en permanence, en effet, c'est une tension qui a existé depuis le premier jour entre une tension sanitaire et une tension économique et sociale. C'est une tension aussi, en effet, générationnelle qui existe, puisque c'est dans nos générations qu'on accepte un sacrifice important sur nos libertés publiques pour protéger justement ceux qui sont les plus vulnérables.

5:50
Aurore Bergé

Mais il n'est pas question de demander aux plus vulnérables de s'auto-confiner, ce qui est une idée lancée justement par Jean-François Delfraissy lui-même.

5:56
Invité

On sait déjà que les personnes les plus âgées sont celles qui respectent le plus les règles, qui respectent le plus le confinement. Mais il ne faut pas non plus oublier que la propagation du virus, encore une fois, elle existe par nous tous et pas uniquement par les personnes les plus âgées. Que les personnes plus âgées, quand elles sont chez elles, il y a des personnes aussi qui viennent les voir et heureusement, qui viennent les visiter, qui viennent travailler auprès d'elles. Et donc vous voyez bien que le sujet de la propagation du virus, il n'est pas uniquement lié aux plus âgées.

Ce qui est certain, c'est qu'on doit avoir une attention renforcée, d'où un certain nombre de mesures qui ont été annoncées, notamment sur les questions de risques psychosociaux et de risques psychiatriques, qui existent même au sein notamment des populations les plus jeunes. Et je crois que cette attention-là, elle existe sur tout le territoire.

6:37
Aurore Bergé

Et puisque le confinement est imminent, en tout cas des annonces que vous nous annoncez dans les heures ou les jours à venir au Roperger, on va continuer justement de parler des effets néfastes d'un tel confinement, juste après un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec Soisy Gbourg.

6:52
Invité

Une minute de silence observée à midi dans les 900 agences Pôle emploi de France, après la mort d'une conseillère à Valence hier. Le tireur toujours en garde à vue. Il a aussi tué la DRH de son ancienne entreprise. Les enquêteurs s'interrogent sur les similitudes avec un autre meurtre, une DRH là aussi abattue près de Colmar mardi. Les vaccins toujours en retard, 350 000 doses en moins et des rendez-vous annulés reportés dans trois régions de France. Le gouvernement revoit ses prévisions à la baisse. 2,5 millions de vaccinés fin février contre 4 millions initialement prévus.

Et c'est aujourd'hui que l'Agence européenne du médicament doit se prononcer sur le vaccin d'AstraZeneca, le virus qui fait flancher l'économie. La France en récession massive en 2020. Le PIB s'est contracté de plus de 8%. La délivrance pour Jean Le Cam, le doyen du Vendée Globe, prend la quatrième place grâce à la bonification de temps. 16h15 accordée par le jury après le sauvetage de Kévin Escoffier. France Info.

7:56
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Lorrain Sénéchal.

8:01
Invité

Aurore Berger, puisque vous nous évoquiez les modalités du nouveau confinement ou des mesures supplémentaires à déterminer dans les prochaines heures, est-ce que vous faites partie de ceux qui plaident pour le maintien de l'ouverture des écoles pour un confinement qui laisse plus de liberté aux jeunes ? En tout cas, ce qui est certain, c'est que la France est honorée à tout faire pour que les écoles restent ouvertes. Vous avez certains pays où des enfants n'ont pas revu une salle de classe depuis des mois. Imaginez les conséquences que ça emporte, éducatives, en matière d'inégalité sociale, d'inégalité familiale. Vous souhaitez que c'est des risques perdus ?

Tout ce qu'on peut faire pour maintenir l'école ouverte est une bonne chose. Et ça a été fait par le ministre de l'Éducation nationale. Si on en vient à une nécessité de confinement qui justifierait que peut-être, pendant une ou deux semaines, il y ait une prolongation des vacances scolaires, je crois que c'est quelque chose de raisonnable qui pourrait être mis en place si ça permet, encore une fois, de mieux contenir le risque épidémique, de mieux contenir l'arrivée des variants, puisque c'est ça notre enjeu.

8:54
Aurore Bergé

Ça, c'est quelque chose qui a été évoqué hier par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Et dans le même temps, le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, disait « Il n'est pas question pour l'instant de prolonger les vacances. Qui faut-il croire ? »

9:06
Invité

Tout simplement parce qu'aujourd'hui, c'est un débat qui existe. Et parce que vous avez autant de gens qui vous disent « Il est nécessaire de rapidement tout fermer pour se protéger au mieux. » Et ceux qui disent « Justement, on est dans cette tension éthique que vous évoquiez, où on a besoin de maintenir une vie sociale, une vie éducative. On a besoin de continuer à lutter contre les inégalités. Et on sait bien le rôle fondamental de l'école dans cette lutte contre les inégalités. Et c'est pour ça que tout ce qu'on peut faire pour maintenir les écoles ouvertes est une bonne chose.

Les chiffres du dernier confinement léger du mois de novembre, c'est aussi plus 60% de violences intrafamiliales, femmes et enfants battus, des nourrissons secoués. 30% des 18-24 qui confient avoir eu des pensées suicidaires. Que faut-il mieux faire cette fois ? Les violences intrafamiliales, c'était la première préoccupation qu'on avait dès le tout premier confinement au mois de mars. Comment on arrive à continuer à détecter ce qui se passe au domicile ? Puisqu'à l'époque, les enfants n'allaient pas à l'école. Alors, il y a eu plus de signalements. Et ça, c'est aussi quelque chose qui est important.

C'est-à-dire qu'on avait aussi la crainte qu'il n'y ait pas assez de signalements, qu'on n'ose pas dire ce qui se passait, qu'on n'arrive pas à détecter ce qui se passait. C'est aussi pour ça qu'on a multiplié les lieux dans lesquels celles et ceux, et notamment celles qui sont victimes de violences, pouvaient le faire. Les pharmacies. Aujourd'hui, il faut que chaque femme le sache. Elle peut encore, même si le confinement n'existe pas là, aller dans une pharmacie, se signaler, et il y a une ligne directe entre les pharmaciens et les forces de l'ordre pour qu'elles interviennent au plus vite.

On a aussi eu une démarche avec les supermarchés, c'est-à-dire tout faire pour faciliter la prise en charge des femmes, y compris dans des lieux où, quelque part, elles ne sont pas identifiées comme étant victimes de violences, pour que ce soit plus anonyme et que ce soit beaucoup plus simple pour elles d'engager ces démarches, sans compter, évidemment, les plateformes Internet qui existent, le 39-19, le 119 pour les enfants victimes de violences. Donc, ce qu'il faut faire, c'est continuer à permettre que ces signalements existent, continuer les formations des forces de l'ordre, qui sont aujourd'hui extrêmement mobilisées sur ce sujet-là, et faciliter les prises de plaintes.

Par exemple, moi, dans mon hôpital à Rambouillet, on va pouvoir porter plainte directement à l'hôpital.

11:09
Aurore Bergé

Et donc, selon vous, une hausse de 60% des violences intrafamiliales dans le second confinement, c'est surtout dû au fait qu'il y a eu plus de signalements ? Ce n'est pas forcément une hausse des cas ?

11:18
Invité

Non, c'est vraisemblablement les deux. Mais c'est difficile d'arriver, en vérité, à faire la part des choses. Ce qui est certain, c'est qu'en effet, il y avait une crainte renforcée que le confinement, c'est-à-dire quelque part, qu'on soit au sein de la famille, soit vécu comme une violence pour beaucoup, et soit malheureusement le risque, encore une fois, qu'il y ait des violences accrues sur les enfants et sur les femmes. Et la crainte la plus importante était que ce ne soit pas signalé, et donc qu'on ne puisse pas empêcher, qu'on ne puisse pas faire sortir la femme ou l'enfant du foyer, qu'on ne puisse pas trouver une autre solution.

Et ce qui est important, c'est que les signalements ont continué à exister, que les forces de l'ordre ont été extrêmement mobilisées, et que les interpellations ont été extrêmement puissantes aussi.

11:59
Aurore Bergé

L'autre gros point noir en cas de confinement, et pas des moindres, il est sur l'économie. Ce matin, l'INSEE publie les chiffres pour 2020 de la croissance négative, moins 8,5% sur l'année 2020, et plus d'un pour cent de baisse du PIB sur le dernier trimestre. Ça, c'est quelque chose que vous avez en tête, j'imagine, au moment de prendre ce type de décision.

12:19
Invité

On savait évidemment que malheureusement, la situation économique, elle allait se contracter, d'où le quoi qu'il en coûte. C'est-à-dire, moi, j'entends les critiques sur celles et ceux qui disent, à un moment, le quoi qu'il en coûte va coûter.

12:31
Aurore Bergé

Y compris Olivier Dussopt, le ministre des Comptes publics, qui demande la fin du quoi qu'il en coûte en 2021.

12:36
Invité

Sauf que, sans les dispositifs qu'on a mis en place, combien de faillites ont été empêchées, combien de destructions d'emplois ont été empêchées. On a d'ailleurs eu un recul du nombre de faillites en 2020, parce que justement, on a mis en place l'activité partielle, parce qu'on a mis en place des prêts garantis par l'État, parce qu'on a mis en place le fonds de solidarité. Donc, on a été extrêmement mobilisés et présents, pour une bonne raison, pour maintenir l'emploi et l'activité dans notre pays.

Il va falloir, en 2021, le continuer, notamment pour les secteurs qui sont les plus durablement touchés, la culture, l'hôtellerie, la restauration, l'événementiel, toutes celles et ceux qui, aujourd'hui, ne peuvent pas travailler. Or, il y avait un espoir de sortie de crise avec une vaccination massive. On apprend que trois agences régionales de santé décalent déjà les premières injections. Il y a des retards de livraison. Le professeur François-René Pruveau était invité ce matin de France Info, président de la commission médicale du CHU de Lille, qui nous racontait comment cela se passe dans les Hauts-de-France.

La semaine dernière, nous avons réduit la distribution des doses d'environ 30%, conformément aux demandes de l'ARS. Et puis, cette semaine, nous diminuons. Et vous le savez que nous avons une obligation médicale impérative, c'est d'assurer la deuxième vaccination. Donc, en faisant le calcul, il se trouve que, pour le week-end, il faut cesser les primo-vaccinations jusqu'à ce que nous soyons de nouveau livrés de stocks de vaccins. Et c'est une campagne de vaccination plus longue, c'est-à-dire crise plus longue aussi ?

Alors, déjà, vous vous souvenez sur la question de la vaccination, qu'on nous disait qu'on n'arriverait pas à atteindre un million de personnes vaccinées d'ici la fin du mois de janvier. On est le 29 janvier, on est presque à un million quatre de personnes vaccinées au mois de janvier. Et contrairement à d'autres pays, on a fait un choix très clair.

14:14
Aurore Bergé

C'est un million quatre cent mille doses qui ont été injectées. Ce n'est pas tout à fait pareil qu'un nombre de personnes vaccinées.

14:19
Invité

L'objectif, c'était un million. On est un million cas. Donc, on est au-dessus de l'objectif que certains nous disaient pourtant impossible à atteindre. Et nous, on a mis en place des règles extrêmement strictes et prudentes qui nous permettent de garantir que les deuxièmes doses, justement, seront bien mises en place dans le délai qui est celui qui est le plus respectueux, c'est-à-dire entre 21 et 28 jours. D'autres pays ont mis en place des règles beaucoup plus lâches, quelque part, et prennent un vrai risque aussi que l'efficacité, finalement, de leur campagne de vaccination soit mise à mal.

C'est-à-dire que ce n'est pas un problème que l'objectif des 2,5 millions en février, que le calendrier prenne déjà de retard. 2,5 millions en février sera tenu, sera tenu.

14:57
Aurore Bergé

Et pourtant, François-René Pruveau, dans les Hauts-de-France, nous dit que, pour l'instant, il ne peut pas prendre de nouveaux rendez-vous, il ne sait pas quand il va pouvoir en prendre des nouveaux.

15:04
Invité

On sait qu'on va avoir, dans les 10 jours qui viennent, en effet, la nécessité de pouvoir à la fois faire en sorte que celles et ceux qui ont déjà reçu la première dose puissent recevoir la deuxième. Donc, cette campagne vaccinale, elle sera finalisée pour ces personnes-là, ce qui est quand même essentiel. Et après, en effet, il y a le fait d'assurer celles et ceux qui ont déjà pris rendez-vous. Et donc, on va ensuite continuer à échelonner ces demandes de rendez-vous. Mais on arrivera bien à 2,4 millions de personnes vaccinées d'ici la fin du mois de février.

15:31
Aurore Bergé

Et tous les Français d'ici fin août, ça, c'est l'objectif fixé par Olivier Véran lui-même, le ministre de la Santé. Et ça, c'est maintenu aussi.

15:37
Invité

C'est l'objectif qui est fixé, c'est un objectif qui est nécessaire parce qu'encore une fois, la sortie de crise, elle passe par la vaccination. Est-ce que l'Union européenne s'est plantée dans ces négociations avec les laboratoires ? On voit qu'un à un, les labos annoncent finalement ne pas pouvoir livrer les doses auxquelles ils s'étaient engagés. On a réussi surtout à faire en sorte que cette campagne vaccinale, elle existe dans l'ensemble des pays de l'Union européenne et qu'elle existe aussi dans notre pays avec des approvisionnements qui sont extrêmement puissants. On ne s'est pas fait avoir. On a 200 000 doses aujourd'hui sur Pfizer en moins. Et on a 25% sur Moderna.

Et Moderna, on sait que c'était un contingent qui était quand même beaucoup plus faible. Donc, encore une fois, on a une campagne vaccinale qui a fait que nous, en France, justement, on a commandé plus que le nombre de personnes à vacciner. Donc, cette règle de prudence qu'on a mise en place pour garantir à la fois qu'il y ait bien la première et la deuxième dose, pour garantir qu'il n'y ait pas un délai trop long entre les deux, mais le délai le plus court nécessaire pour garantir l'efficacité. Et enfin, la question, évidemment, d'avoir un approvisionnement qui va au-delà même du nombre de personnes à vacciner. Ça, c'est tenu dans notre pays.

16:44
Aurore Bergé

Mais il y a des retards pour l'Union européenne. Il n'y en a pas pour le Royaume-Uni. Il n'y en a pas pour les États-Unis et encore moins pour Israël, par exemple. Pourquoi on est les seuls à avoir, à subir ce retard ?

16:52
Invité

Aux États-Unis, il y a 400 000 personnes qui sont décédées du coronavirus. Je ne sais pas. Mais ils vaccinent beaucoup plus vite que nous. Ils vaccinent beaucoup plus vite, peut-être. Est-ce que pour autant, on peut considérer que la manière avec laquelle la crise a été gérée aux États-Unis est meilleure que la manière avec laquelle la crise a été gérée en France ? Je ne suis pas certaine.

17:10
Aurore Bergé

Mais la question est portée sur les livraisons de vaccins.

17:13
Invité

Non, mais j'entends ce que vous dites. Moi, je vous dis qu'en France, on aura 2,4 millions de personnes vaccinées d'ici la fin du mois de février. Et qu'encore une fois, les approvisionnements qui ont été validés pour notre pays, font qu'encore une fois, on a plus de doses que nécessaire. Donc, on arrivera à vacciner les Français qui le souhaitent. Encore une fois, je ne suis pas certaine que les comparaisons soient tout à fait justes. On verra si la Grande-Bretagne a eu raison de mettre un délai aussi loin entre la première et la deuxième dose. Ils vaccinent beaucoup de premières doses.

Mais je pense qu'ils prennent un risque qu'en tout cas, nous, éthiquement et médicalement, scientifiquement, on n'a pas voulu prendre dans notre pays.

17:47
Aurore Bergé

Bon, vous gardez confiance, Aurore Berger, présidente déléguée du groupe En Marche à l'Assemblée. Vous restez avec nous. Un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec Soisy Gbourg.

17:55
Invité

La conférence des présidents de commissions médicales des CHU veut rassurer. Les deuxièmes doses du vaccin sont pratiquement partout sanctuarisées, dit sur France Info le professeur François-René Pruveau. 350 000 vaccins manquant en janvier et en février. Conséquence, les rendez-vous pour une première injection sont soit annulés, soit reportés dans plusieurs régions de France. Au lendemain de la mort d'une conseillère Pôle emploi à Valence, une minute de silence sera observée dans toutes les agences de France à midi aujourd'hui. Le tireur est toujours en garde à vue. Il a aussi tué une DRH. Les enquêteurs soupçonnent un lien avec un autre meurtre, mardi à Colmar.

Nocivé ferme 62 de ses magasins en France, 2500 postes menacés dans toute l'Europe. Les handballeurs français aux portes de la finale du Mondial en Égypte, quatre ans après leur sixième titre, match de demi-finale donc contre la Suède à 17h30. Et puis 13 départements en vigilance orange de l'Est jusqu'au Pas-de-Calais en passant par le Rhône. Ils sont en vigilance orange, pluie, inondation est crue. Météo France prévoit aussi de fortes rafales de vent. France Info

19:08
Présentateur

Avec Aurore Berger, présidente déléguée du groupe En Marche à l'Assemblée.

19:19
Aurore Bergé

Si tout va bien, lundi, vous devriez débuter à l'Assemblée l'examen du projet de loi contre les séparatismes ou confortant les principes de la République. Si tout va bien, puisque vous serez peut-être en train de discuter confinement, on ne sait pas encore quel sera le calendrier. En tout cas, ce projet de loi, il est en train de rater sa cible, estime Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement National, qui était à votre place sur France Info il y a deux jours.

19:42
Invité

Je considère que ce projet de loi est totalement inefficace. Là, on s'attaque à tout le monde, on s'attaque à l'instruction à domicile de dizaines de milliers de familles qui ne posent de problème à personne. Pourquoi ? Parce qu'il y a des islamistes qui, encore une fois, ne respectent pas les lois de la République. Mais attaquons-nous à l'islamisme.

19:59
Aurore Bergé

Qu'est-ce que vous répondez à Marine Le Pen, Aurore Berger ?

20:02
Invité

Plusieurs choses. De manière très claire, évidemment, on s'attaque à l'islamisme et au séparatisme islamiste. Ça a été dit par le président de la République dès son discours des Mureaux. Et c'est justement l'un des objets majeurs de ce projet de loi. De manière à enfin séparer l'organisation entre le culte et le culturel, pour éviter, vous savez, d'avoir ces fausses associations culturelles qui, malheureusement, servent de terreau souvent au séparatisme islamiste. De manière à s'attaquer aussi à celles et ceux qui font du recrutement. Je pense notamment à la question des associations sportives, la question aussi de l'enseignement à distance. Et c'est là où j'ai un désaccord fondamental.

C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire cela à géométrie variable. On a besoin aujourd'hui de faire en sorte que tous les enfants de la République aient un lien avec la République. On a des familles qui pratiquent l'enseignement en famille, qui pourront continuer évidemment à le faire, parce qu'elles ont un projet qui n'a aucune difficulté avec la République. Malheureusement, on a aujourd'hui des familles qui retirent leurs enfants de l'école pour faire en sorte, finalement, que la République n'ait aucun regard sur elle. L'instruction en famille réalisée uniquement en français, c'est l'un des amendements qui a été déposé. Est-ce que vous y êtes favorable ?

Mais comment vous voulez contrôler une telle proposition ? Vous n'êtes pas dans l'intimité, dans le quotidien des familles. Inapplicable. La question, ce n'est pas de savoir si vous pouvez apprendre par vos parents qui sont peut-être d'origine italienne, marocaine ou espagnole, une autre langue étrangère. La question, c'est est-ce que vous avez des fondamentaux et un socle pédagogique suffisant ? Et ça, c'est la République qui doit le vérifier. Et est-ce que vous êtes élevé dans des valeurs qui sont compatibles avec les valeurs de la République ? Et ça, ce n'est pas négociable. Les valeurs de la République, c'est pour tout le monde. Donc oui, en effet, c'est pour tous les Français.

21:49
Aurore Bergé

Parmi les débats qui sont amenés par ce projet de loi, il y a celui de la formation des imams en France. Une charte des imams devait être mise au point avec le CFCM, le Conseil français du culte musulman. Sauf que le CFCM s'est lui-même déchiré sur la question. Et trois de ces fédérations ont refusé purement et simplement de signer le texte. Est-ce qu'il faut d'abord que le CFCM exclue ces fédérations ?

22:12
Invité

Je crois que c'est en effet au CFCM de se poser la question. Mais je crois que ça clarifie aussi les choses. C'est-à-dire qu'on a eu, en effet, un conflit interne au sein du CFCM.

22:21
Aurore Bergé

Sachant que c'est un texte à minima qui a été arraché au dernier moment.

22:25
Invité

Le texte, enfin, le conflit initial a notamment été porté par celui qui est l'imam de la Grande Mosquée de Paris, recteur, pardon, de la Grande Mosquée de Paris, et qui a permis de mettre à jour, en effet, des difficultés internes évidentes au sein du CFCM. Parce que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui est un homme profondément républicain, il n'a pas envie de cohabiter avec ceux qui font de l'entrisme turc, avec les frères musulmans, avec des salafistes. Et donc, oui, il y a une clarification qui est nécessaire.

Et c'est justement tout l'objet de ce projet de loi d'arriver à faire en sorte que ceux qui croient dans le respect des valeurs de la République puissent le faire et puissent continuer à le faire et à être respectés pour cela. Et que ceux qui cherchent à dévoyer nos valeurs, à nous attaquer le faire. Et vous savez, tout ne passera pas par la loi. Quand je vois que dans le Var, on hésite à nommer une école Samuel Paty parce qu'on a peur des potentiels représailles, c'est aussi nos comportements individuels où on doit faire en sorte de ne rien céder sur les principes de la République.

23:19
Aurore Bergé

Naila Latrousse.

23:20
Invité

Avant le projet de loi contre les séparatifs, il y a un vote aujourd'hui contre la maltraitance animale. C'est un texte qui vous tient à cœur. Alors, qu'est-ce qui va changer ce texte concrètement pour le Français sur deux qui est un animal domestique ? On a un pays en effet qui est extrêmement attaché à la fois à la cause animale. On a énormément de Français qui sont engagés dans des associations qui luttent contre la maltraitance animale depuis des années. Et en effet, un Français sur deux qui possède un animal domestique. Sauf qu'on reste le pays d'Europe qui a le plus d'abandons par an. On parle de 100 000 abandons par an et c'est probablement sous-estimé.

Déjà, on va responsabiliser les gens. Adopter un animal, c'est accepter de s'engager pour toute la vie de l'animal. C'est des contraintes aussi. C'est parfois aussi des contraintes financières, des crevettes terribles.

24:02
Aurore Bergé

Concrètement, on devra signer un engagement qui nous dira combien ça coûte et quelles sont nos obligations.

24:06
Invité

On va vous informer et on va vous dire quelles sont les obligations que vous avez à l'égard de cet animal. On va aussi éviter les achats compulsifs. Et ça, ça va changer les choses ? On va responsabiliser. On va éviter les achats compulsifs. Pour la première fois, on encadre la vente en ligne puisqu'avant, vous pouviez trouver dans la rubrique jouets, par exemple, un chiot ou un chaton. Objectivement, on doit évidemment séparer les choses et seuls les éleveurs et les refuges pourront faire de la vente en ligne. On arrête la vente dans les animaleries parce que c'est là où vous pouvez craquer, avoir de l'achat compulsif.

24:35
Aurore Bergé

Oui, ils sont mignons.

24:35
Invité

Exactement, mais derrière, c'est quand même un animal vivant, doué de sensibilité, c'est des contraintes. Et puis, on change le rapport avec l'animal sauvage. Les cirques avec des animaux sauvages, c'est terminé.

24:44
Aurore Bergé

Interdit dans les cinq ans. Une dernière chose, Aurore Berger, une réponse en deux mots. Ce n'est pas Jean-Michel Blanquer qui va conduire la liste En Marche pour les Régionales. Qui souhaitez-vous à sa place ?

24:54
Invité

C'est Laurent Saint-Martin qui conduira notre liste pour les Régionales. Qui conduira, vous nous l'annoncez. Oui, il est aujourd'hui notre chef de file et je crois que c'est celui qui est le mieux à même. Il est député du Val-de-Marne, il est extrêmement engagé. On a besoin de proposer une alternative en Ile-de-France.

25:07
Aurore Bergé

Et la décision est prise, c'est lui qui conduira la liste.

25:09
Invité

Pour moi, la décision, elle est naturelle, elle est évidente. On s'est réunis à distance hier, mais on s'est réunis de manière très large pour pouvoir en décider ainsi. Encore une fois, on ne peut pas rester la région la plus inégalitaire de France. Et on n'a pas envie pour autant que la région devienne une mairie de Paris bis qui fera que vous aurez une ségrégation entre Paris et le reste de la petite ou de la grande couronne. Donc, je crois qu'il y a une voie intermédiaire et une alternative à proposer.

25:34
Aurore Bergé

Merci beaucoup Aurore Berger d'avoir été ce matin l'invité de France Info. Bonne journée.

"Quoi qu'il en coûte", régionales en Île-de-France... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé — Aurore Bergé · Pourquijevote